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jeudi 10 avril 2025

JBCH Juin 2024


KHAYBAR … Un Royaume juif en Arabie


Le 24 novembre 2020, Benyamin Netanyahou rencontre MBS le Prince Héritier d’Arabie. Il quitte en frégate Eilat et se rend sur le site de la future ville de Neom, à 50 Km, face à Sharm El Cheikh sur la mer Rouge , prévue pour être la plus belle et la plus. avancée des métropoles du Moyen-Orient.


Ce jour, MBS promet au dirigeant israélien de rénover la ville de Khaybar, au nord de Médine en hommage aux juifs qui l’ont habité pendant plus de mille ans, prévoyant l’arrivée future de touristes juifs et israéliens.


Un pacte est concocté entre les deux dirigeants, discrètement car le Roi Salman y est opposé. MBS a besoin de la technologie israélienne, car cette ville se veut connectée et écologique, des sa fondation.


Saviez-vous qu’une communauté juive prospère habitait autrefois l'Arabie Saoudite? Durant presque un millénaire, des Juifs vécurent au nord de la péninsule, dans les oasis du Teyma, Khaybar, et Yathrib (devenu par la suite Médine); une durée qui représente trois fois celle de la présence juive en Amérique du Nord.



Selon le Dr Hagai Mazuz, un Orientaliste spécialisé en langue arabe, Islam et culture islamique: « cette communauté du nord de l'Arabie était l’une des plus importantes anciennes communautés juives dans l'histoire du peuple juif. »


Ces Juifs étaient riches et puissants. Ils étaient respectés par les tribus locales arabes pour leur religion, leur culture, leur érudition et leurs écrits. Ils construisirent des places fortes aux sommets des montagnes et développèrent avec succès plantations et cultures. Ils maitrisaient l’art de la guerre, possédaient des chevaux et des armes sophistiquées.


Et pourtant…ils disparurent presque totalement en un temps relativement court, à peine quelques années.


Leur histoire devrait faire frissonner chaque Juif.


Les Juifs de Médine se répartissaient en trois groupes: Les Banu Qaynuqa, forgerons, fabricants d’armes et orfèvres - les Banu Nadir, propriétaires de palmeraies de dattes - les Banu QurayUa, négociants en vin. Ces tribus se querellaient souvent et leur hostilité dégénérait parfois au point de se transformer en véritable bataille rangée.


Mahomet se rendit à Médine après s’être enfui de La Mecque en 622. A son arrivée dans la ville, il conclut une alliance avec les Juifs. Il étudia dans leurs salles JBCH Juin 2024


d'étude et adopta plusieurs de leurs coutumes qu’il intégra dans sa religion naissante (l’interdiction par exemple de manger du porc). Mais lorsqu’après deux ans, Mahomet ne put toujours pas convaincre les Juifs de l'accepter comme prophète et de se convertir à sa religion, son attitude se transforma en pure hostilité. Il demanda à ses amis d'assassiner et de décapiter Ka'b Ibn al-Ashraf, un célèbre poète juif qui était aussi le chef de la Banu Nadir (la tribu de cultivateurs de dattes). Il donna l’ordre suivant à ses disciples: «Tuez le plus grand nombre de Juifs. »


Mahomet assiégea alors les Banu Qaynuqa (la tribu des forgerons), sachant que les deux autres tribus juives ne leur viendraient pas en aide. Les Banu Qaynuqa étaient des guerriers aguerris mais la nourriture et l'eau faisaient cruellement défaut à cause du siège, si bien qu’affaiblis et acculés, ils décidèrent de se rendre.


Les forces de Mohammed étaient alors plus faibles que celles des Juifs si elles avaient été réunies. Pourquoi les cultivateurs de dattes et les négociants en vin ne se sont-ils pas unis pour briser le siège et sauver les forgerons? Comment purent-ils rester assis et laisser périr leurs frères? Même s’ils détestaient leurs coreligionnaires, ils auraient dû forcément réaliser que s’unir en vue d'éradiquer les forces du sanglant Mahomet était, à long terme, dans leur propre intérêt. Et ceux-là étaient censés être des Juifs brillants? J’aurais jeté, en ricanant ce scénario dans la poubelle.



L'Histoire, cependant, à l’inverse d’Hollywood, ne s’encombre guère de critères de logique. Les deux autres tribus juives ne firent strictement rien pour sauver les Juifs forgerons. Après la capitulation, Mahomet voulut massacrer la tribu vaincue, mais son allié Abdullah Ibn Ubayyy empêcha le massacre, et ils furent donc exilés à Edri (qui se trouve de nos jours en Jordanie).


Mahomet confisqua tous leurs biens. Ceux-ci, considérables, l’aidèrent à se renforcer et devenir plus puissant. Aussi, un an plus tard Mahomet put se concentrer sur la tribu juive suivante, celles des cultivateurs de dattes. Et il contracta une alliance avec la tribu des négociants en vin, pour mieux s’assurer qu’elle ne viendrait pas à leur secours.


Les forces de Mahomet mirent le siège devant les places fortes des cultivateurs de dattes en 625. Comme la tribu juive précédente, ils durent se rendre. Abdullah Ibn Ubayyy intervint une fois de plus et au lieu de massacrer les Juifs vaincus, Mahomet les envoya en exil dans la ville de Khaybar, dans laquelle, selon la tradition musulmane, habitaient des descendants des Cohanim, les prêtres juifs.


Trois ans plus tard, Mahomet conquit Khaybar, alors la ville la plus riche du nord de l'Arabie. Les Musulmans ne connaissant rien à l'agriculture, Mahomet autorisa donc la plupart des Juifs à y rester, avec le statut de dhimmis, c’est-à-dire des citoyens de seconde classe tout à fait officiels, qui devaient payer des taxes exorbitantes. JBCH Juin 2024


Le deuxième calife finit par bannir totalement les Juifs de Khaybar, pour se conformer à la politique de Mahomet ne permettant aucune autre religion que l'Islam d'être pratiquée en Arabie.


De retour à Médine, la tribu des négociants en vin n’eut que deux ans pour savourer leur position d’uniques survivants Juifs. Car en 627, Mahomet assiégea leur place forte avec 3.000 soldats. La tribu juive ne comptait qu’une force armée de 450 guerriers.


Abdullah Ibn Ubayyy étant mort quelques mois auparavant, les Juifs savaient donc que personne n’intercéderait cette fois en leur faveur. Le chef des Juifs assiégés proposa qu’ils se convertissent à l'Islam ou qu’ils suivent l’exemple de Massada en tuant leurs femmes et leurs enfants pour qu’ils ne soient pas violés et réduits en esclavage et en combattant les Musulmans jusqu’à la mort. Les Juifs rejetèrent ces deux options et proposèrent plutôt de se rendre et de quitter Médine.


Mahomet rejeta leur offre. La tribu des négociants en vin, qui avait refusé à deux reprises d’aider les autres tribus juives assiégées, vaincue à son tour, subit le pire des sorts. Les enfants furent vendus comme esclaves, les femmes furent données aux soldats victorieux « pour l’usage des Musulmans » et les hommes (à l’exception de trois d’entre eux qui se convertirent à l'Islam) furent décapités sur la place publique.


Selon la tradition musulmane, le sang des Juifs décapités inonda la place du marché de Médine.


Une communauté juive grande, riche et puissante fut ainsi anéantie en seulement trois ans. Fut-elle détruite par les forces de Mahomet ou par sa propre division?



Nos sages disent que le Saint Temple ne fut pas détruit par la supériorité des forces romaines. Il fut détruit par la Sinat Hinam, la haine gratuite qui régnait entre Juifs.


« Ceux qui n'apprennent pas de l'Histoire sont condamnés à la voir se répéter. » Il semblerait que les Juifs d'Arabie n'aient pas appris les leçons de notre histoire tragique.


Combien de fois devrons-nous encore rejouer la même scène?


En septembre 2023, les terroristes du Hamas ont profité de la division des juifs en Israël pour attaquer le sud du pays … JBCH Juin 2024


Épilogue …


On raconte que quelques centaines de juifs se réfugièrent dans les collines proches de Khaybar et se transformèrent en groupes de pillards, attaquant pendant des dizaines d’années les caravanes arabes, les pillant, les tuant, à tel point que les routes qui menaient a Khaybar n’étaient plus sures et que les voyageurs en route pour le pèlerinage la contournaient faisant des centaines de kilomètres supplémentaires.


Est-ce la vengeance des Juifs de Khaybar ?




 Rosh Hodesh Nissan

Le 1er Nissan est une date particulièrement importante dans le calendrier juif, et pour les Juifs tunisiens, elle revêt une signification particulière.




La veille on allume une lumière et on pose au fond du verre un bijou par personne vivant sous le même toit ..;


1.⁠ ⁠Signification religieuse du 1er Nissan


Dans la tradition juive, le 1er Nissan marque le début du calendrier religieux. Selon la Torah :

C’est le mois où les Hébreux ont été libérés d’Égypte (Exode 12:2).

C’est aussi le mois où fut inauguré le Mishkan (le Tabernacle dans le désert) sous Moïse.

Dans la tradition juive, Nissan est considéré comme un mois de renouveau et de bénédictions.


2.⁠ ⁠Célébration spécifique chez les Juifs tunisiens


Chez les Juifs de Tunisie, le 1er Nissan est particulièrement marqué par une célébration appelée “Roch Hodesh El Nissan” (Tête du mois de Nissan). Elle inclut plusieurs coutumes :

“Seder El Nissan” ou “Seder des Nissanim” :

Certaines familles pratiquent une bénédiction spéciale sur les fruits et aliments symboliques pour demander la prospérité et la protection divine.

Des fruits nouveaux sont consommés en remerciement à Dieu pour le renouveau du cycle de la nature.

Allumage de bougies et prières spéciales :

Dans certaines familles, on allume des bougies en l’honneur des Justes (Tsadikim).

Des psaumes et des prières sont récités pour attirer la bénédiction sur la maison et la famille.

Ziarat des Saints Juifs :

Il est fréquent que des familles se rendent sur les tombes des grands rabbins et sages juifs tunisiens pour prier et demander leur intercession.

La Ghriba de Djerba, lieu de pèlerinage emblématique, est particulièrement liée à cette tradition.

Préparations pour Pessa’h :

Le 1er Nissan annonce aussi l’arrivée proche de Pessa’h (Pâque juive). Beaucoup de familles tunisiennes commencent déjà les grands nettoyages de la maison et la préparation des aliments cacher pour la fête.


3.⁠ ⁠Une journée de renouveau et de bénédictions


Dans l’ensemble, le 1er Nissan est un moment de spiritualité et de renouveau pour les Juifs tunisiens. C’est une date où l’on demande la prospérité pour l’année à venir et où l’on exprime la reconnaissance pour les bénédictions reçues.




 Charles Leselbaum ... ORAN

Charles Leselbaum est né à Oran, ville où la langue espagnole était souvent présente. Ses études secondaires terminées, c’est en Sorbonne, alors Faculté des Lettres, qu’il entreprend sa formation d’hispaniste et à l’issue de ses études supérieures, il obtient un poste de lecteur à l’Université de Madrid : il y enseigne le français pendant quatre ans et confie que ce séjour lui fut précieux pour l’approfondissement de la langue. Il revient à la Sorbonne comme Assistant d’abord, puis Maître de conférences.


Le théâtre espagnol du XVIIème (Lope de Vega, Tirso de Moliria, Calderon) constitue un de ses centres d’intérêt, sans compter la direction d’un centre de formation pour jeunes hispanisants et sa participation active dans l’équipe qui créera le Centre d’études catalanes de la rue du Bourg-Tibourg.






La convivialité, la pédagogie et l’humour ont présidé à cette soirée au cours de laquelle Charles Leselbaum nous a entraînés à la découverte – ou redécouverte des Marranes, et du marranisme.


Qui étaient les marranes ? L’étymologie la plus commune est celle de l’espagnol « marrano » , qui signifie cochon, terme dérivé de l’arabe « muharram » : ce qui est « rituellement interdit », (en référence à la prohibition de la viande de porc des religions juive et musulmane). Quelle qu’en soit l’origine, l’aspect péjoratif du terme est évident, corroboré par d’autres appellations rencontrées dans cette région.


La présence des Juifs remonte à l’époque phénicienne et leur histoire semble relativement paisible jusqu’à la christianisation de la monarchie wisigothe qui entreprend de les persécuter, de les contraindre au baptême. Leur soutien à l’invasion musulmane n’est donc pas étonnante et ils bénéficieront du statut de protégés (dhimis) dans l’Espagne devenue musulmane. Sans être traités en égaux des adeptes du Coran ils peuvent développer leurs activités… tout en payant la dime. Ils sont libres de posséder terres et maisons, de voyager et s’organisent en communauté « aljamas » : c’est le premier âge d’or pour les Juifs dans cette Espagne musulmane. Un judaïsme qui coexiste avec le christianisme et l’islam (711).


Le second âge d’or correspond à la présence des Juifs en terre chrétienne (reconquista dès 801) avec la prise de Barcelone et - scellée dès 1085 - par la victoire des chrétiens à Tolède. Les rois catholiques s’appuient sur les Juifs dans leur entreprise de reconquista, utilisant leurs talents de traducteurs (l’école de Tolède fait autorité), de diplomates, de financiers, et de médecins.


Cependant la pression de l’église se fait de plus en plus forte et met fin à l’âge d’or. Débute alors l’entreprise de christianisation par conversion des « infidèles » menée à la fois sur le plan théologique et par des pressions politiques. Les Juifs ne sont tolérés par l’église que dans l’espoir de leur conversion. Sur le plan politique, les haines antijuives s’affirment et progressent dans toute la péninsule. En 1328, la Navarre est le théâtre d’exactions et de véritables pogromes. En 1348, sanglantes émeutes à Barcelone qui mettent à mal la communauté. De 1355 à 1366 : guerre civile en Castille ; en 1391 : pogrome de Séville suivi de mouvements similaires dans toute l’Espagne. La terreur conduit à des conversions en masse. C’est l’apparition de la première vague de Marranes (pratique d’un judaïsme caché).


La synthèse entre violences politiques et pressions théologiques est réalisée en Castille en 1412, par les lois de Aylon (isolement des Juifs dans des quartiers, port de vêtements d’infamie, interdiction d’exercer de nombreuses professions). Toutes ces mesures leur sont imposées dans l’espoir de les faire désespérer de leur fidélité à leur religion. En 1413-1414, la conférence de Tortosa oppose rabbins et autorités théologiques de l’église. Devant le refus des Juifs d’abjurer leur foi, ces autorités décident de passer à des mesures coercitives. Et c’est désormais le problème des « conversos » qui devient la préoccupation majeure de l’église et le thème dominant de la haine antijuive, qui de religieuse devient raciale. En 1414, les premiers statuts de pureté du sang sont promulgués à Saragosse. Des émeutes anti-juives et anti-conversos ensanglantent Tolède (1448).


Une politique plus répressive à l’égard des communautés juives se met en place. C’est le début des conversions forcées, sous la houlette du Grand Inquisiteur, Tomas de Torquemada, politique qui culmine avec le décret de l’Alhambra, du 31 mars 1492 donnant aux Juifs le choix entre… la conversion ou l’exil (donc l’abandon de leurs biens sur place, au profit de l’Inquisition et des autorités royales). Plusieurs milliers de Juifs seront exécutés pour marranisme (réel ou supposé). Mais l’histoire du judaïsme espagnol n’est pas finie pour autant. Il continuera à vivre en diaspora et à l’intérieur même de la péninsule, sous une forme occulte.


Après le décret de l’Alhambra, de nombreux Juifs se réfugient au Portugal rejoignant leurs coreligionnaires déjà présents dans le pays. On estime particulièrement importante la proportion de Juifs dans la population (environ 10 %). Mais dès 1496-1497, la politique royale du Portugal s’aligne sur celle de l’Espagne. Le roi leur donne le choix entre le baptême ou l’exil, mais la plupart sont contraints… au baptême, augmentant le nombre de « cristados novos » (nouveaux chrétiens) expression qui prévaut sur celle de « conversos » ou « marranos ». Conversions en surface car les Juifs continuent, en secret, la pratique d’un judaïsme.


D’autres fuient, vers le Sud de la France (notamment à Bordeaux et Bayonne) mais aussi en Italie, dans l’Empire ottoman ou les villes du nord-ouest de l’Europe avec lesquelles les relations commerciales portugaises étaient actives. C’est dans ces villes (Anvers, Amsterdam, Hambourg, Londres) que se constituèrent les grandes communautés sépharades aux XVIème et XVIIème siècle. De même aux Antilles, au Suriname et dans les colonies d’Amérique du Nord, où l’on retrouve des implantations marranes.


Charles Leselbaum nous apprend que ce sont les femmes qui transmettent l’histoire de leur origine aux enfants (lorsqu’ils sont capables de garder le secret, aux environs de 13 ans), que les fêtes importantes sont pour eux, la fête d’Esther, correspondant à leur vécu, Pâque, (ils essayent de fabriquer du pain azyme), ils jeûnent à Kippour, et célèbrent la cérémonie du Rosh Hodesh. 


De même le porc est proscrit. Toutefois, sans contact avec le reste de la communauté juive et privés de rabbinat, leurs pratiques religieuses ont mêlé éléments juifs et catholiques et leur calendrier s’est difficilement perpétué ! Certaines spécialités culinaires du nord-est du Portugal auraient une origine crypto-juive (les « alheiras » et « farinheiras », saucisses à base de volaille ou de gibier additionnées de farine ou de pain de mie)… Tout ceci permettant de conserver des coutumes kasher.


En 1929 un ingénieur Allemand, découvre Belmonte. Une tentative de re-judaïsation de la communauté de Belmonte a eu lieu. Elle a rencontré un écho auprès des plus jeunes mais échoué auprès des personnes plus âgées, attachées à la tradition syncrétique crypto-juive forgée dans la clandestinité (les derniers marranes du Portugal).
L’émigration des nouveaux chrétiens portugais est à l’origine des marranes du Nord-Est du Brésil lesquels, contraints au secret, ne sont sortis de l’ombre que dans le courant des année 1980.


Les « marranes », qu’ils soient d’Espagne ou du Portugal vont avoir une influence considérable sur le mouvement des idées. En particulier dans tous les mouvements d’avant-garde du catholicisme parce qu’ils ont gardé un esprit critique. On les retrouve parmi les érasmismes, les philosophes, les écrivains, les auteurs de romans picaresques…


Charles Leselbaum termine ce riche exposé en appelant notre attention sur le livre de Yirmiyahu Yovel, écrivain israélien (1) dont la conclusion nous donne « quelques » aspects saisissants de la richesse de l’apport du marranisme à la civilisation occidentale. 


Qu’on en juge : ils ont été favorables à l’instabilité culturelle et religieuse, à l’effondrement des traditions de légitimation, en désaccord avec le développement du mode de vie de la société ; pour le scepticisme religieux, le rationalisme, les tendances à l’universalisme, l’instauration d’un nouveau système de valeur où l’honneur de la personne découle de son initiative et de son accomplissement plutôt que de son origine, l’opposition au rôle de la religion en tant que système de pouvoir coercitif et instrument politique de l’état ; pour la protection de la religion qui devient une affaire intime ; ils revendiquent de nouvelles libertés (commerce, religion) ; ils s’opposent radicalement à la théologie politique de l’Inquisition ; ils prônent la liberté de croyance et de conscience (relevant de la sphère privée), la construction du « moi », une idée plus ample de la civilisation humaine, une sensibilité aux différences, une estime particulière de l’acquisition du savoir et des biens intellectuels considérés comme une fin en soi, etc., etc.


Cette énumération – pour stupéfiante qu’elle soit – n’est cependant pas exhaustive !





Gilles Keppel et les occasions manquées des arabes de Palestine 


Selon Gilles Kepel et d’autres spécialistes du conflit israélo-palestinien, plusieurs occasions de paix ont été manquées par les dirigeants arabes de Palestine, souvent par refus d’accepter des compromis territoriaux en échange de la paix avec Israël. Voici les principaux moments clés :


1. 1947 : Le Plan de Partage de l’ONU

 Proposition : L’ONU adopte la résolution 181, qui prévoit la création d’un État juif et d’un État arabe en Palestine.

 Réaction : Les Juifs acceptent, mais les Arabes palestiniens et les pays arabes voisins refusent.

 Conséquence : Guerre israélo-arabe de 1948, victoire d’Israël et exode massif des Palestiniens (Nakba).


2. 1967 : Après la Guerre des Six Jours

 Contexte : Israël remporte la guerre et occupe la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est.

 Réaction arabe : Lors du sommet de Khartoum (1967), la Ligue arabe adopte les « trois non » :

 Pas de reconnaissance d’Israël

 Pas de négociation avec Israël

 Pas de paix avec Israël

 Conséquence : Israël garde les territoires occupés et commence la colonisation.


3. 1979 : Accords de Camp David (Égypte-Israël)

 Proposition : L’Égypte négocie un accord de paix avec Israël sous médiation américaine.

 Réaction : Yasser Arafat (OLP) et d’autres dirigeants palestiniens refusent d’adhérer aux accords, bien qu’une autonomie palestinienne soit évoquée.

 Conséquence : L’Égypte récupère le Sinaï, mais les Palestiniens restent sans solution politique.


4. 1993-2000 : Accords d’Oslo et Sommet de Camp David

 Accords d’Oslo (1993-1995) :

• Israël et l’OLP se reconnaissent mutuellement.

• L’Autorité palestinienne obtient une autonomie partielle sur Gaza et la Cisjordanie.

• Mais les Palestiniens veulent plus et refusent de reconnaître Jérusalem-Ouest comme capitale d’Israël.

 Sommet de Camp David (2000) :

• Ehud Barak propose à Arafat un État palestinien sur 97% de la Cisjordanie et Gaza, avec Jérusalem-Est comme capitale.

• Arafat refuse et ne propose pas d’alternative.

 Conséquence : Échec des négociations, déclenchement de la Seconde Intifada (2000-2005).


5. 2008 : L’Offre d’Ehud Olmert

 Proposition : Le Premier ministre israélien Ehud Olmert propose un État palestinien sur près de 100% des territoires occupésavec Jérusalem-Est comme capitale et une solution pour les réfugiés.

 Réaction : Mahmoud Abbas ne signe pas, préférant attendre une meilleure offre.

 Conséquence : Montée en puissance du Hamas à Gaza, absence de progrès diplomatique.


Conséquences Globales des Refus Palestiniens

 

📉 Perte progressive des territoires : Chaque refus a souvent conduit à une situation plus défavorable pour les Palestiniens.

🔄 Cycle de violences : Intifadas, guerres avec Israël, montée du Hamas et blocage politique.

🕊️ Opportunités manquées : Certains Palestiniens regrettent aujourd’hui le rejet des propositions passées.

 

💡 Conclusion : D’après Gilles Kepel et d’autres analystes, ces refus successifs ont contribué à la persistance du conflit et ont empêché la création d’un État palestinien viable.

 

 Le Double langage d'Arafat


Le double langage -des dirigeants des arabes de palestine


Gilles Kepel, spécialiste du monde arabe et de l’islamisme, a souvent évoqué la question du double langage utilisé par certains dirigeants politiques, notamment dans le contexte du conflit israélo-palestinien. Selon lui, Yasser Arafat et d’autres leaders palestiniens auraient adopté une communication différenciée selon leur audience :


1. Un discours en anglais destiné aux Occidentaux : Dans ce cadre, Arafat et l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) mettaient en avant des messages de modération, de paix et de volonté de négociation avec Israël. L’objectif était de rassurer les diplomaties occidentales, de garantir leur soutien financier et politique, et de renforcer la reconnaissance internationale de la cause palestinienne. Ce discours était particulièrement visible après les Accords d’Oslo (1993), lorsque Arafat s’est engagé officiellement à reconnaître Israël et à renoncer au terrorisme.


2. Un discours en arabe destiné aux populations arabes et palestiniennes : Selon Kepel et d’autres analystes, Arafat aurait parfois tenu un langage plus combatif, voire ambigu, lorsqu’il s’adressait aux foules palestiniennes ou arabes. Il utilisait un registre plus radical, insistant sur la lutte continue contre l’occupation israélienne et jouant sur des références religieuses ou nationalistes susceptibles de mobiliser la base populaire. Certains de ses discours ou déclarations en arabe laissaient entendre que la lutte pour la libération de la Palestine restait un objectif stratégique à long terme, au-delà des accords diplomatiques.





Pourquoi ce double langage ?


• Une nécessité politique : Arafat devait jongler entre les exigences de la diplomatie internationale, notamment avec les États-Unis et l’Europe, et la pression populaire au sein des territoires palestiniens, où les frustrations face à l’occupation et aux concessions étaient vives.


• Un moyen de préserver l’unité : La société palestinienne étant divisée entre factions modérées et plus radicales, Arafat devait adapter son discours pour ne pas perdre le soutien des différents courants politiques.


• Une stratégie de négociation : Certains observateurs estiment que cette ambiguïté permettait à Arafat de maintenir un levier dans les négociations avec Israël, en laissant planer l’incertitude sur sa réelle position.


Critiques et conséquences


Ce double langage a été perçu différemment selon les camps.


1 • Du côté israélien et occidental, il a nourri un scepticisme croissant vis-à-vis d’Arafat, certains considérant qu’il n’était pas sincère dans ses engagements de paix.


• Du côté palestinien et arabe, cette approche a pu être interprétée comme une tactique nécessaire face à un rapport de force défavorable, ou au contraire comme un manque de clarté qui a affaibli la crédibilité du leadership palestinien.


En somme, Kepel met en avant une dynamique complexe où le langage diplomatique et la rhétorique populaire ne coïncident pas toujours, illustrant les tensions permanentes entre pragmatisme politique et attentes populaires dans le conflit israélo-palestinien.


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lundi 11 mars 2019


LE « MARRANISME » DE MONTAIGNE
L'HISTOIRE JUIVE DE MONTAIGNE de Sophie Jama Flammarion, 240 p.

L E LIVRE de Sophie Jama part d'un fait avéré : l'ascendance juive de Montaigne. Le grand-père maternel de l'auteur des Essais, Pierre Lopez se serait converti au christianisme avant son départ d'Espagne. Sa fille, Antoinette Lopez de Villanueva (de Louppes de Villeneuve, après francisation du nom), mère de Montaigne, serait ainsi une descendante en ligne directe de Micer Pablo Lopez de Villanueva, brûlé vif par l'Inquisition espagnole en 1491.




Cette Inquisition est instituée par les rois catholiques Ferdinand et Isabelle en novembre 1478. Elle s'installe à Séville en 1480. Torquemada (lui-même un converti!) exerce ses fonctions d'inquisiteur général de l'Espagne à partir de 1483.

Les Juifs ont deux choix : s'exiler ou se convertir.

Convertis contre leur gré, un grand nombre d'entre eux pratiquent en cachette un crypto-judaïsme et tentent de transmettre à leur descendance une forme d'identité juive. C'est le phénomène du « marranisme » qui va bientôt s'étendre au Portugal et contre lequel va s'exercer la violence de l'Inquisition.

L'histoire atteste que la répression ne viendra pas toujours à bout du puissant sentiment identitaire de ces communautés. Un catholicisme tout en nuances Michel Eyquem de Montaigne s'est présenté et a toujours été considéré comme un catholique sincère. Pourtant, comme le souligne Sophie Jama, sa pratique religieuse constitue un thème assez négligé dans son œuvre. Il n'évoque jamais dans ses notes biographiques sa première confession (qu'on encourageait à l'époque vers cinq ou six ans) ni sa première communion. Rien n'est dit non plus sur la constitution de sa conscience chrétienne. Le phénomène religieux l'intéresse davantage comme phénomène culturel que comme expérience personnelle. Il critique en général toute nouveauté en matière de religion. Vivant à l'époque des guerres de religion, partisan de la paix sociale, il s'oppose à la violence.

Changer les habitudes des hommes lui paraît une entreprise risquée et absurde. Il n'est pas dénué de sentiment religieux pour autant, mais le Dieu auquel il s'attache paraît à Sophie Jama plus conforme à l'ancienne alliance (juive) qu'à la nouvelle (chrétienne).

En affirmant que Dieu est « le seul qui est », Montaigne s'éloigne de la conception chrétienne de la trinité et se rapproche de celle de l'unité divine propre au judaïsme. L'importance qu'il accorde à la prière du Notre Père (« c'est l'unique prière de quoy je me sers par tout, et la répète au lieu d'en changer. D'où il advient que je n'en ay aussi bien en mémoire que celle là ») est également équivoque puisqu'elle ne serait que la reprise d'une prière juive (incluse dans la Chemoneh  Esreh, c'est-à-dire les dix-huit bénédictions). Tenté dans sa jeunesse par la Réforme, il change d'avis par la suite et critique l'utilisation des langues profanes dans la liturgie. Il prend l'exemple des « Juifs et des Mahométans » qui continuent de révérer le langage dans lequel leurs « mystères » ont été conçus.

Sa conception du repentir consiste en un complet retour à Dieu, une révolution intégrale, un détournement du mal inspiré par l'amour de Dieu. Cette forme de conversion intérieure se rapproche du retour (techouva), fondamental dans le judaïsme.

C'est donc un catholicisme tout en nuances que propose Montaigne qui, malgré sa prudence, n'hésitera pas à défendre des opinions à la limite de l'hérésie. Il atténue ainsi la faute du premier couple humain, défend la sexualité et l'amour dans le mariage, exprimant là une sensibilité proche du judaïsme qui encourage une vie conjugale et sexuelle harmonieuse (« Sommes nous pas bien brutes de nommer brutale l'opération qui nous fait? »). Profondément libéral, l'auteur des Essais se méfie des dogmatismes qu'on met trop facilement sur le compte de Dieu et qui relèvent le plus souvent de passions bien humaines. Il combat l'intolérance sous toutes ses formes.

Peu intéressé à la théologie, il n'aura de cesse de mettre en garde contre une éducation qui empêche d'être soi et de penser en son nom. Sophie Jama considère sa position ambiguë : il se disait catholique (ce qu'il était de toute façon obligé de faire) mais sa vision du monde s'accorderait mieux avec la conception pragmatique du judaïsme qui s'intéresse en priorité à l'homme et à ses actes.

La puissance de Dieu étant inaccessible, ce sont les expériences naturelles et terrestres qui retiendront son attention. Les écrits de Montaigne témoignent d'un esprit ouvert et critique peu attiré par les dogmes qui enferment la connaissance dans un carcan de préjugés. 3 D ] Un « philo sémitisme » étranger à l'esprit du temps La première publication des Essais date du 1er mars 1580.

Quatre mois plus tard Montaigne entreprend un voyage de dix-sept mois qui lui fera visiter la France, la Suisse, l'Allemagne, l'Autriche et surtout l'Italie. Il dicte puis rédige lui même un journal de voyage qu'il ne destinait pas à la publication mais qui a été retrouvé par hasard en 1770 dans le château familial. Les questions religieuses l'intéressent au plus haut point et certaines pages de son journal évoquent une véritable étude comparative des religions.

Toutes les formes de croyances et de cultes sont étudiées mais nous nous intéresserons ici à sa découverte du judaïsme en Italie. C'est à Venise, en 1509, que les Juifs avaient pu se réinstaller comme réfugiés de la guerre. C'est dans cette ville qu'est créé le premier ghetto avant celui de Rome, de Florence et de Sienne. Montaigne visite une première synagogue à Vérone le 1" novembre 1580 puis une seconde à Rome quatre mois plus tard. Il décrit avec beaucoup de bienveillance les offices religieux du samedi matin et du samedi après-midi ainsi que la lecture commentée de la Bible. Il nous offre en outre un récit détaillé et émouvant de la circoncision d'un enfant, une des plus anciennes cérémonies religieuses, écrit-il. Il n'omet aucun détail : l'âge du bébé, le rôle et la place des parents et des parrains, les détails de l'opération et la nature des instruments utilisés. Douze jours après cette circoncision, Montaigne assiste à un spectacle moins réjouissant pour les Juifs, le carnaval de Rome, spectacle de divertissement pour les uns, d'humiliation pour les autres. Il décrit les courses où concourent, poussés par des soldats à cheval, buffles, ânes, enfants, Juifs, vieillards et estropiés de toutes sortes.

Montaigne s'est toujours indigné de la xénophobie des Français qui ont souvent tendance, pensait-il, à critiquer et rejeter ce qui leur est étranger ou inconnu. La France de son époque est traversée par un antijudaïsme virulent aussi développé dans les milieux intellectuels et bourgeois que populaires. L'auteur des Essais, lui-même d'ascendance espagnole, s'est aussi montré sensible au sort des Juifs de la péninsule ibérique.

En décrivant le drame des Juifs d'Espagne, écrit Sophie Jama, Montaigne ne s'autorise aucune fantaisie. Les événements sont rapportés de façon objective mais de manière à bien mettre en LE « MARRANISME » DE MONTAIGNE évidence l'absurdité de la situation des victimes. De la bienveillance au soutien plus explicite, il y a un pas à franchir. Compte tenu de l'époque, il faut du courage à Montaigne pour désigner le judaïsme, dans l'essai « De la gloire », comme l'unique religion ayant valeur de vérité. Un « marranisme » de cœur et d'esprit?

Comme le signale Shmuel Trigano dans sa préface, le projet de Sophie Jama est par essence invérifiable. Démontrer le « marranisme » de Montaigne reviendrait à prouver la réalité de ce qui est par définition « caché ». L'entreprise de l'auteur est, par ailleurs, l'image inversée de la geste inquisitoriale qui déployait de grands et d'esprit et au mode de pensée de Montaigne. Celui-ci prônait un élitisme aristocratique qui renverrait à la notion juive de l'élection (comprise comme un devoir moral et altruiste et non comme un privilège), combattait pour la justice, appliquait une sorte d'herméneutique qui privilégie le commentaire et le doute, exclut le dogme et vise spécifiquement la vie de l'homme dans son expression pratique et concrète. Il s'inscrivait aussi dans les deux dimensions de l'identité juive que sont l'universalité et la singularité. Ainsi que l'explique Sophie Jama, le « marranisme » n'eut pas seulement pour fonction de préserver une identité consciente mais favorisa la transmission d'une certaine philosophie morale, d'une manière de penser, d'un jeux complexes de l'être et du paraître, du privé et du public, de la liberté intérieure et des contraintes sociales.

Si l'originalité de l'œuvre est de révéler le dédoublement du sujet, ne peut-on pas faire l'hypothèse qu'une dualité propre à l'auteur en serait une des sources ? Il existe pour Trigano des figures du « marranisme » qui vont bien au delà de l'existence juive : « La dissimulation, l'examen et le contrôle de soi, l'observation des autres, l'anatomie de la psyché, hantent toute la littérature européenne du XVIème  siècle, à l'heure où les Marranes se répandent dans une Europe qui a expulsé ses Juifs...



La narration de l'Europe moderne à ses débuts, telle qu'elle s'exprime à travers les fondateurs des littératures nationales tous probablement d’origine Marannes,  comme Rabelais, Cervantès, Montaigne, garderait ainsi les   souvent inutiles efforts pour dévoiler ce qui ne se révèle jamais par la force, les secrets de l'âme et de l'identité.

La thèse de Jama est la suivante : « [...] le judaïsme (de Montaigne) se révèle davantage dans la forme de l'œuvre que dans le fond, dans le style de pensée et d'écriture plutôt que dans les propos surveillés par la censure; encore que les sympathies de Montaigne, ses combats pour la vie, sa soif de justice, de paix et de liberté puissent constituer un ensemble tout à fait cohérent à la lumière d'un judaïsme qu'il fut loin d'oublier totalement. » L'auteur considère que l'exercice talmudique et la tradition rabbinique sont à la source d'un art du dialogue et d'une philosophie du sujet conformes à l'ouverture ensemble flou de croyances et de valeurs, et enfin d'une tradition de prudence.

Shmuel Trigano écrit que l'expérience du « marranisme » fit du Juif « le premier homme moderne, à l'instar du citoyen de l'État moderne que décrit Marx dans La Question juive, partagé en un citoyen et un homme privé, en deux conditions de statut inégal... ».

Revenant à Montaigne, Sophie Jama considère que sa double identité fut source de conflits et d'inconfort, mais qu'elle lui permit aussi d'acquérir une distance, une perspicacité particulière. Avec les Essais, Montaigne propose une des premières œuvres intimes de l'histoire de la littérature, une écriture de soi, un récit de soi qui lui permet de mettre au jour les [ » ] traces de ces origines refoulées ». Sophie Jama conclut son ouvrage sur l'humour des Essais : « Tant de choses peuvent se dire avec humour que celui-là même qui est attaqué ne sait trop s'il doit se fâcher ». Ce goût pour le paradoxe, cette manière de transfigurer le tragique par l'ironie, de cultiver l'absurde et l'autodérision ont « quelque chose de l'humour juif », ce mécanisme de défense qui permet de se protéger de la souffrance, de tromper son adversaire ou son persécuteur, de préserver son intégrité et, au bout du compte, de « triompher du monde ». Marc-Alain Wolf./.

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Wikipedia
Naissance
Décès
Langue maternelle
École/tradition
Principaux intérêts
L'Homme et les sciences humaines en précurseur, histoirehistoire naturelle, mais aussi littératurephilosophiepolitiquedroitreligion
Idées remarquables
La vertu aimable
Œuvres principales
Les Essais, et divers écrits tel que sa Lettre au père de La Boétie et son Journal de Voyage publiés après sa mort
Influencé par
les lettres de l'Antiquité gréco-romaine (PlutarqueCicéronSénèqueLucain), les chroniqueurs médiévaux, les compilateurs humanistes de la Renaissance, la tradition littéraire espagnole (par son père), La BoétieSextus EmpiricusGuy de BruèsSanchez, les écrits de voyages (Jean de Léry).
A influencé
l'érudition humaniste (Marie de GournayJohn Florio), le courant libertin (La Mothe Le Vayer) et celui de la science (DescartesPascalVoltaire), la philosophie allemande (SchopenhauerNietzsche) et Merleau-PontyCioranLévi-StraussConche
Père
Conjoint
signature de Michel de Montaignesignature