“Israël fera à Gaza ce que les États-Unis ont fait à Tokyo et à Berlin.”
Cette menace prononcée le 27 Juillet 2025 par le sénateur Lindsey Graham semble être extrémiste et jusqu'au-boutiste,
Lindsey Graham fait ici allusion à ce que les États-Unis ont infligé aux puissances de l’Axe pendant la Seconde Guerre mondiale :
Berlin : cible de bombardements massifs (raids aériens dévastateurs entre 1943-45), notamment par les Alliés, avec des dizaines de milliers de morts civils.
Tokyo : notamment les bombardements incendiaires du 9-10 mars 1945 (100 000 morts en une nuit), suivis par les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.
Il s’agit donc d’une référence directe à une guerre totale, où les civils n’étaient plus distingués des objectifs militaires — un paradigme aujourd’hui jugé moralement et juridiquement problématique.
Normaliser les crimes de guerre ?
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Assimiler la situation de Gaza à Berlin ou Tokyo revient à légitimer les bombardements massifs sur des populations civiles.
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Cela va à l’encontre du droit international humanitaire moderne, qui impose la proportionnalité, la distinction entre civils et combattants, et la nécessité militaire.
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Mépris des civils palestiniens :
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Ce discours laisse entendre que toute la population de Gaza est assimilée à l’ennemi, comme si chaque habitant était un “combattant”, ce qui déshumanise les civils.
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Amnésie historique :
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Les horreurs de Tokyo et Berlin ne sont pas des modèles à suivre mais des leçons de ce qu’il ne faut plus jamais reproduire. Le but des démocraties modernes est précisément d’éviter la guerre totale.
Ce qui s'est passé à Mossoul contre l'etat islamique organisé par les occidentaux et leur coalition dont l'aviation française ressemble aussi a ce schéma, on parle de plus de 55 000 morts
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Lecture politique :
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Lindsey Graham, figure néo-conservatrice, exprime ici une position radicale, militariste et émotionnelle.
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Ce type de déclaration exacerbe les tensions internationales et peut être instrumentalisé par les ennemis d’Israël pour illustrer un soi-disant plan de “destruction totale” de Gaza.
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Cela peut aussi mettre Israël en difficulté diplomatique, en l’associant à des campagnes de destruction qui ont traumatisé le XXe siècle.
C'est donc une inversion des faits, et une victoire médiatique du Hamas, qui a déclenché cette guerre avec les massacres du 7 Octobre 2023.
Conclusion critique :
Le Hamas ne cherche pas la paix, il ira jusqu'au bout, même s'il a perdu sur le terrain, il a gagné sur le plan idéologique, et a élargi le conflit jusque dans toutes les universités du monde occidental, ( les cadres et les responsables de demain) ce qui a permis une poussée inévitable de l'antisémitisme.
La phrase de Graham, si elle est authentique, est politiquement irresponsable, moralement douteuse et stratégiquement contre-productive.
Comparer Gaza à Berlin ou Tokyo dessert la cause israélienne et brouille la ligne entre légitime défense et punition collective.
Elle illustre aussi un retour inquiétant à une rhétorique de guerre totale, que le nouveau droit international et la mémoire des conflits du XXe siècle cherchent justement à contenir.
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