Rechercher dans ce blog

mardi 7 octobre 2025

La Dette des USA envers Israël ? ... (FR. Traductions cliquez à droite). JBCH N° 477



Il s'agit là d'une dette stratégique et symbolique : quel sens lui donner ? 


Depuis 1967, et plus encore depuis le 7 octobre-2023, Israël a rendu à l’Amérique un service stratégique considérable en neutralisant ou en affaiblissant une série d’acteurs hostiles aux intérêts américains au Proche-Orient. 


Il s’agit d’une double « dette » — matérielle (les gains géopolitiques concrets obtenus grâce aux opérations israéliennes) et morale (la gratitude attendue d’un allié face à des risques partagés). Cette lecture a du sens : Israël a longtemps été pour Washington un partenaire capable d’action directe, de renseignement pointu, et d’initiatives militaires que les administrations américaines n’étaient pas toujours prêtes à mener. 


L’exemple de 1967 est éclairant : la victoire israélienne a redéfini les équilibres régionaux, rapprochant certains États arabes des intérêts occidentaux et endiguant l’influence soviétique.






Toutefois parler de « dette » suppose un lien de réciprocité et d’obligation durable. Or la relation américano-israélienne est moins une facture qu’un partenariat asymétrique et évolutif où intérêts, valeurs et opinions publiques pèsent différemment selon les époques.


 Les États-Unis ont bénéficié d’Israël comme « allié avancé » ; Israël a trouvé chez les Américains un parapluie politique, financier et diplomatique. La réciprocité existe, mais elle n’est ni automatique ni indéfinie : la politique intérieure américaine, les priorités stratégiques changeantes et les pressions internationales conditionnent l’expression réelle de cette « gratitude ».


Sur le plan opérationnel, la contribution israélienne est tangible. Services de renseignement partagés, technologies militaires et cyberdéfense, frappes ciblées et déstabilisation de réseaux hostiles ont réduit des menaces régionales susceptibles de frapper des intérêts américains ou d’attaquer des alliés. Les deux satellites d'observation iraniens ont été neutralisés pour la guerre des 12 jours, les start'up israéliennes  envahissent l'espace technologiques principalement dans la sécurité mais aussi dans l'innovation civile, et rapportent des centaines de milliards $ à Israël.



L’action israélienne a affaibli des acteurs pro-iraniens et des réseaux terroristes qui ont déjà tué des Américains — un raisonnement stratégique : mieux qu’une grande intervention américaine, un partenaire local efficace réduit le besoin d’engagements lourds et coûteux pour Washington.




Sur le plan technologique et économique, Israël est devenu un relais d’innovation : cybersécurité, intelligence artificielle, défense, santé — autant de secteurs d’intérêt pour l’économie et la sécurité américaines. L’interpénétration des industries et des capitaux (start-ups, centres de R&D, partenariats universitaires) nourrit la relation et génère des gains mutuels.


Mais cette « dette » vaut-elle inconditionnellement ?  la guerre à Gaza et ses lourdes pertes civiles ont provoqué un tournant : fracture au sein du Parti démocrate, refroidissement européen, montée d’un discours critique sur les pratiques militaires israéliennes. 



Là est la limite de l’argument de la dette. Les bénéfices stratégiques d’hier peuvent être compromis si la légitimité internationale d’Israël s’effrite, obligeant Washington à arbitrer entre solidarité stratégique et réputation démocratique.


Deux risques majeurs émergent : Érosion de l’appui politique interne aux États-Unis : les démocrates progressistes, une fraction importante de l’électorat jeune et les milieux académiques se montrent très critiques. Si la relation avec Israël devient un handicap électoral ou un sujet de fracture durable, la posture de Washington pourrait se durcir — moins d’appui inconditionnel, plus de conditionnalité. 

Coûts diplomatiques et économiques : un isolement d’Israël sur la scène internationale complique les coalitions régionales, l’accès aux financements multilatéraux et la coopération scientifique. L’Union européenne ou d’autres partenaires peuvent imposer des contraintes politiques (sanctions, restrictions d’exportation) qui auront un impact indirect sur les intérêts américains.


Si les États-Unis doivent reconnaître les contributions israéliennes, cette reconnaissance doit être stratégique et conditionnée à la protection des principes qui fondent l’influence américaine (respect du droit international, protection des civils, primauté des institutions). Une « dette » accordée à sens unique risque d’affaiblir la crédibilité de Washington comme promoteur de règles.



Trois recommandations pour une politique américaine équilibrée  Institutionnaliser la coopération sécuritaire tout en renforçant les mécanismes de transparence : soutien au renseignement et aux capacités défensives d’Israël, contreparties en matière de protection des civils (protocoles concrets pour réduire les pertes non combattantes, accès humanitaire contrôlé, enquêtes indépendantes quand nécessaire) Concilier intérêts et valeurs : maintenir l’appui stratégique mais exiger des engagements concrets sur les moyens humanitaires et les mesures préventives. La diplomatie devrait conjuguer assistance militaire ciblée et leadership diplomatique pour reconstruire la légitimité régionale. Diversifier les partenariats régionaux : Washington doit capitaliser sur l’élan d’intégration régionale (Accords d’Abraham, coopération économique) pour bâtir des alternatives politiques qui réduisent la dépendance à l’égard d’un seul levier militaire ou d’un seul partenaire.



La formule d’une « dette » des États-Unis envers Israël est utile pour rappeler des contributions réelles : sécurité, renseignement, innovation. Mais elle ne doit pas se transformer en carte blanche. Les intérêts américains à long terme exigent une gratitude lucide : soutenir un allié capable et proactif, tout en protégeant les principes qui garantissent la légitimité internationale.


 La vraie dette, si l’on veut parler ainsi, est double : pour Israël, travailler à préserver sa légitimité morale tout en poursuivant ses objectifs de sécurité ; pour l’Amérique, reconnaître et accompagner ces efforts sans renoncer à la primauté du droit et à la diplomatie. C’est seulement ainsi que la relation pourra perdurer — efficace, crédible et conforme aux valeurs qu’elle prétend défendre. 


Trump rêve d'élargir les Accords d'Abraham au Liban, à la Syrie, à la Libye, à l'Indonésie, et à bien d'autres pays musulmans, l'Homme providentiel est Janet Kuschner, son gendre ... le Magicien ! 





Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme... 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

                  les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée

Qui est vraiment Jared Kushner ? (FR. Traductions cliquez à droite). JBCH N° 478

Jared Kushner — L’architecte discret d’un nouveau Proche-Orient


Il est des hommes dont l’influence dépasse les discours, les idéologies et même les générations. Jared Kushner appartient à cette catégorie rare. À seulement quarante ans, ce stratège calme et déterminé a redessiné la carte diplomatique du Proche-Orient. 


Les Accords d’Abraham, signés en 2020, sont sa création la plus éclatante : un chef-d’œuvre de diplomatie moderne, un pont entre mondes longtemps séparés, un modèle de paix pragmatique fondée sur la prospérité partagée.


Issu d’une tradition juive marquée par le devoir de construire, Kushner a su unir la vision spirituelle de la paix biblique et la rigueur d’un négociateur contemporain. Là où la diplomatie classique échouait, il a choisi une autre voie : celle du dialogue économique, de la confiance et du bénéfice mutuel. Sous son impulsion, Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan ont noué des relations diplomatiques et commerciales historiques. Cinq ans plus tard, ces accords tiennent bon — mieux encore, ils prospèrent.

Loin des slogans idéologiques, Kushner a compris que la stabilité régionale naîtrait non des compromis forcés, mais de la création d’intérêts communs : innovation, énergie, sécurité, environnement, éducation. Il a su convaincre les dirigeants arabes que l’avenir de leurs nations dépendait de la collaboration avec Israël, puissance scientifique et technologique de rang mondial.


Les Émirats arabes unis ont ainsi investi des milliards de dollars dans des projets israéliens de haute technologie, de cybersécurité et de développement durable. À Dubaï, des start-up israéliennes ouvrent des laboratoires conjoints ; à Tel-Aviv, des ingénieurs émiratis collaborent sur des solutions d’irrigation et de dessalement. Cette synergie nouvelle incarne une révolution silencieuse : la paix non par la politique, mais par l’intelligence partagée.

Kushner n’est pas un diplomate de carrière, et c’est précisément là son génie. Son regard extérieur lui a permis d’échapper aux dogmes figés de la diplomatie traditionnelle. Homme d’affaires, il raisonne en bâtisseur : chaque relation est un projet, chaque accord, une entreprise humaine. Il a substitué à la logique du conflit celle de la création.


L’esprit entrepreneurial qu’il partage avec sa belle-famille s’est mis au service d’une vision : faire du Proche-Orient non plus un champ de ruines mais un laboratoire mondial d’innovation. La Silicon Valley du désert prend ainsi forme, avec Israël comme catalyseur. Car le génie juif, dans les sciences, la technologie, la médecine ou l’agriculture, trouve désormais un terrain d’application étendu à tout le monde arabe.


Sous l’impulsion de cette paix nouvelle, Israël est devenu bien plus qu’un État : un modèle d’inventivité. De la médecine de pointe à l’intelligence artificielle, en passant par les énergies propres et la cybersécurité, le pays attire les talents et les capitaux du monde entier. Plus de 6 000 start-up y naissent chaque année, faisant de Tel-Aviv l’une des capitales mondiales de la technologie, juste derrière San Francisco et Shenzhen.


Kushner a su présenter cette créativité non comme un privilège national, mais comme une ressource partagée. Les accords d’Abraham ont ouvert la voie à des programmes communs de recherche, des transferts de technologie et des échanges universitaires entre jeunes Arabes et Israéliens. Une génération nouvelle émerge, connectée, entreprenante, ouverte au monde.



L’œuvre de Jared Kushner dépasse le cadre politique : elle s’inscrit dans une vision de civilisation. Il a prouvé qu’en combinant foi, innovation et pragmatisme, la paix pouvait être durable. En refusant les postures idéologiques, il a redonné à la diplomatie sa dimension essentielle : rapprocher les hommes autour d’un avenir commun.


Les prophètes parlaient jadis d’une paix jaillissant de Jérusalem ; Kushner en a esquissé les contours modernes. Non pas une paix de papier, mais une paix d’ingénieurs, d’entrepreneurs, de chercheurs et de rêveurs. 


Cinq ans après leur signature, les Accords d’Abraham n’ont rien perdu de leur force malgré le 7 Octobre 2023 qui était sensé les annuler ... ils continuent de structurer une ère nouvelle, où les Arabes et les Juifs travaillent côte à côte, unis par la création et la confiance.


Voulant établir un véritable hub technologique et commercial avec Israël, Kuschner n'a pas fini son job, prés de 20 nations musulmanes rejoindront ces accords dont l'Arabie Saoudite la nation mère du peuple arabe et l'Indonésie et ses 250 millions d'habitants musulmans . 







Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme... 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

                  les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée

lundi 6 octobre 2025

Les Khazars ... entre la Mer Noire et la Mer Caspienne (FR. Traductions cliquez à droite). JBCH N° 476

Au Lycée Condorcet, mon professeur de français Roger Ikor nous avait fait étudier un livre mystérieux : La Treizième Tribu, d'Arthur Koestler. J'ai donc découvert par son biais l'histoire du peuple Khazar


Plus tard, je lisais le Kouzari, correspondance entre Yehouda Halévy (Espagne) avec Joseph le roi des Khazars ...  une recherche s'imposait donc ...


Le « Kouzari » (ou Kitab al-Khazari) de Yehouda Halevi, rédigé vers 1140 en Espagne, constitue la plus brillante réfutation médiévale de ce que les modernes appellent, par dérision, la « théorie khazare ». 


Yehuda halevy

Halevi y reprend en réalité un épisode historique authentique — la conversion du roi des Khazars au judaïsme au VIIIᵉ siècle — pour en faire une allégorie spirituelle et philosophique, non une origine ethnique du peuple juif.


Dans le dialogue entre le roi des Khazars et le « sage d’Israël », Halevi expose une défense rationnelle de la foi juive face à la philosophie grecque, au christianisme et à l’islam. 



Le roi, à la recherche de la vérité, interroge successivement un philosophe, un chrétien, un musulman et enfin un juif ; seul ce dernier lui offre une sagesse enracinée dans la Révélation et l’histoire vécue d’un peuple, non dans la spéculation abstraite. 




Le judaïsme, affirme Halevi, ne se définit ni par la puissance politique ni par l’argument logique, mais par la présence continue d’un lien vivant avec le Dieu d’Israël, transmis depuis Abraham et manifesté à travers l’histoire d’Israël.


Le Kouzari ne décrit donc pas des « origines khazares » des Juifs, mais au contraire leur unité spirituelle et généalogique au-delà des diasporas. Yehouda Halevi, poète et médecin andalou, y exprime la nostalgie d’un retour à Sion et la conviction que l’élection d’Israël est d’ordre divin, non politique. 



C’est un texte profondément sioniste avant l’heure : Halevi quitta l’Espagne pour mourir, selon la légende, aux portes de Jérusalem.


Aujourd’hui, les partisans de la « Khazar theory » inversent complètement le sens du Kouzari : ce livre prouve justement que le judaïsme est universel dans sa foi mais enraciné dans une filiation historique réelle. 


Les études génétiques modernes confirment cette histoire  médiévale : Ashkénazes, Séfarades et Mizrahim partagent un noyau levantin commun, proche des peuples du Proche-Orient antique.


Ainsi, la « théorie négationniste khazare » contemporaine, évoquée par les extrèmes gauche et certains partis arabes, souvent agitée pour délégitimer Israël, par des propagantistes de bas étage, n’a rien d’historique : 


Elle nie à la fois la science, les sources médiévales et le sens même du Kouzari, qui demeure l’un des plus puissants manifestes de l’âme juive et de sa continuité à travers le temps et l’exil. 





Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme... 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

                  les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée


La Fête des Cabannes ... Souccot (FR, EN, ES). JBCH N° 475

Face à la profondeur du youd (l’être), et la leçon morale universelle de cette fête, avec des citations à la fois juives et profanes.


Souccot, fête des cabanes, s’élève dans le calendrier juif comme un chant paradoxal : à peine sortis de la rigueur spirituelle de Yom Kippour, le peuple d’Israël est invité non pas à construire, mais à habiter le provisoire, à quitter sa maison solide pour une demeure fragile, ouverte au vent, à la pluie et à la lumière et à célébrer la Joie. 


« Vous habiterez dans des souccot pendant sept jours, afin que vos générations sachent que J’ai fait demeurer les enfants d’Israël dans des cabanes quand Je les ai fait sortir du pays d’Égypte » (Lévitique 23:42-43).



La Soucca est donc à la fois mémoire et métaphore : mémoire d’un peuple errant protégé par Dieu dans le désert, et métaphore de la fragilité humaine. En hébreu, la lettre Beth (ב), première du mot Bayit — la maison — symbolise la possession, la stabilité, l’avoir. Mais cette stabilité est illusoire : le Beth n’est solide que tant que le souffle du monde ne le traverse pas. À Souccot, on découvre que le Beth est fragile, car tout ce qui est matériel — toit, biens, réussite — peut s’effondrer. En revanche, la lettre Youd (י), minuscule, représente l’esprit, l’être, la sagesse et l’étude. Ce n’est pas l’avoir qui dure, mais le savoir, la transmission, la conscience.


Comme l’écrivait Rabbi Nachman de Breslev « Le monde entier est un pont très étroit, mais l’essentiel est de ne pas avoir peur. »


Ce pont, c’est la Soucca elle-même : une cabane fragile suspendue entre le ciel et la terre, un lieu où l’homme apprend à se tenir dans l’instable, à faire confiance. L’enseignement de Souccot est d’une modernité bouleversante : dans une époque obsédée par la propriété, la performance et la sécurité, elle rappelle que la vraie solidité ne se mesure pas en murs mais en valeurs.


Le philosophe Albert Camus écrivait : « Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible. »


Cette phrase résonne étrangement avec le message de Souccot : sous le toit de branchages, dans la précarité assumée, se découvre la force intérieure, la chaleur de l’être. Le Youd intérieur — l’étincelle divine, la conscience — devient alors plus solide que n’importe quelle pierre.


De même, Socrate affirmait : « L’homme ne possède rien d’autre que lui-même. »


Cette vérité, simple et radicale, se rejoue chaque année à Souccot. On quitte le confort pour renouer avec l’essentiel, on troque le béton pour les palmes, la certitude pour la foi.


Mais Souccot n’est pas une fête de tristesse : c’est au contraire le “temps de notre joie” (Zman Simhaténou). Pourquoi la joie au cœur de la fragilité ? Parce qu’en acceptant l’éphémère, l’homme se libère de la peur de perdre. Il retrouve une forme d’équilibre spirituel, un rapport juste au monde : ni fuite dans le confort, ni mépris du matériel, mais conscience que tout est don et que la vie, comme la Soucca, est faite pour être traversée, non possédée.


Le peuple, sous la bénédiction des Cohanim se doit de se rendre au Temple de Jérusalem, trois fois par an : Pesah, Chavouot et Souccot , ces fêtes sont basées sue les semailles le laburage et laes récoltes, toutes ces fêtes sont agricoles. 


Ainsi, le savoir, l’étude, la parole transmise — ce Youd spirituel — se révèle plus solide que le Beth matériel. On peut perdre sa maison, ses richesses, sa position, mais non la sagesse qu’on a acquise ni la foi qu’on a vécue. Comme le dit Maïmonide« Les biens matériels sont comme l’ombre d’un arbre : plus on les poursuit, plus ils s’éloignent. »


La Soucca est une école d’humilité : elle enseigne à bâtir non sur la pierre, mais sur la connaissance, la mémoire, la solidarité. Souccot nous apprend à habiter le monde sans en être prisonniers.


Elle nous rappelle que la vraie maison est intérieure, qu’elle se construit dans la fidélité, dans la prière, dans le partage, dans la volonté d’apprendre. L’homme qui s’attache à l’avoir devient captif du Beth qui s’effondre ; celui qui s’attache à l’être s’élève avec le Youd qui ne disparaît pas.


En sortant de la Soucca, nous ne rentrons pas dans une maison plus solide : nous rentrons dans une conscience plus claire. La fragilité, acceptée, devient sagesse ; la précarité, assumée, devient paix. Et l’homme découvre que son seul vrai bien, c’est la lumière qu’il porte.


Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme... 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

                  les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée

English version

English text...

🇬🇧 English 


Facing the depth of the Youd (being), and the universal moral lesson of this festival, with both Jewish and secular references.


Sukkot, the Feast of Tabernacles, rises in the Jewish calendar as a paradoxical song: barely emerging from the spiritual austerity of Yom Kippur, the people of Israel are invited not to build, but to dwell — to leave their solid homes for fragile huts open to wind, rain, and light, and to celebrate Joy.


“You shall dwell in booths for seven days, so that your generations may know that I made the children of Israel dwell in booths when I brought them out of the land of Egypt.” (Leviticus 23:42–43)


The Sukkah is both memory and metaphor: memory of a wandering people protected by God in the desert, and metaphor for human fragility.

In Hebrew, the letter Beth (ב), first of Bayit — the house — symbolizes possession, stability, having.

Yet this stability is illusory: Beth is solid only as long as the breath of the world does not pass through it.

On Sukkot, we discover that Beth is fragile, for all that is material — roof, wealth, success — can collapse.

In contrast, the tiny Youd (י) represents spirit, being, wisdom, and study.

It is not having that endures, but knowing, transmitting, and being conscious.

As Rabbi Nachman of Breslov wrote:


“The whole world is a very narrow bridge, and the main thing is not to be afraid.”


This bridge is the Sukkah itself: a fragile hut suspended between heaven and earth, where man learns to stand in the unstable, to trust.

The teaching of Sukkot is strikingly modern: in an age obsessed with property, performance, and security, it reminds us that true solidity is not measured by walls but by values.

The philosopher Albert Camus wrote:


“In the midst of winter, I finally learned that there was in me an invincible summer.”


This resonates deeply with Sukkot’s message: beneath a leafy roof, in accepted vulnerability, one discovers inner strength — the warmth of being.

The inner Youd — the divine spark, the conscience — becomes more enduring than any stone.


Likewise, Socrates affirmed:


“Man possesses nothing but himself.”


This radical truth is replayed every year at Sukkot.

We leave comfort to rediscover essence; we trade concrete for palm branches, certainty for faith.

But Sukkot is not a festival of sorrow: it is “the time of our joy” (Zman Simchatenu).

Why joy in fragility? Because by accepting impermanence, man frees himself from the fear of loss.

He finds spiritual balance — a right relationship with the world: neither escape into comfort nor contempt for matter, but awareness that everything is gift, and that life, like the Sukkah, is meant to be inhabited, not owned.

The people, under the blessing of the Cohanim, were commanded to go up to the Temple in Jerusalem three times a year: Pesach, Shavuot, and Sukkot.

These pilgrim festivals are rooted in the agricultural cycle — sowing, plowing, and harvest.

Thus, knowledge, study, and transmitted word — that spiritual Youd — prove more lasting than the material Beth.

One can lose home, wealth, and status, but not the wisdom one has gained nor the faith one has lived.

As Maimonides said:


“Material goods are like the shadow of a tree — the more you chase them, the farther they flee.”


The Sukkah is a school of humility: it teaches us to build not on stone, but on knowledge, memory, and solidarity.

Sukkot teaches us to dwell in the world without becoming its prisoner.

It reminds us that the true home is within — built through faithfulness, prayer, sharing, and the will to learn.

He who clings to having becomes captive of the collapsing Beth; he who clings to being rises with the enduring Youd.

When we leave the Sukkah, we do not return to a stronger house — we return to a clearer consciousness.

Fragility, accepted, becomes wisdom; precariousness, embraced, becomes peace.

And man discovers that his only true wealth is the light he carries within.


🇪🇸 Español


Frente a la profundidad del Yod (el ser) y la lección moral universal de esta festividad, con citas tanto judías como profanas.


Sucot, la fiesta de las cabañas, se alza en el calendario judío como un canto paradójico: apenas salidos de la severidad espiritual de Yom Kipur, el pueblo de Israel es invitado no a construir, sino a habitar lo provisional, a dejar su casa sólida por una morada frágil, abierta al viento, la lluvia y la luz, y a celebrar la Alegría.


“Habitaréis en cabañas durante siete días, para que vuestras generaciones sepan que hice habitar a los hijos de Israel en cabañas cuando los saqué de la tierra de Egipto.” (Levítico 23:42-43)


La Sucá es a la vez memoria y metáfora: memoria de un pueblo errante protegido por Dios en el desierto, y metáfora de la fragilidad humana.

En hebreo, la letra Bet (ב), primera de Bayit — la casa — simboliza la posesión, la estabilidad, el tener.

Pero esa estabilidad es ilusoria: el Bet sólo es firme mientras el soplo del mundo no lo atraviesa.

En Sucot descubrimos que el Bet es frágil, pues todo lo material — el techo, los bienes, el éxito — puede derrumbarse.

Versión en español

Texto en español...

En cambio, la pequeña Yod (י) representa el espíritu, el ser, la sabiduría y el estudio.

No es el tener lo que perdura, sino el saber, el transmitir, el ser consciente.


Como escribió el rabí Najman de Breslev:


“Todo el mundo es un puente muy estrecho, y lo esencial es no tener miedo.”


Ese puente es la Sucá misma: una cabaña frágil suspendida entre el cielo y la tierra, donde el hombre aprende a mantenerse en lo inestable, a confiar.

La enseñanza de Sucot es de una modernidad conmovedora: en una época obsesionada por la propiedad, el rendimiento y la seguridad, nos recuerda que la verdadera solidez no se mide en muros sino en valores.


El filósofo Albert Camus escribió:


“En medio del invierno, aprendí por fin que dentro de mí habitaba un verano invencible.”


Esta frase resuena con el mensaje de Sucot: bajo un techo de ramas, en la precariedad asumida, se descubre la fuerza interior, el calor del ser.

El Yod interior — la chispa divina, la conciencia — se vuelve más duradero que cualquier piedra.


Asimismo, Sócrates afirmaba:


“El hombre no posee nada más que a sí mismo.”


Esta verdad simple y radical se revive cada año en Sucot.

Abandonamos el confort para reencontrar lo esencial; cambiamos el hormigón por las palmas, la certeza por la fe.


Pero Sucot no es una fiesta de tristeza: es, al contrario, “el tiempo de nuestra alegría” (Zman Simjatenu).

¿Por qué la alegría en la fragilidad? Porque al aceptar lo efímero, el hombre se libera del miedo a perder.

Recupera un equilibrio espiritual, una relación justa con el mundo: ni huida hacia el confort ni desprecio de lo material, sino conciencia de que todo es un don, y que la vida, como la Sucá, está hecha para ser habitada, no poseída.


El pueblo, bajo la bendición de los Cohanim, debía subir al Templo de Jerusalén tres veces al año: Pésaj, Shavuot y Sucot.

Estas fiestas están ligadas a las cosechas, la siembra y la recolección — todas son agrícolas.


Así, el saber, el estudio, la palabra transmitida — ese Yod espiritual — resultan más duraderos que el Bet material.

Se puede perder la casa, las riquezas o la posición, pero no la sabiduría adquirida ni la fe vivida.

Como decía Maimónides:


“Los bienes materiales son como la sombra de un árbol: cuanto más los persigues, más se alejan.”


La Sucá es una escuela de humildad: enseña a construir no sobre piedra, sino sobre conocimiento, memoria y solidaridad.

Sucot nos enseña a habitar el mundo sin convertirnos en sus prisioneros.


Nos recuerda que la verdadera casa es interior, que se construye con fidelidad, oración, compartir y deseo de aprender.

El hombre que se aferra al tener se vuelve prisionero del Bet que se derrumba; quien se aferra al ser se eleva con el Yod que no desaparece.


Al salir de la Sucá no regresamos a una casa más sólida: regresamos a una conciencia más clara.

La fragilidad aceptada se convierte en sabiduría; la precariedad asumida se convierte en paz.

Y el hombre descubre que su único bien verdadero es la luz que lleva dentro.