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vendredi 14 novembre 2025

Israël : Tout bénéfice pour les USA. JBCH N° 632

La guerre de Gaza a été un avantage majeur pour l'industrie américaine de l'armement

Un conflit qui dope donc les ventes d'armes
Depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a fait environ 1 200 morts et 251 otages civils, Israël a lancé une offensive militaire à Gaza, causant plus de 60 000 morts, selon les autorités sanitaires de Gaza, dont  30 000 terroristes armés d'après les israéliens.


 Deux ans plus tard, en novembre 2025, ce conflit potentiellement en voie de résolution a non seulement ravagé l'enclave palestinienne et accru les tensions régionales, mais il a aussi généré une manne financière inédite pour les entreprises américaines. 




Les États-Unis, principal allié d'Israël, ont approuvé plus de 32 milliards de dollars en ventes d'armements, munitions et équipements à l'armée israélienne depuis octobre 2023, selon une analyse du Wall Street Journal basée sur les disclosures du Département d'État. 


Cette aide, financée en grande partie par les contribuables américains, a doublé l'assistance militaire annuelle habituelle de 3,3 milliards à 6,8 milliards de dollars en 2024, sans compter les aides non monétaires comme les livraisons directes. Ce boom des ventes a profité à des géants de la défense et de la technologie, transformant la guerre en une "grande affaire" pour l'industrie américaine.



Le rôle central des financements américains : L'aide militaire américaine à Israël, ancrée dans un accord de 2016 prévoyant 38 milliards de dollars sur dix ans, a explosé avec la guerre. Entre octobre 2023 et septembre 2025, les États-Unis ont fourni au moins 21,7 milliards de dollars en aide directe, plus des dizaines de milliards en accords de ventes futures, selon le Quincy Institute for Responsible Statecraft. 


En 2024, une loi d'appropriation supplémentaire a alloué 8,7 milliards de dollars, portant l'aide annuelle à 3,8 milliards par an pour 2024 et 2025. Ces fonds couvrent des armes, des munitions et des pièces de rechange, mais aussi des opérations américaines régionales (comme contre les Houthis au Yémen), estimées à 9,65-12,07 milliards de dollars supplémentaires.


Cette générosité, justifiée par le "droit d'Israël à se défendre" sous les administrations Biden et Trump, a créé un pipeline d'armes sans précédent : 90 000 tonnes livrées par 800 avions et 140 navires depuis 2023, selon le ministère israélien de la Défense. Même en cas de trêve durable, les menaces persistantes (Iran, Houthis, Hezbollah) et les contrats pluriannuels garantissent un flux continu, avec des livraisons prévues jusqu'en 2029 et au-delà.




Les bénéficiaires principaux : Boeing et les géants de la défense : Les entreprises américaines ont engrangé des contrats massifs, centrés sur l'aérien – clé dans les bombardements à Gaza. Boeing domine : en 2024, il a obtenu l'approbation pour une vente de 18,8 milliards de dollars de chasseurs F-15 (jusqu'à 50 appareils plus kits de modernisation), à livrer dès 2029, surpassant les 10 milliards promis par Israël en 2018 sur dix ans. En 2025, des partenariats impliquant Boeing ont ajouté 7,9 milliards pour des bombes guidées et kits associés, boostant son carnet de commandes à 74 milliards de dollars.

D'autres firmes profitent aussi :

Northrop Grumman : Pièces pour chasseurs, avec des ventes approuvées dans le cadre des 32 milliards globaux.
Lockheed Martin : Missiles de précision ; sa division missiles a vu ses revenus grimper de 13 % à 12,7 milliards en 2024, grâce aux achats liés à Israël et à l'Ukraine.
General Dynamics : Obus de 120 mm pour tanks Merkava.
Oshkosh (Wisconsin) : Coques pour véhicules blindés Eitan ; une commande israélienne a prolongé une ligne de production menacée de fermeture.
Caterpillar : Bulleuses blindées D9, omniprésentes pour déblayer les décombres et détruire des structures, avec 7,9 milliards en contrats liés.

Les opérations terrestres (véhicules, obus) représentent des montants moindres, mais cumulés, ces ventes ont fait bondir les revenus du secteur. En 2023-2024, les revenus mondiaux des armuriers ont atteint 632 milliards de dollars, en hausse de 4,2 %, avec une croissance de 18 % au Moyen-Orient due à Gaza. Aux États-Unis, les actions de défense ont surperformé le S&P 500 de 18 % un an après le 7 octobre 2023, avec un retour total de 54,86 % pour Lockheed.





Le boom des technologies et des services ; au-delà de l'armement traditionnel, la guerre a ouvert des marchés pour la tech. Microsoft, Google (Alphabet) et Amazon avaient déjà des contrats pré-guerre pour l'IA et le cloud au ministère israélien de la Défense ; 




Palantir (co-fondé par Peter Thiel, allié de Trump) a signé un partenariat en janvier 2024 pour l'intelligence artificielle, non matériel à ses résultats financiers mais vital pour les opérations. Des protestations internes ont forcé Microsoft à limiter l'accès en septembre 2025.


Même l'aide humanitaire profite aux firmes US : en juin 2025, le Département d'État a alloué 30 millions de dollars à la Gaza Humanitarian Foundation (dirigée par Johnnie Moore, ex-conseiller Trump), qui a sous-traité la sécurité à Safe Reach Solutions et UG Solutions, face à la violence et au dysfonctionnement des distributions.



Guerre sur 7 fronts 



Controverses et perspectives: Malgré ces gains, des backlash émergent. Des fonds norvégiens parce qu'ils sont pro-arabes ont vendu leurs parts dans Oshkosh, Palantir et Caterpillar en 2024-2025 ; le fonds de pension néerlandais ABP a cédé 448 millions de dollars en Caterpillar en octobre 2025. 

Tous y reviennent bien évidemment ! de l'autre côté les exportations d'Israël n'ont jamais été aussi fortes : les USA, la Roumanie, la Serbie, l'Allemagne, l'Inde, l'Indonésie, la Pologne, l'Ukraine ont acheté en 2025 pour plus de 50 milliards de US $, et les carnets de commande sont remplis pour les cinq prochaines années.


Pourtant, les perspectives restent roses : l'économie israélienne est au top, les conflits persistants (Ukraine, Moyen-Orient) et les commandes à long terme (F-15 jusqu'en 2031) assurent une croissance. Les analystes prévoient une accélération des revenus en 2025-2026, avec Boeing et consorts verrouillés dans une "nouvelle ère de croissance". 


La guerre de Gaza, en plus du renforcement de l'économie en Israël, a ainsi renforcé l'industrie américaine, illustrant comment les conflits mondiaux alimentent un complexe militaro-industriel florissant.





jeudi 13 novembre 2025

Le monde arabo musulman et son rapport avec l'esclavage et les otages JBCH N°631

Les otages, c'est l' héritage historique d’un monde esclavagiste arabo-musulman.


La prise d’otages et l’asservissement d’êtres humains, tels que pratiqués par les groupes islamistes contemporains comme le Hamas ou Daech, ne sont pas des phénomènes nouveaux : 


Ils s’inscrivent dans une longue tradition historique du monde arabo-musulman, où la capture d’hommes, de femmes et d’enfants a constitué pendant plus de treize siècles un instrument de guerre, de domination et d’économie. Une continuité idéologique : de la razzia à la prise d’otages



Dès les premiers siècles de l’islam, les razzias — expéditions armées destinées à capturer du butin et des esclaves — furent légitimées par le djihad. Les vaincus pouvaient être exécutés, convertis ou réduits en esclavage. Les textes coraniques eux-mêmes, tout en invitant à traiter les esclaves avec clémence, n’abolissent pas l’esclavage : ils en encadrent seulement l’usage. Cette ambivalence a permis, au fil des siècles, de justifier à la fois la libération pieuse et la capture rituelle.


Aujourd’hui encore, des groupes tels que le Hamas, Daech ou Boko Haram se réclament de cette tradition pour capter des prisonniers comme “otages de guerre”. Le vocabulaire même utilisé – « ghana’im » (butin) ou « sabaya » (femmes captives) – est directement emprunté à la littérature juridique médiévale. La détention des otages israéliens, utilisés comme monnaie d’échange, réactive cette conception archaïque où la vie humaine est une ressource politique, religieuse et marchande.



L’Algérie, centre névralgique de la traite des esclaves

Du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, les côtes d’Afrique du Nord, notamment l’Algérie ottomane, furent le plus grand marché d’esclaves de la Méditerranée. À Alger, Tunis et Tripoli, les corsaires maures et barbaresques capturaient chaque année des milliers d’Européens — marins, pèlerins, pêcheurs ou villageois — revendus sur les marchés publics.




Les registres consulaires européens rapportent qu’entre 1530 et 1830, plus d’un million d’Occidentaux furent réduits en esclavage dans les régences barbaresques. Les captifs travaillaient dans les arsenaux, les galères ou les palais des beys. Certains, comme Miguel de Cervantès, marrane, y vécurent plusieurs années avant leur rachat.


Ce système prospéra avec la complicité du pouvoir ottoman, qui voyait dans ces razzias une ressource économique majeure et un moyen d’humilier l’Europe chrétienne. Ce n’est qu’avec la conquête française d’Alger, en 1830, que cette traite méditerranéenne prit fin.



La traite arabo-musulmane : la plus vaste et la plus longue

Plus méconnue que la traite atlantique, la traite arabo-musulmane fut pourtant plus ancienne, plus étendue et plus persistante. Du VIIᵉ au XXᵉ siècle, entre 12 et 17 millions d’Africains noirs furent capturés à travers la traite transsaharienne, orientale et océanique.


Ces esclaves provenaient du Sahel, du Soudan, du Niger, du Tchad ou du Mozambique. Beaucoup périssaient en traversant le désert, d’autres étaient castrés pour servir comme eunuques dans les harems ou comme soldats dans les armées du califat.


Des penseurs aussi prestigieux qu’Avicenne, Ibn Khaldoun ou Al-Masudi ont, dans leurs écrits, justifié la supériorité supposée des Arabes sur les Noirs, nourrissant un racisme institutionnel. Cette vision, selon laquelle les Africains étaient « nés pour être asservis », a profondément marqué les mentalités dans de nombreux pays musulmans.




L’abolition fut tardive et imposée de l’extérieur : l’Arabie saoudite et le Yémen ne supprimèrent l’esclavage qu’en 1962, Oman en 1970, et la Mauritanie seulement en 1981, où la pratique perdure encore sous forme d’esclavage héréditaire.


De l’esclave à l’otage moderne : une mutation de forme, non de fond

Le terrorisme islamiste contemporain s’inscrit dans la continuité de ces pratiques : les captifs deviennent otages, mais la logique demeure la même — domination religieuse, rachat financier, humiliation de l’ennemi.




Le Hamas à Gaza, Daech en Syrie, ou les milices islamistes en Afrique reprennent cette économie du captif, où l’être humain est un moyen de chantage et de communication politique. L’acte n’est pas seulement militaire : il est théologique et symbolique, rappelant la soumission des infidèles et la suprématie du croyant armé.


Cette mémoire souterraine de l’esclavage éclaire la brutalité des prises d’otages actuelles : elles prolongent, sous des formes modernes, un imaginaire de conquête hérité des siècles passés.



 la mémoire nécessaire

Alors que le monde occidental a largement étudié et reconnu sa propre responsabilité dans la traite atlantique, le monde arabo-musulman demeure dans le déni de son passé esclavagiste. 

Ce silence alimente une ignorance historique, et parfois une indulgence idéologique envers des violences contemporaines qui trouvent pourtant leurs racines dans cette culture du captif.


Reconnaître cette histoire n’est pas un acte d’accusation, mais une nécessité morale : comprendre que le mépris de la liberté d’autrui qu’il prenne la forme de l’esclavage ou de la prise d’otages reste la marque des sociétés qui refusent de se confronter à leur passé. 




Le Blog de Karine Salomon De Paz de retour de TLV. JBCH N° 630

Un bien triste anniversaire, et une cantine gastronomique.

Une courte news cette semaine, pour cause de déplacement dans l’autre “ville qui ne dort jamais”. J’en reviens aphone, obèse et conquise, comme toujours.

“Je me souviens exactement de l’endroit où j’étais vendredi 13 novembre 2015.”
Cette phrase nous l’avons entendue des dizaines de fois, et nous l’entendons encore. Mais pour combien de temps ?
Quelques mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, celui du Bataclan - qui a aussi frappé le Stade de France, le Carillon, le Petit Cambodge - finissait d’inscrire le terrorisme islamiste dans le paysage français.
132 morts, près de 500 blessés, et combien de traumatismes encore vivaces…
Dix ans après, c’est la question de la mémoire qui se pose. Non pas celle des victimes, dont la vie a été à jamais bouleversée, mais celle de la mémoire collective, de la mémoire nationale.
Car faire vivre une mémoire dans un environnement qui lui est hostile, qui fragmente, divise, stigmatise et tue parfois, est extrêmement difficile. C’est pourtant la moindre des choses que nous devons aux victimes.
Les séries télévisées, les articles de presse, les reportages, les témoignages sont autant d’aides à la mémoire, mais ils ne font guère le poids face au relativisme, aux justifications et aux débats détournés.
La mémoire collective se heurte aux enjeux géopolitiques et à la crise du modèle républicain. Et c’est exactement ce que recherche le terrorisme islamiste : terrifier bien sûr, mais aussi diviser et radicaliser.
Aux États-Unis, 100 millions de jeunes américains n’étaient pas nés le 11 septembre 2001, et sont tout juste au courant que 2 753 personnes sont mortes ce jour-là. Les attentats du World Trade Center, dans certains États, sont réduits à quelques lignes dans les livres d’histoire.
Lorsque l’oubli collectif devient inévitable, la transmission devient essentielle, obligatoire.
11.09, 11.03, 7.01, 9.01, 13.11, 14.07, 16.10, 13.10, 7.10.
Il faut se souvenir, encore plus que ne pas oublier.

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Trois millions d’euros ont été alloués à la justice restaurative, qui vise à faire dialoguer victimes et bourreaux. Et si la démarche est méritoire, et sans doute efficace pour les infractions et les agressions, il est un peu plus difficile de l’envisager quand il s’agit de Salah Abdeslam, champion toute catégorie de la taqiya, cette technique bien rodée qui consiste, avec succès, à dissimuler sa radicalisation.
Sa compagne vient d’ailleurs d’être arrêtée pour projet terroriste. Une belle leçon de repentir sincère.

Meilleure cantoche de Paris

C’est notre chouchou, et l’un des meilleurs chefs de Paris.
Thomas Graham, ancien magicien du Mermoz, cherche un endroit à lui. En attendant son installation, il fait dans le nomadisme.
Thomas vient de prendre les commandes d’une cantine de choix, tant par les produits que par le savoir-faire, puisque c’est Terroirs d’Avenir qui s’y colle.
Il y a quelques années, les pionniers du sourcing de fruits et légumes en direct des producteurs avaient ouvert un grand marché sous les belles voûtes de béton de l’ancienne préfecture de la Seine, à Sully-Morland.
Il ne reste malheureusement de ce beau projet que la boulangerie et des stands vides… Le renouveau est enfin assuré grâce à une cantine qui fait pâlir les bistrots gastronomiques du coin.
Le menu est inspiré des arrivages, ou des invendus, de Terroirs, et Thomas, assisté de Louise et Juliette, en fait des merveilles. Il réitère même, le coquin, sa fameuse tourte de légumes qui faisait la joie des gourmands du Mermoz.
Et quand on lui demande combien de temps, il compte chapeauter cette cantine d’un genre gastronomique, il reste évasif : “Je suis super heureux d’être là ! Chaque jour je pense une recette avec les produits disponibles. I feel great! ”.
En guise de déjeuner “de boulot”, on s’est régalés d’un céleri rémoulade, de gnocchis maison aux champignons, de polpettes à la polenta crémeuse, d’œufs mayo, d’une tarte aux pommes aussi belle que bonne, et d’un riz au lait à la confiture de quetsches.
La bonne nouvelle n’a pas encore atteint les très nombreux bureaux du quartier, mais il risque d’y avoir la queue très prochainement.

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La cantine Terroirs d’Avenir

17 boulevard Morland 75004 Paris
Ouvert tous les midis sauf le week-end

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New Delhi ... Le Brouillard. JBCH N° 629

New Delhi, novembre 2025. La nuit tombe comme un rideau de plomb sur la capitale indienne. À peine 17 h 30 et déjà le brouillard toxique avale les phares des voitures. On ne voit pas à un mètre, pourtant mon chauffeur de taxi n'en a cure,  et moi je ferme les yeux.

 

Pourtant le taxi file, klaxonne, slalome entre les rickshaws et les vaches errantesqu'on ne voit pas. Le passager, blanc puis jaune de peur, se souvient soudain qu’il respire. Et ce qu’il respire tue !



 

Trente millions d’habitants vivent désormais dans ce qui fut jadis une ville. Delhi n’est plus qu’un poumon à ciel ouvert, saturé de particules fines PM2,5 qui dépassent 400 microgrammes par mètre cube au petit matin, là où l’OMS recommande de ne jamais franchir 15. Depuis six ans, la mégapole truste la première place du classement des capitales les plus polluées au monde. L’hiver, autrefois saison bénie, est devenu synonyme de cauchemar. Dès octobre, les feux agricoles du Pendjab et de l’Haryana rabattent leurs fumées âcres sur la plaine indo-gangétique ; Diwali ajoute des millions de pétards ; le trafic, les chantiers, les industries font le reste. Soixante-quatorze des cent villes les plus toxiques de la planète sont indiennes.



 

Le scandale éclate quand les réseaux sociaux révèlent que la municipalité, tenue par le parti de Narendra Modi, truque les données. On pulvérise de l’eau autour des capteurs, on neutralise les stations. Au lendemain de Diwali, vingt-huit des trente-neuf moniteurs tombent mystérieusement en panne. Les habitants se réveillent dans un brouillard si dense qu’un pneumologue réputé lance un appel désespéré : « Si vous le pouvez, quittez Delhi six à huit semaines. » Les hôpitaux débordent de toux, d’oppressions thoraciques, de cancers du poumon chez des non-fumeurs. Un décès sur sept dans la capitale est imputable à l’air vicié, soit 17 188 vies par an. À l’échelle nationale, la pollution tue 1,7 million de personnes en 2022, 38 % de plus qu’en 2010. Le Dr Randeep Guleria, ancien directeur du plus grand hôpital public, l’affirme sans détour : « La pollution atmosphérique est plus mortelle que le Covid-19. »



 

Face à cela, les autorités multiplient les gadgets coûteux et inutiles : tours antismog à deux millions d’euros, camions brumisateurs, pluie artificielle ratée, canons à eau qui engloutissent 2 000 litres d’eau par heure dans une ville en pénurie hydrique. Les vraies solutions – véhicules électriques, transports publics propres, déplacement des industries, régulation des feux agricoles – restent lettre morte.

Les riches fuient l’hiver à Londres ou Goa, s’offrent purificateurs d’air et climatiseurs. Les autres toussent. La pollution creuse les inégalités dans une cité où 17 % de la population vit encore dans des bidonvilles sans eau potable ni égouts. L’été apporte désormais 50 °C, la mousson des inondations apocalyptiques – Gurgaon noyée sous des eaux immondes en 2025 –, et trois décharges géantes qui brûlent régulièrement, ajoutant leur fumée aux ciels déjà noirs.

Delhi ne compte plus que trois mois vivables par an. Chercheurs, étudiants, mères de famille manifestent devant India Gate, malgré l’interdiction. « Je meurs d’envie de partir en Europe, où l’air est pur », confie Kaneez Fatima, 26 ans, les yeux rougis.


 

Avec 1,7 milliard d’habitants prévus en 2060, les experts tirent la sonnette d’alarme : les villes indiennes ne sont pas prêtes. Routes saturées, services défaillants, air irrespirable. New Delhi n’est plus une ville. C’est un avertissement.

 





 


Hayé Sarah, la Résilience JBCH N° 628

La paracha ‘Hayé Sarah’ de cette semaine s’ouvre sur un paradoxe saisissant : elle s’intitule « La vie de Sarah », alors qu’elle débute par sa mort. Mais c’est justement là tout son sens, la vraie vie d’un être juste commence quand son influence continue à inspirer le monde après sa disparition. 

Sarah, première matriarche, devient ainsi la matrice spirituelle d’un peuple qui ne se définit pas seulement par le sang, mais par la foi, la dignité et la persévérance.



Abraham, confronté à la mort, choisit la vie : il n’élève pas un monument de tristesse, il fonde un acte de continuité. En achetant la grotte de Makhpela à Hébron, il inscrit la promesse divine dans l’histoire humaine, liant la spiritualité à la terre, la foi à la responsabilité. 



Cet acte juridique et symbolique est, en quelque sorte, le premier « titre de propriété » du peuple d’Israël sur sa terre, une leçon qui résonne fortement aujourd’hui, alors que la légitimité d’Israël est encore contestée dans un monde où l’histoire est souvent réécrite ou niée. La grotte d’Hébron, comme Jérusalem, témoigne que l’enracinement d’Israël n’est pas une conquête, mais une fidélité à une promesse millénaire.




Le deuxième mouvement de la paracha est tourné vers l’avenir : Abraham cherche une épouse pour Isaac. Il ne veut pas d’un mariage « local », mais d’une union fondée sur les mêmes valeurs spirituelles. C’est Éliézer, son serviteur, qui accomplit cette mission avec foi, intuition et prière. Il représente le dévouement, mais aussi la sagesse du discernement : savoir lire les signes, écouter la Providence. Dans un monde moderne saturé d’informations, où l’homme croit tout contrôler, Éliézer nous rappelle la valeur du silence intérieur, du bitahon — la confiance dans la direction divine.



Sur le plan philosophique et existentiel, ‘Hayé Sarah’ nous interroge : que faisons-nous de nos héritages spirituels ? La société contemporaine vit dans l’instant, coupée de la mémoire. Sarah et Abraham, eux, nous enseignent la continuité : ils ne se définissent pas par ce qu’ils possèdent, mais par ce qu’ils transmettent. À l’image d’Abraham, nous devons transformer la perte — qu’elle soit celle d’un être, d’un idéal, d’une innocence collective — en fondement d’avenir. La mort de Sarah pousse Abraham à préparer la prochaine étape : la relève.



Dans le monde d’aujourd’hui, où les repères s’effacent, cette leçon est cruciale. L’éducation, la transmission des valeurs morales et spirituelles, deviennent nos grottes de Makhpela modernes : les lieux où s’enracinent la conscience et la mémoire. Les sociétés qui oublient leurs patriarches — au sens large, leurs fondateurs, leurs repères — risquent de se dissoudre dans l’immédiateté et la superficialité.


Enfin, ‘Hayé Sarah’ parle du temps du deuil et de la reconstruction, un thème universel et actuel. Après chaque crise — qu’elle soit personnelle ou collective — vient le choix : s’enfermer dans la nostalgie ou bâtir une nouvelle étape. Après le 7 octobre, après les drames collectifs qui ont marqué l’histoire d’Israël, cette paracha rappelle que le peuple juif ne se définit pas par ses blessures, mais par sa capacité à se relever, à reconstruire, à choisir la vie.


Sarah meurt, mais Isaac et Rébecca s’unissent. La flamme passe d’une génération à l’autre. Le judaïsme, et plus largement l’humanité, vit de cette tension entre mémoire et espérance. Dans un monde où beaucoup cherchent un sens, ‘Hayé Sarah’ nous invite à comprendre que la foi n’est pas seulement croire en Dieu, mais aussi croire dans la continuité de la lumière, même après la nuit.


Ainsi, la paracha n’est pas un texte ancien : c’est une métaphore de la résilience moderne, une leçon sur la fidélité et la responsabilité. À travers Abraham et Sarah, elle nous enseigne que la véritable vie, celle qui triomphe du temps et des épreuves, commence là où l’homme accepte de transformer la finitude en éternité