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jeudi 4 décembre 2025

Vers la fin des Ayatollah JBCH. N° 2512 - 696

La chute libre du rial iranien : c'est le signe d’un régime au bord du gouffre : Jeudi 4 décembre 2025


Quand un animal est blessé … il devient mortellement dangereux … très dangereux !


Téhéran – Le rial iranien a franchi un nouveau seuil historique ce mercredi : 1,2 million pour un dollar sur le marché libre, un effondrement qui étrangle un peu plus l’économie de la République islamique. 




Les cambistes du bazar de Téhéran, habitués aux soubresauts de la monnaie nationale, évoquent un « plancher sans fond » alors que les négociations nucléaires avec Washington semblent irrémédiablement bloquées. Cette dégringolade, la pire depuis la révolution de 1979, n’est pas qu’un indicateur macroéconomique : elle est le symptôme d’un régime sous pression, miné par une défaite militaire cuisante face à Israël et une coalition occidentale impitoyable. Pour beaucoup, c’est le début de la fin – ou du moins, le craquement audible d’un système qui vacille.



Le contexte est glaçant. En juin dernier, Israël a lancé une offensive éclair de 12 jours contre l’Iran, qualifiée de « victoire absolue » par Tel-Aviv. Soutenue par les États-Unis sous Donald Trump, l’opération a visé des sites nucléaires clés – Natanz, Fordow, Ispahan – et décapité une partie du haut commandement des Gardiens de la Révolution. 


L’Iran, qui avait enrichi de l’uranium à 60 % en vue d’une arme nucléaire, s’est retrouvé humilié : ses proxies régionaux (Hezbollah, Houthis) affaiblis, son programme atomique retardé de décennies. Les sanctions de l’ONU, réactivées via le mécanisme « snapback » en septembre par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont suivi comme une sentence. Résultat : l’exportation de pétrole, pilier de l’économie, est tombée à un filet de 500 000 barils par jour, contre 2,5 millions auparavant. 


La Chine, principal acheteur, réduit ses importations pour apaiser Washington. Le rial, déjà exsangue à 820 000 pour un dollar fin 2024, a plongé de 46 % en un an.   

Cette crise monétaire n’est pas un accident isolé, mais l’aboutissement d’une stratégie de « pression maximale » relancée par Trump dès son retour au pouvoir en janvier. Les pourparlers nucléaires, entamés en avril sur une lettre du président américain à l’ayatollah Khamenei – exigeant le démantèlement total du programme atomique –, ont capoté au sixième round, prévu en juin à Oman. L’Iran refusait toute concession sous la menace ; Israël a frappé. 





Aujourd’hui, Téhéran, via son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se dit ouvert à un « accord équilibré », mais Khamenei rejette toute négociation « sous la contrainte ». Washington, de son côté, maintient la porte entrouverte, mais conditionne tout allègement à un gel immédiat de l’enrichissement. 



L’Europe, unie derrière les sanctions, pousse pour une reprise, mais les divergences persistent : l’Iran accuse l’AIEA d’espionnage au profit de Tel-Aviv. Dans ce vide diplomatique, le rial paie l’addition : sanctions financières qui bloquent l’accès à SWIFT, gel des avoirs à l’étranger, et une inflation galopante à 45 %.   


L’impact sur la vie quotidienne est dévastateur. Les prix des denrées de base – riz, viande, pain – ont flambé de 64 % en un an, selon le Centre statistique iranien, plaçant l’Iran au deuxième rang mondial pour l’inflation alimentaire, derrière le Soudan du Sud. 



À Téhéran, un kilo de bœuf, pilier de l’alimentation nationale, avoisine désormais 1 million de rials – une semaine de salaire pour un ouvrier. Les supermarchés rationnent les produits importés, les files d’attente s’allongent pour l’essence (subventionnée, mais menacée de hausse), et le pouvoir d’achat s’effondre : 57 % des Iraniens souffrent de malnutrition modérée, d’après le ministère du Bien-être social. Les entreprises, asphyxiées par les coûts d’importation, ferment en cascade – 175 000 milliards de tomans de pertes privées en neuf mois, selon le président Masoud Pezeshkian. Le chômage des hommes de 25-40 ans frôle les 50 %, et la classe moyenne, éviscérée, se rue sur l’or et les cryptomonnaies pour sauver ses économies.    

Les économistes, même pro-régime, sonnent l’alarme : la Banque mondiale prévoit une contraction de 1,7 % du PIB en 2025, puis 2,8 % en 2026 – un « spirale récessionniste » dopée par l’hyperinflation. Le FMI pointe la dépréciation du rial, les déficits budgétaires et les sanctions comme carburants d’une crise endémique, qui a déjà provoqué des émeutes en 2022 après la mort de Mahsa Amini. 



Aujourd’hui, les tensions sociales couvent : grèves dans les transports, manifestations sporadiques contre la corruption endémique, et un exode massif – 3 000 infirmières par an fuient le pays. Sur X (ex-Twitter), les appels à la résistance pullulent : « Le rial s’effondre, le régime suit », tweete un utilisateur anonyme, relayé par des opposants en exil comme le CNRI.  

Sous ces « coups de boutoir », comme les qualifie l’opposition, le régime des mollahs est acculé. Les autorités, sous pression, préparent un relèvement de la monnaie (suppression de quatre zéros pour passer au toman) et une réforme des subventions au carburant, mais cela risque d’attiser le feu. Pezeshkian, réformateur modéré, plaide pour un « dialogue égal » avec les États-Unis, mais Khamenei, intransigeant, refuse toute capitulation. Israël, fort de sa victoire, et l’Europe, lassée des surenchères nucléaires, maintiennent le garrot. Washington, pragmatique, pourrait rouvrir la voie si Téhéran lâche du lest – mais pour l’instant, la « main tendue » de Trump ressemble à un ultimatum.



Cette chute du rial n’est pas qu’économique : c’est un verdict géopolitique. Vainqueur absolu de la guerre des 12 jours, Israël a brisé l’illusion d’une menace nucléaire iranienne, tandis que les sanctions occidentales achèvent d’étrangler un régime qui a misé sur l’exportation de la révolution au détriment de son peuple. 


Les tensions sociales s’exacerbent, et les économistes avertissent : sans allègement, des troubles massifs pourraient éclater d’ici 2026. 


Pour les Iraniens, épuisés par 46 ans de sanctions et de promesses trahies, la question n’est plus « si », mais « quand » le régime craquera. Un espoir fragile ? Les murmures de dissidence grandissent, et l’histoire, impitoyable, pourrait bien donner raison à ceux qui voient dans ce chaos le prélude à un changement.




Les Triades chinoises maîtres du monde ? JBCH. N°. 2512 - 695

Les triades chinoises; ce sont des mafias ancestrales au service de l’empire Xi Jinping Décembre 2025 – Paris / Pékin

Antoine Vitkine, journaliste et documentariste chevronné, vient de remporter le prix du livre géopolitique de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES) pour son ouvrage Triades : la mafia chinoise à la conquête du monde (Tallandier, janvier 2025). 



Ce travail d’enquête, fruit de deux ans d’investigations et d’entretiens exclusifs avec des parrains de haut rang, explore comment ces organisations criminelles bicentenaires se sont muées en outils géopolitiques au service du Parti communiste chinois (PCC) et de Xi Jinping. Vitkine, qui a également produit une série de six reportages pour Arte et une bande dessinée sur le sujet, explique la genèse de ce projet atypique : 



« C’est ma première plongée dans le monde mafieux. Après quinze ans à décortiquer les dictatures – Russie, Syrie –, j’ai réalisé que mafias et régimes autoritaires sont indissociables. La violence criminelle et politique fusionnent souvent. En Chine, une dictature implacable devenue superpuissance menaçante, s’intéresser à sa mafia, mobilisée pour ses ambitions, est une nécessité. »



Les triades, nées au XIXe siècle comme sociétés secrètes anti-mandchoues, ont muté en empires criminels globaux : trafic de drogue, contrefaçon, cyberescroqueries, avec un chiffre d’affaires estimé à des centaines de milliards. 



Mais sous Xi, elles ne sont plus de simples gangs : elles sont devenues des « mercenaires » du PCC. Vitkine décrypte cet alignement comme un cocktail d’histoire, de pragmatisme économique et de stratégie géopolitique. Historiquement, les triades ont oscillé entre opposition et collaboration avec le pouvoir : alliées au Kuomintang contre les communistes, puis exilées à Hong Kong et Taïwan après 1949. Pékin les a ensuite infiltrées, transformant ces rivaux en atouts. 



Pragmatiquement, les triades profitent de la diaspora chinoise (plus de 60 millions de personnes) pour étendre leurs réseaux, tout en servant les intérêts économiques de la Chine : investissements opaques, espionnage industriel. Géopolitiquement, Xi les utilise pour projeter la puissance chinoise : intimidation des dissidents (comme à Hong Kong en 2019), infiltration en Europe (via des casinos en Italie ou des trafics en France), ou même en Afrique et en Amérique latine pour sécuriser les « Nouvelles routes de la soie ».


« Pékin ne contrôle pas tout, mais tolère et oriente, » précise Vitkine. Les triades, avec leurs rituels ancestraux et leur loyauté clanique, offrent un déni plausible pour des opérations sales : cyberattaques, blanchiment, ou pressions sur les communautés chinoises abroad. 




En Occident, elles s’infiltrent via des associations culturelles ou des entreprises, facilitant l’espionnage. Vitkine alerte : « Sous-estimer les triades, c’est ignorer une arme hybride de Pékin. » 


Son livre, enrichi d’anecdotes choc – comme des entretiens avec des boss tatoués à vie – appelle à une vigilance accrue. Lauréat FMES, ce travail hybride journalisme et géopolitique éclaire un angle mort : la mafia chinoise n’est plus locale ; elle conquiert le monde, au rythme des ambitions de Xi.







mercredi 3 décembre 2025

L'Europe compromise et ses diplomates vendus au Qatar ! JBCH N° 2512 - 694

Le nouveau scandale qui secoue Bruxelles:  perquisitions, arrestations, soupçons de corruption, ingérences étrangères pose une question brûlante : 


Comment Federica Mogherini, connue pour son tropisme pro-palestinien et ses positions souvent hostiles à Israël, a-t-elle pu devenir la voix diplomatique de l’Union européenne entre 2014 et 2019, au point d’influer sur la politique étrangère du continent et d’ouvrir largement les portes à Doha, Ankara ou Téhéran ?




Durant son mandat, Mogherini s’est montrée alignée sur des positions qataro-iraniennes, soutenant notamment l’accord nucléaire de 2015, cultivant une proximité avec Doha et Ankara, et affichant une hostilité répétée envers Israël. Son silence face aux réseaux de financement du Hamas et à certaines activités djihadistes a nourri des critiques sur sa partialité.


Le scandale actuel, surnommé « EEAS-Gate », met en lumière un système déjà visible dans le Qatargate : les institutions européennes apparaissent vulnérables aux pressions étrangères. L’Académie diplomatique européenne, censée être un projet pédagogique, est aujourd’hui suspectée d’avoir servi à placer des protégés et à contourner les règles, favorisant ainsi des intérêts extérieurs.


Cette situation souligne une défaillance structurelle de Bruxelles. Aucune instance indépendante n’a réellement contrôlé les financements, les promotions internes, les conflits d’intérêts ou les liens des diplomates européens avec des gouvernements étrangers. Le résultat est une diplomatie européenne exposée, infiltrable et parfois complaisante.



Les arrestations et enquêtes en cours perturbent profondément l’image et le fonctionnement du service européen pour l’action extérieure. Elles renforcent également le discours de l’extrême droite et alimentent le scepticisme croissant envers la capacité de l’UE à garantir transparence et intégrité dans ses institutions diplomatiques.


Le « EEAS-Gate » est ainsi plus qu’un simple scandale administratif : il reflète la fragilité structurelle d’un système où idéologie, intérêts étrangers et manquements institutionnels se mêlent, menaçant la crédibilité d’une diplomatie censée représenter les valeurs et la sécurité de l’Europe. 


On attend une commission d'enquête indépendante pour enquêter les magouilles au sein de l'ONU ! 




La France des Pandas ... JBCH N° 2512 - 693

 Les ministres patinent, le Président voyage pour rencontrer des Pandas en Chine ... Bref tout va très bien Madame la Marquise !



Conseil des ministres : un budget sous tension, des clarifications politiques et un cap stratégique renforcé


Pendant ce temps les extrêmes  (Le Clan Le Pen et Mélenchon les tueurs de liberté)  payés et soutenus par Poutine sortent leurs griffes à quelques mois des municipales et de la présidentielle


Le conseil des ministres d’hier a révélé un exécutif sous pression, déterminé à éviter une crise budgétaire majeure autour du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. À quelques heures de la seconde lecture à l’Assemblée, le Gouvernement pose un constat net : pas de plan B. Sans vote, le déficit exploserait à 30 milliards d’euros en 2026, soit le double de celui prévu par la majorité. Cette mise en garde marque un tournant : l’exécutif place désormais les députés face à leurs responsabilités et appelle ouvertement à un compromis transpartisan, une posture rare mais révélatrice de l’urgence. C’est la principale nouveauté politique de ce conseil.




Le Gouvernement insiste : un rejet du texte bloquerait les mesures pourtant actées, comme la suspension de la réforme des retraites, créant un vide juridique inédit. L’enjeu dépasse donc le simple vote budgétaire : il engage la crédibilité financière et sociale du pays.

Autre élément marquant de ce compte rendu : le démenti ferme concernant un supposé “ministère de la Vérité”. Le président de la République et sa porte-parole ont balayé toute velléité d’un label d’État dédié à la vérification de l’information. Ce recadrage vise à stopper une polémique en ligne qui menaçait de prendre une dimension politique toxique. La nouveauté ici n’est pas le démenti, mais la volonté affichée de reprendre la main face aux accusations d’ingérence informationnelle.



Le volet social occupe également une place centrale, avec un plan d’encadrement du crédit à la consommation. Face au surendettement en hausse (+11 % en un an), le Gouvernement étendra d’ici novembre 2026 les règles de protection à des produits jusqu’ici peu encadrés : mini-crédits, crédits gratuits, offres agressives en ligne. Pas d’interdiction des découverts, mais des contrôles renforcés de solvabilité. C’est un changement structurel majeur dans la régulation du crédit en France.


Sur le terrain culturel, l’exécutif mise sur une mesure inédite : la création de Conseils des jeunes dans 15 institutions culturelles. Une manière d’amorcer un tournant participatif et de lutter contre la décroissance de la présence des adolescents dans les musées et théâtres.


L’agenda international, enfin, a occupé une place notable. La France confirme son ambition spatiale avec plus de 16 milliards d’euros investis d’ici 2030, actant un accord clé avec l’Agence spatiale européenne. Sur l’Ukraine, Paris insiste sur la “vitalité démocratique” illustrée par la démission d’un proche de Zelensky pour corruption, tout en préparant la visite du président ukrainien pour coordonner le soutien occidental. 


Dans le même temps, des discussions avancent avec Donald Trump sur les garanties de sécurité que pourraient offrir les États-Unis : un signal stratégique lourd alors que Washington redéfinit son rôle international.


Ce conseil des ministres marque un moment de clarification politique. Conscience aiguë du risque budgétaire, recentrage face aux polémiques, réformes structurelles du crédit, participation culturelle renforcée, ambitions spatiales assumées et diplomatie active. 


L’exécutif cherche à montrer qu’il garde la main, malgré un climat parlementaire explosif et un contexte international instable.



Grace a Tshal, l'Allemagne s'arme, la France recule JBCH. N° 2512 - 692

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le directeur général du ministère de la Défense, Amir Baram, renforcent les liens stratégiques avec l’Allemagne via le déploiement imminent du système Arrow 3 et des avancées sur les sous-marins, démontrant la résilience des relations bilatérales malgré les tensions liées à la guerre récente.  


La France  de Macron, comme celle de de Gaulle et Pompidou critique, boycotte, dénigre Israël, on se souviendra de l'humiliation de Pompidou dans l'affaire des vedettes de Cherbourg !




Signé en 2023 pour 3,5 milliards de dollars le plus gros contrat d’exportation d’armement israélien  en Europe, Arrow 3, codéveloppé avec les États-Unis par Israel Aerospace Industries (IAI), sera opérationnel en Allemagne fin 2025, protégeant contre les missiles balistiques longue portée dans l’espace extra-atmosphérique. 




Israël mérite des félicitations pour son innovation exemplaire en défense antimissile, prouvée lors des attaques iraniennes d’avril, octobre 2025 et juin, sauvant des milliers de vies et minimisant les dommages malgré des salves massives.




Progrès sur les sous-marins et IA. Les négociations sur les sous-marins allemands livrés à Israël, dotés de capacités offensives et défensives (y compris nucléaire selon des rapports étrangers), -et la mise en route en commun d'un programme incroyable de drônes sous-marin avancent parallèlement, avec des révélations sur leur rôle clé contre l’Iran, le Yémen et la Syrie durant la guerre 2023-2025. 


La coopération s’étend à l’intelligence artificielle et d’autres technologies de pointe, tandis que le chancelier Friedrich Merz visitera Israël la semaine prochaine pour les 60 ans des relations germano-israéliennes. 


Berlin achète aussi des missiles Spike (2,3 milliards d’euros), des drones Heron TP et des systèmes Elbit/Rafael, intégrant la tech israélienne à la Bundeswehr et à l’OTAN via l’European Sky Shield Initiative.



Contraste avec la France : À l’opposé, la France du Quai d’Orsay perpétue une vieille habitude antithèse sioniste, freinant les ventes d’armes et critiquant Israël sur Gaza, contrairement au pragmatisme allemand qui priorise la sécurité face aux menaces russes et iraniennes. 


Paris défend ses missiles Aster au lieu d’adopter Arrow 3, rate des opportunités économiques et stratégiques, et durcit le ton sans avancer concrètement, érodant son influence européenne en défense. Israël, leader mondial prouvé, mérite admiration pour exporter sa supériorité technologique, tandis que la France stagne dans des postures idéologiques obsolètes.


Ce partenariat germano-israélien valide 60 ans de réconciliation historique, ancre la production européenne (comme pour Spike) et comble les lacunes critiques de l’OTAN contre les missiles balistiques, malgré controverses internes en Allemagne. 


Face aux pénuries post-guerre, Israël excelle en R&D rapide, exportant résilience ; la France, blâmée pour son inertie, devrait s’inspirer plutôt que critiquer. Ces avancées consolident la paix par la force, honorant le “Jamais plus” partagé.




Le retour de Yaakov, La paracha de la semaine JBCH N°. 2512 - 691

Quand l’histoire biblique éclaire le présent d’Israël et de la diasporaLa paracha Vayichla'ḥ résonne cette semaine avec une intensité particulière. Rare portion de la Torah où se mêlent diplomatie, confrontation, vulnérabilité, renaissance et tragédie, elle se lit aujourd’hui comme un miroir précis de la situation vécue par Israël et les communautés juives de la diaspora. 


Les épisodes majeurs :  le combat nocturne avec l’ange, la rencontre tendue avec Essav, le viol de Dinah, la naissance de Benjamin au prix de la mort de Rahel dessinent un paysage de tensions, de survie, mais aussi de transformation.


Au cœur du récit se trouve Jacob, qui avance vers un frère devenu une menace, tout comme Israël avance face à des ennemis déclarés. La rencontre avec Essav est décrite comme un risque existentiel. Yaakov prépare une stratégie en trois volets : prière, cadeau diplomatique, et préparation militaire — un triptyque qui ressemble plus que jamais à la réalité actuelle de l’État hébreu. 





Aujourd’hui encore, Israël navigue entre négociations internationales, alliances stratégiques et impératifs de défense face à des adversaires proches ou lointains. La peur  d’Essav trouve un écho moderne dans le spectre iranien, dans les attaques du Hamas, et du Hezbollah dans la montée des tensions régionales.


Mais avant la rencontre décisive, Yaakov doit affronter un adversaire intérieur : l’ange avec lequel il lutte toute la nuit. Ce combat mystérieux, interprété tantôt comme une confrontation spirituelle, tantôt comme une lutte psychologique, résonne comme une métaphore nationale. 




Israël, littéralement « celui qui lutte avec Dieu », continue de porter ce nom car il continue de lutter. L’État moderne fait face à des batailles multiples : militaires, identitaires, politiques, morales. Les communautés juives de diaspora, elles aussi, traversent leur combat nocturne, dans un climat mondial où l’antisémitisme connaît un retour brutal. La nuit du patriarche, solitaire et déterminante, ressemble à la solitude ressentie par les Juifs dans certaines capitales occidentales où les actes anti-juifs explosent.




Le viol de Dinah, épisode sombre souvent relégué au second plan, rappelle la dimension de vulnérabilité d’Israël. Le texte parle d’un outrage subi, d’une atteinte à l’honneur familial, d’un acte qui déclenche une réaction violente de Shimon et Lévi. 





Il pose des questions difficiles : quand répondre, comment répondre, jusqu’où aller pour protéger l’intégrité de sa communauté ? Ces dilemmes sont tragiquement actuels. Dans les débats contemporains sur les ripostes israéliennes ou sur la protection des communautés juives à Paris, Londres, New York ou Montréal, la question de la légitime défense et de la proportionnalité reste centrale et souvent déformée dans l’espace médiatique.




La paracha se poursuit avec l’épisode le plus déchirant : la mort de Rahel en donnant naissance à Benjamin. C’est un moment de beauté et de douleur mêlées, une naissance qui s’accompagne d’un deuil métaphore poignante de la réalité israélienne, où chaque avancée technologique, chaque victoire militaire, chaque réussite sociale est souvent ombragée par des pertes humaines, par l’absence de ceux tombés à la défense du pays. C’est aussi une image de la diaspora : les communautés se réinventent, se renforcent, cherchent à transmettre, mais le climat actuel de haine impose un deuil continu, celui de la sécurité acquise après la Shoah et qui semble à nouveau se fragiliser.




Enfin, le changement de nom de Jacob en Israël symbolise une mue identitaire. Ce moment fondateur nous rappelle que l’identité juive est née dans la lutte, mais aussi dans la résilience. Israël porte un nom qui n’est pas une promesse de tranquillité, mais une affirmation de force intérieure. Aujourd’hui, ce nom est défié sur les campus universitaires, dans les institutions internationales, dans les rues de grandes villes où le simple fait d’être juif ou pro-Israël peut devenir un risque. Pourtant, comme Jacob blessé à la hanche mais victorieux, Israël avance, parfois boiteux, toujours debout.


L’ensemble de Vayichlaḥ compose donc un tableau d’une actualité saisissante. La confrontation avec Essav évoque les défis géopolitiques d’Israël ; la lutte avec l’ange, les défis moraux et identitaires ; le drame de Dinah, la question de la protection des siens ; la mort de Rahel, le prix humain payé par une nation en marche ; la naissance de Benjamin, l’avenir qu’il faut malgré tout préparer.


Cette paracha nous rappelle une vérité ancienne mais terriblement contemporaine : le destin juif, qu’il se joue en Israël ou en diaspora, est un destin de confrontation et de création, de blessures et de renaissances. 


Le texte biblique, loin d’être une chronique lointaine, se lit cette semaine comme un reportage sur notre époque. Une leçon d’histoire renouvelée, mais aussi un avertissement : tant que le monde connaîtra la nuit, Israël — au sens national comme spirituel — devra continuer de lutter pour voir l’aube.
















Les ballons stratosphériques d'Israël. JBCH N° 2512 - 690

Déjà présent dans l'espace, ayant frôlé la Lune, ayant anéanti les capacités spaciales de l'Iran, Israël tisse sa toile d'araignée dans l'Espace.


L’ensemble du programme israélien combine une alliance avec des ballons stratosphériques + satellites Ofek + rôle de Rafael, IAI et l’Israel Space Agency — environ une page et demie, parfaitement cohérente et exploitable



Israël avance discrètement mais rapidement vers une nouvelle génération de surveillance stratégique : un ballon stratosphérique capable d’opérer comme un quasi-satellite au-dessus du territoire national et des zones sensibles régionales. Ce projet, encore non officiellement dévoilé, apparaît comme le débouché naturel des efforts conjoints de Israel Aerospace Industries (IAI), Rafael Advanced Defense Systems, et de l’Israel Space Agency (ISA). Il ne remplace pas la constellation de satellites Ofek, mais la complète, en offrant une vigilance permanente que même l’orbite basse ne peut garantir.



Depuis 1988, la série de satellites militaires Ofek constitue l’ossature de l’observation stratégique israélienne. Placés en orbite basse avec une grande discrétion, les derniers modèles — Ofek-13 (radar SAR) et Ofek-16 (opto-électrique) — fournissent une imagerie haute résolution, de jour comme de nuit, en toutes conditions météorologiques. Leur mission est essentielle : surveiller les bases iraniennes, les mouvements du Hezbollah au Liban, l’activité des milices en Syrie, et les installations sensibles dans toute la région.

Mais les satellites LEO, par définition, ne voient pas tout, tout le temps. Ils passent, observent pendant quelques minutes, puis disparaissent jusqu’à l’orbite suivante. Israël cherche donc depuis longtemps un moyen d’obtenir une vigilance persistante au-dessus de ses frontières.




Israel Aerospace Industries, qui a développé l’aérostat HAAS / “Sky Dew”, a déjà démontré sa capacité à produire de grandes plateformes aériennes de surveillance. Ce ballon captif, opérationnel au nord d’Israël, embarque de puissants radars ELTA pour détecter drones, missiles de croisière et avions volant à basse altitude — une menace prioritaire depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre et l’emploi massif de drones par le Hezbollah.



Le ballon stratosphérique sur lequel travaille IAI serait un bond technologique majeur. Placé à environ 20 à 30 km d’altitude, il fonctionnerait comme un satellite atmosphérique : capable de rester en station durant des semaines, d’embarquer des radars longue portée, des capteurs ELINT, des systèmes de communication laser et des caméras multi-spectrales. Contrairement aux satellites, il peut être repositionné rapidement, surveiller une zone en continu, et transmettre une image en direct avec une latence quasi nulle.



Rafael, maître d’œuvre des systèmes de défense antimissile israéliens, voit dans ce ballon une pièce essentielle de la nouvelle architecture multi-couche de défense. Pour Iron Dome, David’s Sling et le laser Iron Beam, un capteur stratosphérique permettrait : une détection beaucoup plus précoce des tirs de roquettes depuis Gaza ou du Liban ; une meilleure identification des essaims de drones et missiles low-cost ; un gain de temps réactionnel précieux pour l’interception ; une réduction de la saturation par la multiplication des capteurs.


Rafael développe déjà des capteurs miniaturisés, des systèmes de liaison sécurisée, et des outils d’analyse en temps réel qui pourraient équiper la plateforme stratosphérique.



Israel Space Agency : l’architecte du système; L’ISA coordonne les programmes spatiaux civils et militaires, supervise la famille Ofek et veille à l’intégration entre : les satellites LEO, les drones longue endurance, les aérostats tactiques, et désormais le ballon stratosphérique.


L’objectif stratégique est clair : créer une “bulle d’observation continue” au-dessus d’Israël et de ses frontières, capable d’assurer une vigilance incessante face à l’Iran, au Hezbollah, au Hamas et aux acteurs régionaux utilisant des technologies asymétriques.


Avec l’arrivée d’un ballon stratosphérique, Israël passerait d’un système fondé sur l’orbite basse et les drones à une architecture tridimensionnelle complète, du sol à la stratosphère. 


Ce dispositif offrirait :  une surveillance ininterrompue ; une réduction drastique des “zones d’ombre” laissées par les satellites ; une capacité d’alerte avancée renforcée ; une domination dans la guerre électronique et la détection des signaux ; un avantage stratégique majeur dans toute confrontation régionale.



Si Israël ne commente pas officiellement ce programme, le travail parallèle d’IAI, Rafael et l’ISA indique que le ballon stratosphérique deviendra probablement l’un des piliers de sa supériorité technologique dans la décennie à venir — aux côtés de la constellation Ofek et des systèmes antimissiles les plus avancés du monde.






Les Haredi devraient rentrer dans le rang JBCH N° 2512 - 689

Le premier ministre Benjamin Netanyahou a annulé le 2 décembre 2025 une déclaration prévue sur le projet de loi controversé sur la conscription des haredim (ultra-orthodoxes), face à une vive opposition au sein de la coalition et de l’opposition, risquant ainsi de perdre sa majorité parlementaire fragile. 


Ce texte, examiné par la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, est critiqué pour sa mollesse : définition élargie des haredim, sanctions allégées pour les évadés avant 23 ans, fin des peines à 26 ans, et comptabilisation du service civil sécuritaire à hauteur de 10% des quotas. ce qui est inadmissible.



Critiques du projet :Yair Lapid (Yesh Atid), chef de l’opposition, l’a qualifié de « loi d’évasion à la conscription », prédisant un recrutement inférieur à 5% des haredim et accusant Netanyahou de privilégier le financement des yeshivot au détriment des soldats. Des membres de la coalition, comme Yuli Edelstein, Sharren Haskel et Dan Illouz (Likoud), le jugent inefficace et politiquement motivé, menaçant la main-d’œuvre de l’armée de Défense d’Israël (Tsahal) et risquant une crise comme celle du 7 octobre. 



Des élus du Parti sioniste religieux, dont Ofir Sofer, s’y opposent aussi, compromettant son adoption malgré leur soutien crucial.








Risques pour la coalition: Les partis haredim Shas et Torah Unie du judaïsme ont quitté le gouvernement en juillet 2025 sur ce dossier, réduisant la coalition de Netanyahou à 61 sièges sur 120, à peine majoritaire. 


Neuf élus coalisés s’opposent publiquement au texte, perçu comme une tactique dilatoire pour les ramener, tandis que Lapid contacte d’autres défections potentielles. La Cour suprême a récemment interdit le financement des yeshivot sans plan d’exécution réel, exigeant une mesure dans 45 jours.


Contexte et backlash public : Les manifestations haredim, comme la « marche du million d’hommes » en octobre et les heurts avec la police en novembre 2025, scandent « à la prison, pas à l’armée ». 


Ce débat cristallise l’inégalité perçue : droits égaux impliquent devoirs égaux pour tous, alors que les exemptions haredim persistent face aux pénuries de Tsahal, amplifiées par la guerre. Netanyahou invoque des « contraintes d’agenda », mais les critiques y voient une fuite face aux maigres chances d’adoption.