Tout commence en 1852. La ville de Lyon, marquée par plusieurs épidémies, s’est placée sous la protection de la Vierge Marie. Une statue monumentale devait être inaugurée sur la colline de Fourvière le 8 décembre.
La météo en décida autrement : la cérémonie fut retardée, mais les habitants, impatients, allumèrent spontanément des bougies sur leurs fenêtres pour célébrer l’événement. C’est ainsi que naquit la tradition des lumignons, transmis de génération en génération et qui symbolisent toujours le geste populaire d’éclairage de la ville.
Pendant plus d’un siècle, le 8 décembre resta un acte religieux local. Mais à partir des années 1980, la municipalité transforma la célébration en un événement artistique de grande envergure. Dans les années 2000, sous l’impulsion de Gérard Collomb, la fête prit une dimension internationale : projections monumentales, créations lumineuses d’artistes du monde entier, spectacles interactifs.
La Fête des Lumières devint ainsi un rendez-vous culturel majeur, attirant entre 2 et 4 millions de visiteurs par édition et renforçant l’image touristique et culturelle de Lyon
Le succès de la fête repose sur plusieurs facteurs. D’abord, son héritage populaire : les lumignons demeurent un geste simple, accessible à tous, qui renforce le sentiment d’appartenance à la ville. Ensuite, l’événement métamorphose Lyon : les rues, habituellement banales, deviennent des scènes de spectacle grandeur nature. Enfin, il génère un impact économique considérable : hôtels et restaurants complets, commerces animés, visibilité internationale. La fête s’inscrit donc à la fois dans le cœur des habitants et dans l’attractivité globale de Lyon.
Pourtant, tous ne voient pas la fête d’un bon œil. Certains élus dénoncent son origine religieuse, estimant qu’une célébration catholique ne devrait pas être promue comme festival public. D’autres s’inquiètent de l’impact environnemental : consommation d’énergie, émissions de CO₂ liées au tourisme massif, saturation des transports et production de déchets. La question de la sécurité est également récurrente : affluence colossale, risques d’incidents et coûts importants pour la municipalité.
Ces débats reflètent aussi une bataille plus large sur l’identité culturelle et urbaine de Lyon. Pour certains responsables politiques, limiter ou transformer la fête serait une manière de redéfinir l’image de la ville, tandis que ses défenseurs y voient un symbole d’unité et de rayonnement international.
Malgré une mairie écologiste autiste aux voeux des lyonnais, Malgré les critiques, la Fête des Lumières reste un événement incontournable. Elle incarne un mélange unique de tradition et de modernité, de spiritualité et d’art contemporain.
Mais au-delà des illuminations, elle est un révélateur des enjeux politiques, culturels et écologiques qui traversent Lyon aujourd’hui. La fête continue de briller, mais son futur reste discuté au fil des débats.