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vendredi 12 décembre 2025

Guerre sans fin Rwanda/Congo. JBCH N° 2512 - 711

Depuis plusieurs mois, l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), notamment les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, est le théâtre d’une escalade militaire majeure. 


Selon les autorités régionales, plus de 400 civils ont été tués depuis que le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, a intensifié son offensive dans le Sud-Kivu. 




La situation est aggravée par la présence présumée de forces spéciales rwandaises dans la ville stratégique d’Uvira, ce qui renforce la perception d’une ingérence directe de Kigali dans le conflit.


Le M23, dissous en 2013 après avoir été vaincu par l’armée congolaise avec l’appui des Nations unies, a repris les hostilités depuis 2021. Son offensive actuelle, particulièrement violente, survient malgré un accord de paix négocié à Washington la semaine dernière entre les présidents congolais et rwandais, sous médiation américaine. Cet accord oblige notamment le Rwanda à cesser tout soutien aux groupes armés opérant dans l’Est congolais et à travailler à l’arrêt des hostilités.


Cependant, le M23 n’était pas partie prenante de cet accord. Il négocie séparément avec Kinshasa et avait accepté plus tôt cette année un cessez-le-feu que les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir violé. Cette dissociation du groupe rebelle complique la mise en œuvre du processus de paix et laisse la porte ouverte à de nouvelles attaques.



L’offensive du M23 entraîne un nombre élevé de victimes civiles, la destruction d’infrastructures et un déplacement massif de populations. Les habitants se trouvent pris entre les forces rebelles et l’armée congolaise, souvent sans protection efficace. La ville d’Uvira, carrefour stratégique de la région, pourrait devenir un point critique si les forces rwandaises sont effectivement présentes, ce qui accentuerait les tensions bilatérales et risque de provoquer une escalade plus large.





Cette situation met à l’épreuve les relations entre la RDC et le Rwanda, déjà marquées par la méfiance historique et les accusations de soutien à des groupes rebelles. Le récent accord de Washington illustre la volonté internationale de contenir le conflit, mais la non-inclusion du M23 montre les limites de la diplomatie lorsqu’un acteur armé échappe au contrôle direct des États.


Pour Israël, les États-Unis ou l’Union européenne, la crise à l’Est du Congo souligne la fragilité de la sécurité régionale et la nécessité d’un engagement multilatéral durable pour prévenir la prolifération des groupes armés et protéger les civils.




L’Est de la RDC reste un foyer de tension critique en Afrique centrale. La combinaison d’un groupe rebelle actif, d’une ingérence régionale présumée et d’accords de paix partiels laisse craindre une escalade continue et un lourd tribut humanitaire pour les populations locales. 


La communauté internationale, ainsi que les pays voisins, doivent exercer une pression diplomatique et sécuritaire soutenue pour éviter que la situation ne dégénère davantage.




jeudi 11 décembre 2025

L'Opération Spiderweb la plus grande victoire de l'Ukraine JBCH 2512 - 710

L’opération « Spiderweb » marque l’une des actions les plus audacieuses jamais entreprises par les services secrets ukrainiens (SBU). Le 1er juin 2025, plus de 100 drones surgissent de cabines dissimulées sur des camions circulant à l’intérieur de la Russie et frappent simultanément quatre bases aériennes. 


En une heure, des dizaines d’appareils militaires russes — dont des bombardiers stratégiques — sont détruits ou gravement endommagés. Cette attaque spectaculaire, fruit de 18 mois de préparation, rehausse considérablement l’image du SBU, longtemps considéré comme un vestige corrompu du KGB.


L’opération prend naissance à l’automne 2023, lorsque le président Zelensky ordonne au chef du SBU, le lieutenant-général Vasyl Maliuk, de neutraliser les avions russes lançant des missiles depuis leur propre territoire. Les premiers projets, consistant à faire passer quelques drones par des agents infiltrés, s’avèrent insuffisants. 

Le SBU vise alors plus grand : créer de fausses « cabines préfabriquées » transportées par camion, équipées de toits coulissants, de batteries, de panneaux solaires et capables d’abriter des drones. Ces derniers — de petits quadricoptères capables d’amener quatre livres d’explosifs — sont conçus pour décoller depuis la Russie, voler de manière autonome, puis être pilotés depuis Kyiv en se connectant aux antennes mobiles locales.


Pour exécuter l’opération, le SBU infiltre clandestinement l’équipement en Russie en utilisant les mêmes circuits que les trafiquants qu’il combat habituellement. Au cœur du dispositif : un couple ukrainien installé à Chelyabinsk, l’ex-DJ Artem Tymofeyev et sa femme Kateryna, recrutés après un test au détecteur de mensonges. Ils montent les cabines, assemblent 150 drones dans un entrepôt discret et recrutent des chauffeurs russes sans éveiller de soupçons.




Fin mai 2025, cinq camions quittent Chelyabinsk, ignorant la nature de leur cargaison. Malgré un incident critique — l’ouverture accidentelle du toit d’une cabine — l’opération se poursuit. Le 1er juin à l’aube, quatre camions atteignent leurs points de lancement près des bases russes. Sous les ordres de Maliuk, les pilotes du SBU à Kyiv déclenchent l’ouverture des toits ; 117 drones s’envolent vers leurs cibles. Les frappes provoquent la stupeur des militaires russes et la destruction d’au moins 41 avions selon Kyiv. Deux cabines supplémentaires explosent toutefois prématurément, tuant un chauffeur.


Dès le lendemain, les autorités russes identifient Tymofeyev comme suspect, mais le couple a déjà fui vers le Kazakhstan cinq jours plus tôt. 


L’opération Spiderweb, combinant technologie, infiltration, logistique clandestine et audace, devient l’un des symboles de la nouvelle efficacité du renseignement ukrainien, désormais reconnu comme un acteur majeur et innovant dans la guerre. Un énorme camouflet pour le dictateur Poutine 







Simon HaCohen et Alexandre le Grand JBCH N° 2512 - 709

Samaritains d’hier, populations arabes de Judée-Samarie aujourd’hui : le parallèle historique est éclairant !


L’histoire juive regorge d’épisodes où des groupes installés sur la terre d’Israël ont cherché à s’ériger en rivaux politiques, religieux ou territoriaux. L’un des plus marquants est relaté dans le traité talmudique Yoma : la tentative des Samaritains d’obtenir d’Alexandre le Grand la destruction du Temple de Jérusalem. 


Face au danger, Rabbi Shimon Hatsadik, dans sa tenue de Grand-Prêtre, parvint à inverser le cours des événements. Cet épisode, au-delà de son caractère miraculeux, dit quelque chose de profond : la lutte pour la souveraineté spirituelle et politique du cœur d’Israël n’est pas nouvelle.


Une rivalité ancienne : la contestation de Jérusalem : Les Samaritains, population installée par les Assyriens après la disparition des Dix Tribus, développaient une religion dérivée du judaïsme mais centrée sur un autre lieu saint : le mont Guerizim. Leur rivalité avec Jérusalem était totale. 



À leurs yeux, l’existence même du Temple juif s’opposait à leurs propres prétentions religieuses. C’est cet antagonisme qui les mena, selon le récit talmudique, à solliciter d’Alexandre l’autorisation de détruire le sanctuaire.





Leur stratégie reposait déjà sur un mécanisme que l’on connaît bien aujourd’hui : influencer le pouvoir extérieur pour peser sur un conflit local. Ils cherchaient, comme d’autres après eux, à utiliser la force d’un empire pour remodeler la réalité territoriale d’Israël.


Arabes de Judée-Samarie, avec d’autres motivations, plus de deux millénaires plus tard, d’autres populations installées en Judée-Samarie contestent à nouveau la légitimité nationale juive. Leur présence s’est consolidée au fil des siècles, notamment avec les migrations régionales du XIXᵉ et du XXᵉ siècle. Leur revendication n’est pas cultuelle comme l’était celle des Samaritains ; elle est essentiellement territoriale, idéologique et politique.



Depuis plusieurs décennies, ces groupes cherchent à obtenir l’appui d’instances internationales, de grandes puissances, d’ONG et de forums diplomatiques pour renforcer leurs positions face à Israël. Leur stratégie rappelle, sous une forme contemporaine, les tactiques anciennes : s’appuyer sur l’extérieur pour modifier les rapports de force locaux.


Similitudes et différences : ce que l’histoire nous apprend : Comparer les Samaritains d’hier et les Arabes de Judée-Samarie aujourd’hui ne signifie pas les assimiler, mais éclairer des tendances structurelles. Plusieurs parallèles sautent néanmoins aux yeux :




Contestation de Jérusalem : Les Samaritains rejetaient la centralité du Temple ; certains acteurs actuels de Judée-Samarie contestent l’histoire juive de la région et le lien millénaire avec la capitale. Avec la recherche d’un soutien extérieur, les Samaritains tentèrent d’utiliser Alexandre le Grand; aujourd’hui, on sollicite les Nations unies, l’Union européenne, des puissances régionales ou des campagnes internationales.


Usage politique de la pression internationale : Déjà à l’époque, la calomnie était un outil. Aujourd’hui, les campagnes médiatiques, juridiques ou diplomatiques jouent un rôle similaire : influencer l’opinion mondiale pour isoler Israël, avec une une rivalité identitaire durable, s'il y a une contestation : elle touche au récit, à la mémoire, à la légitimité, et bien heureusement, il y a des témoignages , des artefacts, des preuves physiques qui ont résisté au temps


Mais il existe également des différences majeures : Les Samaritains représentaient un groupe isolé ; les populations contemporaines de Judée-Samarie sont aujourd'hui nombreuses, politisées et financièrement soutenues par des acteurs internationaux puissants.


Devant tant de respect et d'intelligence, Alexandre épargne Jérusalem, ne brûle pas son temple, alors que les macédoniens avaien brûlé toutes les villes sur leur passage, et demande à Shimon Hatzadik de visiter le Temple, ... Il confie alors qu'à la veille de chaque victoire, il avait rêvé de Shimon Hatzadik et de la cohorte de Lévites qui l'accompagnait. Depuis, les sages acceptent le prénom "Alexandre" à la naissance des garçons.

Un enseignement contemporain : le poids de la narration Ce que montre le récit de Rabbi Shimone Hatsadik, c’est l’importance du symbole. Ce n’est pas seulement une procession religieuse qui impressionna Alexandre, mais l’incarnation d’une légitimité ancrée dans l’histoire et la fidélité à Jérusalem.


Aujourd’hui encore, la lutte se joue autant sur le terrain que dans les récits : sur les réseaux sociaux, dans les institutions internationales, dans les médias mondialisés, dans les discours politiques.


Face aux pressions extérieures, aux campagnes d’influence et aux tentatives fausser, de remodeler l’histoire, Israël doit affirmer sa voix avec la même clarté et la même confiance que Rabbi Shimon Hatsadik au petit matin, lorsque la vérité triompha enfin de la manipulation, et de la haine.



L'Iran possederait le fichier de la population d'Israël. JBCH N° 2512 - 708

Lors de la conférence Cyber Week 2025 à l’Université de Tel-Aviv, le nouveau directeur de l’Autorité nationale israélienne de cybersécurité, Yossi Karadi, a révélé que l’ampleur réelle des succès cybernétiques américains et israéliens restera largement inconnue du public. 


Selon lui, les États-Unis mènent aujourd’hui des opérations révolutionnaires combinant cyberdéfense, guerre électronique et renseignement, avec une efficacité bien supérieure à ce que la plupart imaginent. Ces réussites incluent la pénétration de réseaux adverses, la neutralisation d’attaques et une capacité croissante à déstabiliser les systèmes ennemis.




Karadi a souligné que l’Iran a mené pendant la guerre de juin plus de 1 200 opérations de “social engineering”, chacune visant des milliers d’Israéliens. Téhéran a également piraté des caméras de circulation et de stationnement afin de suivre les déplacements de hauts responsables israéliens, dans le but de préparer des attaques ciblées. 



De plus, l’Iran a tenté à plusieurs reprises d’atteindre chaque citoyen israélien par des cyberattaques massives.


L’article rapporte aussi les propos de Brandon Pugh, principal conseiller cyber du secrétaire de l’armée américaine, qui affirme que les innovations américaines reposent sur une transformation profonde de la doctrine militaire. 






L’intégration directe du cyberespace dans les opérations tactiques change la nature même des conflits modernes. Les cyberdéfenseurs américains, européens et israéliens multiplient les contre-attaques, souvent invisibles, pour empêcher des infiltrations visant Washington et d’autres capitales occidentales.


Enfin, Karadi mentionne que lors d’une attaque iranienne au missile contre le Weizmann Institute, les systèmes informatiques ont également été pris pour cible, illustrant la nouvelle logique hybride des opérations iraniennes, mêlant cinétique et cyber. 



L’ensemble du discours souligne que la guerre numérique est désormais centrale dans les confrontations géopolitiques et qu’elle se déroule, pour l’essentiel, loin des yeux du public.





mercredi 10 décembre 2025

IA et l'antisemitisme à l approche des éléctions. JBCH N° 2512 - 707

 Antisémitisme, ingérences numériques et guerre de l’information en Europe : À l’approche des grandes campagnes électorales européennes, un phénomène inquiétant prend de l’ampleur : la montée fulgurante de l’antisémitisme sur les réseaux sociaux, alimentée par des ingérences étrangères, des influenceurs radicaux et une manipulation massive de l’opinion publique. 


La guerre de l’information n’est plus théorique : elle se joue tous les jours dans nos téléphones, nos fils d’actualité et nos conversations numériques.




Les forces hostiles à l’Europe ont compris que la conquête des esprits vaut parfois plus que la conquête des territoires. Les troupes numériques de Moscou — près de 100 000 soldats du net, actifs en 75 langues, déployés comme une véritable armée — inondent les réseaux de contenus manipulateurs, complotistes et antisémites. 


Leur objectif : fracturer la société européenne, délégitimer ses institutions, attiser la haine des minorités, et fragiliser le soutien à Israël. Ces campagnes s’appuient sur des réseaux d’agitateurs sur le terrain, des influenceurs infiltrés et des médias alignés sur les intérêts du Kremlin.




Parallèlement, la Turquie mène ses propres opérations d’influence, inondant les plateformes sociales de récits falsifiés, de propagande anti-occidentale et d’un discours de victimisation instrumentalisé pour attiser les divisions communautaires. Les récits anti-israéliens et antisémites sont amplifiés, recyclés et mis en scène pour toucher la jeunesse européenne.





Dans ce contexte explosif, les médias traditionnels eux-mêmes ne sont plus épargnés : en France, BFM, sous influence du groupe Saadé, est souvent perçu comme un relais bienveillant de la ligne présidentielle ; CNews, pour sa part, alimente le narratif du clan Le Pen ; d’autres chaînes sont instrumentalisées de l’étranger, consciemment ou non.






La frontière entre information et manipulation devient poreuse. Plusieurs influenceurs, financés ou guidés en sous-main par des puissances étrangères, intensifient leurs attaques contre Israël et contre les Juifs d’Europe, en utilisant les outils de l’IA générative : faux témoignages, images truquées, conversations simulées, deepfakes de dirigeants israéliens ou communautaires. Ces techniques, banalisées et distribuées à grande échelle, amplifient un climat de suspicion, de haine et de violence symbolique.




La conséquence directe est une explosion de l’antisémitisme en ligne : hashtags hostiles, caricatures haineuses, falsifications historiques, comparaisons nazifiantes, récits complotistes liés au 7 octobre ou au conflit au Proche-Orient. Les Juifs d’Europe deviennent à nouveau les boucs émissaires, ciblés dans une guerre hybride où la haine devient une arme stratégique destinée à affaiblir la cohésion démocratique.




Face à cette offensive coordonnée, une seule réponse est possible : conscience, vigilance et détermination. Les citoyens doivent comprendre que leurs fils d’actualité sont devenus des champs de bataille. Les démocraties européennes doivent renforcer la régulation des plateformes, dévoiler les réseaux d’influence étrangers, protéger les minorités, et éduquer chacun à reconnaître la manipulation numérique.




L’antisémitisme n’est pas un simple “effet secondaire” des réseaux sociaux : c’est une stratégie ciblée, un outil de déstabilisation, une arme numérique entre les mains de puissances hostiles. La lucidité collective est désormais notre première ligne de défense.



Pourquoi l'Europe a été si anti israélienne ? JBCH. N° 706

Bruxelles, la corruption et l’influence : comment Mogherini, Borrell et le Qatar ont modelé une Europe anti-israélienne ! 


Les scandales qui se succèdent à Bruxelles ne révèlent pas seulement une crise de gouvernance : ils exposent un biais idéologique profondément enraciné, alimenté par des réseaux d’influence étrangers, et incarné par deux figures majeures de la diplomatie européenne : Federica Mogherini et Josep Borrell.


Depuis des années, ces deux responsables ont porté une ligne systématiquement hostile à Israël et sympathisante envers les récits palestiniens, bien au-delà du cadre diplomatique traditionnel de l’Union. Leur attitude n’est pas un hasard : elle s’inscrit dans un environnement où le Qatar, Al Jazeera, et divers groupes d’influence financés par Doha exercent un lobbying massif et structuré au cœur même des institutions européennes.


L’idéologie Mogherini–Borrell : une constance anti-israélienne : Durant ses cinq années comme Haute Représentante de l’UE, Federica Mogherini a multiplié : les déclarations agressives contre Israël, les condamnations systématiques de la politique israélienne, les gestes de connivence avec l’Autorité palestinienne. 

Le Qatar, Al Jazeera et les budgets d’influence colossaux : L’arrière-plan de cette orientation est aujourd’hui mieux documenté. Le Qatar a investi des sommes gigantesques pour façonner l’opinion européenne, que ce soit : via des think-tanks, des « ONG » de façade, des voyages et conférences financés, des réseaux universitaires, des campagnes médiatiques massives via Al Jazeera, sa vitrine géopolitique mondiale.





En octobre 2021, l'Union européenne et le Qatar signent un accord historique en matière de transport aérien. Il entre en vigueur sans même attendre la ratification interne des 27 Etats membres. L'accord prévoit une ouverture du ciel européen quasiment illimitée pour Qatar Airways, la compagnie étatique de l'émirat.

Le Qatargate avait déjà révélé comment des valises d’argent liquide servaient à acheter des positions politiques favorables aux intérêts de Doha – intérêts qui incluent clairement la promotion d’un narratif pro-palestinien, anti-israélien et extrêmement indulgent envers les Frères musulmans.


Quand on observe que Mogherini et Borrell ont systématiquement épousé les éléments de langage du Qatar et de l’AP, la question de l’influence n’est plus théorique : elle devient structurelle. Scandales internes, influence externe : la double crise de Bruxelles


Les récents scandales  Eva Kaili, Francesco Giorgi, Mogherini, Sannino  montrent que beaucoup, au cœur de l’élite bruxelloise, préfèrent : minimiser, crier à la “sur-réaction judiciaire”, accuser les médias, s’attaquer au Parquet européen lui-même.


Cette réaction réflexe révèle une culture de l’impunité, mais aussi une peur : celle de voir dévoilé l’ampleur réelle des influences étrangères, en particulier celles du Qatar, qui tient aujourd’hui une partie du soft power européen d’une main de fer.


Un système idéologique verrouillé Le résultat est visible dans les votes, les communiqués, les résolutions, les déclarations publiques : une UE qui parle avec les mots d’Al Jazeera, raisonne avec les présupposés du Qatar et agit avec les biais idéologiques de Mogherini et Borrell. Une Union qui, au lieu d’adopter une position ferme contre le terrorisme, semble parfois relayer — consciemment ou non — la propagande de ceux qui financent le Hamas.


Un problème systémique : Comment l’UE peut-elle prétendre imposer des normes anti-corruption à l’Ukraine, ou se présenter comme modèle de transparence, quand elle est elle-même saturée de réseaux d’influence opaques, de financements extérieurs et de dérives idéologiques ? Comment prétendre à une diplomatie équilibrée quand elle repose sur des responsables ouvertement hostiles à un État démocratique, mais indulgents envers des régimes autoritaires ?


Le choc moral est immense, mais le constat est clair : les positions anti-israéliennes croissantes de l’UE ne tombent pas du ciel — elles sont le résultat d’une décennie d’influence, d’idéologie et de compromissions. 


Ces personnes jouent avec notre argent et trahissent leurs engagements. Il nous faut leur appliquer des peines exemplaires, comme on commence à le faire en France avec les ex-présidents corrompus comme Sarkozy. Il faut que ca change ! 






mardi 9 décembre 2025

Netfix va t il manger Warner ??? La fin des salles de cinéma s'annonce ... JBCH N° 2512 - 705

La grande bataille du cinéma : comment Netflix cherche à sauver (et dominer) Hollywood
TOUT COMPRENDRE. Netflix est-il sûr de racheter Warner Bros? Comment Paramount pourrait croquer une proie 4 fois plus grosse? Que va faire Trump pour bloquer Netflix? La bataille de titans qui passionne l'Amérique

L’annonce a frappé l’industrie comme un coup de tonnerre : Netflix s’apprête à racheter Warner Bros., l’un des studios les plus emblématiques de l’histoire américaine. Un siècle de cinéma – de Casablanca à Harry Potter, de HBO à DC Comics – pourrait bientôt passer sous la bannière d’une plateforme née il y a vingt-cinq ans comme un simple service de location de DVD.




À Hollywood, c’est la stupeur. Depuis quinze ans, chaque rachat a signifié réduction des équipes, fermeture de départements, disparition progressive des grandes maisons : Disney a absorbé 20th Century Fox en 2019, l’étranglant pour en faire un réservoir de droits ; Amazon a avalé MGM en 2022, devenu une coquille administrative. Dans ce contexte, les professionnels craignaient que Warner suive ce même chemin de rétrécissement, surtout face aux offres agressives de Paramount ou de NBCUniversal.




Or, paradoxalement, le rachat par Netflix apparaît comme l’exception qui pourrait revitaliser un géant plutôt que l’éteindre. Contrairement aux autres prétendants, Netflix n’a aucune structure redondante, aucune division concurrente à fermer, aucune velléité de cannibaliser Warner. Au contraire : le géant du streaming a absolument besoin d’un véritable « studio-maison », capable de produire du contenu premium mondial.




Car si Netflix domine le monde de la distribution – 270 millions d’abonnés, une présence sur tous les continents –, il reste dépourvu d’un studio historique capable de créer, à grande échelle, des franchises à long terme. Ses plus grands succès… viennent souvent d’autres : The Crown, Wednesday, de nombreuses séries internationales sont produites par des studios indépendants, parfois Warner lui-même.


En intégrant Warner, Netflix obtient ce qu’il n’a jamais eu : une machine créative complète, un savoir-faire centenaire, des infrastructures physiques et une profondeur artistique que la technologie seule ne peut remplacer.


L’autre raison majeure tient à l’évolution même du secteur. L’ère du streaming a bouleversé l’économie du cinéma. Les studios historiques ont perdu des milliards en voulant imiter Netflix, lançant chacun leur plateforme – Disney+, Peacock, Paramount+, HBO Max – dans une logique d’ego plutôt que de marché. Le résultat : fragmentation, guerre commerciale, inflation des coûts, épuisement créatif.




Netflix, pionnier devenu titan, se retrouve aujourd’hui dans une situation unique : il doit étendre son modèle pour rester dominant, tandis que les studios historiques ont besoin d’un soutien capable de valoriser leurs bibliothèques et d’optimiser leurs contenus au niveau mondial.

C’est ici que réside la grande force du deal : la bibliothèque Warner – des milliers de films et de séries – deviendra un actif vivant, analysé, réorganisé, proposé aux bons publics grâce au moteur de données de Netflix.

Ce qui dormait dans des coffres deviendra un flux continu de contenus redécouverts.




L’enjeu est aussi technologique : l’intelligence artificielle, les effets numériques et les procédés de production accélérés vont réduire les coûts et dynamiser les projets intermédiaires. Les propriétés intellectuelles solides – celles dont Warner regorge – vont devenir des mines d’or.


Netflix a commencé à se diversifier dans le direct, avec le sport (NFL, WWE) et des événements. Avec Warner, il obtient également une expérience que lui envient les géants digitaux : les attractions physiques, les parcs à thème, les expériences immersives – l’équivalent animé des univers qu’il diffuse en ligne.


Le futur du divertissement est hybride : on regarde chez soi, on vit en dehors. Netflix + Warner, c’est la première alliance capable de couvrir ces deux mondes.


Contrairement aux craintes antitrust, ce rapprochement ne réduit pas la concurrence : il la rééquilibre.

Netflix ne combat plus seulement Disney ou Amazon : il affronte YouTube, TikTok, Instagram, Twitch, et les jeux vidéo – désormais les premiers concurrents en temps passé.





Dans ce contexte, renforcer un studio historique ne menace pas le pluralisme : cela évite qu’un symbole de Hollywood disparaisse, avalé et neutralisé par un concurrent déjà affaibli.


Ce rachat pourrait même être comparé aux rares acquisitions qui ont renforcé la créativité : Pixar ou Marvel absorbés par Disney, devenus des dynamos culturelles grâce à un partenaire financier solide.

Si l’opération se confirme, Warner Bros. entrerait dans une nouvelle vie. Netflix, en quête de légitimité artistique et de racines hollywoodiennes profondes, y trouverait le pilier qui lui manque pour devenir non plus seulement un diffuseur, mais un véritable empire du cinéma global.






Dans un environnement où Hollywood semblait condamné à s’amincir, cette fusion pourrait au contraire marquer le retour d’une force créatrice, soutenue par les technologies, les moyens financiers et la vision mondiale que seule Netflix possède aujourd’hui.


Là où tant d’acquisitions ont signifié la fin d’un studio, celle-ci pourrait bien être, contre toute attente, la promesse d’une renaissance, celle d'un cinéma qui pourrait enfin renaître de ses cendres



Joseph et ses freres ... une série Netflix ? JBCH N° 2512 - 704



La paracha Vayeshev, tirée du Livre de la Genèse (Bereshit 37:1-40:23), marque le début du récit épique de Joseph, fils préféré de Jacob, et introduit des thèmes profonds qui résonnent à travers les âges. Située dans le cycle des patriarches, cette portion de la Torah relate les épreuves de Joseph : ses rêves prémonitoires, sa vente par ses frères, son ascension en Égypte malgré les adversités, et les premières interprétations de songes qui préfigurent son destin.





Le récit de Joseph n'est pas seulement une histoire familiale ; il est une allégorie de la résilience, de la providence divine et de la rédemption. Joseph, vendu comme esclave à l'âge de 17 ans, incarne l'individu confronté à l'injustice humaine, mais guidé par une force supérieure. À travers ses épreuves, la Torah enseigne que les rêves ne sont pas de vaines illusions, mais des messages divins qui, une fois interprétés, peuvent transformer le destin des nations.
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L'Importance des Rêves et de Leurs Interprétations : Dès le début de Vayeshev, les rêves occupent une place centrale. Joseph relate deux songes à ses frères : dans le premier, des gerbes de blé s'inclinent devant la sienne ; dans le second, le soleil, la lune et onze étoiles se prosternent devant lui (Bereshit 37:5-11). Ces visions, symbolisant sa future suprématie, suscitent la jalousie fraternelle et mènent à sa vente aux Ismaélites. 


Pourtant, ces rêves ne sont pas anodins ; ils révèlent l'importance théologique des songes dans la tradition juive. La Torah présente les rêves comme un canal de communication divine, un moyen par lequel Dieu révèle Son plan. Contrairement aux interprétations païennes, souvent superstitieuses, les songes bibliques demandent une sagesse spirituelle pour être décodés.






Plus loin dans la paracha, emprisonné en Égypte, Joseph interprète les rêves du maître-échanson et du maître-boulanger du Pharaon (Bereshit 40:1-23). Le premier voit une vigne produisant du vin pour le roi, présageant sa réhabilitation ; le second, des oiseaux picorant des paniers sur sa tête, annonçant son exécution. Joseph attribue explicitement son talent à Dieu : « N'est-ce pas à Dieu qu'appartiennent les interprétations ? » (Bereshit 40:8). Cela souligne que l'interprétation n'est pas un art occulte, mais une grâce divine accordée aux justes. 


Les rêves, dans ce contexte, symbolisent l'espoir et la prévoyance. Ils enseignent que les visions intérieures, qu'elles soient personnelles ou collectives, peuvent guider l'action humaine vers la survie et la prospérité. Dans une perspective midrashique, les commentateurs comme Rachi expliquent que les rêves de Joseph étaient prophétiques, reliant l'individuel au collectif, et préfigurant l'exil et la rédemption du peuple juif.





La Résistance aux Avances de la Femme de Potiphar et l'Emprisonnement sous Accusation Mensongère
Vendu en Égypte, Joseph est acheté par Potiphar, un officier du Pharaon. 

Grâce à sa droiture, il gravit les échelons jusqu'à devenir intendant de la maison (Bereshit 39:1-6). Cependant, la femme de Potiphar tente de le séduire, répétant : « Couche avec moi ! » (Bereshit 39:7). Joseph résiste fermement, arguant que cela trahirait son maître et pécherait contre Dieu (Bereshit 39:9).

 Cette résistance exemplaire illustre le thème de la maîtrise de soi face à la tentation, un pilier de l'éthique juive. Joseph incarne le « tsadik » (juste) qui priorise l'intégrité morale sur le plaisir immédiat, rappelant les commandements contre l'adultère dans les Dix Paroles.




Furieuse de son refus, la femme de Potiphar l'accuse faussement de tentative de viol, utilisant son vêtement comme preuve (Bereshit 39:12-18). Joseph est jeté en prison, victime d'une calomnie. Cet épisode met en lumière l'injustice humaine : une accusation mensongère peut détruire une vie innocente. Pourtant, même en prison, « l'Éternel était avec Joseph » (Bereshit 39:21), lui accordant faveur auprès du geôlier. Cela enseigne la résilience face à la diffamation ; la vérité divine prévaut sur les mensonges humains.


Analogies avec les Situations Actuelles en Israël et dans le Monde : Les thèmes de Vayeshev et du cycle de Joseph offrent des parallèles saisissants avec les réalités contemporaines. D'abord, l'importance des rêves évoque les visions politiques et sociales. En Israël, les « rêves » des fondateurs comme Theodor Herzl – un « État juif » – se sont réalisés malgré les oppositions, similairement à ceux de Joseph.

 Aujourd'hui, face aux défis sécuritaires, l'interprétation des « signes » (comme les menaces régionales) requiert une sagesse prophétique, rappelant comment Joseph a sauvé l'Égypte par la prévoyance. Dans le monde, les crises climatiques et économiques, comme les famines potentielles dues au changement climatique, exigent des leaders visionnaires interprétant les « rêves » scientifiques pour des politiques durables.


La résistance de Joseph aux tentations et son emprisonnement mensonger résonnent avec les mouvements #MeToo et les fausses accusations dans les sphères publiques. En Israël, des cas de diffamation politique, comme lors d'élections tendues, rappellent comment des allégations infondées peuvent emprisonner des innocents métaphoriquement. Globalement, dans des pays comme les États-Unis ou l'Europe, les scandales judiciaires soulignent la vulnérabilité face à la calomnie, enseignant la valeur de l'intégrité comme chez Joseph.

La rencontre avec le Pharaon et l'ascension de Joseph illustrent l'intégration des minorités. En Israël, les immigrants éthiopiens ou russes, souvent marginalisés, gravissent les échelons par leur talent, similairement à Joseph. 

Enfin, le pardon de Joseph aux frères offre un modèle pour la réconciliation. En Israël, face aux conflits internes (entre laïcs et religieux) ou externes (avec les arabes installés dans le pays), le pardon conditionnel – après repentir – pourrait favoriser la paix, comme dans les accords d'Abraham. 


Globalement, dans des zones de guerre comme l'Ukraine ou le Moyen-Orient, le trouble des « frères » (nations divisées) appelle à  un renouveau et un pardon ! , transformant la haine en unité. Le retour de Jacob symbolise les migrations juives vers Israël, analogues aux aliyot modernes face à l'antisémitisme croissant partout dans le monde.


La paracha Vayeshev et le récit de Joseph tissent une tapisserie de rêves, d'épreuves et de rédemption qui transcendent le temps. Des interprétations divines aux actes de pardon, ces éléments enseignent que l'adversité forge le destin, et que la sagesse morale triomphe. 

Dans un monde marqué par les injustices et les divisions, les analogies avec Israël – berceau de ces récits – et les défis globaux invitent à appliquer ces leçons : interpréter les signes avec humilité, résister à la tentation, pardonner pour guérir. 

Ainsi, Joseph n'est pas seulement un héros biblique, mais un guide pour l'humanité, rappelant que « l'homme propose, Dieu dispose » (Proverbes 16:9). Cet article , étendu pour approfondir ces thèmes, invite à une lecture renouvelée de la Torah, qui doit être un texte accessible et moderne, l’aventure ou les mésaventures de Joseph pourraient facilement être adoptés par Netflix pour une série palpitante.



lundi 8 décembre 2025

La Loi de 1905 sur la laïcité est en danger JBCH N° 2512 - 703

Laïcité : 120 ans d’un pilier républicain sous tension


La loi de 1905, qui consacre la séparation des Églises et de l’État, fête ses 120 ans. Ce texte fondateur, conçu pour garantir la liberté de conscience, protéger l’État de toute ingérence religieuse et assurer l’égalité de tous devant la loi, demeure au cœur du pacte républicain.


Une étude publiée à l’occasion de cet anniversaire retrace un siècle d’histoire et examine l’évolution du modèle français face aux défis contemporains. Elle interroge la capacité de la laïcité à rester fidèle à ses principes tout en répondant aux fractures culturelles, sociales et identitaires d’une France en mutation, et d'un islam intégriste grimpant.


Au-delà de la commémoration, un débat sensible refait surface : celui de l’adaptation  ou non  du modèle laïque. Emmanuel Macron a plusieurs fois laissé entendre qu’une « ré-interprétation » serait possible pour mieux répondre à l’explosion des revendications religieuses dans l’espace public. 


Aristide Briand


Si aucune remise en cause formelle de la loi de 1905 n’a été engagée, ces déclarations ont nourri les inquiétudes de nombreux défenseurs de la laïcité, qui y voient le risque d’un affaiblissement du socle républicain au profit d’une logique communautaire.


Car le cœur du débat réside là : la France doit-elle adapter la laïcité pour tenir compte de pratiques religieuses spécifiques, notamment au sein de l’islam ? 


Certains représentants musulmans plaident pour un aménagement du cadre laïque afin de prendre en compte des normes religieuses particulières, y compris  pour beaucoup la reconnaissance symbolique d’éléments de la charia dans la vie civile. 




Mais ces demandes se heurtent à l’opposition ferme de la majorité des constitutionnalistes et des responsables publics : intégrer une législation religieuse, même partiellement, contredirait le principe même de laïcité et créerait un précédent incompatible avec l’universalité républicaine. Ce serait une infâmie !


L’étude rappelle ce point essentiel : la laïcité n’est pas une opinion contre une autre. C’est un cadre protecteur qui garantit la neutralité de l’État, l’égalité des citoyens et la liberté de pratiquer  ou de ne pas pratiquer  une religion. 


Modifier ce cadre pour répondre aux pressions communautaires reviendrait à rompre l’équilibre patiemment construit depuis un siècle.



À l’heure où la société française est confrontée à la montée des radicalismes, au repli identitaire, et à la contestation toujours plus vive des valeurs communes, les auteurs de l’étude appellent à un sursaut : renforcer la transmission des principes laïques, affirmer la souveraineté de la loi civile, et renouer avec l’esprit originel de 1905, celui qui faisait de la laïcité un espace de liberté et non de confrontation.


Cent vingt ans après sa naissance, la loi de 1905 apparaît plus que jamais comme un repère indispensable. 


Non pas un dogme figé, mais une garantie d’unité dans une France multiple. Et peut-être, la dernière digue solide face aux assauts de toutes les formes de séparatisme.