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dimanche 14 décembre 2025

Blog d'Hervé Kabla. JBCH N° 2512 - 717

Quand la France se détourne de la science




Notre pays se serait-il engagé sur une voie périlleuse, celle d’un désamour croissant avec la science, au sens large ? C’est ce que Karine Berger et Grégoire Biasini nous expliquent dans un bref essai intitulé Quand la France se détoure de la science. Leur constat est parfaitement résumé au 12e chapitre de ce livre : défiance et suspicion à l’égard des techniques et recherches scientifiques ; débat scientifique réduit au rang de polémique par tous les nouveaux médias ; vérités dites alternatives concurrençant la vérité définie par la science ; niveau scientifique de plus en plus incertain, dans l’indifférence majoritaire ; régulation ou moratoire de certains pans de la recherche ; déclassement des politiques scientifiques.

Ce constat fait froid dans le dos, pourtant il suffit d’ouvrir son poste de radio ou de télévision et de se brancher, par exemple, sur une chaîne d’information en continu pour constater l’étendue des dégâts. Ou d’ouvrir le manuel scolaire de nos chères têtes blondes pour prendre la mesure de la faiblesse de l’enseignement scientifique en France, de moins en moins exigeant et d’un niveau en constante baisse depuis plusieurs années, amenant à un déclassement national dans les études comparées sur le niveau des élèves au primia reou au collège.

Ce livre abonde d’exemples et de statistiques effrayantes, allant chercher les causes du côté de l’enseignement, de la lâcheté des politiques, ou de la défiance du grand public vis a vis des décisions prises par les dirigeants français depuis près de quarante ans sur des sujets scientifiques, décisions souvent prises en dépit de la rigueur scientifique pour ne servir que des intérêts politiques.

On ne peut qu’être d’accord avec les premiers chapitres de ce livre. Pourtant, sa conclusion m’a laissé sur ma faim, et pour plusieurs raisons. La première réside dans la faiblesse des propositions des auteurs. Sont-ils vraiment sérieux quand ils pensent que 3 ou 5mn en prime time apporterait un véritable changement dans la perception des apports scientifiques ? Ou que la formation continue des instituteurs, passée en moyenne de 3 jours à 2, a un tel impact ? Il me semble, au contraire, que c’est par l’économie, et l’attrait de revenus plus confortables – ou moins misérables – qu’un retour vers la science, et l’enseignement des sciences pourrait un jour se profiler.

De même, les auteurs de citent la Chine que très rarement dans ce livre de moins de deux cents pages. C’est pourtant, me semble-t-il, le pays qui accorde, de nos jours, la plus grande importance aux sciences et à leur enseignement. Cela n’a pas toujours été le cas. Comment ce pays d’un milliard et demi d’habitants y est-il parvenu ? Cela aurait dû, à mon sens, être un des leviers d’analyse pour un tel ouvrage.

Enfin, la comparaison avec le désengagement scientifique aux États-Unis a ses limites. Pointer du doigt les coupes récentes effectuées par l’administration trump, et lors du court passage d’Elon Musk à la tête du DOGE, cela fait trembler dans les chaumières. Mais cela ne signifie pas que ce pays prend le même chemin que la France. Au contraire, les investissements dans les sujets de défense nationale ou dans l’intelligence artificielle illustrent un réel engouement pour les sciences. Ce que les auteurs pointent du doigt, c’est la lutte contre des dérives récentes de certaines universités et certains pans de la recherche, plus intéressés par les sujets de diversité et d »intégration que par le but principal de leurs recherches. Les seuls sujets de préoccupation valide concernent sans doute les recherches sur le réchauffement ou sur la politique de vaccin, mais ils sont plus le fait de dirigeants partiellement abrutis qu’un désengagement national sur le long terme. Ces errements sont conjoncturels, et prendront fin lors de la prochaine aletrnance entre républicains et démocrates.

Bref, avec ce livre, Karine Berger et Grégoire Biasini dressent un portrait glaçant de la société française, un constat parfaitement sourcé et qui devrait être soumis aux politiques de tous bords. En revanche, les solutions qu’ils préconisent méritent un peu plus de travail…

samedi 13 décembre 2025

Pourquoi Hanouccah en 2025. JBCH N° 2512 - 716


Lumière sur les Ombres : Hanoukka et les Échos Contemporains d’une Résistance Inébranlable

À l’aube de Hanoukka, cette célébration juive qui illumine les nuits d’hiver depuis des millénaires, les flammes des menorahs rappellent une saga d’héroïsme souvent éclipsée par le voile des récits simplifiés. 




Bien que absente des pages sacrées de la Torah, cette fête commémore la révolte audacieuse d’une famille de Modiin, menée par le patriarche Matthatias, contre l’empire séleucide grec qui souillait le Temple de Jérusalem et opprimait la Judée. Ces insurgés, armés de foi et de détermination, ont orchestré une série de triomphes militaires qui ont repoussé les envahisseurs, restaurant la souveraineté juive sur leurs terres ancestrales. 



Pourtant, l’histoire officielle a préféré magnifier le miracle de la fiole d’huile, qui brûla huit jours au lieu d’un, reléguant au second plan les batailles sanglantes et les stratégies guerrières qui forgèrent cette libération. Ce choix narratif, ancré dans une prudence face aux puissances environnantes, masque la réalité d’une victoire forgée dans le feu des combats, une leçon qui résonne avec acuité dans les conflits actuels d’Israël, où les succès sur le terrain sont souvent occultés par des discours extérieurs distordus.



Dans ce contexte, un parallèle saisissant émerge avec la guerre des douze jours, cette confrontation intense qui a vu les forces israéliennes affronter une coalition d’adversaires sur sept fronts distincts, depuis les frontières sud jusqu’aux horizons nord et est. Initiée par des assauts brutaux lancés par des groupes terroristes basés dans la bande côtière, cette épreuve a mobilisé l’armée israélienne contre des menaces provenant simultanément de zones sous influence du Hamas, du Hezbollah au Liban, de milices en Syrie et en Irak, des Houthis au Yémen, et même d’éléments soutenus par l’Iran, sans oublier les tensions internes avec certains arabes de la région. 




Comme les Maccabées face aux armées séleucides, les soldats israéliens ont démontré une résilience extraordinaire, repoussant des incursions multiples et infligeant des défaites décisives à des ennemis bien équipés. Les opérations précises ont démantelé des réseaux de tunnels sophistiqués, neutralisé des chefs militaires clés et sécurisé des zones vitales, transformant une agression initiale en une démonstration de supériorité stratégique. 



Pourtant, à l’image du miracle de l’huile qui a supplanté les récits de batailles dans la mémoire collective de Hanoukka, les médias internationaux et une partie de l’opinion mondiale choisissent de minimiser ces accomplissements, préférant focaliser sur des controverses humanitaires ou des narratifs alternatifs qui occultent la légitimité de la défense israélienne. 


La victoire indéniable sur les terroristes du Hamas, marquée par la libération des otages après des négociations ardues et la dégradation significative de leurs capacités opérationnelles, évoque directement le triomphe des Maccabées qui chassèrent les Grecs du Temple profané. En 2025, après deux années de conflit acharné, Israël a réussi à restaurer une paix relative, forçant un cessez-le-feu qui a vu le retour de captifs et la fragmentation des structures ennemies, même si des poches de résistance persistent.

 Cette issue, obtenue au prix de sacrifices immenses, reflète la reconquête juive antique où une petite force, unie par un idéal de liberté religieuse et nationale, a renversé un empire oppressif. Cependant, alors que les Maccabées purifièrent le sanctuaire et rallumèrent la flamme éternelle, les forces israéliennes ont sécurisé leurs frontières contre des menaces existentielles, protégeant une nation souveraine face à une alliance régionale hostile. Malheureusement, les échos médiatiques mondiaux déforment cette réalité, accusant Israël d’excès tout en ignorant les provocations initiales et les stratégies terroristes qui visaient civils et infrastructures. Cette distorsion, souvent amplifiée par des sources partiales, transforme une défense légitime en agression présumée, perpétuant un biais qui éclipse les faits sur le terrain au profit d’une narrative victimisante pour les agresseurs. 




Au cœur de ce parallèle réside la question de la mémoire collective et de la manière dont les victoires sont commémorées ou effacées. Pour Hanoukka, le choix de privilégier le miracle divin sur les prouesses militaires des Hasmoneens visait peut-être à apaiser les tensions avec les puissances romaines naissantes, évitant de glorifier une rébellion armée qui pourrait inspirer de nouvelles insurrections.

 De même, dans le conflit contemporain, les médias et les instances internationales semblent détourner le regard des succès israéliens contre le Hamas et ses alliés, préférant souligner les coûts humains et les appels à la retenue, ce qui dilue la reconnaissance d’une victoire qui a préservé la sécurité d’une nation entière. Sur les sept fronts, des opérations comme celles en Syrie et au Yémen ont neutralisé des lancements de missiles, tandis que les avancées à Gaza ont démoli des bastions terroristes, forçant des concessions qui marquent un tournant stratégique. 




Pourtant, ce tableau est souvent présenté sous un jour sombre, avec des reportages qui amplifient les voix critiques tout en minimisant les menaces posées par des groupes armés soutenus par des États hostiles. Cette injustice narrative non seulement affaiblit la perception globale de la légitimité israélienne mais perpétue un cycle où les défenseurs sont vilipendés tandis que les instigateurs de violence sont humanisés. 




Enfin, alors que les lumières de Hanoukka s’allument demain, invitant à la réflexion sur la persévérance juive face à l’adversité, ce parallèle avec la guerre récente exhorte à une reconnaissance honnête des triomphes modernes d’Israël. 

La révolte de Matthatias et de ses fils, qui transforma une oppression en liberté, trouve son écho dans les batailles sur sept fronts où les forces israéliennes ont repoussé des assauts coordonnés, sécurisant un avenir pour leur peuple contre des terroristes déterminés à l’éradiquer. 

La victoire sur le Hamas, bien que incontestable dans ses impacts militaires et diplomatiques, souffre d’un détournement médiatique qui privilégie des perspectives biaisées, ignorant les racines du conflit et les efforts pour une paix durable. 

En ce sens, célébrer Hanoukka aujourd’hui n’est pas seulement allumer des bougies mais raviver la flamme de la vérité historique, rappelant que les miracles, qu’ils soient d’huile ou de stratégie, naissent souvent des actes courageux d’un peuple résolu à défendre son héritage contre les ombres de l’oubli et de la distorsion



vendredi 12 décembre 2025

Découverte majeure de l’Institut Weizmann sur la régeneration nerveuse JBCH N° 2025 - 715

Une équipe de l’Institut Weizmann des sciences vient de franchir un seuil scientifique inattendu en révélant l’existence de centaines de molécules capables de stimuler la régénération nerveuse chez la souris. Cette avancée, publiée dans Cell, bouleverse les certitudes établies sur les lésions du système nerveux et ouvre la porte à des traitements encore inimaginables il y a quelques années.


Car si les nerfs périphériques possèdent naturellement une capacité de réparation, le cerveau et la moelle épinière restent jusqu’ici prisonniers d’une irréversibilité tragique. L’étude menée par le professeur Mike Fainzilber et son équipe montre qu’un simple fragment d’ARN, longtemps considéré comme un élément inutile voire nuisible du génome, pourrait devenir l’un des futurs leviers de la médecine régénérative.



Les chercheurs se sont penchés sur un mystère ancien : ce qui déclenche précisément la croissance réparatrice après une lésion nerveuse périphérique. Depuis vingt ans, le laboratoire de Fainzilber décrypte les mécanismes complexes qui permettent à un neurone dont l’axone peut mesurer plus d’un mètre chez l’homme de communiquer avec son corps cellulaire. 



Tout repose sur des protéines messagères capables de transporter des instructions de croissance vers l’extrémité du nerf. Mais l’origine de l’ordre initial, celui qui lance la reconstruction, restait insaisissable. Cette fois, la surprise a été totale. Dès vingt-quatre heures après une lésion chez la souris, les neurones activent massivement une famille de petites séquences génétiques appelées B2-SINEs, jusque-là sans fonction connue et souvent considérées comme des intrus génomiques.


Leur rôle ignoré s’est transformé en révélation. En analysant des milliers de séquences, les chercheurs ont identifié 453 B2-SINEs fortement exprimées après une lésion et étroitement associées à une reprise de croissance. Cette activation spectaculaire n’appartient qu’aux cellules nerveuses périphériques ; aucune trace similaire n’a été retrouvée dans le système nerveux central, ce qui pourrait expliquer l’absence de régénération spontanée dans le cerveau ou la moelle épinière. L’étape suivante a bouleversé encore davantage les perspectives. En forçant l’expression de ces ARN dans des neurones rétiniens ou dans le cortex moteur de la souris, les scientifiques ont observé une accélération significative de la repousse nerveuse, y compris dans des zones habituellement incapables de se réparer.




Le mécanisme s’est précisé grâce à une collaboration avec l’Université de Californie à San Francisco. Les ARN B2-SINE semblent rapprocher physiquement les messagers moléculaires contenant les instructions de croissance et les ribosomes qui les traduisent en protéines. Cette proximité accrélère la production des facteurs nécessaires à la réparation. En termes imagés, le neurone reçoit soudain le signal qu’il est trop petit par rapport à ce qu’il devrait être et enclenche une réponse régénératrice.




Cette découverte soulève des perspectives vertigineuses. Chez l’être humain, l’équivalent des B2-SINEs existe sous forme de plus d’un million de séquences Alu. On savait qu’elles interagissaient avec les ribosomes, mais leur raison d’être demeurait obscure. Les chercheurs tentent désormais de déterminer si ces éléments pourraient jouer, chez l’homme aussi, un rôle dans la réparation nerveuse. Si tel était le cas, l’approche thérapeutique pourrait changer d’échelle. L’équipe du Prof. Fainzilber teste déjà des petites molécules capables de reproduire l’effet des B2-SINE en maintenant ensemble les messagers et les ribosomes à proximité du corps cellulaire. Cette stratégie pourrait accélérer la récupération après des lésions périphériques, souvent très lentes notamment dans le diabète ou après un traumatisme.





Mais l’ambition va plus loin. En collaboration avec l’UCLA, les chercheurs étudient désormais le rôle potentiel de ce mécanisme dans la récupération post-AVC chez des modèles murins. D’autres partenariats avec l’Université de Tel Aviv, l’Université Hébraïque et le Centre Médical Sheba explorent la possibilité de l’appliquer à la SLA, une maladie dégénérative terrible qui prive progressivement les neurones moteurs de leur fonction. La perspective de stimuler la régénération du système nerveux central, longtemps considérée comme une utopie, commence à prendre forme.


Bien sûr, le chemin clinique reste long et semé de prudence. Accélérer la croissance cellulaire doit éviter tout risque de dérive, notamment tumorale. 


Mais les résultats marquent un tournant. Ils révèlent que le génome, souvent perçu comme encombré de séquences inutiles, cache encore des trésors d’ingénierie biologique. Ils montrent aussi que le système nerveux périphérique pourrait inspirer la réparation du cerveau lui-même. 


Aujourd’hui, un axone humain ne repousse que d’un millimètre par jour. Demain, grâce à ces ARN longtemps ignorés, il se pourrait que les frontières de la neurologie changent enfin de dimension.








Demande de Grâce de Nathanyaou JBCH N° 714


Herzog peut-il gracier Netanyahu avant jugement ? Analyse juridique et constitutionnelle

La question de savoir si le président Isaac Herzog pourrait accorder une grâce à Benjamin Netanyahu avant tout verdict touche au cœur du droit constitutionnel israélien, encore largement coutumier. 


La réponse est complexe : la loi l’autorise en théorie, mais la pratique et la jurisprudence rendent un tel geste presque impossible politiquement et juridiquement.



En Israël, la Loi fondamentale : Le Président de l’État (article 11) donne au président le pouvoir d’accorder : une grâce (pardon) une commutation de peine ou l’annulation d’une condamnation Ce pouvoir n’est pas limité à des cas post-jugement. Contrairement à de nombreux systèmes occidentaux, la loi israélienne n’exige pas que le justiciable soit condamné pour recevoir une grâce. Ainsi, sur le papier, une grâce préventive, avant verdict, serait possible.




La Cour suprême a déjà été impliquée dans des affaires touchant au pouvoir présidentiel de grâce. Elle a reconnu que le président possède un pouvoir très étendu, mais pas illimité lorsqu’il s’agit d’un usage détourné ou abusif.


 



Or, une grâce accordée en plein procès pénal, concernant un dirigeant politique en exercice ou figure dominante, pourrait être interprétée comme : 
une obstruction à la justice, une atteinte au principe d’égalité devant la loi, et une utilisation politique d’un mécanisme moral et exceptionnel. La Cour serait donc en position d’examiner la légalité d’un tel geste, et pourrait considérer qu’une grâce anticipée constitue un usage déraisonnable du pouvoir présidentiel.


Dans la tradition israélienne, comme dans la plupart des démocraties, la grâce intervient après la justice, comme un geste humanitaire ou moral, jamais comme un outil pour empêcher la justice d’agir.



Gracier quelqu’un avant même qu’un tribunal se prononce reviendrait à : 
déclarer la procédure judiciaire sans objet, annuler le travail d’enquête et de preuve, placer le président au-dessus du système judiciaire. Une telle décision heurterait profondément les garde-fous démocratiques, en particulier au moment où la société israélienne débat intensément de l’indépendance des juges.


Même si la loi le permet, une grâce anticipée à Netanyahu pourrait : déclencher une crise constitutionnelle, provoquer des manifestations massives, diviser encore davantage un pays déjà polarisé, et affaiblir durablement la crédibilité de la présidence.


Le président Herzog, dont la fonction est apolitique et unificatrice, ne prendrait un tel risque que dans un cadre très spécifique : un accord négocié dans lequel Netanyahu accepterait de se retirer totalement de la vie politique.


Même dans ce scénario, la légitimité de la démarche serait largement contestée. Oui, la loi israélienne permet théoriquement à Herzog de gracier Netanyahu avant toute condamnation. Non, dans la pratique, un tel acte serait considéré comme une atteinte grave à l’État de droit, susceptible d’être contestée par la Cour suprême et de provoquer une crise démocratique majeure.

La grâce présidentielle n’est pas un substitut au jugement. Elle est un acte de clémence après la justice et non un moyen d’y échapper.




Drôle de coalition musulmane ! JBCH N° 2512 - 713

La récente réunion à Istanbul des ministres des affaires étrangères de huit États arabes et musulmans :  Qatar, Pakistan, Arabie saoudite, Turquie, Jordanie, Indonésie, Émirats arabes unis et un représentant de l’Égypte marque la formation d’une coalition régionale coordonnée sur la question des Arabes de Gaza et de la Judée-Samarie. 


Cette initiative, née dans le contexte post-guerre Israël-Terroristes et des accords de cessez-le-feu préliminaires, vise principalement à promouvoir l’aide humanitaire à Gaza, sécuriser la libération des otages et favoriser un chemin vers la paix.



Cette coalition reflète un consensus fragile mais stratégique. Les membres ont des intérêts nationaux divergents et des visions politiques très différentes, mais se sont temporairement unis autour de la question des Arabes de ces territoires. 


L’initiative démontre aussi la volonté de certains États, notamment le Qatar et l’Arabie saoudite, de renforcer leur influence diplomatique auprès de Washington et de l’Union européenne, en se positionnant comme médiateurs incontournables dans la région.





Pour Israël, cette coalition représente un défi stratégique. Elle pourrait exercer une pression collective pour influencer les politiques israéliennes à Gaza et en Judée-Samarie, en imposant des attentes communes difficiles à contourner. Les États membres, certains ayant déjà des relations diplomatiques avec Israël, pourraient néanmoins utiliser cette coalition pour obtenir des concessions politiques ou humanitaires.


Cependant, cette configuration comporte également des opportunités. La coalition reste faiblement cohésive : ses membres sont unis essentiellement sur la question des Arabes de ces territoires et non par une stratégie régionale commune. Israël peut chercher à renforcer ses relations bilatérales avec certains États clés, comme l’Égypte, la Turquie ou les Émirats, afin de modérer la pression collective et de créer des accords bilatéraux avantageux, notamment dans le commerce, le gaz ou la coopération sécuritaire.




La formation de cette coalition arabo-musulmane n’est ni entièrement une menace ni une aubaine pour Israël. Elle impose un nouveau paramètre diplomatique, nécessitant prudence et diplomatie active. Israël doit exploiter les divisions internes de la coalition tout en consolidant ses alliances bilatérales, afin de transformer un défi régional en opportunité de stabilité et de coopération sur ses frontières méridionales et orientales.




Le Mahzor des Rotschild. JBCH N° 2512 - 712


L’article relate l’histoire bouleversante d’un mahzor hébreu enluminé datant de 1492–1495, pièce exceptionnelle de l’art juif médiéval, qui sera prochainement mis aux enchères chez Sotheby’s. Mais derrière l’objet rare se cache un récit de survie, de spoliation et de mémoire retrouvée, emblématique de la destinée culturelle du peuple juif en Europe.




Ce mahzor pour les Grandes Fêtes juives est qualifié d’« extrêmement rare » par les spécialistes : les manuscrits hébreux richement illustrés étaient coûteux, difficiles à produire et ont été souvent détruits par les guerres, les expulsions ou les déplacements forcés des communautés juives d’Europe. Le fait qu’il ait survécu plus de 500 ans est présenté comme un « miracle ».

Créé sur parchemin, orné de dragons, de motifs animaliers et de lettres enluminées, le livre représente un sommet de l’art juif médiéval germanique.


Acquis en 1842 par Salomon Mayer von Rothschild comme cadeau pour son fils, le manuscrit est resté dans la famille pendant près d’un siècle. Mais en 1938, lors de l’Anschluss, les nazis pillent systématiquement la branche viennoise des Rothschild. Le baron Louis de Rothschild est arrêté et retenu en otage tandis que les biens familiaux – tableaux, bijoux, livres rares – sont confisqués.




Le mahzor disparaît alors dans les dépôts du régime nazi avant d’être transféré à la Bibliothèque nationale d’Autriche, où il restera enfoui pendant des décennies, oublié dans les rayonnages.





Cette situation illustre l’une des dimensions les plus tragiques de la Shoah culturelle : la tentative non seulement d’exterminer un peuple, mais aussi d’effacer son héritage intellectuel, artistique et religieux.


Ce n’est qu’en 2020, lors d’une exposition consacrée aux Rothschild à Vienne, que le manuscrit refait surface. L’histoire de sa spoliation devient alors évidente, déclenchant une enquête de provenance. De manière notable, l’Autriche choisit de restituer le mahzor volontairement — un geste encore rare dans la longue et souvent douloureuse histoire des restitutions post-Shoah.



En 2023, le livre est officiellement rendu aux héritiers, qui ont décidé de le mettre en vente. Cette restitution marque un moment important où une institution européenne reconnaît non seulement une injustice historique, mais aussi la nécessité de rétablir la dignité des familles juives spoliées.


La mise aux enchères soulève toujours une question délicate : un trésor spirituel doit-il rester dans une collection privée ? Certains spécialistes espèrent que l’acheteur rendra le manuscrit accessible aux chercheurs et à la communauté juive. Car ce mahzor dépasse le simple statut d’objet artistique : il témoigne de la résilience culturelle juive, de sa créativité, et de sa survie malgré les destructions.


L’histoire du Mahzor Rothschild est plus qu’un récit de marché de l’art : c’est un condensé de l’histoire juive européenne.

Il raconte la grandeur culturelle d’une communauté, la brutalité de sa destruction, l’oubli dans lequel ses trésors ont été ensevelis, et enfin la justice tardive d’une restitution.

Que ce livre de prière, rescapé de siècles d’épreuves, réapparaisse aujourd’hui, rappelle que la mémoire juive, même blessée et dispersée, finit toujours par revenir à la lumière.