Atarot, ce nouveau quartier sur le site de l’ancien aéroport de Jérusalem, constitue l’un des développements urbains les plus importants entrepris par le gouvernement israélien ces dernières années.
Il s’inscrit dans une logique à la fois d’expansion résidentielle et de consolidation stratégique de la capitale, en direction de ses périphéries nord et nord-est.
Depuis l’arrivée du gouvernement actuel, près de 50 000 unités de logement ont été approuvées dans la région de Judée-Samarie, et Atarot est l’un des projets emblématiques de cette politique.
Le choix du site n’est pas anodin. L’ancien aéroport, désaffecté depuis plusieurs décennies, offre une surface conséquente, adaptée à la construction d’un quartier complet, combinant logements, infrastructures publiques et espaces verts. Pour l’État israélien, il s’agit d’une opportunité unique de renforcer la présence résidentielle dans des zones périphériques de Jérusalem, tout en consolidant le maillage urbain de la capitale. L’emplacement stratégique permet également un contrôle facilité des axes routiers et une meilleure intégration des zones adjacentes, contribuant à une vision de développement cohérente.
Le projet d’Atarot provoque une réaction vive de la part des communautés arabes locales, qui considèrent cette construction comme un exemple de pression démographique et territoriale. Pour ces groupes, chaque nouvelle unité de logement représente une perte potentielle d’influence et de contrôle sur le territoire environnant.
Cependant, pour Israël, le projet envoie un message clair : l’expansion urbaine n’est pas simplement un moyen de répondre à la demande résidentielle, mais aussi un instrument politique et stratégique visant à affirmer la continuité de la souveraineté et l’intégrité territoriale autour de Jérusalem.
Le calendrier du projet est également révélateur. Le feu vert final, prévu pour mercredi prochain, indique la volonté du gouvernement de concrétiser rapidement ses plans, malgré les critiques locales et internationales. Cette détermination illustre la capacité de l’État à prévaloir sur les contestations régionales, tout en poursuivant une politique de renforcement urbain et démographique. Chaque nouvel appartement, chaque nouvelle rue tracée sur ce site participe à une stratégie de consolidation à long terme, qui dépasse la simple construction immobilière.
Au-delà de l’aspect purement résidentiel, le projet d’Atarot possède une dimension symbolique forte. La transformation d’un ancien aéroport en quartier habité représente un acte de maîtrise territoriale et un investissement dans l’avenir de la ville. Le gouvernement israélien y voit une manière de garantir la stabilité et la sécurité des quartiers nord de Jérusalem, tout en affirmant son droit à développer la capitale selon ses propres critères. Chaque étape du chantier est ainsi perçue comme un renforcement tangible de la présence et de la souveraineté israéliennes.
Le projet suscite également un débat sur le rôle de l’urbanisme comme outil de politique. En construisant un quartier entier à Atarot, l’État démontre que la planification urbaine peut servir de levier stratégique, capable de façonner non seulement l’espace physique, mais aussi le paysage politique et social. L’effet combiné de la densification résidentielle et de la structuration des infrastructures traduit une vision à long terme, où chaque décision de construction participe à la consolidation de la capitale.
En somme, le projet d’Atarot est bien plus qu’un simple développement immobilier. Il constitue un instrument de stratégie territoriale et de politique urbaine, visant à renforcer la présence résidentielle israélienne autour de Jérusalem et à affirmer un contrôle politique et symbolique sur la région.
Si les communautés arabes locales le perçoivent comme une catastrophe et une menace pour leurs aspirations, pour Israël, il s’agit d’une avancée majeure, traduisant une volonté claire de bâtir, renforcer et consolider la capitale.
Le site de l’ancien aéroport devient ainsi le théâtre d’une transformation qui dépasse le domaine du logement, pour s’inscrire dans une logique globale de planification stratégique et de renforcement de l’autorité de l’État.
Israël bouge ... En 1980, j ai fait escale à Atarot, je venais d' Eilat, et de la j'ai atteint Sde Dov à Tel Aviv. Ces trois aéroports ont été détruits pour faire place à de gigantesques quartiers.