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jeudi 30 octobre 2025

Le nouveau Jet furtif le F 47 fabriqué avec l'aide d'Israël. JBCH N° 577

A Seatle, une équipe d'ingénieurs envoyés par IAI (Israël Aircraft Industries) s'affaire autour de la maquette  et des plans du F 47, nouvel avion furtif conçu et construit cette fois-ci pas Boeing.


Le F47 sera donc acheté par Israel Defense Forces (IDF), avec les drones qui l'accompagneront.








Israël suit déjà activement le projet du F‑47 : un article note que « Israël surveille de près le développement du F‑47 … la sixième génération d’avion de supériorité aérienne ».  Le pays dispose d’un historique solide d’acquisition d’appareils américains de pointe (par exemple le F‑35 “Adir”) et de coopération technologique avec les États‑Unis. La Stratégie d’Israël est de  rester en avance sur ses voisins en termes de supériorité aérienne. Le F‑47, s’il tient ses promesses, pourrait répondre à ce besoin.  



Le F‑47 est encore en phase de développement aux États‑Unis. Aucune vente à l’export clairement définie n’a été annoncée pour le moment.   Les États‑Unis pourraient imposer des limitations à l’export de ce type de technologie, notamment pour préserver leur propre edge stratégique. Par exemple, il est mentionné que des versions “dégradées” pourraient être vendues à des alliés.   Même si Israël fait une demande, cela nécessitera l’approbation américaine (Administration + Congrès) dans le cadre de Foreign Military Sales ou d’un autre mécanisme.   Israël devra aussi décider s’il préfère attendre que le F‑47 soit mature ou continuer à investir dans des appareils déjà disponibles (F‑35, F‑15 versions avancées, etc.) pour ses besoins immédiats.



Je pense qu’Israël  accédera à moyen terme  au F‑47 pour assurer sa supériorité technologique. Israël pourrait officiellement réserver la possibilité (par une lettre d’intention ou en demandant une “option”), tout en continuant à renforcer ses flottes actuelles.


 En parallèle, il faudra vérifier : Si le Congrès des  États‑Unis approuve un tel export et dans quelle configuration (pleine capacité vs version réduite). 


Si Israël obtient des garanties d’intégration de ses propres systèmes dans l’appareil, ce qui est souvent un point important. Les appareils utilisés par Israël sont différents car Israël introduit des technologies plus pratiques et sans censure US. Le casque utilisé sera aussi l'atout maître en possession des israélien.




Lutte contre mes microplastiques JBCH. N°. 576


La wall Street Journal soulève cette semaine le danger mondial grandissant qu'est la présence, partout  des microplastiques.


Je ne suis pas écologiste, au point de vue politique, mais je respecte la nature et je suis pour une éducation dès la maternelle des enfants.


Ce fléau est inquiétant, on ne peut plus faire n'importe quoi, c'est notre chaîne alimentaire qui en paie le prix.



 

Les microplastiques — fragments de plastique de moins de 5 millimètres — se sont infiltrés partout : dans l’air, les océans, les sols, les aliments et même dans le corps humain. En 2020, environ 2,7 millions de tonnes de microplastiques ont été libérées dans l’environnement, un chiffre qui pourrait atteindre 4,1 millions en 2040.


Une étude américaine a trouvé des microplastiques dans 99 % des échantillons de fruits de mer de la côte Ouest, et l’agence sanitaire française Anses a détecté ces particules dans la majorité des boissons vendues en bouteilles — sauf le vin, souvent bouché par du liège naturel.





Le principal responsable de la pollution microplastique est la peinture, suivie des textiles et des emballages. Ces particules ont été repérées dans huit systèmes organiques humains, dont le système cardiovasculaire, respiratoire et reproductif. Leur ingestion a été multipliée par plus de six depuis 1990.


Cependant, la toxicité réelle pour l’homme reste incertaine : aucune preuve scientifique directe ne confirme aujourd’hui que les microplastiques soient mortels, bien qu’ils puissent provoquer inflammations, stress oxydatif et perturbations hormonales à long terme.





En 2017, les océans contenaient environ 51 000 milliards de fragments de microplastique — soit 500 fois plus que le nombre d’étoiles dans la galaxie.




Comment réduire l’exposition Éviter les plastiques à usage unique (sacs, bouteilles, gobelets). Privilégier le thé en feuilles plutôt qu’en sachets synthétiques. Faire sécher le linge à l’air libre plutôt qu’en machine. Passer l’aspirateur régulièrement pour éliminer les particules domestiques. Limiter le lavage des vêtements synthétiques, qui libèrent des microfibres à chaque cycle.





Les microplastiques ne constituent pas encore un danger mortel avéré, mais leur présence ubiquitaire et cumulative dans le corps et l’environnement fait craindre des effets sanitaires graves à long terme. 


La prévention et la réduction des plastiques dans la vie quotidienne demeurent la seule réponse efficace et immédiate.





Lekh Lekha ...Abraham doit quitter sa Terre ... JBCH N° 575

J'ai essayé de savoir pourquoi D. a demandé à Abraham de quitter sa Terre natale, Lekh Lekha ... Nous avons souvent été obligés de quitter un pays, c'est notre destin !!! 


Pour une fois, nous avons un Pays qui a ressuscité après 2 000 ans d'errance,  et qui devrait nous apporter toute la sécurité :  Israël .  Lékh Lékha, a une importance  primordiale,  et  nous étudierons aussi la signification de la transformation des noms d’Abraham et Sarah selon la tradition juive et la guématria :




La paracha Lékh Lékha (Genèse 12:1-20) marque le premier appel divin à Abraham. Dieu lui dit : « Va-t’en de ton pays, de ta patrie, de la maison de ton père, vers la terre que je te montrerai ». Cet ordre, apparemment simple, est en réalité le pivot de l’histoire biblique et de la foi juive. Quitter Ur, sa ville natale, représentait un acte de rupture radical : Abraham devait laisser derrière lui ses repères, sa sécurité, ses traditions culturelles, et s’aventurer vers l’inconnu. Ce départ est à la fois physique, psychologique et spirituel.


Le trajet d’Abraham vers Haran, en Syrie,  puis vers la Terre d’Israël, illustre un cheminement intérieur. Haran, étape intermédiaire, symbolise la période d’apprentissage et de transition : Abraham y acquiert patience, discernement et foi dans le plan divin. 


Ce voyage enseigne que la réalisation de la promesse divine ne se fait jamais instantanément, mais par une succession d’étapes, d’efforts et de confiance. Quitter Ur, c’est accepter de perdre certaines certitudes, mais c’est aussi ouvrir la voie à la transformation personnelle et collective.



Spirituellement, Lékh Lékha établit le concept fondamental du partir pour recevoir : le mouvement vers Dieu nécessite un acte de liberté et de foi. Abraham devient l’archétype du croyant qui répond à l’appel divin sans connaître la destination finale, mais en ayant confiance que la terre promise sera donnée. C’est un enseignement universel : dans toute entreprise spirituelle ou morale, l’engagement initial, même inconfortable, est essentiel pour que le potentiel se réalise.


L’ordre divin ne s’arrête pas à la géographie : il se manifeste aussi dans la transformation des noms, symbolisant un changement de statut et de mission. Abraham n’était initialement qu’Avram (père élevé), et sa femme Saraï. Dieu change leurs noms : Avram devient Avraham (père d’une multitude) et Saraï devient Sarah (princesse, mère de nations).



La guématria, science juive des valeurs numériques des lettres, éclaire cette transformation. Le nom Avram (אברם) a une valeur de 248, symbole du corps humain complet selon certains commentaires. En devenant Avraham (אברהם), sa valeur augmente, incluant le « ה » (hé) qui représente la présence divine et l’ouverture à l’infini. Abraham devient ainsi non seulement un homme, mais un instrument de bénédiction universelle, appelé à fonder un peuple et à diffuser la spiritualité monothéiste.


Pour Saraï → Sarah, l’ajout du « ה » traduit également l’élévation spirituelle et l’autorité royale : Sarah devient princesse d’un peuple et mère d’une nation promise. La gematria montre que ce changement n’est pas seulement symbolique mais actif : il réoriente le destin, renforce la mission et inscrit la relation avec Dieu dans le monde physique. 


Ainsi, Abraham et Sarah ne sont plus de simples habitants d’Ur ; ils deviennent des piliers de l’histoire biblique et des archétypes spirituels.




Le processus montre une harmonie entre le départ physique et la transformation intérieure. Quitter Ur était l’acte matériel ; changer de nom fut l’acte spirituel. La paracha nous enseigne que le vrai voyage commence lorsque l’on accepte de se transformer et de répondre à l’appel divin avec foi.


Lékh Lékha résonne aujourd’hui encore : tout appel à changer, à progresser, à quitter le confort pour l’inconnu, exige de conjuguer action, foi et transformation intérieure. Abraham et Sarah incarnent le principe que le mouvement physique doit s’accompagner d’une métamorphose spirituelle. Le départ de Ur, l’étape à Haran et l’arrivée en Israël sont autant de métaphores de notre propre parcours vers l’accomplissement de notre potentiel.


Lékh Léckha n’est pas seulement l’histoire d’un patriarche, c’est l’enseignement de la capacité de l’homme à écouter l’appel divin, à accepter l’inconfort du départ, et à se transformer pour devenir un instrument de bénédiction pour le monde. 


Les changements de nom et les valeurs numériques des lettres rappellent que chaque action extérieure trouve son reflet dans l’âme et que la foi véritable demande un engagement total, physique et spirituel.









Prière pour la pluie ... JBCH N° 574

Voici un développement détaillé sur l’introduction de la demande de pluie dans la Hamidah depuis Soukot, et sa significations philosophique et surtout agricole dans l'antiquité. 


L'eau bienfaisante, l'eau sans qui la vie n'est pas possible, sa production et sa conservation  qu'Israël a su maîtriser grâce à sa technologie, et elle en exporte en Jordanie 






Depuis la fête de Soukot, la prière de la Hamidah — prière centrale, silencieuse et répétée trois fois par jour — inclut une phrase spécifique demandant la pluie : « He donne la pluie à son peuple ». Cette insertion n’est pas purement rituelle, elle traduit une connexion profonde entre l’homme, Dieu et la nature, ainsi qu’une conscience de l’interdépendance entre foi et survie matérielle.



Philosophiquement, l’introduction de la demande de pluie dans la Hamidah souligne la fragilité humaine et la nécessité de l’humilité. L’homme reconnaît qu’il ne contrôle pas les forces de la nature : sa subsistance dépend du ciel, de l’eau et de l’ordre naturel que Dieu régit. 


La prière silencieuse favorise une introspection, où l’on évalue ses actes et son comportement face aux éléments et à la société. Elle est un moment de remise en cause personnelle : si la pluie tarde, le manque n’est pas seulement une question climatique, mais un rappel que l’homme doit réfléchir à ses priorités, à sa justice et à sa générosité envers les autres.




Cette inclusion dans la Hamidah traduit également la dimension universelle et éthique de la Torah. La pluie, essentielle à la fertilité et à la vie, devient un symbole de bénédiction, de justice et d’abondance partagée. Philosophiquement, demander la pluie, c’est demander la continuité de la vie et de l’équilibre naturel, mais c’est aussi une prière pour la cohésion sociale : une bonne récolte bénéficie à tous, elle assure le pain quotidien, la prospérité et la stabilité de la communauté.




Dans le contexte agricole d’Israël, la demande de pluie a une dimension concrète et vitale. Soukot tombe juste après la récolte des fruits et la moisson, marquant la fin de l’été et le début de la saison des semis. La pluie est indispensable pour l’humidification des sols : elle prépare la terre pour accueillir les semences de céréales, légumes et autres cultures hivernales, la germination : sans eau, les semis restent stériles et les plantations échouent. et l’équilibre écologique : la pluie permet de réguler les températures, d’alimenter les nappes phréatiques et de maintenir la fertilité naturelle du sol.



Ainsi, la prière pour la pluie n’est pas un simple rituel symbolique : elle coïncide avec le calendrier agricole, soulignant l’interconnexion entre foi et pratique agricole. Dans l’Israël biblique, les cycles de pluie déterminaient directement la sécurité alimentaire et la stabilité économique. 


L’homme reconnaît son rôle dans le travail de la terre, mais admet aussi que certaines forces échappent à sa maîtrise : seul un partenariat spirituel avec Dieu peut assurer le succès de la récolte.



La demande de pluie, lorsqu’elle est prononcée dans la Hamidah, porte une triple signification : Introspection et humilité : le fidèle se rappelle que tout succès dépend de la Providence, la pluie symbolise ce que l’homme ne peut obtenir seul  Interconnexion avec la nature : le cycle agricole devient une métaphore du cycle de la vie humaine, où effort et dépendance coexistent.  Solidarité sociale : une bonne pluie nourrit non seulement la famille mais la communauté entière, rappelant que l’abondance est collective et que la prière doit inclure le bien-être d’autrui.



La pluie représente donc un pont entre le spirituel et le matériel, entre l’effort individuel et l’ordre cosmique, entre la prière silencieuse et l’action concrète de semer, cultiver et récolter.

Depuis Soukot, l’ajout de la demande de pluie dans la Hamidah symbolise une conscience profonde de notre dépendance vis-à-vis de Dieu et de la nature. Elle transforme une prière silencieuse et personnelle en acte de responsabilité collective et de méditation philosophique. 


Sur le plan agricole, elle correspond à un moment crucial : le lancement des semis et la préparation de la terre pour la nouvelle année agricole. 


Philosophiquement et pratiquement, elle relie foi, introspection, écologie et survie matérielle, rappelant à chaque fidèle que spiritualité et vie quotidienne sont indissociablement liées, et que chaque goutte de pluie nourrit autant l’âme que la terre.















Les 4 éléments Devora Levy ... au travers des 4 villes saintes JBCH N° 573

Les quatre éléments dans le judaïsme c'est un voyage de l’âme à travers les quatre villes saintes d’Israël (j'ai lu avec intérêt ce livre de  Devora Levy, “The Four Elements: A Soul’s Journey Through the Four Holy Cities of Israel”, Aish.com, octobre 2025), et je ne m'en suis pas sorti indemne. 


Son but a été atteint au moins sur moi, et j'ai tenu à vous en faire part.


Dans la pensée juive, les quatre éléments — feu, terre, air et eau — ne sont pas seulement des composantes physiques de l’univers, mais aussi des forces spirituelles qui structurent à la fois le monde, l’âme et la Terre d’Israël. 


Le Sefer Yetzirah, texte kabbalistique fondamental, enseigne que toute la création découle de ces quatre principes. L’Arizal, maître mystique du XVIᵉ siècle à Tsfat, y voyait l’expression d’un même souffle divin, vibrant dans la nature et dans l’homme. Ces éléments se retrouvent symboliquement dans les quatre villes saintes d’Israël : Jérusalem (feu), Hébron (terre), Tsfat (air) et Tibériade (eau).




À Jérusalem, flamme de l’esprit, brûle le feu de la transcendance. La ville incarne la passion du cœur en quête de vérité et d’unité divine. Son énergie est celle du neshama, la dimension de l’âme tournée vers le haut. Le feu inspire, purifie, mais doit être maîtrisé : la ferveur ne devient lumière que si elle éclaire sans consumer. Jérusalem nous apprend à canaliser nos élans pour qu’ils deviennent service et élévation, non orgueil ou colère.



À Hébron, la terre rappelle la fidélité et la racine. Lieu des patriarches et matriarches, elle incarne la continuité, la stabilité et la foi silencieuse. Le nefesh, souffle vital lié à l’action, y trouve son ancrage. Hébron enseigne la sainteté de la persévérance : croire, bâtir, transmettre, même dans l’ombre. Elle pose la question : où sont nos racines spirituelles ? La terre d’Hébron nous relie à la promesse faite aux ancêtres — celle d’une foi incarnée dans les œuvres.


Tsfat, Safed, la ville bleue suspendue entre ciel et montagne, correspond à l’air, symbole de l’esprit, de la pensée et de l’inspiration. C’est le domaine du ruach, le vent de la créativité et de la révélation. Là, la Kabbale a fleuri, révélant que la sagesse est souffle, non poids. L’air relie et porte la parole, la prière, la musique — il invite à respirer, à penser librement, à transformer la connaissance en chant intérieur. Tsfat ouvre la porte du mystère et nous rappelle que l’intelligence doit être légère pour devenir spirituelle.


Enfin, Tibériade, au bord du Kinneret, représente l’eau, force de compassion et de guérison. Le chaya, dimension vitale de l’âme, y trouve son expression : la tendresse, l’amour, la gratitude. L’eau unit ce que le feu sépare ; elle guérit ce que la terre porte. Elle enseigne la souplesse du cœur, la capacité d’aimer sans se perdre, de pardonner sans s’effacer. Comme les sages du Talmud y ont puisé la sagesse, nous y apprenons que la vraie connaissance doit se faire fluide, pénétrant le cœur avant l’esprit.


Ces quatre éléments ne sont pas opposés, mais complémentaires. Le judaïsme enseigne que la perfection spirituelle réside dans leur équilibre : être enflammé comme Jérusalem mais stable comme Hébron, inspiré comme Tsfat mais compatissant comme Tibériade. Chaque élément correspond à un travail intérieur : transformer le feu en dévotion, la terre en fidélité, l’air en sagesse, et l’eau en amour.



Ainsi, le voyage à travers ces quatre villes saintes devient une cartographie de l’âme. 


Chacune réveille une part de nous : Jérusalem éveille le sens, Hébron les racines, Tsfat la vision, Tibériade la douceur. Lorsque ces voix s’unissent, l’âme retrouve son harmonie originelle, celle d’un monde où matière et esprit, feu et eau, se répondent dans la lumière de l’Un.







mercredi 29 octobre 2025

La cuisine perse est mise à l'honneur dans la Washington Post JBCH N° 572

 Le Washington Post, célébre la richesse et la grandeur de la cuisine perse à travers un plat emblématique : le khoresht-e karafs, le ragoût de céleri iranien.


La grandeur de la cuisine perse : le khorest-e karafs, un trésor caché du céleri; Parmi les grandes cuisines du monde, celle de la Perse  occupe une place à part. 


C’est une cuisine raffinée, poétique, où chaque herbe, chaque légume et chaque épice dialogue dans un équilibre subtil entre douceur et acidité, force et délicatesse. Si le riz safrané, les brochettes de kebab ou le fameux ghormeh sabzi sont célèbres, un plat plus discret mérite les honneurs : le khoresht-e karafs, littéralement « ragoût de céleri ».


Dans cette préparation ancestrale, le céleri — souvent relégué au second plan dans la cuisine occidentale — devient le véritable héros du plat. Dans la tradition iranienne, il mijote lentement avec de la viande d’agneau ou de bœuf, des herbes fraîches (persil, menthe), du curcuma, et du jus de citron vert. Le résultat est un ragoût d’une richesse aromatique surprenante, à la fois réconfortant et lumineux, symbole du raffinement de la gastronomie perse.




Une revisite végétarienne d’une recette millénaire. La cheffe et écrivaine Yasmin Khan, d’origine iranienne et pakistanaise, a revisité ce grand classique dans son dernier livre Sabzi, entièrement consacré à la cuisine végétale du Moyen-Orient. Dans sa version, elle remplace la viande par des haricots borlotti (ou haricots cranberry), offrant une texture onctueuse et un goût légèrement sucré qui se marie à merveille avec l’amertume élégante du céleri.


« Ma mère préparait souvent ce plat », raconte Khan. « Parmi tous les ragoûts perses, c’est l’un des plus rapides à faire, et il garde toute sa noblesse. » En moins d’une heure, on obtient un plat riche, parfumé, nourrissant et profondément ancré dans la tradition perse.


Ce qui frappe dans cette version, c’est la façon dont le céleri, cuit à feu doux, se transforme sans se dénaturer : il devient soyeux tout en conservant une légère fermeté, absorbant les parfums des épices et des herbes. C’est une leçon de simplicité et d’équilibre, typique de la philosophie culinaire perse où chaque ingrédient garde sa dignité et sa voix propre.




Un art du goût et du temps, Comme beaucoup de plats iraniens, le khorest-e karafs repose sur la patience et la précision. On commence par faire revenir un oignon avec un mélange d’épices — curcuma, cumin, coriandre et poivre blanc — avant d’ajouter les herbes fraîches finement hachées et le céleri coupé en tronçons. Ce mélange, déjà d’un vert éclatant, embaume la cuisine d’un parfum à la fois terreux et floral.


Viennent ensuite les haricots et le bouillon de légumes. Le tout mijote lentement jusqu’à obtenir une texture fondante, que Yasmin Khan sublime avec un filet généreux d’huile d’olive et un trait de jus de citron vert. « Ma mère m’a appris que les plats de légumes ont besoin d’un peu de gras à la fin », confie-t-elle. « Cela donne de la rondeur et de la profondeur au goût. »



Le résultat est un ragoût d’un vert doré, à la fois frais, velouté et vivifiant. Servi sur un lit de riz basmati, il incarne à merveille ce que la cuisine perse fait de mieux : une union harmonieuse entre les saveurs de la terre et celles du ciel.



C'est un héritage de finesse et d’équilibre. La cuisine iranienne n’est pas une cuisine de démonstration : elle n’a pas besoin de cris ni d’excès. Elle parle à voix douce, avec le langage des herbes, des agrumes et des parfums. Le khorest-e karafs, dans sa simplicité, illustre cette grandeur tranquille : un plat sans faste mais d’une profondeur infinie, comme un poème de Hafez ou de Rûmî.



Cette recette, à la fois traditionnelle et moderne, montre aussi la capacité de la cuisine perse à évoluer sans se trahir. Remplacer la viande par des légumineuses, utiliser de l’huile d’olive au lieu du beurre, c’est prolonger l’esprit du plat, non le trahir. C’est faire vivre un patrimoine culinaire millénaire dans un monde contemporain, plus végétal, plus conscient.


Le génie caché du céleri et dans ce ragoût, le céleri n’est plus le légume secondaire d’un bouillon : il devient le protagoniste. Il apporte une légère amertume, une fraîcheur herbacée et une texture soyeuse. En Perse, on dit que la nature du céleri est « chaude et sèche », selon la médecine traditionnelle, ce qui en fait un allié pour équilibrer le corps durant les saisons froides.


C’est ce mariage entre la santé, la beauté et le goût qui définit la grandeur de la cuisine perse. Chaque plat y est conçu comme une œuvre d’art comestible, mais aussi comme un soin, une offrande au corps et à l’âme.


A table, ce met millénaire est un joyau discret de la Perse éternelle. Le khorest-e karafs n’est pas qu’un plat, c’est une métaphore de la culture perse elle-même : subtile, élégante, profondément enracinée dans la nature et la poésie. Derrière chaque herbe coupée, chaque grain de riz, chaque goutte d’huile d’olive, se cache une philosophie du temps, du respect et de la beauté.


Ce ragoût de céleri, aussi humble qu’il paraisse, témoigne d’une civilisation qui a fait de la table un art, du goût une sagesse, et du repas un moment de grâce. 


En redonnant au céleri sa noblesse, la cuisine perse rappelle au monde entier que la grandeur réside souvent dans la simplicité et la lenteur.