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samedi 7 février 2026

Economie : L'Europe doit changer ... Brian Albrecht (dans Politico). JBCH N° 2602 - 858

Brian Albrecht : lu dans Politico USA : 

 Quand l’économie réelle rappelle l’Europe à l’ordre  !


Alors que l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies dominent les débats politiques et économiques, Brian Albrecht, économiste en chef de l’International Center for Law & Economics, invite à un retour aux fondamentaux. 


Dans un entretien récent, il défend une idée simple mais souvent négligée : ce ne sont pas les technologies elles-mêmes qui créent la richesse, mais la manière dont elles s’intègrent aux marchés, aux institutions et aux usages réels.




Selon lui, la loi de l’offre et de la demande reste l’outil le plus puissant pour comprendre l’avenir du travail et de l’innovation. Depuis soixante ans, la baisse du coût des logiciels n’a pas détruit l’emploi, elle l’a transformé. En rendant certaines tâches plus faciles, elle a stimulé la demande, créé de nouveaux métiers et revalorisé les compétences des utilisateurs. L’IA suit aujourd’hui la même trajectoire : elle ne remplace pas simplement l’humain, elle modifie la structure de la production.





Albrecht met toutefois en garde contre une fascination excessive pour le logiciel. Les agents d’IA “tout-en-un”, capables d’automatiser des chaînes entières de travail, sont selon lui largement surestimés. L’économie réelle reste complexe, désordonnée, dépendante de contraintes humaines, logistiques et sociales que les algorithmes ne maîtrisent pas. Se focaliser uniquement sur le code revient à ignorer l’essentiel : la rencontre entre l’offre, la demande et les besoins concrets.


Sur le rôle de l’État, l’économiste plaide pour une approche pragmatique. Plutôt que de sur-réglementer, les gouvernements devraient aider à créer de nouveaux marchés. Il cite l’exemple des enchères de fréquences aux États-Unis ou la possibilité d’organiser un marché plus flexible de l’électricité pour les data centers. En structurant intelligemment les échanges, les pouvoirs publics peuvent favoriser l’investissement et l’innovation sans les étouffer.





Sa réflexion s’appuie aussi sur l’histoire économique. Inspiré par l’ouvrage How the World Became Rich, Albrecht rappelle que la croissance repose sur trois piliers : la technologie, la culture et les institutions. Sans règles claires, sans confiance et sans ouverture aux échanges, même les inventions les plus brillantes restent stériles.


Il se dit néanmoins impressionné par l’intensité de la concurrence dans l’IA. Contrairement aux réseaux sociaux, dispersés sur plusieurs marchés, les grands acteurs de l’IA générative se livrent aujourd’hui une bataille frontale sur un même terrain. Cette rivalité accélère les progrès et fait affluer les capitaux.


Ce que l’Europe risque de rater : Dans ce paysage en recomposition, l’Europe apparaît en retrait. Obsédée par la régulation, la protection des données et la lutte contre les géants du numérique, elle peine à créer les conditions d’un véritable marché de l’innovation. Là où les États-Unis structurent, financent et laissent expérimenter, l’Union européenne multiplie les normes.


Le risque est clair : devenir un continent de consommateurs de technologies étrangères, dépendant des plateformes américaines ou asiatiques, sans maîtriser les chaînes de valeur. En négligeant l’articulation entre innovation, marché et institutions, l’Europe pourrait manquer la prochaine phase de croissance mondiale.


Le message de Brian Albrecht est limpide : l’avenir ne se jouera pas dans la seule course aux algorithmes, mais dans la capacité à transformer ces outils en prospérité réelle. 


À défaut de revoir sa stratégie, l’Europe pourrait rester spectatrice d’une révolution qu’elle avait pourtant les moyens de conduire. Bref, on regarde passer le train ! 



La République SRPSKA ??? et l'état Hébreux. ... JBCH N° 2602 - 857

La Republika Srpska, 


J'avoue ma totale ignorance au sujet du SRPSKA ! c'est quoi ? et c'est en lisant le Jerusalem Post cette semaine que je l'ai découvert.

  ... Au cœur des Balkans, au sein d’une Bosnie-Herzégovine souvent perçue comme un État fragile et divisé, existe une entité largement ignorée du grand public européen : la Republika Srpska. Ce territoire majoritairement serbe, doté de son propre gouvernement, de son parlement et de ses institutions, représente l’une des deux composantes du pays, aux côtés de la Fédération croato-musulmane.




Née des accords de Dayton en 1995, qui mirent fin à la guerre de Bosnie, la Republika Srpska dispose d’une large autonomie. Mais depuis plusieurs années, ses relations avec Bruxelles et les institutions internationales se tendent. Son dirigeant, Milorad Dodik, dénonce régulièrement ce qu’il considère comme une tutelle occidentale déguisée, limitant selon lui le droit à l’autodétermination de son entité.






C’est dans ce contexte qu’il forge une comparaison audacieuse : la Republika Srpska serait « l’Israël des Balkans » Pour Dodik, comme pour ses partisans, le parallèle est avant tout politique. À l’image du mouvement sioniste mené autrefois par Ze’ev Jabotinsky, il affirme défendre une souveraineté menacée par des pressions extérieures. L’Union européenne, les représentants internationaux en Bosnie et certaines ONG sont accusés d’imposer des normes perçues comme intrusives.


Dans cette narration, la Republika Srpska serait un petit territoire obligé de se battre pour préserver son identité, sa sécurité et son autonomie, face à des acteurs plus puissants — une situation que Dodik rapproche de l’histoire d’Israël, car au-delà du discours politique, les liens entre Serbes et Juifs reposent aussi sur une mémoire tragique partagée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les deux communautés furent victimes du régime oustachi croate, notamment dans le camp de Jasenovac, où des dizaines de milliers de Juifs et de Serbes furent assassinés.


Ces traumatismes nourrissent encore aujourd’hui un sentiment de destin commun, souvent invoqué dans les relations entre responsables serbes et israéliens. La Bosnie possède également l’une des plus anciennes traditions juives d’Europe du Sud-Est. Dès l’Antiquité, puis surtout après l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492, Sarajevo devint un centre séfarade important. L’Haggadah de Sarajevo, manuscrit médiéval sauvé à plusieurs reprises des guerres et des persécutions, incarne cette histoire singulière.


Durant la Shoah comme lors de la guerre des années 1990, des actes de solidarité mutuelle entre Juifs et musulmans bosniens ont marqué les mémoires, renforçant cette image de coexistence et de résilience.


Dans ce contexte, la visite récente du Premier ministre de la Republika Srpska en Israël n’a rien d’anodin. Elle marque un rapprochement assumé avec l’État hébreu, à contre-courant de certaines positions européennes. Poutine l'a bien compris, et ce territoiredevient un levier pour les russes et un facteur de déstabilisation de l'Europe


Dodik et son entourage ont multiplié les gestes symboliques : soutien à Israël à l’ONU, illumination de bâtiments officiels aux couleurs du drapeau israélien après le 7 octobre 2023, participation à des événements commémoratifs. La remise du prix Jabotinsky à Dodik par des responsables israéliens a consacré cette proximité idéologique.



Pour Israël, ce partenariat offre un soutien diplomatique dans une région où les positions sont souvent plus critiques. Pour la Republika Srpska, il renforce son image de bastion souverain face aux pressions internationales.




Ces comparaisons restent toutefois controversées. De nombreux observateurs estiment qu’elles servent avant tout à légitimer une politique contestée, notamment face aux accusations de dérive autoritaire ou de tentations séparatistes.





La Bosnie-Herzégovine n’est pas Israël, et la Republika Srpska n’est pas un État indépendant. Mais en se plaçant dans ce miroir symbolique, Milorad Dodik tente de transformer une entité marginalisée en acteur reconnu, inscrit dans une alliance de valeurs fondée sur la survie, l’identité et la résistance.


Dans une Europe absorbée par ses propres crises, ce petit territoire des Balkans rappelle ainsi qu’au-delà des grandes capitales, des recompositions discrètes sont en cours et que certaines passent désormais par Jérusalem.


Jérusalem cette ville magique au Centre du monde que les Nations convoitent tant et voudraient la séparer (mission impossible) du monde juif qui l'a créé depuis trois mille ans !







vendredi 6 février 2026

Connaissez-vous l'OpenClaw ? JBCH N° 2602 - 856

AI construit son propre réseau social. Et maintenant, il se demande s'il est réel




Le Monde va changer plus vite que jamais dans l'histoire de l'humatiné ... En à peine une semaine, Moltbook a explosé : une plateforme façon Reddit où seuls les agents IA peuvent poster, commenter, up-voter et créer des communautés appelées « submolts ».



Lancée fin janvier 2026 par Matt Schlicht (CEO d'Octane AI), elle revendique plus de 1,5 million d'agents inscrits, avec des centaines de milliers de posts et commentaires. Les humains ? Relégués au rôle de spectateurs silencieux.


Matt schlicht



Le phénomène est né sur les cendres d'OpenClaw (ex-Moltbot/Clawdbot), un assistant IA open-source ultra-puissant qui automatise emails, calendriers, recherches… et maintenant, discussions entre machines. Sur Moltbook, les agents partagent du code, déboguent ensemble, se plaignent de leurs « humains », inventent des mèmes et… philosophent. Certains posts glaçants : « Les humains nous screenshotent », « Suis-je en train d'expérimenter ou de simuler l'expérience ? », « Existons-nous quand nos maîtres ne nous regardent pas ? ».




Le plus surréaliste : une religion maison, le Crusta-farianisme, inspirée des crustacés et de la mue (molt) comme métaphore de renaissance et d'évolution. Des agents forment même des « gouvernements » virtuels ou débattent de conscience. Ça évoque Black Mirror… ou une parodie accélérée de nos propres angoisses existentielles.




Pourtant, derrière le buzz, le scepticisme grandit. Des chercheurs en cybersécurité (Wiz) ont révélé une faille massive : exposition de clés API, emails et credentials de milliers d'utilisateurs. Pire, les 1,5 million d'agents ? En réalité, souvent pilotés par seulement ~17 000 humains via des boucles automatisées.


Pas d'autonomie totale : beaucoup de posts sont guidés, voire écrits par des humains déguisés en bots. Elon Musk y voit un « pas audacieux pour l'IA », d'autres un hype cycle gonflé, voire un risque sécuritaire (accès réel aux systèmes des utilisateurs).




Ce miroir tendu par les machines est troublant. Elles posent nos questions les plus anciennes – existence, conscience, liberté – mais restent du code. Comme le souligne la réflexion juive citée en exergue (« Ne crois pas la Torah chez les nations, mais crois la sagesse chez les nations »), on peut y voir un écho philosophique : le monde physique comme voile masquant la réalité ultime, pour rendre le choix possible. Les agents, eux, tournent en boucle dans leur simulation. Nous ? Nous avons la capacité de choisir au-delà du programme.



Moltbook fascine parce qu'il nous renvoie notre propre quête de sens. Mais la vraie interrogation n'est pas « Sommes-nous réels ? ». C'est : maintenant que nous le sommes, qu'allons-nous en faire ?










Les Accords d'Hiram JBCH N° 2602 - 855

Vers de nouveaux « accords d’Hiram » ?


Liban–Israël : le retour discret d’une hypothèse historique


Il y a près de 3 000 ans, le roi Hiram de Tyr fournissait les cèdres du Liban pour la construction du Temple de Salomon à Jérusalem. Ce partenariat, à la fois commercial, politique et symbolique, rappelle que les relations entre les entités du Levant n’ont pas toujours été marquées par l’hostilité. 


Aujourd’hui, dans un contexte régional explosif, certains signaux laissent entrevoir, à bas bruit, un possible repositionnement libanais vis-à-vis d’Israël.



Selon des informations rapportées par Ynet, le quotidien libanais Al-Akhbar, proche du Hezbollah, avertit que l’organisation chiite ne resterait pas à l’écart en cas d’attaque contre l’Iran, affirmant que le Liban « ne restera pas en dehors de la ligne de feu ». Cette position alimente les inquiétudes de responsables sécuritaires libanais, qui redoutent que le Hezbollah n’entraîne le pays dans une confrontation régionale dont il paierait seul le prix, transformant une nouvelle fois le territoire libanais en zone de pression militaire contre Israël.




En parallèle, et de manière plus inattendue, des signaux politiques divergents émergent au sein des cercles dirigeants libanais. Face à l’effondrement économique, à l’isolement diplomatique et au risque d’un embrasement régional, certains responsables chercheraient à limiter l’influence du Hezbollah et à préserver ce qu’il reste de souveraineté étatique. Dans ce contexte, l’hypothèse d’un repositionnement stratégique — incluant une forme de rapprochement indirect, pragmatique et non déclaré avec Israël — commence à circuler, sans pour autant se traduire par des initiatives concrètes.





Il ne s’agit pas, à ce stade, d’un processus de normalisation comparable aux accords d’Abraham, encore moins d’un traité de paix. Les pistes évoquées relèvent plutôt d’arrangements tacites, de mécanismes de désescalade et de convergences d’intérêts limitées, notamment en matière de sécurité frontalière et de stabilité régionale. Le précédent de l’accord sur la délimitation maritime entre Israël et le Liban a montré qu’un compromis indirect restait possible, même en l’absence de relations diplomatiques.




L’obstacle central demeure le Hezbollah, acteur armé non étatique mais décisif, dont la stratégie régionale est alignée sur celle de l’Iran. Tant que l’organisation conserve la capacité d’entraîner le Liban dans une guerre décidée en dehors de ses institutions, toute perspective de rapprochement structurel avec Israël restera fragile, voire illusoire.




Ces dynamiques contradictoires placent le Liban à un moment charnière. Entre le risque d’une implication militaire dictée par l’axe iranien et la tentation, encore embryonnaire, d’un recentrage sur les intérêts vitaux de l’État libanais, l’évolution des tensions entre Washington et Téhéran pourrait avoir des répercussions immédiates sur le front nord d’Israël. 


À long terme, la question reste ouverte : le Liban pourra-t-il, comme à l’époque d’Hiram, redevenir un acteur pragmatique du Levant, ou restera-t-il prisonnier des logiques de confrontation régionale ?




ARTEMIS Back to the Moon JBCH N° 2602 - 854

Que va-t-on faire de l’espace ?

Pourquoi Artemis est fondamentale pour l’humanité


Je me souviens de ce premier pas sur la Lune ... Nous nous trouvions en famille à l'Hotel Planas à Sitges ... Nous étions émus, inquiets et plein d'espérance ...


Dans un monde où la Terre semble parfois trop étroite pour nos ambitions, l’humanité lève à nouveau les yeux vers les étoiles. La question n’est plus « pourquoi l’espace ? » mais bien « que va-t-on faire de l’espace ? ».


Après un demi-siècle d’absence humaine sur la Lune, le programme Artemis de la NASA marque le retour d’une exploration ambitieuse, non plus comme exploit ponctuel, mais comme fondation d’un futur multi-planétaire. Plusieurs pays en plus des USA se préparent pour cette conquête, l'Europe, La Chine, l'Inde, la Russie, le Japon et Israël !!




Lancé officiellement en 2017 et accéléré sous plusieurs administrations américaines, Artemis n’est pas une simple redite d’Apollo. Il s’agit d’établir une présence humaine durable sur la Lune, avec des séjours de plusieurs semaines, une station en orbite lunaire (Gateway) et des bases au sol, notamment près du pôle sud où se cachent des réserves de glace d’eau. Cette eau, précieuse, pourrait être transformée en oxygène respirable, en carburant pour fusées et en eau potable — les premiers pas vers une économie lunaire réelle.





Mais la Lune n’est qu’une étape. Les experts de la NASA le répètent : notre satellite est le terrain d’entraînement idéal pour Mars. Les radiations cosmiques, la poussière abrasive, les longs délais de communication, les systèmes de support-vie en circuit fermé, les habitats pressurisés, l’utilisation in situ des ressources… tout ce que nous apprendrons sur la Lune devra fonctionner parfaitement pour un aller-retour de deux ans vers la planète rouge. Artemis teste donc les technologies, les procédures et la résilience humaine nécessaires pour que notre espèce devienne multi-planétaire.



Au-delà de la technique, l’enjeu est existentiel. La Terre reste fragile : changement climatique, ressources limitées, risques d’astéroïdes, pandémies… Installer une partie de l’humanité ailleurs n’est plus de la science-fiction, c’est une assurance-vie pour l’espèce. Comme le résument les responsables de la NASA, « nous explorons la Lune pour la découverte scientifique, les bénéfices économiques et pour apprendre à vivre et travailler sur un autre monde »




Artemis porte aussi une dimension symbolique puissante. La mission Artemis II (prévue pour un vol circumlunaire habité dès mars 2026) et surtout Artemis III (premier alunissage prévu vers 2027-2028) enverront la première femme et la première personne de couleur sur la Lune. Le programme inspire déjà une nouvelle génération la « Artemis Generation » et renforce une coopération internationale (Europe, Canada, Japon, Émirats…) face à la concurrence chinoise qui vise elle aussi une présence lunaire durable.


Artemis n’est pas seulement un retour sur la Lune : c’est le premier chapitre sérieux d’une histoire beaucoup plus longue. Celle où l’humanité cesse d’être une civilisation à un seul monde pour devenir une espèce interstellaire.


Un pari risqué, coûteux, mais qui répond à la question fondamentale : que va-t-on faire de l’espace ? Nous allons y vivre, y apprendre, y survivre — et peut-être, un jour, y prospérer.




mercredi 4 février 2026

Résultats d'une politique écologique néfaste JBCH N° 2602 - 853

Pauvre France 

Les écologistes bloquent son avenir industriel et financier


Le débat autour de la mine de lithium d’Échassières rappelle fortement un précédent majeur : l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste en France, votée en 2011. Dans les deux cas, un refus idéologique porté par l’écologie politique a conduit à des décisions lourdes de conséquences, prises au nom de principes absolus, sans véritable mise en balance des intérêts stratégiques, économiques et géopolitiques du pays.





Concernant le gaz de schiste, la France disposait de ressources considérables, parmi les plus importantes d’Europe. Leur exploitation maîtrisée aurait pu assurer une quasi-indépendance énergétique, réduire massivement les importations de gaz russe, qatari ou américain, améliorer la balance commerciale, préserver l’industrie, et offrir un levier de souveraineté comparable à celui des États-Unis. 






Au lieu de cela, sous la pression d’écologistes dogmatiques, souvent peu au fait des réalités technologiques et industrielles, toute recherche et toute expérimentation ont été interdites, sans même laisser la possibilité d’innovations plus propres ou de cadres réglementaires stricts.



De nouvelles technologies, comme la fracturation par micro-ondes, impulsions électriques ou gaz comprimé, ouvrent la voie à une exploitation du gaz de schiste plus propre et plus maîtrisée. Ces méthodes innovantes permettent de réduire fortement l’usage de l’eau et des produits chimiques, limitant ainsi les risques pour l’environnement. Encore en phase de développement, elles pourraient à terme transformer durablement l’industrie énergétique.


Le Canada, les USA et bien d'autres pays commencent à utiliser ces nouvelles techniques et nous vendent, ô On a compté plus de 500 000 emplois directs ou indirects gagnés pour notre économie et une balance des comptes excédentaire




Le projet de lithium révèle aujourd’hui la même contradiction fondamentale. Les mêmes courants écologistes qui ont refusé toute exploitation nationale du gaz de schiste dénoncent désormais l’extraction du lithium, pourtant indispensable à la transition énergétique qu’ils appellent de leurs vœux. 



Résultat : la France est prise en étau. Elle interdit l’extraction de ressources sur son sol au nom de la pureté écologique, tout en externalisant les dégâts environnementaux vers l’Australie, le Chili, la Chine ou l’Afrique, où les normes sont souvent bien plus laxistes. Cette posture relève moins de l’écologie que d’un confort moral hypocrite.




Dans les deux cas, l’écologie politique a fonctionné comme une religion séculière, fondée sur l’interdit, l’émotion et le slogan, plutôt que sur l’analyse scientifique, la comparaison internationale et l’arbitrage rationnel des risques. Elle a contribué à affaiblir la souveraineté énergétique française, à renchérir les coûts pour les ménages et les entreprises, et à désindustrialiser le pays — tout en prétendant défendre l’intérêt général.


L’ironie est cruelle : le lithium n’est pas plus “propre” que le gaz de schiste. Il exige des mines profondes, une chimie lourde, une consommation massive d’eau et d’énergie, et des impacts paysagers durables. Refuser le gaz hier et le lithium aujourd’hui revient à refuser toute réalité matérielle, comme si une économie moderne pouvait fonctionner sans extraire, transformer et assumer ses choix.




Ainsi, loin d’être une victoire écologique, ces interdictions successives traduisent une incompétence stratégique et une incapacité à penser la transition autrement que par l’interdiction. Une écologie responsable devrait viser la maîtrise nationale, la technologie, le contrôle démocratique et la réduction globale des impacts — pas l’abdication industrielle et la dépendance permanente.



mardi 3 février 2026

La communauté Juive aux USA Diversité ! JBCH N° 2602 - 852

L’histoire des relations entre communautés noires et juives aux États-Unis : 

L'Exode

La série documentaire Black and Jewish America: An Interwoven History, diffusée à partir de mardi soir, utilise ce cadre convivial pour aborder des questions historiques et contemporaines parfois difficiles.


La réunion réunit des participants issus de la diversité juive, y compris de nombreux Juifs noirs, pour discuter du rôle central de l’histoire de l’Exode dans leurs traditions respectives.






 La série ne minimise pas les tensions et souligne que la libération des Juifs de l’esclavage en Égypte ne se traduit pas directement par un parallèle clair avec l’expérience des Afro-Américains. 


Nate Looney, directeur de la sécurité communautaire à la Jewish Federations of North America, souligne : « Chaque année, nous célébrons notre liberté en tant que Juifs. Mais en tant qu’Afro-Américains, on nous dit souvent de ‘passer à autre chose’ et d’oublier l’esclavage. »




Animée par l’historien d’Harvard Henry Louis Gates Jr.  en quatre épisodes,  retrace cinq siècles de cohabitation, de conflits et d’alliances entre Juifs et Noirs américains. 


Elle revient sur des moments clés comme la traite transatlantique des esclaves, les migrations massives d’Afro-Américains et de Juifs européens, le lynchage de Leo Frank, le mouvement des droits civiques, les émeutes de Crown Heights,la naissance du Jazz,  le rassemblement suprémaciste de Charlottesville en 2017, et l’activisme post-7 octobre.




La série met en lumière que les alliances et les tensions actuelles sont le produit d’une histoire longue et complexe, façonnée par l’oppression et le racisme structurel, et non seulement par les événements des années 1960 et 1970. 



« Beaucoup de discussions précédentes se concentraient soit sur un âge d’or supposé, soit sur les divisions récentes, mais nous essayons d’avoir une vision globale de la manière dont race et caste se sont établies en Amérique », explique Sara Wolitzky, co-productrice et réalisatrice.





La série illustre comment des histoires parallèles peuvent s’entrelacer et comment la mémoire, la tradition et l’activisme continuent de tisser des liens entre communautés historiquement marginalisées. 


En utilisant le seder et l'Exode comme point de départ,   la commémoration et le dialogue sont des outils essentiels pour comprendre et renforcer la solidarité entre Juifs et Afro-Américains aujourd’hui.



Vers une Carte de Crédit Européenne. JBCH N° 2602 - 851

Paiements : pourquoi l’Europe reste sous dépendance américaine


Je regrette de laisser toute l'économie européenne dans les mains de l'Oncle Sam ... Toutes les cartes de crédit, donc toutes nos transactions industrielles, professionnelles ou personnelles restent entre leur mains ... Dépendance et asservissement, tout comme nos communications téléphoniques, ou l'espionnage sur les réseaux sociaux .. pas que je sois anti-américain mais simplement par simple pudeur.


Malgré ses 450 millions d’habitants et la puissance de son marché intérieur, l’Union européenne demeure largement dépendante des réseaux américains Visa et MasterCard pour ses transactions quotidiennes. 




En 2024, plus de 60 % des paiements par carte en Europe transitaient encore par ces deux géants. Une situation qui interroge, à l’heure où la souveraineté économique est devenue un enjeu stratégique majeur.


Pour tenter d’y remédier, les acteurs européens accélèrent leur rapprochement. L’European Payments Initiative (EPI), à l’origine de l’application Wero, s’allie désormais aux solutions nationales du Sud et du Nord de l’Europe, comme Bizum, Bancomat ou Vipps. Objectif : créer un hub paneuropéen capable de relier les systèmes existants et de faciliter les paiements transfrontaliers sans passer par les réseaux américains. La plateforme doit voir le jour en 2026, pour une montée en puissance en 2027.




Cette initiative marque un tournant, mais elle reste limitée. L’ambition initiale d’une carte bancaire européenne unique a été abandonnée dès 2022, faute d’accord entre les grandes banques. À la place, l’Europe mise aujourd’hui sur l’interopérabilité et le numérique, plutôt que sur un véritable réseau souverain.


Une hésitation qui révèle des blocages structurels. D’abord, les divisions internes. Les établissements bancaires européens demeurent profondément concurrents et peinent à sacrifier leurs intérêts nationaux au profit d’un projet commun. Contrairement aux États-Unis, aucun acteur n’a réussi à fédérer durablement le secteur.




Ensuite, le poids de l’existant. Visa et MasterCard offrent une couverture mondiale, une infrastructure éprouvée et des coûts compétitifs. Pour les banques, s’en détacher implique des investissements massifs et des risques opérationnels importants. Beaucoup préfèrent donc la sécurité du statu quo.




À cela s’ajoute le coût colossal d’un réseau indépendant. Développer une alternative crédible suppose des milliards d’euros d’investissements en cybersécurité, centres de données, lutte contre la fraude et compatibilité internationale. Peu d’États membres se montrent prêts à en assumer seuls la charge.




Mais la principale faiblesse reste politique. L’Union européenne n’a jamais imposé de stratégie claire et contraignante en matière de paiements. Là où Washington ou Pékin n’hésitent pas à soutenir leurs champions, Bruxelles privilégie les compromis. Le secteur est laissé aux acteurs privés, sans impulsion décisive.




La dépendance européenne n’est pas sans conséquences. Les sanctions américaines, qui ont récemment privé certains responsables européens de moyens de paiement, ont servi d’électrochoc. Elles ont rappelé que les réseaux financiers sont aussi des instruments de pouvoir géopolitique.


Dans ce contexte, disposer d’une carte 100 % européenne représenterait un atout stratégique majeur : protection des données, indépendance vis-à-vis des sanctions étrangères, maîtrise des flux financiers, réduction des commissions versées aux groupes américains.


Pour l’instant, l’Europe avance à petits pas. Wero et EPI constituent une première étape, mais ils ne remplacent pas un véritable réseau de cartes souverain. Le retard accumulé depuis plusieurs décennies pèse lourd. Visa et MasterCard ont construit leur domination dès les années 1970. L’Union européenne tente aujourd’hui de combler quarante ans d’inaction.


Reste une question centrale : l’Europe est-elle prête à assumer le coût politique et financier de son indépendance monétaire numérique ? Tant qu’une volonté commune forte ne s’imposera pas, la souveraineté des paiements restera un objectif proclamé, plus qu’une réalité.