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mardi 20 janvier 2026

Shtisel et la Loi ... Droits et Devoirs ... JBCH N° 2601 - 805

La tragédie survenue le 19 janvier 2026 dans une crèche illégale du quartier ultra-orthodoxe (haredi) de Romema, à Jérusalem, est un drame humain déchirant et surtout prévisible. Il n'est plus possible a 12% de la population d'être en permanence hors-la-Loi  ... On ne peut demander des droits sans accomplir ses devoirs en échange ... 


Deux nourrissons – une fillette de trois mois, Lia Tzipora Golovnetsitz, et un bébé de six mois, Aharon Katz – ont perdu la vie, tandis que plus de 50 autres enfants (entre 53 et 55 selon les sources) ont été hospitalisés, la plupart pour des symptômes respiratoires, de déshydratation ou de coup de chaleur. 



Les enquêtes médico-légales à l’institut Abu Kabir pointent vers une surchauffe extrême dans un espace confiné et surpeuplé, probablement due à un chauffage défectueux ou mal réglé, aggravée par le manque d’aération et la densité inhumaine d’enfants entassés, Les bébés dorment souvent sous les toilettes !


Ce n’était pas un accident isolé, mais le résultat d’années de négligence systémique, d’absence de contrôle et d’une tolérance politique envers des structures parallèles qui opèrent en dehors des lois israéliennes. Cette crèche fonctionnait illégalement depuis des décennies dans des appartements résidentiels, sans licence du ministère de l’Éducation, sans normes de sécurité, d’hygiène ou de ratio d’encadrement. Des images et témoignages postérieurs ont révélé des conditions effroyables : bébés dormant dans des placards, des couloirs, près des toilettes, entassés les uns sur les autres, loin de toute réglementation minimale.




Ce n’est pas un « accident tragique », mais le fruit d’une érosion prolongée de la gouvernance, d’un manque de supervision et d’une responsabilité fuyante. Le Contrôleur d’État Matanyahu Englman avait alerté à plusieurs reprises (notamment en 2022) sur les failles graves dans la surveillance des crèches privées et familiales, surtout dans les secteurs haredim, avec des contrôles sous-financés et une application sporadique de la loi. Les gouvernements successifs, souvent dépendants des partis haredim pour leur survie politique, ont fermé les yeux sur ces « zones grises » par calcul électoral ou par peur de conflits.







Certains responsables haredim (comme Arye Deri de Shas) ont exprimé leur tristesse tout en pointant du doigt les coupes récentes dans les subventions aux crèches pour les familles où les hommes évitent le service militaire. D’autres voix, y compris dans la communauté haredie elle-même, ont rejeté ce transfert de responsabilité : cette structure illégale existait bien avant ces mesures, connue de tous, et les leaders communautaires n’ont rien fait pour la fermer ou la régulariser.




Ce « monde parallèle » que vous évoquez existe bel et bien. Il ne s’agit pas de criminaliser la pratique religieuse en soi – Israël accorde de larges accommodations aux haredim (écoles séparées, exemptions militaires historiques, etc.). Mais quand le refus de toute supervision étatique, de normes de sécurité basiques ou d’enseignement minimal (maths, biologie, etc.) devient la norme, et quand on défend l’opération de structures dangereuses comme un droit culturel ou religieux, cela franchit la ligne. Faire fonctionner une crèche sans licence, surpeuplée et sans normes d’hygiène/sécurité, est un crime en droit israélien – négligence criminelle quand des vies sont en jeu.







Cela heurte profondément de nombreux Israéliens, y compris dans la communauté haredie qui souffre de ces dysfonctionnements. Cela rappelle d’autres catastrophes évitables (Merom Hagolan, incidents passés) où les alertes ont été ignorées pour des raisons communautaires ou politiques. Le deuil est nécessaire, mais sans reddition de comptes réelle, il reste vide. La solution passe par :

•  Une application uniforme de la loi : fermeture systématique des structures illégales.

•  Développement d’options de crèches haredim conformes, subventionnées et supervisées.

•  Fin du chantage politique qui paralyse l’État face à ces zones de non-droit.


Protéger les enfants n’est pas une question de gauche ou de droite, ni de laïcité contre religion : c’est l’obligation la plus élémentaire d’un État. 


Si on continue à tolérer ce « monde parallèle » où la loi israélienne est optionnelle, d’autres drames suivront. Le prix se paie en vies innocentes.




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