Rechercher dans ce blog

mardi 21 avril 2026

Yom Ha'atztmaout JBCH N° 2604 - 1028

 Yom Ha'atzmaut, ou « Jour de l'Indépendance » en hébreu, est la fête nationale d'Israël, célébrée chaque année le 5 du mois d'Iyar dans le calendrier hébraïque (généralement en avril ou mai dans le calendrier grégorien).




Il commémore la proclamation d'indépendance de l'État d'Israël le 14 mai 1948 par David Ben Gourion, au terme du mandat britannique sur la Palestine. Cette déclaration historique, lue à Tel Aviv, marquait la fin de deux mille ans d'exil et de dispersion pour le peuple juif, et la renaissance d'une souveraineté nationale sur sa terre ancestrale.




Pour un Juif, particulièrement en Israël ou dans la diaspora, Yom Ha'atzmaut représente bien plus qu'une date anniversaire. C'est un symbole de résilience et de miracle historique. Après la Shoah, qui avait décimé un tiers du peuple juif, l'indépendance offrait un refuge concret et une affirmation d'identité. Beaucoup y voient l'accomplissement de prophéties bibliques – le retour à Sion – ou simplement la victoire d'un mouvement sioniste né au XIXe siècle face à l'antisémitisme européen. La journée est précédée par Yom Hazikaron, le Jour du Souvenir des soldats tombés et des v




ictimes du terrorisme : le passage du deuil à la joie souligne que l'indépendance s'est conquise et se maintient au prix du sang. En Israël, on fête avec des barbecues, des feux d'artifice, des défilés et des prières d'action de grâce dans les synagogues (pour les religieux). Dans le monde, les communautés juives organisent des événements culturels, soulignant fierté et unité malgré les divergences internes – certains ultra-orthodoxes contestent encore le sionisme laïc. C'est un moment de réflexion sur l'identité juive moderne : un peuple qui, après des siècles de vulnérabilité, assume sa propre défense.




Pour l'ensemble des nations, Yom Ha'atzmaut incarne un événement géopolitique majeur du XXe siècle : la création d'un État démocratique au Moyen-Orient, reconnu immédiatement par les États-Unis et l'Union soviétique, mais rejeté par les pays arabes voisins, déclenchant la guerre d'indépendance de 1948. Il symbolise pour les uns le droit à l'autodétermination d'un peuple persécuté, un succès de la décolonisation post-Seconde Guerre mondiale et un allié stratégique en matière d'innovation (technologie, médecine, agriculture). Pour d'autres, il reste une source de tension : les Palestiniens le vivent comme la « Nakba » (catastrophe), marquant le déplacement de centaines de milliers de personnes lors des combats. Sur la scène internationale, Israël incarne à la fois un modèle de résilience démocratique et un foyer de controverses liées au conflit avec les Palestiniens, aux colonies ou à la politique régionale.



Pourquoi, dans certains milieux – extrême gauche, extrême droite, islamistes radicaux ou cercles universitaires – Israël et les Juifs sont-ils tant haïs ? La question touche à des strates profondes. L'antisémitisme, haine millénaire des Juifs accusés tour à tour de déicide, d'usure, de complot mondial ou de « race inférieure », n'a pas disparu avec la Shoah. Il s'est souvent recyclé en antisionisme : la délégitimation de l'État juif, perçu comme « colonialiste », « raciste » ou « génocidaire », alors que des critiques légitimes de politiques gouvernementales (comme toute démocratie) restent possibles et nécessaires. Cette haine puise dans des tropes anciens le « lobby juif » tout-puissant, le double standard appliqué uniquement à Israël et dans des propagandes modernes : soviétique d'abord (diabolisant le sionisme comme impérialiste), puis arabe et islamiste (niant tout lien historique juif avec la terre).



La convergence des extrêmes est frappante : l'extrême droite y voit un « ennemi cosmopolite », l'extrême gauche un « oppresseur impérialiste », tandis que certains milieux musulmans radicaux y projettent un rejet théologique ou identitaire. Le conflit israélo-palestinien sert souvent de catalyseur ou de prétexte : il permet de condenser frustrations géopolitiques, anticapitalisme ou sentiment anti-occidental sur une cible unique. Pourtant, cette obsession disproportionnée – Israël, minuscule pays, concentre plus de résolutions onusiennes que tous les autres États réunis – révèle souvent un refus du droit des Juifs, seuls parmi les peuples, à l'autodétermination nationale.


En somme, Yom Ha'atzmaut célèbre une renaissance improbable dans un monde hostile. Il rappelle que, pour les Juifs, l'indépendance n'est pas un luxe mais une nécessité vitale après des siècles de pogroms et de génocide.


Pour les nations, il pose la question éternelle de l'acceptation de la différence et du droit à exister. La haine persistante, mélange d'ignorance, de propagande et de vieux démons, souligne hélas que l'antisémitisme reste « la haine la plus ancienne et la plus adaptable ». Face à elle, la fête de l'indépendance reste un acte de défiance joyeux : celui d'un peuple qui refuse de disparaître.





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire