COHEN-HADRIA ... COHEN-TANUDJI
La famille Cohen-Tanudji, issue des Cohen de Tanger, représente un exemple frappant de continuité et d’adaptation au fil des siècles, tout en préservant un riche héritage spirituel et intellectuel. Fuyant l’occupation portugaise et l’Inquisition au début du XVe siècle, ils ont quitté Tanger vers 1415 et se sont réfugiés en Algérie, avant de trouver une nouvelle terre d’accueil en Tunisie. Cette migration forcée, conséquence de la répression religieuse et politique, n’a pas seulement marqué un déplacement géographique, mais a également forge un esprit résilient et une tradition de transmission de la sagesse à travers les générations.
En Tunisie, Ishmael Ha‑Kohen Tanudji, figure centrale de cette lignée, a exercé les fonctions de grand rabbin d’abord à Sousse, puis à Tunis, où il a laissé une empreinte indélébile dans le domaine religieux et spirituel. Il s'est rendu en Egypte, et a été nommé Grand Rabbin. son ouvrage majeur, le “Sepher Haziccarone”, sous-titré “Hadria”, où le terme “Hadria” symbolise la lumière divine. Cette lumière est un concept central dans la Kabbale, représentant la connaissance profonde du divin, une lumière qui éclaire l’âme et les esprits des chercheurs de vérité.
Le choix de faire imprimer un “Sepher Haziccarone” à Ferrare (Italie)en 1555 n’est pas anodin. À cette époque, Ferrare était un centre culturel important, notamment pour les Juifs, qui avaient trouvé refuge dans cette ville après les persécutions. L’impression de l’ouvrage à Ferrare illustre le lien entre la diaspora juive et les grands centres de savoir. Cela marque également une époque où les livres et les idées circulaient malgré les frontières, et où la sagesse kabbalistique se diffusait au-delà des terres d’Israël.
Au-delà de l’œuvre spirituelle, la lignée des Cohen-Tanudji a également été marquée par une forte composante intellectuelle et scientifique. Le nom de Claude Cohen-Tanudji, prix Nobel de physique, en est la preuve la plus éclatante. Claude Cohen-Tanudji, descendant direct de Ishmael Cohen-Tanudji, incarne la transmission de l’esprit de recherche et de quête de vérité, qu’elle soit spirituelle ou scientifique. Son prix Nobel, remporté dans le domaine de la physique, montre que les valeurs d’excellence, d’engagement intellectuel et de recherche de compréhension universelle sont profondément ancrées dans la famille.
Cet ouvrage rassemble des décisions halakhiques tirées des premiers maîtres rabbiniques, organisées selon l’ordre des traités du Talmud ; c’est un guide succinct couvrant divers sujets de loi juive
Les Cohen-Tanudji ont toujours cherché à comprendre et à expliquer le monde, que ce soit à travers l’étude mystique de la Kabbale ou la recherche scientifique dans le domaine de la physique. Ils ont démontré qu’il n’y a pas de véritable contradiction entre la recherche de la lumière divine et la quête de la vérité scientifique. En effet, les ancêtres de Claude Cohen-Tanudji, à travers leur engagement dans l’étude de la Kabbale, ont toujours cherché à comprendre l’ordre divin, à percevoir cette lumière cachée qui régit l’univers, une quête qui trouve des résonances dans les découvertes modernes de la science.
L’histoire des Cohen-Tanudji, depuis leur fuite de Tanger jusqu’aux réalisations contemporaines, symbolise l’importance de l’héritage spirituel et intellectuel dans la construction d’une identité. Les valeurs d’excellence, de transmission du savoir et de recherche de la vérité ont guidé leur trajectoire à travers les siècles et les continents. Aujourd’hui, cet héritage continue de marquer l’âme et la pensée juives, tout en restant profondément ancré dans l’évolution des savoirs.
L’impact de cette lignée sur les domaines spirituel et scientifique, de la Kabbale à la physique moderne, témoigne de la continuité d’une recherche ininterrompue de sens et de vérité. Les Cohen-Tanudji montrent que les grandes traditions intellectuelles, qu’elles soient mystiques ou scientifiques, sont toutes liées par la même quête profonde du savoir et de la lumière.
En effet, il est essentiel de ne pas omettre le lien avec le Hadria de Cohen-Hadria, un élément fondamental de l’héritage intellectuel et spirituel de la famille Cohen-Tanudji. J-B Cohen-Hadria, un descendant direct de cette lignée, a non seulement porté ce nom en hommage à ses ancêtres, mais il a aussi prolongé leur quête de vérité à travers des travaux contemporains, qui continuent de refléter l’esprit de recherche et de lumière divines propres à la famille.
Le terme Hadria, qui signifie en hébreu “splendeur de Dieu” (ou Hadar Hachem), résonne particulièrement à travers l’œuvre de Yehudah ben Abraham Cohen-Hadria, et représente un prolongement de la tradition spirituelle et mystique qui a traversé les âges. Ce concept de lumière divine est au cœur de l’ouvrage de Yehudah ben Abraham Cohen-Tanudji, un “Sepher Haziccarone”, où le Hadria est un symbole de la lumière qui éclaire le chemin spirituel et intellectuel.
Ishmael Cohen-Tanudji, s’inscrit dans cette démarche de transmission et d’élévation spirituelle, qu’il s’agisse des recherches mystiques ou des approches modernes. Ce nom, Hadria, porte l’empreinte d’une famille qui, à travers ses différentes époques, a cherché à illuminer l’esprit humain, à travers la Kabbale et les sciences modernes, dans une quête de sens et de connaissance.
Son descendant, Joshua Cohen-Tanudji, fut un caïd notable et mécène, qui organisa l’envoi d’une imprimerie juive depuis Livourne et promut l’étude du Talmud . Son fils Shalom Cohen‑Tanudji devint également rabbin et commentateur talmudique influent Dans cette lignée, Cohen-Hadria ne se contente pas seulement d’être le porteur d’un héritage ancien, mais il continue de diffuser la lumière du savoir à travers ses propres recherches et contributions contemporaines. Le Hadria, qu’il porte, continue d’éclairer les chemins de ceux qui cherchent à comprendre le monde tant sur le plan spirituel que scientifique.
Né en 1750, Yehuda ben Abraham Cohen-Tanudji/Hadria , nommé Grand rabbin de Sousse puis de Tunis, se rend en 1812 à Safed, l’un des berceaux de la mystique juive, où il étudia avec dévotion la Kabbale lourianique, renforce l’idée d’une quête permanente de lumière et de vérité. Ses enseignements sont rassemblés dans Œuvres Principales : Ereẓ Yehudah (Terre de Juda) 1797, Livourne commentaires bibliques et talmudiques, ainsi que des enseignements éthiques et communautaires. insiste sur l'accessibilité de l'étude à tous et sur l'obligation morale d'enseigner.
Admat Yehudah (Sol de Juda) 1828, imprimé à Livourne sont des réflexions halakhiques (loi juive), préoccupations communautaires, histoire juive tunisienne et méditerranéenne, le but est de préserver la mémoire des traditions nord-africaines face à l’exil.Yehudah Cohen-Tanudji était considéré comme un « masséh » (homme juste), figure de continuité entre la mémoire du judaïsme nord-africain et l’idéal sioniste spirituel déjà en germe au XIX° siècle. Sa descendance spirituelle a contribué à l'émergence du patronyme Cohen-Hadria, porté par plusieurs figures influentes au XX° siècle.
Migrant en Terre Promise vers 1812, il s’établit à Safed,(Tzfat) haut lieu de l’étude mystique juive. Il a joué un rôle dans le renforcement du lien spirituel entre les communautés séfarades du Maghreb et la Terre d’Israël.Les Cohen-Tanudji ont toujours cherché à comprendre et à expliquer le monde, que ce soit à travers l’étude mystique de la Kabbale ou la recherche scientifique dans le domaine de la physique. Ils ont démontré qu’il n’y a pas de véritable contradiction entre la recherche de la lumière divine et la quête de la vérité scientifique. En effet, les ancêtres de Claude Cohen-Tanudji,Prix Nobel de Physique, ont à travers leur engagement dans l’étude de la Kabbale,toujours cherché à comprendre l’ordre divin, à percevoir cette lumière cachée qui régit l’univers, une quête qui trouve des résonances dans les découvertes modernes de la science.
La présence de Yehudah ben Abraham Cohen-Tanudji, dit aussi Cohen-Hadria, à Safed (Tzfat) en Galilée constitue l’ultime et peut-être la plus spirituellement marquante étape de sa vie. Ce séjour,s’inscrit dans le cadre de la grande effervescence mystique qui animait alors la ville sainte.
Safed, haut lieu de la mystique juive. À cette époque, Safed est devenue un centre majeur de la Kabbale grâce à la présence de figures telles que : • Rabbi Moché Cordovero (Ramak) • Rabbi Isaac Louria (Ari haKadosh) • Rabbi Haïm Vital C’est dans ce creuset spirituel que Yehudah ben Abraham s’établit pour étudier la Kabbale lourianique, doctrine mystique complexe qui conçoit la création comme un processus de contraction divine (tsimtsoum) et de réparation du monde (tiqqoun).
Son œuvre : une lumière révélée. À Safed, Cohen-Tanudji approfondit sa vision mystique et donne forme à son œuvre maîtresse :le Sepher Haziccarone – Hadria • Le titre évoque à la fois la mémoire (ziccarone) et la lumière divine (Hadria, d’« Hadar Hashem » – splendeur de Dieu). • Il y consigne ses méditations, enseignements et interprétations kabbalistiques. • L’ouvrage est à la fois un testament spirituel et une tentative de transmission de la lumière perçue dans les profondeurs du texte sacré. Ce livre, imprimé plus tard à Ferrare, en Italie, témoigne de la volonté de Cohen-Tanudji de faire rayonner la sagesse de Safed bien au-delà des montagnes de Galilée.
Sa spiritualité à Safed. Ce séjour est marqué par : • Une ascèse mystique intense, dans l’esprit des cabalistes de Tsfat qui pratiquaient jeûnes, veilles et prières prolongées. • Un lien profond avec la Terre d’Israël, en particulier avec le mystère de la Shekhina (présence divine) que les cabalistes cherchaient à « relever » dans la Galilée. • Une vision réparatrice du monde, inscrite dans l’horizon du tiqqoun olam, caractéristique de la pensée lourianique.Il décède en 1835.
Yehudah ben Abraham Cohen-Hadria ne fut pas seulement un disciple de la Kabbale de Safed, mais un passeur. À travers lui, une partie de cette lumière s’est transmise à l’Afrique du Nord, puis à travers les siècles jusqu’aux descendants modernes. Son passage à Safed symbolise le couronnement mystique d’une vie de rabbin, de juge, de maître et d’érudit, dans la quête de la lumière divine et de l’unité cachée du monde.
Joseph Cohen‑Tanugi Ḥadria émerge comme un rabbin moderniste, conscient des enjeux de la tradition hébraïque face aux transformations coloniales et culturelles  .
Ses écrits : essai historique & poésie biblique : Essai historique (Tolédot ḥakhamé Tunis / essai historique), Il rédige un essai en hébreu (titre possible d’après mémoire Tolédot ḥakhamé Tunis), dans lequel il retrace l’histoire des sages rabbiniques tunisiens, en privilégiant une approche documentée et moderniste, s’appuyant sur des archives et témoignages oraux  Un Recueil de poésie biblique (Shirat Myriam, 1924) C'est un recueil de chants inspirés de figures bibliques (notamment Miryam) se distingue par une tonalité poétique nouvelle, mêlant hébreu traditionnel et sensibilité moderne, explorée dans une maîtrise stylistique rare à son époque dans la tradition tunisienne hébraïque  .
Contrairement à ses prédécesseurs, Joseph Cohen‑Tanugi Ḥadria adopte une démarche historique et rigoureusement documentée, intégrant l’héritage talmudique tout en ouvrant à une réflexion historico-culturelle sur la communauté juive tunisienne du Protectorat , Sa poésie biblique montre une sensibilité littéraire nouvelle : réécriture des thèmes bibliques dans une forme expressive qui dialogue avec la modernité tout en restant ancrée dans le sacré.
L’approche de Cohen‑Tanugi s’inscrit dans un renouveau intellectuel tunisien : aux côtés de rabbins comme Semah Sarfati, Nathan Borgel, Isaac Lumbroso, etc., il fait partie du courant talmudique moderniste favorisé par l’imprimé italo-tunisien et l’accès aux idées européennes via Livourne ., son positionnement moderne n’est donc pas isolé : il reflète une génération de lettrés juifs tunisiens cherchant à conjuguer tradition hébraïque, culture française, et réflexion historique, marquant une transition vers des formes renouvelées d’érudition juive locale 
Le nom « Cohen‑Hadria » apparaît dans les générations suivantes à partir de sa mort, en référence à son titre honorifique et à sa descendance, initiant une lignée rabbinique influente en Tunisie Ses fils — Abraham, Moshe, Haïm — poursuivirent son œuvre rabbinique, notamment à Tunis et en Terre Sainte .
Le mot Hadria, comme la lumière divine qu’il évoque, transcende les siècles et continue d’illuminer les travaux des descendants de cette lignée exceptionnelle. Aujourd’hui, il représente un pont entre l’ancien et le moderne, entre la mystique et la science, et symbolise un engagement constant dans la quête du savoir et de la vérité.
Le Hadria de Cohen-Hadria ne fait donc pas que refléter un héritage spirituel ; il représente également la perpétuation de cette tradition de recherche, d’excellence et de transmission d’un savoir universel, tel qu’incarné par les ancêtres de cette lignée. Ce nom, cette lumière, continue de briller à travers les générations, et ses rayons éclairent toujours les pensées et les actions de ceux qui y sont associés.
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