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jeudi 24 juillet 2025

De Jerusalem en Espagne, d'Espagne à Tanger, de Tanger à Tunis .... Les Cohen-Hadria / Cohen-Tanudji


COHEN-HADRIA ... COHEN-TANUDJI

La famille Cohen-Tanudji, issue des Cohen de Tanger, représente un exemple frappant de continuité et d’adaptation au fil des siècles, tout en préservant un riche héritage spirituel et intellectuel. Fuyant l’occupation portugaise et l’Inquisition au début du XVe siècle, ils ont quitté Tanger vers 1415 et se sont réfugiés en Algérie, avant de trouver une nouvelle terre d’accueil en Tunisie. Cette migration forcée, conséquence de la répression religieuse et politique, n’a pas seulement marqué un déplacement géographique, mais a également forge un esprit résilient et une tradition de transmission de la sagesse à travers les générations.

En Tunisie, Ishmael Ha‑Kohen Tanudji, figure centrale de cette lignée, a exercé les fonctions de grand rabbin d’abord à Sousse, puis à Tunis, où il a laissé une empreinte indélébile dans le domaine religieux et spirituel. Il s'est rendu en Egypte, et a été nommé Grand Rabbin. son ouvrage majeur, le “Sepher Haziccarone”, sous-titré “Hadria”, où le terme “Hadria” symbolise la lumière divine. Cette lumière est un concept central dans la Kabbale, représentant la connaissance profonde du divin, une lumière qui éclaire l’âme et les esprits des chercheurs de vérité.

Le choix de faire imprimer un “Sepher Haziccarone” à Ferrare (Italie)en 1555 n’est pas anodin. À cette époque, Ferrare était un centre culturel important, notamment pour les Juifs, qui avaient trouvé refuge dans cette ville après les persécutions. L’impression de l’ouvrage à Ferrare illustre le lien entre la diaspora juive et les grands centres de savoir. Cela marque également une époque où les livres et les idées circulaient malgré les frontières, et où la sagesse kabbalistique se diffusait au-delà des terres d’Israël.

Au-delà de l’œuvre spirituelle, la lignée des Cohen-Tanudji a également été marquée par une forte composante intellectuelle et scientifique. Le nom de Claude Cohen-Tanudji, prix Nobel de physique, en est la preuve la plus éclatante. Claude Cohen-Tanudji, descendant direct de Ishmael Cohen-Tanudji, incarne la transmission de l’esprit de recherche et de quête de vérité, qu’elle soit spirituelle ou scientifique. Son prix Nobel, remporté dans le domaine de la physique, montre que les valeurs d’excellence, d’engagement intellectuel et de recherche de compréhension universelle sont profondément ancrées dans la famille.

Cet ouvrage rassemble des décisions halakhiques tirées des premiers maîtres rabbiniques, organisées selon l’ordre des traités du Talmud ; c’est un guide succinct couvrant divers sujets de loi juive 

Les Cohen-Tanudji ont toujours cherché à comprendre et à expliquer le monde, que ce soit à travers l’étude mystique de la Kabbale ou la recherche scientifique dans le domaine de la physique. Ils ont démontré qu’il n’y a pas de véritable contradiction entre la recherche de la lumière divine et la quête de la vérité scientifique. En effet, les ancêtres de Claude Cohen-Tanudji, à travers leur engagement dans l’étude de la Kabbale, ont toujours cherché à comprendre l’ordre divin, à percevoir cette lumière cachée qui régit l’univers, une quête qui trouve des résonances dans les découvertes modernes de la science.

L’histoire des Cohen-Tanudji, depuis leur fuite de Tanger jusqu’aux réalisations contemporaines, symbolise l’importance de l’héritage spirituel et intellectuel dans la construction d’une identité. Les valeurs d’excellence, de transmission du savoir et de recherche de la vérité ont guidé leur trajectoire à travers les siècles et les continents. Aujourd’hui, cet héritage continue de marquer l’âme et la pensée juives, tout en restant profondément ancré dans l’évolution des savoirs.

L’impact de cette lignée sur les domaines spirituel et scientifique, de la Kabbale à la physique moderne, témoigne de la continuité d’une recherche ininterrompue de sens et de vérité. Les Cohen-Tanudji montrent que les grandes traditions intellectuelles, qu’elles soient mystiques ou scientifiques, sont toutes liées par la même quête profonde du savoir et de la lumière.

En effet, il est essentiel de ne pas omettre le lien avec le Hadria de Cohen-Hadria, un élément fondamental de l’héritage intellectuel et spirituel de la famille Cohen-Tanudji. J-B Cohen-Hadria, un descendant direct de cette lignée, a non seulement porté ce nom en hommage à ses ancêtres, mais il a aussi prolongé leur quête de vérité à travers des travaux contemporains, qui continuent de refléter l’esprit de recherche et de lumière divines propres à la famille.

Le terme Hadria, qui signifie en hébreu “splendeur de Dieu” (ou Hadar Hachem), résonne particulièrement à travers l’œuvre de Yehudah ben Abraham Cohen-Hadria, et représente un prolongement de la tradition spirituelle et mystique qui a traversé les âges. Ce concept de lumière divine est au cœur de l’ouvrage de Yehudah ben Abraham Cohen-Tanudji, un “Sepher Haziccarone”, où le Hadria est un symbole de la lumière qui éclaire le chemin spirituel et intellectuel.

Ishmael Cohen-Tanudji, s’inscrit dans cette démarche de transmission et d’élévation spirituelle, qu’il s’agisse des recherches mystiques ou des approches modernes. Ce nom, Hadria, porte l’empreinte d’une famille qui, à travers ses différentes époques, a cherché à illuminer l’esprit humain, à travers la Kabbale et les sciences modernes, dans une quête de sens et de connaissance.

Son descendant, Joshua Cohen-Tanudji, fut un caïd notable et mécène, qui organisa l’envoi d’une imprimerie juive depuis Livourne et promut l’étude du Talmud  . Son fils Shalom Cohen‑Tanudji devint également rabbin et commentateur talmudique influent  Dans cette lignée, Cohen-Hadria ne se contente pas seulement d’être le porteur d’un héritage ancien, mais il continue de diffuser la lumière du savoir à travers ses propres recherches et contributions contemporaines. Le Hadria, qu’il porte, continue d’éclairer les chemins de ceux qui cherchent à comprendre le monde tant sur le plan spirituel que scientifique.

Né en 1750, Yehuda ben Abraham Cohen-Tanudji/Hadria , nommé Grand rabbin de Sousse puis de Tunis, se rend en 1812 à Safed, l’un des berceaux de la mystique juive, où il étudia avec dévotion la Kabbale lourianique, renforce l’idée d’une quête permanente de lumière et de vérité. Ses enseignements sont rassemblés dans Œuvres Principales : Ereẓ Yehudah (Terre de Juda) 1797, Livourne commentaires bibliques et talmudiques, ainsi que des enseignements éthiques et communautaires. insiste sur l'accessibilité de l'étude à tous et sur l'obligation morale d'enseigner.
Admat Yehudah (Sol de Juda) 1828, imprimé à Livourne sont des réflexions halakhiques (loi juive), préoccupations communautaires, histoire juive tunisienne et méditerranéenne, le but est de préserver la mémoire des traditions nord-africaines face à l’exil.Yehudah Cohen-Tanudji était considéré comme un « masséh » (homme juste), figure de continuité entre la mémoire du judaïsme nord-africain et l’idéal sioniste spirituel déjà en germe au XIX° siècle. Sa descendance spirituelle a contribué à l'émergence du patronyme Cohen-Hadria, porté par plusieurs figures influentes au XX° siècle.

Migrant en Terre Promise vers 1812, il s’établit à Safed,(Tzfat) haut lieu de l’étude mystique juive. Il a joué un rôle dans le renforcement du lien spirituel entre les communautés séfarades du Maghreb et la Terre d’Israël.Les Cohen-Tanudji ont toujours cherché à comprendre et à expliquer le monde, que ce soit à travers l’étude mystique de la Kabbale ou la recherche scientifique dans le domaine de la physique. Ils ont démontré qu’il n’y a pas de véritable contradiction entre la recherche de la lumière divine et la quête de la vérité scientifique. En effet, les ancêtres de Claude Cohen-Tanudji,Prix Nobel de Physique, ont à travers leur engagement dans l’étude de la Kabbale,toujours cherché à comprendre l’ordre divin, à percevoir cette lumière cachée qui régit l’univers, une quête qui trouve des résonances dans les découvertes modernes de la science.

La présence de Yehudah ben Abraham Cohen-Tanudji, dit aussi Cohen-Hadria, à Safed (Tzfat) en Galilée constitue l’ultime et peut-être la plus spirituellement marquante étape de sa vie. Ce séjour,s’inscrit dans le cadre de la grande effervescence mystique qui animait alors la ville sainte.

Safed, haut lieu de la mystique juive. À cette époque, Safed est devenue un centre majeur de la Kabbale grâce à la présence de figures telles que : • Rabbi Moché Cordovero (Ramak) • Rabbi Isaac Louria (Ari haKadosh) • Rabbi Haïm Vital C’est dans ce creuset spirituel que Yehudah ben Abraham s’établit pour étudier la Kabbale lourianique, doctrine mystique complexe qui conçoit la création comme un processus de contraction divine (tsimtsoum) et de réparation du monde (tiqqoun).
Son œuvre : une lumière révélée. À Safed, Cohen-Tanudji approfondit sa vision mystique et donne forme à son œuvre maîtresse :le Sepher Haziccarone – Hadria • Le titre évoque à la fois la mémoire (ziccarone) et la lumière divine (Hadria, d’« Hadar Hashem » – splendeur de Dieu). • Il y consigne ses méditations, enseignements et interprétations kabbalistiques. • L’ouvrage est à la fois un testament spirituel et une tentative de transmission de la lumière perçue dans les profondeurs du texte sacré. Ce livre, imprimé plus tard à Ferrare, en Italie, témoigne de la volonté de Cohen-Tanudji de faire rayonner la sagesse de Safed bien au-delà des montagnes de Galilée.

Sa spiritualité à Safed. Ce séjour est marqué par : • Une ascèse mystique intense, dans l’esprit des cabalistes de Tsfat qui pratiquaient jeûnes, veilles et prières prolongées. • Un lien profond avec la Terre d’Israël, en particulier avec le mystère de la Shekhina (présence divine) que les cabalistes cherchaient à « relever » dans la Galilée. • Une vision réparatrice du monde, inscrite dans l’horizon du tiqqoun olam, caractéristique de la pensée lourianique.Il décède en 1835.

Yehudah ben Abraham Cohen-Hadria ne fut pas seulement un disciple de la Kabbale de Safed, mais un passeur. À travers lui, une partie de cette lumière s’est transmise à l’Afrique du Nord, puis à travers les siècles jusqu’aux descendants modernes. Son passage à Safed symbolise le couronnement mystique d’une vie de rabbin, de juge, de maître et d’érudit, dans la quête de la lumière divine et de l’unité cachée du monde.

Joseph Cohen‑Tanugi Ḥadria émerge comme un rabbin moderniste, conscient des enjeux de la tradition hébraïque face aux transformations coloniales et culturelles  .
Ses écrits : essai historique & poésie biblique : Essai historique (Tolédot ḥakhamé Tunis / essai historique), Il rédige un essai en hébreu (titre possible d’après mémoire Tolédot ḥakhamé Tunis), dans lequel il retrace l’histoire des sages rabbiniques tunisiens, en privilégiant une approche documentée et moderniste, s’appuyant sur des archives et témoignages oraux  Un Recueil de poésie biblique (Shirat Myriam, 1924) C'est un recueil de chants inspirés de figures bibliques (notamment Miryam) se distingue par une tonalité poétique nouvelle, mêlant hébreu traditionnel et sensibilité moderne, explorée dans une maîtrise stylistique rare à son époque dans la tradition tunisienne hébraïque  .

Contrairement à ses prédécesseurs, Joseph Cohen‑Tanugi Ḥadria adopte une démarche historique et rigoureusement documentée, intégrant l’héritage talmudique tout en ouvrant à une réflexion historico-culturelle sur la communauté juive tunisienne du Protectorat , Sa poésie biblique montre une sensibilité littéraire nouvelle : réécriture des thèmes bibliques dans une forme expressive qui dialogue avec la modernité tout en restant ancrée dans le sacré.

L’approche de Cohen‑Tanugi s’inscrit dans un renouveau intellectuel tunisien : aux côtés de rabbins comme Semah Sarfati, Nathan Borgel, Isaac Lumbroso, etc., il fait partie du courant talmudique moderniste favorisé par l’imprimé italo-tunisien et l’accès aux idées européennes via Livourne ., son positionnement moderne n’est donc pas isolé : il reflète une génération de lettrés juifs tunisiens cherchant à conjuguer tradition hébraïque, culture française, et réflexion historique, marquant une transition vers des formes renouvelées d’érudition juive locale 

Le nom « Cohen‑Hadria » apparaît dans les générations suivantes à partir de sa mort, en référence à son titre honorifique et à sa descendance, initiant une lignée rabbinique influente en Tunisie Ses fils — Abraham, Moshe, Haïm — poursuivirent son œuvre rabbinique, notamment à Tunis et en Terre Sainte .

Le mot Hadria, comme la lumière divine qu’il évoque, transcende les siècles et continue d’illuminer les travaux des descendants de cette lignée exceptionnelle. Aujourd’hui, il représente un pont entre l’ancien et le moderne, entre la mystique et la science, et symbolise un engagement constant dans la quête du savoir et de la vérité.

Le Hadria de Cohen-Hadria ne fait donc pas que refléter un héritage spirituel ; il représente également la perpétuation de cette tradition de recherche, d’excellence et de transmission d’un savoir universel, tel qu’incarné par les ancêtres de cette lignée. Ce nom, cette lumière, continue de briller à travers les générations, et ses rayons éclairent toujours les pensées et les actions de ceux qui y sont associés.

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Le 7 Octobre : Le Rapport Dinah


Extrait de la Bible : Dinah fille de Jacob et de Léah sort et entre en contact avec les jeunes femmes locales. Là, Shechem, fils de Hamor, le prince de la région, la voit, la prend de force et la viole.

Voici un compte rendu en français du rapport du Projet Dinah, publié en juillet 2025, présentation officielle faite en Israël :

• Le rapport s’intitule « A Quest for Justice : October 7 and Beyond » et a été dévoilé le 8 juillet 2025 à Jérusalem, lors d’une présentation devant la Première Dame d’Israël, Michal Herzog .

• Il s’agit du premier document juridique détaillé visant à incriminer le Hamas pour l’usage de la violence sexuelle comme arme de guerre, qualifiée de crime contre l’humanité .

• Le Projet Dinah est initié par trois juristes reconnues : Ruth Halperin‑Kaddari, Sharon Zagagi‑Pinhas (ancienne procureure militaire) et la juge Nava Ben‑Or, accompagnées d’expertes en genre, enquêtrices, médecins légistes, psychologues… .
• Le rapport s’appuie sur : • 15 anciens otages libérés ayant subi ou assisté à des violences sexuelles ; • 17 autres témoins, notamment des premiers intervenants et professionnels médicaux ; • Des preuves médico-légales, visuelles (photos, vidéos) et sonores examinées par des experts . • Au total, plus de 80 pages documentent ces actes à travers plusieurs sites, notamment le festival Nova, la route 232, la base de Nahal Oz, et les kibboutzim de Re’im, Nir Oz et Kfar Aza .

• Les violences sexuelles commises le 7 octobre 2023 ont été « généralisées et systématiques », dans une intention de terreur et de déshumanisation de la société israélienne . • Le Hamas aurait employé ces violences dans le cadre d’un schéma génocidaire . • Les victimes ont été retrouvées partiellement ou entièrement nues, les mains ligotées, parfois à des poteaux ou arbres. Des cas de viols collectifs suivis d’exécutions et de mutilations génitales sont décrits .




• Le rapport établit un cadre juridique basé sur le droit international, pour permettre des poursuites à l’encontre des responsables du Hamas, même en l’absence d’identification individuelle (responsabilité collective ou “joint criminal enterprise”) . • Il vise à intégrer les violences sexuelles dans les actes d’accusation contre les détenus du Hamas, selon la procureure Nava Ben‑Or 🌐“on estime que ces infractions doivent être incluses dans toute mise en examen” .

• Le projet aspire aussi à faire reconnaître le Hamas comme entité terroriste par l’ONU pour usage de violences sexuelles en temps de guerre, et à imposer des sanctions ciblées 

• Le Dinah Project cherche à contrer la désinformation, la minimisation et le négationnisme, en révélant au monde entier la réalité des violences sexuelles pendant le conflit .

• Le rapport a été présenté à des représentants de l’ONU, du Conseil des droits de l’Homme à Genève, ainsi qu’à des responsables politiques dans plus de 20 pays, pour promouvoir des standards internationaux dans la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits  .

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mercredi 23 juillet 2025

Bergson le Grand Philosophe du XXème siècle


Henri Bergson (1859-1941), l’un des philosophes les plus influents du tournant du XXe siècle, est connu pour sa tentative de réconcilier la philosophie avec la vie, en insistant sur des concepts comme la durée, l’élan vital et l’intuition. Issu d’une famille juive – son père, Michał Bergson, était un musicien juif polonais, et sa mère, Katherine Levison, était d’origine juive anglaise

Son héritage juif, bien que discret, a pu influencer subtilement sa pensée, notamment dans sa conception du temps, de l’intuition et de la créativité. Cet essai explore comment son éducation dans un contexte juif a pu inspirer sa philosophie, en mettant en lumière les parallèles entre sa pensée et certains aspects de la tradition juive, tout en intégrant des citations emblématiques pour illustrer ces liens.

Contexte de l’éducation juive de Bergson

Bergson est né dans une famille juive cultivée, Son père, un pianiste et compositeur, et sa mère, issue d’une famille juive anglaise, lui ont offert un environnement cosmopolite, entre la Pologne, l’Angleterre et la France. Juif dit laïc, il s’oppose aux lois ségrégationnistes du régime de Vichy(par solidarité avec les Juifs persécutés) son héritage juif a pu façonner sa sensibilité philosophique.

La tradition juive, avec sa richesse intellectuelle, son accent sur le temps, la mémoire et l’éthique, offre des parallèles fascinants avec les concepts bergsoniens, même si ces influences restent implicites.

Le judaïsme et la conception bergsonienne du temps (la durée)

Un des concepts centraux de Bergson est la durée, qu’il définit comme un temps qualitatif, un flux continu d’expériences vécues, par opposition au temps mécanique des horloges. Dans L’Évolution créatrice (1907), il écrit : « Le temps est invention, ou il n’est rien du tout.

» Cette vision du temps comme un processus créatif et dynamique résonne avec la conception juive du temps, qui n’est pas linéaire mais chargé de sens spirituel et historique.

Dans le judaïsme, le temps est marqué par des cycles (sabbat, fêtes) et une mémoire collective qui relie le passé au présent dans un continuum vivant. La centralité de la mémoire dans la tradition juive – par exemple, le commandement de se souvenir (zakhor) de l’Exode ou du Shabbat – pourrait avoir inspiré, l’idée bergsonienne que la conscience est un « trait d’union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l’avenir » (L’Énergie spirituelle, 1919).

Dans la pensée juive, le temps n’est pas une simple succession d’événements, mais une expérience qualitative où chaque moment porte une signification éthique et spirituelle.

La notion de durée chez Bergson, qui met l’accent sur la fluidité et la créativité du temps, peut être vue comme une transposition philosophique de cette sensibilité juive.

Par exemple, la Kabbale, une tradition mystique juive, explore le temps comme une émanation divine, un flux continu qui transcende les catégories humaines.

Bien que Bergson n’ait pas directement puisé dans la Kabbale, son enfance dans un milieu juif, même sécularisé, a pu l’exposer à des récits et des pratiques où le temps est vécu comme une force vivante, non réductible à une mesure.

L’intuition et les limites du langage : une résonance avec la mystique juive

Bergson soutient que le langage, bien qu’essentiel à l’humanité, est limité dans sa capacité à saisir la complexité de la pensée et de l’expérience.

Dans Introduction à la métaphysique (1903), il déclare : « L’intuition est ce qui donne accès à la réalité profonde des choses, là où l’analyse échoue. » Cette idée trouve un écho dans la tradition juive, où le langage est à la fois sacré et insuffisant pour capturer la totalité de la vérité divine.

Dans la pensée juive, la Torah est vue comme une parole divine infinie, mais son interprétation, à travers le midrash ou le Talmud, révèle que le langage humain ne peut jamais épuiser le sens.
Cette approche interprétative, qui valorise la pluralité des significations, pourrait avoir influencé la méfiance de Bergson envers les concepts figés et son plaidoyer pour l’intuition comme mode de connaissance.
La mystique juive, notamment la Kabbale, met l’accent sur une connaissance intuitive ou spirituelle qui transcende le langage. Les kabbalistes décrivent souvent l’expérience de Dieu comme une réalité ineffable, accessible par une forme d’intuition

Son insistance sur l’intuition comme moyen de saisir la durée et l’élan vital pourrait refléter une sensibilité héritée de cette tradition juive, où la vérité profonde échappe aux mots et demande une immersion dans l’expérience vécue.

Cette idée se retrouve dans sa célèbre affirmation : « Exister, c’est changer, changer c’est mûrir, mûrir c’est se créer indéfiniment soi-même » (L’Évolution créatrice, 1907), qui célèbre la créativité et le mouvement, des thèmes compatibles avec la vision juive de la vie comme un processus dynamique de transformation.

Éthique et responsabilité : un écho de l’héritage juif

L’éducation juive de Bergson, même sécularisée, a probablement instillé en lui une sensibilité à l’éthique et à la responsabilité collective, des valeurs centrales dans le judaïsme.

Dans Les Deux Sources de la morale et de la religion (1932), Bergson distingue une morale statique, issue des conventions sociales, d’une morale dynamique, portée par des individus créateurs et inspirés. Cette distinction peut rappeler l’idée juive d’une éthique en évolution, où des figures comme les prophètes ou les sages réinterprètent la loi pour répondre aux besoins du moment.

Bergson écrit : « L’univers est une machine à faire des âmes » (Les Deux Sources), suggérant une vision du monde où l’évolution tend vers une spiritualité croissante, une idée qui pourrait faire écho à l’eschatologie juive, où l’histoire humaine progresse vers une rédemption spirituelle.

Sa décision de rester solidaire des Juifs sous le régime de Vichy, refusant une exemption des lois antisémites témoigne d’un sens profond de la responsabilité éthique. Ce choix reflète peut-être l’influence d’une éducation juive qui valorise la solidarité communautaire et la justice, des principes ancrés dans des commandements comme tzedakah (charité) et tikkun olam (réparation du monde).

Une influence subtile mais profonde

Bien que Bergson n’ait pas explicitement lié sa philosophie à son héritage juif, son éducation dans une famille juive cosmopolite a pu façonner sa pensée de manière subtile.

Sa conception de la durée résonne avec la vision juive du temps comme une expérience vivante et spirituelle. Sa valorisation de l’intuition face aux limites du langage fait écho à la tradition juive, où la vérité divine est infinie et accessible par une approche intérieure. Enfin, son sens de l’éthique et de la responsabilité reflète des valeurs juives fondamentales, même sécularisées. Comme il l’écrit dans L’Énergie spirituelle : « Penser en homme d’action, agir en homme de pensée. » Cette maxime incarne sa volonté de rendre la philosophie vivante, un projet qui pourrait avoir été nourri par la richesse de son héritage juif, où la pensée et l’action s’entrelacent dans une quête de sens.
Pour ceux qui se demandent si Bergson peut réconcilier avec la philosophie, son approche, ancrée dans l’expérience vécue et la créativité, offre une porte d’entrée accessible et inspirante.

Son héritage juif, ajoute une profondeur culturelle à sa pensée, la rendant universelle tout en étant enracinée dans une tradition de questionnement et de vitalité spirituelle.

Il décède en pleine guerre en 1941.

© 2025 JBCH Reproduction interdite sans autorisation.

Connaissez-vous les Sassoon ?

C'est ma petite nièce Sasha Rachel Goldstein-Sabbah, Docteur Emérite à l'Université de Leiden, aux Pays-Bas, Professeur à l'Université de Gronigue, qui a été la première à me parler de cette Grande famille, égale par son pouvoir et sa fortune à celle des Rothchild. Son ouvrage, "Baghdadi Jewish,Networks in Hashemite Iraq",est une source de connaissances, elle travaille aujourd'hui sur la vie et l'oeuvre de cette grande Dame qu'a été Flora Sassoon.Merci Sasha !

Ils ont établi un empire commercial mondial sur trois continents et sont devenus des proches de la famille royale britannique. Pourtant, la dynastie Sassoon, qui a fait fortune dans le commerce d’opium, de coton, de thé et de soieries, n’était pas originaire de Londres, Paris ou New York, mais de Bagdad.

Le commerce de l’opium, particulièrement au XIXe siècle, est un chapitre complexe et controversé de l’histoire mondiale, impliquant des puissances coloniales, des réseaux commerciaux asiatiques et des conséquences sociales et économiques majeures. En lien avec la famille Sassoon, il a joué un rôle central dans l’essor de leur empire économique. Cette réponse retrace l’histoire du commerce de l’opium, ses origines, son développement, ses acteurs clés, ses impacts et son déclin, en s’appuyant sur le contexte historique et les informations disponibles, tout en mettant en perspective l’implication des Sassoon.

Origines du commerce de l’opium

L’opium, dérivé du pavot à opium (Papaver somniferum), est utilisé depuis l’Antiquité à des fins médicinales et récréatives dans des régions comme le Moyen-Orient, l’Inde et la Chine. Cependant, son commerce à grande échelle a émergé à l’époque moderne, principalement sous l’impulsion des puissances coloniales européennes.

Contexte précolonial :

• En Asie, l’opium était cultivé et utilisé localement, notamment en Inde, où il était produit dans les régions du Bengale et du Bihar sous le contrôle des empereurs moghols. Il servait à des fins médicales, mais aussi comme substance psychoactive dans certaines communautés. • En Chine, l’opium était connu dès la dynastie Tang (618–907), mais son usage restait limité jusqu’au XVIIIe siècle, lorsqu’il devint plus populaire sous forme de mélange fumable avec du tabac, importé par les Portugais.

Entrée des Européens :

• Au XVIIe siècle, les compagnies coloniales européennes, comme la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) et la Compagnie britannique des Indes orientales (EIC), ont commencé à s’intéresser à l’opium pour son potentiel commercial. Les Portugais, puis les Britanniques, ont développé le commerce de l’opium entre l’Inde et la Chine, où la demande croissante pour l’opium fumé a créé un marché lucratif.

Développement du commerce de l’opium au XIXe siècle

Le commerce de l’opium a atteint son apogée au XIXe siècle, devenant une pierre angulaire de l’économie coloniale britannique et impliquant des acteurs comme la famille Sassoon.

Rôle de l’Inde coloniale :

• Sous le contrôle de l’EIC, l’Inde est devenue le principal centre de production d’opium, notamment dans les régions du Bengale et du Malwa. L’EIC a monopolisé la culture et la vente de l’opium, obligeant les agriculteurs indiens à cultiver le pavot au détriment des cultures vivrières, ce qui a parfois entraîné des famines locales.
• L’opium indien, connu sous le nom de « opium du Bengale » ou « opium de Patna », était de haute qualité et très prisé en Chine. Il était exporté en grandes quantités via les ports de Calcutta et Bombay.

Commerce triangulaire :
• Le commerce de l’opium s’inscrivait dans un système triangulaire : l’opium produit en Inde était vendu en Chine, où il était échangé contre du thé, de la soie et de la porcelaine, qui étaient ensuite exportés vers l’Europe. Les profits en argent (souvent sous forme d’argent métal) revenaient aux marchands britanniques et à leurs partenaires. • Ce commerce permettait de compenser le déficit commercial britannique avec la Chine, qui importait peu de produits européens mais exportait massivement du thé, très demandé en Grande-Bretagne.

Implication de la famille Sassoon :

• La famille Sassoon, établie à Bombay à partir de 1832 sous la direction de David Sassoon, est devenue l’un des principaux acteurs du commerce de l’opium. Leur entreprise, David Sassoon & Co., a prospéré en exportant de l’opium indien vers la Chine, notamment via Hong Kong et Shanghai. • Les Sassoon se sont distingués par leur efficacité logistique, utilisant leurs réseaux familiaux et communautaires (principalement des juifs de Bagdad) pour gérer leurs opérations commerciales. Ils ont également investi dans des navires à vapeur pour transporter l’opium plus rapidement, ce qui leur a donné un avantage concurrentiel sur d’autres marchands, comme la firme britannique Jardine Matheson. • Leur implication dans le commerce de l’opium leur a permis d’accumuler une immense fortune, qu’ils ont réinvestie dans d’autres secteurs comme les textiles, l’immobilier (ex. : Hôtel Cathay à Shanghai) et la finance.

Les guerres de l’opium et leurs conséquences

Le commerce de l’opium a provoqué des tensions majeures entre la Chine et les puissances coloniales, culminant dans les guerres de l’opium, qui ont eu des répercussions sociales, politiques et économiques profondes.

Première guerre de l’opium (1839–1842) :

• En Chine, l’opium importé en masse a entraîné une crise d’addiction, affectant des millions de personnes, y compris des fonctionnaires et des soldats. En 1839, l’empereur Qing Daoguang chargea le commissaire Lin Zexu de mettre fin au commerce de l’opium. Lin confisqua et détruisit des milliers de caisses d’opium appartenant à des marchands britanniques à Canton, provoquant l’indignation de Londres.

• La Grande-Bretagne, déterminée à protéger ses intérêts commerciaux, déclara la guerre à la Chine. La supériorité militaire britannique (navires à vapeur, artillerie moderne) conduisit à une victoire rapide, scellée par le traité de Nankin (1842). Ce traité imposa à la Chine :

• L’ouverture de cinq ports (Canton, Shanghai, Ningbo, Fuzhou, Xiamen) au commerce étranger.

• La cession de Hong Kong à la Grande-Bretagne.

• Le paiement d’indemnités aux marchands britanniques, y compris pour l’opium détruit.
• Les Sassoon, bien qu’impliqués dans le commerce de l’opium, n’étaient pas directement visés par les confiscations de Lin Zexu, mais ils ont bénéficié de l’ouverture des ports chinois, qui a facilité leurs opérations à Shanghai et Hong Kong.

Seconde guerre de l’opium (1856–1860) :

• Les tensions persistantes entre la Chine et les puissances occidentales (Royaume-Uni et France) ont conduit à une seconde guerre, déclenchée par l’incident du navire Arrow. La victoire occidentale a abouti au traité de Tianjin (1858) et à la convention de Pékin (1860), qui ont légalisé le commerce de l’opium en Chine, ouvert davantage de ports et imposé de nouvelles concessions territoriales et commerciales. • Ces guerres ont affaibli la dynastie Qing, exacerbé la crise sociale liée à l’addiction à l’opium et renforcé l’influence des marchands étrangers, y compris les Sassoon, en Chine. • Impact social en Chine : • L’opium a causé une crise d’addiction massive, avec des estimations suggérant que 10 à 15 % de la population chinoise consommait de l’opium à la fin du XIXe siècle. Cela a entraîné des problèmes sociaux, économiques et sanitaires graves, notamment l’effondrement de la productivité dans certaines régions et l’affaiblissement de l’armée Qing. • Le commerce de l’opium a également alimenté le ressentiment anti-occidental en Chine, contribuant à des mouvements comme la révolte des Taiping (1850–1864), qui a causé des millions de morts.

Autres acteurs et réseaux du commerce de l’opium

Outre les Sassoon, plusieurs acteurs ont joué un rôle clé dans le commerce de l’opium : • Puissances coloniales : • Royaume-Uni : La Compagnie des Indes orientales et des firmes comme Jardine Matheson dominaient le commerce, soutenues par la puissance militaire britannique. • États-Unis : Des marchands américains, comme ceux de la firme Russell & Company, participaient également, bien que leur rôle fût moindre. • France et autres puissances : Elles ont profité des traités inégaux pour accéder aux marchés chinois. • Marchands locaux : • En Inde, des marchands parsis et indiens collaboraient avec les Sassoon et les Britanniques pour cultiver et transporter l’opium. • En Chine, des intermédiaires locaux facilitaient la distribution de l’opium, souvent en contrebande pour contourner les restrictions Qing.

Autres acteurs et réseaux du commerce de l’opium

• Réseaux juifs : Les Sassoon, en tant que juifs de Bagdad, ont mobilisé leur communauté diasporique pour gérer leurs opérations, employant des coreligionnaires dans leurs bureaux à Bombay, Shanghai et Hong Kong, ce qui renforçait leur cohésion et leur efficacité.

La Famille Sassoon

La dynastie Sassoon a produit plusieurs figures marquantes qui ont façonné son empire et son héritage :
• David Sassoon
(1792–1864) : Patriarche de la famille, il a fui Bagdad pour Bushehr en 1828, puis s’est installé à Bombay en 1832, où il a fondé David Sassoon & Co.. Il a bâti un empire commercial centré sur le coton, l’opium et les textiles, avec des ramifications en Chine, en Asie du Sud-Est et en Europe. Connu pour sa philanthropie, il a financé des écoles, des hôpitaux et des synagogues à Bombay. • Albert Sassoon (1818–1896) : Fils de David, il a repris et développé l’entreprise familiale, diversifiant ses activités dans la navigation et l’immobilier. Philanthrope, il a contribué à des projets communautaires à Bombay et a été anobli par la reine Victoria. • Edward Albert Sassoon (1856–1912) : Fils d’Albert, il s’est installé en Angleterre, où il a été membre du Parlement britannique pour le Parti conservateur (1899–1912). Marié à Aline Caroline de Rothschild, il a renforcé les liens entre les Sassoon et l’élite européenne. • Philip Sassoon (1888–1939) : Fils d’Edward, il a servi comme secrétaire militaire du maréchal Douglas Haig pendant la Première Guerre mondiale et comme sous-secrétaire d’État à l’Air dans les années 1920 et 1930. • Siegfried Sassoon (1886–1967) : Petit-fils de David, il est devenu l’un des poètes britanniques les plus connus de la Première Guerre mondiale, célèbre pour ses poèmes dénonçant les horreurs de la guerre. • Moses Sassoon (1828–1909) : Fils de David, il est retourné à Bagdad avant de s’installer en Égypte, où il a fondé Joseph Sassoon & Sons, une maison financière influente. • Jacob Sassoon (1850–1936) : Fils de Moses, il est devenu l’un des plus grands propriétaires de plantations de coton en Égypte et a fondé la Misr Spinning and Weaving Company. Il a également été impliqué dans le Crédit Foncier égyptien. • Elias Sassoon : Zioniste convaincu, il a financé des opérations pour aider les juifs à fuir l’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a également investi dans la Socony-Vacuum Oil Company, contribuant à l’exploitation pétrolière au Moyen-Orient. • Joseph Sassoon : Historien contemporain et descendant de la famille, il est l’auteur de The Sassoons: The Great Global Merchants and the Making of an Empire (2022), un ouvrage détaillant l’histoire de la dynastie.

Flora Sassoon : Née à Bombay, dans la branche indienne des Sassoon, Fille de S.D. Sassoon, puissant marchand et philanthrope, Epouse de Solomon David Sassoon (son cousin) Polyglotte, érudite en Talmud, Zohar, science, médecine, Activiste, philanthrope, pionnière de l'éducation juive et des droits des femme

Érudition religieuse
Flora connaissait parfaitement l’hébreu, l’araméen, le judéo-arabe et étudiait le Talmud et la Kabbale. Elle enseignait à ses enfants personnellement la Torah et les traditions juives.
Chef d’entreprise Veuve à 33 ans, elle prit la direction de la maison Sassoon & Co. à Bombay — chose inédite à l’époque pour une femme, surtout dans le monde des affaires juif ou indien. Elle géra les affaires avec habileté, tout en conservant une stricte observance religieuse.
Engagement communautaire et sioniste
Soutien actif des écoles juives, de la traduction de textes hébraïques, et du renouveau spirituel sépharade. Correspondance avec les grands rabbins de Bagdad, Jérusalem et Vilna, ainsi qu’avec des penseurs comme Solomon Schechter.
Philanthropie et reconnaissance internationale
Soutien à des hôpitaux, des orphelinats, des écoles juives en Inde, Palestine et Irak. En contact avec le mouvement sioniste, sans toutefois s’y engager pleinement politiquement.
Lors de son voyage à Bagdad en 1910, elle fut reçue comme une princesse, tant elle était admirée dans le monde juif oriental. Elle fut la seule femme à siéger en tant que déléguée à la Conférence rabbinique internationale de 1927.

🧬 Héritage
Flora Sassoon incarne une synthèse rare : Spiritualité profonde, Modernité intellectuelle, Leadership économique, Fidélité aux traditions juives orientales. Elle est aujourd’hui redécouverte comme une figure féminine d’avant-garde dans l’histoire des Juifs sépharades et orientaux.

Déclin du commerce de l’opium

Le commerce de l’opium a commencé à décliner à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle sous la pression de réformes internationales et de changements politiques : • Opposition en Chine :• À partir des années 1900, la dynastie Qing, puis le gouvernement républicain chinois, ont lancé des campagnes pour éradiquer l’addiction à l’opium, interdisant sa culture et sa consommation. Ces efforts ont été partiellement couronnés de succès, bien que l’opium soit resté un problème jusqu’au milieu du XXe siècle.• La révolution chinoise de 1911 et l’instabilité politique ont réduit l’influence des marchands étrangers. • Pressions internationales : Au début du XXe siècle, les mouvements anti-opium ont gagné du terrain en Europe et aux États-Unis, poussés par des missionnaires et des réformateurs. La Conférence internationale de l’opium de Shanghai (1909) et la Conférence de La Haye (1912) ont marqué les premières tentatives de réglementation mondiale du commerce des stupéfiants. •La Grande-Bretagne, sous pression, a mis fin au commerce de l’opium indien vers la Chine en 1917.

Diversification des Sassoon :

• Face au déclin du commerce de l’opium, les Sassoon ont diversifié leurs activités, investissant dans les textiles, l’immobilier, la navigation et la finance. Leur implantation à Shanghai (Hôtel Cathay) et leurs activités bancaires en Égypte témoignent de cette transition réussie.

Impact et controverses

Le commerce de l’opium reste un sujet controversé en raison de ses conséquences sociales et de son rôle dans l’impérialisme occidental :• Conséquences sociales : En Chine, l’addiction à l’opium a dévasté des communautés entières, affaibli l’économie et contribué à l’effondrement de la dynastie Qing. En Inde, la monoculture forcée du pavot a exacerbé la pauvreté rurale.

• Rôle des Sassoon : Bien que les Sassoon aient été des acteurs majeurs, ils opéraient dans un système colonial dominé par les Britanniques. Leur participation au commerce de l’opium est souvent critiquée pour ses impacts négatifs, mais elle reflète également leur adaptation aux réalités économiques de l’époque.

• Héritage économique : Les profits tirés de l’opium ont permis aux Sassoon de financer des projets philanthropiques (écoles, hôpitaux, synagogues) et de bâtir un empire diversifié, ce qui nuance leur héritage.

Le commerce de l’opium au XIXe siècle a été un moteur économique pour les puissances coloniales et des marchands comme la famille Sassoon, mais il a eu des conséquences dévastatrices, notamment en Chine, où il a alimenté des crises sociales et politiques. Les Sassoon, à partir de leur base à Bombay, ont joué un rôle central dans ce commerce, exportant l’opium indien vers la Chine et accumulant une fortune qui a soutenu leur empire économique en Asie. 

Leur succès repose sur leur réseau familial, leur adoption de pratiques modernes et leur collaboration avec les Britanniques. Cependant, le déclin du commerce de l’opium à la fin du XIXe siècle a poussé les Sassoon à diversifier leurs activités, consolidant leur influence dans d’autres secteurs. Ce commerce, bien que lucratif, reste un symbole des excès de l’impérialisme colonial et de ses impacts durables sur les sociétés asiatiques.

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mardi 22 juillet 2025

Du sang congolais dans nos poches ...


Le sang dans nos poches : l’enfer du coltan congolais

Nous avons tous du sang congolais au fond de nos poches. Ce sang, invisible à l’œil nu, colle aux écrans de nos smartphones, pulse dans nos ordinateurs, vibre dans les batteries de nos voitures électriques. Il provient de l’est du Congo, cette région que l’on oublie soigneusement dans les capitales occidentales, tout en s’y connectant chaque jour par la technologie.

Le coltan, cet alliage de colombite et tantalite, est l’or noir de l’ère numérique. Il est essentiel pour fabriquer des condensateurs miniatures, ceux qui permettent à nos appareils de fonctionner à haute fréquence. Mais derrière le mot “coltan”, il y a des enfants qui meurent dans des mines creusées à mains nues, des femmes violées, des familles déplacées, des villages réduits en cendres.

Depuis près de trente ans, la région du Kivu vit une guerre sourde. Plus de six millions de morts depuis la fin du génocide rwandais. Des milices, dont le tristement célèbre M23 soutenu par le Rwanda, financent leurs armes grâce à l’exploitation illégale de ces minerais. Le coltan extrait au Congo transite clandestinement vers Kigali,au Rwanda, puis entre légalement dans la chaîne d’approvisionnement mondiale. Il est blanchi, certifié “responsable”, et fini dans les usines d’assemblage en Chine,en général avant de revenir vers nous estampillé Apple, Samsung, Huawei ou Tesla. Le système est parfaitement rodé, cynique, accepté.

Et où sont les gouvernements ? Ils ferment les yeux. Où sont les multinationales ? Elles publient de belles chartes éthiques, pendant que leurs sous-traitants, eux, achètent à des trafiquants. Où sont les ONG ? Elles crient dans le désert. Où sommes-nous, consommateurs ? Aveugles, passifs, complices.

⚰️ Bilan global des victimes – 10 dernières années dans le Kivu

• Depuis le début du conflit post-1994, plus de 6 millions de personnes sont mortes à l’est du Congo, principalement à cause des violences, de la famine et des maladies  
.
• Sur la période de 2014 à 2021, la violence liée aux groupes armés – dont ceux exploitant les minerais – est restée constante, puis a augmenté régulièrement selon le rapport du Government Accountability Office (USA)  .

• Le groupe M23, appuyé par le Rwanda, contrôle aujourd’hui les mines clés de coltan (notamment Rubaya), et engrange environ 300 000 USD par mois grâce à ce trafic  
Il y a une hypocrisie mondiale à dénoncer. On boycotte le cacao du travail des enfants, le coton du Xinjiang, mais le cobalt et le coltan congolais restent hors de tout scandale collectif. Pourquoi ? Parce que nous ne voulons pas choisir entre éthique et confort. Parce que le Congo n’a pas de lobby, pas de voix forte dans les médias, pas d’image séduisante à offrir aux consciences occidentales.

Et pendant ce temps, le président rwandais Paul Kagamé joue aux bons élèves avec les Américains, tout en pillant le Congo au vu et au su de tout le monde. La Belgique, ancienne puissance coloniale, regarde ailleurs. L’Union européenne se tait, de peur d’égratigner les intérêts chinois ou de compromettre ses précieuses batteries vertes.

Le monde se prépare à la révolution technologique du XXIe siècle, une transition “écologique” soi-disant vertueuse. Mais si cette transition repose sur les os d’enfants congolais, sur les gémissements étouffés de femmes mutilées, alors ce n’est pas une révolution, c’est une honte planétaire.

Il est temps de nommer les choses. Le coltan du Congo est un minerai de guerre. Les multinationales qui l’achètent sans contrôle sont des receleurs. Les États qui laissent faire sont complices. Et nous, si nous restons silencieux, nous sommes les derniers maillons de cette chaîne sanglante.

.En dernière minute, Le ministre des affaires étrangères rwandais, Olivier Nduhungirehe, et la ministre des affaires étrangères congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, signent un accord de paix en présence du secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, à Washington, le 27 juin 2025.

Il n’y aura pas de justice climatique sans justice humaine. Et il n’y aura pas de justice humaine tant que l’est du Congo sera livré aux milices, pendant que l’Occident récolte les dividendes de son silence.


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Israël va t-il se rapprocher de l'Ukraine ?


Concernant la visite du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, en Ukraine, ce jour 22 juillet 2025,les éventuelles discussions sur la livraison d’armes défensives comme le Dôme de fer ou des systèmes laser anti-drones, et les implications pour la neutralité d’Israël envers la Russie.

Contexte de la visite de Gideon Saar en Ukraine

Gideon Saar, ministre israélien des Affaires étrangères, est arrivé en Ukraine pour une visite diplomatique. C’est la deuxième visite d’un ministre israélien des Affaires étrangères depuis le début de la guerre entre l’Ukraine et la Russie en février 2022, et la première depuis celle d’Eli Cohen en février 2023. Saar devrait rencontrer son homologue ukrainien, Andrii Sybiha, ainsi que la communauté juive du pays. Une rencontre avec le président Volodymyr Zelensky est également envisageable. il pourrait y avoir des discussions sur la livraison d’armes défensives telles que le Dôme de fer, des lasers anti-drones (comme l’Iron Beam) ou d’autres systèmes, et sur cela aura surement un impact de cette visite

Discussions potentielles sur les armes défensives

Il est possible que la visite de Saar inclut des négociations sur la fourniture d’armes défensives, le contexte des relations entre Israël et l’Ukraine suggère que ce sujet pourrait être abordé, compte tenu des demandes répétées de l’Ukraine pour des systèmes de défense avancés et de l’évolution récente de la position d’Israël :

1. Dôme de fer :

• L’Ukraine a régulièrement demandé le Dôme de fer, un système conçu pour intercepter des roquettes et obus à courte portée (4 à 70 km), pour contrer les attaques de missiles et drones russes. Cependant, comme mentionné précédemment, Israël a hésité à fournir ce système pour plusieurs raisons :

• Échelle géographique : L’Ukraine, avec ses 603 628 km², est beaucoup plus vaste qu’Israël (22 000 km²), ce qui rend le Dôme de fer moins adapté pour protéger de grandes zones.

• Risques technologiques : Israël craint que le système, s’il était capturé par la Russie, ne soit transféré à l’Iran pour une rétro-ingénierie, ce qui poserait une menace pour la sécurité israélienne.

• Rien dans l’article ne suggère que la visite de Saar modifiera cette position. Toutefois, une rencontre avec Zelensky pourrait inclure de nouvelles demandes ukrainiennes pour ce système, bien qu’un accord semble improbable sans garanties solides contre les risques de transfert technologique.

2. Systèmes laser anti-drones (Iron Beam)
:
L’Iron Beam, un système de défense basé sur le laser destiné à compléter le Dôme de fer, est encore en phase de développement et n’est pas pleinement opérationnel. Son déploiement en Ukraine poserait des défis logistiques, notamment le besoin d’une infrastructure énergétique robuste et sa sensibilité aux conditions météorologiques (brouillard, nuages). L’Ukraine a manifesté un intérêt pour des technologies anti-drones avancées pour contrer les drones Shahed de fabrication iranienne utilisés par la Russie. Cependant, jusqu’à présent, Israël s’est limité à fournir des systèmes moins sensibles, comme le ReDrone (Elbit Systems) ou le Drone Dome (Rafael), qui détectent et brouillent les drones plutôt que de les détruire par laser.

• L'ordre du jour ne mentionne pas officiellement de discussions sur les systèmes militaires et suggère que toute conversation sur l’Iron Beam serait probablement exploratoire plutôt que décisive.

3. Autres systèmes défensifs
:
• En juin 2025, Israël a confirmé la livraison de systèmes Patriot MIM-104 désaffectés à l’Ukraine, marquant un changement significatif par rapport à sa position initiale de neutralité. Ces systèmes sont mieux adaptés pour contrer les menaces auxquelles l’Ukraine est confrontée, comme les missiles balistiques et les drones avancés, par rapport au Dôme de fer. Si des discussions sur l’aide militaire ont lieu pendant la visite de Saar, elles pourraient porter sur l’extension ou l’opérationnalisation de ce soutien, par exemple en fournissant des systèmes Patriot supplémentaires ou une assistance technique (formation, maintenance).

• Une aide défensive non létale, comme le système d’alerte précoce contre les missiles et drones déjà fourni par Israël, pourrait également être renforcée ou élargie lors des discussions.
Impact sur la neutralité d’Israël envers la Russie

La visite de Saar et toute discussion potentielle sur une aide militaire accrue à l’Ukraine pourraient tendre davantage les relations entre Israël et la Russie, bien que la neutralité israélienne ait déjà été mise à l’épreuve par des développements récents :

1. Évolution de la neutralité israélienne :

• La livraison de systèmes Patriot en juin 2025 indique un éloignement progressif de la neutralité stricte d’Israël. Ce changement est motivé par plusieurs facteurs :

• Affaiblissement de la Russie en Syrie : La présence militaire russe en Syrie, où Israël mène des frappes contre des cibles iraniennes, s’est réduite en raison des pertes subies en Ukraine. Cela donne à Israël plus de marge de manœuvre pour soutenir l’Ukraine sans craindre de représailles immédiates à ses opérations en Syrie.

• Pressions occidentales : Les alliés d’Israël, notamment les États-Unis, ont poussé pour un soutien accru à l’Ukraine, en particulier face à l’utilisation par la Russie de drones iraniens (Shahed-136), qui pourraient être adaptés pour menacer Israël via des proxies comme le Hezbollah.

• Contexte diplomatique : La visite de Saar, en tant que geste diplomatique, vise probablement à renforcer les relations bilatérales avec l’Ukraine tout en répondant aux attentes des partenaires occidentaux.

2. Maintien d’un équilibre délicat :

• Malgré la livraison des Patriot, Israël reste prudent pour éviter une rupture totale avec la Russie. La fourniture de systèmes comme le Dôme de fer ou l’Iron Beam, qui sont technologiquement sensibles, pourrait provoquer une réaction plus forte de Moscou, qui n'est plus actif en Syrie, nvisagerait de franchir cette ligne rouge lors de sa visite.

• Les responsables russes, comme Dmitri Medvedev, ont averti que tout soutien militaire accru à l’Ukraine pourrait nuire gravement aux relations avec Israël. Il y a deux millions de juifs issus de Russie en Israel, le Russe est la troisième langue parlée dans le pays, et leur attachement à Moscou reste fort. Cela incite Jérusalem à limiter l’ampleur de son aide militaire au vu du lobbying russe et ses deux chaines de TV.

Conclusion

La visite de Gideon Saar en Ukraine, vise principalement à renforcer les relations diplomatiques, avec des rencontres prévues avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères et la communauté juive, et une possible discussion avec le président Zelensky. Il est possible que des négociations sur la livraison d’armes défensives comme le Dôme de fer ou des systèmes laser anti-drones, le contexte suggère que l’Ukraine pourrait renouveler ses demandes pour ces technologies.

Cependant, en raison des préoccupations stratégiques et technologiques d’Israël, il est peu probable que de tels systèmes soient fournis à ce stade. La livraison récente de systèmes Patriot montre une évolution vers un soutien militaire plus direct, mais Israël cherche toujours à maintenir un équilibre avec la Russie pour préserver ses intérêts en Syrie. Pour des informations plus précises sur les résultats de la visite de Saar, il serait nécessaire de suivre les communiqués officiels ou les reportages ultérieurs.

N'ayant plus d'accord avec la Russie quant au survol de la Syrie, et au vu de l'appui de la Russie à l'Iran pendant la guerre des 12 jours, Israël afin de géner les Russes pouraient aider l'Ukraine , Israël afin de gêner les Russes pourraient aider l'Ukraine à se défendre .

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TAIWAN ... La menace chinoise persiste


Contexte de la visite européenne à Taïwan

Une délégation du Parlement européen s’est rendue à Taïwan cette semaine pour évaluer la situation politique et les menaces exercées contre l’île, malgré l’absence de reconnaissance diplomatique officielle. Le président taïwanais Lai Ching‑te a affirmé que Taïwan et l’Union européenne partagent des valeurs démocratiques menacées par des ingérences extérieures, notamment des campagnes de désinformation ou d’ingérence électorale orchestrées par Pékin .

Faut-il craindre une invasion chinoise ?

La plausibilité militaire : faible à moyen terme
• L’invasion amphibie d’une île comme Taïwan nécessiterait la mobilisation de plus de 1,2 million de soldats et milliers de navires, selon des comparaisons avec le débarquement de Normandie. La Chine n’a pas encore la capacité logistique nécessaire à une opération de cette ampleur . • Le concept stratégique “fenêtre Davidson” évoque une période entre 2021 et 2027 comme fenêtre potentielle pour une montée en puissance chinoise, mais la majorité des experts estiment que l’intention offensive demeure incertaine ou éloignée dans le temps  .
Militaire plutôt que guerre classique
• Les exercices militaires chinois autour de Taïwan (Joint Sword‑2024 et autres), affrontements aériens et patrouilles navales sont devenus réguliers, mais ils relèvent plus d’une stratégie d’intimidation que d’un déclenchement imminent de guerre . • Taiwan a répondu par des exercices civils et militaires Han Kuang à grande échelle, simulant des frappes, des évacuations urbaines, un effort national pour renforcer la défense et la résilience sociale .
Faut-il craindre un accord “tronqué” à la Hong Kong ?

• La crainte taïwanaise majeure concerne les méthodes de « gray-zone » (guerre hybride) : ingérence électorale, campagnes de désinformation, pression économique et cyberattaques, visant à saper la démocratie depuis l’intérieur sans déclencher une guerre classique  . • Des études montrent que Taïwan reste beaucoup plus préoccupée par ces manipulations que par une invasion armée dans l’immédiat, sauf déclaration formelle d’indépendance 
.
Taiwan et l’Union Européenne : une convergence de défense démocratique • Lors de leur visite, les députés européens ont déclaré à Taïwan « You are not alone », affirmant que l’UE est prête à coopérer sur les questions de cybersécurité, lutte contre la désinformation et résilience démocratique .


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Le Mystère Milei ...


🇦🇷 Qui est Javier Milei et comment a-t-il lancé l’économie de l'Argentine ?

Économiste et enseignant formé à l’Université de Belgrano et à Torcuato di Tella, ancien consultant financier et figure médiatique reconnue pour son style flamboyant et anti‑establishment . Président d’extrême droite/libertarien, élu fin 2023 avec 55,65 % des voix. Il se qualifie d’anarcho‑capitaliste, épris de l’école autrichienne (Friedman, Hayek, Rothbard) Il a pour passion le judaïsme tet soutient Israël et va bientôt inaugurer l'Ambassade d'Argentine à Jérusalem .

📉 Stabilisation macroéconomique : scores mitigés mais encourageants

L’inflation record (près de 289 % en avril 2024) est redescendue autour de 2 % mensuel en début 2025, marquant une chute spectaculaire du rythme de la hausse des prix . Désinflation annuelle estimée entre 18 % (gouvernement) et 45 % (FMI) en 2025 . Premier excédent budgétaire en plus d’une décennie, grâce à des coupes drastiques dans les dépenses publiques (réduction de 30 à 35 %) et la suppression de nombreux ministères et emplois publics .

📈 Reprise économique : croissance et secteurs moteurs

L’économie montre des signaux de rebond : croissance annualisée de +5 % attendue mi‑2025 selon le FMI, +5,8 % confirmée pour mai 2025 d’après Reuters, malgré un repli attendu en fin de période . Vaca Muerta, gigantesque gisement de pétrole et gaz de schiste, est au cœur du plan de croissance. Production en hausse de 28 % en un an grâce à la dérégulation, exonérations fiscales et levée des contrôles .

⚠️ Côté social : tensions et fragilités persistantes

La pauvreté a bondi jusqu’à près de 53 % début 2024, avant de redescendre autour de 38 % fin 2024 selon l’INDEC. L’université Torcuato Di Tella estimait 36,8 % . Le taux de chômage est reparti à la hausse (7,9 % en 2025), avec une croissance importante de l’emploi informel (+224 000 emplois) tandis que l’emploi public chute de 50 000 postes . La demande intérieure reste faible : consommation et investissement encore en retrait, pouvoir d’achat des salariés du secteur privé peine à rattraper l’inflation .

🧠 Compétences et stratégie : coup de poker ou transition réussie ?

✔️ Points forts

Réduction drastique de l’inflation et sortie du déficit en un temps record. Réduction étatique, relance du secteur privé, signal clair aux marchés et au FMI . Croissance soutenue, retour des investissements, et développement du gisement Vaca Muerta comme moteur économique .

⚠️ Limites et risques

Forte polarisation politique : opposition syndicale et sociale, grèves, critiques sur les coupes sociales . Dépendance aux prix mondiaux des hydrocarbures, volatilité macroéconomique, nécessité d’investissements externes . Fragilité du système de change libre, interventions récentes contre les banques et marchés de dollar futur relativisent le discours absolu du laissez-faire .

En résumé

Milei réussit pour l’instant le pari de stabiliser une économie au bord du chaos : au prix d’une austérité sévère, il a endigué l’inflation, relancé la croissance et convaincu le FMI de soutenir son programme. Toutefois, le coût social est lourd, les tensions politiques fortes, et la reprise reste fragile et très dépendante de la politique énergétique. L'avenir nous dira si sa méthode perdurera ... ses ennemis sont nombreux...


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lundi 21 juillet 2025

Montaigne et le Marranisme ... La Renaissance ouvre enfin ses portes

Le Marrane est pourchassé par l’Eglise et par l’Inquisition … En Espagne et au Portugal s’ils sont découverts ils passent devant un tribunal et sont en général brûlés en place publique
Ceux que l’on appelle les crypto-juifs se cachent ou s’expatrient à Bordeaux, et en Guyenne, qui étaient à cette époque un des rares havres partiels de tolérance, due à la présence de protestants, où plusieurs familles marranes s’installèrent discrètement.
Ils gardent leur secrets au fonds de leur âme et ne les trahissent pas.
Ce XVI ème siècle a vu naître un essain d'écrivains et de philosophes issus du Marranisme : Cervantes, Ricardo, Spinoza, Montaigne, Shakespeare, Rabelais et bien d'autres,

Grâce à eux c'est la Renaissance qui ouvre enfin le coeur des hommes,tout comme en Italie, les architectes et les peintres ... et les élogne des clercs qui oppriment le peuple. Voici un portrait narratif de Montaigne comme héritier spirituel marrane, suivi d’une mise en parallèle avec Spinoza et Uriel da Costa, deux penseurs issus explicitement du monde marrane.
🖋️
Michel de Montaigne, un philosophe marrane

Imaginez Montaigne, dans sa tour de verre et de livres, à la fin du XVIᵉ siècle, penché sur le monde comme sur lui-même. Il ne croit pas aux dogmes, pas plus qu’il ne croit aux certitudes de la raison. Mais il écrit pour se connaître, et surtout pour survivre intérieurement dans un monde qui opprime par la vérité ambiante.
Il dit :
« Je suis moi-même la matière de mon livre. »

Et pourtant, il se cache. Il esquive. Il laisse entrevoir sans jamais tout dire. C’est un homme de seuil, de frontière, de demi-lumière. Exactement comme les marranes, ces Juifs convertis contraints à vivre entre deux mondes, entre deux vérités : celle qu’on affiche et celle qu’on garde en soi.

Montaigne est très lié à des penseurs juifs ou philosémites de son temps, comme Étienne de La Boétie, qui traduisit Le Contr’un, mais aussi par son admiration pour Sénèque, souvent perçu par les marranes comme un stoïcien “compatible” avec leur pensée crypto-judaïque.

Sa mère, se nomme Antoinette de Louppes, elle est issue de la péninsule ibérique, son nom : Loupés / Lopes / Lopez figure sur les listes inquisitoriales de juifs convertis d’Espagne et du Portugal. Elle vient de cette tradition — et s’il ne la mentionne jamais, ce n’est peut-être pas par oubli. ni par pudeur, C’est peut-être par honneur du silence, ce silence qui protège ce que le monde veut effacer ... La Mancha, la tare (celle d'être juif) de Cervantès.

Il parle de son père issu lui aussi du monde marrane Son patronyme, Eyquem, est rattaché à des familles conversos installées dans le sud-ouest (région de Bordeaux. Son grand-père a été un nouveau chrétien espagnol naturalisé français, et certains indices suggèrent une tolérance inhabituelle envers les juifs dans sa famille (à une époque d’hostilité généralisée).

Montaigne et Spinoza,

👉 Les deux sont solitaires dans leur pensée, persécutés en silence ou en acte, et fondent chacun une forme de liberté intérieure héritée du monde marrane.

Chez Montaigne, cette liberté est douce, sceptique, prudente.

Chez Spinoza, elle est radicale, presque révolutionnaire.

Montaigne et Uriel da Costa : le philosophe contre les prêtres

Uriel da Costa, autre marrane portugais, vécut entre Amsterdam et Hambourg. Comme Montaigne, il remet en cause les religions officielles, mais paie au prix fort sa liberté : excommunié, humilié publiquement, il finit par se suicider. Or, Uriel da Costa écrit en 1623 un texte intitulé : « Examen de la tradition pharisienne » — où il nie la validité de toute loi religieuse en dehors de la raison naturelle. Sa formule clé : « La religion naturelle suffit ; les lois humaines oppriment. » Ce que da Costa ose dire, Montaigne le suggère avec pudeur. Il écrit : « Il se faut prêter à autrui, et ne se donner qu’à soi. » « Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine. »

👉 Tous deux dénoncent les institutions qui emprisonnent l’âme sous prétexte de vérité.

👉 Tous deux valorisent la conscience personnelle au-dessus des traditions imposées.

Le marranisme comme posture philosophique

Le marranisme, au-delà d’un statut historique, devient chez ces penseurs une posture de l’esprit :

Vivre dans le doute mais ne pas renoncer à chercher

Dissimuler ce que l’époque interdit, sans se trahir

Ne pas croire aux apparences, mais croire en l’intériorité

Refuser le fanatisme, qu’il soit théologique, politique ou rationnel

Montaigne fut issu du monde marrane, alors sa formule « Philosopher, c’est apprendre à mourir » n’est pas seulement un écho stoïcien, mais aussi un cri discret, une affirmation de la liberté intérieure face à la persécution, une pratique de la lucidité dans un monde d’oppression religieuse.

« Philosopher, c’est apprendre à mourir », dit-il.

Pour un marrane, cela signifie peut-être : vivre en vérité, dans un monde qui veut ta mort spirituelle Cette phrase devient alors une profession de foi discrète d’un homme libre, nourri de Socrate, de Sénèque, de Platon, mais peut-être aussi — en silence — du Deutéronome, de Kohélet ou du Zohar.

Vivre mieux en pensant à la mort

Montaigne insiste : c’est en acceptant notre finitude que nous devenons capables de vivre pleinement. Il écrit : « Qui a appris à mourir, a désappris à servir. » Celui qui ne craint plus la mort ne craint plus rien — il devient libre. La philosophie comme sagesse pratique Montaigne rejette la philosophie purement spéculative. Il défend une philosophie expérientielle, vécue, enracinée dans la condition humaine, où la pensée sur la mort n’angoisse pas, mais apaise et libère.

Montaigne est le prototype discret du philosophe marrane : Il ne clame pas sa différence, il l’incarne dans le ton même de ses Essais — Discret, humbles, fragmentés, libres.

La dissimulation et l’intériorité

Les marranes pratiquaient un double langage : en apparence catholiques, ils conservaient en secret certains rites ou une fidélité spirituelle au judaïsme.

👉 Apprendre à mourir, chez Montaigne, c’est aussi cultiver une conscience intérieure libre, affranchie des simulacres extérieurs — résister à l’oppression par la lucidité.

Une sagesse juive en filigrane

La tradition juive enseigne aussi que le souvenir de la mort (זְכֹר אַחֲרִיתְךָ, z’khor acharitkha – “souviens-toi de ta fin”) pousse à la justice, à l’humilité et à la vérité.

👉 Cette éthique de la responsabilité face à la finitude, chez Montaigne, pourrait faire écho à cette pensée — même s’il ne cite jamais directement de source juive.

Un Montaigne “crypto-humaniste”

Montaigne est profondément sceptique, tolérant, hostile aux dogmes et ami des minorités persécutées. Cela l’a rapproché du type d’humanisme que développaient certains marranes dans la clandestinité — un humanisme de la conscience, de la prudence, de l’ironie face au pouvoir religieux.

On retrouve cette posture chez :
Luis de León, poète marrane espagnol, emprisonné par l’Inquisition ;

Isaac Cardoso, philosophe juif portugais converti puis redevenu ouvertement juif ;

Baruch Spinoza, héritier tardif de cette tension, pour qui penser la mort conduit à affirmer la vie.

Une étoile marrane dans le ciel de la Renaissance

Michel de Montaigne n’est pas Spinoza. Il n’est pas da Costa. Il n’est pas un “Juif” revendiqué. Mais s’il est, par sa mère, un descendant des conversos ibériques, alors ses Essais sont l’expression la plus lumineuse d’un judaïsme invisible, d’un judaïsme de conscience, d’exil, de mémoire, on peut faire le parallèle avec le Don Quichotte de Cervantes qui est la lutte souterraine contre l'inquisition, cette luttte contre les Moulins à vent ...

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Vers l'interdiction des voitures fabriquées en Chine par Israël


Tout comme les smartphones HUWAI, voici ce qu’il est avéré,pour les voitures chinoises (sur la base des sources médiatiques et des expertises israéliennes actuelles) :

Quota des véhicules chinois stoppé en Israël

• En juillet 2025, Israël a suspendu l’approvisionnement de véhicules électriques chinois, notamment le BYD Atto 3, destinés aux officiers de l’IDF (Forces de défense israéliennes) . • Plus de 600 voitures chinoises (MG ZS EV, Chery Tiggo 8) avaient déjà été déployées à des fins officielles, y compris à proximité du ministère de la Défense à Tel Aviv   . • L’annonce a précisé que les nouveaux BYD Atto 3 prévus pour les officiers de lieutenant-colonel n’ont jamais été mis en service, le système d’e‑Call (appel d’urgence automatique) ayant été désactivé de force dès réception   .

Réserves officielles : voitures comme plateformes d’espionnage • Selon le Dr. Harel Menashri, ancien chef cyber du Shin Bet (service de renseignement intérieur israélien), ces voitures chinoises fonctionnent comme plateformes mobiles de renseignement. Elles peuvent collecter des données vidéo, audio, géolocalisation et biométriques, et les transmettre à des serveurs en Chine . • Des documents affirment qu’aucune technologie chinoise ne semble exempte de transmission de données secrètes à ses entités nationales, d’où des inquiétudes accrues dans le cadre militaire   .

Mesures de confinement dans les bases militaires • Dans une base de l’IDF (C4I Corps à Tzrifin), les véhicules chinois électriques ont été relégués à un parking distinct, marqué d’un autocollant spécifique pour les surveiller, bien qu’un élargissement de cette mesure à tous les véhicules électriques ait récemment été envisagé . • L’objectif : limiter toute fuite de données sensibles via les voitures stationnées à proximité des zones sensibles.

Contexte global et comparatifs • Le gouvernement américain a antérieurement imposé un embargo total sur les véhicules électriques chinois, soulignant qu’ils pouvaient être contrôlés ou désactivés à distance . • Des experts israéliens soulignent que le risque touche toute technologie connectée chinoise : caméras, drones, routeurs, aspirateurs — tous potentiellement des vecteurs de collecte de données  .

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