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dimanche 3 août 2025

New York bientôt dans les bras d'un Maire islamiste (FR) JBCH N° 179

Comment la plus grande juive du Monde va tomber dans les mains d'un antisémite notoire,  en effet, 37 % des Juifs new-yorkais soutiennent malgré tout Zohran Mamdani, malgré des inquiétudes sur ses positions concernant l’antisémitisme et Israël. Ce chiffre traduit un phénomène complexe d’adhésion partielle et de divisions internes profondes.






Zohran Mamdani à la mairie de New York : 

fracture juive et basculement idéologique




L’ascension d’un candidat controversé dans une ville sous tension



La récente victoire aux primaires démocrates de Zohran Mamdani comme futur maire potentiel de New York marque un tournant politique retentissant. Militant de gauche radicale, soutenu par des mouvements socialistes, anti-coloniaux et pro-palestiniens, Mamdani incarne un courant de pensée de plus en plus présent dans les grandes métropoles américaines : déconstruction de l’ordre établi, critique du capitalisme urbain, et rejet assumé des alliances géopolitiques traditionnelles.


Ce qui frappe particulièrement est le décalage entre son profil et le tissu historique de New York. Ville aux identités multiples, New York abrite la plus grande population juive en dehors d’Israël, une communauté historiquement attachée à la sécurité, au pluralisme démocratique, et à la mémoire des persécutions. 


Mamdani, dont les prises de position sur Israël sont jugées hostiles, voire complaisantes à l’égard de discours antisémites masqués en antisionisme, suscite logiquement une vive inquiétude… et pourtant, une nouvelle enquête d’opinion révèle que 37 % des Juifs new-yorkais le soutiennent.


Ce paradoxe soulève une question de fond : comment en est-on arrivé à une telle fracture au sein même de la communauté juive new-yorkaise, dans la ville qui fut longtemps son bastion culturel, politique et spirituel ?






Le soutien juif à Mamdani : un symptôme de divisions idéologiques profondes



Le sondage révélant qu’un peu plus d’un tiers des Juifs new-yorkais soutiennent Zohran Mamdani, malgré ses prises de position controversées, illustre une mutation générationnelle et idéologique. Cette adhésion n’est pas un simple accident politique : elle s’ancre dans un glissement progressif de certains cercles juifs vers un progressisme radical.





Plusieurs dynamiques sont à l’œuvre :



Génération identitaire et rejet de l’autorité traditionnelle



De nombreux jeunes Juifs, éduqués dans les campus libéraux et engagés dans les mouvements dits de justice sociale, s’identifient à des combats intersectionnels où le soutien aux minorités opprimées prime sur la solidarité intra-communautaire. 


Dans cette logique, l’État d’Israël est souvent perçu comme un “oppresseur” et les anciens codes de vigilance communautaire sont balayés comme “réactionnaires”. Ils se trompent de combat, se faisant bercer par une idéologie islamiste perfide et financer par des fonds qataris.



Désillusion face au centrisme démocrate



Les figures modérées du Parti démocrate, jugées responsables des inégalités et de la gentrification, sont rejetées. Mamdani apparaît alors, pour certains Juifs progressistes, comme le symbole d’un renouveau, d’un engagement sincère pour les démunis, contre la corruption, pour la justice climatique et contre la brutalité policière. 


Ce soutien se fait malgré, et non à cause de, ses positions sur Israël – dans une logique de hiérarchisation morale des luttes.



Ambiguïté volontaire autour d’Israël et de l’antisémitisme



Mamdani se garde bien d’attaques frontales contre les Juifs ; il préfère dénoncer “le sionisme”, ou “l’apartheid israélien”, tout en se déclarant “antiraciste” et “antifasciste”. 


Cette rhétorique ambivalente séduit une partie de la jeunesse juive qui veut être du “bon côté de l’histoire” et qui ne distingue plus l’antisionisme militant de l’antisémitisme latent. En fait le juif américain s'éloigne de plus en plus du judaïsme, et cède aux sirènes d'une extrème gauche conduite par un Sénateur juif: Bernie  Sanders .








Les risques d’un mandat Mamdani : pour New York et au-delà







L’élection probable de Mamdani à la mairie de New York serait bien plus qu’un fait local. Elle pourrait entraîner des répercussions nationales, tant au sein du Parti démocrate que dans l’ensemble de la vie politique américaine.



Polarisation accrue du Parti démocrate



La victoire de Mamdani renforcerait l’aile gauche du parti au détriment de son centre. Les élus comme Alexandria Ocasio-Cortez ou Ilhan Omar trouveraient en lui un allié de poids pour imposer leur ligne radicale, notamment sur les questions internationales. Le camp modéré, lui, pourrait se marginaliser, voire céder des électeurs aux Républicains.



Remise en question du soutien américain à Israël



Si la plus grande ville des États-Unis était dirigée par un élu aux positions ouvertement critiques envers Israël, cela constituerait un signal inquiétant pour l’alliance historique entre Washington et Jérusalem. Cela conforterait les lobbys anti-israéliens, affaiblirait les relais pro-israéliens au sein du Parti démocrate, et influencerait l’opinion publique, notamment dans les jeunes générations.



Climat d’insécurité communautaire


Les positions ambivalentes de Mamdani sur l’antisémitisme pourraient favoriser un relâchement de la vigilance institutionnelle. La tolérance accrue envers des discours hostiles aux Juifs – masqués sous couvert de critique d’Israël – pourrait accroître le sentiment d’insécurité, en particulier dans les quartiers où la communauté juive est déjà cible de violences ou d’agressions.



Existe-t-il un contrepoids ?



La dynamique actuelle n’est pas irréversible. Plusieurs forces peuvent jouer un rôle de rappel ou de frein :


  • Les institutions juives modérées, aujourd’hui fragilisées, pourraient retrouver une voix plus ferme pour défendre l’universalité de la lutte contre l’antisémitisme, sans se laisser enfermer dans une ligne partisane.
  • La majorité silencieuse des électeurs new-yorkais, y compris des Juifs non militants, pourrait se mobiliser lors de l’élection générale, si la peur de l’insécurité ou le rejet de l’idéologie radicale devient plus fort que l’enthousiasme progressiste.
  • Au niveau national, cette élection pourrait servir d’électrochoc au sein du Parti démocrate, forçant une clarification stratégique à l’approche de 2026 et 2028.


Un test pour la démocratie américaine 

et la cohésion communautaire



L’irruption de Zohran Mamdani sur la scène politique new-yorkaise n’est pas seulement une affaire de personnalité ou de parti. Elle reflète une crise plus profonde de repères, de valeurs et d’identité, tant au sein de la communauté juive qu’au cœur du camp démocrate. Le fait qu’un tiers des Juifs new-yorkais puissent soutenir un candidat dont les positions sur Israël et l’antisémitisme sont au minimum ambiguës est un symptôme inquiétant d’un effondrement des digues historiques.


Ce moment politique pourrait être le prélude à une recomposition du paysage américain, où les vieilles alliances communautaires, les fidélités idéologiques et les clivages politiques traditionnels volent en éclats. 


Mais il pourrait aussi servir d’alerte, de déclencheur pour un retour à la lucidité, au pluralisme authentique et au refus des extrêmes – quels qu’ils soient., Je l'espère de tout mon coeur, mais sur ce problème, je suis pessimiste.







🇺🇸 A new poll shows Jewish New Yorkers split on mayoral candidate Zohran Mamdani, with 37% backing him despite concerns over his stance on antisemitism and Israel.

© 2025 JBCH. Reproduction interdite sans autorisation.


Une Ukraine qui ne se met pas à genoux (FR). JBCH N° 178


Une cible stratégique à 1 000 km du front : 

un symbole de montée en puissance ukrainienne


Drone d'attaque longue distance ukrainien

Des  drones de la Direction du renseignement ukrainienne (HUR) ont frappé la raffinerie de Novokuibyshevsk, située dans l’oblast de Samara, à environ 900 km des lignes de front  . Cet acte frappe les esprits : Le choix d’une cible aussi éloignée démontre une capacité offensive renforcée, dépassant toutes attentes logistiques.


La raffinerie est l’un des dix plus grands sites de raffinage en Russie, avec une capacité annuelle de 8,8 millions de tonnes, soit environ 1,34 % du rendement national  .





Cruciale pour la production de carburant aéronautique de qualité RT, elle alimente notamment les avions Su‑27 et Tu‑22M3, utilisés dans les frappes sur l’Ukraine  .


L’impact psychologique est immédiat : monter jusqu’au cœur de la logistique russe, jusque dans une région paisible, est un message fort. 


L’attaque n’est pas seulement matérielle, elle est symbolique, et démontre l’évolution tactique des forces ukrainiennes vers une guerre asymétrique à longue portée.



Quelle importance économique et militaire ? Une vulnérabilité majeure exposée



L’arrêt partiel ou la destruction de cette raffinerie provoquerait plusieurs effets immédiats :


  • Sur le plan énergétique, une réduction durable de capacité (comme cela a déjà été observé sur la raffinerie voisine de Kuibyshev, où un des deux modules principaux a été mis hors service, réduisant la production de moitié) affaiblit la capacité russe à fournir du carburant aux armements et à l’économie civile  .
  • D’après des estimations récentes, les attaques menées entre janvier et mars 2024 ont déjà réduit la capacité de raffinage russe de 7 %, soit environ 4,6 millions de tonnes perdues, notamment dans les sites de Samara, Ryazan, Syzran… et surtout Kuibyshev/Novokuibyshevsk  .
  • L’impact militaire est clair : moins de carburant pour les avions de guerre, les hélicoptères, les véhicules blindés. Les frappes ciblant Novokuibyshevsk visent explicitement le carburant pour les avions de combat et supersoniques, réduisant la portée opérationnelle de l’armée russe  .






L’économie russe, dépendante à plus de 40 % de ses exportations d’hydrocarbures pour son budget fédéral, est particulièrement vulnérable à ce type d’action ciblée  . 


Le succès de ces attaques sape non seulement la capacité logistique, mais aussi les revenus tirés de l’exportation pétrolière, éléments vitaux pour soutenir l’effort de guerre.


Attaques ukrainiennes sur un convoi pétrolier



Conséquences globales et possibles répercussions géopolitiques



Effet domino sur la logistique militaire



Si Novokuibyshevsk reste endommagée, d’autres raffineries situées derrière l’Oural pourraient devenir des cibles prioritaires. 


Le fait qu’Ukraine touche des installations à plus de 1 000 km montre que des sites stratégiques comme Kazan, Omsk ou Tomsk peuvent être vulnérables.



Tension sur les marchés pétroliers



Des attaques répétées sur l’infrastructure énergétique russe peuvent générer une instabilité des prix mondiaux, affectant non seulement la Russie, mais aussi les pays acheteurs. 


Une baisse durable de la production raffinée pourrait impacter les prix du carburant international, amplifiant les tensions géopolitiques.


Bateau fantôme transportant discrètement du pétrole en Inde

l’Inde qui est devenu l’intermédiaire privilégie par Moscou en raffinant le pétrole russe pour les chinois et s’est vue imposer des taxes exorbitantes de 25% ! …




Pression sur le moral russe



Ces frappes affaiblissent le discours de la stabilité interne. Moscou prétend maintenir ses lignes arrière à l’abri. 


Mais les explosions visibles à Samara, ville à mille kilomètres du front, diffusées en vidéo et en images, démystifient ce récit et favorisent la perception d’un État vulnérable.



Adaptation du conflit



Ukraine affirme agir en représailles aux attaques russes sur ses villes, notamment après des bombardements de masse à Kyiv ayant fait des dizaines de morts  . 


Ce programme intensif de frappes sur l’infrastructure russe marque un tournant : la guerre entre dans une phase stratégique visant à affaiblir la machine de guerre adverse, bien au-delà des zones frontalières.


L’attaque sur la raffinerie de Novokuibyshevsk, l’une des plus puissantes de Russie, représente un tournant. 


D’une part, elle valide la progression logistique ukrainienne vers des frappes profondes et ciblées. 


D’autre part, elle met en lumière la vulnérabilité stratégique de la Russie, dont l’économie et la capacité militaire dépendent fortement de ses infrastructures pétrolières.

Si la capacité de production est durablement réduite, cela pourrait accélérer le déclin de la projection aérienne russe, tout en fragilisant son modèle économique. 


Mais cela pourrait aussi provoquer des représailles, une escalade énergétique et une augmentation des tensions au niveau international.


L’Ukraine confirme ici son passage à une guerre indigène et technologique : en frappant les arrières de l’ennemi, elle passe de la survie à la stratégie, forçant la Russie à défendre ses infrastructures vitales bien au-delà de la ligne de front.


Poutine n’a plus que quelques jours afin de répondre à l’initiative de Trump. 


L’ingéniosité technologique des ukrainiens n’est plus à démontrer et nous réservera de grosses surprises dans les prochains mois.


© 2025 JBCH. Reproduction interdite sans autorisation.





Les USA imposent 39 % de droits de douane à la Suisse (FR). JBCH N° 177

L’isolement helvétique à l’épreuve des rapports de force mondiaux


L’annonce récente de droits de douane américains atteignant 39 % sur les exportations suisses a résonné comme un coup de tonnerre dans la presse helvétique. 


Le Conseil  fédéral avait pourtant décidé d'acheter 36 avions de combat F-35A du fabricant Lockheed Martin et cinq unités de feu Patriot produites par l'entreprise américaine Raytheon, cela n’a pas suffi à calmer les prétentions de l’administration Trump.





Placé au centre de l’Europe, entre la France, l’Allemagne, l’Italie, l'Autriche et le Lichtenstein,  un pays de dix millions d’habitants, ayant quatre langues officielles, divisé en cantons indépendants réunis dans une Confédération,  est profondément dépendant de ses exportations (machines-outils, montres, produits pharmaceutiques, industrie d’armement et tourisme).



Cette mesure protectionniste américaine du 1er Août 2025 rappelle  crûment le jour de la fête de son indépendance, la fragilité stratégique d’un petit État seul face aux géants commerciaux mondiaux.





Pendant longtemps, la Suisse a cultivé un modèle d’indépendance : ni membre de l’UE, ni de l’OTAN, mais associée par de multiples accords bilatéraux. 


Ce modèle de “neutralité active”, valorisé pour sa stabilité et sa souplesse, semble aujourd’hui atteindre ses limites. 


Dans un monde devenu multipolaire, l’absence d’un poids politique collectif expose la Suisse aux décisions unilatérales de puissances comme les États-Unis ou la Chine, qui peuvent agir sans craindre de représailles.


La Suisse n’est pas un acteur isolé économiquement — elle est bien intégrée dans l’Espace Schengen et le marché européen via des accords bilatéraux — mais elle est isolée institutionnellement et politiquement, ce qui l’empêche de peser dans les négociations globales. 


Ce que démontre ce bras de fer douanier : Washington impose, Berne subit.


Karin Keller-Sutter Conseillère fédérale rejette cette position "absurde" et souhaite relancer les négociations.


Le dilemme stratégique : souveraineté ou influence ?


Face à cette vulnérabilité croissante, plusieurs voix s’élèvent en Suisse, non pas pour une adhésion immédiate à l’Union européenne, mais pour un repositionnement stratégique, plus aligné avec les grands blocs continentaux. La pression américaine agit ici comme un catalyseur. 


Les secteurs économiques, les milieux académiques et certains partis politiques suisses plaident pour un nouveau dialogue avec Bruxelles, voire pour une relance du débat sur l’adhésion, gelé depuis la fin des années 1990.


L’UE, malgré ses lenteurs et ses divisions, représente pour la Suisse un marché naturel, stable, transparent, avec lequel elle réalise plus de 60 % de ses échanges. 


Être membre de l’Union signifierait pour la Suisse l’accès automatique à la prise de décision, à la législation communautaire et aux mécanismes de défense commerciale. 


Cela éviterait des situations où Berne doit adapter ses lois à Bruxelles sans avoir voix au chapitre — comme c’est déjà le cas aujourd’hui.


D’un point de vue géopolitique, un rapprochement renforcé permettrait à la Suisse de renouer avec un multilatéralisme pragmatique, tout en conservant une partie de son autonomie dans les domaines sensibles (neutralité militaire, fiscalité, banques).


Pour l’Union européenne, la Suisse représente un atout de stabilité, de prospérité et de technologie de pointe. 


Son adhésion renforcerait la cohésion du bloc en Europe centrale et alpine, en intégrant une économie performante, mais aujourd’hui périphérique. 


Sur le plan politique, cela serait également un signal fort de cohésion face aux tentatives de fragmentation externe (pression russe, guerre commerciale transatlantique).



Vers une nouvelle ère helvétique ? 

Avantages, risques et scénarios



Une entrée de la Suisse dans l’Union européenne ne serait pas sans coûts : perte de souveraineté sur certains points de régulation, contribution budgétaire à Bruxelles, participation à des compromis politiques qui heurteraient parfois la culture consensuelle suisse. 


Le risque existe aussi de décevoir une partie de l’électorat très attachée à l’indépendance institutionnelle, notamment dans les cantons alémaniques plus conservateurs.


Mais face à cela, les avantages sont considérables :

  1. Poids collectif dans les négociations mondiales, notamment face aux États-Unis et à la Chine.
  2. Sécurité économique : accès garanti au marché intérieur européen, sans risque de ruptures unilatérales d’accords bilatéraux.
  3. Partage de la souveraineté sur les sujets globaux (climat, énergie, numérique, migration), plutôt qu’un isolement sans levier.



L’Union, quant à elle, bénéficierait d’un partenaire stable, économiquement robuste, technologiquement avancé, qui renforcerait son poids diplomatique et économique. 


Dans le contexte de Brexit et de montée des populismes, une adhésion suisse serait un signal positif pour le projet européen, une preuve que l’Europe reste attractive.


Le bras de fer douanier avec Washington souligne une réalité : la Suisse ne peut plus se permettre d’être seule dans un monde dominé par des blocs. 


Ce n’est plus un choix idéologique, mais une nécessité stratégique. 


Le moment est peut-être venu pour la Confédération helvétique de redéfinir son identité européenne. 


Non plus en marge, mais au cœur du projet commun, dans une position de force négociée, au bénéfice mutuel.


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