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lundi 8 septembre 2025

Le Grand Barrage en Ethiopie (FR, EN, ES, HE). JBCH N° 344


Le  Nil est bien source de vie, ce Dieu vivant a nourri pendant des milliers d'années les égyptiens, et quand les soviétiques ont construit pour Nasser le fameux barrage d'Assouan, j ai cru à la Grande catastrophe, on ne maîtrise pas un Dieu de cette façon. 

Mais voila qu'en aval, l'Ethiopie (Pays de Koush dans la Bible), décide de construire un nouveau barrage, les soudanais et les égyptiens s'inquiètent, les voilà dépendant d'un pays qui peut à tout moment couper le robinet ! 

Le Majestueux Nil Bleu se réinscrit dans dans la géopolitique africaine, voire mondiale ...

Un projet pharaonique au cœur de l’Afrique


Le Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD), lancé en 2011, et inauguré ce mois-ci est le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique. Situé sur le Nil Bleu, il symbolise la volonté de l’Éthiopie de s’émanciper de sa dépendance énergétique et de s’imposer comme puissance régionale. Avec une capacité de production de 5 000 MW et un réservoir de 74 milliards de m³, il peut transformer l’économie du pays en fournissant de l’électricité à plus de 100 millions d’habitants et en exportant vers les pays voisins.


Pour les Éthiopiens, ce barrage n’est pas seulement un outil technique, mais une fierté nationale : un chantier financé en grande partie par des ressources locales, et présenté comme une revanche historique sur des siècles de pauvreté et de dépendance.

Mais ce rêve est perçu comme une menace existentielle par l’Égypte, qui dépend du Nil pour 95 % de son eau. Le remplissage du réservoir fait craindre une chute du débit disponible, surtout en période de sécheresse. Le Soudan, lui aussi, redoute des conséquences sur ses propres barrages et ses systèmes d’irrigation.


Ces inquiétudes ont conduit à une escalade verbale : certains responsables égyptiens ont évoqué une intervention militaire si l’approvisionnement en eau venait à être compromis. L’eau, ressource vitale, devient ainsi un instrument de pouvoir et de conflit.


Depuis plus d’une décennie, des négociations ont été menées sous l’égide de l’Union africaine, avec l’appui des États-Unis, de l’ONU et de l’UE. Mais les pourparlers bloquent régulièrement sur deux points : la vitesse de remplissage du réservoir, les mécanismes de partage en cas de sécheresse.


L’Éthiopie a choisi une stratégie de fait accompli en remplissant progressivement le réservoir, malgré les protestations de ses voisins. Elle promet que le GERD réduira les inondations soudanaises et stabilisera le débit du fleuve, mais la méfiance reste totale au Caire et à Khartoum.

Le rôle discret d’Israël


Derrière les acteurs principaux (Éthiopie, Égypte, Soudan, Chine, Italie), Israël joue un rôle indirect mais stratégiqueTechnique : ses experts en gestion de l’eau (dessalement, irrigation, réservoirs) ont apporté un soutien discret, parfois en partenariat avec des firmes européennes. Sécuritaire : des sociétés israéliennes privées auraient fourni des radars, systèmes de surveillance et même des moyens anti-aériens pour protéger le barrage face à d’éventuelles attaques. Diplomatique : Israël tente un équilibre subtil, entre soutien à l’Éthiopie (alliée stratégique dans la Corne de l’Afrique) et préservation de sa coopération avec l’Égypte, partenaire essentiel depuis les accords de Camp David.


Ces interventions ont alimenté les accusations égyptiennes selon lesquelles Israël chercherait à affaiblir Le Caire en soutenant le barrage. Mais en réalité, Jérusalem se positionne surtout comme un médiateur discret et un acteur pragmatique, soucieux de protéger ses propres intérêts régionaux.


Comme pour les drones en Ukraine, le GERD concentre promesses et menaces : Économiques : il peut faire de l’Éthiopie un hub énergétique régional. Politiques : il modifie les rapports de force dans le bassin du Nil. Sécuritaires : il devient un point de tension potentielle pouvant déboucher sur un conflit. Environnementaux : son impact sur l’écosystème du Nil reste incertain.


Pour Israël, ce projet illustre un dilemme stratégique : renforcer son ancrage en Afrique via l’Éthiopie tout en évitant de rompre avec l’Égypte, partenaire clé pour Gaza et la stabilité régionale.

Le Grand Barrage de la Renaissance est bien plus qu’un chantier d’infrastructures. Il est devenu : un symbole de modernité et d’indépendance pour l’Éthiopie, une menace existentielle pour l’Égypte, un terrain de jeu géopolitique pour des puissances comme la Chine, l’Italie, et en arrière-plan, Israël.


Le Nil, fleuve mythique, est désormais au cœur d’une bataille de souveraineté et d’équilibre stratégique. Le GERD illustre la tension entre le droit au développement d’un pays et le droit à la survie de ses voisins.


L’histoire jugera si ce géant d’acier et de béton deviendra un pont vers la coopération régionale, ou un détonateur de conflit dans une région où l’eau est plus précieuse que le pétrole.







 © 2025 JBCH. Tous droits réservés. Reproduction du texte interdite sans autorisation


Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog,  j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne



🇬🇧 English 


The Grand Ethiopian Renaissance Dam: Pride, Tensions, and Israel’s Shadow Role


1. A National Dream

In 2011, Ethiopia launched the Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD) on the Blue Nile, the largest hydroelectric project in Africa. With a height of 145 meters, a 1.8 km length, and a reservoir of 74 billion m³, the GERD aims to generate over 5,000 MW of electricity—enough to make Ethiopia an energy exporter.

For Ethiopians, the dam is more than infrastructure: it is a symbol of independence and modernity, largely financed by domestic resources.

Disputes Downstream

For Egypt, which relies on the Nile for 95% of its water, the GERD is an existential threat. A rapid filling of the reservoir could endanger agriculture, industry, and daily life. Sudan fears disruptions to irrigation and the functioning of its own dams.

Egyptian leaders have repeatedly warned that if their water security is threatened, they may consider military action. Thus, water becomes both a lifeline and a cause of conflict.

Diplomatic Struggles

Negotiations under the African Union, the UN, and the US have continued for over a decade. The main sticking points are:

  • The pace of filling the reservoir.

  • Drought-sharing mechanisms.

Ethiopia has proceeded with staged filling despite protests. It argues the dam will stabilize river flow, reduce floods in Sudan, and bring benefits to all. But mistrust remains profound.

Israel’s Role

Israel did not directly build the GERD, but it plays an indirect yet strategic part:

  • Technical: Israeli experts advised on water management, irrigation, and evaporation control.

  • Security: Israeli firms allegedly provided radars, surveillance systems, and air defense to protect the dam.

  • Diplomacy: Israel balances support for Ethiopia—a key ally in the Horn of Africa—with its crucial partnership with Egypt since Camp David.


Egyptian media often accuse Israel of backing the GERD to weaken Cairo, but its involvement reflects geopolitical pragmatism, not hostility.

Promise and Peril

The GERD embodies both opportunity and risk:

  • Economic: Potential regional energy hub.

  • Political: Shifts the balance of power on the Nile.

  • Security: A flashpoint for possible conflict.

The GERD is more than a dam. It is a strategic barometer for Africa and the Middle East. For Ethiopia, it is pride and progress; for Egypt, it is survival; for Israel, it is a delicate balancing act.


The Nile’s story is being rewritten—between cooperation, mistrust, and fragile diplomacy—with the GERD at its center.

🇪🇸 Español


La Gran Presa del Renacimiento Etíope: orgullo, tensiones y el papel de Israel

1. Un sueño nacional

En 2011, Etiopía lanzó la construcción de la Gran Presa del Renacimiento Etíope (GERD) sobre el Nilo Azul. Con 145 metros de altura, 1,8 km de longitud y un embalse de 74.000 millones de m³, el GERD puede generar más de 5.000 MW, convirtiendo al país en exportador de energía.

Para los etíopes, la presa es un símbolo de independencia y modernidad, financiada en gran parte con recursos nacionales.

Disputas aguas abajo

Para Egipto, que depende del Nilo para el 95% de su agua, el GERD es una amenaza existencial. Un llenado rápido del embalse podría afectar gravemente a la agricultura, la industria y la vida cotidiana. Sudán teme alteraciones en sus presas y sistemas de riego.

Los dirigentes egipcios han advertido que, si se pone en riesgo su seguridad hídrica, no descartan una respuesta militar. El agua se convierte así en una fuente de vida y de conflicto.

Diplomacia en tensión

Las negociaciones bajo la Unión Africana, la ONU y Estados Unidos llevan más de una década. Los puntos críticos son:

  • El ritmo de llenado del embalse.

  • Los mecanismos de reparto en épocas de sequía.

Pese a las protestas, Etiopía ha avanzado en el llenado por fases. Defiende que la presa reducirá inundaciones en Sudán, estabilizará el caudal y traerá beneficios comunes. Pero la desconfianza sigue siendo profunda.

El papel de Israel


Israel no construyó directamente el GERD, pero desempeña un papel indirecto y estratégicoTécnico: asesoría en gestión del agua, irrigación y control de evaporación. Seguridad: empresas israelíes habrían aportado radares, sistemas de vigilancia y defensa aérea para proteger la presa. Diplomático: equilibra su apoyo a Etiopía, un aliado clave en el Cuerno de África, con su alianza vital con Egipto desde Camp David.

Los medios egipcios acusan a Israel de “respaldar” el GERD para debilitar a El Cairo, pero su papel responde más a la pragmatismo geopolítico que a la confrontación.

Promesas y riesgos

El GERD encierra tanto oportunidades como amenazas: Económicas: un futuro centro energético regional. Políticas: reconfigura el poder en el Nilo. Seguridad: posible detonante de conflicto. Ambientales: impactos aún inciertos.

El GERD es más que una presa: es un termómetro estratégico para África y Oriente Medio. Para Etiopía es orgullo; para Egipto, supervivencia; para Israel, un acto de equilibrio delicado.

El futuro del Nilo se escribe hoy entre cooperación, desconfianza y diplomacia frágil, con el GERD como epicentro.


🇮🇱 גרסה בעברית

סכר התחייה האתיופי: גאווה, מתחים ותפקידה של ישראל

1. חלום לאומי

בשנת 2011 החלה אתיופיה בבניית סכר התחייה הגדול (GERD) על נהר הנילוס הכחול. זהו הסכר ההידרואלקטרי הגדול ביותר באפריקה: 145 מטרים גובה, 1.8 ק”מ אורך ומאגר של 74 מיליארד מ”ק, המסוגל לייצר מעל 5,000 מגה-ואט.

עבור האתיופים, מדובר ביותר מתשתית – זהו סמל לעצמאות ולמודרניזציה, שמומן ברובו על ידי העם עצמו.


2. חששות במורד הזרם

עבור מצרים, התלויה בנילוס עבור 95% ממי השתייה שלה, הסכר הוא איום קיומי. מילוי מהיר של המאגר עלול לפגוע בחקלאות, בתעשייה ובחיי היומיום. גם סודן חוששת מהשפעות על הסכרים שלה ועל ההשקיה.

מנהיגי מצרים הזהירו כי אם ביטחונם המימי ייפגע, הם עלולים לשקול תגובה צבאית. כך הופכים המים למקור של חיים וגם של עימות.


3. דיפלומטיה במבוי סתום

למעלה מעשור נמשכות שיחות בתיווך האיחוד האפריקאי, האו”ם וארצות הברית. נקודות המחלוקת:

  • קצב מילוי המאגר.

  • מנגנוני שיתוף פעולה בשנות בצורת.

אתיופיה ממשיכה במילוי בשלבים למרות ההתנגדות. היא טוענת כי הסכר יפחית הצפות בסודן ויביא תועלת לכולם. אולם חוסר האמון נותר עמוק.


4. תפקידה של ישראל

ישראל לא בנתה את הסכר ישירות, אך היא ממלאת תפקיד עקיף ואסטרטגי:

  • טכני: ייעוץ בניהול מים, השקיה וצמצום התאיידות.

  • ביטחוני: חברות ישראליות סיפקו לכאורה מכ”מים, מערכות פיקוח והגנה אווירית.

  • דיפלומטי: איזון בין התמיכה באתיופיה – בעלת ברית חשובה בקרן אפריקה – לבין הברית החיונית עם מצרים מאז קמפ-דיוויד.

בתקשורת המצרית מאשימים את ישראל כי היא “מאחורי” הסכר, אך בפועל מדובר בפרגמטיות גיאו-פוליטית ולא בעוינות ישירה.


5. הבטחות וסיכונים

הסכר מבטא גם הזדמנויות וגם איומים:

  • כלכליות: הפיכתה של אתיופיה למוקד אנרגיה אזורי.

  • פוליטיות: שינוי יחסי הכוחות סביב הנילוס.

  • ביטחוניות: מוקד אפשרי לסכסוך.

  • סביבתיות: השלכות ארוכות טווח אינן ידועות.


מסקנ

סכר התחייה האתיופי הוא הרבה יותר מפרויקט הנדסי – הוא מדד אסטרטגי לאפריקה ולמזרח התיכון. עבור אתיופיה זהו מקור גאווה; עבור מצרים – הישרדות; עבור ישראל – מהלך של איזון עדין.


עתיד הנילוס נכתב מחדש בין שיתוף פעולה, חשדנות ודיפלומטיה שברירית, כאשר הסכר נמצא במרכז הבמה.

dimanche 7 septembre 2025

Comment soulager un peuple après un tel traumatisme ? (FR, EN, ES, HE). JBCH N° 343


Depuis le 7 octobre 2023, Israël traverse une guerre prolongée et d’une intensité inédite. Plus d’un an et demi après le déclenchement des massacres du Hamas, les séquelles psychologiques sont profondes. 

La psychothérapeute Sarah Abelanski a mis en garde contre les dangers du déni psychologique dans une société où, malgré une apparente adaptation, une grande partie de la population vit dans l’angoisse, la peur et les traumatismes.

Elle observe un phénomène nouveau si les Israéliens ont toujours été confrontés au terrorisme et aux attentats imprévisibles, l’ère des missiles iraniens et des destructions massives d’immeubles a installé une peur différente : celle de la vulnérabilité des abris eux-mêmes. Une question lancinante traverse les esprits « Sommes-nous réellement protégés ? »


Les chiffres sont alarmants : 34 % de la population est totalement traumatisée, et 90 % des victimes n’osent pas demander de l’aide. Beaucoup minimisent leurs douleurs, se réfugient dans le quotidien ou prétendent aller « très bien », alors même qu’ils souffrent de symptômes de stress post-traumatique : insomnies, cauchemars, maux de tête persistants, anxiété chronique. Comme l’explique Abelanski, « on voit tellement pire qu’on relativise, mais parfois trop ».


Face à cette situation, une initiative exemplaire a vu le jour : l’Opération Sarah, cellule francophone d’urgence psychologique. Créée dans l’urgence par des thérapeutes EMDR, elle vise à soutenir les nombreux francophones d’Israël – une communauté estimée à 200 000 personnes – dont beaucoup ne maîtrisent pas suffisamment l’hébreu pour suivre une thérapie dans leur langue.


Le 7 octobre 2023, lors des attaques du Hamas contre Israël, de nombreuses femmes israéliennes ont été victimes de viols et sévices sexuels d’une brutalité extrême. Ces crimes ont été commis dans les kibboutzim, sur les routes et même lors de l’attaque du festival de Reïm. Les témoignages, preuves médico-légales et vidéos saisies par l’armée israélienne confirment la dimension systématique de ces violences. Plusieurs instances internationales, dont l’ONU, ont reconnu qu’il s’agissait de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ces actes atroces visent non seulement les victimes mais aussi la société entière, en instrumentalisant le corps des femmes comme arme de terreur.


L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une thérapie reconnue par l’OMS, la HAS et l’INSERM comme l’une des plus efficaces pour traiter les traumatismes. En quelques jours, plus de 100 psychologues et psychiatres francophones bénévoles du monde entier – de France, d’Israël, de Belgique, de Madagascar, des Pays-Bas ou encore de Nouvelle-Calédonie se sont mobilisés. Juifs et non-juifs, tous ont rejoint ce projet humanitaire.


Chaque personne éligible bénéficie de quatre séances gratuites en visioconférence, une aide souvent suffisante pour apaiser les symptômes aigus et éviter l’évolution vers un stress post-traumatique chronique.

Au-delà du drame et de la souffrance, l’histoire du peuple juif témoigne d’une extraordinaire capacité de résilience. Cette force intérieure, nourrie par la mémoire et la foi, réapparaît à chaque crise.

  • Après la Shoah, alors que six millions de Juifs avaient été exterminés, les survivants ont bâti des familles, recréé des communautés et, pour beaucoup, participé à l’édification de l’État d’Israël.

  • Lors des guerres israélo-arabes, notamment en 1948, 1967 et 1973, la société israélienne, bien que profondément marquée par les pertes, a toujours trouvé la force de se relever, de continuer à innover et de prospérer.

  • Même dans les périodes les plus sombres, comme lors des attentats-suicides des années 2000, Tel-Aviv et Jérusalem n’ont jamais cessé de vivre : les cafés ont rouvert, les concerts ont continué, la vie a repris son cours.


Aujourd’hui encore, au cœur d’une guerre prolongée, cette résilience collective se manifeste. Les Israéliens inventent des rituels de solidarité, comme les concerts improvisés pour les soldats, les repas cuisinés par des bénévoles pour les familles déplacées, ou encore les séances de soutien psychologique collectif dans les kibboutzim du Sud.


Comme le rappelle Sarah Abelanski, la première arme contre le traumatisme est de ne pas être dans le déni : accepter ses émotions, parler de ses angoisses, protéger les enfants avec des mots adaptés. C’est aussi maintenir une routine quotidienne, couper parfois avec l’actualité pour reprendre son souffle, et chercher du soutien.


Cette démarche n’est pas seulement individuelle, elle est communautaire. Les Juifs d’Israël et de la diaspora savent depuis des générations que la force se puise dans la solidarité et la mémoire partagée. Le traumatisme du 7 octobre et de la guerre n’effacera pas la vie, mais pousse à redéfinir une espérance.


Comme après chaque épreuve de son histoire, le peuple juif démontre que la douleur n’anéantit pas, mais peut devenir un moteur de reconstruction et d’avenir. La cellule « Opération Sarah » est un exemple concret de cette résilience vivante : transformer la souffrance en solidarité, la peur en accompagnement, et le chaos en fraternité.


L’attaque du 7 octobre 2023 et la guerre qui en découle ont plongé Israël dans une crise sans précédent. Mais elles révèlent aussi la puissance d’une société capable de se relever, de se réinventer et de rester fidèle à une vocation millénaire : transformer la douleur en vie. Comme le dit un proverbe juif : « Tant que nous respirons, nous espérons. »





 © 2025 JBCH. Tous droits réservés. Reproduction du texte interdite sans autorisation


Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog,  j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne


🇬🇧 English 


For more than a year and a half, Israel has been living under constant threat: terrorist attacks, rockets, and now Iranian missiles. This situation generates a psychological war that deeply affects society. According to psychotherapist Sarah Abelanski, about 34% of Israelis suffer from trauma symptoms, yet most do not seek help, often due to denial or minimization.


In the face of this hardship, the Jewish people display a unique capacity for resilience. After the October 7th massacres, initiatives like “Operation Sarah” emerged, a French-speaking emergency psychological unit offering free EMDR therapy sessions. Over 100 volunteer therapists from Israel, France, and beyond have joined forces, showing extraordinary solidarity.


This resilience has deep historical roots. After the destruction of the Temple, the diasporas, or even after the Holocaust, Jews managed to rebuild their lives and preserve their identity. The rebirth of Israel itself is the ultimate expression of this resilience.


Practical advice—maintaining routines, reducing news exposure, speaking openly about emotions—supports individuals. But beyond that, Jewish resilience is a collective force of renewal.


Even in times of fear, Israel demonstrates that pain can be turned into strength and survival into hope. As Isaiah wrote: “The people who walk in darkness will see a great light.”


🇪🇸 Español


La guerra psicológica y la resiliencia del pueblo judío


Desde hace más de un año y medio, Israel vive bajo una amenaza constante: atentados, cohetes, incursiones terroristas y ahora misiles iraníes. Esta situación genera una verdadera guerra psicológica que afecta a toda la población. Según la psicoterapeuta Sarah Abelanski, cerca del 34 % de los israelíes presentan síntomas de trauma, aunque la mayoría no pide ayuda, por miedo o por negación.


Frente a esta situación, el pueblo judío demuestra una capacidad única de resiliencia. Tras las masacres del 7 de octubre, surgieron iniciativas como la “Operación Sarah”, una célula de emergencia francófona que ofrece gratuitamente sesiones de terapia EMDR. Más de 100 terapeutas voluntarios de Israel, Francia y otros países se han unido, testimoniando la fuerza de una comunidad que se niega a rendirse.


Esta resiliencia hunde sus raíces en la historia: después de la destrucción del Templo, los exilios sucesivos o incluso la Shoá, los judíos supieron reconstruir sus vidas y mantener su identidad. La creación del Estado de Israel es una expresión suprema de esta fuerza.


Los consejos prácticos—mantener rutinas, hablar de las emociones, limitar la exposición a imágenes traumáticas—acompañan este proceso. Pero más allá, la resiliencia judía es la capacidad de reconstruir colectivamente y seguir adelante.


Israel recuerda al mundo que, incluso en la oscuridad, es posible encontrar la luz. Como escribió Isaías: “El pueblo que andaba en tinieblas vio una gran luz.”


🇮🇱 גרסה בעברית


המלחמה הפסיכולוגית והחוסן של העם היהודי


כבר למעלה משנה וחצי ישראל חיה תחת איום מתמיד: פיגועים, רקטות, חדירות טרור וכעת טילים איראניים. מצב זה יוצר מלחמה פסיכולוגית הפוגעת בכל שכבות האוכלוסייה. על פי הפסיכותרפיסטית שרה אבלנסקי, כ־34% מהישראלים מראים סימני טראומה, אך רובם אינם פונים לעזרה – לעיתים מתוך הכחשה או זלזול.


מול מציאות זו העם היהודי מגלה יכולת מיוחדת של חוסן נפשי. לאחר טבח 7 באוקטובר קמו יוזמות חדשות, כמו “מבצע שרה” – מערך חירום פסיכולוגי בשפה הצרפתית, המעניק טיפולי EMDR בחינם. מעל מאה מטפלים מתנדבים מישראל, מצרפת וממדינות נוספות התגייסו, עדות לסולידריות יוצאת דופן.


חוסן זה נטוע בהיסטוריה היהודית: לאחר חורבן הבית, הגלויות, ואף לאחר השואה, הצליחו היהודים לשקם את חייהם ולשמור על זהותם. הקמת מדינת ישראל היא הביטוי המובהק ביותר לכך.


המלצות מעשיות—שמירה על שגרה, דיבור גלוי על רגשות, הפחתת חשיפה לחדשות—מסייעות לפרט. אך מעבר לכך, החוסן היהודי הוא היכולת הקולקטיבית להיבנות מחדש ולחיות מתוך תקווה.


ישראל מזכירה לעולם שגם בלב החושך ניתן למצוא אור. כפי שאמר ישעיהו: “העם ההולכים בחושך ראו אור גדול.”

Revirement : B.P revient en force sur le Pétrole. (FR). JBCH N° 342



Ils y ont tous cru : les batteries électriques devaient remplacer le pétrole... Il n'en est rien ... BP qui a cru a des solutions alternatives revient en force sur le pétrole ... Le public boude les voitures électriques et se ruent sur les voitures d'occasion, les pétroliers et les constructeurs ont reçu le message, ils reviennent sur les énergies classiques, au grand dam des partis dits écologistes.


 En février 2020, Bernard Looney, nouveau directeur général de BP, annonçait avec éclat que l’entreprise allait se transformer pour contribuer à la lutte contre le changement climatique. 




Devant investisseurs et médias, il promettait de réduire fortement la production de pétrole et de gaz, de multiplier par dix les investissements dans les énergies renouvelables et de construire 50 gigawatts de capacité solaire et éolienne.


Le slogan « Reimagining energy » incarnait cette ambition : réinventer BP et faire de la société l’un des leaders de la transition. Greenpeace parlait d’une « promesse arrivée des décennies trop tard, mais bienvenue ».


Pourtant, dès l’origine, les investisseurs étaient divisés. Beaucoup jugeaient la stratégie trop floue, trop dépendante d’objectifs de volumes plutôt que de rentabilité. 


Les slides produits par McKinsey impressionnaient par leur design, mais manquaient de logique financière. Malgré tout, l’air du temps poussait au soutien : Mark Carney, alors gouverneur de la Banque d’Angleterre, appelait à un « tournant climatique », et Larry Fink (BlackRock) affirmait que « le risque climatique est un risque d’investissement ». COP26 à Glasgow entretenait cet élan, et BP investissait massivement dans des projets d’éolien offshore.


Rapidement, les résultats déçoivent. Les investissements verts sont coûteux et peu rentables. BP paie trop cher certaines concessions, notamment en mer d’Irlande. Ses parts consacrées au bas-carbone restent marginales (environ 8 % des investissements).




Certains actionnaires, comme l’ONG « Follow This », reprochent à BP de rester trop dépendant du pétrole ; d’autres estiment au contraire que l’entreprise se détourne dangereusement de son cœur de métier. À ces critiques internes s’ajoutent les bouleversements externes : la pandémie de Covid-19 puis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui entraîne une flambée des prix du pétrole et renforce la demande d’hydrocarbures.


La promesse d’une transition rapide paraît alors irréaliste. Même au sein de BP, des voix s’élèvent pour dire que l’entreprise aurait dû imiter ExxonMobil et ignorer les pressions écologiques.

Dans ce contexte, le fonds activiste américain Elliott Management, connu pour sa brutalité et sa seule obsession des profits, voit dans BP une cible idéale. Après avoir étudié la société dès 2021, il commence en 2024 à accumuler discrètement une énorme position, aujourd’hui d’environ 3,6 milliards de livres, devenant ainsi le deuxième actionnaire après BlackRock.


Elliott critique frontalement la stratégie verte de BP : selon lui, l’entreprise s’est égarée hors de son domaine d’expertise. Exploiter du pétrole en mer n’a rien à voir avec développer du solaire ou de l’éolien. Mieux vaut, d’après le fonds, laisser le capital se diriger vers des sociétés spécialisées. Dès lors, Elliott pousse à un « retour aux fondamentaux » : plus de pétrole et de gaz, moins d’énergies renouvelables.




Sous cette pression, Murray Auchincloss, successeur de Looney, abandonne progressivement tous les objectifs de réduction de production et d’expansion verte. En 2025, il annonce un plan de 10 milliards de dollars par an d’investissements dans les hydrocarbures et la vente d’actifs solaires. BP vise désormais une production de 2,5 millions de barils par jour à l’horizon 2030.


Cinq ans après les annonces de Looney, BP a totalement renoncé à sa stratégie « net zéro ». La compagnie se recentre sur le pétrole et le gaz, tout en réduisant ses effectifs et ses coûts pour satisfaire les exigences d’Elliott. 


Ce virage reflète aussi une tendance plus large : les grandes banques comme JPMorgan ou Goldman Sachs sortent des alliances climat, le financement des fossiles repart à la hausse (+162 milliards de dollars en 2024), la réélection de Donald Trump et son discours pro-pétrole renforcent la légitimité des hydrocarbures.


L’histoire de BP illustre un retour brutal au réalisme financier et énergétique. Les promesses vertes ont séduit un temps l’opinion publique et les décideurs politiques, mais elles n’ont pas résisté à la pression des marchés, aux crises mondiales et à l’activisme des fonds comme Elliott.


Elle pose une question fondamentale : peut-on vraiment attendre des grandes compagnies pétrolières qu’elles mènent la transition écologique, ou ne sont-elles condamnées qu’à défendre leurs profits fossiles ?




 © 2025 JBCH. Tous droits réservés. Reproduction du texte interdite sans autorisation


Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog,  j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

Le duel Inde : Chine a lieu aussi a Haïfa. (FR EN, ES, HE). JBCH N° 341



Le port de Haïfa est devenu un nœud géopolitique stratégique dans la confrontation entre la Chine et l’Occident, avec Israël au centre du jeu. Pékin poursuit une stratégie en trois volets : soutien à l’Iran et à ses alliés régionaux (Hamas, Hezbollah, Houthis), en leur fournissant des ressources économiques et militaires,  appui au camp palestinien, allant jusqu’à recevoir à Pékin les factions rivales (y compris le Hamas) et publier des déclarations critiques d’Israël, travail dans les forums internationaux pour isoler Israël et affaiblir ses alliances avec les États-Unis, l’Inde et les pays du Golfe.



Le projet IMEC (India-Middle East-Europe Corridor), lancé lors du G20 de 2023, aurait pu devenir une alternative crédible à la « Belt and Road Initiative » chinoise. Mais l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a brisé l’élan. Pékin a profité de ce vide pour réaffirmer que seule sa Route de la soie est viable, tout en renforçant son ancrage en Israël via le port de Haïfa.


Aujourd’hui, Haïfa est partagé entre deux puissances étrangères :

 

Shanghai International Port Group (SIPG), société d’État chinoise, gère depuis 2021 le Bay Port (nouveau terminal en eau profonde), sous concession jusqu’en 2040. Cette zone se trouve à moins de 2 km de la principale base navale israélienne.

 

Adani Group (Inde), en consortium avec l’israélien Gadot, a racheté en 2022 le vieux port de Haïfa, symbole de la coopération Israël–Inde.



Cette dualité illustre le dilemme israélien : d’un côté, un partenaire démocratique et stratégique (l’Inde), de l’autre, une puissance autoritaire hostile (la Chine), étroitement liée à l’Iran et à ses proxies.


Le texte cite le rapport Hudson Institute-Université de Haïfa de 2019 qui alertait déjà sur les risques : espionnage, cyberattaques, interruption logistique en cas de guerre.

 



L’éditorialiste Gordon Chang exhorte Israël à révoquer la concession chinoise, arguant que la loi de 2015 (section 9b) le permet « pour des raisons d’intérêt public ».


Ainsi, la bataille autour du port ne concerne pas seulement la logistique maritime mais l’alignement stratégique d’Israël : rester proche des États-Unis et de l’Inde, ou accepter un pied chinois sur son territoire critique, au risque d’affaiblir ses alliances et sa sécurité nationale.

Aux Indiens et à Israël pour l’ancien port, acheté en 2022 par le groupe Adani et Gadot. C’est une privatisation assumée qui ancre Israël dans une coopération avec New Delhi et, indirectement, avec l’Occident.

Aux Chinois pour le nouveau terminal Bay Port, concédé en 2015 pour 25 ans à SIPG. Ce n’est pas une propriété en pleine possession, mais une concession opérationnelle qui offre à la Chine une présence physique et stratégique sur les côtes méditerranéennes. le relai est pris en Grèce par le port du Pirée, propriété chinoise

La Route de la Soie

En pratique, indiens et chinois cohabitent dans la même rade, ce qui fait de Haïfa un espace partagé mais sous tension. Les Indiens représentent une ouverture vers les corridors indo-occidentaux, tandis que les Chinois incarnent une menace sécuritaire permanente.

Partie chinoise


Sécurité nationale : la proximité du Bay Port avec la principale base navale rend Israël vulnérable. Pékin pourrait en cas de crise bloquer des équipements, espionner les communications ou saboter les opérations militaires.

 

Alignement international : garder la Chine à Haïfa envoie un signal de défiance aux États-Unis et à l’Inde, alors qu’Israël cherche à consolider IMEC comme alternative à la BRI.

 

Choix de civilisation : Adani symbolise un partenariat démocratique, SIPG une dépendance vis-à-vis d’une puissance autoritaire liée à l’Iran.


 

Le port de Haïfa est à la fois indien et chinois : l’ancien terminal appartient au groupe Adani, le nouveau est opéré par SIPG jusqu’en 2040. Mais la question dépasse la simple gestion portuaire : c’est un test de souveraineté et d’orientation stratégique pour Israël.

Partie Adani

 

Soit l’État hébreu continue à tolérer une cohabitation dangereuse qui profite à Pékin et fragilise ses alliances, soit il choisit de rompre avec la concession chinoise et de renforcer son ancrage auprès des démocraties partenaires (États-Unis, Inde, Europe, Golfe). Depuis une semaine, à Tian Jing un rechauffement semble avoir lieu, l'Inde étant déçue du montant des taxes imposées par Trump (50%)

 


En d’autres termes, Haïfa est devenu bien plus qu’un port : c’est le baromètre de l’avenir géopolitique d’Israël face à la rivalité sino-occidentale.

 

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Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog,  j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

 

🇬🇧 English

The Port of Haifa has become a strategic geopolitical hub in the confrontation between China and the West, with Israel at the center of the game.

Beijing pursues a three-pronged strategy: support for Iran and its regional allies (Hamas, Hezbollah, Houthis) by providing economic and military resources; backing for the Palestinian cause, even hosting rival factions in Beijing (including Hamas) and issuing critical statements against Israel; and working in international forums to isolate Israel and weaken its alliances with the United States, India, and the Gulf countries.

The IMEC project (India-Middle East-Europe Corridor), launched at the 2023 G20, could have become a credible alternative to China’s Belt and Road Initiative. But the Hamas attack of October 7, 2023, broke the momentum. Beijing seized the void to reaffirm that only its Silk Road is viable, while reinforcing its foothold in Israel through the Port of Haifa.

Today, Haifa is shared between two foreign powers:

  • Shanghai International Port Group (SIPG), a Chinese state-owned company, has managed the Bay Port (new deep-water terminal) since 2021, under concession until 2040. This zone lies less than 2 km from Israel’s main naval base.

  • Adani Group (India), in consortium with Israel’s Gadot, acquired the old port of Haifa in 2022, symbolizing Israel–India cooperation.

This duality illustrates Israel’s dilemma: on one side, a democratic and strategic partner (India), and on the other, a hostile authoritarian power (China), closely tied to Iran and its proxies.

The Hudson Institute–University of Haifa 2019 report had already warned of risks: espionage, cyberattacks, and logistical disruption in case of war.

Editorialist Gordon Chang urges Israel to revoke the Chinese concession, arguing that the 2015 law (section 9b) allows it “for reasons of public interest.”

Thus, the battle around the port is not only about maritime logistics but also about Israel’s strategic alignment: remain close to the United States and India, or accept a Chinese foothold on its critical territory, at the risk of weakening its alliances and national security.

In practice, Indians and Chinese coexist in the same harbor, making Haifa a shared but tense space: India represents an opening toward Indo-Western corridors, while China embodies a permanent security threat.

Chinese side:

  • National Security: Bay Port’s proximity to Israel’s main naval base makes the country vulnerable to blocking, espionage, or sabotage.

  • International Alignment: keeping China in Haifa signals distrust toward the U.S. and India.

  • Civilizational Choice: Adani symbolizes democratic partnership, SIPG symbolizes dependence on an authoritarian power tied to Iran.

Adani side:

Israel must either continue tolerating a dangerous cohabitation that benefits Beijing and weakens its alliances, or break with the Chinese concession and strengthen ties with democratic partners (U.S., India, Europe, Gulf).

In other words, Haifa has become far more than a port: it is a barometer of Israel’s geopolitical future in the Sino-Western rivalry.


🇪🇸 Español

El puerto de Haifa se ha convertido en un eje geopolítico estratégico en la confrontación entre China y Occidente, con Israel en el centro del juego.

Pekín persigue una estrategia de tres frentes: apoyo a Irán y a sus aliados regionales (Hamás, Hezbolá, hutíes) proporcionándoles recursos económicos y militares; respaldo a la causa palestina, llegando a recibir en Pekín a las facciones rivales (incluido Hamás) y publicando declaraciones críticas contra Israel; y trabajo en los foros internacionales para aislar a Israel y debilitar sus alianzas con Estados Unidos, India y los países del Golfo.

El proyecto IMEC (India-Medio Oriente-Europa), lanzado durante el G20 de 2023, podría haber sido una alternativa creíble a la Iniciativa de la Franja y la Ruta china. Pero el ataque de Hamás del 7 de octubre de 2023 rompió el impulso. Pekín aprovechó el vacío para reafirmar que solo su Ruta de la Seda es viable, reforzando al mismo tiempo su presencia en Israel a través del puerto de Haifa.

Hoy, Haifa está dividido entre dos potencias extranjeras:

  • Shanghai International Port Group (SIPG), empresa estatal china, gestiona desde 2021 el Bay Port (nuevo terminal de aguas profundas), bajo concesión hasta 2040. Esta zona se encuentra a menos de 2 km de la principal base naval israelí.

  • Grupo Adani (India), en consorcio con la israelí Gadot, compró en 2022 el viejo puerto de Haifa, símbolo de la cooperación entre Israel e India.

Esta dualidad refleja el dilema israelí: por un lado, un socio democrático y estratégico (India); por otro, una potencia autoritaria hostil (China), estrechamente vinculada a Irán y a sus apoderados.

El informe Hudson Institute–Universidad de Haifa de 2019 ya advertía de los riesgos: espionaje, ciberataques e interrupción logística en caso de guerra.

El editorialista Gordon Chang insta a Israel a revocar la concesión china, argumentando que la ley de 2015 (sección 9b) lo permite “por razones de interés público”.

Así, la batalla en torno al puerto no solo concierne a la logística marítima, sino también al alineamiento estratégico de Israel: mantenerse cerca de Estados Unidos e India, o aceptar una presencia china en su territorio crítico, con el riesgo de debilitar sus alianzas y su seguridad nacional.

➡ En la práctica, indios y chinos coexisten en la misma rada, lo que convierte a Haifa en un espacio compartido pero bajo tensión: India representa una apertura hacia los corredores indo-occidentales, mientras China encarna una amenaza de seguridad permanente.

Parte china:

  • Seguridad nacional: la cercanía del Bay Port con la base naval principal hace vulnerable a Israel a bloqueos, espionaje o sabotajes.

  • Alineamiento internacional: mantener a China en Haifa envía un mensaje de desconfianza hacia EE.UU. e India.

  • Elección de civilización: Adani simboliza la cooperación democrática, SIPG la dependencia de una potencia autoritaria ligada a Irán.


Parte Adani:

Israel debe elegir entre seguir tolerando una peligrosa cohabitación que beneficia a Pekín y debilita sus alianzas, o romper con la concesión china y reforzar sus vínculos con las democracias socias (EE.UU., India, Europa, Golfo).

En otras palabras, Haifa se ha convertido en mucho más que un puerto: es el barómetro del futuro geopolítico de Israel frente a la rivalidad sino-occidental.


🇮🇱 עברית (hébreu)


נמל חיפה הפך לצומת גיאו-פוליטי אסטרטגי בעימות בין סין למערב, כאשר ישראל נמצאת במרכז המשחק.

בייג׳ינג פועלת בשלושה מישורים: תמיכה באיראן ובבעלות בריתה האזוריות (חמאס, חיזבאללה, החות’ים) באמצעות משאבים כלכליים וצבאיים; תמיכה במחנה הפלסטיני, עד כדי אירוח הפלגים היריבים בבייג׳ינג (כולל חמאס) ופרסום הצהרות ביקורתיות כלפי ישראל; ועבודה בזירות בינלאומיות כדי לבודד את ישראל ולהחליש את בריתותיה עם ארה״ב, הודו ומדינות המפרץ.


פרויקט IMEC (India-Middle East-Europe Corridor), שהושק בפסגת ה-G20 בשנת 2023, יכול היה להפוך לחלופה אמינה ל”חגורת הדרך” של סין. אך מתקפת החמאס ב־7 באוקטובר 2023 שברה את התנופה. בייג׳ינג ניצלה את הוואקום כדי לטעון שרק “דרך המשי” שלה היא אפשרית, ובמקביל לחיזוק אחיזתה בישראל דרך נמל חיפה.


כיום, חיפה מחולקת בין שתי מעצמות זרות:

  • Shanghai International Port Group (SIPG), חברה ממשלתית סינית, מנהלת מאז 2021 את Bay Port (המסוף החדש במים עמוקים), בזיכיון עד שנת 2040. אזור זה נמצא בפחות מ־2 ק״מ מהבסיס הימי המרכזי של ישראל.

  • קבוצת עדאני (הודו), בשותפות עם החברה הישראלית גדות, רכשה בשנת 2022 את הנמל הישן של חיפה – סמל לשיתוף פעולה הודו–ישראל.


הדו־קיום הזה ממחיש את הדילמה הישראלית: מצד אחד שותפה דמוקרטית ואסטרטגית (הודו), ומנגד מעצמה עוינת סמכותנית (סין), הקשורה קשר הדוק לאיראן ולשלוחיה.


דו״ח משותף של מכון הדסון–אוניברסיטת חיפה משנת 2019 כבר התריע על הסיכונים: ריגול, מתקפות סייבר ושיבוש לוגיסטי במקרה של מלחמה.


הפרשן גורדון צ׳אנג קורא לישראל לבטל את הזיכיון הסיני, בטענה שחוק 2015 (סעיף 9b) מאפשר זאת “מטעמי אינטרס ציבורי”.


לכן, המאבק סביב הנמל איננו רק לוגיסטי–ימי אלא גם אסטרטגי: להישאר קרובה לארה״ב ולהודו, או לאפשר דריסת רגל סינית בשטחה הרגיש – במחיר החלשת בריתותיה וביטחונה הלאומי.


➡ למעשה, הודים וסינים חולקים את אותה רדייה, מה שהופך את חיפה למרחב משותף אך מתוח: הודו מייצגת פתיחות למסדרונות הודו–מערב, בעוד סין מגלמת איום ביטחוני קבוע.


הצד הסיני:

  • ביטחון לאומי: קרבת Bay Port לבסיס הימי המרכזי הופכת את ישראל לפגיעה לחסימות, ריגול או חבלה.

  • יישור קו בינלאומי: הישארות סין בחיפה משדרת חוסר אמון כלפי ארה״ב והודו.

  • בחירה תרבותית–ציביליזציונית: עדאני מסמלת שותפות דמוקרטית, SIPG מסמלת תלות במעצמה סמכותנית המקושרת לאיראן.


הצד של עדאני:

ישראל צריכה לבחור – להמשיך לסבול דו־קיום מסוכן המועיל לבייג׳ינג ומחליש את בריתותיה, או לשבור את ההסכם עם סין ולחזק את עוגנה בקרב הדמוקרטיות השותפות (ארה״ב, הודו, אירופה, המפרץ).


במילים אחרות, חיפה הפכה ליותר מנמל: היא מדד לעתידה הגיאו-פוליטי של ישראל מול היריבות בין סין למערב.