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samedi 27 décembre 2025

Israël reconnait le Somaliland. JBCH N° 2512 - 758

Israël avance ses pions en Afrique de l’Est : une manœuvre stratégique face à l’Iran et au Yémen : Par touches successives, sans déclarations tonitruantes ni déploiements spectaculaires, Israël est en train de redessiner l’équilibre stratégique de la mer Rouge et du golfe d’Aden. 


Israël est le premier à reconnaitre cette ancienne colonie britannique le Somaliland, territoire sécessionniste mais stable de la Corne de l’Afrique, marque une étape décisive : celle de l’implantation israélienne durable en Afrique de l’Est, face au Yémen, aux Houthis et, en arrière-plan, à l’Iran.


Après le partage avec les EAU de l'Ile de Socotra, au sud Yemen,  cette décision,  dépasse largement le cadre diplomatique. Elle révèle une stratégie régionale cohérente, patiente et redoutablement efficace, là où les grandes puissances traditionnelles s’enlisent dans des bases surchargées et des équilibres figés.





Le Somaliland, qui s’est auto-proclamé indépendant en 1991, présente un paradoxe africain : non reconnu internationalement, mais stable, gouverné, sécurisé. À l’inverse de la Somalie voisine, minée par les milices islamistes et les rivalités claniques, le Somaliland offre un environnement politique relativement fiable.




Pour Israël, l’intérêt est évident : Le port de Berbera, en eau profonde, est l’un des mieux situés de la région. Un aéroport militaire existant peut être étendu pour accueillir drones, avions de surveillance et transport stratégique. La position géographique permet un contrôle indirect de Bab el-Mandeb, passage vital par lequel transite une part majeure du commerce mondial.




Là où Djibouti est devenu un embouteillage stratégique — avec des bases françaises, américaines, chinoises, turques, japonaises et bientôt indiennes — le Somaliland offre de l’espace, de la discrétion et de la souveraineté négociable.



La comparaison avec Djibouti est cruelle pour les puissances traditionnelles. La France, ancienne puissance tutélaire, y voit son influence diluée. La Chine y installe une base massive mais rigide. La Turquie y projette son ambition néo-ottomane. L’Inde y observe sans pouvoir réellement s’imposer.


Israël, lui, choisit une autre voie : éviter la saturation, préférer la souplesse, miser sur des partenariats bilatéraux asymétriques. Une base israélienne au Somaliland, même de taille modeste, offrirait une liberté opérationnelle bien supérieure à celle des grandes installations de Djibouti.


La reconnaissance du Somaliland ne peut être comprise qu’inscrite dans un arc régional plus large. L’Éthiopie, géant démographique et militaire enclavé, rêve d’un accès à la mer Rouge. Une alliance triangulaire Israël–Somaliland–Éthiopie servirait les intérêts des deux parties : sécurité maritime pour Israël, débouché stratégique pour Addis-Abeba. L’Érythrée, déjà partenaire discret d’Israël, jouerait un rôle clé. Des sources concordantes évoquent depuis des années un poste israélien d’observation sur son territoire, tourné vers le détroit de Bab el-Mandeb. Rien d’officiel, mais une coopération ancienne et crédible. Les loyalistes yéménites, opposés aux Houthis, complètent ce dispositif. Israël n’a nul besoin d’y apparaître directement : le renseignement, la surveillance et l’appui indirect suffisent à affaiblir l’axe pro-iranien.


Pour Téhéran, la perspective est inquiétante. La stratégie iranienne repose sur des acteurs périphériques capables de perturber les flux maritimes mondiaux : Hezbollah au nord, milices chiites en Irak, Houthis au sud.


Si Israël parvient à sécuriser durablement Bab el-Mandeb, la capacité de nuisance des Houthis se réduit considérablement. Chaque tir de missile, chaque attaque de drone devient : plus prévisible, plus détectable, plus coûteuse politiquement.



Israël ne cherche pas la confrontation directe. Il privilégie une logique d’encerclage technologique et géographique, réduisant progressivement les marges de manœuvre iraniennes. Sur le plan militaire et stratégique, la manœuvre est brillante. Sur le plan diplomatique, elle est risquée.


La reconnaissance du Somaliland irriterait : La Somalie, soutenue par la Turquie et le Qatar. L’Union africaine, traditionnellement hostile aux sécessions. Certains partenaires européens, attachés au statu quo territorial.




Mais Israël a déjà montré qu’il savait absorber le coût diplomatique à court terme pour sécuriser des gains stratégiques durables. Les Accords d’Abraham en sont un précédent.



En s’implantant en Afrique de l’Est, Israël confirme une évolution majeure : celle d’une puissance maritime indirecte, fondée sur la technologie, le renseignement et les alliances ciblées plutôt que sur les flottes massives.


Face à un Iran sous sanctions, à une Turquie ambitieuse mais dispersée, et à des puissances occidentales prisonnières de leurs héritages, Israël avance sans bruit.


Dans cette partie d’échecs régionale, le Somaliland n’est pas un pion. C’est une case clé. Et pour Téhéran, le message est clair :   la mer Rouge n’est plus un angle mort.









Tsippora JBCH N° 2512 - 757

Tsippora était née dans le pays de Koush, au bord du grand fleuve, dans une tribu connue pour sa richesse culturelle et sa résilience. Elle était Princesse de Nubie, ce peuple  qui vivait de la pêche et de l’élevage. 


Sa famille faisait parti  de la noblesse des "Pharaons noirs" qui regnèrent sur la Haute et la Basse Egypte cinq cent ans plus tard. 





Les Egyptiens tout puissants faisaient la guerre à ce Royaume. La jeune fille, à la peau noire comme l’ébène, élevée en princesse avait grandi en apprenant à lire les signes du ciel, à respecter la nature et à écouter les récits des anciens. 


Un jour l'armée du Pharaon entreprit de raser la capitale Kerma, et de tuer ses habitants. La petite fille se cacha et réussit à échapper aux ennemis qui en aurait fait une esclave. 





Le Général en Chef de l'armée égyptienne, Moshe fils du pharaon défilait, triomphateur au milieu de ses soldats ... elle fixa à jamais son visage et jura de ne jamais l'oublier et de se venger



Voila  Tsippora  séparée de sa famille devenue une fugitive, seule dans un désert immense. Elle marchait des jours durant, l’espoir chevillé au cœur, et un jour, elle put grimper a bord d'un navire de roseaux et longer la Mer Rouge jusqu’à atteindre les montagnes de Madian, son bâteau s'est alors échoué et fut recueillie par un peuple réputé pour sa sagesse et son hospitalité.


C’est là que Jethro, prêtre et chef respecté de Madian, découvrit la jeune réfugiée, épuisée. Ému par son courage et sa dignité, il l’adopta et lui offrit une nouvelle vie. 

Sous son toit, Tsippora déjà instruite, apprit les coutumes de Madian, les rites religieux et les savoirs ancestraux. Elle devint une femme forte, cultivée et respectée par tous, malgré ses origines lointaines et son passé douloureux.


Alors qu’elle puisait de l’eau à la source avec les filles de Jethro, ses nouvelles soeurs, des bergers étrangers voulaient chasser avec violence ces jeunes filles, regroupées autour de leur puit. C'est alors qu'un Homme apparut, épée en main et les fit fuir ... 


Tsippora aperçut cet homme qui semblait sortir de nulle part, un étranger à ces terres : Moshe. Originaire d’Égypte, il avait fui après des événements tragiques et portait le poids de la peur et de la solitude. 


Tsippora, le reconnu, il avait été à l'origine du massacre de sa famille, mais son regard n'était plus le même, elle lut en lui la même détresse qu’elle-même avait connue il y a quelques années. Il s’approcha d'elle avec douceur et l’aida à puiser de l’eau.


Cette rencontre fut le début d’un lien profond. Moshe, impressionné par sa sagesse et son courage, resta à Madian.  Tsippora, de son côté, trouva en lui un compagnon capable de comprendre ses blessures et ses espoirs. Leur amitié se transforma bientôt en une alliance plus intime, et Tsippora devint l’épouse de Moïse. Leur union fut bénie par la naissance de deux fils : Guerson et Éliézer, qui grandirent dans l’amour et la protection de leur mère.





Mais la vie de Tsippora ne fut pas exempte de jalousie et d’incompréhension. Plus tard, de retour en Egypte sous l'injonction de Dieu, elle rencontra  Myriam, la sœur de Moïse, qui regarda la jeune femme avec suspicion. Elle murmura des paroles médisantes, critiquant l’origine et la peau noire de Tsippora, insinuant qu’elle ne méritait pas la place qu’elle occupait aux côtés de Moïse.


Dieu, voyant la médisance de Myriam, intervint de manière sévère mais juste : il l’affligea de la lèpre, la punissant pour sa jalousie et sa médisance. 


Tsippora, malgré les épreuves et les regards envieux, resta digne et fidèle à son rôle de mère et d’épouse. Elle protégea ses enfants, guida Moïse et incarna l’exemple d’une femme venue d’un peuple lointain, capable de force, de sagesse et de fidélité.





Tsippora devint ainsi un pont entre les peuples et les cultures. Son héritage ne se limitait pas à sa descendance, mais s’étendait à la sagesse et à la compassion qu’elle avait transmises. Elle enseigna à Guerson et Éliézer les valeurs de courage et de loyauté, tout en rappelant leurs origines et l’importance de l’accueil des étrangers et des réfugiés.


Même après sa disparition, son nom resta associé à la protection des faibles, à la fidélité et à la dignité face aux épreuves. L’histoire de Tsippora rappelle que la force et la grandeur ne dépendent ni de la naissance ni de la couleur de la peau, mais de la résilience, de la sagesse et de la bonté que l’on choisit de semer dans le monde. 


Et ainsi, à travers elle, le peuple de Koush, le peuple de Madian et le peuple d’Israël furent liés par un destin commun, empreint de leçons éternelles et d’humanité.


NB : Ce 26 Décembre 2025, le gouvernement Israélien a été le premier pays à signer la reconnaissance d'un nouveau pays : Le Somaliland ... Le pays d'où venait Tsippora ... Un signe du ciel, un juste retour des choses.



vendredi 26 décembre 2025

La Haftarah de demain .Visionnaire !!! JBCH N° 2512 - 756


Le texte d’Ézéchiel 37
:15-28 décrit une prophétie puissante de restauration pour le peuple d’Israël : le rassemblement des exilés, la réunification des royaumes divisés (Juda au sud, représenté par le « bois de Juda », et Joseph/Éphraïm au nord, avec les tribus associées), la formation d’une seule nation sous un même roi, la purification spirituelle et le renouvellement de l’alliance avec Dieu (« ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu »).




Aujourd’hui, en 2025, cette prophétie semble à la fois vraisemblable et partiellement réalisable, car elle trouve un écho frappant dans l’histoire moderne d’Israël, tout en attendant un accomplissement plus complet.






D’abord, le rassemblement des enfants d’Israël du milieu des nations (v. 21) évoque de manière saisissante le retour massif des Juifs en Terre d’Israël au XXe siècle. Après deux mille ans de diaspora, marqués par des persécutions culminant avec la Shoah, des millions de Juifs ont été « ramenés de toutes parts » : d’Europe, d’Afrique du Nord, d’Éthiopie, des pays arabes, de l’ex-URSS... L’État d’Israël, fondé en 1948, est devenu un refuge et un foyer national, faisant passer la population juive de quelques centaines de milliers à plus de sept millions. Ce « retour sur leur pays, dans les montagnes d’Israël » apparaît comme une renaissance nationale miraculeuse, souvent comparée à la vision des ossements desséchés qui reprennent vie (Ézéchiel 37:1-14, juste avant notre texte).





Ensuite, la réunification en une seule nation (v. 22 : « ils ne formeront plus deux nations ») trouve un début d’accomplissement dans l’unité politique actuelle. Les anciennes divisions entre Juda et les tribus du nord (les « dix tribus perdues » exilées par l’Assyrie en 722 av. J.-C.) n’existent plus dans l’État moderne, où Juifs ashkénazes, séfarades, mizrahim et autres cohabitent sous une même souveraineté. Bien que les « tribus perdues » restent un mystère historique, leur intégration symbolique dans le peuple juif contemporain rend cette unité tangible et réaliste.






Enfin, la promesse de purification et d’alliance renouvelée (v. 23-28) semble en cours, mais inachevée. Israël moderne est sécularisé pour une grande partie, avec des défis spirituels et moraux, mais on observe un renouveau religieux, une quête d’identité biblique et une résilience qui évoquent la main de Dieu protégeant son peuple malgré les menaces. La prophétie culmine avec un roi unique (souvent interprété comme le Messie) et une paix éternelle, ce qui pointe vers un avenir eschatologique.





Ce que dit Ézéchiel paraît ainsi vraisemblable parce que l’histoire récente d’Israël défie toute explication purement humaine : un peuple dispersé, persécuté, presque anéanti, renaît comme nation souveraine sur sa terre ancestrale.


Cela rend la suite réalisable : si Dieu a accompli la phase physique du rassemblement et de l’unité, Il peut achever la purification spirituelle et la paix promise.


Pour beaucoup, les événements actuels: conflits, aliyah continue, débats sur l’identité juive sont les « douleurs de l’enfantement » d’un accomplissement plus grand, où Israël deviendra pleinement « mon peuple » sous la bénédiction divine.


En une phrase : Ézéchiel 37 n’est pas une utopie lointaine, mais une prophétie en marche, dont la réalité israélienne contemporaine atteste la crédibilité et l’imminence.