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dimanche 4 janvier 2026

Le Nouveau Shah .... JBCH N° 2601 - 772

Le retour du « Javid Shah » : 

l’Iran au bord d’une nouvelle révolution ?


Téhéran, 4 janvier 2026 – Ce qui a commencé comme une simple grève des commerçants du Grand Bazar de Téhéran face à l’effondrement historique du rial tombé à plus de 1,45 million pour un dollar s’est transformé en quelques jours en un mouvement de contestation nationale d’une ampleur inédite depuis les manifestations « Femme, Vie, Liberté » de 2022. 


Des villes comme Ispahan, Mashhad, Hamadan, Ahvaz et même Qom, bastion clérical, résonnent aujourd’hui de slogans hostiles au guide suprême Ali Khamenei et, surtout, d’un cri longtemps tabou : « Javid Shah ! » (Vive le Shah !).



Ce slogan, qui appelle au retour de la monarchie et soutient ouvertement le prince héritier en exil Reza Pahlavi, fils du dernier shah Mohammad Reza renversé en 1979, marque un tournant symbolique profond. 



Pour un régime fondé sur l’éradication de l’héritage pahlavi, entendre des foules scander « Reza Pahlavi reviendra » ou « Le Shah rentrera au pays » constitue une menace existentielle. Il révèle que la colère populaire dépasse largement les griefs économiques – inflation à plus de 42 %, hausse de 72 % des prix alimentaires – pour viser le cœur du système théocratique lui-même.




Les protestations ont éclaté fin décembre 2025, quand les bazari, cette classe marchande historiquement influente, ont fermé leurs boutiques en réponse à la crise monétaire aggravée par les sanctions internationales et les séquelles de la guerre éclair avec Israël en juin. 



Rapidement, les étudiants ont rejoint le mouvement, formant une alliance rare et explosive : les bazari pour leur poids économique, les jeunes pour leur mobilisation numérique et leur rejet de l’idéologie imposée. Des vidéos vérifiées montrent des manifestations nocturnes où l’on entend « Ni Gaza ni Liban, ma vie pour l’Iran », dénonçant les dépenses régionales du régime au profit de proxies comme le Hezbollah.

Reza Pahlavi, depuis son exil, s’est imposé comme figure centrale de l’opposition fragmentée. Dans un message de Nouvel An, il a déclaré que « le régime actuel est arrivé au bout de la route » et a appelé tous les Iraniens, y compris les forces de sécurité, à rejoindre les manifestants pour une « naissance d’un nouvel Iran ». Il insiste sur une transition démocratique, avec référendum pour décider du futur régime, monarchie comprise ou non. 




Son appel trouve un écho croissant chez une jeunesse née après la révolution islamique, qui idéalise l’époque pahlavi comme une période de modernité sans domination cléricale. Les slogans visent directement le cœur du régime : « Mort au dictateur », « Ce système criminel a pris notre avenir en otage », « Ni Gaza ni le Liban, ma vie pour l’Iran »,

Côté pouvoir, la réponse reste mesurée pour l’instant : gaz lacrymogènes, arrestations ciblées, mais pas de répression massive comme en 2019 ou 2022. Le président Pezeshkian promet du dialogue, tandis que des fermetures administratives visent à contenir l’élan. 


Pourtant, avec plusieurs morts rapportés et des manifestations s’étendant à plus de 50 villes, la question n’est plus de savoir si le régime est fragilisé, mais s’il pourra survivre à cette convergence historique entre colère économique et aspiration à un changement radical.


Quarante-sept ans après la révolution islamique, les Iraniens semblent prêts à tourner la page. Le « Javid Shah » n’est plus une nostalgie isolée : il est devenu le symbole d’un rejet total du système actuel. 2026 pourrait bien marquer le début d’une ère nouvelle pour l’Iran.






Au Yemen du Sud : lutte Arabie/EAU ! JBCH N° 2026 - 771


Tensions explosives au sud du Yémen : 

Riyad et Abou Dhabi à couteaux tirés


Mukalla, 4 janvier 2026 – La province pétrolière du Hadramout, frontalière avec l’Arabie saoudite, est devenue le théâtre d’une confrontation directe entre forces saoudiennes et séparatistes du sud soutenus par les Émirats arabes unis (EAU). 


Vendredi, le gouverneur saoudien-backed du Hadramout, Salem Ahmed Saeed al-Khunbashi, a annoncé le lancement d’une « opération pacifique » pour reprendre les sites militaires contrôlés par le Conseil de transition du Sud (STC). Quelques heures plus tard, ses forces revendiquaient la reconquête du camp d’al-Khasha’a, le plus grand de la province.



Mais le STC, qui avait saisi de vastes territoires en décembre 2025 lors d’une offensive éclair, dénonce une tout autre réalité : sept frappes aériennes saoudiennes auraient visé ses positions, tuant au moins sept personnes et en blessant plus de vingt, selon des responsables séparatistes. 





« L’Arabie saoudite a trompé la communauté internationale en annonçant une opération pacifique qu’elle n’avait jamais l’intention de mener pacifiquement », a accusé Amr Al Bidh, haut dirigeant du STC.




Ce clash marque l’escalade la plus grave depuis des années entre Riyad et Abou Dhabi, anciens alliés au sein de la coalition anti-Houthis formée en 2015. L’Arabie saoudite soutient le gouvernement yéménite internationalement reconnu et voit dans l’expansion du STC une menace directe pour sa sécurité nationale, Hadramout partageant une longue frontière avec le royaume et abritant d’importants champs pétrolifères. 


Les EAU, qui ont annoncé le retrait total de leurs troupes restantes du Yémen fin décembre après des frappes saoudiennes sur un port contrôlé par le STC, continuent néanmoins de soutenir les séparatistes aspirant à l’indépendance du sud.





Parallèlement, l’aéroport international d’Aden, principal hub pour les zones hors contrôle houthi, est resté fermé vendredi pour le deuxième jour consécutif. Les accusations fusent : le STC reproche à Riyad d’imposer un blocus aérien, tandis que l’ambassadeur saoudien au Yémen pointe du doigt le leader séparatiste Aidarus Al-Zubaidi pour avoir refusé l’atterrissage d’une délégation saoudienne.


Le STC a franchi une nouvelle étape en appelant ouvertement à un référendum sur l’indépendance du sud d’ici deux ans, renforçant les craintes d’une fragmentation définitive du Yémen. 


Quant à Israël, aucun rôle direct n’apparaît dans ce conflit interne au camp anti-Houthis, même si des liens historiques entre le STC et les EAU – normalisés avec Israël via les Accords d’Abraham pourraient indirectement influencer les dynamiques régionales.


Dans une région déjà fragilisée par les attaques houthis en mer Rouge, cette rivalité entre deux poids lourds du Golfe risque de relancer la guerre civile yéménite et de compliquer les efforts de paix. Riyad appelle à la désescalade, mais les forces du STC se disent en alerte maximale, prêtes à riposter. 2026 s’annonce sous le signe d’une instabilité accrue au Yémen.







Bilan de fin de règne à Paris ! JBCH N° 2601 - 770

Le bilan catastrophique d’Anne Hidalgo : 

Une capitale en déclin accéléré


Paris, janvier 2026. À l’approche des élections municipales, le mandat d’Anne Hidalgo, qui s’achève après douze années à la tête de la mairie, laisse derrière lui une ville méconnaissable pour beaucoup de ses habitants. 


La maire socialiste, qui a annoncé ne pas briguer un troisième mandat, défend un héritage écologique et social ambitieux. Pourtant, les Parisiens, dans leur majorité, dressent un portrait bien plus sombre : circulation chaotique, propreté défaillante, insécurité croissante et finances publiques en perdition. 


Un bilan qui divise profondément, comme l’attestent les sondages récents où plus de la moitié des habitants jugent négativement son action, particulièrement sur les sujets du quotidien.




La politique anti-voiture, emblématique du mandat Hidalgo, est sans doute le point le plus contesté. La fermeture des voies sur berges en 2016, présentée comme une mesure phare contre la pollution, a été annulée par la justice avant d’être rétablie, mais ses effets se font toujours sentir : embouteillages chroniques, report de la circulation sur les axes périphériques et augmentation des temps de trajet. 


Ajoutez à cela l’explosion des pistes cyclables – plus de 300 kilomètres créés – et la limitation généralisée à 30 km/h : Paris est devenu un labyrinthe pour les automobilistes, avec des sens interdits proliférant sans cohérence apparente. Les incivilités des cyclistes, souvent pointées du doigt, atteignent un paroxysme : feux rouges grillés, trottoirs envahis, priorités aux piétons ignorées. 


Malgré l’annonce d’un « code de la rue » en 2023 pour réguler ces comportements, les verbalisations ont explosé, mais le sentiment d’anarchie persiste. Le stationnement, quant à lui, est devenu prohibitif : 16 euros de l’heure dans certains quartiers, sans parler des voitures-radars privatisées, accusées de verbaliser sans discernement ni contrôle réel.




Les transports en commun, censés absorber cette mutation urbaine, peinent à suivre. Métros et bus souvent en panne, insuffisants aux heures de pointe, parfois perçus comme dangereux en raison de l’insécurité grandissante : les Parisiens fuient la capitale, près de 150 000 départs depuis la crise Covid. Anne Hidalgo a promis une ville apaisée, mais beaucoup y voient plutôt une ville paralysée, où le « bobo » écolo est devenu l’archétype imposé, au détriment des classes moyennes et des familles.



Et que dire de la propreté, ce sujet qui cristallise les critiques ? Paris est jugée sale par plus de 70 % des habitants selon les derniers sondages. Trottoirs jonchés de déchets, poubelles débordantes, pieds d’arbres transformés en urinoirs : la capitale, autrefois lumière du monde, ressemble parfois à une ville du tiers-monde. 




Les rats, ces « surmulots » comme les appelle pudiquement la mairie, règnent en maîtres. Leur prolifération, exacerbée par les incivilités et un réchauffement climatique invoqué comme excuse, fait de certains parcs et berges des zones à éviter. Malgré des budgets conséquents – près de 800 millions d’euros annuels – et des plans successifs, la saleté reste le point noir majeur du bilan Hidalgo. Les patrons parisiens, dans une enquête récente, lui attribuent une note sévère de 2,4/10, dénonçant une gestion qui a fait fuir entreprises et emplois.



Sur le plan financier, le constat est accablant. La dette de la ville, qui était de 4 milliards d’euros en 2014 à l’arrivée d’Anne Hidalgo, approche désormais les 9,3 milliards fin 2025, avec des projections flirtant avec les 10 milliards en 2026. Une explosion de plus de 100 %, alimentée par des investissements massifs dans l’écologie et le logement social objectifs louables, mais réalisés à coups de rachats coûteux d’immeubles et de projets pharaoniques. Les logements sociaux ont progressé, atteignant près de 25 % du parc, mais au prix d’une fiscalité alourdie : hausse de 52 % de la taxe foncière, stationnements exorbitants. L’opposition parle de « nationalisation rampante » et de clientélisme, pointant des subventions généreuses à certaines associations. 



Anne Hidalgo défend un autofinancement partiel et accuse l’État de désengagement, mais les chiffres parlent : charges d’intérêt en hausse, durée de désendettement dépassant 15 ans. Une gestion qui laisse un héritage lourd aux générations futures.


La sécurité, enfin, n’échappe pas aux reproches. Malgré la création d’une police municipale de 2 300 agents – loin des 5 000 promis , les incivilités et la petite délinquance gangrènent le quotidien. Les candidats à la succession, de droite comme de gauche, promettent tous un virage sur ce terrain, tant le sentiment d’insécurité s’est installé.


À l’heure où Anne Hidalgo prépare une reconversion internationale, marquée récemment par un revers à l’ONU , Paris paie le prix d’une vision idéologique parfois déconnectée. 


Les Jeux olympiques de 2024 ont offert un répit médiatique, mais le legs quotidien est amer : une capitale endettée, sale, congestionnée, où les rats et les embouteillages semblent avoir pris le pouvoir. 


Les Parisiens, lassés, attendent 2026 avec l’espoir d’un renouveau. Pour beaucoup, le mandat Hidalgo restera celui d’un déclin masqué sous des discours verts.




samedi 3 janvier 2026

Fin de partie pour le dictateur "bolivarien" Maduro. JBCH N° 2601 - 769


Dans un message choc publié sur Truth Social aux premières heures de la matinée, le président Donald Trump a annoncé que les forces spéciales américaines avaient capturé Nicolás Maduro, leader vénézuélien qualifié de « tyran sanguinaire » , ainsi que son épouse Cilia Flores.

« Maduro et sa femme ont été capturés et évacués du pays après une frappe à grande échelle menée avec brio par nos troupes héroïques », a déclaré Trump, confirmant des explosions entendues dans la nuit à Caracas.  Cette opération, qualifiée de « brillante » par la Maison-Blanche, marque un tournant spectaculaire.

 

 

Les détails de l’opération restent flous, mais des sources militaires américaines évoquent l’implication de l’élite Delta Force, qui aurait infiltré la capitale vénézuélienne sous couvert de frappes aériennes pour extraire Maduro sans résistance majeure. 

 

 

La vice-président vénézuélien Delcy Rodríguez a confirmé la disparition du couple présidentiel, exigeant une « preuve de vie immédiate » et dénonçant une « agression impérialiste ». Maduro, au pouvoir depuis 2013, fait face à des accusations de crimes contre l’humanité et de trafic de drogue à l’échelle gouvernementale par la justice américaine.




Un mandat d’arrêt émis en 2020 offrait 15 millions de dollars pour sa capture, le liant au cartel des « Soleils » – un réseau narco-terroriste impliquant des hauts fonctionnaires vénézuéliens. Son jugement imminent aux États-Unis pourrait révéler des détails accablants sur ces opérations, impliquant potentiellement des alliés internationaux: L'Iran et le Hezbollah, le Russie, la Chine, Cuba etc... 

  

Le Vénézuéla a fourni du pétrole à Téhéran en échange d’armes et de soutien logistique, tout en hébergeant des groupes comme le Hezbollah. Israël, qui voit d’un bon œil ce changement de dirigeant, applaudit discrètement l’opération.

 

Des sources diplomatiques à Jérusalem indiquent que la chute de Maduro affaiblit le réseau iranien en Amérique du Sud, réduisant les risques de transferts d’armes vers des proxis au Moyen-Orient.  « C’est une victoire pour la stabilité régionale », a commenté un officiel israélien anonyme, soulignant les liens entre Caracas et Téhéran.

 



En Amérique du Sud, ce coup de force accélère un virage à droite déjà perceptible. La Bolivie, après l’élection d’un gouvernement conservateur en 2025, et le Chili, passé sous une administration libérale pro-marché l’an dernier, saluent implicitement l’événement comme un pas vers la démocratie.


 

Ces pays, autrefois alignés sur l’axe bolivarien, se distancient désormais des régimes autoritaires. La Colombie, voisine du Venezuela et en proie à des flux migratoires massifs, sent le vent tourner. Bogotá, qui a déjà renforcé ses liens avec Washington sous la pression des cartels, pourrait profiter de cette vacance du pouvoir pour négocier des accords frontaliers et économiques.

 

Des analystes prédisent un effet domino : avec Maduro hors jeu, les oppositions vénézuéliennes, comme celle menée par María Corina Machado, pourraient rapidement former un gouvernement de transition, favorisant des élections libres.




Les condamnations internationales ne se sont pas fait attendre. Cuba, la Chine et la Russie, l'Iran, piliers du soutien à Maduro, ont unanimement dénoncé une « violation flagrante du droit international ».

 

La Havane, qui dépendait de l’or noir vénézuélien pour contourner les sanctions américaines, craint un nouvel effondrement économique. Pékin, investisseur majeur dans les infrastructures vénézuéliennes, voit ses prêts de milliards de dollars menacés. Moscou, qui utilisait Caracas comme tête de pont en Amérique latine, perd un allié stratégique au moment où ses ressources sont mobilisées en Ukraine. Vladimir Poutine a qualifié l’opération d’« acte de piraterie », promettant une réponse diplomatique coordonnée au Conseil de sécurité de l’ONU. 

 

Au-delà de l’Amérique, cette affaire résonne en Europe, notamment en France. Maduro était un « ami intime » de Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise (LFI), qui l’avait défendu publiquement contre les « ingérences impérialistes ». Cette proximité, symbolisée par des visites et des déclarations communes, embarrasse désormais la gauche française.

 

Des voix au sein de LFI minimisent les liens, mais l’opposition de droite n’hésite pas à pointer du doigt une « complaisance avec les dictateurs ». Ce scandale pourrait alimenter les débats internes en France, où les alliances internationales de la gauche radicale sont scrutées de près.

 

Mais l’ombre la plus intrigante plane sur l’Iran. Alors que Téhéran fait face à des protestations massives depuis des semaines, avec des chants pro-Pahlavi résonnant dans les rues, des observateurs s’attendent à une opération similaire imminente.




Trump, fort de son succès vénézuélien, pourrait cibler le régime des mollahs, profitant du soutien présumé de la population iranienne lassée de la corruption et des aventures régionales. Des sources du Pentagone évoquent des préparatifs pour une « extraction ciblée » du guide suprême Ali Khamenei, avec l’appui d’opposants comme Reza Pahlavi. « Si Maduro est tombé en une nuit, pourquoi pas Téhéran ? », s’interroge un expert en géopolitique. L’accord tacite de la population, manifesté par les slogans anti-régime, pourrait légitimer une intervention, évitant les pièges des invasions passées comme en Irak.

 

Cette opération  illustre un retour à une diplomatie musclée, où les États-Unis reprennent l’initiative face aux autocrates. Elle risque toutefois d’exacerber les tensions globales : une escalade avec la Russie ou la Chine pourrait mener à des cyberattaques ou des blocus économiques.

 

Pour l’Amérique latine, c’est une opportunité de renaissance démocratique, mais à quel prix ? Le vide laissé par Maduro pourrait plonger le Venezuela dans le chaos si une transition n’est pas gérée avec soin. Trump a ouvert une nouvelle ère face à la passivité complice d'Obama et de Biden.

La capture  de Maduro n’est pas un événement isolé, mais le premier domino d’une stratégie  visant à démanteler les alliances anti-occidentales. 


Israël y gagne en sécurité, l’Amérique du Sud en stabilité potentielle, tandis que les puissances autoritaires dictatoriale comme Cuba, la Chine et la Russie perdent du terrain. Pour l’Iran, le compte à rebours semble lancé : avec des protestations intérieures et un allié vénézuélien évincé, le régime pourrait affronter une intervention similaire, soutenue par une population en quête de changement.


Trump, redéfinit les règles du jeu international. Reste à voir si cette audace portera ses fruits ou allumera de nouveaux foyers de conflit. L’année 2026 s’annonce comme un pivot historique




vendredi 2 janvier 2026

TJ de ce jour Ashkenazes/ Sepharades/ Musulmans/ ... JBCH N° 2601 - 768

 Je suis tombé ce matin sur un article de Tribune Juive de ce jour ... Ce texte  m'a paru exact et intéressant : Nous n'avons pas le même regard sur l'Islam ... entre Sépharades et ashkénazes et  Thérèse Zrihen-Dvir nous le démontre à nouveau ...  

Ce que ressentent les Sépharades, et ce que les Ashkénazes peinent souvent à comprendre, Il y a 25 ans, je développais la théorie de Bat Y'eor sur la dhimmitude ... Je crois que la leçon n'a pas été comprise ... Peut-être que Thérèse Zriehen-Dvir fera mieux.




Il existe une fracture d’expérience profonde entre Sépharades et Ashkénazes lorsqu’il est question du « vivre-ensemble » avec l’islam. Elle ne relève ni du fantasme ni du préjugé, mais de trajectoires historiques radicalement différentes. Les Sépharades parlent depuis une mémoire vécue, transmise de génération en génération, tandis que beaucoup d’Ashkénazes raisonnent depuis une abstraction intellectuelle forgée dans l’Europe chrétienne puis sécularisée.




Les Sépharades savent, pour l’avoir expérimenté, que le vivre-ensemble dans les sociétés arabo-musulmanes n’a jamais été fondé sur l’égalité, mais sur la hiérarchie confessionnelle. Le statut de dhimmi, la jizya, l’humiliation rituelle, l’insécurité permanente et la réversibilité constante de la tolérance ont façonné une conscience lucide : la coexistence était conditionnelle, jamais réciproque. Elle reposait sur la domination islamique, non sur le pluralisme.


Ce que beaucoup d’Ashkénazes peinent à comprendre, c’est que cette asymétrie n’est pas seulement culturelle ou politique, mais théologique. Le Coran affirme la souveraineté absolue d’Allah et inscrit la soumission (islam) comme finalité universelle. La domination des valeurs islamiques y est présentée comme une promesse divine, à réaliser activement. Dès lors, le prosélytisme, les conquêtes, la guerre légitime, la subordination des non-musulmans ne sont pas des dérives accidentelles, mais des conséquences doctrinales possibles, voire normatives selon certaines lectures.





À l’inverse, le judaïsme repose sur des principes radicalement différents : le libre arbitre, l’alliance non prosélyte, la responsabilité morale individuelle, la justice, la vie, la bienveillance (hessed). Israël n’a jamais reçu mission de convertir le monde ni de le soumettre. Le peuple juif se définit par une alliance, non par une volonté de domination. Cette différence est essentielle et explique pourquoi toute minorité juive a historiquement été vulnérable dans des systèmes fondés sur la conquête religieuse.





Le christianisme, quant à lui, se situe dans une tension permanente. Jésus-juif rejette explicitement la domination terrestre et prône un royaume spirituel. Pourtant, l’histoire chrétienne a vu émerger des théologies de la domination qui se sont éloignées de ce message initial. Cette ambiguïté contraste avec la clarté du judaïsme sur le refus de la coercition religieuse.


Les Sépharades n’idéalisent pas le passé ; ils en portent les cicatrices. Ils savent que le discours contemporain sur le vivre-ensemble, souvent promu par des élites occidentales, repose sur une projection naïve des valeurs démocratiques dans des systèmes qui ne les partagent pas théologiquement. Ce décalage nourrit l’incompréhension.


Enfin, demeure une conviction profonde : le judaïsme est la source. Non une idéologie conquérante, mais un fleuve originel dont d’autres traditions ont dérivé, parfois en cherchant à s’y substituer. Le judaïsme ne peut ni reculer ni se dissoudre. 


Il demeure, par sa fidélité au libre arbitre et à l’éthique, irréductible à toute entreprise de domination spirituelle ou politique.


C’est cette lucidité, forgée dans l’exil oriental, que les Sépharades portent. Et c’est souvent cette lucidité que les Ashkénazes, formés dans un autre monde, peinent encore à entendre.


© Thérèse Zrihen-Dvir



jeudi 1 janvier 2026

Il y a eu des Juifs au Somaliland ... JBCH N° 2601 - 767

L’histoire méconnue des Juifs au Somaliland


Bien qu’aucun Juif n’y vive aujourd’hui, le Somaliland territoire de la Corne de l’Afrique ayant proclamé son indépendance de la Somalie en 1991 occupe une place discrète mais réelle dans l’histoire juive. 


Situé à un carrefour ancien de routes commerciales reliant l’Afrique orientale, la péninsule Arabique et le Proche-Orient, il fut, à différentes époques, un espace de passage, d’installation et parfois de disparition pour des communautés juives modestes, principalement venues du Yémen. 


À cette présence historique documentée s’ajoute une tradition orale plus controversée : celle du clan Yibir, qui revendique des origines juives anciennes.



La présence juive attestée au Somaliland commence dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Après la conquête ottomane du Yémen en 1872, les Juifs yéménites, longtemps soumis au statut de dhimmi, bénéficient d’une plus grande liberté de circulation. Dans le même temps, l’ouverture du canal de Suez en 1869 transforme la mer Rouge et le golfe d’Aden en axes majeurs du commerce mondial.


Alors que la majorité des Juifs yéménites animés par un messianisme ardent choisissent l’émigration vers la Palestine ottomane notamment lors de la vague E’eleh BeTamar de 1881  plusieurs centaines prennent une autre direction : la Corne de l’Afrique. Ils traversent le golfe d’Aden et s’installent dans les ports émergents de Berbera et Zeila, puis plus au sud à Brava, Mogadiscio et Obbia.


Ces marchands juifs s’intègrent dans les économies portuaires contrôlées par les puissances coloniales britanniques et italiennes. Polyglottes, maîtrisant l’arabe et l’hébreu, disposant de réseaux, ils commercent dans l’encens, la myrrhe, les peaux, le bétail et divers produits africains. Les archives de l’Alliance Israélite Universelle à Paris témoignent de leur présence, tout comme des récits de voyageurs et d’administrateurs coloniaux.


Au début du XXᵉ siècle, la population juive des villes somaliennes atteint son apogée, avec environ 300 personnes, principalement concentrées à Berbera et à Mogadiscio. Des synagogues existent, des cimetières sont utilisés, et des pierres tombales ornées de symboles juifs ont été identifiées par des archéologues somaliens.


Cependant, cette présence demeure fragile. L’arrivée au pouvoir du fascisme italien dans les années 1930 marque un tournant dramatique. L’antisémitisme d’État, la destruction de synagogues et la montée des persécutions rendent la situation intenable. La Seconde Guerre mondiale accentue encore la précarité de ces communautés isolées.



Après la création de l’État d’Israël en 1948, la quasi-totalité des Juifs du Somaliland et de la Somalie choisissent l’exil. Un rapport de la Jewish Telegraphic Agency de 1949 indique que seuls trois Juifs se trouvaient encore dans la région à l’été de cette année-là, chargés de liquider les affaires des autres avant de partir eux-mêmes. Quelques individus auraient néanmoins poursuivi leurs activités commerciales jusqu’aux années 1970, avant que la Somalie n’adhère à la Ligue arabe en 1974, ce qui scelle définitivement leur départ.


L’histoire juive en Somalie connaît un ultime et poignant épilogue au début du XXIᵉ siècle. Selon l’auteure et psychanalyste Nancy Kobrin, deux Juifs une mère, Ashira Haybi, et son fils Rami vivaient encore à Mogadiscio jusqu’en 2009. Ils observaient clandestinement les fêtes juives, maintenaient une alimentation cachère et possédaient un ancien rouleau de la Torah, au prix de dangers constants dans un pays ravagé par la guerre civile et la montée d’Al-Shabaab.




Contraints de fuir en 2009, ils se réfugient à Aden, au Yémen, d’où la famille était originaire. Peu après, toute communication cesse. Kobrin suppose qu’ils ont été assassinés, peut-être identifiés comme Juifs à cause de la Torah qu’ils avaient emportée. Leur disparition marque symboliquement la fin de toute vie juive organisée dans la région.


Parallèlement à cette histoire documentée subsiste une tradition plus ancienne et controversée : celle du clan Yibir, présent au Somaliland et en Somalie. Selon leur tradition orale, les Yibir descendraient de Juifs installés dans la région il y a plus de 1 500 ans, peut-être venus du Yémen ou en lien avec les Juifs éthiopiens Beta Israel.





Le récit raconte une conversion forcée à l’islam il y a près d’un millénaire, à la suite de la défaite de leur chef, Hanif, face à un saint musulman. Depuis lors, les Yibir occupent une position de caste inférieure, contraints à l’endogamie, à des métiers dévalorisés (forgerons, tanneurs, guérisseurs) et à une marginalisation sociale extrême. Ils parlent un dialecte secret du somali et sont souvent perçus comme « maudits ».




Certains linguistes voient dans le nom Yibir une déformation du mot hébreu Ivri (« Hébreu »), et notent des rituels évoquant des pratiques juives anciennes. Toutefois, la majorité des historiens restent sceptiques. Les analyses génétiques n’ont révélé aucune distinction significative entre les Yibir et les autres Somaliens, suggérant que toute éventuelle ascendance juive aurait été entièrement absorbée au fil des siècles.



L’histoire des Juifs au Somaliland est celle d’une présence discrète, commerciale, transitoire, souvent effacée par les violences du XXᵉ siècle. Elle illustre à la fois l’ancienneté des circulations juives dans l’espace afro-arabe et la fragilité des minorités dans des contextes de bouleversements politiques. 


Entre archives coloniales, récits personnels et traditions orales, elle demeure incomplète, mais constitue un chapitre singulier de l’histoire juive mondiale — un chapitre presque oublié, à la lisière de l’Afrique et du Moyen-Orient.