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jeudi 8 janvier 2026

Chemot ... Les Noms ... Que signifie cette paracha en 2026. JBCH N° 2601 - 779

Parachat Shemot : 

La résilience éternelle du peuple hébreu face à l’oppression et au terrorisme


En ce début d’année marqué par une fragile accalmie au Proche-Orient, la lecture de la paracha Shemot dans les synagogues du monde entier offre un écho puissant à la destinée du peuple juif. 


Ce passage inaugural du Livre de l’Exode, qui énumère les noms des fils d’Israël avant de dépeindre leur asservissement en Égypte, n’est pas seulement un récit historique : c’est un manifeste de survie et de dignité face à des ennemis déterminés à effacer l’identité juive. 



Alors que l’État d’Israël continue de faire face à des menaces existentielles de la part de groupes terroristes comme le Hamas, le Hezbollah les Houtis ou leurs soutiens iraniens , Shemot nous rappelle que l’oppression commence par la déshumanisation, mais que la libération naît de la reconnaissance de chaque vie juive comme sacrée.



La Torah ouvre sur une liste précise : « Voici les noms des fils d’Israël… ». Même réduits en esclavage, les Hébreux ne sont pas une masse anonyme, mais des individus dotés de noms, de visages et d’histoires. Ce détail biblique frappe par sa pertinence en 2026, où les ennemis d’Israël tentent d’effacer l’humanité des Juifs en les réduisant à des cibles impersonnelles. 


Rappelons les horreurs du 7 octobre 2023, lorsque le Hamas a massacré plus de 1 200 civils israéliens : hommes, femmes, enfants dans une orgie de violence barbare, kidnappant des centaines d’autres. Aujourd’hui, malgré un cessez-le-feu précaire signé fin 2025, des roquettes sporadiques continuent de pleuvoir sur les villes israéliennes, et des accusations infondées d’apartheid, de génocide, de famine par l’ONU masquent la réalité : c’est Israël qui défend sa population contre des assassins qui visent délibérément des civils juifs, transformant des quartiers résidentiels en champs de bataille.


Pharaon, dans Chemot, craint les Hébreux non pour leurs actes, mais pour leur simple existence et leur potentiel démographique. Cette peur irrationnelle mène à la déshumanisation, au travail forcé et à l’infanticide. La Torah expose ici un mécanisme intemporel : la haine idéologique précède la violence. 


En Israël, cette dynamique se répète avec une clarté alarmante. Le Hamas et ses alliés, financés par l’Iran, propagent une idéologie génocidaire qui voit dans chaque Juif un ennemi à exterminer. 


En janvier 2026, alors que des rapports de l’ONU soulignent des tensions persistantes en Cisjordanie et à Gaza, il faut rappeler que ces conflits sont alimentés par des groupes terroristes qui refusent la paix. Israël, en réponse, mène des opérations ciblées pour neutraliser des menaces comme les frappes préventives contre des caches d’armes du Hezbollah au Liban ou des tunnels du Hamas à Gaza. Ces actions ne sont pas de l’oppression, mais une défense légitime contre des ennemis qui, comme Pharaon, craignent la vitalité du peuple juif et justifient leurs assassinats de civils par une peur fabriquée.


Avant l’apparition de Moïse, ce sont des femmes qui incarnent la première résistance : les sages-femmes Chifra et Poua défient l’ordre d’infanticide, la mère de Moïse cache son enfant, Myriam veille sur lui, et même la fille de Pharaon adopte le futur libérateur. Elles choisissent la vie face à une loi injuste, prouvant que la résistance morale précède toute libération. 




En 2026, cette leçon trouve un parallèle inspirant chez les femmes israéliennes, en première ligne contre le terrorisme. Des mères endeuillées par les attaques du Hamas, comme celles du kibboutz Be’eri massacré en 2023, se mobilisent pour la justice et la sécurité. Des soldates de Tsahal, des activistes comme celles de l’organisation “Women in Green”, ou des figures publiques comme la Première ministre potentielle dans un paysage politique où des leaders comme Naftali Bennett appellent à une fermeté accrue  incarnent cette résilience. Elles refusent la soumission face à des ennemis qui, par leurs attentats suicides missiles et roquettes, visent à semer la terreur parmi les civils juifs.



Moïse, réticent à endosser son rôle, doute, bégaie et fuit le pouvoir. La Torah démystifie ainsi le leader charismatique : le vrai guide agit par devoir, avec humilité, non par soif de domination. 


En Israël aujourd’hui, Benjamin Netanyahu, malgré les controverses, incarne cette responsabilité face à des menaces multiples. En ce début 2026, avec des élections en vue et des pressions de l’extrême droite, son leadership forgé dans la lutte contre le terrorisme, rappelle que défendre le peuple juif exige une parole ferme, même difficile. Contrairement aux dictateurs comme ceux du régime iranien, qui soutiennent le Hamas dans ses assassinats, les leaders israéliens assument leur rôle pour protéger des vies, non pour les détruire.



Le buisson ardent, qui brûle sans se consumer, symbolise le peuple d’Israël : opprimé mais indestructible. Dieu déclare : « J’ai vu la souffrance de Mon peuple ». Ce message théologique affirme que la Providence agit à travers des humains imparfaits, mais résolus. 




Aujourd'hui, alors que Gaza reste un foyer de tension – avec des accusations de violations de cessez-le-feu par le Hamas, qui refuse de désarmer et continue de menacer les civils israéliens –, ce symbole colle à la résilience juive. Malgré les frappes iraniennes  et les appels à la haine, Israël prospère : innovations technologiques, économie robuste, et une société qui honore chaque nom, chaque vie perdue aux mains d’assassins.


Chemot résonne comme un appel à la vigilance : quand des peuples sont réduits à des slogans antisémites, quand la violence est justifiée par une haine ancestrale, quand des ennemis comme le Hamas ou le Hezbollah assassinent des civils juifs pour semer la peur. 


La paracha enseigne que la liberté commence par un refus intérieur de l’esclavage moral, intellectuel, spirituel. Pour le peuple hébreu et israélien, cela signifie défendre son droit à exister, face à des adversaires qui, comme Pharaon, cherchent l’anéantissement. 


En ce sens, la sortie d’Égypte n’est pas un événement passé, mais une lutte continue pour la dignité juive contre toute forme de terrorisme.





La liberté du peuple juif naît de la reconnaissance de son identité unique, de sa voix inébranlable et de sa responsabilité à se défendre contre ceux qui assassinent ses innocents.

L'atout majeur d'Israël JBCH N° 2026 - 778

La technologie de défense israélienne, nouveau pilier diplomatique



Je te tiens, tu me tiens par la barbichette… ils condamnent tous Israël et ils font la queue pour obtenir sa technologie et ses armes !!!


Au moment où Israël traverse l’une des crises diplomatiques les plus graves de son histoire, un phénomène paradoxal mais décisif est à l’œuvre : sa technologie de défense s’impose comme un puissant facteur de résilience stratégique. 




Tandis que l’État hébreu est accusé sur la scène internationale de prolonger la guerre à Gaza et même, pour certains, de « génocide », de nombreux pays renforcent discrètement – mais concrètement – leur coopération militaire avec lui.


Au cours de la seule année écoulée, l’Allemagne, la Finlande, le Danemark, la Grèce, la Roumanie, la Serbie et la Slovaquie ont rejoint la liste des États européens ayant choisi d’investir massivement dans des systèmes de défense israéliens, pour un montant estimé à près de deux milliards de shekels. La Slovaquie vient de signer un accord pour l’acquisition du système de défense aérienne Barak MX. La Finlande a acheté le système David’s Sling de Rafael dans un contrat chiffré à plusieurs centaines de millions de dollars. La Grèce, quant à elle, a acquis des systèmes de défense intégrés d’une valeur de plusieurs milliards de shekels.



Cette dynamique est d’autant plus remarquable qu’elle précède même la commercialisation mondiale des systèmes laser israéliens de nouvelle génération, appelés à révolutionner l’interception aérienne et à accroître encore la demande internationale. Autrement dit, l’industrie de défense israélienne s’impose déjà comme un acteur central, avant même d’avoir dévoilé tout son potentiel technologique.


Le contexte mondial éclaire cette évolution. Les tensions entre la Chine et Taïwan, l’Inde et le Pakistan, la Russie et l’Europe, ainsi que l’embrasement du Moyen-Orient, placent de nombreuses régions sur le seuil d’une course aux armements sans précédent depuis des décennies. Dans ce climat, la technologie de défense n’est plus un simple levier économique : elle devient une assurance stratégique. Les États cherchent des partenaires capables de fournir rapidement des systèmes éprouvés, fiables et opérationnels.



des pièces détachées ... 


C’est précisément ce qu’offre Israël. Longtemps qualifié de « Start-Up Nation », le pays est en train de devenir une véritable « Defense-Tech Nation ». Ses technologies ne sont pas théoriques : elles sont testées sur le terrain, adaptées en temps réel et continuellement améliorées. Pour des gouvernements confrontés à la perspective de conflits majeurs, cette crédibilité opérationnelle prime sur les considérations idéologiques.


Les marchés financiers en sont un indicateur clair. Les valeurs liées à la défense figurent aujourd’hui parmi les plus performantes des grandes places boursières occidentales. Aux côtés de géants comme Lockheed Martin ou Boeing, les entreprises israéliennes gagnent en visibilité et en attractivité. Les marchés, souvent perçus comme un système d’alerte précoce, envoient un message sans ambiguïté : la sécurité est redevenue un axe central de la politique mondiale.


L'Espagne antisémite et pro arabe

Pour de nombreux gouvernements européens, deux constats s’imposent. D’une part, le risque d’un conflit de grande ampleur, voire mondial, n’est plus abstrait. D’autre part, dans ce contexte instable, Israël apparaît comme l’un des partenaires de défense les plus fiables de l’Occident. Cette prise de conscience se traduit par des coopérations renforcées, de nouvelles acquisitions et, dans certains cas, par l’évocation de partenariats de défense formalisés.


Ainsi, la technologie de défense israélienne ne se contente plus de soutenir l’économie nationale : elle devient un instrument diplomatique à part entière. Elle ancre les relations internationales d’Israël dans des intérêts stratégiques concrets, au-delà des discours et des controverses. 

Dans un monde qui glisse vers l’instabilité, cet atout pourrait bien s’avérer décisif.





mercredi 7 janvier 2026

L Histoire des Juifs du Vénézuéla. JBCH N° 2601 - 777

Juifs du Venezuela : 

Cinq siècles de présence, d’espoirs et de persécutions


L’histoire des Juifs au Venezuela est ancienne, complexe et profondément marquée par des cycles de tolérance fragile et de violences récurrentes. 

Elle commence il y a près de cinq siècles, à l’ombre de l’Inquisition espagnole, et se poursuit jusqu’à aujourd’hui, où l’antisémitisme reste un outil politique dans un pays en crise.



Dès la fin du XVe siècle, alors que les conquistadors espagnols découvrent les côtes de ce qu’ils appellent « la Petite Venise », des Juifs arrivent clandestinement dans la région. Contraints à la conversion forcée par l’Inquisition, ces crypto-Juifs pratiquent leur foi en secret. La répression est brutale : en 1720, Joseph Diaz Pimienta est exécuté pour judaïsme, un cas emblématique de la violence inquisitoriale.



La proximité de l’île de Curaçao, passée sous domination néerlandaise au XVIIe siècle et devenue un havre de liberté religieuse, joue un rôle central. Des communautés juives florissantes s’y développent et entretiennent des liens commerciaux étroits avec les côtes vénézuéliennes. À la fin du XVIIe siècle, les Juifs fondent même une ville quasi autonome, Tucacas, grand centre du commerce du cacao. Mais cette expérience prend fin en 1720, lorsque les troupes espagnoles détruisent la ville et expulsent sa population juive, forcée de fuir une nouvelle fois vers Curaçao.



Le XIXe siècle apporte un espoir nouveau. Des Juifs soutiennent activement Simón Bolívar, le Libérateur de l’Amérique latine. Des financements, des soutiens logistiques et même des officiers juifs participent aux guerres d’indépendance. En 1821, la Grande Colombie proclame la liberté religieuse. Dans ce contexte, des familles juives s’installent à Coro, port vénézuélien voisin de Curaçao.


Synagogue de Coro


Mais l’illusion est de courte durée. Les Juifs de Coro prospèrent rapidement, suscitant jalousie et ressentiment. À partir de 1831, des émeutes éclatent. Les autorités locales imposent aux Juifs des taxes discriminatoires, puis exigent des « prêts » forcés pour financer l’armée. En 1855, lorsque la communauté refuse de continuer à payer, une campagne antisémite ouverte est lancée : tracts incendiaires, accusations sexuelles, menaces explicites. Des bandes armées attaquent les maisons et pillent les commerces juifs. En février 1855, les 168 Juifs de Coro sont expulsés, marquant la première expulsion de Juifs d’un État indépendant en Amérique du Sud.




Sous pression diplomatique néerlandaise, le Venezuela accepte trois ans plus tard d’indemniser les victimes et de garantir leur retour. Mais l’hostilité persiste. Peu reviennent. La communauté de Coro ne s’en relèvera jamais.


Le XXe siècle voit une lente reconstruction. Malgré des restrictions migratoires sévères — notamment pendant la Shoah, où le Venezuela refuse largement les réfugiés juifs — la communauté grandit après 1948, accueillant des Juifs ashkénazes et séfarades fuyant l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Dans les années 1990, environ 25 000 Juifs vivent au Venezuela, dans un climat relativement stable.






Tout bascule avec l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en 1999. Son discours populiste recycle des clichés antisémites classiques, associant les Juifs à la richesse, au complot et à l’impérialisme. Ses alliances avec l’Iran et le Hezbollah, sa rupture avec Israël en 2008, et ses accusations répétées contre les institutions juives créent un climat de peur. Des synagogues sont attaquées, des écoles juives perquisitionnées, des responsables communautaires espionnés.



Son successeur, Nicolás Maduro, poursuit cette instrumentalisation. Les Juifs deviennent des boucs émissaires commodes dans un pays ravagé par la crise économique et politique. Même aujourd’hui, les dirigeants vénézuéliens continuent d’accuser le « sionisme international » de comploter contre le régime, recyclant des discours vieux de plusieurs siècles.




Résultat : l’exode. De 35 000, la communauté juive est tombée à environ 4 000 personnes. Pourtant, la vie juive persiste, fragile mais déterminée, à travers synagogues, écoles et œuvres sociales.


L’histoire des Juifs du Venezuela n’est pas marginale. Elle est révélatrice d’un mécanisme universel : lorsque les institutions s’effondrent, lorsque le pouvoir cherche des coupables, l’antisémitisme ressurgit comme un réflexe politique


. Comprendre cette histoire, c’est refuser qu’elle se répète — au Venezuela comme ailleurs.



Mercosur Macron reste isolé ... JBCH N° 2601 - 776

Mercosur : l’Europe s’apprête à trancher, la France isolée


Un vote formel des Vingt-Sept pourrait intervenir dès vendredi à Bruxelles. Dans la foulée, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’envolerait pour l’Amérique latine afin de signer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay mettant ainsi un point final à plus de vingt-cinq ans de négociations.



En France, l’événement s’annonce explosif. Une partie du monde agricole y voit un drame annoncé, la plupart des forces politiques dénoncent un choc et une humiliation, tandis que l’accord apparaît comme un nouveau désaveu pour Emmanuel Macron, qui avait promis d’en empêcher l’adoption. Le chef de l’État s’est d’autant plus piégé lui-même que le traité a été présenté, souvent de manière caricaturale, comme une menace existentielle pour l’agriculture française.


Or, à y regarder de près, le Mercosur est loin du monstre décrit dans le débat public. Sur le point le plus sensible — la viande bovine — l’accord prévoit un quota supplémentaire annuel de 99 000 tonnes pour l’ensemble de l’Union européenne, sur un marché de plus de six millions de tonnes. Cela représente 1,6 % de la production européenne, soit l’équivalent d’un steak par an et par Européen. Pour la volaille, le quota s’élève à 180 000 tonnes, soit 1,4 % du marché, un volume inférieur aux importations actuelles de poulets ukrainiens.



La crainte de viande nourrie aux hormones revient régulièrement dans le débat. Mais les règles européennes restent inchangées : hormones et antibiotiques demeurent interdits. La vraie question porte davantage sur l’efficacité et la fréquence des contrôles, un sujet réel mais rarement abordé de manière sérieuse.


En contrepartie, l’accord ouvrirait aux entreprises européennes un marché de 270 millions de consommateurs aujourd’hui fortement protégé, avec des droits de douane allant de 20 à 35 %, appelés à disparaître. Une opportunité majeure pour les filières industrielles à forte valeur ajoutée — automobile, aéronautique, pharmacie, chimie — ainsi que pour les services, secteurs où la France dispose d’atouts importants. Côté agricole, vins et fromages seraient gagnants, avec la reconnaissance et la protection des appellations d’origine, interdisant notamment les faux Champagne ou faux Roquefort.




Cet enjeu économique et industriel considérable est pourtant largement absent du débat public, au point de laisser croire que le Mercosur ne serait qu’une invention bruxelloise destinée à inonder l’Europe de bœuf sud-américain et à sacrifier ses éleveurs. Un scénario déjà entendu lors de la signature du CETA avec le Canada, accord qui a pourtant permis à la France de tripler son excédent agricole avec ce pays en huit ans.


Dernier argument, rarement assumé : la géopolitique. Alors que Donald Trump a relancé une guerre commerciale et entend réaffirmer la domination américaine sur le continent, l’Union européenne dispose avec le Mercosur d’une occasion unique de s’implanter durablement en Amérique latine et de contrebalancer l’influence des États-Unis sur leur propre terrain.


Le verrou politique vient de sauter. L’Italie dira oui. Giorgia Meloni, que Paris avait convaincue en décembre de soutenir un report d’un mois, ne s’oppose plus au texte. 


Sans Rome, la France, la Pologne et la Hongrie ne sont plus en mesure de constituer une minorité de blocage. Cette fois, sauf surprise majeure, le Mercosur devrait être adopté.





mardi 6 janvier 2026

Les Cuirassés de Trump. JBCH N° 2601 - 775

La « Trump Class Navy » : 

un retour en arrière stratégique



Le projet annoncé par Donald Trump le 22 décembre à Mar-a-Lago construire une flotte de nouveaux cuirassés géants baptisés « Trump Class » relève moins d’une vision stratégique que d’un geste politique et symbolique. 


Présentés comme « les plus grands, les plus rapides et les plus puissants jamais construits », ces navires incarnent une nostalgie guerrière déconnectée des réalités militaires contemporaines.




D’abord, le cuirassé est un concept obsolète. Depuis près d’un siècle, l’histoire navale a démontré leur vulnérabilité face à l’aviation, aux sous-marins et aujourd’hui aux missiles hypersoniques et aux drones. 


Dès les années 1920, les démonstrations du général Billy Mitchell avaient mis en évidence leur fragilité. Pearl Harbor, puis la bataille de Midway, ont définitivement consacré la supériorité du porte-avions et de la guerre aéronavale. La destruction du Yamato en 1945 — symbole ultime de la démesure navale — a scellé le sort stratégique des cuirassés.




Ensuite, le projet est incohérent sur le plan militaire. La doctrine actuelle de l’US Navy repose sur la dispersion des capacités de frappe, la furtivité, la modularité et l’inter-opérabilité. 


À l’inverse, un cuirassé concentre armement, équipage et valeur symbolique sur une seule plateforme, devenant une cible idéale. Malgré l’intégration de missiles modernes, ces navires seraient improprement appelés « cuirassés » et ne correspondraient à aucun besoin tactique réel face aux menaces chinoises, russes ou asymétriques.





Sur le plan budgétaire, le programme est une folie annoncée. Avec un coût estimé entre 9 et 14 milliards de dollars par unité, il ferait exploser les budgets de défense, tout en entrant en concurrence avec des programmes plus pertinents. 


Les précédents sont éloquents : les frégates Constellation annulées après des milliards engloutis, ou les destroyers furtifs Zumwalt, passés de 32 navires prévus à seulement trois exemplaires hors de prix. Les experts s’accordent à dire que le programme Trump Class serait probablement abandonné avant même la mise à l’eau du premier navire.




Le calendrier lui-même est irréaliste : aucun déploiement avant les années 2030, donc sous une autre administration, ce qui rend le projet politiquement fragile et stratégiquement inutile. Comme le soulignent plusieurs analystes militaires, ces navires semblent conçus davantage pour « impressionner » que pour combattre.


Enfin, le projet révèle une conception viriliste et théâtrale de la puissance militaire, où la taille et la force brute remplacent l’analyse rationnelle des conflits modernes. 


Dans un contexte où l’administration affirme ne pas pouvoir financer la santé, l’aide sociale ou les secours aux catastrophes, l’idée de dilapider des milliards dans un programme voué à l’échec apparaît profondément irresponsable.


La « Trump Class Navy » ne serait ni un atout stratégique ni un progrès technologique, mais un monument flottant à la nostalgie, au gaspillage et à l’illusion de puissance — un cuirassé déjà dépassé avant même que le premier rivet ne soit posé.




lundi 5 janvier 2026

Erdogan avance ses pions . JBCH N° 2601 - 774

Le risque stratégique turc : 

F‑35, ambitions néo-ottomanes et menace pour Israël


La Turquie d’Erdogan représente aujourd’hui un pouvoir régional aux ambitions clairement expansionnistes. Avec plus de 90 millions d’habitants et une économie en développement, Ankara cherche à restaurer l’influence territoriale et politique de l’ancien Empire ottoman


L’histoire récente montre que cette stratégie n’est pas qu’un slogan : la Turquie a déjà utilisé sa puissance militaire pour intervenir en Syrie, en Libye, et s’est emparée d’une partie de Chypre, démontrant sa volonté de transformer la diplomatie en conquête concrète.




Si la Turquie venait à acquérir des F‑35, le rapport de force militaire dans la région changerait radicalement. Ces avions furtifs de 5ᵉ génération sont capables de pénétrer des défenses aériennes sophistiquées et de frapper avec précision des cibles stratégiques. Entre les mains d’Ankara, ils constitueraient un outil redoutable pour imposer sa volonté, non seulement sur les États voisins, mais aussi pour menacer directement Israël, qui se situe à portée de missiles et d’opérations aériennes.




Le président Erdogan a clairement affiché sa volonté de ne rien céder sur la scène régionale. Son discours néo-ottoman, mêlé à une politique de nationalisme religieux, laisse peu de place à la négociation. Israël, en tant qu’État juif et puissance militaire avancée dans la région, deviendrait la première cible d’une offensive turque : à la fois pour son rôle stratégique et symbolique dans le Moyen-Orient et pour s’affirmer face à l’influence américaine et occidentale.




Le danger ne se limite pas à Israël. Une Turquie équipée de F‑35 pourrait déstabiliser l’ensemble de l’équilibre militaire et diplomatique du Moyen-Orient, accroître le risque de conflits ouverts avec la Grèce et Chypre, et renforcer les ambitions ottomanes dans les Balkans et la Méditerranée orientale. Les alliances traditionnelles, notamment avec l’OTAN, seraient mises à rude épreuve, car Ankara pourrait disposer d’une puissance de frappe autonome capable de défier les partenaires occidentaux eux-mêmes.


La perspective d’un arsenal avancé entre les mains d’Erdogan transforme la Turquie d’un acteur régional influent en menace militaire directe pour Israël et pour la stabilité du Moyen-Orient


La communauté internationale doit considérer non seulement la capacité de frappe, mais aussi la détermination d’un dirigeant prêt à réécrire les frontières régionales et à poursuivre ses ambitions impériales à tout prix.







La Mainmise du Qatar est indécente JBCH N° 2601 - 773

PSG, Qatar et la France sous influence : 

Bernard Arnault et le réveil du Paris FC face à un système d’instrumentalisation


Depuis plus d’une décennie, le Paris Saint-Germain n’est plus seulement un club de football. Il est devenu l’outil le plus visible d’une stratégie de soft power qatarie, visant à contrôler l’image et les symboles de la France et, par extension, de l’Europe. 


Derrière la façade glamour, le PSG illustre comment un État étranger peut transformer un club historique en vitrine diplomatique et financière, au détriment de la souveraineté sportive, économique et culturelle.

La responsabilité française dans cette situation est loin d’être neutre. Sous le mandat de Nicolas Sarkozy, des décisions fiscales et diplomatiques majeures et iniques 
ont ouvert la voie à l’entrée massive du Qatar dans le sport, le luxe et l’économie française. 


Plein les poches !!! 

Les régimes fiscaux avantageux, les contrats de sponsoring et les facilités d’investissement offerts à l’émirat n’étaient pas des gestes gratuits : ils ont créé un système de dépendance mutuelle, où les retours financiers et politiques pour certaines personnalités françaises apparaissent trop évidents pour être ignorés. 




Cette politique a favorisé une mainmise étrangère sur des institutions stratégiques françaises, tout en fragilisant les contre-pouvoirs nationaux.



Dans ce contexte, Bernard Arnault apparaît comme le contrepoids essentiel. Contrairement à d’autres acteurs économiques ou politiques, il refuse de s’aligner sur les logiques qataries et investit dans des alternatives crédibles, notamment le Paris FC. Ce club, longtemps oublié, représente aujourd’hui une alternative structurée et souveraine, construite sur la formation, la continuité et l’identité locale, plutôt que sur le marketing et la diplomatie d’influence.




Le contraste est saisissant. Le PSG, saturé de stars surpayées et de contrats de sponsoring opaques, reste un géant financier mais un échec sportif européen répété. Ses succès sont artificiels, ses échecs répétés. Le Paris FC, à l’inverse, incarne un modèle durable, rationnel et authentiquement français, capable de montrer que l’on peut réussir dans le sport sans vendre son indépendance à un État étranger.



L’influence qatarie dépasse largement le football. Elle s’étend à l’immobilier de prestige, aux médias, au luxe et à certaines sphères intellectuelles, transformant des symboles nationaux en vitrines au service d’intérêts étrangers. Dans ce système, la France devient progressivement complice passive, en laissant se développer un mécanisme où le prestige du pays est monnayé et les règles économiques nationales contournées.


En réveillant le Paris FC, Bernard Arnault ne défie pas seulement un club et un actionnaire. Il oppose une vision de souveraineté et de responsabilité nationale à une stratégie de domination étrangère. Il rappelle que la France peut reprendre la main sur ses symboles, ses institutions et son imaginaire collectif. L’ombre de Sarkozy et de ses choix fiscaux et diplomatiques pèse encore, mais le réveil du Paris FC constitue une contre-narrative salutaire, qui montre que l’argent ne doit pas être le seul maître du jeu et que la France peut retrouver un contrôle sur son sport et sa culture.





Ainsi, le PSG n’est pas seulement un club de football : il est devenu un symbole de la compromission et de la dépendance, alors que le Paris FC incarne la possibilité d’un retour à l’indépendance, à la logique de mérite et à la défense des intérêts français face à une mainmise étrangère soigneusement préparée par des décennies d’aveuglement et de calculs politiques. 


L’enjeu dépasse le sport : il s’agit de la souveraineté de la France et de son influence en Europe, confrontée à une stratégie qatarie que trop de dirigeants français ont encouragée, consciemment ou non.