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samedi 25 juillet 2026

Le Naufrage de la Tunisie JBCH N° 2607 - 024

Chronique · Maghreb

Tunisie : le naufrage d'un pays qui avait tout pour réussir

Exception démocratique du monde arabe, berceau du Printemps arabe en 2011 : quinze ans plus tard, la Tunisie s'enfonce dans une crise dont elle ne semble plus apercevoir l'issue.

Je pleure quand je vois dans quel état s'est transformé mon pays de naissance ; la plus grande erreur a été de faire partir tous les juifs qui y habitaient depuis 2800 ans.

Avec un Président stupide, qui a pris tous les pouvoirs depuis des années, rien ne va plus du point de vue économique, social et politique : tous les feux sont au rouge.

L'Ifrikya, le grenier à blé de Rome, là où Carthage s'est épanouie, ce pays appelé la Tunisie, mon pays natal, s'enfonce dans des sables mouvants, et subit en ce moment la plus grande crise de son histoire.

Tunis, avec plus de 40°, est paralysée, et le gouvernement, très vite devenu dictatorial, ne sait plus comment diriger.

La Tunisie traverse une crise économique et sociale profonde : croissance faible, chômage élevé, notamment chez les jeunes, inflation persistante, dette publique importante et baisse du pouvoir d'achat alimentent un fort mécontentement populaire.

Le pays reste dépendant de l'aide extérieure et de l'UE, qui ne vérifie pas où est placé l'argent, et des réformes structurelles, tandis que l'incertitude politique freine les investissements et la création d'emplois.

La Tunisie fut longtemps l'exception du monde arabe. Terre de culture, d'éducation et de modération, elle incarnait l'espoir d'un développement fondé sur le savoir, le tourisme, l'ouverture et l'initiative privée. En 2011, elle fut également le berceau du « Printemps arabe », suscitant l'admiration des démocraties occidentales. Quinze ans plus tard, le constat est douloureux : le pays s'enfonce dans une crise économique, sociale et politique dont il ne semble plus apercevoir l'issue.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Kaïs Saïed et, surtout, depuis qu'il a concentré entre ses mains l'essentiel des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, la Tunisie donne le sentiment de s'être enfermée dans une impasse. La personnalisation du pouvoir s'est accompagnée d'un affaiblissement des contre-pouvoirs, d'une défiance croissante des investisseurs et d'une paralysie des réformes indispensables.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Une croissance atone, une dette publique qui pèse lourdement sur les finances de l'État, un chômage persistant – particulièrement chez les jeunes diplômés –, une inflation qui réduit chaque jour un peu plus le pouvoir d'achat et une fuite des compétences vers l'Europe ou les pays du Golfe. Les entreprises hésitent à investir, les touristes reviennent moins nombreux que prévu et les finances publiques demeurent sous perfusion.

Les aides internationales ne remplacent jamais les réformes, la liberté économique et la confiance.

Cette situation est d'autant plus préoccupante que la Tunisie survit en grande partie grâce aux aides extérieures. L'Union européenne continue d'apporter un soutien financier important afin d'éviter un effondrement économique qui provoquerait une nouvelle vague migratoire vers les côtes européennes. Mais ces aides, souvent débloquées dans l'urgence, donnent le sentiment d'être accordées sans véritable contrôle sur les réformes promises ni sur leur efficacité réelle. Elles permettent de repousser l'échéance sans résoudre les problèmes structurels du pays.

Cette dépendance rappelle, à certains égards, celle de l'Autorité palestinienne à Ramallah, dont le fonctionnement repose également en grande partie sur les financements internationaux. Dans les deux cas, les bailleurs de fonds cherchent avant tout à préserver une stabilité minimale, sans toujours obtenir les transformations économiques et institutionnelles attendues.

Suite · Tunisie : le naufrage d'un pays qui avait tout pour réussir

L'isolement, la fuite des cerveaux et le choix qui reste à faire



Sur le plan diplomatique, la Tunisie apparaît aujourd'hui plus isolée que jamais. Alors que plusieurs États arabes ont choisi d'ouvrir une nouvelle page en rejoignant les Accords d'Abraham et en développant leurs relations avec Israël, Tunis demeure figée dans une posture de refus absolu. Cette position prive le pays de nombreuses opportunités économiques, technologiques et scientifiques, notamment dans les domaines de l'agriculture, de la gestion de l'eau, de la santé, de l'innovation ou des hautes technologies.

Les Accords d'Abraham ont démontré qu'il était possible de conjuguer réalisme politique, coopération économique et maintien du soutien à la cause palestinienne. Les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc ou encore le Soudan ont fait le choix du pragmatisme afin de favoriser leur développement et d'attirer les investissements internationaux. La Tunisie, elle, reste à l'écart de cette dynamique régionale.

Plus inquiétant encore, elle semble s'inscrire dans un axe de proximité avec l'Algérie, principal soutien financier et énergétique de Tunis. Si cette coopération répond à des nécessités immédiates, elle renforce également l'isolement diplomatique de la Tunisie vis-à-vis des nouvelles alliances qui redessinent le Moyen-Orient. L'Algérie demeure, elle aussi, gouvernée par un système fortement centralisé où l'armée conserve une influence déterminante sur les grandes orientations politiques.




Ils espèrent simplement obtenir un visa pour Paris, Montréal ou Berlin.

Pendant ce temps, les jeunes Tunisiens continuent de quitter leur pays. Beaucoup ne rêvent plus d'entreprendre à Tunis, Sfax ou Sousse ; ils espèrent simplement obtenir un visa pour Paris, Montréal ou Berlin. Cette fuite des cerveaux constitue sans doute la plus grande tragédie d'un pays dont la principale richesse demeure son capital humain.

La Tunisie possède pourtant des atouts considérables : une population instruite, une position géographique exceptionnelle au cœur de la Méditerranée, un patrimoine historique unique, un climat favorable au tourisme toute l'année et une tradition d'ouverture sur le monde. Mais ces atouts ne peuvent produire leurs effets sans stabilité institutionnelle, sans confiance des investisseurs et sans vision économique.

L'histoire enseigne qu'aucune nation ne peut durablement vivre sous perfusion financière extérieure. Les aides internationales ne remplacent jamais les réformes, la liberté économique et la confiance. Elles peuvent accompagner un redressement ; elles ne peuvent en être le moteur.

Il appartient désormais aux dirigeants tunisiens de choisir entre deux voies : poursuivre un isolement politique qui accentue les difficultés économiques, ou engager enfin les réformes profondes capables de redonner confiance aux citoyens, aux entrepreneurs et aux partenaires internationaux. Car ce n'est pas seulement l'économie tunisienne qui est en jeu ; c'est l'avenir de toute une génération qui refuse de voir son pays sombrer alors qu'il possède encore les moyens de retrouver sa place parmi les grandes nations de la Méditerranée. Pauvre Tunisie !!

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