La vérité est rarement simple, mais elle mérite qu’on la cherche » d’après Oscar Wilde
À quelques mois de nouvelles élections en Israël, un paradoxe s’impose :
Israël est probablement l’un des pays les plus commentés au monde – et l’un des moins compris…
Plateaux de télévision, tribunes, réseaux sociaux : les opinions abondent. Les certitudes aussi.
Mais dès qu’il s’agit d’expliquer réellement les mécanismes qui structurent la vie politique israélienne, le brouillard réapparaît.
À distance, le système paraît instable, presque chaotique : multiplication des partis, coalitions mouvantes, débats incessants, crises gouvernementales récurrentes.
Or ce qui semble désordre vu de loin obéit, en réalité, à une logique profonde. Encore faut-il accepter de s’y plonger…
Depuis l’Europe, chacun semble avoir une opinion arrêtée sur sa politique, ses dirigeants, ses crises et ses élections. Mais dès qu’il s’agit d’expliquer réellement les mécanismes qui structurent la démocratie israélienne, les certitudes se dissipent et les analyses deviennent soudain plus fragiles.
La politique israélienne n’est pas seulement un spectacle pour observateurs lointains : c’est l’expression d’une société traversée par l’Histoire, la mémoire, l’immigration et une pression stratégique permanente.
Pour la comprendre, il faut accepter d’en regarder les ressorts profonds.
C’est précisément l’ambition du premier livre de Myriam Shermer : Knesset 2026 : Comprendre la politique israélienne :
Un ouvrage qui arrive au moment exact où il devient nécessaire : celui où l’électeur doit voter sans se contenter de slogans.
Une voix libre pour comprendre Israël. Née à Jérusalem, ayant vécu près de vingt ans en France avant de revenir s’installer en Israël, Myriam Shermer appartient à cette génération rare de francophones capables de penser simultanément deux univers.
Elle connaît les catégories intellectuelles françaises, leurs réflexes politiques, leurs cadres d’analyse. Mais elle connaît aussi, de l’intérieur, la réalité israélienne – cette réalité intense, parfois déroutante, que beaucoup observent depuis l’Europe sans toujours la comprendre.
Depuis Paris, Bruxelles ou Genève, Israël est souvent abordé comme un objet politique abstrait. Sur place, il est vécu comme une expérience quotidienne où l’Histoire, la mémoire et la sécurité ne sont jamais des concepts théoriques mais des réalités concrètes.
Beaucoup de francophones l’ont d’abord découverte à la télévision, notamment sur i24news. Son visage, son sourire et sa voix y étaient devenus familiers des téléspectateurs qui suivent l’actualité israélienne.
Mais ce qui frappait surtout était sa manière d’intervenir dans le débat public.
Dans un paysage médiatique saturé d’indignation immédiate et de certitudes rapides, elle faisait quelque chose qui devient presque rare : argumenter, contextualiser, rappeler les faits.
Même lorsque la discussion se heurtait à la mauvaise foi ou à cet antibibisme devenu presque réflexe qui, trop souvent, réduit la politique israélienne à une obsession unique : être pour ou contre Benjamin Netanyahu.
Comme si comprendre Israël pouvait se résumer à cette seule question.
La politique israélienne fascine autant qu’elle irrite. Pour ceux qui l’observent de loin, elle paraît imprévisible, parfois excessive, souvent passionnée.
Mais ce tumulte n’est pas une anomalie démocratique. Il est le reflet d’une société singulière.
Israël n’est pas un pays comme les autres. Son État est né dans la guerre, construit par des vagues d’immigration venues de continents différents, entouré de menaces régionales constantes, il vit dans une tension historique permanente.
Dans un tel contexte, la politique ne peut être analysée avec les seules catégories paisibles des démocraties européennes…
Elle est traversée par l’Histoire, par les identités, par les mémoires multiples et par la question, toujours présente, de la sécurité nationale.
C’est cette complexité que Shermer entreprend de restituer.
Une honnêteté intellectuelle devenue rare, la grande qualité du livre tient dans son ton.
Shermer ne dissimule pas son attachement au projet sioniste. Elle ne prétend pas adopter cette neutralité artificielle que certains médias revendiquent volontiers mais qui dissimule souvent ses propres présupposés idéologiques.
Mais cet engagement n’est jamais partisan. Elle examine les arguments des partisans de Netanyahu comme ceux de ses opposants. Elle ne tombe ni dans l’adoration ni dans la diabolisation.
Dans un paysage médiatique où l’antibibisme est parfois devenu un réflexe pavlovien – et où, à l’inverse, certains discours transforment toute critique en acte de trahison – cette attitude mérite d’être soulignée.
Shermerne cherche pas à convaincre le lecteur d’adhérer à une ligne politique.
Elle cherche à lui donner les moyens de comprendre les mécanismes derrière un flou supposé.
L’un des grands mérites du livre est pédagogique. La politique israélienne est souvent racontée comme une succession d’événements : élections anticipées, crises gouvernementales, coalitions fragiles.
Shermer adopte une autre démarche : elle remonte aux causes.
Pourquoi Israël compte-t-il autant de partis ?
Pourquoi les coalitions sont-elles si complexes ?
Pourquoi certaines questions – religion, sécurité, identité nationale – occupent-elles une place si centrale ?
Au fil des pages, le lecteur comprend que ces phénomènes ne sont pas des anomalies. Ils sont le produit d’une histoire et d’une sociologie particulières.
La société israélienne n’est pas homogène. Elle est composée de communautés venues d’Europe, d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d’Éthiopie ou de l’ex-Union soviétique, chacune porteuse de mémoires et de traditions différentes.
Cette diversité se reflète naturellement dans la vie politique.
Un autre mérite du livre est de rappeler une réalité que beaucoup oublient en Europe : en Israël, la politique ne relève jamais seulement de l’administration.
Pour un pays dont chaque génération a connu des guerres, des attentats ou des menaces régionales, les choix politiques touchent directement à la continuité nationale...
Cela ne signifie pas que tous les Israéliens pensent de la même manière. Bien au contraire.
Les débats sont vifs, parfois féroces. Mais ils s’inscrivent toujours dans cette conscience aiguë du destin collectif.
Shermer montre avec finesse comment cette dimension influence les choix électoraux.
Une plume à suivre
Pour un premier ouvrage, Knesset 2026 impressionne par sa maturité.
On y retrouve la spontanéité d’une journaliste habituée au débat public, mais aussi la réflexion d’une observatrice attentive de la société israélienne.
Le livre ne prétend pas apporter des réponses définitives.
Il fait quelque chose de plus précieux : il ouvre des perspectives.
Nous vivons dans un monde saturé d’opinions instantanées. Les commentaires se multiplient à une vitesse vertigineuse ; les analyses deviennent plus rares.
Le livre de Myriam Shermer appartient à cette catégorie devenue précieuse : celle des ouvrages qui prennent le temps de comprendre.
Il ne simplifie pas Israël pour le rendre confortable. Il restitue sa complexité, sa vitalité et ses tensions.
Et c’est précisément pour cela qu’il mérite d’être lu.
Car au fond, voter dans une démocratie exige une chose simple : comprendre le pays dans lequel on vote.
À la veille d’élections décisives pour Israël, ce livre offre quelque chose de devenu rare dans le débat contemporain : des explications là où dominent trop souvent des slogans, clés nécessaires pour regarder la politique israélienne avec plus de lucidité. SS♦
On a privé de liberté le peuple perse depuis plus de 40 ans, L'Islam Chiite et ses ayatollah ont pris en ôtage ce peuple qui a 3000 ans, Aujourd'hui en 2026 ce peuple va retrouver sa liberté, son honneur, sa dignité et surtout sa Liberté; Nowruz 2026 :restera gravé dans l'histoire le printemps triomphe enfin
À quelques jours seulement de l’équinoxe de printemps, des millions de foyers iraniens, afghans, tadjiks, kurdes et azéris s’animent déjà d’une effervescence particulière. Le vendredi 20 mars 2026, à exactement 14:46 UTC (soit 18:16 en Iran), le soleil franchira le point équinoxial et marquera le début officiel de Nowruz, le Nouvel An perse vieux de plus de 3 000 ans. Cette année encore, la fête ne tombe pas le 21 mars traditionnel, mais au moment précis où jour et nuit s’équilibrent, symbole cosmique du renouveau.
Patrimoine immatériel de l’humanité depuis 2009 selon l’UNESCO, Nowruz (« nouveau jour » en persan) transcende les religions et les frontières politiques. Il unit des peuples d’Asie centrale à l’Anatolie en passant par le Caucase, bien au-delà des seuls musulmans, chrétiens, zoroastriens ou laïcs qui le célèbrent.
Les racines de Nowruz plongent dans l’Iran antique, à l’époque achéménide et surtout zoroastrienne. Le prophète Zarathoustra y voyait déjà le triomphe annuel d’Ahura Mazda, dieu de la lumière et de la sagesse, sur les forces des ténèbres.
La légende raconte que le roi mythique Jamshid, héros du grand poème épique Shahnameh de Ferdowsi, aurait institué la fête après avoir vaincu les démons de l’hiver et ramené la fertilité sur terre.
Malgré les conquêtes arabes, mongoles, turques puis les révolutions modernes, Nowruz a conservé son caractère laïc et universel. En Iran, il reste le moment le plus fédérateur de l’année, loin des clivages politiques ou religieux.
Le rituel du Haft-Sin, cœur poétique de la célébration
Au centre de chaque maison trône la table Haft-Sin : sept objets dont le nom commence par la lettre « sin » (س) en persan, chargés de symboles pour l’année à venir :
Sabzeh (germes de blé ou lentilles) → renaissance et croissance
Samanu (pudding sucré de germes de blé) → abondance
Senjed (fruits d’olivier de Bohême) → amour
Seer (ail) → santé
Sib (pomme) → beauté
Somaq (sumac) → lever du soleil et patience
Serkeh (vinaigre) → maturité et sagesse
Autour s’ajoutent un miroir (pureté et réflexion), des bougies (lumière), un poisson rouge (vie), des pièces d’or (prospérité), des œufs décorés et souvent un recueil de poésie de Hafez.
Les festivités débutent bien avant l’équinoxe avec Chaharshanbe Suri, le « mercredi rouge » : les gens sautent par-dessus des feux de joie en criant « donne-moi ta rougeur et prends ma pâleur ! » pour se purifier et conjurer le malheur.
Le jour J, on savoure le plat emblématique : sabzi polo ba mâhi, riz parfumé aux herbes fraîches (persil, coriandre, aneth, ciboulette…) accompagné de poisson grillé ou frit, symbole de vie et de fertilité. S’y ajoutent kuku sabzi (omelette aux herbes), dolmeh, salades, yaourts et desserts riches en fruits secs, baklava ou halva.
Les 13 jours suivants sont consacrés aux visites familiales (dans l’ordre des aînés), aux cadeaux (eidi pour les enfants) et au pardon. Le 13e jour, Sizdah Bedar, tout le monde sort pique-niquer dans la nature ; les femmes nouent des nœuds dans les germes de sabzeh pour conjurer le célibat, puis on jette le tout dans l’eau courante pour emporter les malheurs de l’année écoulée.
En 2026, alors que de nombreuses communautés traversent encore des crises économiques, politiques ou climatiques, Nowruz rappelle avec force que l’hiver, aussi long soit-il, finit toujours par céder la place au printemps. C’est une célébration du cycle éternel, de l’harmonie avec la nature, du renouveau intérieur et collectif.
Norouz mobârak ! Que ce 20 mars 2026 apporte à tous lumière, paix et prospérité
Kemal Atatürk avait créé une Turquie moderne, transformant l'armée, la culture, l'alphabet et introduisant la laïcité ... Avec Erdogan, frere musulman qui est resté au pouvoir plus de 20 ans, ce pays est retourné un siècle en arrière, bien qu'il veuille dominer comme dans le passé historique la région et dominer les pays arabes ... Il va directement dans le mur.
Au cours des dernières années, la relation entre l’Europe et le président turc Recep Tayip Erdogan s’est profondément détériorée, au point que beaucoup d’analystes considèrent aujourd’hui que le dirigeant turc est devenu un véritable paria politique pour une grande partie des capitales européennes.
La récente résolution adoptée par le Parlement Européen condamnant la politique d’Ankara dans le nord de la Syrie 363 voix contre 71, illustre cette rupture progressive après plus d’une décennie de relations ambivalentes entre l’Union Européenne et la Turquie.
Pendant longtemps, l’Europe a adopté une attitude prudente envers Ankara. La Turquie reste un acteur stratégique majeur : membre de l’OTAN puissance militaire régionale, gardienne d’une partie des routes migratoires vers le continent européen et partenaire économique important.
Cette position a longtemps conduit Bruxelles à pratiquer ce que certains diplomates appelaient une “patience stratégique”, malgré les dérives autoritaires du pouvoir turc et les tensions répétées avec plusieurs États membres.
Mais cette stratégie semble aujourd’hui atteindre ses limites. Aux yeux de nombreux responsables européens, la politique étrangère d’Erdogan s’est transformée en projet néo-impérial visant à restaurer l’influence turque dans l’ancien espace ottoman.
Cette ambition s’est manifestée dans plusieurs crises régionales : interventions militaires dans le nord de la Syrie, pressions en Méditerranée orientale contre la Grècet Chypre dont la Turquie a annexé une bonne partie soutien actif à certaines factions armées dans les conflits régionaux et instrumentalisation des flux migratoires comme levier politique vis-à-vis de l’Europe.
La situation syrienne cristallise particulièrement les critiques. Plusieurs parlementaires européens accusent Ankara d’avoir contribué à déstabiliser durablement le nord de la Syrie, notamment par ses opérations militaires contre les forces kurdes et par la création de zones d’influence contrôlées indirectement par des milices locales soutenues par la Turquie.
Certains rapports évoquent également le risque que ces opérations aient fragilisé la lutte contre les résurgence de l’Etat Islamique notamment en facilitant des évasions de détenus jihadistes dans des prisons mal sécurisées.
Dans ce contexte, la résolution du Parlement européen ne constitue pas seulement une critique ponctuelle. Elle marque un changement de ton politique.
En parallèle de la condamnation d’Ankara, les députés européens ont approuvé un soutien financier de 620 millions d’euros destiné à renforcer la sécurité locale et la gouvernance dans certaines zones du nord de la Syrie, contournant ainsi indirectement l’influence turque.
Pour Erdogan, cette évolution représente un revers diplomatique important. Le président turc avait longtemps tenté de maintenir un équilibre délicat avec l’Europe : coopérer sur certaines questions — notamment les migrations — tout en poursuivant une politique régionale autonome et parfois conflictuelle. Mais la multiplication des crises a progressivement érodé la confiance des dirigeants européens.
Un autre facteur aggravant est la dérive autoritaire interne souvent dénoncée par les institutions européennes : arrestations de journalistes, pression sur l’opposition, affaiblissement de l’indépendance judiciaire et concentration du pouvoir exécutif. Ces évolutions ont pratiquement gelé le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, autrefois présenté comme un objectif stratégique majeur.
Aujourd’hui, dans de nombreux cercles politiques européens, Erdogan est perçu moins comme un partenaire difficile que comme un acteur imprévisible susceptible de déstabiliser plusieurs régions simultanément : le Moyen-Orient, la Méditerranée orientale et même le Caucase. Cette perception renforce l’idée qu’il faut limiter son influence plutôt que tenter de l’intégrer dans un cadre de coopération.
Cependant, la rupture n’est pas totale. L’Europe ne peut pas ignorer la Turquie. Sa position géographique, son rôle dans la gestion des flux migratoires, ses communautés groupées autour de ses mosquées turques , son armée et son économie font d’Ankara un acteur incontournable.
C’est pourquoi certains analystes parlent non pas d’une rupture définitive, mais d’une phase de confrontation froide, dans laquelle coopération et rivalité continueront à coexister.
En définitive, la résolution du Parlement européen symbolise surtout la fin d’une illusion diplomatique : celle selon laquelle la Turquie d’Erdogan évoluerait progressivement vers les standards politiques et stratégiques européens.
Pour une partie croissante des dirigeants européens, cette hypothèse appartient désormais au passé, et Ankara est de plus en plus perçue comme une puissance régionale poursuivant ses propres intérêts, souvent en contradiction avec ceux de l’Europe.