Tsav — Le feu qui ne s’éteint pas, face à la guerre
Rachi enseigne que Tsav exprime l’urgence précisément là où l’effort coûte tout. Jamais cette injonction n’a résonné avec une telle acuité : Israël est en guerre sur sept fronts, après l'épreuve des otages , et le bombardement aveugle de l'Iran de civils non pas de cibles militaires, mais des marchés, des immeubles, des familles. La barbarie n’est pas un mot fort. C’est le mot juste.
Le Feu Perpétuel face au feu de la destruction L’Iran et ses proxies — Hamas, Hezbollah, les Houthis — ont fait du feu une arme de terreur. Tsav nous rappelle l’autre feu : celui de l’Ech Tamid, qui ne consume pas, mais éclaire.
La Kabbale enseigne que Tiferet — équilibre entre rigueur et miséricorde — est précisément ce que la guerre met à l’épreuve. Israël est contraint à la Din, la rigueur militaire, pour préserver le Hessed, la miséricorde envers ses civils. Ce n’est pas une contradiction. C’est la tragédie du juste obligé de se battre.
Les Cendres : Deshen et le déni du monde. Pendant que l’Iran bombarde délibérément des populations civiles, une partie du monde détourne le regard ou retourne l’accusation contre Israël. Le Deshen la sainteté accordée aux cendres est le contraire exact de ce réflexe. Il dit : chaque victime compte.
Chaque nom a une dignité. Les victimes iraniennes tombées sous les tirs aveugles de leurs propres dirigeants, comme les victimes israéliennes du 7 octobre, portent la même sainteté de la trace dont parlait Levinas. Le deux poids deux mesures du monde n’abolit pas cette vérité.
C’est là le paradoxe le plus vertigineux. Le Midrach enseigne que la Toda : l’offrande de gratitude survivra à toutes les autres. Un peuple qui prépare le Seder de Pessah pendant que les sirènes retentissent, qui marie ses enfants entre deux deuils, qui étudie la Torah dans des abris, ce peuple accomplit une résistance métaphysique. Ce n’est pas de l’indifférence à la souffrance. C’est le refus absolu de laisser la terreur écraser l’âme.
La paracha Tsav décrit un cohen ordinaire qui chaque matin, dans l’obscurité, ranime un feu que personne ne voit éteindre. Aujourd’hui ce cohen, c’est le soldat de Tsahal qui protège sans gloire médiatique, la mère qui loue l'entrée du Chabbat malgré la peur, le diplomate qui défend Israël dans des enceintes internationales presque toutes hostiles.
Face aux bombes iraniennes, face au silence complice d’une partie du monde, la réponse d’Israël n’est pas le désespoir. Le feu brûle. Il ne s’éteindra pas.
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