JBCH Réflexions
Journal indépendant · Idées, actualité, société
N° 132
Service public
Une rentrée douloureuse
L'école de la République face à la peur, au silence et à l'exode
La rentrée 2024-2025 se déroule sous le poids de deux noms qui hantent désormais chaque salle des professeurs : Samuel Paty, assassiné en 2020, et Dominique Bernard, tué en 2023.
Deux enseignants exécutés pour avoir incarné, simplement, l'école de la République face à l'islamisme radical.
Ces meurtres ne sont pas des faits isolés. Ils ont mis au jour une réalité durable — menaces, intimidation, autocensure — qui s'est installée dans certains établissements bien avant, et bien après, les hommages officiels.
La peur s'installe dans la classe
Beaucoup de professeurs se demandent aujourd'hui s'ils peuvent encore aborder la liberté d'expression, la laïcité, l'histoire des religions ou les caricatures sans craindre pour leur sécurité. Enquêtes et témoignages syndicaux convergent : la prudence progresse, et avec elle, parfois, le silence pur et simple sur les sujets qui « déplaisent ».
Quand la vérité historique ou philosophique cède le pas à la peur du trouble à l'ordre public, l'école publique perd une part de sa mission. Ce n'est plus seulement un enseignant qui recule : c'est un savoir tout entier qui se retire du programme, sans qu'aucun texte ne l'ait jamais décidé.
Deux enseignants tués en trois ans pour avoir défendu la liberté d'expression et la laïcité en classe : Samuel Paty (2020), Dominique Bernard (2023).
L'exode silencieux vers le privé
« Les familles qui le peuvent cherchent des cadres où l'autorité pédagogique et la liberté intellectuelle restent prioritaires. »Cette situation alimente un exode progressif vers le privé, déjà visible dans les chiffres de l'enseignement catholique et des établissements hors contrat.
Restaurer la confiance, au-delà des hommages
Le pessimisme est compréhensible. Une école qui n'ose plus transmettre ce qui fâche certains groupes perd sa capacité à former des citoyens libres et critiques.
Restaurer la confiance exige pourtant plus que des minutes de silence et des hommages annuels.
Il faut une protection effective des enseignants, une application ferme de la loi, et le refus clair de toute concession sur le contenu des programmes. Sans cela, le risque d'une école à deux vitesses et d'un recul de l'espace public de la raison n'est pas une fiction.
JBCH Réflexions Août 2026
- Protection effective des enseignants
- Application ferme de la loi
- Aucune concession sur les programmes
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