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vendredi 27 mars 2026

France Inter continue à rouler à gauche et encore plus à gauche JBCH N° 2603 - 970

 Le Sénateur Roger Karoutchi tire la sonnette d’alarme : 

Nos impôts financent-ils une politique partisane ?


Le sénateur LR des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi a publié une charge directe contre plusieurs institutions culturelles et médiatiques publiques françaises. 

Dans une déclaration sans détour, il pointe France Inter, dont la ligne éditoriale serait selon lui systématiquement anti-droite, anti-américaine et anti-israélienne : une orientation difficilement conciliable avec les exigences de pluralisme d’un service public financé par l’ensemble des contribuables.



Macron y tient : le Service public (TV et Radios) doit être a ses bottes bien à gauche et du côté des banlieues, et pour l'autre TV, il fait acheter BFM par son ami libanais Saadé. (CGAM) 





Mais c’est la révélation concernant le Centre National du Cinéma qui constitue le cœur explosif de l’accusation. Une membre du jury chargé d’attribuer les crédits du CNC aurait reconnu ouvertement voter contre tous les projets s’apparentant à la droite. 




Un aveu qui, s’il est avéré, dépasse la simple polémique : l’attribution d’aides publiques sur critère idéologique représenterait une violation flagrante du principe d’égalité de traitement, socle du droit administratif français.





Ce que Karoutchi dénonce au fond, c’est un système où une certaine élite culturelle et médiatique, nourrie de financements publics, s’est progressivement affranchie de toute obligation de neutralité pour faire ouvertement de la politique  aux frais du contribuable. 






La mécanique est simple : nominations entre pairs, jurys cooptés, rédactions homogènes sur le plan idéologique. Le résultat, lui, est concret : des millions d’euros d’argent public orientés selon une grille de lecture partisane.





La conclusion du sénateur  « Vivement 2027 » —n’est pas un simple soupir d’impatience. C’est un programme en deux mots : seule une alternance politique permettrait de reprendre la main sur ces institutions, de revoir les nominations et d’exiger enfin que le service public serve vraiment le public dans toute sa diversité.​​​​​​​​​​​​​​​​



Claude Malhuret : Un sénateur, un Homme bien ... JBCH N° 2603 - 969


Malhuret à LFI : « Vous avez trahi la République »



Claude Malhuret ne fait pas dans la nuance quand il monte à la tribune. Et sur La France Insoumise, il a depuis longtemps dit ce qu’il pense avec cette précision chirurgicale qui est sa marque : LFI n’est pas un parti de gauche. 




C’est un parti populiste qui a fait de la haine son fonds de commerce électoral, et qui a trouvé dans la cause palestinienne un carburant qu’il alimente sans scrupule ni vergogne.



Depuis le 7 octobre 2023, le masque est tombé définitivement. Pendant que la France entière était sous le choc du massacre le plus meurtrier contre des Juifs depuis la Shoah, LFI tergiversait, ergotait, pesait ses mots avec une froideur qui en disait long. Mélenchon n’a pas appelé les familles des otages. 





Ses lieutenants ont refusé le mot « terrorisme ». Des élus du groupe ont défilé aux côtés de drapeaux du Hamas sans que la direction ne bronche. Ce n’est pas de la maladresse. C’est un choix politique délibéré, calculé pour ne pas froisser un électorat que le parti a méthodiquement construit sur le ressentiment et l’identitarisme.





Ce que Malhuret ne pardonne pas, c’est la lâcheté intellectuelle habillée en courage militant. LFI se drape dans les droits de l’homme pour mieux piétiner ceux des Juifs de France, qui vivent depuis des mois dans une anxiété que ce parti contribue directement à alimenter. Les actes antisémites ont explosé. 




Les familles retirent leurs enfants de certaines écoles. Des synagogues sont gardées en permanence. Et pendant ce temps, Mélenchon fait des meetings.


La gauche républicaine   celle de Jaurès, de Blum, de Mendès France — s’est toujours définie par un universalisme sans exception. LFI a choisi l’exception. 



Elle a choisi de hiérarchiser les victimes, de trier les indignations selon leur rentabilité électorale. Pour Malhuret, c’est simplement une trahison — de la gauche, de la République, et de la France.​​​​​​​​​​​​​​​​




Untiliser le GPS fait parti de la guerre JBCH N° 2603 - 968

Guerre électronique dans le Golfe : quand le GPS devient une arme

Quelques heures seulement après les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février dernier, les analystes de la firme Kpler observaient quelque chose d’inhabituel : des navires dans le Golfe Persique semblaient naviguer sur la terre ferme, traçant des trajectoires polygonales aberrantes sur les écrans de suivi. Ce n’était pas une panne. C’était la guerre électronique à l’œuvre.




Depuis le début du conflit, les perturbations des systèmes de navigation par satellite ont explosé dans toute la région. En mer, dans les airs, sur terre : marins, pilotes et livreurs à vélo de Dubaï ont tous été affectés. En moins de vingt-quatre heures après le déclenchement des hostilités, la firme Windward recensait plus de 1 100 navires victimes d’interférences sur leurs systèmes AIS — le dispositif standard de pistage des bâtiments en transit. Une semaine plus tard, ce chiffre avait encore bondi de 55 %.




Ces brouillages ne sont pas accidentels. Ils répondent à une logique militaire précise : « confondre » les systèmes de navigation embarqués dans les drones et missiles adverses pour les dérouter avant qu’ils n’atteignent leurs cibles. Une tactique défensive déjà observée après l’invasion de l’Ukraine en 2022, et désormais généralisée dans le Golfe, où plusieurs États cherchent à protéger leurs infrastructures critiques.






Mais les dommages collatéraux sont considérables. Des avions commerciaux apparaissent sur les radars comme s’ils suivaient des trajectoires en zigzag. Des services d’urgence peinent à se repérer. Et dans le détroit d’Ormuz — qui ne mesure que 33 kilomètres à son point le plus étroit — des pétroliers continuent de circuler avec des données de positionnement défaillantes, au risque de collisions ou d’échouages.






L’autre révélation de ce conflit est géopolitique. Malgré le brouillage massif du GPS américain dans la région, les frappes iraniennes ont continué avec une précision déconcertante. Plusieurs analystes pointent vers BeiDou, le système de navigation satellitaire chinois. Le PDG de SandboxAQ, Jack Hidary, affirmait mi-mars sur CNBC qu’il existait des preuves directes qu’Iran avait accès au système chinois. Un haut responsable iranien des télécommunications avait d’ailleurs publiquement loué l’architecture de BeiDou après la guerre de juin dernier.





Certains experts tempèrent cependant l’importance de cette révélation. Clayton Swope, du Centre d’études stratégiques et internationales, rappelle que les puces de navigation modernes sont capables de capter simultanément les quatre grands systèmes mondiaux — GPS américain, BeiDou chinois, Glonass russe et Galileo européen. L’Iran n’aurait donc pas nécessairement besoin d’une coordination active avec Pékin pour en bénéficier.




Ce que ce conflit révèle surtout, c’est la fragilité fondamentale des systèmes de navigation satellitaire comme infrastructure critique. « Ce qui est remis en question, c’est la conviction que les systèmes satellitaires peuvent constituer à eux seuls le socle du positionnement et de la navigation », résume Luca Ferrara de SandboxAQ, qui développe des technologies de navigation basées sur le champ magnétique terrestre, indépendantes de tout satellite.




L’hégémonie américaine sur la navigation mondiale  construite depuis les années 1970 autour du GPS, initialement un projet du Pentagone   se retrouve ainsi doublement challengée : par le brouillage qui en neutralise l’efficacité, et par la montée en puissance d’alternatives chinoises et russes qui érodent le levier stratégique de Washington. 




Les forces américaines, elles, semblent s’y être préparées : selon Swope, l’armée américaine est en cours de déploiement d’un signal GPS nouvelle génération, conçu pour résister aux environnements fortement brouillés. Une guerre dans la guerre, invisible et silencieuse, qui se joue à 20 000 kilomètres d’altitude.​​​​​​​​​​​​​​​​




jeudi 26 mars 2026

Les Juifs perses ... Une surprenante histoire JBCH N° 2603 - 967


La communauté juive de Perse:

Une histoire millénaire entre permanence et fragilité


L'une des plus anciennes communautés juives de la diaspora se trouve en Iran. Installés sur ces terres depuis le VIe siècle avant l'ère chrétienne, les juifs iraniens ont traversé les empires, les révolutions et les bouleversements idéologiques, forgeant une identité singulière à la croisée de deux civilisations. 


Cette présence n'est pas un accident de l'histoire : elle est inscrite dans la chair même de la terre mésopotamienne, là où le sol garde encore la mémoire des prophètes.




Tout commence avec Cyrus le Grand, empereur de Perse, qui en -539 met fin à la domination babylonienne et permet au peuple juif de rentrer en Terre d'Israël. Avec Darius II, en -423, la reconstruction du Temple de Jérusalem devient possible. Dans la tradition juive, ce geste reste le modèle de la relation idéale entre les nations et Israël. 




Les livres de Daniel et d'Esther plongent le lecteur dans cet univers cosmopolite où l'araméen servait de lingua franca à des empires composites, créant des affinités culturelles durables entre juifs et Perses. Ces liens s'incarnent encore aujourd'hui dans des lieux de mémoire : la tombe du prophète Daniel à Suse, près de la frontière irakienne, et celle d'Esther et Mardochée à Hamadhan, haut lieu de pèlerinage pour la vieille communauté juive d'Iran.


Mais avant Cyrus, avant même le retour, il y a la parole. Et nulle parole n'est plus puissamment ancrée dans cette terre que celle du prophète Ézéchiel. Déporté à Babylone en -597, il compose ses visions sur les rives du fleuve Kebar, en Mésopotamie, dans ce territoire qui correspond aujourd'hui à la région frontière entre l'Irak et l'Iran. Sa tombe, vénérée depuis des millénaires, se trouve à Al-Kifl, en Irak, non loin de la frontière iranienne   un site de pèlerinage pour les juifs du monde entier jusqu'à l'exode massif des communautés juives irakiennes au XXe siècle.



Ézéchiel est le prophète de l'exil par excellence. Il parle à un peuple déraciné, brisé, qui se demande si Dieu l'a abandonné. Sa réponse est d'une audace visionnaire sans précédent : Dieu lui-même est en exil avec son peuple, sa Gloire — la Shekhina — s'est déplacée de Jérusalem vers Babylone pour accompagner les déportés. Ce n'est pas le peuple qui a été rejeté ; c'est l'histoire qui est en marche vers une fin que lui seul perçoit.


Au cœur de son œuvre surgit la vision la plus mystérieuse et la plus commentée de toute la littérature prophétique : celle de Gog et Magog, aux chapitres 38 et 39. Ézéchiel y décrit une coalition de peuples venus du "bout du nord" — Gog, prince de Méshec et de Toubal, accompagné de Perse, d'Éthiopie, de Put, de Gomer et de Beth-Togarma  qui se ruerait sur Israël restauré dans ses terres. Cette invasion déclencherait alors une intervention divine spectaculaire : tremblements de terre, épées fratricides, épidémies, grêle de feu et de soufre. Gog serait anéanti sur les montagnes d'Israël, et son engloutissement marquerait la révélation définitive de la puissance divine aux yeux de toutes les nations.



Ce texte a traversé les âges en suscitant des interprétations sans fin. Dans la tradition juive, Gog et Magog désignent les forces du mal eschatologique, le chaos ultime qui précède l'ère messianique. Dans la tradition chrétienne médiévale, Gog et Magog ont été identifiés tour à tour aux Huns, aux Mongols, aux Turcs, puis aux Russes. Fait troublant pour les lecteurs contemporains : Ézéchiel cite explicitement la Perse : l'Iran actuel   parmi les alliés de Gog. Certains commentateurs modernes, tant juifs qu'évangéliques, y ont vu une préfiguration de l'Iran de la République islamique, de ses alliances avec la Russie, de sa présence militaire en Syrie. Sans entrer dans les spéculations prophétiques, force est de constater que ce texte vieux de vingt-six siècles, écrit sur la terre même qui sépare l'Irak de l'Iran, continue d'irradier dans les consciences politiques et religieuses du Moyen-Orient contemporain. Le prophète repose dans cette terre frontalière, comme un gardien silencieux de l'histoire à venir.


Entre la captivité babylonienne et l'avènement des Pahlavi, les juifs d'Iran traversent vingt-cinq siècles d'une histoire aussi riche que tourmentée. Sous les Achéménides, protégés par l'édit de Cyrus, ils jouissent d'une relative liberté de culte et s'intègrent aux rouages de l'administration impériale. Bagdad, future capitale abbasside — et les grandes cités mésopotamiennes abritent des communautés florissantes. C'est dans ce berceau intellectuel que s'élabore, entre le IIIe et le VIe siècle de l'ère chrétienne, le Talmud de Babylone : chef-d'œuvre de la pensée rabbinique, il constitue encore aujourd'hui le fondement de la vie juive mondiale. Les académies de Soura et de Poumbédita rayonnent alors sur tout le monde juif, attirant des érudits de l'ensemble de la diaspora. Jamais la pensée juive ne fut aussi productive qu'en cette Mésopotamie où la captivité s'était muée en renaissance intellectuelle.


Sous les Sassanides (224-651), les juifs connaissent tantôt la protection — certains exilarques, chefs de la communauté, siègent à la cour royale et jouissent d'un prestige considérable tantôt la persécution, selon l'humeur du souverain et les pressions des mages zoroastriens. La conquête arabe du VIIe siècle bouleverse cet équilibre millénaire : les juifs, désormais dhimmis, paient la jizya, la taxe de protection, et voient leur statut juridiquement inférieur consacré par la loi islamique. Malgré ces contraintes, Bagdad médiévale demeure un centre intellectuel juif sans équivalent. 


C'est dans cet espace que s'illustre la famille Sassoon, originaire de Bagdad, dont la saga illustre à elle seule la trajectoire d'une bourgeoisie juive orientale d'exception. David Sassoon (1792-1864), contraint de fuir Bagdad pour Bombay sous la pression des autorités ottomanes, bâtit depuis l'Inde un empire commercial qui s'étend du golfe Persique à la Chine et à Londres. Ses fils essaiment de Shanghai à Manchester, de Calcutta à Paris. Les Sassoon deviennent les Rothschild de l'Orient — banquiers, mécènes, pairs d'Angleterre — témoignant de la capacité extraordinaire des juifs d'Irak et d'Iran à transformer l'exil en élan conquérant.

David Sassoon

Sous les dynasties turco-mongoles, Timurides puis Safavides, le statut des juifs oscille à nouveau dangereusement. L'Iran safavide (1501-1736), marqué par l'imposition du chiisme comme religion d'État, impose aux juifs des discriminations sévères : port du signe distinctif, exclusion de certains commerces, conversions contraintes sous Shah Abbas II au XVIIe siècle. Des milliers de juifs se convertissent nominalement à l'islam tout en pratiquant secrètement leur foi  les Anusim, ces "contraints", dont la mémoire hante encore certaines familles iraniennes. 


Les Qajars (1796-1925) perpétuent cette précarité structurelle. Des pogroms éclatent à Ispahan, à Chiraz, à Tabriz, souvent attisés par des accusations de meurtre rituel importées d'Europe via les missionnaires catholiques. Pourtant, certaines communautés parviennent, grâce au négoce, à la médecine et à la maîtrise des langues, à maintenir une position économique et culturelle notable. 


C'est dans ce contexte que l'Alliance Israélite Universelle, fondée à Paris en 1860, ouvre ses premières écoles en Iran, apportant l'éducation moderne à des communautés longtemps repliées sur elles-mêmes. Cette irruption de la modernité francophone va profondément transformer l'identité juive iranienne — l'ouvrant au monde, mais l'arrachant aussi partiellement à ses traditions séculaires.

 




L'arrivée de la dynastie Pahlavi en 1925 marque une rupture décisive. Reza Shah, modernisateur autoritaire et nationaliste persan, abolit les discriminations légales contre les minorités. Pour les juifs, c'est une libération après des siècles de statut inférieur. Son fils Mohammad Reza Shah poursuit cette politique d'intégration, dans un pays qui cherche à se définir contre l'arabisme et où l'identité perse millénaire est mobilisée comme rempart contre le panarabisme nassérien. Dans ce contexte, l'Iran et Israël partagent des intérêts convergents : tous deux regardent avec méfiance les régimes arabes nationalistes et le bloc soviétique qui les soutient. 


La coopération est discrète mais réelle — échanges de renseignements, ventes d'armes, formation des services secrets, jusqu'au projet Flower qui voit les deux pays coopérer au développement de missiles. Le 11 mars 1949, l'Iran reconnaît officiellement Israël, s'opposant ainsi au bloc arabe. Cette singularité iranienne s'explique par des raisons profondes : la mémoire vive de l'invasion arabe du VIIe siècle, les contentieux territoriaux sur le Khuzestan, le Chatt-el-Arab et le Golfe persique — que les Arabes nomment "golfe arabe" — et une identité nationale farouchement non-arabe qui trouve dans l'alliance tacite avec Israël un point d'appui stratégique. Jusqu'en 1979, malgré les tensions officielles, Israël et l'Iran collaborent secrètement contre leurs ennemis communs.


 

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'Iran comptait 95 000 juifs, faisant de lui le pays le plus peuplé de juifs orientaux. Ils n'étaient plus que 60 000 en 1968, et environ 20 000 aujourd'hui, concentrés à Téhéran, Chiraz et Ispahan. L'Alliance Israélite Universelle, l'ORT et le Joint ont profondément marqué cette communauté, favorisant l'assimilation et les mariages mixtes au détriment de l'encadrement religieux traditionnel. Dès 1906, la Constitution accordait aux juifs l'égalité des droits et un siège au Majlis, le Parlement iranien. 




La Constitution de 1979 les reconnaît comme minorité religieuse et leur maintient ce siège réservé. Mais sous la République islamique, la suspicion demeure : intensément hostile à Israël, le régime regarde cette communauté avec méfiance. Entre 1945 et 1977, quelque 45 000 juifs iraniens avaient déjà émigré vers Israël. La révolution de 1979 accélère l'exode : de riches familles gagnent Los Angeles — surnommée "Irangeles" — tandis que d'autres s'installent à New York, à Paris ou à Tel Aviv, emportant avec elles une culture plurimillénaire dont les derniers gardiens vieillissent désormais à Téhéran.



En janvier 1999, treize juifs iraniens sont arrêtés à Chiraz, accusés d'espionnage pour le compte d'Israël et des États-Unis. Parmi eux, un adolescent de seize ans, des responsables religieux, un rabbin. Jugés à huis clos, ils risquent la pendaison. Après une mobilisation internationale intense, dix d'entre eux sont condamnés en juillet 2000 à des peines allant de quatre à treize ans de prison, réduites en appel. Le dernier détenu est libéré en février 2003. L'affaire illustre crûment la fragilité du statut des juifs en République islamique : suspects par essence, otages potentiels d'une hostilité qui les dépasse.


Le 11 décembre 2006, l'Iran ouvre une conférence internationale niant l'Holocauste, à l'initiative du président Mahmoud Ahmadinejad, qui avait qualifié la Shoah de "mythe" et appelé à rayer Israël de la carte. Soixante-sept participants venus de trente pays y prennent part. Parmi eux, une présence particulièrement troublante : des représentants de Neturei Karta et des Juifs Unis contre le Sionisme. Ces groupes ultra-orthodoxes minoritaires soutiennent qu'Israël est un État impie, car créé par la main des hommes avant la venue du Messie. Seul Dieu, à travers l'avènement messianique, pourrait légitimement rassembler le peuple juif en Terre promise  rejoignant en cela, de manière paradoxale, une lecture eschatologique qui n'est pas sans rappeler la vision d'Ézéchiel : le retour ne peut être que divin, jamais humain. 



Le régime iranien s'empare de cette présence comme d'une caution symbolique, présentant ces juifs antisionistes comme la preuve que son hostilité à Israël ne serait pas antisémite. Une instrumentalisation que la grande majorité des communautés juives dans le monde rejette avec force, rappelant que Neturei Karta ne représente que quelques centaines de familles sur quinze millions de juifs.




Aujourd'hui, les quelque 20 000 juifs d'Iran vivent dans un entre-deux inconfortable : enracinés dans une terre où leurs ancêtres résident depuis vingt-six siècles, ils demeurent sous la surveillance constante d'un régime qui fait de l'antisionisme un pilier de son identité. 






Quelque part entre l'Irak et l'Iran, la tombe d'Ézéchiel veille toujours, dans ce pays de l'entre-deux où le prophète avait rêvé la résurrection d'un peuple — ces ossements desséchés qui reprennent chair, souffle et vie. 





L'histoire de la communauté juive d'Iran ressemble à cette vision : une fragilité extrême, une ténacité sans pareille, et la conviction sourde que les grandes convulsions de l'histoire ne sont jamais le dernier mot.


Nous sommes à  la veille de la grande libération du peuple Perse, et de la défaite des ayatollahs qui le martyrise, et les juifs, surveillés de près, attendent ce moment avec une grande impatience.






Le racisme anti-sépharade en Israël JBCH N° 2603 - 966

Le racisme anti-séfarade en Israël:
L'affaire Zvi Agmon 

 


Ce racisme est structurel depuis la fondation de l'État

Depuis la création en 1948, de l'État d'Israël, les juifs mizrahim, originaires d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient (Yéménites, Marocains, Bnéi Menashé, Falashas) ont été traités en citoyens de seconde zone par l'establishment ashkénaze. 


À leur arrivée, beaucoup furent envoyés de force dans des villes de développement périphériques, loin des centres économiques, cumulant retard scolaire imposé et discrimination à l'emploi.


Départ des juifs marocains pour Israël


Ma tante Suzanne s'est présentée un jour avec son fils ainé Gad, à Haïfa devant une commission de sélection pour l'entrée en 6ème , au collège, elle est tombé sur une commission d'orientation qui avait décidé de mettre Gad en apprentissage de menuiserie, sans faire de test, simplement parceque la famille venait du Maroc, alors que, ironie du sort,  le président de cette commission venait lui aussi du Maroc. 


Ma tante a refusé ce choix, ... "Mon fils sera médecin" ... rire et quolibets ... Impossible pour un "Marocain !!!!" à force de courage et d'abnégation elle parvint à tenir jusqu'au bac et envoya son fils à Marseille chez son oncle ... Gad a fait de brillantes études de médecine, et est retourné en Israël, c'est aujourd'hui un des meilleurs gynécologues du Galilée.


"Marocain" : une insulte banalisée : Le terme « Marocain » est resté en hébreu une insulte courante, synonyme de violent, d'arriéré, d'incontrôlable. 


Aucun juif séfarade n'a jamais accédé au poste de Premier ministre, malgré le fait que les mizrahim représentent aujourd'hui la majorité de la population juive israélienne. Le paradoxe est saisissant : cette majorité démographique vote massivement Likoud, le parti de Netanyahu  tout en restant méprisée par ses propres cadres.


L'affaire Agmon : quand l'impudeur révèle la fissure Le conseiller Agmon a  tenu des propos particulièrement virulents à l'encontre de responsables politiques et de citoyens d'origine marocaine, ciblant notamment des députés du Likoud.  Ce qui lui a valu sa démission sur le champ. Il aurait également critiqué l'entourage du Premier ministre, évoquant Sara Netanyahu, Yair Netanyahu et le fonctionnement interne du gouvernement. L'affaire ne choque pas par sa nouveauté, mais par son impudeur : un homme du pouvoir dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

 


Dans sa réaction, Agmon conteste fermement les accusations : « Les citations qui ont été publiées ont été sorties de leur contexte et visaient uniquement à mener une campagne de diffamation contre moi et à porter atteinte au Premier ministre que je sers. » Il rejette toute accusation de racisme  « Les propos qui me sont attribués sont à mille lieues de mes valeurs et de mes convictions » souligne ses propres origines familiales marocaines et présente ses excuses « à toute personne qui aurait pu être blessée ».




L'affaire des bébés volés : le crime d'État oublié ... Entre les années 1948 et 1970, des milliers de nourrissons issus de familles yéménites et marocaines furent arrachés à leurs mères dans les maternités et camps de transit israéliens. Les parents se voyaient annoncer la mort subite de leur enfant, sans corps ni certificat à l'appui. Ces bébés étaient en réalité confiés, voire vendus, à des familles ashkénazes stériles, ou envoyés vers des familles juives à l'étranger, notamment aux États-Unis.




Les estimations varient entre 3 000 et 8 000 enfants disparus. Trois commissions d'enquête gouvernementales se sont succédé (Bahaloul, Minkovitch, Cohen-Kedmi), sans jamais aboutir à des poursuites ni à la reconnaissance officielle d'un enlèvement systématique. Les dossiers médicaux de nombreuses familles ont mystérieusement disparu des archives de l'État. Ce silence institutionnel prolongé est lui-même perçu comme une forme de violence d'État supplémentaire.




Des tests ADN réalisés des décennies plus tard ont permis à quelques familles de retrouver leurs enfants devenus adultes — parfois élevés sous une autre identité, dans l'ignorance totale de leurs origines. En 2016, le gouvernement israélien a partiellement ouvert les archives scellées, alimentant davantage la colère des familles mizrahim que jamais totalement apaisées. Cette affaire reste l'une des pages les plus sombres du traitement réservé aux communautés séfarades par les institutions de l'État hébreu.


Un racisme instrumentalisé, une fissure béante ... Ce racisme structurel nourrit une colère sociale profonde, instrumentalisée par la droite nationaliste. 


L'insulte du conseiller de Netanyahu révèle une fissure que ni l'unité nationale ni la guerre ne parviennent à refermer. Les communautés yéménites, marocaines, les Bnéi-Menashé et les Falashas restent les témoins vivants d'une promesse d'égalité qui n'a jamais pleinement été tenue.












mercredi 25 mars 2026

Tsav, un impératif divin ? JBCH N° 2603 - 965

Tsav — Le feu qui ne s’éteint pas, face à la guerre


Rachi enseigne que Tsav exprime l’urgence précisément là où l’effort coûte tout. Jamais cette injonction n’a résonné avec une telle acuité : Israël est en guerre sur sept fronts, après l'épreuve des otages  , et le bombardement aveugle de l'Iran  de civils non pas de cibles militaires, mais des marchés, des immeubles, des familles. La barbarie n’est pas un mot fort. C’est le mot juste.






Le Feu Perpétuel face au feu de la destruction L’Iran et ses proxies — Hamas, Hezbollah, les Houthis — ont fait du feu une arme de terreur. Tsav nous rappelle l’autre feu : celui de l’Ech Tamid, qui ne consume pas, mais éclaire. 




La Kabbale enseigne que Tiferet — équilibre entre rigueur et miséricorde — est précisément ce que la guerre met à l’épreuve. Israël est contraint à la Din, la rigueur militaire, pour préserver le Hessed, la miséricorde envers ses civils. Ce n’est pas une contradiction. C’est la tragédie du juste obligé de se battre.



Les Cendres : Deshen  et le déni du monde. Pendant que l’Iran bombarde délibérément des populations civiles, une partie du monde détourne le regard ou retourne l’accusation contre Israël. Le Deshen la sainteté accordée aux cendres est le contraire exact de ce réflexe. Il dit : chaque victime compte. 




Chaque nom a une dignité. Les victimes iraniennes tombées sous les tirs aveugles de leurs propres dirigeants, comme les victimes israéliennes du 7 octobre, portent la même sainteté de la trace dont parlait Levinas. Le deux poids deux mesures du monde n’abolit pas cette vérité.



C’est là le paradoxe le plus vertigineux. Le Midrach enseigne que la Toda : l’offrande de gratitude  survivra à toutes les autres. Un peuple qui prépare le Seder de Pessah pendant que les sirènes retentissent, qui marie ses enfants entre deux deuils, qui étudie la Torah dans des abris, ce peuple accomplit une résistance métaphysique. Ce n’est pas de l’indifférence à la souffrance. C’est le refus absolu de laisser la terreur écraser l’âme.





La paracha Tsav décrit un cohen ordinaire qui chaque matin, dans l’obscurité, ranime un feu que personne ne voit éteindre. Aujourd’hui ce cohen, c’est le soldat de Tsahal qui protège sans gloire médiatique, la mère qui loue l'entrée du Chabbat malgré la peur, le diplomate qui défend Israël dans des enceintes internationales presque toutes  hostiles. 


Face aux bombes iraniennes, face au silence complice d’une partie du monde, la réponse d’Israël n’est pas le désespoir.   Le feu brûle. Il ne s’éteindra pas.​​​​​​​​​​​​​​​​




TOPGUM. une trouvaille ... bonbons et compléments alimentaires JBCH N° 2603 - 964

Bonbons, Vitamines ... Un succès planétaire ... 


Ce qui a commencé comme une simple recherche de bonbons casher dans un petit magasin d’Ashdod est devenu une success story internationale. 


TopGum Industries, la start-up israélienne fondée par Haï Hayoun  transforme aujourd’hui des gummies en véritables compléments nutritionnels, et connaît une croissance fulgurante.




L’entreprise a récemment conclu un partenariat majeur avec une marque américaine, garantissant au moins 25 millions de dollars de commandes jusqu’à la fin 2026, avec option de renouvellement automatique. Les investisseurs ont réagi immédiatement : le cours de l’action à Tel Aviv a bondi de 15 % en une seule journée, pour atteindre une hausse de 31 % depuis dimanche.





TopGum rapporte désormais 29,5 millions de dollars de chiffre d’affaires trimestriel, presque le double de l’année précédente, et un bénéfice net de 2 millions, quatre fois supérieur au même trimestre l’an dernier. La demande pour ses gummies vitaminés explose, en particulier sur le marché nord-américain.







Le concept est simple : combiner le plaisir du bonbon à l’apport de vitamines et de nutriments essentiels, le tout certifié casher. Selon le PDG, cette formule séduit autant les enfants que les adultes réticents aux pilules traditionnelles.


Pour Hai Hayoun, l’idée est née d’un constat : « Si je ne peux pas acheter de gummies casher, je dois les fabriquer moi-même. » Cette intuition a permis à l’entreprise de se positionner comme leader israélien de l’exportation de compléments nutritionnels sous forme de bonbons, avec une usine moderne à Sderot et de nouvelles collaborations internationales en préparation.


TopGum illustre parfaitement la tendance mondiale des “gummiceuticals”, où gourmandise et santé se rencontrent, et montre qu’Israël peut continuer à innover même dans des secteurs aussi inattendus que le bonbon vitaminé.




Le Land Art JBCH N0 2603 - 963

Le Land Art Américain : 

Quand la Terre Devient Chef-d’Œuvre


En 1969,lors de mon premier voyage à New York,  j'avais assisté à un nouveau phénomène:  une poignée d’artistes américains rompaient avec les galeries traditionnelles pour explorer un territoire radicalement nouveau : la nature elle-même.  


Faisant la même démarche que Spinoza avait initié dans le domaine spirituel ... 


Le Land Art ou art de la terre, naît de cette volonté de sortir l’art des espaces confinés pour l’inscrire dans l’immensité du paysage. Héritier du minimalisme et du conceptualisme, ce mouvement transforme le regard porté sur l’œuvre : il ne s’agit plus seulement de voir, mais d’expérimenter, de marcher, de ressentir.




Parmi ses figures fondatrices, Robert Smithson marque durablement l’histoire avec Spiral Jetty (1970), une spirale de roches basaltiques construite dans le Grand Lac Salé de l’Utah. Cette œuvre monumentale, soumise aux variations climatiques, apparaît aujourd’hui comme une métaphore précoce des dérèglements environnementaux. À la même époque, Michaël Haizer entreprend City, une sculpture colossale dans le désert du Nevada, longue de plus d’un kilomètre, conçue pour traverser les siècles et achevée seulement en 2022 après un demi-siècle de travail.




Le land art ne se limite pas à la monumentalité. Avec Ana Mandieta, il devient intime et corporel. En 1974, l’artiste s’enfouit sous la terre dans l’Iowa, fusionnant son corps avec le paysage dans une œuvre profondément symbolique. 





Cette approche sensible dialogue avec celle d’Agnes Deles qui, en 1982, plante un champ de blé au cœur de Manhattan, à proximité de Wall Street, opposant nature et capitalisme dans une image devenue iconique. Plus récemment, Morelos prolonge cet héritage avec des installations organiques invitant à une reconnexion spirituelle à la terre.




Ce qui unit ces œuvres dépasse leur diversité formelle : toutes interrogent la relation entre l’homme et son environnement. À une époque marquée par le changement climatique, la déforestation et l’urbanisation massive, le land art apparaît comme une réflexion urgente sur notre manière d’habiter le monde. Loin d’être une simple expérimentation artistique, il devient un langage critique, un appel à repenser notre rapport à la nature.


Plus de soixante ans après ses débuts, le land art demeure d’une actualité saisissante. En inscrivant l’art dans la matière même du monde, il rappelle une évidence souvent oubliée : la création humaine ne peut être dissociée de la terre qui la porte.