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dimanche 25 janvier 2026

PARCOURSUP UN ÉNORME OBSTACLE À LA LIBERTÉ DE CHOIX JBCH N° 2601 - 822

LES PARADOXES DE PARCOURSUP

Par J-Bernard, correspondant éducation à Boulogne-Billancourt

25 janvier 2026 – Année après année, Parcoursup s’améliore techniquement, mais la défiance grandit. Totem du débat éducatif, la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur cristallise angoisses et critiques, au point qu’une mission parlementaire scrute ses failles. 


Est-ce une hérésie qui oblitère le choix des étudiants ? 



Parcoursup, ce dispositif honni que les Français adorent détester, continue de progresser. Lancé en 2018 pour remplacer l’inefficace APB, il a gagné en lisibilité et fonctionnalités, devenant une réussite technique incontestée. 



Pourtant, paradoxe criant : ces améliorations ne rassurent pas. Un rapport sénatorial de 2023 notait que la plateforme avance en même temps qu’un sentiment d’angoisse et de défiance. L’an dernier, 84 % des lycéens la trouvaient “stressante”, un chiffre en hausse.





Politiquement, Parcoursup est un punching-ball. En 2022, l’accord PS-LFI promettait sa suppression, mais rien n’a bougé. Supprimer l’outil rouvrirait des débats titanesques : capacités d’accueil, rôle du bac, filières sélectives, répartition territoriale des formations. “Quelle que soit sa position philosophique, personne n’a d’outil prêt à le remplacer”, admet le député socialiste Pierrick Courbon (Loire), co-rapporteur d’une mission flash avec Frantz Gumbs (Les Démocrates), dont les conclusions sont attendues mi-février.




Les auditions révèlent un décalage : l’image d’“enfer généralisé” s’effrite face aux retours positifs des usagers et administrations. “On a créé une psychose. À force de dire que c’est une machine à broyer la jeunesse, on finit par en avoir peur”, analyse Courbon. Forte de 1 500 contributions citoyennes, la mission vise des ajustements pragmatiques : meilleure UX mobile, délais revus, nombre de vœux, rôle de la lettre de motivation à l’ère de l’IA. Elle clarifie aussi le fonctionnement : un algorithme national apparie, mais les formations classent elles-mêmes, avec une transparence souvent défaillante sur les critères.





Le vrai nœud ? L’accompagnement en amont. “Parcoursup n’est que le symptôme d’un problème plus large”, insiste Courbon, pointant les défaillances de l’orientation. Les 54 heures prévues au lycée sont rarement tenues – certains élèves n’y consacrent qu’une heure totale. Un rapport transpartisan de 2023 (Cazenave-Davi) évoquait un “gâchis collectif”, voyant en Parcoursup non la cause, mais le révélateur d’un système défaillant.





L’absence d’éducation à l’orientation dès l’enfance est probablement une erreur, mais sans s’attaquer à ces racines, la plateforme continuera d’absorber des tensions qui la dépassent. 


Est-ce une hérésie oblitérant le destin des étudiants ? Plutôt un miroir imparfait d’un système inique qu’il faut réformer en profondeur, pas abolir impulsivement.


Liberté de choix pour tous, c'est un impératif ..;




samedi 24 janvier 2026

L'Indonésie prochain entrant dans les accords d'Abraham. JBCH N° 2601 - 821

L’Indonésie avec ses 280 millions d'habitants entre dans une nouvelle phase de son développement économique, marquée par une diversification progressive de son modèle de croissance. 


Longtemps dépendante de l’exploitation du charbon, du gaz et des ressources minières, l’économie indonésienne se repositionne vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée, tels que la santé, les services à la consommation, les technologies numériques, l’éducation et les énergies renouvelables. 




Cette transformation s’appuie sur des fondamentaux macroéconomiques solides : une croissance annuelle attendue autour de 5 %, une inflation maîtrisée et une dette publique inférieure à 40 % du PIB, plaçant le pays parmi les économies émergentes les plus stables d’Asie.





Le principal moteur de cette dynamique reste la démographie. Avec plus de 280 millions d’habitants et un âge médian d’environ 30 ans, l’Indonésie bénéficie d’un marché intérieur en forte expansion. La consommation privée progresse régulièrement, tandis que la classe moyenne devrait s’élargir de plus de 70 millions de personnes d’ici 2030. 



Cette évolution soutient la croissance de secteurs comme l’alimentation, la distribution, le bien-être et les services numériques. Dans le domaine de la santé, la montée des besoins liée au vieillissement progressif de la population et à l’amélioration de l’accès aux soins crée d’importantes opportunités, notamment dans la structuration de réseaux de soins, la télémédecine et les plateformes de diagnostic.



L’éducation constitue un autre axe stratégique majeur. Consciente que le dividende démographique dépendra de la montée en compétences de la population, l’Indonésie a ouvert certains segments de l’enseignement privé aux investissements étrangers. Le développement rapide de l’éducation en ligne, de la formation professionnelle et de l’intégration de l’intelligence artificielle reflète la volonté d’adapter la main-d’œuvre aux exigences de l’économie moderne.



 Parallèlement, la transition énergétique s’impose comme une priorité nationale. L’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2060, combiné à des incitations fiscales et réglementaires, attire les investisseurs vers le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité, avec un potentiel estimé à plusieurs centaines de gigawatts.


Dans ce contexte de transformation économique, l’hypothèse d’une entrée de l’Indonésie dans les Accords d’Abraham ouvrirait une nouvelle dimension stratégique. 


Une normalisation progressive avec Israël offrirait un accès direct à des écosystèmes d’innovation de pointe, notamment dans les domaines de la santé numérique, des technologies agricoles, de la gestion de l’eau, des énergies propres et de la cybersécurité. Les expériences des pays déjà signataires montrent que ces accords favorisent les investissements croisés, les partenariats industriels et le transfert de technologies.




Au-delà de l’innovation, une telle évolution renforcerait l’attractivité de l’Indonésie auprès des investisseurs internationaux et consoliderait son rôle géopolitique comme acteur pivot entre le monde musulman, l’Asie et les économies occidentales. Si les équilibres politiques internes imposeraient une approche prudente, l’enjeu serait avant tout économique et stratégique : inscrire durablement l’Indonésie dans les réseaux mondiaux de la croissance, de la technologie et de l’investissement durable.





Le Dragon le Vietnam JBCH N° 2601 - 820

Le Vietnam, pays de plus de 100 millions d’habitants dirigé par le Parti communiste vietnamien (PCV), a récemment renforcé les pouvoirs de son leader suprême, Tô Lâm (To Lam), âgé de 68 ans, ancien ministre de la Sécurité publique. 


Lors du congrès du parti achevé en janvier 2026 (légèrement en avance sur le calendrier), Tô Lâm a été réélu secrétaire général du PCV et a consolidé son emprise en cumulant les rôles clés (il est aussi président de l’État). Cette centralisation du pouvoir, inhabituelle depuis la mort de l’ancien leader Nguyễn Phú Trọng, vise à accélérer les réformes économiques pour relancer la croissance.


Tô Lam

Le pays, officiellement communiste, suit depuis les années 1980 une voie de libéralisation économique pragmatique (Đổi Mới), attirant massivement les investissements étrangers, notamment dans l’industrie et la fabrication. Cependant, la bureaucratie lourde, la corruption et les lenteurs freinent le pays. 




Tô Lâm promet une « révolution de la simplification » : réduction drastique des contraintes administratives, promotion du secteur privé, numérisation de l’État, attractivité pour les investissements high-tech et innovation, tout en maintenant le contrôle du parti. 



Il vise un objectif ambitieux de croissance à 8-10 % par an (contre environ 6-7 % récemment) pour rattraper les « tigres asiatiques » comme la Corée du Sud, en misant sur une population jeune, dynamique et une position stratégique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales (délocalisations depuis la Chine).



Malgré son passé de dur de la sécurité intérieure (campagnes anti-corruption qui ont éliminé des rivaux), Tô Lâm apparaît désormais comme un réformateur économique pressé. 



Le congrès a validé une concentration accrue des pouvoirs pour « libérer les forces productives », avec un accent sur la transformation digitale, l’énergie verte et l’attraction de capitaux étrangers.




Dans ce contexte, Tô Lâm a rapidement accepté l’invitation du président américain Donald Trump à participer au « Board of Peace » (ou Gaza Peace Council), un forum/initative lancé par Trump pour la paix et la reconstruction à Gaza. Trump a envoyé une lettre le 16 janvier 2026 à Tô Lâm, qui a répondu positivement presque immédiatement – un geste rare et rapide pour Hanoï. 




Le Vietnam y rejoint comme membre fondateur (représenté notamment par le vice-Premier ministre Bùi Thanh Sơn à la signature de la charte). 


Cela renforce l’axe États-Unis-Vietnam, déjà stratégique face à la Chine, tout en servant les ambitions économiques et diplomatiques de Tô Lâm : plus de partenariats, investissements et légitimité internationale, malgré le régime communiste autoritaire.



En résumé, le Vietnam reste communiste en façade, mais accélère sous Tô Lâm une transition vers un capitalisme d’État musclé, pragmatique et ambitieux, tout en cultivant des liens étroits avec les États-Unis de Trump pour booster sa résurgence économique




vendredi 23 janvier 2026

Le cerveau améliore les fonctions des vaccins JBCH N° 2601 - 819

Une étude israélienne publiée dans Nature Medicine le 19 janvier 2026 révèle que l’activation volontaire du système de récompense cérébral peut amplifier la production d’anticorps après une vaccination.


Menée par une équipe multidisciplinaire, cette recherche marque une avancée majeure dans la compréhension du lien corps-esprit appliqué à l’immunité.




Sous la direction de la Prof. Talma Hendler (École de psychologie et Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv, Institut Sagol du cerveau au centre médical Ichilov) et en collaboration étroite avec la Prof. Asya Rolls (Faculté des sciences de la vie, Université de Tel-Aviv), le Dr. Nitzan Lubianiker (premier auteur, aujourd’hui affilié à Yale), le Dr. Tamar Koren (Technion) et d’autres chercheurs israéliens et internationaux, l’étude démontre pour la première fois chez l’humain un effet causal quantifiable.





Protocole expérimental rigoureux Les chercheurs ont recruté 85 volontaires sains dans un essai randomisé contrôlé en double aveugle, préenregistré (ClinicalTrials.gov NCT03951870). Les participants ont suivi quatre sessions de neurofeedback par IRM fonctionnelle (IRMf), technique permettant d’observer et d’entraîner en temps réel l’activité cérébrale. L’objectif : augmenter l’activation du circuit de récompense mésolimbique, en particulier l’aire tegmentale ventrale (VTA), zone clé de libération de dopamine liée à l’anticipation positive d’une récompense (et non au plaisir immédiat ou à la satisfaction rétrospective).



Les sujets utilisaient des stratégies mentales libres : revivre un souvenir agréable, imaginer un événement futur enthousiasmant (voyage attendu, repas favori, rencontre plaisante), cultiver un sentiment d’excitation ou d’optimisme face à un résultat positif imminent. Un groupe contrôle entraînait d’autres régions (hippocampe ou noyau accumbens).

Immédiatement après la dernière session, tous recevaient un vaccin contre l’hépatite B. Les taux d’anticorps anti-HBV (HBVab) ont été mesurés avant, puis 2 et 4 semaines après la vaccination.




Résultats clés

  • Les participants parvenant à augmenter fortement et durablement l’activité de la VTA montraient une hausse significativement plus importante des anticorps (corrélation r = 0.31, p = 0.018).
  • Cet effet était anatomiquement spécifique (absent pour le noyau accumbens ou les régions témoins) et stratégiquement lié à l’anticipation positive plutôt qu’à d’autres formes de gratification.
  • Aucune différence moyenne de réponse anticorps n’apparaissait entre groupes globaux (effet individuel variable), et aucun effet indésirable n’a été rapporté.





Mécanisme sous-jacent Les auteurs rapprochent ces observations de l’effet placebo, mais insistent sur un mécanisme neurobiologique précis : l’activation dopaminergique de la VTA modulerait les voies neuro-immunitaires (potentiellement via le système nerveux sympathique ou des signaux endocriniens). Des travaux antérieurs de l’équipe Rolls chez la souris avaient déjà montré que stimuler la VTA renforce l’immunité innée et adaptative.




Perspectives et limites « Le cerveau n’est pas seulement réactif à l’état du corps : il est un acteur actif qui l’influence », soulignent Hendler, Rolls, Lubianiker et Koren. Cette preuve de concept ouvre la voie à des outils non invasifs — applications de neurofeedback simplifiées, entraînements mentaux guidés — pour potentialiser les réponses vaccinales ou immunothérapies, notamment chez les personnes à faible répondeur (âgés, immunodéprimés).




Les chercheurs tempèrent toutefois : la variabilité interindividuelle reste importante, et cette approche ne remplace aucun traitement médical. Elle pourrait servir de complément adjuvant.


Publié dans la prestigieuse revue Nature Medicine (doi:10.1038/s41591-025-04140-5), ce travail illustre la fécondité croissante de l’intégration neurosciences-immunologie-psychologie.


Il renforce l’idée que cultiver consciemment une anticipation positive n’est pas seulement une question de bien-être mental, mais peut avoir des retombées biologiques mesurables sur la santé.

Source principale : Université de Tel-Aviv, communiqué des Amis français de l’Université de Tel-Aviv, et article original dans Nature Medicine.




Pourquoi Starlink le reseau d'Elon Musk est si important ? JBCH N° 2601 - 818

Le service internet par satellite de SpaceX dirigé par Elon Musk, dans les crises politiques au Venezuela et en Iran. Face à des troubles intenses, Starlink est devenu un outil vital pour l'accès à internet.


En Iran, des activistes l'utilisent pour diffuser des images de répressions contre les manifestants, tandis qu'au Venezuela, les citoyens s'en servent pour obtenir des informations sur la destitution du président Nicolás Maduro. Musk offre un service gratuit temporaire dans ces pays à ceux qui possèdent les terminaux, connectés à des milliers de satellites en orbite à 550 km de la Terre.




L'accès à internet peut catalyser des changements politiques, comme lors du Printemps arabe en 2011 via les réseaux sociaux. Cependant, des législateurs s'inquiètent de l'influence de Musk sur les zones de conflit, notamment après qu'il ait fourni des terminaux à l'Ukraine pour son armée, mais ordonné une coupure en 2022 qui a perturbé une opération contre la Russie. Contrairement à l'Ukraine, en Iran et au Venezuela, Starlink cible principalement les civils, soulevant des questions sur le rôle de Musk dans les soulèvements populaires et les changements de régime, ainsi que sur ses opportunités commerciales.



Des experts comme Wes J. Bryant, ancien du Pentagone, appellent à réguler ces technologies pour aligner avec la politique étrangère américaine, en étendant les régulations comme l'ITAR (qui contrôle les exportations militaires) aux produits comme Starlink. Actuellement, Starlink opère en capacité commerciale, non militaire, sans licence des gouvernements iranien ou vénézuélien (l'Iran tente même de brouiller les satellites). Cela distingue de l'Ukraine, où il y avait une coordination gouvernementale.




L'article note que Starlink pourrait étendre sa base clients via cette offre gratuite, une stratégie "land-and-expand". Bien que sans guerre formelle, les upheavals ont des implications pour les intérêts US, et l'administration Trump pourrait influencer SpaceX via des pressions réglementaires, vu sa dépendance aux contrats gouvernementaux.




Le gouvernement US n'a pas répondu aux demandes de commentaires, soulignant un manque de régulation pour les technologies commerciales impactant la géopolitique.




Je suis fermement en faveur de maintenir Starlink accessible à tous, sans restrictions excessives, car il représente un outil démocratique essentiel. Dans des pays comme l'Iran et le Venezuela, où les régimes autoritaires censurent internet, Starlink offre un lifeline aux civils pour s'informer, organiser et documenter les injustices, favorisant la liberté d'expression et les droits humains.




Contrairement aux craintes de surpuissance de Musk, son intervention humanitaire compense les failles des gouvernements, comme lors du Printemps arabe. Réguler trop strictement risquerait de priver des populations opprimées d'un accès vital, au profit de bureaucraties lentes.


Au lieu de cela, encourageons une régulation équilibrée qui préserve l'innovation privée tout en alignant avec des valeurs universelles de connectivité. Starlink démocratise l'internet mondial, et le restreindre reviendrait à limiter la lumière dans l'obscurité; il doit rester disponible pour tous.





Je t'aime ... moi non plus ... Rapports Trump Erdogan JBCH N° 2601 - 817

Erdogan, un dictateur aux racines Frères musulmans

Trump : une alliance de convenance



Recep Tayyip Erdogan, président turc depuis plus de deux décennies, est qualifié de dictateur  en raison de la répression des opposants, du contrôle des médias, des purges judiciaires et militaires post-coup d’État de 2016, et de son virage autoritaire marqué par des amendements constitutionnels concentrant les pouvoirs. 


Son lien idéologique avec les Frères musulmans remonte aux années 1970 : il a tissé des contacts avec des figures de la confrérie via des réseaux islamistes internationaux, et son parti AKP (Parti de la justice et du développement) partage une vision politique islamiste modérée inspirée de ce mouvement. 


Je n'aime ni l'un, ni l'autre !



Ankara a accueilli des exilés Frères musulmans fuyant l’Égypte après la chute de Mohamed Morsi en 2013, et Erdogan défend régulièrement la confrérie comme une organisation « idéologique » plutôt que terroriste – une position qui contraste avec les États-Unis, qui ont désigné certaines branches comme terroristes en 2026, tout en évitant de viser directement la Turquie pour ne pas froisser les relations bilatérales.




Malgré ces divergences idéologiques profondes, Donald Trump entretient avec Erdogan une relation personnelle étonnamment chaleureuse et pragmatique. Les deux hommes se reconnaissent mutuellement comme des leaders forts, populistes et transactionnels : Trump loue souvent Erdogan comme un « ami » et un « leader très fort », tandis qu’Erdogan voit en Trump un dirigeant accessible, prêt à négocier des deals bilatéraux sans s’embarrasser de considérations morales ou démocratiques. Leur rapprochement s’est accéléré depuis le retour de Trump à la Maison Blanche en 2025 : rencontres à Washington en septembre 2025, appels téléphoniques réguliers en janvier 2026, et discussions intenses sur la Syrie et Gaza.




Les liens reposent avant tout sur des intérêts concrets. Trump, adepte d’une diplomatie « business first », valorise la Turquie comme partenaire clé pour stabiliser le Moyen-Orient post-Assad : Ankara contrôle de vastes zones en Syrie via des proxies, coordonne avec Washington sur les cessez-le-feu (notamment entre forces kurdes et le nouveau pouvoir damascène), et joue un rôle dans la reconstruction de Gaza via l’initiative américaine « Board of Peace », où Erdogan est invité comme membre fondateur. En échange, Trump a facilité des accords massifs – achats d’avions Boeing par Turkish Airlines, discussions sur la levée des sanctions liées aux S-400 russes et un possible retour de la Turquie dans le programme F-35 – tout en fermant les yeux sur les dérives autoritaires d’Ankara et son flirt avec Moscou.






Cette entente n’est pas exempte de tensions : Trump pousse pour que la Turquie réduise ses achats de pétrole russe, et certains dans son entourage (comme Tulsi Gabbard ou Pete Hegseth) critiquent Erdogan comme un danger. Mais la chimie personnelle l’emporte : les deux hommes préfèrent les deals rapides aux sermons sur les droits humains. Erdogan gagne en légitimité internationale et en influence régionale ; Trump obtient un allié pragmatique dans une zone volatile, sans les complications bureaucratiques des administrations précédentes.



En somme, ce qui relie le « dictateur Frères musulmans » à Trump n’est ni l’idéologie ni l’amitié sincère, mais un cynisme partagé : deux populistes qui se comprennent, négocient sans filtre et priorisent le pouvoir et les gains immédiats sur les principes. 


Une alliance de circonstance, solide tant qu’elle rapporte, mais fragile face aux divergences stratégiques persistantes sur l’Iran, les Kurdes ou Israël.