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vendredi 23 janvier 2026

Je t'aime ... moi non plus ... Rapports Trump Erdogan JBCH N° 2601 - 817

Erdogan, un dictateur aux racines Frères musulmans

Trump : une alliance de convenance



Recep Tayyip Erdogan, président turc depuis plus de deux décennies, est qualifié de dictateur  en raison de la répression des opposants, du contrôle des médias, des purges judiciaires et militaires post-coup d’État de 2016, et de son virage autoritaire marqué par des amendements constitutionnels concentrant les pouvoirs. 


Son lien idéologique avec les Frères musulmans remonte aux années 1970 : il a tissé des contacts avec des figures de la confrérie via des réseaux islamistes internationaux, et son parti AKP (Parti de la justice et du développement) partage une vision politique islamiste modérée inspirée de ce mouvement. 


Je n'aime ni l'un, ni l'autre !



Ankara a accueilli des exilés Frères musulmans fuyant l’Égypte après la chute de Mohamed Morsi en 2013, et Erdogan défend régulièrement la confrérie comme une organisation « idéologique » plutôt que terroriste – une position qui contraste avec les États-Unis, qui ont désigné certaines branches comme terroristes en 2026, tout en évitant de viser directement la Turquie pour ne pas froisser les relations bilatérales.




Malgré ces divergences idéologiques profondes, Donald Trump entretient avec Erdogan une relation personnelle étonnamment chaleureuse et pragmatique. Les deux hommes se reconnaissent mutuellement comme des leaders forts, populistes et transactionnels : Trump loue souvent Erdogan comme un « ami » et un « leader très fort », tandis qu’Erdogan voit en Trump un dirigeant accessible, prêt à négocier des deals bilatéraux sans s’embarrasser de considérations morales ou démocratiques. Leur rapprochement s’est accéléré depuis le retour de Trump à la Maison Blanche en 2025 : rencontres à Washington en septembre 2025, appels téléphoniques réguliers en janvier 2026, et discussions intenses sur la Syrie et Gaza.




Les liens reposent avant tout sur des intérêts concrets. Trump, adepte d’une diplomatie « business first », valorise la Turquie comme partenaire clé pour stabiliser le Moyen-Orient post-Assad : Ankara contrôle de vastes zones en Syrie via des proxies, coordonne avec Washington sur les cessez-le-feu (notamment entre forces kurdes et le nouveau pouvoir damascène), et joue un rôle dans la reconstruction de Gaza via l’initiative américaine « Board of Peace », où Erdogan est invité comme membre fondateur. En échange, Trump a facilité des accords massifs – achats d’avions Boeing par Turkish Airlines, discussions sur la levée des sanctions liées aux S-400 russes et un possible retour de la Turquie dans le programme F-35 – tout en fermant les yeux sur les dérives autoritaires d’Ankara et son flirt avec Moscou.






Cette entente n’est pas exempte de tensions : Trump pousse pour que la Turquie réduise ses achats de pétrole russe, et certains dans son entourage (comme Tulsi Gabbard ou Pete Hegseth) critiquent Erdogan comme un danger. Mais la chimie personnelle l’emporte : les deux hommes préfèrent les deals rapides aux sermons sur les droits humains. Erdogan gagne en légitimité internationale et en influence régionale ; Trump obtient un allié pragmatique dans une zone volatile, sans les complications bureaucratiques des administrations précédentes.



En somme, ce qui relie le « dictateur Frères musulmans » à Trump n’est ni l’idéologie ni l’amitié sincère, mais un cynisme partagé : deux populistes qui se comprennent, négocient sans filtre et priorisent le pouvoir et les gains immédiats sur les principes. 


Une alliance de circonstance, solide tant qu’elle rapporte, mais fragile face aux divergences stratégiques persistantes sur l’Iran, les Kurdes ou Israël.








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