Rechercher dans ce blog

vendredi 8 mai 2026

Fin de regne désastreuse de Macron qui dit adieu à l'Europe ... mais avant ... JBCH N° 2605 - 1940

La fin de mandat de Emmanuel Macron s’inscrit dans un climat diplomatique tendu, où la question israélienne cristallise des fractures profondes au sein de l’Union européenne. 


Selon plusieurs sources concordantes, Paris intensifie ses efforts pour conditionner voire restreindre la participation d’Israël à des programmes structurants : recherche scientifique, coopération universitaire, partenariats technologiques, spatial et même certains volets sécuritaires. 


Une ligne politique assumée, qui s’inscrit dans une volonté plus large de repositionnement soit-disant stratégique et moral de la France sur la scène internationale.





Mais cette offensive diplomatique intervient dans un contexte particulier : celui d’une dernière année de mandat. Ce facteur temporel est loin d’être anodin. Dans les capitales européennes, nombreux sont les décideurs qui perçoivent cette séquence comme transitoire, et donc réversible. 





Dès lors, une stratégie implicite semble émerger chez certains partenaires : temporiser, éviter les ruptures irréversibles, maintenir les canaux ouverts en attendant un éventuel rééquilibrage politique à Paris.



Car au-delà des déclarations, les intérêts en jeu sont considérables. Israël reste un acteur de premier plan dans des domaines clés pour l’Europe : cybersécurité, intelligence artificielle, technologies duales, innovation médicale. Rompre ou affaiblir ces liens aurait des conséquences directes sur la compétitivité européenne, déjà fragilisée dans un contexte de rivalité accrue avec les États-Unis et la Chine.



Dans ce jeu complexe, un autre facteur pèse lourd : la dynamique politique interne israélienne. Les prises de position de figures comme Itamar Ben-Gvir ou Bezalel Smotrich alimentent les critiques et offrent des arguments à ceux qui, en Europe, plaident pour une ligne dure. Leur rhétorique, souvent perçue comme provocatrice, complique la tâche des diplomaties cherchant à préserver les coopérations.





D’où une équation délicate : pour les partisans du maintien des relations, il ne s’agit pas seulement de résister aux pressions extérieures, mais aussi de limiter les tensions internes susceptibles d’aggraver l’isolement d’Israël. En d’autres termes, gagner du temps ne suffira pas sans un effort parallèle de modération politique.





L’Union européenne, fidèle à sa tradition de compromis, pourrait finalement privilégier une voie médiane : maintenir les cadres existants tout en introduisant des conditions ou des ajustements symboliques. Une manière de concilier principes affichés et réalités stratégiques.





 L’enjeu est clair : éviter une rupture brutale. À moyen terme, tout dépendra des évolutions politiques, à Paris comme à Jérusalem.


 Dans ce contexte mouvant, la diplomatie européenne avance, comme souvent, à petits pas entre pression, prudence et calcul.








Les Ports terrestres ... Encore une invention d'Israël JBCH N° 2605 - 1039

À l’époque d’Henri IV puis de Louis XIV, la puissance d’un État se mesurait à sa capacité à ouvrir des routes, creuser des canaux, bâtir des ports et unifier son marché intérieur. 


Le Canal du Midi n’était pas seulement une prouesse technique : il incarnait une vision politique. Relier les territoires, fluidifier le commerce, accélérer les échanges revenait à fabriquer de la puissance économique et stratégique.





La France contemporaine, pourtant située au cœur du marché européen, semble avoir perdu cette ambition structurante. Chaque projet d’autoroute, de plateforme logistique, de ligne ferroviaire de fret ou d’extension portuaire se heurte désormais à une accumulation de recours, de blocages administratifs et d’oppositions idéologiques où l’écologie punitive remplace souvent l’écologie d’innovation. Résultat : saturation des axes routiers, lenteur logistique, dépendance accrue aux ports étrangers et décrochage progressif face aux grandes puissances commerciales.





Pendant ce temps, Israël avance avec pragmatisme. Le gouvernement israélien vient d’approuver un plan stratégique de création de ports terrestres destinés à transformer les chaînes d’approvisionnement nationales. Inspiré des modèles allemand, américain, indien ou chinois, ce système consiste à transférer une partie des opérations portuaires vers des hubs logistiques intérieurs reliés par rail aux ports maritimes. Déchargement, stockage, dédouanement et redistribution des marchandises y seront réalisés loin des zones portuaires saturées.





L’idée est simple mais puissante : désengorger les ports, réduire le trafic de camions, raccourcir les délais et abaisser les coûts logistiques. Dans une économie moderne, la compétitivité ne dépend plus seulement des salaires ou de la fiscalité ; elle repose sur la rapidité avec laquelle une marchandise circule entre le navire, le train, l’entrepôt et le consommateur. Chaque heure gagnée sur la chaîne logistique devient un avantage économique.





Israël comprend également qu’une infrastructure n’est jamais neutre : elle structure le territoire. En développant plusieurs hubs connectés au rail, le pays cherche aussi à dynamiser ses régions périphériques, créer des milliers d’emplois et renforcer sa résilience stratégique en cas de crise. Cette logique d’aménagement du territoire rappelle précisément les grandes politiques d’infrastructure européennes des siècles passés.





L’Europe occidentale, et particulièrement la France, devraient méditer cette leçon. À force de considérer tout chantier comme une menace potentielle plutôt qu’un investissement d’avenir, le pays risque de transformer son avantage géographique exceptionnel en handicap économique. L’écologie intelligente consiste à fluidifier les flux grâce au rail, à la technologie et à la logistique moderne ; non à figer les infrastructures au nom d’une décroissance implicite.





Les nations qui domineront demain seront celles qui sauront reconstruire des corridors commerciaux efficaces. 


En relançant une politique ambitieuse de ports intérieurs, de fret ferroviaire, de plateformes multimodales et de grands axes logistiques européens, la France renouerait avec ce qui fit autrefois sa force : penser grand, construire vite et organiser le territoire au service de la puissance économique.







Musa Dagh ... Héroisme des arméniens envers les turcs. JBCH N° 2605 - 1038

En 1915, au cœur de la Première Guerre mondiale et de l’effondrement de l’Empire ottoman, se déroule l’un des épisodes les plus marquants de la résistance arménienne : les “quarante jours de Musa Dagh”.





Musa Dagh : le “Mont Moïse” — est une région montagneuse située dans le sud de la Turquie actuelle, face à la Méditerranée. Six villages arméniens y vivent depuis des générations. Lorsque les déportations massives et les massacres des populations arméniennes commencent en Anatolie, les habitants de cette zone comprennent qu’ils risquent eux aussi l’extermination.





Plutôt que de se soumettre aux ordres de déportation, une partie de la population décide de fuir vers les hauteurs du Musa Dagh. Environ 4 000 à 6 000 personnes, hommes, femmes, enfants et vieillards, s’y retranchent. Ils emportent des vivres, improvisent des défenses et organisent une forme de résistance armée très rudimentaire mais efficace.


Pendant environ quarante jours, ces réfugiés résistent aux attaques des forces ottomanes. Leur position est difficile : peu de munitions, peu de nourriture, pas de véritable armement lourd. Pourtant, ils parviennent à repousser plusieurs assauts grâce à leur connaissance du terrain et à une organisation collective remarquable. Les familles s’entraident, les combattants se relaient, et la survie devient un effort communautaire total.





La situation devient critique au bout de plusieurs semaines. C’est alors qu’un événement décisif survient : des navires de guerre français et britanniques patrouillant en Méditerranée aperçoivent des signaux de détresse depuis la montagne. Comprenant la situation, ils organisent une évacuation maritime des survivants. Les réfugiés sont ainsi sauvés et transportés vers Port-Saïd, en Égypte.


Cet épisode devient par la suite un symbole puissant de résistance et de survie face au génocide arménien. Il est surtout popularisé par le roman de Franz Werfel, Les Quarante Jours du Musa Dagh, publié en 1933, qui raconte avec force dramatique cette lutte désespérée et héroïque.



Au-delà du récit militaire, Musa Dagh incarne une idée plus large : celle d’une communauté qui, face à une politique d’extermination, choisit l’organisation collective, la résistance et la solidarité pour survivre. 


Aujourd’hui encore, cet épisode est étudié comme un moment clé de la mémoire du génocide arménien et un exemple rare de résistance civile réussie dans un contexte d’extermination de masse.






Paracha de demain : Behar–Be’houkotaï JBCH N° 2605 - 1037

On peut mettre en résonance la double paracha Behar–Be’houkotaï avec des réalités contemporaines : la guerre menée par Israël contre le Hamas et la montée des actes antisémites en France,  à condition de garder une lecture symbolique, et non de tirer des équivalences directes entre texte biblique et situation politique.




Behar–Be’houkotaï : limiter la possession, limiter la violence. La Parashat Behar et Parashat Bechukotai organisent une vision du monde fondée sur la limitation limitation de la propriété (chemita, yovel), limitation de la domination économique, limitation du temps de possession des biens et des terres.

Au fond, la Torah propose ici une idée forte : aucune puissance humaine n’est absolue ni permanente.





Écho contemporain : guerre et logique de puissance : Dans le contexte actuel de la guerre entre Israël et le Hamas, cette tension entre puissance et limite résonne indirectement.




Israël est engagé dans une guerre qu’il présente comme une nécessité de survie face à une organisation terroriste. Mais cette situation pose aussi, dans le débat public international, une question constante : comment exercer la force sans perdre le cadre moral ? : comment protéger une population sans entrer dans une logique d’illimitation de la violence ?

La structure de Behar–Be’houkotaï rappelle justement, sur un plan symbolique, que même les systèmes de pouvoir doivent être encadrés par des limites éthiques et temporelles.





Antisémitisme en France : la question du retour de la haine En parallèle, la France connaît depuis plusieurs années une augmentation des actes et discours antisémites, souvent liés aux tensions du Proche-Orient. 



Ce phénomène renvoie à une autre dimension des avertissements de la paracha, notamment dans les passages de 
“tokhe’ha” (réprimandes) de Be’houkotaï : lorsque la société se désagrège moralement, la violence et la division réapparaissent , la haine interne détruit la cohésion du corps social, la peur et la rupture du lien collectif deviennent centrales On peut voir une résonance symbolique : la fragilité des sociétés face à la montée de la haine.





Une lecture commune : la tentation de l’absolu : Ce que relie ces trois plans (texte biblique, guerre, antisémitisme), c’est une même tension :, la tentation de la possession totale (terre, pouvoir, récit), la tentation de la violence sans limite en situation de conflit , la tentation de désigner un “ennemi absolu” dans les sociétés en crise




La Torah, dans Behar–Be’houkotaï, tente justement de briser cette logique en introduisant : des cycles de remise à zéro (chemita, yovel), une limitation structurelle de l’accumulation, une mémoire permanente de la finitude humaine



Dans une lecture contemporaine, la double paracha ne parle pas de la guerre d’aujourd’hui ni de la situation française, mais elle propose un cadre intellectuel utile pour les penser  : aucune puissance n’est illimitée; aucune possession n’est définitive; aucune société n’est à l’abri des retours de violence ou de haine.


Elle invite donc à une réflexion générale sur la limite comme condition de la stabilité sociale, dans un monde où les tensions géopolitiques et les crispations identitaires réactivent souvent des logiques d’affrontement sans frein.









La France humiliée par l'Algérie. JBCH N° 2305 - 1036

 Macron-Alger : l'entêtement incompréhensible d'un président humilié

 

Il y a des obstinations qui confinent à l'aveuglement. Celle d'Emmanuel Macron vis-à-vis de l'Algérie en est l'illustration la plus troublante du quinquennat.

En avril 2025, la France avait expulsé douze agents du réseau diplomatique algérien, rappelé son ambassadeur à Paris, et dénoncé avec une rare fermeté une « dégradation brutale » des relations bilatérales. Le divorce semblait acté. Les partisans d'une ligne dure avaient applaudi. On croyait enfin voir une France qui se respecte. 




Illusion. Ce vendredi 8 mai, l'Élysée a annoncé le retour à Alger de l'ambassadeur Stéphane Romatet, absent depuis plus d'un an. Macron court à nouveau après une réconciliation que personne, côté algérien, ne lui a réellement offerte. 


Pour comprendre l'incompréhension que suscite cette décision, il faut rappeler la chronologie des humiliations. En juin 2023, le président Tebboune a fait réintroduire dans l'hymne national algérien un couplet ouvertement hostile à la France. En décembre 2025, l'Assemblée populaire nationale algérienne adoptait à l'unanimité une loi criminalisant la colonisation française, réclamant pour la première fois des « réparations intégrales » et des « excuses formelles ». Le ministre français des Affaires étrangères avait dénoncé « une initiative manifestement hostile ». Puis le silence. Puis la capitulation.  




Et il y a Christophe Gleizes. Ce journaliste sportif français, arrêté en mai 2024 à Tizi Ouzou alors qu'il couvrait le club JS Kabylie, a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Un homme croupit dans une geôle algérienne pour avoir fait son travail, et la France, en guise de réponse, rouvre son ambassade.  


Boualem Sansal libéré par le président allemand


Ceux qui critiquent Macron ont raison sur un point fondamental : la diplomatie du pardon perpétuel ne produit rien. Depuis l'automne 2024, l'empreinte commerciale des entreprises françaises en Algérie s'est réduite à sa portion congrue — il ne reste que le gaz algérien importé par la France, soit 5 à 6 milliards d'euros par an. C'est Alger qui tient les cordons de la bourse énergétique, et Paris qui supplie.





La ministre déléguée aux Armées se rend ce même 8 mai en Algérie pour commémorer la répression française de Sétif de 1945. La France vient faire son mea culpa le jour même où elle tente de récupérer son journaliste emprisonné. Le signal envoyé est catastrophique : nous cédons sur la mémoire pour obtenir peut-être, peut-être, un geste humanitaire.  


Abdel Khader


On nous expliquera que c'est la realpolitik — le gaz, les flux migratoires, la stabilité du Maghreb. Certes. L'Algérie avait cessé de délivrer des laissez-passer consulaires, documents indispensables à l'expulsion des étrangers en situation irrégulière. La France est donc, littéralement, à la merci d'Alger pour contrôler sa propre frontière. Ce n'est pas de la diplomatie, c'est de la dépendance. 


Les Harkis abandonnés par la France

Mais la realpolitik a ses limites morales. Un journaliste français derrière les barreaux, une loi algérienne qui criminalise notre histoire, un régime qui instrumentalise la mémoire coloniale pour maintenir sa propre population sous pression : jusqu'où faut-il ravaler sa dignité ?


Les critiques de Macron ne sont pas des va-t-en-guerre nostalgiques de l'Algérie française. Ce sont des citoyens qui observent une asymétrie sidérante : Alger fixe les conditions, Paris s'y soumet. Alger humilie, Paris revient. Alger emprisonne un Français, Paris commémore Sétif.


Macron dit vouloir « restaurer un dialogue efficace ». Le problème n'est pas le dialogue — c'est qu'il dialogue seul, en position de demandeur, face à un régime qui a fait de l'anti-France un ciment national. On n'obtient pas le respect en le réclamant à genoux. On l'obtient en le méritant — et parfois, en sachant dire non.