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jeudi 13 août 2026

Paracha Shoftim : Les Juges JBCH N° 2608 - 081

Torah · Paracha de la semaine

Shoftim la Torah comme constitution politique et morale d'Israël

Dévarim 16,18 – 21,9

La Parasha Shoftim constitue une véritable constitution politique et morale pour le peuple d'Israël. 

Le mot shoftim se traduit par "Les Juges"

Elle commence par l'obligation d'établir des juges et des officiers « dans toutes tes portes », exige un jugement droit, et proclame le verset central de tout le judaïsme éthique.

צֶדֶק צֶדֶק תִּרְדֹּף

Elle commence par l'obligation d'établir des juges et des officiers « dans toutes tes portes », exige un jugement droit  : « tu ne feras pas dévier le jugement, tu ne feras pas acception de personnes, tu ne prendras pas de pot-de-vin »   et proclame le verset central : Tsedek tsedek tirdof, « Justice, justice tu poursuivras ». 




Suivent les limitations strictes imposées au roi (pas trop de chevaux, de femmes ni d'or), les règles concernant les prophètes, les villes de refuge, les témoins, la conduite de la guerre et le rite de l'eglah arouafah pour un meurtre non élucidé.

Signification et philosophie

Le texte enseigne que la justice n'est pas un idéal abstrait, mais la condition même de la survie nationale et de l'occupation de la Terre. La répétition de « tsedek » indique, selon les Sages, à la fois le jugement strict (din) et le compromis (pesharah), la recherche d'un tribunal digne, et la poursuite active de la justice même lorsque le système légal atteint ses limites.

Aucun dirigeant n'est au-dessus de la loi : la séparation des fonctions entre juges, roi, prophètes et prêtres prévient la concentration abusive du pouvoir.

La philosophie qui s'en dégage est celle d'un pouvoir limité et contrôlé, où la société entière porte la responsabilité morale des injustices non résolues, comme le rappelle le rite de l'eglah arouafah. C'est une vision réaliste de la nature humaine : l'anarchie est dangereuse, l'utopie impossible ; seuls des institutions justes et des contrôles mutuels permettent de contenir les dérives.

Les piliers institutionnels de la paracha

  • Des juges et des officiers établis dans toutes les portes de la ville
  • L'interdiction formelle de dévier le jugement, de faire acception de personnes, de prendre un pot-de-vin
  • Des limites explicites imposées au pouvoir royal : peu de chevaux, peu de femmes, peu d'or
  • Un cadre pour distinguer le vrai du faux prophète
  • Les villes de refuge, garantissant un procès équitable même à l'auteur d'un homicide involontaire
  • L'exigence d'au moins deux témoins, et des règles strictes contre le faux témoignage
  • Le rite de l'eglah arouafah, la responsabilité collective face à un meurtre non résolu


Regard kabbalistique

La Kabbale, notamment le Zohar, lit les « juges » (shoftim) comme le principe d'équilibre. Le jugement appartient à la colonne de gauche, Guevourah, la sévérité ; mais le vrai juge doit restaurer l'harmonie entre Hessed, la colonne de droite, la miséricorde, et Guevourah, par la colonne centrale de Tiféret, la compassion. Nommer des juges aux portes des villes correspond, dans cette lecture, à placer des filtres de conscience aux portes des sens et de l'âme.


Juger le soi avant de juger l'autre

Le « mort » dont parle le texte à propos des témoins est souvent interprété comme le côté sombre intérieur qui doit être mis à mort par le jugement juste. Dans le mois d'Eloul, période de techouva, Shoftim invite précisément à juger et rectifier le soi avant de juger les autres, transformant le din, le jugement strict, en outil de réparation plutôt que de destruction.

Résonance politique contemporaine

En France et en Europe, le texte rappelle l'exigence d'une justice indépendante, non politisée, et la nécessité de limites claires au pouvoir exécutif et médiatique. La poursuite active de la justice, ce tirdof qui est un verbe de mouvement et non d'attente passive, s'oppose autant à l'impunité qu'à l'instrumentalisation idéologique des tribunaux.


En Israël, Shoftim résonne avec une force particulière : la condition de rester sur la Terre est explicitement liée à l'établissement d'une justice droite. Les débats sur l'indépendance de la Cour suprême, l'équilibre des pouvoirs, la responsabilité collective face aux victimes — même non identifiées — et la conduite éthique de la guerre trouvent un écho direct dans ces versets. La paracha n'offre pas de solutions partisanes ; elle pose une exigence permanente : sans justice réelle, ni la sécurité, ni la légitimité nationale, ni la cohésion sociale ne peuvent durablement tenir.


En une phrase

Shoftim enseigne que le pouvoir n'est légitime que lorsqu'il sert la justice, et que la justice n'est vivante que lorsqu'elle est poursuivie avec constance, humilité et responsabilité collective.






JBCH Août 2026

mercredi 12 août 2026

Le Liège flotte toujours. JBCH N° 2608 - 080

 Chronique · Vin & terroir

Pourquoi le bouchon en liège redevient une arme stratégique pour les vins de Bourgogne





Les Français boivent moins de vin, mais le choisissent avec plus d'exigence. 

Dans ce marché resserré, un détail longtemps jugé accessoire reprend une importance inattendue : le bouchon. Il ne coule jamais n'est-ce pas ? 

Le constat est sans appel : selon le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne, les ventes directes des domaines ont reculé de près de 6 % sur la campagne 2025-2026, dans le droit fil d'une tendance nationale où les achats de vin en grande distribution ont chuté de 3,6 % en volume l'an dernier. 

Mais derrière cette baisse en volume se cache une évolution plus intéressante : les consommateurs français boivent moins souvent, et choisissent davantage. Dans cette bataille du détail qui fait la différence, le bouchon en liège retrouve une place que beaucoup pensaient réservée au passé.

Un signal de qualité, pas un simple accessoire

La filière française du liège le résume sans détour : le bouchon n'est pas un détail technique, c'est un repère immédiatement identifié par les consommateurs, à tous les niveaux de gamme. Les chiffres NielsenIQ le confirment : en France, 71,1 % des volumes de vin vendus en grande distribution sont encore bouchés au liège naturel, un taux qui grimpe même à 98,4 % pour les vins rouges — là où la concurrence du bouchon synthétique et de la capsule à vis a pourtant longtemps semblé irrésistible sur d'autres marchés.




Ce que révèlent les chiffres

  • -6 % de ventes directes pour les domaines bourguignons sur la campagne 2025-2026
  • -3,6 % en volume pour les achats de vin en grande distribution en France en 2025
  • 71,1 % des vins vendus en grande distribution sont bouchés liège, 98,4 % pour les rouges
  • Plus de 700 millions d'euros investis en R&D par la filière liège en trente ans

Le rituel du bouchon, un argument neurologique

Le geste du tire-bouchon, la texture, le bruit de l'ouverture : l'expérience commence avant la première gorgée.

C'est là que l'argument devient presque scientifique. Une étude menée en 2022 par l'université italienne IULM pour le compte de l'organisme portugais APCOR a mesuré ce que beaucoup d'amateurs pressentaient intuitivement.

Un vin ouvert avec un bouchon en liège naturel génère une activation émotionnelle supérieure de 238 % chez le consommateur, comparé à d'autres modes de bouchage. 

Le son du tire-bouchon, l'anticipation du geste, la texture du matériau participent activement à la perception du vin, bien avant que le palais n'entre en jeu.




Un matériau qui a dû se réinventer

Ce retour en grâce n'a rien d'un hasard nostalgique. La filière liège a longtemps souffert d'un défaut redouté par tous les cavistes : le fameux « goût de bouchon », causé par la molécule de TCA (trichloroanisole), capable de gâcher une bouteille entière. 

Les investissements massifs en recherche et développement engagés ces trente dernières années ont permis d'améliorer sensiblement la régularité du matériau et de mieux maîtriser ce risque, redonnant au liège naturel un argument qu'il avait perdu face aux alternatives synthétiques dans les années 2000 et 2010.


Dans un marché où le cœur des arbitrages se joue désormais entre prix, qualité perçue et expérience, le bouchon en liège n'est plus un simple contenant : c'est devenu, pour les vignerons bourguignons, un argument de vente à part entière, la preuve qu'en matière de vin, même les détails les plus discrets finissent par compter double.




Chronique inspirée d'un article d'Amandine Ibled paru dans La Tribune.   JBCH Août 2026

Le Monde et Libération nous mentent ! JBCH N° 2608 - 079

Tribune · Médias & guerre d'Israël

« Partialité en faveur du Hamas » : 

Le Monde et Libération doivent ouvrir leurs archives


Il ne s'agit plus de débattre d'un ton éditorial. Il s'agit d'exiger des preuves, des documents, des comptes rendus internes, pour vérifier ce que beaucoup de lecteurs pressentent depuis longtemps sur le traitement du conflit à Gaza. 



Pourquoi "Le CRIF" et autres représentants de la communauté juive française ne les attaquent pas en justice ?

Nous devons exiger du Monde et de Libération la divulgation des documents, tous en défaveur d'Israël et souvent accusant les juifs. 

Ce n'est plus une question d'opinion éditoriale, c'est une question de vérification factuelle : quand un biais systématique se répète numéro après numéro, il ne suffit plus de le dénoncer, il faut pouvoir le prouver ou le réfuter  sur pièces.

Une exigence de transparence, pas une accusation gratuite

Nous devons exiger que les deux directions fournissent tous leurs comptes et documents internes pour examen. 

Choix de titres, arbitrages de une, notes de synthèse envoyées aux journalistes de terrain, sélection des sources et des témoignages retenus plutôt que d'autres : c'est cette mécanique interne, invisible au lecteur, qu'il faut pouvoir mettre au jour. Une rédaction qui n'a rien à cacher n'a rien à craindre d'un tel examen.




Ce qui est demandé

  • La divulgation des documents et comptes rendus internes ayant orienté la ligne éditoriale sur le conflit
  • Un examen indépendant des choix de titres et de traitement, numéro après numéro
  • Des preuves factuelles, et non plus de simples déclarations d'intention sur l'équilibre éditorial

Les fake news, ça suffit

Ce n'est pas, pour Israël, une simple opération de police.  C'est une guerre, déclenchée par un massacre de civils.

Les fake news, ça suffit : il faut des preuves, car ce n'est pas pour Israël une simple opération de police, mais une guerre et des massacres de civils déclenchés le 7 octobre 2023 par des terroristes du Hamas avec la complicité des Gazaouis. 

Rappeler ce point de départ n'est pas un détail rhétorique : c'est le fait fondateur à partir duquel tout traitement médiatique honnête doit s'organiser, et que trop d'articles semblent, au fil des mois, avoir relégué au second plan.



et de l autre côté : Une énorme fake news  qui est un mensonge flagrant : L'hôpital Al-Ahli, Gaza, 17 octobre 2023 : le Hamas annonce une frappe israélienne, 471 morts. Le Monde reprend l'info dans l'urgence. 


Quelques jours plus tard, renseignements américain, français (DRM) et canadien concluent à une roquette palestinienne mal tirée, non à une frappe israélienne.  Un cas  d'emballement volontaire, par haine d’Israël,  révélateur du réflexe à charge contre Israël dans l'urgence médiatique.

Conformément à l'éthique de l'Association des Journalistes, il faut exiger la transparence  ce qui n'est pas exiger la censure. 

C'est demander aux deux titres qui se réclament du journalisme d'investigation de s'appliquer à eux-mêmes l'exigence qu'ils réclament, à juste titre, de tous les autres pouvoirs.

C'est enfin de trouver qui les financent  et d'où vient cette haine ? ...  

Le Qatar, probablement !  et d'où vient cette haine ? 


JBCH Août 2026

Futures Elections Présidentielles. JBCH N0 2608- 078

 Chronique · Institutions & présidentielle 2027

« Spoil system » à la française : 

Le vrai problème n'est peut-être pas celui qu'on croit

Gabriel Attal veut donner au futur président davantage de latitude pour choisir ses hauts fonctionnaires. 

François Bayrou dénonce une politisation dangereuse de l'administration. Mais si le blocage de l'action publique venait d'ailleurs ?


À l'approche de la présidentielle de 2027, le « spoil system à la française » revient hanter le débat politique, comme il le fait à chaque cycle électoral depuis les années 1990 sans jamais franchir le cap de la mise en œuvre réelle. 

Gabriel Attal veut donner au président élu davantage de latitude pour choisir les hauts responsables chargés d'appliquer son programme. François Bayrou, lui, dénonce une mesure qui politiserait l'administration. 

Derrière ce clivage, une question plus dérangeante : l'État français est-il vraiment entravé par sa haute administration, ou les responsables politiques cherchent-ils surtout à reprendre la main sur un appareil dont ils peinent, eux-mêmes, à obtenir les résultats promis ?

Un serpent de mer électoral

  • Emmanuel Macron avait déjà promis, dès 2017, un renouvellement des hauts fonctionnaires au nom de leur loyauté aux réformes
  • Le sujet ressurgit à chaque campagne présidentielle depuis les années 1990, sans jamais être formellement instauré
  • Le statut actuel de la fonction publique place déjà les emplois supérieurs à la discrétion du gouvernement


Un pouvoir de nomination qui existe déjà

C'est là que l'argument d'Attal se heurte à une réalité juridique gênante : le système français permet d'ores et déjà au pouvoir politique de reprendre la main sur sa haute administration. 

Les responsables nommés aux postes clés doivent certes être compétents, mais ils doivent surtout être loyaux et bénéficier de la confiance du gouvernement en place — ce qui, dans les faits, s'apparente déjà à une forme de spoil system feutré, sans en porter le nom ni en assumer la brutalité américaine.

Changer les têtes ne change pas les majorités, les arbitrages qui se contredisent d'un mois sur l'autre, ni un budget qui ne boucle jamais.

Le vrai goulot d'étranglement serait ailleurs

C'est l'angle mort de tout le débat : les blocages de l'action publique tiennent sans doute moins à la loyauté supposée insuffisante des hauts fonctionnaires qu'aux revirements politiques à répétition, à l'absence de majorité stable à l'Assemblée, à des arbitrages gouvernementaux qui changent au gré des remaniements, et à des contraintes budgétaires devenues, années après années, quasiment ingérables. 




Un haut fonctionnaire loyal au gouvernement du moment ne peut pas exécuter une politique que le gouvernement suivant renie six mois plus tard.

Le risque d'une fausse bonne idée

Ce que le spoil system pourrait casser

  • Une politisation excessive des nominations, au détriment de la compétence technique
  • Une rupture de la continuité de l'État à chaque alternance, y compris sur des dossiers de long terme
  • Un problème de vivier concret : remplacer massivement les cadres dirigeants suppose d'avoir, en réserve, des profils prêts à les remplacer

Reste que le débat, aussi daté soit-il, dit quelque chose de la présidentielle qui s'annonce : de Gabriel Attal à Jean-Luc Mélenchon, chacun cherche déjà, avant même le premier tour, les leviers institutionnels qui lui permettraient de gouverner sans être immédiatement neutralisé par un appareil d'État jugé, à tort ou à raison, insuffisamment docile.


Réformer les modes de nomination peut avoir du sens. Mais tant que l'instabilité gouvernementale, l'absence de majorité et l'impasse budgétaire resteront la norme, changer les têtes de l'administration ressemblera surtout à un remède qui soigne le symptôme en ignorant la maladie. A suivre ... 




Chronique inspirée d'un article de presse de Nicolas Bina et Pierre Steinmetz sur le débat du spoil system à la française.(Atlantico)                                JBCH Août 2026

Fauda revient. JBCH N° 2608 - 077

Chronique · Culture & séries

« Fauda » revient le 8 septembre, et cette fois la fiction rattrape le 7 octobre

Après un report par rapport à sa date de sortie initiale prévue en mai, la cinquième saison de la série israélienne culte débarque sur Netflix dans 190 pays. 

Deux épisodes, tournés après coup, affrontent directement le massacre du 7 octobre, avec un avertissement à l'écran pour le public israélien.


Pour les fans de Fauda du monde entier, le suspense touche à sa fin, ou plutôt, il est sur le point de commencer. 

Netflix diffusera la cinquième saison de la série israélienne consacrée à une unité de contre-terrorisme à partir du 8 septembre, disponible en arabe, hébreu, français et anglais, avec sous-titres adaptés à chaque public.




Repères

  • Série créée en 2015 en Israël, coproduite et interprétée par Avi Issacharoff et Lior Raz
  • Rachetée par Netflix, diffusée dans 190 pays
  • Saison 4 numéro 1 au Liban en janvier 2023, Top 10 en Jordanie, au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats
  • Saison 5 initialement prévue en mai, repoussée au 8 septembre


Un phénomène qui dépasse les frontières israéliennes

Le succès régional de la série a de quoi surprendre au regard du sujet traité : selon plusieurs témoignages rapportés dans la presse, 

Fauda serait devenue un véritable « plaisir coupable » pour une partie du public palestinien de Cisjordanie et de Gaza, séduit notamment par la présence de nombreux personnages palestiniens à l'écriture soignée, loin des clichés habituels de la fiction sécuritaire.

Une saison réécrite après le 7 octobre

Les scénarios de cette cinquième saison étaient déjà largement bouclés à l'automne 2023. Le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre a contraint Raz et Issacharoff à revoir leur copie pour intégrer cette nouvelle réalité au récit. 

Deux épisodes, diffusés au cœur de la saison, y sont directement consacrés, avec des scènes d'une violence si graphique qu'un avertissement a été ajouté à l'intention des spectateurs israéliens, les autorisant à les sauter s'ils redoutaient d'être trop bouleversés. 

Fait rare, les créateurs ont choisi de rendre ces deux épisodes disponibles gratuitement en ligne, en dehors de tout abonnement, pour quiconque souhaiterait les visionner isolément.

Nous avons voulu poser des questions difficiles à un public du monde entier : la vengeance en vaut-elle la peine ?— Avi Issacharoff, co-créateur de Fauda, interrogé par Deadline

Un casting élargi, direction Marseille

Aux côtés de Lior Raz, on retrouve les visages familiers de Doron Ben-David et Yaakov Zada-Daniel, rejoints cette saison par l'actrice française Mélanie Laurent, révélée notamment dans Inglourious Basterds de Quentin Tarantino. 

Changement de décor notable : une grande partie des premiers épisodes se déroule cette fois à Marseille plutôt qu'en Israël ou dans les territoires palestiniens, une première pour la série.


Reste à savoir si cette cinquième saison parviendra à transformer le traumatisme national qu'elle met en scène en une œuvre qui interroge, plutôt qu'elle ne referme, la question que pose Issacharoff lui-même : jusqu'où mène vraiment la vengeance ?







D'après l'article de Hannah Brown paru dans le Jerusalem Post.                        JBCH Août 2026

Gadi Eisenkot a la Côte ! JBCH N° 2608 - 076

Chronique · Politique israélienne

Gadi Eisenkot : la sobriété ne fait pas une doctrine

À l'approche des élections législatives de 2027, l'ancien chef d'état-major incarne aux yeux de nombreux Israéliens une figure de décence, à rebours du tumulte politique ambiant. 

Mais un premier ministre se juge sur sa vision stratégique, pas sur son tempérament.

À l'approche des élections législatives israéliennes de 2027, une candidature suscite un intérêt particulier : celle de Gadi Eisenkot. 

Ancien chef d'état-major de Tsahal, il incarne aux yeux de nombreux Israéliens une figure de sobriété et de décence, à rebours du tumulte permanent de la vie politique. 

Mais faut-il pour autant s'en remettre à cette seule image ? C'est la question que pose, non sans pertinence, le chroniqueur Eitan Chitayat dans les colonnes du Jerusalem Post.

Car un candidat au poste de premier ministre ne se juge pas sur sa biographie ou son tempérament, mais sur sa vision stratégique. Et à cet égard, le bilan d'Eisenkot mérite un examen sans complaisance.

Le plan Gideon, une doctrine contestée dès l'origine

C'est sous son mandat qu'a été conçu le plan Gideon, qui a réduit les effectifs de l'armée et des réservistes au profit d'une force plus technologique et plus légère. 

Plusieurs officiers, dont le général Yitzhak Brik, avaient alors alerté sur les risques logistiques d'un tel choix pour une armée appelée, un jour, à soutenir un conflit long. Ces mises en garde, rapporte l'article, auraient été largement écartées par Eisenkot.



Depuis le 7 octobre, cette question ne peut plus être esquivée.

La question posée depuis le 7 octobre

  • La doctrine Gideon a-t-elle contribué à rendre Israël trop dépendant du renseignement, de la technologie et de la puissance aérienne ?
  • Au détriment d'une force terrestre robuste et dissuasive, capable d'absorber un conflit long ?
  • Les alertes internes, notamment celles du général Brik, ont-elles été prises au sérieux à l'époque ?

Des positions qui interrogent l'image de centriste

L'article rappelle également certaines de ses positions sur le dossier palestinien — notamment l'idée, réitérée encore en juillet 2026, d'ouvrir le marché du travail israélien à des dizaines de milliers de travailleurs venus de Judée-Samarie. 

Une proximité est également relevée avec le mouvement contestataire de la place Kaplan et avec la gauche israélienne, en délicat contraste avec l'image de centriste consensuel qu'Eisenkot cultive.





La décence personnelle n'a jamais suffi à faire une doctrine de sécurité. Avant de s'en remettre à la figure rassurante du général sobre, les électeurs israéliens devront répondre à une question plus rude : celle du bilan réel de l'homme qui a taillé l'armée dans le format que le 7 octobre a mis si cruellement à l'épreuve.




Chronique s'appuyant sur l'analyse d'Eitan Chitayat parue dans le Jerusalem Post.            JBCH Août 2026

L'IA et le Golem ! JBCH N° 2608 - 075

Chronique · Histoire & intelligence artificielle

Le Golem du Maharal de Prague : 

La première mise en garde contre l'intelligence artificielle

Quatre siècles avant les débats sur l'alignement des grands modèles de langage, un rabbin de Prague façonnait dans l'argile une créature censée protéger sa communauté avant de devoir, lui-même, la désactiver. 

Cette légende dit peut-être mieux que nos rapports d'experts ce qui nous attend avec l'IA.

À la fin du XVIe siècle, Rabbi Yehouda Loew ben Betsalel, connu sous le nom de Maharal de Prague, façonne dans la glaise des rives de la Vltava une créature humanoïde destinée à protéger la communauté juive de la ville contre les persécutions et les accusations de crime rituel. 




Selon la légende, il anime cette créature   le Golem  en inscrivant sur son front le mot hébreu Emet, « vérité »

Une créature puissante, mais sans discernement

Le Golem obéit, protège, exécute. Mais il ne pense pas, il n'a ni libre arbitre, ni conscience morale, ni capacité à s'arrêter de lui-même. 

Dans plusieurs versions du récit, la créature grandit en force et en taille chaque jour, jusqu'à devenir incontrôlable, voire dangereuse pour ceux-là mêmes qu'elle était censée protéger. 

Le Maharal doit alors effacer la première lettre du mot inscrit sur son front, transformant "Emet" (vérité) en "Met" (mort), pour désactiver sa création avant qu'elle ne cause un dommage irréversible.




Un mythe fondateur, bien avant Frankenstein

Cette histoire, popularisée en Europe au XIXe siècle, est souvent considérée comme l'une des matrices du mythe moderne de la création artificielle incontrôlée — antérieure de près de deux cents ans au Frankenstein de Mary Shelley, et directement citée par des générations d'auteurs de science-fiction. 

Le mot même de « robot », inventé par l'écrivain tchèque Karel Čapek en 1920, naît d'ailleurs dans cette même Prague hantée par la légende du Golem.

Ce que la légende met en scène

  • Une créature fabriquée pour protéger, qui échappe progressivement au contrôle de son créateur
  • Une intelligence d'exécution, sans jugement moral propre
  • Un créateur seul responsable, en dernier ressort, d'arrêter sa propre création
  • Un mécanisme de désactivation pensé dès l'origine — l'équivalent, quatre siècles avant l'heure, d'un « bouton d'arrêt d'urgence »

Ce que l'IA contemporaine lui doit vraiment

Le Maharal n'a pas seulement créé le Golem. Il a créé, dans le même geste, la nécessité de savoir l'arrêter.

Ce qui frappe, en relisant cette légende à l'ère des grands modèles de langage, ce n'est pas tant la ressemblance technique, l'argile n'a évidemment rien à voir avec les réseaux de neurones, que la ressemblance structurelle du problème. 

Une intelligence créée pour servir un objectif précis, dotée d'une puissance croissante, mais dépourvue de la capacité à juger par elle-même des limites de son action : c'est très exactement le débat qui agite aujourd'hui les laboratoires d'IA sur l'alignement, le contrôle et la nécessité de conserver, à tout moment, la possibilité humaine d'interrompre le système.




Le Maharal, lui, avait anticipé une évidence que certains promoteurs de l'IA semblent parfois redécouvrir avec surprise : on ne peut pas se contenter de rendre une création puissante et utile, il faut penser, dès sa conception, à la manière de la reprendre en main si elle échappe à son but initial. 




Inscrire le mot juste sur le front de la créature ne suffit pas ; il faut aussi savoir, et pouvoir, en effacer la première lettre.

Un golem (hébreu : גולם, « embryon », « informe » ou « inachevé ») est, dans la mystique puis la mythologie juive, un être artificiel, généralement humanoïde, fait d’argile, incapable de parole et dépourvu de libre-arbitre, façonné afin d’assister ou défendre son créateur.(Wikipedia)


Quatre siècles séparent le rabbin de Prague des ingénieurs de la Silicon Valley. Le matériau a changé, l'ambition démesurée, elle, n'a pas bougé d'un pouce, ni la question qui la accompagne depuis l'origine : sommes-nous encore capables d'effacer la première lettre, le jour où il le faudra ?





JBCH Août 2026

mardi 11 août 2026

Pipe-Line Israël / Italie ! JBCH N° 2608 - 074

  

Déception des italiens qui n'ont pas trouvé au large de l'Egypte la nappe de gaz escomptée, 

Quant à la France elle devra probablement  … un jour … exploiter la richesse de son sous sol !





Le quai d’Orsay aurait demandé  « qu’aucun achat de gaz ne se fasse en Israël ». Mais la France n’a jamais imposé officiellement un tel embargo bilatéral. 


Cependant, le projet EastMed (gazoduc Leviathan – Chypre – Grèce – Italie) est bien une réalité. 


Ce projet, soutenu par l’Italie, la Grèce, Chypre et Israël, vise à acheminer le gaz israélien vers l’Europe du Sud d’ici 2027-2030, avec un coût estimé à 6-7 milliards d’euros.


 Il concurrence directement les projets de la France et de l’UE qui privilégient le gaz algérien, le GNL américain ou l’hydrogène vert.


Que ferait la France sans ce gaz ? La réponse est nuancée :


  1. La France n’est pas dépendante du gaz israélien. Sa consommation repose sur : le gaz norvégien (≈30%), le GNL américain et qatari (≈30%), le gaz algérien (≈15-20%), et le gaz néerlandais/russes (résiduel).

    L’arrivée du gaz israélien en Italie ne changerait pas structurellement l’approvisionnement français.

  2. Sur le gaz de schiste : la France possède d’importantes réserves (notamment dans le Bassin parisien et le Sud-Est), mais l’exploitation est interdite depuis 2011 par une loi votée sous Nicolas Sarkozy.
    Cette interdiction repose sur des risques environnementaux (pollution des nappes phréatiques par la fracturation hydraulique).
    Emmanuel Macron, comme ses prédécesseurs, a maintenu cette interdiction, malgré des débats récurrents.  

  3. La stratégie française réelle : face à la diversification des routes gazières, la France mise sur :

    • L’électricité nucléaire (70% de son mix) et les renouvelables, réduisant sa dépendance au gaz pour la production d’électricité.
    • Le GNL : la France a investi dans des terminaux méthaniers (Dunkerque, Fos-sur-Mer) pour importer du GNL de multiples sources.
    • L’hydrogène vert et la sobriété énergétique, dans le cadre de la transition écologique.





En conclusion : la France ne serait pas « privée » de gaz si le projet EastMed aboutissait. Elle continuerait d’importer via d’autres canaux en payant bien évidemment le prix fort.


Le gaz de schiste reste une option théorique, politiquement et écologiquement verrouillée. Le vrai défi pour la France n’est pas de remplacer le gaz israélien, mais de garantir sa souveraineté énergétique dans un monde où les routes gazières se diversifient et se politisent. 


La réponse française est donc moins dans le gaz que dans l’accélération de sa transition énergétique et le renforcement de ses alliances (Algérie, Norvège, Qatar).


 On verra bien si les diplomates parti-pris et si naïfs imposeront leurs dogmes. Moi jen doute et je sens avec raison un certain  antisémitisme de la part du quai d’Orsay.



JBCH 2026