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mercredi 9 septembre 2026

PISA un résultat catastrophique JBCH 2609 - 163

Éducation · France · PISA 2026



PISA : la mauvaise note qui ne surprend plus personne

Les résultats de l'enquête PISA 2025 sont tombés, et ils sont sans appel : les élèves français enregistrent leurs plus mauvais résultats depuis la création du classement en 2000, dans les trois matières évaluées. 






En sciences, la baisse est de 4 points par rapport à 2022 ; en compréhension de l'écrit, de 18 points ; en mathématiques, de 16 points. Une génération entière aura traversé le système éducatif pour aboutir à ce constat.





Cette génération, entrée au CP en 2015, aura connu pas moins de huit ministres de l'Éducation nationale. 

Huit noms, huit passages, et pour l'essentiel, un même goût amer : celui d'une maison qui change sans cesse de gouvernant sans jamais se réparer.

« Les ministres passent, le système demeure  et avec lui, le déclin. »


Deux noms qui ont laissé une trace

Dans cette succession, deux ministres seulement sortent du lot par leur volonté d'agir concrètement sur les apprentissages fondamentaux. Jean-Michel Blanquer, d'abord, avec le dédoublement des classes en éducation prioritaire, le retour d'une évaluation nationale sérieuse et une remise en ordre du primaire. 

Gabriel Attal, ensuite, malgré un passage éclair rue de Grenelle, avec les groupes de niveau et un discours de vérité sur le niveau réel des élèves, rompant avec des années de complaisance. 

Deux ministres, deux caps clairs, deux tentatives de s'attaquer au fond plutôt qu'à la communication.

Les autres n'ont fait que passer

Entre ces deux noms et autour d'eux, une ribambelle de ministres  Najat Vallaud-Belkacem l'épouse du  , Pap Ndiaye avec un travail  catastrophique, et vite recas' au Conseil de l'Europe !  Amélie Oudéa-Castéra le copine de l'ENA de Macron, Nicole Belloubet cheveux au vent et ratatinée, Anne Genetet (!) , Élisabeth Borne  (insipide) se sont succédé sans laisser de cap durable. 



Certains n'ont eu ni le temps ni la volonté de peser sur quoi que ce soit ; d'autres ont surtout occupé le terrain médiatique. Le résultat est le même pour tous : une impression de gestion à courte vue, de réformes annoncées puis abandonnées au gré des remaniements, et un système qui continue de reculer pendant que les ministères se vident les uns après les autres.




Le ministre actuel, Édouard Geffray, hérite aujourd'hui de ce bilan qu'il n'a pas construit, et parle à raison de « destruction cognitive » liée aux écrans. (trop facile !)

Le diagnostic est juste. Reste à savoir s'il aura, lui, le temps et la volonté de transformer ce constat en politique   ou s'il ne sera qu'un neuvième nom de plus sur une liste qui n'en finit pas de s'allonger.




JBCH Réflexions — 9 septembre 2026

Le Beau Danube sec ... JBCH 2609 - 162

Europe · Climat · Géopolitique



Le beau Danube sec

La valse de Johann Strauss demeure l'une des bandes-son les plus fameuses de l'Europe. Mais à l'été 2026, ce n'est plus le bleu du fleuve qui marque les esprits : ce sont ses absences. À mesure que les eaux se retirent, le Danube révèle un continent confronté à trois réalités : sa vulnérabilité géopolitique, sa fragilité écologique et la profondeur de sa mémoire historique.

En 1867, lorsque Johann Strauss compose Le Beau Danube bleu, le fleuve y apparaît comme un symbole d'harmonie, de circulation et d'élégance. En un mot, il relie les peuples centre-européens davantage qu'il ne les sépare. C'est un compagnon indispensable de l'imaginaire d'une Mitteleuropa où les échanges l'emportent sur les fractures.

Un siècle et demi plus tard, à la faveur d'une canicule européenne sans équivalent, le décor a changé. L'été 2026 n'a pas fait disparaître la valse, mais il en a incontestablement ralenti le tempo, du fait que le Danube est descendu à des niveaux historiquement bas. Qu'on y songe ! Là où l'on voyait l'eau couler, apparaissent désormais des épaves, des ponts antiques, des bombes non désamorcées, voire des ossements de mammouths. 

L'utilité du Danube change : de facteur de cohésion européenne, il devient révélateur des entrailles cachées de l'Europe.

En ce sens, le « beau Danube sec » constitue moins une anomalie qu'un avertissement. Derrière les images spectaculaires se dessine une triple réalité : géopolitique, écologique et culturelle.




Une géopolitique des basses eaux

Le Danube est souvent présenté comme un fleuve culturel, dont la capitale de l'Empire austro-hongrois était sûrement le point d'orgue. Ne négligeons toutefois pas le fait qu'il soit aussi une infrastructure stratégique.

Reliant la mer Noire à l'Europe occidentale via le corridor Rhin-Main-Danube, il constitue l'une des grandes artères économiques du continent. La conséquence n'en est que plus visible : lorsque son niveau baisse, ce sont les chaînes logistiques européennes qui ralentissent. Céréales, carburants, matières premières et équipements industriels voient leur circulation perturbée.

Ainsi, la sécheresse révèle une vulnérabilité souvent sous-estimée : la dépendance des économies modernes à des systèmes naturels dont la stabilité n'est plus garantie. Plus frappant encore : le Danube met au jour l'interdépendance énergétique de l'Europe centrale. Les difficultés rencontrées par les centrales nucléaires de Paks en Hongrie ou de Cernavodă en Roumanie rappellent qu'un niveau d'eau insuffisant peut devenir un enjeu de sécurité nationale.

« L'eau n'est plus seulement une ressource environnementale ; elle devient un facteur de puissance, et son absence, au contraire, un facteur de crise. »

À ce titre, les pays riverains du Danube deviennent ainsi une « communauté de vulnérabilités ».

Un laboratoire de l'Europe climatique

La seconde lecture de ce Danube sec est écologique. Le fleuve avait par le passé été l'objet de crues parfois dévastatrices, comme la crue de glace à Budapest en 1838, ou plus récemment en 2002, 2013 ou 2024. De fait, on a longtemps considéré les sécheresses du Danube comme des épisodes exceptionnels : en 1473 et 1540, les chroniques précisent qu'on peut traverser le fleuve à pied. 

D'autres sécheresses sont arrivées plus récemment, en 2003, 2018, 2022 avant cette année. Or, la répétition des épisodes de basses eaux tend à suggérer une transformation plus structurelle du régime hydrologique européen.

Contrairement à une idée reçue, le problème n'est d'ailleurs pas seulement climatique, puisqu'il est aussi le produit de deux siècles d'aménagements. En effet, endiguements, destruction des zones humides,  les berges qui  ont réduit les capacités naturelles du bassin à retenir l'eau et à absorber les chocs. Comme souvent, la catastrophe « naturelle » apparaît aussi comme une construction humaine.

Le Danube illustre ainsi l'entrée dans une nouvelle géographie européenne de la résilience. Les infrastructures énergétiques, les réseaux de transport et les politiques agricoles ont été conçus pour le climat du XXe siècle. 

Or, ils doivent désormais fonctionner dans celui du XXIe.

Aussi, la question n'est plus seulement celle de l'adaptation du fleuve à l'économie ; elle devient celle de l'adaptation de l'économie au fleuve.




Le fleuve qui fait remonter l'histoire

La troisième lecture est culturelle : dans ce continent sédimenté par l'histoire, quand le niveau de l'eau baisse, l'histoire remonte à la surface.

Des cicatrices enfouies refont littéralement surface : ainsi, des navires allemands de la flotte de la mer Noire, sabordés lors de la retraite de la Roumanie en 1944 face à l'Armée soviétique, apparaissent désormais à l'air libre près de Prahovo (Serbie). Une mine marine britannique de 700 kilos, remontant également à 1944, est retrouvée en Slovaquie, près de Virt.

Mais des merveilles se sont également révélées. Près de la ville bulgare de Gigen, ce sont des fondations du pont de Constantin qui émergent : rien de moins, au moment de son inauguration le 5 juillet 328, que le plus long pont fluvial de l'époque avec ses 2,4 kilomètres. Son exploitation n'a pourtant été possible que pendant quatre décennies, en raison des bouleversements de la région. 

À divers endroits, les découvertes archéologiques ont été encore plus anciennes : près de Ryahovo en Bulgarie, une mâchoire de mammouth a été trouvée par des bénévoles, et un peu plus loin, des restes de mammouths laineux ont également été découverts. Sur le fondement de mêmes découvertes dans le petit village croate de Mohovo, proche de la frontière serbe, l'idée d'une « route des mammouths » a commencé à germer.

Ainsi, le Danube agit comme une archive involontaire de l'Europe. Dans cette succession de découvertes, le plus frappant est sans doute leur diversité temporelle. Le fleuve dévoile simultanément la préhistoire, l'Antiquité, le XXe siècle et notre présent climatique. Toutes les strates de l'expérience européenne semblent coexister dans son lit.

On pourrait voir dans cette situation une métaphore du continent lui-même, un miroir déformant où chaque crise contemporaine réactive des héritages plus anciens. Le Danube sec nous rappelle ainsi que l'Europe ne fait pas qu'habiter un territoire, elle est aussi dépositaire d'une mémoire.




La fin des évidences

Dans l'Europe des Habsbourg, le Beau Danube bleu exprimait la confiance d'une Europe convaincue de la permanence de ses paysages. Le beau Danube sec raconte au contraire une époque où les certitudes se fissurent. Derrière le retrait des eaux, des questions fondamentales restent en suspens : comment assurer la sécurité énergétique face aux bouleversements climatiques ? 

Comment préserver les infrastructures d'un continent construit sur l'abondance hydrique ? Comment maintenir une liaison transfrontalière lorsque les ressources deviennent plus rares ?

« La véritable leçon du Danube n'est peut-être pas hydrologique. Elle est politique. »

Ce fleuve qui traverse l'Europe centrale a longtemps été un vecteur de circulation, voire même de diplomatie, comme la création de la Commission du Danube en 1948 pour encadrer la liberté de circulation fluviale l'illustre. 

Il devient aujourd'hui, tout simplement, un révélateur des fragilités accumulées, des dépendances invisibles et des transformations profondes qui affectent le continent. La valse continue, au gré des révélations tout au long du lit du fleuve.




©Florent Parmentier — 9 septembre 2026                            JBCH Septembre 2026


mardi 8 septembre 2026

Arthur Mensch Créateur de Mistral L'IA Européenne JBCH N° 2609 - 161

Arthur Mensch : 

l’homme qui veut l’autonomie européenne sur l’IA

Portrait du cofondateur de Mistral AI, 32 ans, seul Français dans le Time 100 des innovateurs.




JBCH Septembre 2026 
 

Arthur Mensch, né le 17 juillet 1992 à Sèvres, est le cofondateur et directeur général de Mistral AI. L’entreprise, créée en mai 2023 avec Guillaume Lample et Timothée Lacroix, s’est imposée en deux ans comme le champion européen des grands modèles de langage.




Pur produit de Paris-Saclay, il est diplômé de l’École polytechnique (X2011), de Télécom Paris, puis d’un Master MVA à l’ENS Paris-Saclay. Il poursuit par une thèse à l’Inria et au NeuroSpin (CEA) sur l’optimisation et l’IRM fonctionnelle, avant un post-doctorat entre l’ENS et NYU. Un parcours d’abord académique, centré sur les mathématiques appliquées au cerveau.


En 2020, il rejoint DeepMind Paris, le laboratoire d’IA de Google, où il travaille sur les grands modèles de langage. Il y restera jusqu’à début 2023, avant de quitter le groupe pour fonder Mistral. Le pari : construire une alternative souveraine, ouverte et performante, aux modèles américains.

Le chiffre — En deux ans et demi, Mistral lève près de 3 milliards d’euros et atteint 11,7 milliards de valorisation après l’entrée d’ASML en septembre 2025. Seul Français dans le Time 100 des innovateurs en 2024.

Sur sa vie privée, Arthur Mensch est discret. Il est devenu père début 2024, un événement qu’il a évoqué avec sobriété. Sur le plan des convictions personnelles, il s’est lui-même déclaré publiquement « athée convaincu ». Il n’a rendu publique aucune appartenance religieuse.


Quant à son patronyme, Mensch vient de l’allemand « être humain », mot qui a pris en yiddish le sens moral de « personne intègre ». En France, c’est un nom historiquement présent en Alsace-Moselle et qui, comme de très nombreux patronymes, ne permet aucune conclusion sur la religion d’une personne. Le réduire à une étiquette confessionnelle est une erreur factuelle.



Ce portrait vise à corriger et à remettre en contexte — loin des raccourcis — le parcours d’un chercheur devenu entrepreneur, dont l’enjeu dépasse sa personne : l’autonomie technologique européenne.




Fissure chez les démocrates aux USA. JBCH N° 2609 - 160

 Chronique — politique américaine

Démocrates : la moisson amère d'un héritage semé par Obama




À deux mois des midterms, le parti démocrate se déchire entre une gauche identitaire galopante et un antisémitisme qui ne dit plus son nom. ``

Le Qatar, lui, regarde la scène avec un sourire satisfait.


Il fallait s'y attendre. Ce que Barack Obama a patiemment cultivé pendant huit ans — la légitimation d'un discours identitaire, la complaisance envers les mouvements les plus radicaux du campus, une distance de plus en plus affichée avec Israël le parti démocrate le récolte aujourd'hui, en pleine figure, à deux mois d'élections de mi-mandat qui pourraient pourtant lui rendre le Congrès sur un plateau.




Les primaires de juillet et août, de New York au Michigan en passant par la Floride, le Wisconsin et le Colorado, ont révélé au grand jour ce que beaucoup pressentaient : une gauche démocrate qui se revendique fièrement « socialiste » a pris l'ascendant sur le terrain, tandis que le centre du parti, encore majoritaire dans les instances, regarde impuissant cette digue céder pièce par pièce.




Mamdani, matrice d'une dérive

Tout est parti  ou presque  de la victoire facile de Zohran Mamdani à la mairie de New York. Fort de cette popularité, il a ensuite fait basculer plusieurs primaires locales contre des élus démocrates sortants jugés trop modérés. 

New York n'est pas l'Amérique, dira-t-on avec raison. 




Mais le symptôme le plus inquiétant n'est pas venu de Manhattan : il est venu du Michigan, où Abdul El Sayed, figure très marquée à gauche, a emporté la primaire sénatoriale sur une ligne où l'hostilité déclarée à Israël  jusqu'à l'accusation de « génocide » brandie sans trembler   n'est plus un handicap mais un argument de campagne.





Nate Cohn, chroniqueur électoral du New York Times, a beau nuancer : El Sayed ne l'a emporté que d'un point, porté par un électorat blanc, diplômé, urbain   quand les quartiers populaires et afro-américains, eux, ont préféré la candidate centriste. 

Le constat n'en est pas moins là : le wokisme électoral prospère précisément là où il ne risque rien, dans les bastions bleus, et s'exporte comme une mode universitaire vers des terres qui ne lui ressemblent pas.




Un parti qui bâtit sa modernité sur l'hostilité à un allié historique n'unifie pas une coalition : il en signe l'acte de décès à petit feu.

L'antisémitisme qui ne dit pas son nom

Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Derrière le vocabulaire pudique du « soutien à la cause palestinienne », c'est une hostilité de plus en plus frontale à l'État d'Israël qui structure l'identité de cette nouvelle gauche démocrate  et il faut un aveuglement volontaire pour ne pas voir où mène, in fine, ce glissement sémantique. 

Le Pew Research Center le confirme d'ailleurs à sa manière, en révélant que le clivage n'est même plus partisan mais générationnel : les plus de 65 ans, démocrates comme républicains, soutiennent Israël ; les moins de 35 ans des deux bords s'en détournent avec la même intensité. 




Ce n'est plus une querelle de programme, c'est une fracture de civilisation qui traverse la jeunesse américaine tout entière — et le parti démocrate, en s'alignant sur elle sans la corriger, choisit de l'attiser plutôt que de l'endiguer.

On objectera qu'une partie du débat public américain refuse précisément cette équivalence entre critique d'Israël et antisémitisme, et que la question reste, sur le fond, disputée. 

Mais quand l'hostilité à Tel-Aviv devient un marqueur identitaire obligé pour exister à gauche du parti, le débat sémantique perd de sa pertinence : c'est la pratique politique, plus que le vocabulaire, qui tranche.


Le sourire de Doha

Reste une question que la presse américaine évoque à mots couverts, faute d'oser la nommer frontalement : qui a intérêt à cette fracture ? Le Qatar, depuis des années, finance sans relâche campus universitaires, think tanks et fondations culturelles américaines   un activisme d'influence patient, feutré, jamais démenti dans son ampleur. 

Il n'a pas eu besoin de forcer la main de qui que ce soit : il lui a suffi d'arroser le terrain, année après année, pendant près de 20 ans, pour que la graine idéologique germe d'elle-même dans une génération de diplômés déjà acquise à la cause. 

Doha n'a pas inventé le wokisme identitaire américain ; il a simplement joué, avec une patience diplomatique remarquable, sur du velours,  sachant que le fruit, une fois mûr, tomberait tout seul.

El Sayed lui-même semble avoir senti le piège se refermer : au lendemain de sa victoire, il a promptement recentré son discours sur l'inflation et annoncé qu'il n'insisterait plus sur ses critiques d'Israël. 

Aveu implicite que la martingale identitaire, efficace en primaire fermée, devient un boulet en élection générale.

L'unité introuvable

Le paradoxe démocrate tient tout entier dans cette phrase : la gauche woke gagne là où elle ne risque rien, et perd du terrain partout où il faudrait convaincre. 

Les électeurs indépendants, plus du tiers du corps électoral, se moquent des débats sémantiques sur le genre ou la théorie du colonialisme ; ils veulent du pouvoir d'achat et une couverture santé décente. 




Faute de programme commun, le parti se rabat sur le seul ciment qui lui reste : la détestation de Trump, un carburant fragile pour reconquérir la Chambre, et sans doute insuffisant pour la présidentielle de 2028.

Barack Obama voulait un parti plus jeune, plus divers, plus radical dans ses aspirations sociales. 

Il a eu, dix ans plus tard, un parti fracturé, otage de sa frange identitaire et incapable de trancher sur Israël sans se déchirer lui-même. 

La moisson, décidément, est amère  et Doha, depuis son gratte-ciel climatisé, n'a même pas eu besoin de lever le petit doigt pour la récolter à sa place.




D'après un article d'Antoine  de Tarlé sur Ouest France .                                                      © JBCH Septembre 2026

lundi 7 septembre 2026

David Dawidovicz. JBCH N° 2609 - 159

   JBCH N° 2609 - 159


Journal de David Dawidovicz



Mémoire de la Shoah · Résistance · 


Mon vieil et bon ami David, qui habitait à la Celle Saint Cloud, un rendez-vous à l'heure du Café, et une discussion sur Cervantes , le Marrane qui a conçu son oeuvre autour de la lutte cachée contre l'inquisition... Et à un moment, il me quitte et me rapporte un vieux livre de Don Quichotte en Yiddish ... 
Je n'oublierai jamais David, il restera parmi mes connaissances les plus chères, il m'a appris beaucoup de par son parcours sur la vie, et aussi sur la spiritualié.

Ce texte m a été confié par Bernard Chapert à qui je dois beaucoup et qui lui aussi est parti bien trop jeune .
Page 1 · 1924 — 1935

Une enfance de ruptures

De Tel-Aviv à Lodz

Ma scolarité est le reflet d'une vie faite d'une succession de ruptures, de relèvements et d'adaptations.

Mes trois premières années d'école primaire se sont déroulées en hébreu dans une école primaire de Tel-Aviv. Elles se sont poursuivies à Paris où il fallait tout recommencer puisque mes enseignants de l'école communale s'obstinaient à ignorer l'hébreu. Force me fut d'apprendre tant bien que mal le français.

Après deux années, je me sentais assez français pour croire que mes ancêtres étaient gaulois et mes ennemis les anglais pour avoir brûlé Jeanne d'Arc. C'est alors que l'administration de la République française s'aperçut que le visa d'entrée en France de ma mère — sur lequel figuraient également ma sœur cadette et moi-même — ne constituait pas un permis de séjour. Nous nous vîmes, en tant qu'étrangers indésirables, expulsés vers la Pologne qui était censée être mon pays, tandis que mon père et mes deux sœurs aînées, qui figuraient sur son visa d'immigrant, pouvaient rester en France en tant qu'étrangers « désirables ».

Je découvrais ainsi un pays dont je ne parlais pas la langue officielle, ce qui ne me paraissait pas nécessaire puisque dans ma ville natale de Lodz, une bonne majorité des habitants parlaient yiddish. Cela simplifiait le problème en ville mais ne m'était d'aucune utilité à l'école.

Je fis donc une apparition météorique dans une école publique polonaise où je fus dirigé dans une classe dans laquelle les élèves juifs devaient prendre place sur une rangée de pupitres distincte de celles des élèves « vrais polonais », c'est-à-dire catholiques. Cela me faisait regretter notre bonne école communale de Belleville où toute discrimination du fait des origines était bannie et toute injure raciste réprimée. Ici ce n'était plus le cas.

Lorsque l'instituteur me dit dans sa langue que je comprenais suffisamment : « toi, le petit juif français, va t'asseoir là, avec les autres juifs », je lui répondis, sans doute pas tout à fait dans la langue de Molière mais bien dans celle que Victor Hugo prêtait à Cambronne.

Suspectant, ne serait-ce que par mon intonation, que la phrase n'était pas convenable, l'instituteur me fit chasser de l'école. Mon grand-père, talmudiste et cabaliste érudit, fut ravi de prendre mon éducation en main. Je n'avais pas encore onze ans.

Après m'avoir fait travailler durant une semaine sur le premier chapitre d'un ouvrage du Talmud, « Baba Metzia » (traité des choses trouvées), il me présenta dans une « beit ha midrash »  école consacrée à l'étude de la Bible et du Talmud. Après une sévère mise à l'épreuve, je fus admis dans la classe, c'est-à-dire autour d'une longue table, avec des « grands », des garçons de 12 à 14 ans. J'avais un avantage : 

L'hébreu était la langue dans laquelle je pensais et, en dépit des archaïsmes et des locutions araméennes ou chaldéennes dont le Talmud babylonien est émaillé, je n'avais pas besoin de traduction pour le comprendre, mais plutôt d'éclaircissements.

Dans cette page
Date

Naissance

Naissance dans une famille juive polonaise. Trois premières années d'école primaire en hébreu à Tel-Aviv.

Mot

Lodz, ville yiddish

Ville natale. Une majorité d'habitants y parle yiddish — la langue du quotidien, pas celle de l'école officielle polonaise.

Talmud

Baba Metzia

Traité des choses trouvées. Premier chapitre travaillé pendant une semaine avec son grand-père talmudiste et cabaliste, avant l'entrée à la beit ha midrash.

Page 2 · 1936 — 1942

Retour clandestin et guerre

L'apprentissage de la clandestinité

Au bout de sept ou huit mois, ma mère profita de l'exposition universelle qui se tenait à Bruxelles pour demander un visa d'entrée en Belgique et de là un passeur nous fit entrer en France, frauduleusement.

Je repris donc ma scolarité française avec les difficultés que l'on imagine pour rattraper mon retard et pus, la situation de ma famille étant enfin régularisée, passer mon Certificat d'Études Primaires, seul titre « universitaire » dont je puisse me prévaloir. Je poursuivis ma scolarité dans l'enseignement secondaire lorsque, étant en 4ème, ce fut la guerre et mon père, engagé volontaire, attendait son incorporation — qui ne vint jamais.

Compte tenu de la précarité financière de ma famille, je renonçai à poursuivre mes études. Je commençai par donner des cours particuliers de lecture et d'écriture yiddish à des enfants avec lesquels les parents souhaitaient pouvoir correspondre en cas de séparation, travaillai dans un atelier de tricotage mécanique puis à l'ORT, école professionnelle où je comptais apprendre le métier d'ajusteur avec travail sur tour parallèle et sur fraiseuse, tout en suivant, le soir, les cours du CNAM   mathématiques préparatoires, électricité industrielle, physique. 

Cette formation s'est poursuivie la première année de l'occupation allemande, occupation d'autant plus visible que les bâtiments du CNAM hébergeaient aussi des militaires de la Wehrmacht.

Puis vinrent les premières grandes rafles des juifs en 1941 et le zèle des flics français n'épargnait pas le CNAM. Je me souviens encore d'une descente de flics dans l'amphithéâtre Painlevé et me vois dévaler les gradins jusqu'à la chaire du professeur Sainte-Laguë, qui me pousse vers la petite porte de sortie des professeurs en traitant les flics de salopards, leur faisant barrage de son frêle corps.

Je devais le revoir quelques jours plus tard. En plein cours, il déclara que certains élèves devant, pour des raisons fort honorables, dissimuler leur identité, pouvaient lui remettre sous un « pseudonyme » leurs devoirs à corriger et que, lorsque les « jours meilleurs reviendront », les travaux seraient validés.

Mais à partir du 16 juillet 1942 la police française exerça son zèle sur les femmes, enfants, vieillards et infirmes juifs et ma proche famille fut ainsi livrée à l'Allemagne ; il n'était plus question d'étudier mais d'échapper à la traque et de survivre. 

J'ai donc appris l'art de la clandestinité et pus, durant quelques semaines, compter sur l'aide de camarades du quartier — dont, quelques années plus tard, je devais rencontrer quelques-uns au G.O.D.F.

Je fus néanmoins pris à la suite d'une délation et envoyé dans un camp de travail dans les Ardennes, alors zone interdite qui devait faire partie du Grand Reich. 

Je fus affecté à une exploitation de la Wirtschaftsoberleitung (W.O.L.), traduisible par « Haute Direction des affaires agricoles ».

Dans cette page
Témoignage

Sainte-Laguë fait barrage

« De son frêle corps. » Descente de police dans l'amphithéâtre Painlevé — le professeur pousse l'élève vers la petite porte de sortie et traite les flics de salopards.

Date

Les rafles

Premières grandes rafles des juifs en 1941. Zèle des policiers français au CNAM. 16 juillet 1942 : la police française sévit contre femmes, enfants, vieillards et infirmes.

Mot

W.O.L.

Wirtschaftsoberleitung — Haute Direction des affaires agricoles. Organisme exploitant des terres confisquées, en Pologne, en Ukraine puis dans les Ardennes, zone interdite devant faire partie du Grand Reich.

Page 3 · 1942 — 1944

Témoin et évadé

De Maïdanek à la Libération de Paris

J'y suis resté 18 mois. Je ne parlerai pas ici des mauvais traitements, mais en novembre 1942, un officier allemand, ingénieur agronome avec lequel je pus m'entretenir, me conseilla de m'évader car, me dit-il, revenant récemment de Pologne, il avait été le témoin horrifié et impuissant de l'extermination des hommes, femmes et enfants juifs ; il me donna le nom de la localité devenue sinistrement célèbre : Maïdanek.

« Ne te fais pas d'illusion, les juifs ne resteront pas ici bien longtemps, un jour ou l'autre, vous serez acheminés vers la Pologne où le Reich a mis au point une industrie de l'extermination sans précédent. »

Je relatai cette information à mes compagnons d'infortune sans en révéler la source, de crainte de trahir cet officier qui semblait redouter la Gestapo, mais ils se montrèrent sceptiques, un tel massacre leur semblant illogique, irrationnel de la part d'un État qui manquait de main-d'œuvre. 

Je devais ainsi apprendre que les meilleurs auxiliaires des exterminateurs, comme de nos jours des totalitaires ou des terroristes, ne sont autres que leurs futures victimes.

Puisque je réponds au questionnaire relatif à mes études, voilà encore une chose qui n'est pas enseignée dans les facultés. Ce « séjour » m'aura permis de parfaire mon allemand enseigné à coups de botte, de poing ou de crosse, d'étudier, pendant les courts moments de repos, l'anglais avec un avocat juif viennois dont j'ai encore du mal à me débarrasser de l'accent germanique, de redécouvrir l'antisémitisme imbécile des Polonais déportés de la région de Lwów, mais aussi de constater la fraternité manifestée par les prisonniers de guerre français, et la connivence des habitants français grâce auxquels j'ai pu préparer des papiers d'identité et des planques pour le jour de mon évasion.

Cette évasion eut lieu au moment ultime, lorsque le 4 janvier 1944, quelques camions transportant des SS vinrent « cueillir » tous les juifs du secteur pour les diriger sur un convoi en partance pour Auschwitz. Parmi mes compagnons déportés, il y eut un seul survivant.

Je connus ensuite la clandestinité jusqu'à la Libération de Paris. Durant cette période de huit mois, je faisais partie des FFI, envoyé en Normandie sous la couverture de valet de ferme, travail que je faisais effectivement, puis, en août 44, je reçus l'ordre de me replier sur Paris, à bicyclette :aucun train ne circulait   pour participer aux combats de la Libération.

Mon chef souhaitait que je m'engage dans l'armée régulière pour continuer la guerre contre l'Allemagne mais, avant de défendre une patrie qui n'était pas la mienne, je souhaitais faire quelque chose pour ma proche famille éprouvée.

Je partis à la recherche des membres de ma famille dispersée. Ma sœur aînée manquait à l'appel, victime de la rafle du Vel' d'Hiv du 16 juillet 1942 et gazée à Auschwitz à l'âge de 20 ans. 

Il en fut de même pour mes oncles, tantes, cousins et cousines raflés à Paris et qui ne sont jamais revenus. De même pour mes amis et camarades d'école. Inutile d'ajouter qu'aucun de mes proches ou lointains parents qui vivaient en Pologne n'a survécu au zèle exterminateur des nazis.

Notre appartement, ainsi que l'atelier de tricotage de mes parents, avaient été vidés de leur contenu sur l'initiative du « commissaire gérant aryen ».

Dans cette page
Témoignage

Industrie de l'extermination

« Ne te fais pas d'illusion, les juifs ne resteront pas ici bien longtemps... vous serez acheminés vers la Pologne où le Reich a mis au point une industrie de l'extermination sans précédent. » — Officier agronome allemand, novembre 1942, Maïdanek.

Date

4 janvier 1944

Des camions transportant des SS viennent « cueillir » tous les juifs du secteur pour les diriger sur un convoi en partance pour Auschwitz. Évasion au moment ultime.

FFI

Normandie à bicyclette

Huit mois de clandestinité. Envoyé en Normandie sous couverture de valet de ferme, travail effectué. Repli sur Paris à bicyclette en août 44 — aucun train ne circulait — pour les combats de la Libération.

Page 4 · 1945 — 1991 et transmission

Reconstruire

De l'apatridie à la transmission

Mes parents se remettaient difficilement de la disparition de leur fille et, complètement démunis, ne savaient comment faire pour reprendre une vie normale. Afin d'aider matériellement ma famille disloquée, je renonçai à reprendre des études interrompues depuis cinq ans ; je me sentais de toute façon trop mûri par l'expérience pour me retrouver avec des gamins de 15-16 ans dans un lycée, à préparer un hypothétique baccalauréat, sésame incontournable pour entrer en faculté.

Mais je redécouvrais, en recouvrant ma vraie identité, que j'étais toujours un étranger en situation précaire. 

D'une part, je n'avais aucun métier et, d'autre part, pour trouver un travail, il me fallait un permis de travail, mais pour obtenir celui-ci, il me fallait un certificat d'embauche, ce qui me faisait tourner en rond. 

Finalement je pus me faire embaucher comme auxiliaire civil de l'armée américaine. C'était un travail de bureau et d'interprète dans un service de transports, ce qui soumettait ma fragile connaissance de l'anglais à rude épreuve.

Pour sortir de la précarité de mon statut d'étranger, et surtout parce qu'en dépit des salauds souvent haut placés qui ont contribué à défigurer l'image de la France, pays des Droits de l'Homme, j'ai trouvé tant de braves gens auxquels je souhaitais m'identifier, je fis une demande de naturalisation française. Il ne restait plus qu'à attendre.

C'est en adhérant aux Auberges de Jeunesse grâce aux copains ajistes du temps de la clandestinité, dont le caractère idéaliste, laïque et militant est inconnu de nos jours  que j'ai trouvé la possibilité de partir en Allemagne pour organiser les toutes premières rencontres internationales des jeunes, essentiellement allemands et français. 

D'abord bénévole sous la direction d'Albert Jenger, que j'ai rencontré par la suite au G.O.D.F., je me vis proposer l'organisation et la direction d'un centre de rencontres à Lindau-Bad-Schachen. J'étais ainsi appointé à la fois par la direction des affaires culturelles de l'armée française d'occupation, par le ministère de l'éducation nationale de Bavière et par l'Institut fribourgeois pour les rencontres internationales. 

Le tout cumulé constituait un revenu bien maigre mais c'était pour moi à la fois une sorte d'exorcisme pour me libérer du profond traumatisme que j'avais subi, une volonté de recoller un idéal internationaliste et humaniste soumis à rude épreuve, et une tentative de comprendre, de l'intérieur de ce pays, comment un peuple de haut niveau culturel a pu réaliser la Shoah.

Même si, entre-temps, le monde a connu et connaît encore d'autres monstruosités, j'avoue que je n'ai pas encore compris par quel mécanisme mental une société humaine peut imaginer et mettre au point de telles profanations de l'image de l'Homme. C'est peut-être cette incompréhension qui, entre autres, m'a incité à frapper à la porte de ce Temple consacré à l'interminable recherche de la Vérité.

Mais à la fin d'une saison, l'administration française s'aperçut que l'emploi que j'occupais était réservé à un citoyen français, et de surcroît titulaire d'un titre universitaire de l'Éducation nationale. 

Ne répondant à aucun de ces critères, je fus remplacé par un fonctionnaire et il ne me restait plus qu'à retourner en France, non sans difficulté puisque pour passer la frontière il me fallait un visa d'entrée en France, alors que j'avais négligé cette formalité en me rendant en Allemagne. 

C'est quelque chose que la jeune génération a du mal à imaginer dans cette Europe où l'on passe sans formalité d'un pays à l'autre.

Après avoir travaillé une saison chez mon père, je m'endettai pour monter ma propre fabrique de tricotage et je m'en sortais fort bien lorsque je fus avisé que j'étais désormais français, ce qui me fit grand plaisir, mais ma joie fut de courte durée car je fus bientôt appelé à remplir mes obligations militaires, bien que ma classe d'âge (1924) en fût dispensée pour les Français de naissance et en dépit de mes services attestés dans la Résistance. 

Me revoilà en Allemagne, en uniforme du 11ème Chasseurs d'Afrique, à Mayence. Il me fallut profiter d'une permission pour vendre ma fabrique et apurer toutes mes dettes. 

Certes, j'ai appris à piloter un char et à tirer au canon, mais ces compétences, à moins de faire carrière dans l'armée comme me le suggérait mon colonel, ne me paraissaient pas d'une grande utilité pour gagner ma vie, une fois revenu à la vie civile.

J'y suis revenu au bout de dix-huit mois et reconstituai une fabrique de tricots dans des conditions économiques devenues moins favorables, me mariai et, lorsque ma femme attendait notre troisième enfant, je dus interrompre mon activité en raison du traitement d'un cancer, mon état ne me permettant pas d'effectuer un travail physiquement fatigant. 

Ne pouvant me résoudre à l'inactivité, je fis un stage dans une compagnie d'assurances qui me délivra un traité d'agent général. N'ayant jamais travaillé sous les ordres d'un patron, surtout lorsque ce patron prend la forme d'une hiérarchie faite de directeurs, sous-directeurs, chefs de réseaux et inspecteurs, je décidai de changer de statut et choisis celui de courtier d'assurances, ce qui fait de moi mon propre patron. 

C'est ce métier que j'ai exercé entre 1949 et 1991 et que je continue encore d'exercer sous une autre forme et « à la carte ». Plus qu'un complément de revenu de retraité, mon travail, que j'aime, me permet de garder un contact avec les réalités de la vie quotidienne extérieure.

L'assurance, sous toutes ses formes, est une école qui permet de découvrir et de juger l'homme à travers sa relation avec ses intérêts matériels. Disons que pour moi, « les frères n'aspirent pas au repos » est une réalité quotidiennement vécue.

Engagement maçonnique — conclusion

Pour conclure, je reviens à mon engagement maçonnique. D'abord dérouté par le symbolisme et surtout par les rituels, alors que je m'étais dégagé de toute croyance ou pratique religieuse, la Maçonnerie m'a permis de retrouver mes racines judaïques, non pas dans sa pratique dogmatique, mais dans son enseignement, dont la Maçonnerie même puise l'essentiel. 

La Maçonnerie me permet de faire la synthèse entre mes sources culturelles initiales et les courants philosophiques des Lumières que j'ai intégrés dans le cadre d'une approche laïque.

Toute religion, toute culture, toute idéologie nous parvient à l'état de pierre brute ; la méthode maçonnique permet d'en tailler les aspérités pour en faire non pas des éléments d'enfermement et d'exclusion, mais d'intégration dans un ensemble harmonieux. 

Dans ce monde encore tellement bouleversé et cruel, la maçonnerie, si elle n'existait pas, serait à inventer — mais peut-être devrions-nous la réinventer chaque jour pour répondre avec pertinence à chaque situation inédite. 

C'est le sens de notre initiation, qui ne s'arrête jamais, qui n'est jamais définitive, à quelque degré que ce soit. Les grades et les honneurs, si gratifiants fussent-ils, ne font que renforcer notre humilité. Les cordons, loin de servir à attirer le regard d'autrui, ne sont conférés que pour nous permettre un meilleur regard sur l'Autre.

Dans cette page
Date

Courtier d'assurances

Stage en compagnie d'assurances, traité d'agent général. Devient courtier pour être son propre patron. Exercice jusqu'en 1991, puis « à la carte ».

Lindau

Exorcisme et humanisme

Centre de rencontres à Lindau-Bad-Schachen, triple paie : armée française d'occupation, ministère bavarois, Institut fribourgeois. Tenter de comprendre comment un peuple de haut niveau culturel a pu réaliser la Shoah.

Maçonnerie

Les frères n'aspirent pas au repos

Dérouté par le symbolisme et les rituels, il y retrouve des racines judaïques non dogmatiques, en synthèse avec les Lumières laïques. « Les cordons ne sont conférés que pour nous permettre un meilleur regard sur l'Autre. »