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lundi 2 novembre 2026

La Paracha "Haye Sarah" JBCH N° 2611 - 306



JBCH Réflexions N° 306.                 2 Novembre 2026


Paracha de la semaine

Hayé Sarah - la vie qui reste

Repères

Texte : Genèse 23,1 – 25,18Haftara : Rois I, 1,1-31
Le caveau des Patriarches (Makhpéla) à Hébron
Le caveau des Patriarches, la grotte de Makhpéla, à Hébron. Photo : Djampa / Wikimedia Commons (CC BY-SA)

Il y a des titres qui mentent pour dire la vérité. La Torah annonce la vie de Sarah et ne raconte que sa mort. Elle s'éteint à Kiryat Arba, loin de la promesse, et tout commence là. C'est cela, une vie : ce qui continue après.

Abraham est étranger et résident à la fois. Il pleure Sarah puis il se lève. Il ne demande pas un cadeau. Il ne prend pas. Il achète. Devant tous les fils de Het, à la porte de la ville, il pèse quatre cents pièces d'argent pour un champ et une grotte double, Makhpela. 

C'est la première terre juive qui ne tombe pas du ciel, qui s'acquiert avec des témoins, avec un acte, avec de l'argent compté. Le midrach dit qu'il a payé au prix fort pour que personne, jamais, ne puisse dire qu'elle fut volée.

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Puis vient l'autre moitié de la paracha, qui semble n'avoir rien à voir. Abraham vieillit, rassasié de jours. Il fait jurer son serviteur Eliezer, l'homme de sa maison, de ne pas prendre pour son fils une fille de Canaan, mais de retourner vers sa famille, vers l'autre côté du fleuve. 

Eliezer part avec dix chameaux chargés de biens et arrive au puits à l'heure où les puisatrices sortent. 






Il ne prie pas pour la beauté ni pour la richesse. Il invente une prière étrange : que la jeune fille à qui il demandera un peu d'eau réponde, bois, et je donnerai aussi à tes chameaux.


Nicolas Poussin, Éliézer et Rébecca au puits, 1648
Nicolas Poussin, Éliézer et Rébecca, 1648, musée du Louvre. Image : Wikimedia Commons (domaine public)

Rebecca arrive. Elle court. Elle puise. Elle abreuve les bêtes. Dix chameaux qui boivent, ce sont des centaines de litres tirés à la main, à la force des épaules. 

C'est démesuré. C'est sans calcul. Eliezer comprend. Il donne les bracelets, il est accueilli, il raconte, et Rebecca dit, je partirai. Elle quitte tout pour un homme qu'elle n'a jamais vu. 

Isaac lui, revient des champs au crépuscule, il méditait, les yeux levés. Elle le voit, elle se voile. Et il l'aime, et il se console de sa mère.


Makhpela, la fin

La fin est douce et grave. Abraham prend une autre femme, Ketoura, il a d'autres enfants, il donne tout ce qu'il a à Isaac, puis il s'éteint et ses deux fils, Isaac et Ismaël celui de la promesse et celui du désert, viennent ensemble l'enterrer à Makhpela, auprès de Sarah.

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La profondeur philosophique

Pourquoi la Torah insiste-t-elle que la vie de Sarah fut cent vingt-sept ans, cent ans comme vingt ans pour la beauté, vingt ans comme sept ans pour l'innocence ? 

Parce que la philosophie juive ne mesure pas la vie en durée mais en intégration. Sarah n'a pas perdu sa pureté en grandissant, ni sa beauté en mûrissant. Elle est restée entière.

Et pourquoi acheter ce qui t'est déjà promis ? Dieu a promis toute la terre à Abraham. La réponse d'Abraham est la réponse juive à toute messianité paresseuse : une promesse ne dispense pas de l'action.

La promesse est métaphysique, le kinyan est historique. Tu ne possèdes vraiment que ce que tu as payé, négocié, assumé devant les autres. C'est la première leçon de politique juive.

Enfin, le puits. Eliezer ne teste pas l'intelligence. Il teste le 'hessed qui déborde. 

La Torah nous dit que le couple ne se fonde pas sur ce qu'on reçoit, mais sur ce qu'on voit l'autre donner quand rien ne l'y oblige. 

Rebecca n'abreuve pas Eliezer pour séduire. Elle abreuve ses animaux. C'est cela que la Torah appelle digne d'entrer dans la tente de Sarah.

Genèse de Vienne, Rébecca au puits, VIe siècle
Rébecca au puits, abreuvant les chameaux. Genèse de Vienne, manuscrit du VIe siècle. Image : Wikimedia Commons (domaine public)

Le secret kabbalistique

Le Zohar ouvre Hayé Sarah en disant qu'un roi est une femme qui craint Dieu, car la femme qui craint Dieu, c'est la Shekhina elle-même.

Sarah est Guevoura. Non la dureté, mais la force de contenir. Abraham est 'Hessed sans limite, il donne à tous, il ouvre sa tente aux quatre vents. Sans Guevoura, le 'Hessed se disperse. Sarah donne une forme, une limite, une maison. 

C'est elle qui dit, cette servante et son fils ne peuvent habiter ici, et c'est sur elle que Dieu dit à Abraham, écoute sa voix. Sans elle, il n'y a pas de peuple, seulement des invités.

Les maîtres du secret enseignent que le premier mot de la paracha, Vayihyou, porte en guématria la valeur de l'un des noms du dévoilement divin. Toute la force vitale de Sarah venait de là.

Et Eliezer ? Il n'est pas un domestique. Il est le Daat, la connaissance qui relie. Il porte la lumière de son maître vers le fils. Riebecca qui puise l'eau du puits puise la Torah cachée. 

Quand Isaac sort méditer dans le champ à l'heure du crépuscule, il institue la prière de Min'ha, la prière de l'entre-deux, du jour qui décline. 

Riebecca le voit et se voile parce qu'elle reconnaît en lui la Guevoura de YIsaac qui va revêtir sa propre Guevoura à elle. 

Les âmes se reconnaissent avant que les yeux ne se voient. Les kabbalistes disent que Dieu marie les âmes dans le ciel bien avant de les séparer sur terre pour qu'elles aient le mérite de se retrouver.

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Israël et le monde, ce Chabbat-ci

On ne peut pas lire Hayé Sarah en cette fin d'automne sans que Hébron ne nous saisisse. 

La grotte que Avraham a achetée à prix d'or est aujourd'hui l'un des lieux les plus disputés du monde. 

La paracha vient rappeler, avec une actualité brûlante, que le premier titre de propriété juif n'est pas une conquête mais un acte public, payé, enregistré.

Caravane de chameaux sur le mont des Oliviers, 1918
Caravane de chameaux sur le mont des Oliviers, Jérusalem, 1918. Photo : Wikimedia Commons (domaine public)

Et il y a le puits. En Israël, en ce moment même, tout est puits et tout est chameaux à abreuver. 

Le cessez-le-feu conclu l'automne dernier à Gaza tient à un fil, les frappes ont repris, et à l'intérieur, le pays vient de vivre des élections historiques avec une participation jamais, jamais  vue depuis vingt ans, portée par un vote arabe massif.

Pour la première fois, les listes arabes sont faiseuses de roi. 

Dix-neuf sièges. À Tel-Aviv, à Jérusalem, à Haïfa et à Beer Sheva, des milliers de Juifs et d'Arabes ont marché ensemble la semaine dernière en appelant à un gouvernement de partenariat. 

Les consultations chez le Président Herzog commencent cette semaine, dans une impasse totale entre le bloc sortant et le bloc de l'ancien chef d'état-major.

Le test de Rivka

C'est le test de Rebecca qui revient dans la rue. Sommes-nous capables d'un 'hessed politique ? 

Non pas de nous tolérer par intérêt, mais de puiser de l'eau pour les chameaux de l'autre, même quand nous sommes fatigués, même quand cela semble démesuré ? 

La paracha dit que c'est à ce prix seul qu'une maison tient. Abraham et Rebecca l'ont compris : une terre ne s'achète pas avec des slogans, un peuple ne se construit pas avec des murs, mais avec un seau d'eau offert à temps.

De l'autre côté de la Méditerranée, à Paris, un salon d'armement naval s'ouvre en restreignant les entreprises israéliennes. 

Le monde veut parfois empêcher de vendre ce que Abraham a voulu acheter à tout prix. 

Hayé Sarah nous laisse avec cette question simple : qu'est-ce que nous sommes prêts à payer, vraiment, pour que la vie continue après nous ?

                 © JBCH Réflexions Novembre 2026

Demain les Mid terms !! JBCH N° 2611 - 305




États-Unis · Midterms du 3 novembre 2026

JBCH N° 305.                                                      2 Novembre 2026

Pour Trump, c'est la mi-temps. Le 3 novembre 2026, ce ne sont pas les présidentielles, mais c'est le jugement intermédiaire que l'Amérique réserve toujours à son président. Et pour Donald Trump, deuxième mandat, 79 ans, le miroir est brutal.




L'HEURE DE VÉRITÉ POUR TRUMP


Les midterms ne votent jamais pour, ils votent contre. En 2026, tous les ingrédients d'une vague anti-pouvoir sont réunis.

 La Chambre est déjà presque perdue pour les Républicains.

Ils partent avec 220-215, une majorité de 5 sièges. Il en faut 3 aux Démocrates pour la reprendre. Le Cook Political Report, référence non-partisane, projette désormais un gain démocrate de 12 à 25 sièges, et place 222 districts déjà en faveur des Démocrates, plus 18 toss-ups. Inside Elections parle de +20 à +30. 

Le modèle de Silver Bulletin donnait 92,9% de chances aux Démocrates pour la Chambre.

Pourquoi? Trois thèmes qui reviennent dans toutes les circonscriptions pivot : le pouvoir d'achat.

Les tarifs douaniers massifs imposés depuis janvier 2025. Et la fatigue face à la guerre contre l'Iran, que ton article source cite comme facteur de mécontentement.

Si la Chambre bascule, les deux dernières années de Trump changent de nature : commissions d'enquête, blocage législatif, menace d'impeachment symbolique, et surtout fin du chèque en blanc.
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 Le Sénat, le vrai suspense.

35 sièges sur 100 sont en jeu. Les Démocrates doivent en gagner 4 nets pour prendre le contrôle. Longtemps jugé hors de portée, le Sénat est revenu dans le jeu : 6 sièges ont glissé vers les Démocrates depuis juin selon Cook.

Les 7 toss-ups selon Cook : Alaska, Iowa, Kansas, Maine, Michigan, Ohio et Texas.

Jour d'élection aux États-Unis
Jour d'élection aux États-Unis (midterms 2022). Photo : Wikimedia Commons

Les 8 champs de bataille à regarder demain soir, heure de Paris :

  • Caroline du Nord : Roy Cooper (ex-gouverneur démocrate très populaire) vs Michael Whatley, l'opérateur républicain soutenu par Trump pour remplacer Thom Tillis. C'est la meilleure chance de flip démocrate.
  • Texas : James Talarico, progressiste chrétien démocrate, vs Ken Paxton, le procureur général trumpiste ultra-controversé. Un Texas compétitif, impensable il y a 4 ans.
  • Ohio : Sherrod Brown tente son retour face au sénateur républicain Jon Husted. Le test ouvrier.
  • Maine : Susan Collins, dernière républicaine modérée de Nouvelle-Angleterre, face à Troy Jackson. Si elle tombe, le symbole est énorme.
  • Alaska : Dan Sullivan vs Mary Peltola.
  • Iowa, Kansas, Michigan : trois Etats où le vote rural et musulman pourrait faire basculer.
Si les Démocrates prennent les deux chambres, on entre dans 2 ans de cohabitation hostile. S'ils ne prennent que la Chambre, Trump garde le Sénat pour confirmer juges et accords, mais perd toute marge intérieure. S'ils perdent les deux, c'est une validation de sa méthode.
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CE QUE ÇA CHANGE - OU NON - POUR LE MONDE ET POUR ISRAËL

Ce qui ne changera PAS le 4 novembre au matin :

La politique étrangère reste présidentielle. Même avec une Chambre démocrate, Trump garde la main sur l'Iran, l'Ukraine, la Chine et les tarifs. Le président reste commandant en chef. Le monde ne basculera pas d'un coup.

Ce qui change vraiment pour Israël - et c'est le coeur de ton article :

On assiste à un glissement historique à l'intérieur même du Parti Démocrate.

D'un côté, des candidats qui appellent ouvertement à restreindre ou à stopper l'aide militaire à Israël se présentent dans des courses majeures. De l'autre, certains des soutiens les plus vocaux d'Israël au Congrès luttent pour leur survie.

Trois tendances à suivre demain :

a) La nouvelle génération démocrate. A Michigan, Abdul El-Sayed pourrait devenir le premier musulman au Sénat. En Floride, Géorgie, Michigan, des candidats issus de la gauche progressiste font campagne sur Gaza comme test de cohérence morale. 

S'ils gagnent, la commission Affaires Étrangères de la Chambre sous contrôle démocrate ne sera plus automatiquement pro-aide inconditionnelle. On parlera conditions, audits, droits humains.

b) Les bastions pro-Israël sous pression. Des démocrates centristes comme Jon Ossoff en Géorgie, considéré comme le plus vulnérable, doivent naviguer entre base jeune très critique d'Israël et électorat juif traditionnel. Leur survie dira si le soutien classique à Israël reste électoralement rentable.

c) Côté républicain, le soutien reste massif mais plus transactionnel. Le trumpisme lie le soutien à Israël à l'évangélisme, à la lutte contre l'Iran et à l'anti-wokisme, moins au bipartisanship historique. Une victoire républicaine au Sénat maintient l'aide militaire à l'abri de toute condition. Une défaite l'expose à un débat pour la première fois depuis 1973.

Façade est du Capitole des États-Unis
Le Capitole, façade est. Photo : Martin Falbisoner / Wikimedia Commons (CC BY-SA)

Le verdict du miroir :

Les extravagances - annonces choc, guerre commerciale, guerre contre l'Iran, communication permanente - ont mobilisé une base mais usé le centre. C'est exactement ce que punissent les midterms : l'électeur indépendant qui vote avec son portefeuille.

Demain ne bouleversera pas le monde en 24h. Il ne mettra pas fin à la guerre d'Iran, ni ne changera l'OTAN. 

Mais il décidera si Trump gouverne ses deux dernières années en rouleau compresseur ou en président empêché, obligé de négocier.

Pour Israël, le 3 novembre est un test sismographique : est-ce que le soutien américain reste un consensus des deux partis, ou devient-il une question partisane comme tant d'autres? 
Si la Chambre bascule avec une vague progressiste, Jérusalem devra apprendre à parler à deux Amériques, pas une seule.
© CJBCH Réflexions Novembre 2026 

Perte de souveraineté due à nos chers ecoles ! JBCH N° 2611 - 305






JBCH Réflexions N° 303                   2 Novembre 2026


Énergie · Souveraineté


La loi Hulot est elle une loi scélérate ?  Perte de Fessenheim, et de tous les hydrocarbures et  les gaz de schiste


Erreurs depuis 2011 ... avec la Loi Jacob, erreurs qui ont fait reculer la France de la tête des Nations industrielles , 

Erreur qui ne nous permet plus d'installer des data centers, faute d'energie ... Erreur, erreus par simles bettises dogmatiques !


Résumé exécutif

La loi n°2017-1839 du 30 décembre 2017, dite loi Hulot, a organisé la fin de la recherche et de l'exploitation des hydrocarbures conventionnels et non-conventionnels sur l'ensemble du territoire national à horizon 2040, ce qui semble impossible aujourd'hui !!!


Couplée à la fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Fessenheim en 2020 et à la loi énergie-climat de 2019 sur le charbon, elle constitue un tournant qui a accru par plus de 20 la dépendance importatrice de la France.

Le chiffrage consolidé fait ressortir trois postes de pertes :

Fessenheim : 6 à 12 Md€ de coûts directs et indirects (indemnisation, démantèlement, manque à gagner de production).
Gaz et huiles de schiste : 100 à 294 Md€ sur 30 ans de valeur brute gelée selon le rapport Montebourg, avec une valorisation médiatique à plus de 290 Md€ 
Dépendance structurelle : 55 Md€ en 2024, 71 Md€ en 2023, 124 Md€ en 2022 de facture énergétique nette, dont 50 à 70 Md€/an d'importations d'hydrocarbures selon RTE 

En cumulé, l'abandon d'une production bas-carbone pilotable et le verrouillage du sous-sol ont transformé un exportateur net d'électricité en importateur net en 2022, au plus mauvais moment de la crise des prix.

JBCH Réflexions1 / 5

1. Cadre juridique : ce que dit la loi Hulot

La loi met fin à la recherche ainsi qu'à l'exploitation des hydrocarbures et porte diverses dispositions relatives à l'énergie et à l'environnement 6. Depuis cette loi, il n'est plus possible de délivrer de nouveaux permis d'exploration sur l'ensemble du territoire national, y compris ultramarin [7].

Contenu clé :

  • Interdiction de tout nouveau permis de recherche d'hydrocarbures liquides ou gazeux, conventionnels et non-conventionnels (gaz et huile de schiste, gaz de réservoir compact) 8
  • Non-renouvellement des concessions existantes au-delà de 2040 ; 64 gisements restaient actifs en 2024 principalement dans les bassins aquitain et parisien
  • Application à la Guyane et à l'outre-mer, avec une dérogation sénatoriale discutée en 2026 pour renouvellement post-2040

Production résiduelle : la production française représente environ 1% de la consommation nationale selon l'Ufip Énergies et Mobilités 9. 

En 2023, l'extraction totale était de 0,6 Mtep 10. Les réserves prouvées exploitables d'ici 2036 sont évaluées de 5 à 10 millions de tonnes, soit l'équivalent de vingt années de consommation au rythme actuel 11.

Centrale nucléaire de Cattenom, Moselle
Une centrale nucléaire française en activité : Cattenom (Moselle). Photo : Wikimedia Commons

2. Fessenheim : le coût d'une fermeture politique

2.1 Historique et production perdue

Fessenheim était la plus ancienne centrale française, avec près de 430 TWh produits depuis 1977, soit l'équivalent d'une année de consommation française 12. 

En 2019, record à 11,9 TWh, soit 85% de la production électrique alsacienne [13]. La moyenne historique est de 11,6 TWh/an. Le calcul théorique avec 1,8 GW x 8760h x 0,85 donne 13,4 TWh 14.

La Cour des comptes a qualifié la fermeture de processus de décision chaotique, caractérisée par une indemnisation qui est trop coûteuse pour l'État 15.

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2.2 Chiffrage direct

PosteMontantSource
Indemnisation fixe490 M€ (100 M€ en 2019 + 80% en 2021)Protocole EDF-État 2017 16
Indemnisation variable jusqu'en 2041Jusqu'à 4 Md€ selon mécanisme prix de marché x volumes 900 MWProtocole variable [17] ; rapport parlementaire Mariton/Goua 5 Md€
Démantèlement1,4 Md€ sur 22 ans jusqu'en 2048 (700 M€ par réacteur)EDF 2026 18
Manque à gagner annuel EDF200 M€/an de rentabilité x 20 ans = 4 Md€Rapport parlementaire 2014 19
Surcoût provision initiale 100 M€ vs revendication EDF 2-3 Md€Négociation août 2016

Total direct : 5,9 à 9,9 Md€ selon réalisation de la part variable.

2.3 Coût système

En 2022, pour la première fois depuis 1980, la France a été importatrice nette à hauteur de 16,5 TWh 20. Le solde commercial électrique s'est dégradé de plus de 10 Md€, soit 0,4% du PIB 21.

Si les 11 TWh de Fessenheim avaient été vendus en 2022 à 250-400 €/MWh (Q4 2022 à 910 €/MWh), le manque à gagner brut est de 2,7 à 4,4 Md€ pour la seule année 2022. 

La fermeture a aussi entraîné +5 Mt CO2 par recours aux thermiques et +3,1 Mt via importations.


Pompe de puits de pétrole
Un puits de pétrole en exploitation. Photo : Wikimedia Commons

3. Hydrocarbures et gaz de schiste : le sous-sol gelé

3.1 Potentiel technique

L'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) évalue le potentiel techniquement récupérable français à 3 900 milliards de m3 de gaz de schiste, deuxième d'Europe après la Pologne 22. 

Le bassin Sud-Est concentrerait 3 900 Md m3 et le Bassin parisien 100 millions de m3 techniquement exploitables en huiles, l'un des plus prometteurs d'Europe 23 24.

Autres estimations : Bassin parisien 1 à 2 Md barils d'huiles et 500 Md m3 de gaz Sud-Est selon CGIET 2011.

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3.2 Valorisation en euros

Un rapport commandé sous Arnaud Montebourg évalue le gain à 103 à 294 Md€ sur 30 ans et 225 000 emplois potentiels 

La presse économique vulgarise à 290 Md€ la valeur totale des réserves non-conventionnelles bloquées depuis 2017 , décomposée à 210 Md€ pour le seul gaz de schiste.

Pour la Guyane : potentiel offshore prolongeant Guyana/Suriname. Les géologues évoquaient 30 Md barils selon OPEP, puis 5 Md barils exploitables en hypothèse haute, soit 290 Md€ à 60$ le baril 27 L'exploration a été stoppée juridiquement par la loi Hulot de 2017 

RessourceVolume techniqueValeur marché (ordre de grandeur)
Gaz de schiste SE + Paris3 900 Md m3210 Md€
Huile de schiste Bassin parisien100 Mm3 (0,6 Md barils)30-50 Md€
Guyane offshore (hyp. haute)5 Md barils290 Md€
Total conventionnel + non-conv. métropole16 Md équivalent barils = 26 ans conso

Même en retenant un taux de récupération de 10%, la perte de souveraineté correspond à 15-20 ans de consommation gazière nationale, soit 77 ans de consommation selon EIA si 100% était récupéré.

Méthanier transportant du gaz naturel liquéfié
Un méthanier : c'est ainsi qu'arrive désormais le gaz importé (GNL). Photo : Vslv / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

3.3 Coût d'opportunité annuel

Ce qui devrait être scandaleux et que tout le monde médiatique tait : La France importe 99% de son pétrole et 98% de son gaz 30. Avec 45,6 Mt importées en 2024 à 80-85$ le baril, la dépense pétrole est d'environ 37 Md€ 31. 

RTE indique que les importations fossiles coûtent 50 à 70 Md€ chaque année, et même près de 120 Md€ lors de la crise 32 33.

Si la loi n'avait pas interdit l'exploration, une production à 10% de la consommation (objectif réaliste à 10 ans selon professionnels) économiserait 5 à 7 Md€/an de déficit commercial, soit 150 à 210 Md€ à horizon 2040.

JBCH Réflexions4 / 5

4. Bilan souveraineté : addition globale

4.1 Flux financiers

  • Facture énergétique nette : 71,2 Md€ en 2023, 124,1 Md€ en 2022 record 34, 57,8 Md€ en 2024 35, 53 Md€ en 2025 pour les fossiles 36
  • Part des fossiles : 99% pétrole importé 37, 98% gaz
  • GNL : 27% des importations viennent des États-Unis en 2024 (vs 11% en 2023), la France premier importateur européen de GNL avec 19% du total européen

En 2022, 16,5 TWh d'import élec à 250 €/MWh moyen = 4,1 Md€ sortis, sans compter le bouclier tarifaire 5 Md€ et les 59 M€/jour d'importations évoqués lors des pics.


4.2 Perte de souveraineté mesurable

  • Souveraineté électrique : passage d'exportateur structurel (50 TWh exportés en 2023 réduisant facture de 4 Md€) à importateur en 2022. 
  • La fermeture de 1,8 GW pilotable bas-carbone a coïncidé avec la chute de 25% de production nucléaire et a aggravé la crise.
  • Souveraineté fossile : interdiction d'explorer a figé la connaissance du sous-sol. Aucun forage d'évaluation depuis 2017, donc perte de compétence, de forages, de géologues.
  • Souveraineté territoriale : Guyane paie la vitrine climatique métropolitaine. Potentiel estimé à plusieurs milliards de barils côté Suriname/Guyana, 0 côté français par interdiction.

4.3 Synthèse chiffrée 2017-2040

CatégorieCoût avéré / geléNature
Fessenheim indemnisation + démantèlement1,89 Md€ minimumDépense publique directe
Fessenheim manque à gagner + surcoût variable4 à 8 Md€Perte EDF/État
Charbon (Cordemais, Saint-Avold) fermé 2027 vs 2022 prévu0,5 Md€ conversion manquée
Hydrocarbures conventionnels non développés5-7 Md€/an si 10% consoDéficit commercial évitable
Gaz/huile de schiste103-294 Md€ /30 ansValeur brute gelée
GuyaneJusqu'à 290 Md€ hypothèse hauteValeur brute gelée

Lecture souveraineté : même en retenant l'hypothèse basse (100 Md€ schiste + 6 Md€ Fessenheim + 5 Md€/an x 15 ans = 75 Md€), la loi Hulot et décisions connexes représentent plus de 180 Md€ de valeur non produite ou de coûts additionnels sur 2017-2040, sans compter les 50-70 Md€ annuels d'importations fossiles qui auraient pu être partiellement substitués.

Le bénéfice climatique est faible : la production française ne couvrait que 1% de la consommation , talors que l'importation de GNL américain a un bilan carbone bien plus supérieur au gaz domestique hypothétique (fuite méthane + liquéfaction +  transport).

Conclusion

La loi Hulot n'est pas une simple loi d'affichage : elle a verrouillé juridiquement le sous-sol, renoncé à plus de 3 900 Md m3 de gaz et à un bassin huilier comparable au Bakken, et servi de base doctrinale à la fermeture de Fessenheim, qualifiée de chaotique par la Cour des comptes.

Le coût n'est pas seulement budgétaire (1,4 Md€ de démantèlement, 0,49 Md€ d'indemnisation fixe), il est systémique : 10 Md€ de dégradation du solde électrique en 2022, 55-124 Md€ de facture énergétique annuelle, et une dépendance à 99% qui expose la France au prix du GNL américain et russe.

La souveraineté perdue se mesure en euros sortants : chaque TWh nucléaire fermé est un TWh importé à prix de crise, chaque baril interdit en Guyane est un baril acheté à l'étranger. À l'échelle 2017-2040, l'ordre de grandeur est de 150 à 300 Md€ de valeur énergétique non captée, pour un gain CO2 global nul à l'échelle mondiale puisque la consommation a été maintenue par importation.


LaFance a été dotée d'une grande richesse en Gaz de schiste .. Cette richesse nous est interdite par le fait de Lois mal conçues, et de fonctionnaire "idiots" ... On va bientôt des  retrouver dans les derniers des industriels, et notre déficit va s'accrotre d'une façon incontrôlée ..., 

© JBCH -Réflextions Novembre 2026

La Bataille des Présidentielles commence .... JBCH 2611 - 303


JBCH Réfexions N° 303.                            2 Novembre 2026


Le constat : l'élection n'est pas jouée, le réveil est en cours


La photo officielle de 2027 est déjà imprimée par les rédactions. On y voit les mêmes têtes : Marine Le Pen caracolant à 35% dans tous les sondages, Jordan Bardella en doublure, Jean-Luc Mélenchon en repoussoir, et les éternels candidats du bloc central. 

C'est l'histoire qu'on nous vend depuis un an.

Mais le futur Président n'est pas sur cette photo. Et c'est précisément ce que révèlent les 9 signaux faibles analysés par Bruno Jérôme dans Atlantico. 

Non pas dans les intentions de vote brutes, qui ne sont que du bruit, mais dans ce qui se cache derrière.

Le peuple français se réveille doucement. Assez,  ô combien assez ...  de la famille Le Pen comme horizon unique de l'alternance. 

Assez de l'outrance permanente des LFIstes qui ont fait de la conflictualité leur fonds de commerce. 

Les Français ne se laissent plus mener par le bout du nez ni par les sondages qui fabriquent du consentement, ni par les médias qui organisent les duels qui les arrangent.



Le palais de l'Élysée, Paris


Le signal le plus massif est là, sous nos yeux : 46% des électeurs déclarant une intention de vote disent pouvoir changer d'avis. C'est 16 à 17 millions de voix. En 2022 à la même époque, on était à 41%. L'électorat n'est pas figé, il est liquide. Seuls deux pôles sont solides : le RN et LFI, avec plus de 75% de sûrs de leur choix. Entre les deux, tout est ouvert. C'est dans cet espace immense que se fera 2027.

JBCH Réflexions1 / 5

La crise de crédibilité : le plafond de verre des favoris

Deuxième signal faible, et il est dévastateur pour la classe politique installée : personne n'est à la hauteur.

Après les violences du 17 octobre, 55% des Français ne trouvent AUCUNE personnalité politique dont la réaction ait été à la hauteur. 83% chez les sans préférence partisane. Chez les abstentionnistes de 2022, c'est 75%. On ne parle plus de déception, on parle de vide.

Façade du palais Bourbon, Assemblée nationale
Le palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale, Paris. Photo : Wikimedia Commons

C'est le signal le plus important : la crédibilité. Comme le rappelle Jérôme, la crédibilité, c'est la balance entre ce qu'on a annoncé et ce qu'on a réalisé. 

Or les trois derniers Présidents culminent à 35% de satisfaits en moyenne. La com' a remplacé l'action.

Conséquence directe : l'érosion des favoris.

Marine Le Pen inculpée, dont l'avenir judiciare est inconnu, et qui reste à 51% de "ferait une bonne présidente" selon Toluna Harris, Bardella à 47%, mais selon Ipsos BVA, ils reculent : Bardella 33% (-3), Le Pen 32% (-4) sur la satisfaction en cas de victoire. 

C'est le début du contre-bandwagon effect. On se rallie au vainqueur annoncé jusqu'au moment où on doute de sa capacité à gagner vraiment, notamment avec le pourvoi en cassation de Marine Le Pen qui plane.

Même logique sur le rejet : selon Cluster17, Marine Le Pen est à 62% de rejet, ce qui reste énorme. 

Mais selon Odoxa, le moins rejeté n'est pas elle, c'est David Lisnard à 36% de rejet, devant Glucksmann (38%) et Philippe (41%). 

Le Pen et Bardella sont à 46% dans ce même sondage. Les indicateurs sont volatils d'un institut à l'autre, mais la tendance est là : le plafond de verre du RN est toujours là.

Le troisième signal confirme : "aucun" est devenu le premier parti. 40% n'accordent de crédit à aucun candidat sur l'honnêteté, 33% sur la capacité à améliorer la vie. 

Le futur Président est celui qui répondra à cette demande d'incarnation et de comportement moins court-termiste. Il n'est pas sur la photo parce qu'on ne l'attendait pas là.

JBCH Réflexions2 / 5

La droite classique est le champ de bataille ouvert

C'est là que se joue la vraie présidentielle. Et c'est là que les sondages traditionnels, qui n'ont pas testé Lisnard pendant des mois, se sont trompés.

Signal 4 : les préférences programmatiques sans nom. 83% des sympathisants RN veulent une baisse des impôts au prix de moins de dépenses publiques, devant LR à 74%. L'électorat RN est plus libéral que le programme social de Marine Le Pen. Il y a une dissonance cognitive majeure. 

Une partie de cet électorat est instable et peut basculer vers un candidat qui correspond mieux à ses préférences révélées : Lisnard ou Sarah Knafo.


Une nouvelle tendance met en avant Christine Lagarde !!!

 

Signal 5 et 6 : porosité et orphelins. Chez Cluster17, les courbes Lisnard (8%) et Retailleau (7%) se croisent. Lisnard prend à LR, aux macronistes et à Zemmour. 

Mais surtout : 15% de son électorat vient des "sans parti", contre 17% de LR. Ce sont les orphelins de la droite, ceux qui n'ont plus voté depuis 2012, ou qui ont été privés de second tour en 2017 et 2022. Ils n'ont rallié ni Macron ni le RN. Ils attendent. Ils sont 83% à ne trouver personne à la hauteur après le 17 octobre. 

C'est un réservoir de millions de voix que ni les sondages ni les médias ne comptent.




Sur le régalien, le signal est brutal pour le bloc central : chez les sympathisants de la majorité présidentielle, seuls 22% jugent la réaction d'Edouard Philippe à la hauteur après le 17 octobre, contre 36% pour Lecornu. 

Et sur ce même terrain, Lisnard est jugé capable de gérer la situation par 39% des sympathisants LR, contre 13% pour Philippe. Chez les électeurs Pécresse 2022, il devance même Marine Le Pen (43% contre 39%). Edouard Philippe décroche jusque dans son propre camp.

JBCH Réflexions3 / 5

La dynamique invisible que les sondeurs ne voient pas

Dernier signal, et c'est celui qui explique pourquoi le futur Président n'est pas sur la photo : la dynamique de terrain et numérique.

Pendant que les médias testent en boucle les mêmes duels, Nouvelle Énergie a misé sur la capillarité, comme Fillon en 2016. Résultat invisible dans les sondages au début :

+156 000 abonnés Instagram en 14 jours, 463 000 au total. +39 000 sur TikTok sur la même période, contre 2 000 pour Philippe. 4 fois plus que Retailleau sur Instagram. Réfléchissez !!
De 30 000 à 89 602 adhérents payants en un mois. LR est à 77 000, le RN à 112 319. Ce sont des chiffres déclaratifs, mais la dynamique est réelle.
Parti de 3,5%, Lisnard est passé à  9% en un mois selon Ifop et Cluster17.
Bureau de vote en France, élections régionales 2015
Dans un bureau de vote, élections régionales de 2015. Photo : Wikimedia Commons

Ce n'est pas une prédiction, c'est un signal faible au sens d'Igor Ansoff : une information de faible intensité, minoritaire au départ, qui anticipe un changement profond. La spirale du silence de Noelle-Neumann l'explique : longtemps les électeurs ne révèlent pas leur vraie opinion par crainte d'ostracisme. 

Ça a été le cas pour le FN hier, ça l'est aujourd'hui pour un vote libéral-conservateur assumé.

Neuvième signal : les marchés de prédiction comme Polymarket. Lisnard est monté à 13%, pic à 17%. 

Signal à manier avec précaution, car manipulable. Mais il confirme que quelque chose bouge hors des radars classiques.

JBCH Réflexions4 / 5

Conclusion pour dentielle 2027

La présidentielle 2027 n'est pas jouée. Elle est même plus ouverte que 2017 et 2022.

Les sondages d'intention de vote sont du bruit. Les 9 signaux faibles disent autre chose :

  • Un électorat liquide à 46%
  • Une crise de crédibilité à 53% de "aucun"
  • Un plafond de verre et un rejet qui restent massifs pour les favoris
  • Une dissonance programmatique chez l'électorat RN
  • Une porosité qui s'organise autour d'un outsider
  • Des millions d'orphelins sans parti qui attendent un recours
  • Une prime à la satisfaction et à la capacité à améliorer la vie concrète
  • Une dynamique numérique et militante invisible pour les médias
  • Des marchés qui commencent à anticiper
Le palais de l'Élysée vu de la cour d'honneur
Le palais de l'Élysée. Photo : Eric Pouhier / Wikimedia Commons (CC BY-SA)

Le futur Président n'est pas sur la photo parce qu'il n'est pas encore connu du grand public, parce qu'on a longtemps refusé de le tester, donc de l'inviter, donc de le faire émerger. C'est le piège médiatique parfait.

Assez de famille Le Pen comme seule alternative. Assez de l'outrance LFI. Les Français ne veulent plus d'un vote par défaut ou d'un vote contre. Ils cherchent le "mieux d'Etat pour moins d'Etat", le trait d'union entre les orphelins de Sarkozy et de Fillon, celui qui parlera aux salariés des classes moyennes du privé comme du public.

Il ne sera pas désigné par les sondages. Il sera désigné par les Français quand ils se réveilleront complètement.

             © JBCH Réflexions Novembre 2026