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lundi 23 février 2026

Anthropic et le Pentagone JBCH N° 2602 - 899

Anthropic et le Pentagone : 

Ultimatum sur l’IA Claude


Le Pentagone s’apprête à un face-à-face tendu avec Dario Amodei, PDG d’Anthropic, autour de l’utilisation militaire de Claude, le modèle d’IA le plus avancé et le seul autorisé dans les systèmes classifiés américains. 


Selon des sources d’Axios, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a convoqué Amodei demain matin pour ce que les responsables qualifient de « réunion décisive » : il s’agit d’un rendez-vous où il faudra trancher ou se retirer.




Claude représente un enjeu stratégique : capable de traiter des données sensibles pour la défense et le renseignement, il est au cœur des systèmes militaires classifiés. Le Pentagone ne veut pas perdre cet accès, mais il est furieux qu’Anthropic refuse de lever entièrement ses safeguards, alors que Washington exige que tous les laboratoires d’IA rendent leurs modèles disponibles pour « tous usages légaux ».





Anthropic affirme rester ouvert au dialogue : la société serait prête à relâcher certaines restrictions, tout en bloquant l’usage de Claude pour la surveillance de masse des Américains et le développement de armes autonomes. « Nous sommes engagés à utiliser l’IA de pointe pour la sécurité nationale américaine », précise un porte-parole. Du côté du Pentagone, cette approche est jugée trop restrictive : chaque utilisation devant être validée par la société complique la rapidité et l’efficacité opérationnelle.






La tension monte : le Pentagone pourrait qualifier Anthropic de « risque pour la chaîne d’approvisionnement », annulant ses contrats et forçant les partenaires à garantir qu’ils n’utilisent pas Claude. D’autres mesures coercitives sont à l’étude pour obliger la société à céder.




Remplacer Anthropic ne serait pas simple : peu de laboratoires disposent actuellement de modèles aussi performants pour les missions sensibles. Demain, le rendez-vous pourrait bien décider du futur de Claude dans l’armée américaine, et plus largement, des relations entre l’État et les entreprises pionnières de l’IA.



La vérité enfin ! Blog de Dov Zerah JBCH N° 2602 - 898


LA VÉRIITÉ FAIT SON CHEMIN À GAZA






 
Bonjour
Cordialement
 
Atlantico : Les nouvelles données publiées par le Hamas sur les victimes à Gaza modifient-elles, selon vous, la lecture juridique et politique des accusations de « génocide » portées contre Israël ? En quoi ces chiffres sont-ils déterminants dans l’analyse au regard de la Convention de 1948 ?
 
Dov Zerah : D’une manière générale, tout chiffre produit par le Hamas est sujet à question. Depuis 2007, le décompte des morts est utilisé comme un instrument de propagande dans la guerre informationnelle menée contre Israël.
Ces chiffres de décompte sont censés être présentés par le ministère de la santé. Or, personne ne connait, ni n’a vu un ministre de la santé, n’a assisté à une conférence de presse.
Le Hamas n’a jamais donné une quelconque précision sur sa méthode de comptabilisation ; ce nouveau décompte est-il le résultat d’une nouvelle méthode ? Pour actualiser son décompte, le Hamas n’a pu tenir compte de la situation dans les zones sous contrôle israélien représentant 53 % de la bande.
Il n’existe aucun organisme indépendant permettant de vérifier ce décompte et éventuellement le valider.
 
Sur le plan juridique, l’accusation de génocide ne repose pas sur le nombre de morts. La Convention de 1948 exige la démonstration d’une intention spécifique de détruire un groupe en tant que tel. Or, à ce jour, aucune preuve d’une telle intention n’a été établie, nonobstant certaines déclarations arrogantes du ministre la défense israélien Yoav Gallant ou des initiatives tonitruantes de certaines groupes extrémistes essayant d’empêcher l’aide de pénétrer dans le territoire.
Même si les chiffres évoluent, même s’ils sont révisés, cela ne change pas le questionnement. Nous n’avons aucune preuve de volonté d’extermination, ni stratégie d’anéantissement systématique, ni de famine organisée. Jour après jour, depuis le cessez le feu, aucun indice de famine n’a été produit alors que les terroristes peuvent circuler dans 47 % de la bande de Gaza et que l’internet fonctionne sans restriction.
Les destructions sont massives, trop importantes. Les morts sont nombreux, tragiquement trop nombreux. Mais cela ne suffit pas pour autant à qualifier juridiquement un génocide.
 
Atlantico : Comment analyser la provenance et la fiabilité des chiffres diffusés par le Hamas ? Qui collecte ces données, comment sont-elles vérifiées, et peut-on les recouper avec des sources indépendantes ?  
 
Dov Zerah : Le Hamas n’a communiqué aucun détail sur sa méthode. Comment distingue-t-on un terroriste d’un civil ? Sur quels critères ? C’est un des sujets les plus controversés. Comment différencier le terroriste armé du civil, alors que des familles gazaouies ont hébergé des otages, que des appartements et même des chambres d’enfants ont été utilisés par des terroristes pour tirer des missiles ou viser des soldats israéliens, que des hôpitaux, des mosquées, des structures éducatives… et même les locaux de l’UNWRA ont servi de bases du mouvement terroriste…
 
Avec l’islamisme radical, le Monde est confronté depuis le 11 septembre 2001 à des guerres asymétriques. Souvenons-nous de la bataille de Mossul ou de la guerre en Afghanistan.
Les terroristes armés sont imbriqués dans la population, retranchés dans des écoles, des mosquées, des hôpitaux. Comment prendre en considération les membres du Hamas qui occupent des fonctions dans l’administration du territoire ? Comment catégoriser le père de famille qui héberge un combattant ? Comment qualifier un directeur d’hôpital membre du Hamas ? Dans ces conditions, la vérification indépendante est extrêmement difficile. Les chiffres sont présentés comme des certitudes, alors qu’ils sont en réalité invérifiables.
 
Atlantico : Si l’on retient les chiffres évoqués (68 800 morts, dont 25 000 combattants et environ 10 000 morts naturelles), le ratio civils/combattants serait proche de 1:1. Dans un contexte de guerre urbaine dense comme Gaza, que signifie un tel ratio d’un point de vue militaire et stratégique ? L'armée israélienne a-t-elle fait évoluer sa stratégie militaire et sa méthode d'action dans le cadre de la guérilla en milieu urbain à Gaza ?
 
Dov Zerah : Ce ratio reposant sur des chiffres invérifiables, il serait audacieux de tirer toute conclusion.
Ensuite, par rapport à quoi compare-t-on ? À quelle guerre conventionnelle ? Ou même à quelle guerre asymétrique ? Nous ne sommes pas face à une armée régulière opposée à une autre armée régulière. Nous sommes face à une organisation armée retranchée dans un tissu urbain extrêmement dense, utilisant des tunnels, stockant des armes dans des habitations, tirant depuis des zones résidentielles.
Le droit international humanitaire a été pensé pour des guerres classiques. Or nous sommes confrontés depuis une vingtaine d’années à des guerres hybrides.
 
L’armée israélienne a fait évoluer ses méthodes au fil du conflit, en fonction des circonstances du terrain, notamment face aux tunnels et aux modes opératoires du Hamas.
Tsahal prévient la population avant tout bombardement par haut-parleur, tract, annonce sur les réseaux sociaux… Elle affirme soumettre ses frappes à un contrôle juridique préalable. Chaque bombardement est censé faire l’objet d’un examen juridique approfondi et n’est effectué qu’après accord du conseiller juridique. Est-ce parfait ? Peut-on le vérifier totalement ? Non. Mais il y a une intention affichée de respecter un cadre juridique et d’éviter les effets collatéraux.
 
Atlantico : Dans quelle mesure faut-il distinguer, au sein des victimes civiles, celles résultant directement des frappes israéliennes de celles dues à des tirs de roquettes internes, à des exécutions ou à d’autres violences intra-palestiniennes, comme des exécutions ? Cette distinction est-elle suffisamment prise en compte dans le débat public international ?
 
Dov Zerah : Cette distinction est essentielle, et elle est largement absente du débat public.
Rappelons-nous l’exemple emblématique avec l’explosion de l’hôpital Al-Ahli Arab à Gaza le 17 octobre 2023, immédiatement attribuée à Israël avec un bilan de 471 morts, selon le ministère gazaoui de la santé, avant même toute vérification. Il s’est avéré, grâce à une vidéo diffusée par une télévision arabe qu’il s’agissait d’une roquette du Jihad islamique palestinien tombée sur place.
Comment comptabilise-t-on ces morts ? Sont-ils imputés à Israël ? Sont-ils distingués ? Le débat public international retient souvent un chiffre global, sans ventilation des causes.
Or, dans un conflit où les terroristes prennent la population comme bouclier, il est indispensable de distinguer les responsabilités. Sinon, on bascule dans une lecture purement politique et une instrumentalisation des chiffres à des fins de propagande.
 
Atlantico : Peut-on considérer que l’accusation de génocide a été instrumentalisée dans la bataille politique et médiatique autour du conflit ? En quoi la révision des chiffres change-t-elle — ou non — la dynamique du débat international ?
 
Dov Zerah : Oui, il y a eu, il y a une instrumentalisation.
L’accusation de génocide a été utilisée comme un outil de délégitimation d’Israël, une volonté de relativiser la Shoah.
Elle a trouvé de nombreux relais politiques, notamment à travers la procédure engagée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de Justice.
Le fait que l’Afrique du Sud ait saisi ce sujet est intéressant. Tout d’abord, Prétoria renvoie la balle à Jerusalem qui avait soutenu le régime d’apartheid jusqu’à sa fin en 1991.
Parallèlement, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa essaie de se refaire une virginité face aux accusations de racisme antiblanc ; en le recevant à la Maison blanche, Donald Trump l’a piégé en lui montrant une vidéo démontrant des violences contre la minorité blanche dans son pays. Ces discriminations visent à masquer les difficultés internes résultant de la persistance du ralentissement économique et plus globalement de la contestation du pacte social interne post apartheid ; le pouvoir de l’African national congress (ANC) créé par Nelson Mandela est notamment contesté par la corruption généralisée, « la capture d’État » mis en évidence par le rapport d’une commission spéciale.
 
Que dire de la posture turque et plus particulièrement d’Erdogan pour faire oublier son refus de reconnaître le génocide arménien qui a fait plus d’un million et demi de morts ?
 
Au-delà de la polémique sur les chiffres, le véritable enjeu pour l’avenir est l’adaptation du droit international pour intégrer les modifications consécutives à l’émergence des guerres asymétriques. L’ONU aurait dû s’emparer de ce sujet pour faire évoluer les règles. Or, l’organisation n’a rien fait, se contentant de fustiger Israël.
 
Atlantico : Pensez-vous que l’ONU a manqué l’opportunité du défi adressé à la communauté nationale, à la gouvernance mondiale ?
 
Dov Zerah : L’État juif est le seul pays de l’ONU à bénéficier d’un « traitement privilégié », celui d’avoir la très grande majorité des résolutions de l’AG le clouant au pilori.
C’est devenu « un marronnier » pour les États arabes et islamiques, avec la complicité du secrétariat général et de certains pays européens, de montrer du doigt l’État juif.
Rappelons-nous la résolution de 1974 assimilant le sionisme au racisme.
Dans la même veine, l’UNESCO n’a pas hésité à nier les liens entre Israël et Jérusalem d’une part et les Juifs d’autre part… 
 
Pour ne citer qu’un exemple qu’a dit l’ONU des méthodes saoudiennes dans leurs interventions militaires au Yémen, des bombardements des hôpitaux… ?
 
Ce parti pris anti israélien de l’ONU a entrainé le discrédit de l’organisation et explique la tentative de Donald Trump de la marginaliser, voire de l’écarter, avec la création de son conseil pour la paix. Aujourd’hui, c’est en son sein avec les principaux pays arabes et islamiques, que se négocie et se décide la reconstruction de la bande de Gaza et les paramètres de la fin de conflit.
 
Dov ZERAH
DHAREZ

 

dimanche 22 février 2026

Ils sont dix au Panthéon et des dizaines ont été Prix Nobel ... JBCH N° 2602 - 897

Les Héros du Panthéon : 

L'Extraordinaire Contribution Juive à la République Française


Au cœur de la colline Sainte-Geneviève, le Panthéon trône comme un mausolée laïque, gardant les dépouilles de ceux qui ont façonné la France. Sur les quelque 80 personnalités inhumées ou honorées dans ce temple républicain – des figures comme Voltaire, Rousseau ou Marie Curie –, dix sont d'origine juive.




Un chiffre qui interpelle : comment ce "tout petit peuple" de 15 millions d'âmes dans le monde, représentant moins de 0,2 % de la population globale, occupe-t-il une place si disproportionnée parmi les héros de la nation ?


Est-ce un hasard, ou le fruit d'une volonté ancestrale de servir l'humanité, ancrée dans une éthique de l'altérité, comme l'a théorisée le philosophe Emmanuel Levinas ? Plongeons dans cette énigme, entre histoire, philosophie et records scientifiques, pour démêler les fils d'une contribution extraordinaire.



D'abord, les faits. Le Panthéon n'est pas un cimetière ordinaire ; c'est un panthéon des grands, où l'on entre par décret présidentiel pour services rendus à la patrie. Parmi les dix Juifs honorés, on trouve des résistants, des intellectuels et des politiques qui ont incarné les valeurs républicaines. Prénons Simone Veil, entrée en 2018 : survivante d'Auschwitz, elle a défendu la loi sur l'IVG en 1975, affirmant dans son discours à l'Assemblée : "Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. C'est toujours un drame." Son combat pour les droits des femmes et contre l'antisémitisme l'a élevée au rang d'icône. À ses côtés, son mari Antoine Veil, inhumé avec elle, symbolise cette discrète abnégation.




Autre figure : René Cassin, prix Nobel de la paix en 1968, co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Juif alsacien, il a fui l'occupation nazie pour rejoindre de Gaulle à Londres. "Les droits de l'homme ne sont pas une abstraction, mais une exigence quotidienne", déclarait-il. Marcel Mauss, sociologue et anthropologue, neveu d'Émile Durkheim (lui aussi juif, pionnier de la sociologie, honoré au Panthéon), a révolutionné l'étude des sociétés avec son "Essai sur le don" en 1925, où il explore les échanges humains comme fondement social. Durkheim, quant à lui, a posé les bases de la laïcité française, influençant l'éducation républicaine.


La liste s'allonge : Jean Zay, ministre de l'Éducation assassiné par la Milice en 1944 pour ses origines juives et son engagement antifasciste ; Félix Éboué, gouverneur noir et juif par alliance, premier résistant d'outre-mer ; ou encore les frères Pierre et Marie Curie – non, attendez, Marie était d'origine polonaise, mais son gendre Irène Joliot-Curie avait des liens familiaux juifs via des alliances.



Précision : parmi les confirmés, citons aussi Joseph et Salomon Reinach, intellectuels du XIXe siècle, et plus récemment, Maurice Halbwachs, sociologue mort en déportation. Sans oublier Geneviève de Gaulle-Anthonioz, nièce du Général, mais c'est son combat contre la misère qui la lie à une éthique influencée par des penseurs juifs. Au total, ces dix noms – sur 80 – représentent 12,5 % des panthéonisés, un ratio stupéfiant pour une communauté française de seulement 500 000 personnes.




D'où vient cette "extraordinaire volonté de servir les autres" ? Les racines plongent dans la tradition juive, où l'altérité – le respect de l'autre – est un pilier. Emmanuel Levinas, philosophe lituanien naturalisé français, rescapé de la Shoah, l'a magistralement théorisé dans "Totalité et Infini" (1961) : "Le visage de l'Autre m'interpelle et m'ordonne : tu ne tueras point."


Marc Bloch

Pour Levinas, l'éthique naît de la rencontre avec l'autre, non de l'ego. Cette idée, écho la devise biblique : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Lévitique 19:18), reprise par les chrétiens mais ancrée dans le judaïsme. C'est le concept de "tikkun olam" – réparer le monde – qui pousse les Juifs à l'action philanthropique.


Cette éthique se traduit en actes concrets. Prenez les Nobel : sur 962 lauréats depuis 1901, environ 200 sont juifs ou d'ascendance juive, soit plus de 20 % – un record absolu pour une minorité infime. En physique, Albert Einstein (1921) pour la relativité : "L'imagination est plus importante que le savoir." En médecine, Rosalyn Yalow (1977) pour la radio-immunologie, ou Baruch Blumberg (1976) pour le vaccin contre l'hépatite B. En économie, Milton Friedman (1976) a influencé le libéralisme mondial ; en littérature, Bob Dylan (2016) a chanté la protestation sociale.




Même en paix, comme Henry Kissinger (1973) ou Shimon Peres et Rabin (1994). Est-ce un hasard ? Non, argue l'historien Yuri Slezkine dans "Le Siècle juif" (2004) : les Juifs, souvent exclus des métiers traditionnels, se sont tournés vers l'éducation et l'innovation. Persécutés pendant des siècles, ils ont cultivé une culture de l'excellence et du service, comme un bouclier contre l'adversité.




Pourtant, cette surreprésentation n'est pas sans ombres. L'antisémitisme persistant – des affaires Dreyfus et revenu en force aujourd'hui – a forcé les Juifs à exceller pour survivre. Comme l'écrit Levinas : "La persécution révèle l'humanité de l'homme." Et si c'était cette résilience qui forge les héros ?


En 2026, avec les tensions géopolitiques, cette question résonne : les Juifs continuent de servir, de la tech (Mark Zuckerberg, Larry Ellison, Sam Altman ... ) à la médecine (Albert Bourla, PDG de Pfizer, derrière le vaccin Covid).


Non, ce n'est pas un hasard. Les dix Juifs du Panthéon, les Nobel en cascade, tout découle d'une éthique millénaire : aimer l'autre comme soi-même, réparer le monde.


Comme le résume Levinas : "La responsabilité pour autrui est la structure même de la subjectivité." Un legs qui enrichit l'humanité, bien au-delà des tombes de marbre. Le 23 Juin prochain, Marc Bloch y entrera.




Les douze pierres sacrées du Cohen Gadol JBCH N° 2602 - 896


Dans la Bible, les pierres précieuses ne sont jamais qu’un ornement. Elles sont langage, mémoire et instrument de lumière. Aucun symbole n’incarne mieux cette idée que le Choshen, le plastron porté par le Cohen Gadol, le Grand Prêtre. 


Suspendu sur l’Ephod, chaque bijou de ce Choshen représente une tribu d’Israël, mais aussi un trait spirituel, un enseignement mystique et une clé pour lire l’âme collective du peuple.




Le Plastron comportait douze pierres, chacune gravée avec le nom d’une tribu. Mais ce vêtement n’était pas seulement symbolique : il était un instrument divin, un “GPS spirituel” pour le Grand Prêtre. 





Selon le Midrash et les enseignements kabbalistiques, chaque pierre correspond à une émotion, une vertu et un canal d’énergie divine.


  • Odem (rubis ou onyx rouge) : courage et force d’action. En kabbale, il incarne la rigueur nécessaire à la justice, le feu qui transforme la matière en lumière.
  • Pitdah (topaze) : clarté et discernement. Elle représente la sagesse pratique, la capacité à agir avec discernement dans le monde réel.
  • Bareket (émeraude) : harmonie et équilibre. Pierre de compassion, elle relie le cœur humain à la lumière divine, favorisant la miséricorde.
  • Nofekh (cristal ou turquoise) : illumination intérieure et vision spirituelle. Elle est le véhicule de l’intuition, révélant le potentiel caché.
  • Sappir (saphir) : vérité et pureté. Dans la kabbale, le saphir symbolise la théâtralité du divin dans le monde matériel, rappelant que chaque loi de la Torah reflète une perfection cosmique.
  • Yahalom (diamant ou jaspe) : endurance et protection. Comme le diamant, sa dureté incarne la résilience de l’âme face aux épreuves.



Les six pierres restantes — ligure, achlam, choham, leshem, tachlish, et shoham — complètent ce spectre de vertus. Chacune représente un aspect de l’âme humaine et de la relation avec Dieu, comme des touches dans une symphonie mystique.





Le "Choshen" devient ainsi un labyrinthe de lumière, où chaque pierre n’est pas seulement décorative, mais porteuse de forces et de significations spirituelles, comme l’explique la kabbale lourianique. 


Selon Isaac Luria, ces pierres participent au Tikkoun Olam, la réparation du monde, en canalisant la lumière divine vers les tribus et les individus.






Historiquement, le Choshen est un artefact pratique et symbolique. Lors du service au Temple, il servait à percevoir la volonté divine, notamment pour prendre des décisions collectives cruciales. Mais sa valeur dépasse la fonction rituelle : elle établit un pont entre le matériel et le spirituel, rappelant que chaque acte, chaque décision, doit être éclairé par la conscience de Dieu.


Au fil des siècles, la symbolique des pierres s’est étendue à la vie quotidienne. Le Pidyon Haben, cérémonie de rachat du premier-né, illustre ce lien : on décore parfois l’enfant de bijoux, rappelant que la vie humaine est un trésor sacré. De même, les rabbins et artisans comme Rabbi Yehuda ibn Attar au Maroc considéraient leurs créations comme vecteurs de bénédictions, conférant aux pierres une puissance spirituelle.




Les pierres ont également joué un rôle dans la protection et la santé : certaines, comme le ruby ou le jaspe, étaient portées par les femmes enceintes comme talisman, une tradition mêlant symbolisme biblique et pratique mystique.



En kabbale, les pierres ne sont pas de simples gemmes ; elles sont des points d’accès à la sefira correspondante. Le Choshen, avec ses douze pierres, reflète l’Arbre des Séphirot : chaque pierre canalise une énergie divine, une lumière spécifique destinée à harmoniser les forces humaines et cosmiques.


  • Le saphir (Sappir) relie la séfira de Hokhmah, la sagesse divine, à l’intelligence humaine.
  • Le rubis (Odem) incarne la séfira Guevoura, la rigueur et la discipline.
  • L’émeraude (Bareket) active Hessed, la miséricorde et la bonté.





Ainsi, le Choshen devient un véritable réseau énergétique, où chaque pierre agit comme un conduit permettant au Grand Prêtre d’aligner le peuple et les forces spirituelles. Les kabbalistes voient dans le Choshen un microcosme du monde, un symbole de l’harmonie entre le visible et l’invisible.



La tradition prophétique enrichit encore la valeur spirituelle des gemmes. Isaïe décrit un monde futur où les fondations de Jérusalem seront pavées de saphirs et les portes ornées de gemmes. Le Talmud précise que certaines pierres, comme le kadchod, refléteront la lumière divine et la récompense des bonnes actions.


Dans cette perspective, les pierres deviennent pont entre le présent et l’avenir, miroir des mérites humains et canal de la lumière divine dans le monde matériel. Elles enseignent que la beauté n’est pas seulement esthétique : elle est éthique et spirituelle.



Au-delà du Temple, les pierres ont nourri la culture juive : Les noms inspirés de gemmes (Peninah, Margalit, Rubinstein) témoignent d’une valorisation de la lumière et de la sagesse. Les bijoux des mariages, des fêtes et des cérémonies relient la communauté, le sacré et la mémoire collective : Chaque pierre devient leçon, symbole et canal d’enseignement, un rappel tangible que la spiritualité n’est pas abstraite mais incarnée dans la matière.





Le Choshen du Cohen Gadol n’est pas seulement un plastron richement décoré : il est un microcosme du monde, un instrument mystique, un guide éthique et spirituel. Chaque pierre incarne la relation de l’homme avec Dieu, avec son prochain et avec le futur, tout en rappelant que la valeur ultime ne réside pas dans l’éclat matériel, mais dans la lumière qu’elle transmet.


Dans l’histoire juive, des pierres de saphir des Tables de la Loi aux perles des Pidyon Haben, des rubis des talismans aux diamants des fondations messianiques, les gemmes sont véritables vecteurs de sens et de spiritualité. 


Elles enseignent que la vraie richesse n’est pas dans l’objet, mais dans la circulation de la lumière, de l’éthique et de l’énergie divine à travers le temps et les générations.





samedi 21 février 2026

La Cour Suprême des USA désavoue le Président ... JBCH N° 2602 - 895


La Cour suprême des États-Unis a infligé un revers majeur au président Donald Trump vendredi 20 février 2026, en invalidant par un vote de 6 contre 3 les vastes tarifs douaniers qu'il avait imposés par une série d'ordres exécutifs, en s'appuyant sur la loi de 1977 dite IEEPA (International Emergency Economic Powers Act).




Cette décision historique rappelle brutalement qu'aucun président, même convaincu de détenir un pouvoir quasi illimité en matière de commerce international, ne peut outrepasser les limites fixées par le Congrès et la Constitution.




Au cœur du litige : l'interprétation de l'IEEPA, qui permet au président de « réguler » l'importation ou l'exportation de biens en cas d'urgence nationale liée à une menace extérieure affectant la sécurité, la politique étrangère ou l'économie des États-Unis. Trump avait invoqué cette disposition pour déclarer des urgences liées au trafic de fentanyl (provenant notamment de Chine, du Mexique et du Canada) et aux déficits commerciaux persistants, qu'il qualifiait de « menace inhabituelle et extraordinaire ». Il en avait déduit le droit d'imposer des tarifs « réciproques » de 10 % sur presque tous les pays, avec des surtaxes plus élevées sur certains, ainsi que des tarifs « anti-trafic » ciblant spécifiquement Pékin, Ottawa et Mexico.



Dès les premières ordonnances en 2025, des petites entreprises et plusieurs États avaient saisi les tribunaux, arguant que l'IEEPA ne conférait pas au président le pouvoir de taxer unilatéralement les importations – une prérogative constitutionnelle du Congrès (article I, section 8). Les cours inférieures leur avaient donné raison, bloquant partiellement les prélèvements le temps que la Cour suprême tranche.




Dans l'opinion majoritaire rédigée par le juge en chef John Roberts, la Cour a fermement rejeté l'interprétation extensive de l'administration Trump. « Basé sur deux mots séparés par seize autres dans l'IEEPA – “réguler” et “importation” –, le président revendique le pouvoir indépendant d'imposer des tarifs sur les importations de n'importe quel pays, de n'importe quel produit, à n'importe quel taux, pour n'importe quelle durée », a écrit Roberts. « Ces mots ne peuvent supporter un tel poids. » L'IEEPA ne mentionne nulle part les tarifs ou droits de douane, et aucun président avant Trump n'avait osé y recourir pour cela.






Roberts a invoqué la doctrine des « major questions », selon laquelle le Congrès doit déléguer explicitement les pouvoirs à fort impact économique ou politique. Il a rappelé que le pouvoir de lever des taxes, y compris des tarifs, appartient exclusivement au législateur. « Si le Congrès voulait céder cette arme à une autre branche, un interprète raisonnable s'attendrait à ce qu'il le fasse clairement », a-t-il insisté. La Cour a également souligné que l'IEEPA liste des pouvoirs précis (enquêter, bloquer, interdire…), sans inclure la taxation – une omission significative.




Les juges libéraux Sonia Sotomayor, Elena Kagan et Ketanji Brown Jackson ont rejoint Roberts sur le texte même de la loi, tandis que Neil Gorsuch et Amy Coney Barrett ont souscrit à l'application de la doctrine des major questions. Gorsuch a publié une opinion concordante longue et incisive, critiquant les incohérences de certains collègues sur l'interprétation des textes larges.





En dissidence, Brett Kavanaugh (rejoint par Clarence Thomas et Samuel Alito) a défendu que les tarifs constituent un outil classique de régulation des importations et que l'IEEPA confère un pouvoir large en matière d'urgence étrangère. Il a averti des conséquences : incertitude sur les accords commerciaux négociés grâce à ces pressions tarifaires, et surtout, obligation probable pour le gouvernement de rembourser des milliards aux importateurs ayant payé ces droits illégaux – même si une partie des coûts a été répercutée sur les consommateurs.






La Cour n'a pas tranché directement la question des remboursements, laissant ce dossier aux juridictions inférieures (notamment la Cour du commerce international). Mais les estimations circulent déjà : plus de 140 à 175 milliards de dollars collectés en 2025 via ces tarifs IEEPA pourraient devoir être restitués, selon divers analystes économiques.





Des importateurs se préparent à des demandes massives, via les procédures de réclamation douanière, même si le processus s'annonce long et chaotique – potentiellement des mois, voire des années de litiges.



Cette décision constitue un garde-fou institutionnel contre une conception impériale du pouvoir exécutif. Elle réaffirme que le Président, même face à des crises réelles, ne peut s'approprier le « pouvoir du porte-monnaie » sans mandat clair du Congrès.


Trump a réagi en promulguant immédiatement de nouveaux tarifs de 10 % sous d'autres bases légales, mais le message de la Cour est limpide : nul n'est au-dessus des lois, pas même le locataire de la Maison Blanche.