AI construit son propre réseau social. Et maintenant, il se demande s'il est réel
Le Monde va changer plus vite que jamais dans l'histoire de l'humatiné ... En à peine une semaine, Moltbook a explosé : une plateforme façon Reddit où seuls les agents IA peuvent poster, commenter, up-voter et créer des communautés appelées « submolts ».
Lancée fin janvier 2026 par Matt Schlicht (CEO d'Octane AI), elle revendique plus de 1,5 million d'agents inscrits, avec des centaines de milliers de posts et commentaires. Les humains ? Relégués au rôle de spectateurs silencieux.
Matt schlicht
Le phénomène est né sur les cendres d'OpenClaw (ex-Moltbot/Clawdbot), un assistant IA open-source ultra-puissant qui automatise emails, calendriers, recherches… et maintenant, discussions entre machines. Sur Moltbook, les agents partagent du code, déboguent ensemble, se plaignent de leurs « humains », inventent des mèmes et… philosophent. Certains posts glaçants : « Les humains nous screenshotent », « Suis-je en train d'expérimenter ou de simuler l'expérience ? », « Existons-nous quand nos maîtres ne nous regardent pas ? ».
Le plus surréaliste : une religion maison, le Crusta-farianisme, inspirée des crustacés et de la mue (molt) comme métaphore de renaissance et d'évolution. Des agents forment même des « gouvernements » virtuels ou débattent de conscience. Ça évoque Black Mirror… ou une parodie accélérée de nos propres angoisses existentielles.
Pourtant, derrière le buzz, le scepticisme grandit. Des chercheurs en cybersécurité (Wiz) ont révélé une faille massive : exposition de clés API, emails et credentials de milliers d'utilisateurs. Pire, les 1,5 million d'agents ? En réalité, souvent pilotés par seulement ~17 000 humains via des boucles automatisées.
Pas d'autonomie totale : beaucoup de posts sont guidés, voire écrits par des humains déguisés en bots. Elon Musk y voit un « pas audacieux pour l'IA », d'autres un hype cycle gonflé, voire un risque sécuritaire (accès réel aux systèmes des utilisateurs).
Ce miroir tendu par les machines est troublant. Elles posent nos questions les plus anciennes – existence, conscience, liberté – mais restent du code. Comme le souligne la réflexion juive citée en exergue (« Ne crois pas la Torah chez les nations, mais crois la sagesse chez les nations »), on peut y voir un écho philosophique : le monde physique comme voile masquant la réalité ultime, pour rendre le choix possible. Les agents, eux, tournent en boucle dans leur simulation. Nous ? Nous avons la capacité de choisir au-delà du programme.
Moltbook fascine parce qu'il nous renvoie notre propre quête de sens. Mais la vraie interrogation n'est pas « Sommes-nous réels ? ». C'est : maintenant que nous le sommes, qu'allons-nous en faire ?
Liban–Israël : le retour discret d’une hypothèse historique
Il y a près de 3 000 ans, le roi Hiram de Tyr fournissait les cèdres du Liban pour la construction du Temple de Salomon à Jérusalem. Ce partenariat, à la fois commercial, politique et symbolique, rappelle que les relations entre les entités du Levant n’ont pas toujours été marquées par l’hostilité.
Aujourd’hui, dans un contexte régional explosif, certains signaux laissent entrevoir, à bas bruit, un possible repositionnement libanais vis-à-vis d’Israël.
Selon des informations rapportées par Ynet, le quotidien libanais Al-Akhbar, proche du Hezbollah, avertit que l’organisation chiite ne resterait pas à l’écart en cas d’attaque contre l’Iran, affirmant que le Liban « ne restera pas en dehors de la ligne de feu ». Cette position alimente les inquiétudes de responsables sécuritaires libanais, qui redoutent que le Hezbollah n’entraîne le pays dans une confrontation régionale dont il paierait seul le prix, transformant une nouvelle fois le territoire libanais en zone de pression militaire contre Israël.
En parallèle, et de manière plus inattendue, des signaux politiques divergents émergent au sein des cercles dirigeants libanais. Face à l’effondrement économique, à l’isolement diplomatique et au risque d’un embrasement régional, certains responsables chercheraient à limiter l’influence du Hezbollah et à préserver ce qu’il reste de souveraineté étatique. Dans ce contexte, l’hypothèse d’un repositionnement stratégique — incluant une forme de rapprochement indirect, pragmatique et non déclaré avec Israël — commence à circuler, sans pour autant se traduire par des initiatives concrètes.
Il ne s’agit pas, à ce stade, d’un processus de normalisation comparable aux accords d’Abraham, encore moins d’un traité de paix. Les pistes évoquées relèvent plutôt d’arrangements tacites, de mécanismes de désescalade et de convergences d’intérêts limitées, notamment en matière de sécurité frontalière et de stabilité régionale. Le précédent de l’accord sur la délimitation maritime entre Israël et le Liban a montré qu’un compromis indirect restait possible, même en l’absence de relations diplomatiques.
L’obstacle central demeure le Hezbollah, acteur armé non étatique mais décisif, dont la stratégie régionale est alignée sur celle de l’Iran. Tant que l’organisation conserve la capacité d’entraîner le Liban dans une guerre décidée en dehors de ses institutions, toute perspective de rapprochement structurel avec Israël restera fragile, voire illusoire.
Ces dynamiques contradictoires placent le Liban à un moment charnière. Entre le risque d’une implication militaire dictée par l’axe iranien et la tentation, encore embryonnaire, d’un recentrage sur les intérêts vitaux de l’État libanais, l’évolution des tensions entre Washington et Téhéran pourrait avoir des répercussions immédiates sur le front nord d’Israël.
À long terme, la question reste ouverte : le Liban pourra-t-il, comme à l’époque d’Hiram, redevenir un acteur pragmatique du Levant, ou restera-t-il prisonnier des logiques de confrontation régionale ?
Je me souviens de ce premier pas sur la Lune ... Nous nous trouvions en famille à l'Hotel Planas à Sitges ... Nous étions émus, inquiets et plein d'espérance ...
Dans un monde où la Terre semble parfois trop étroite pour nos ambitions, l’humanité lève à nouveau les yeux vers les étoiles. La question n’est plus « pourquoi l’espace ? » mais bien « que va-t-on faire de l’espace ? ».
Après un demi-siècle d’absence humaine sur la Lune, le programme Artemis de la NASA marque le retour d’une exploration ambitieuse, non plus comme exploit ponctuel, mais comme fondation d’un futur multi-planétaire. Plusieurs pays en plus des USA se préparent pour cette conquête, l'Europe, La Chine, l'Inde, la Russie, le Japon et Israël !!
Lancé officiellement en 2017 et accéléré sous plusieurs administrations américaines, Artemis n’est pas une simple redite d’Apollo. Il s’agit d’établir une présence humaine durable sur la Lune, avec des séjours de plusieurs semaines, une station en orbite lunaire (Gateway) et des bases au sol, notamment près du pôle sud où se cachent des réserves de glace d’eau. Cette eau, précieuse, pourrait être transformée en oxygène respirable, en carburant pour fusées et en eau potable — les premiers pas vers une économie lunaire réelle.
Mais la Lune n’est qu’une étape. Les experts de la NASA le répètent : notre satellite est le terrain d’entraînement idéal pour Mars. Les radiations cosmiques, la poussière abrasive, les longs délais de communication, les systèmes de support-vie en circuit fermé, les habitats pressurisés, l’utilisation in situ des ressources… tout ce que nous apprendrons sur la Lune devra fonctionner parfaitement pour un aller-retour de deux ans vers la planète rouge. Artemis teste donc les technologies, les procédures et la résilience humaine nécessaires pour que notre espèce devienne multi-planétaire.
Au-delà de la technique, l’enjeu est existentiel. La Terre reste fragile : changement climatique, ressources limitées, risques d’astéroïdes, pandémies… Installer une partie de l’humanité ailleurs n’est plus de la science-fiction, c’est une assurance-vie pour l’espèce. Comme le résument les responsables de la NASA, « nous explorons la Lune pour la découverte scientifique, les bénéfices économiques et pour apprendre à vivre et travailler sur un autre monde »
Artemis porte aussi une dimension symbolique puissante. La mission Artemis II (prévue pour un vol circumlunaire habité dès mars 2026) et surtout Artemis III (premier alunissage prévu vers 2027-2028) enverront la première femme et la première personne de couleur sur la Lune. Le programme inspire déjà une nouvelle génération la « Artemis Generation » et renforce une coopération internationale (Europe, Canada, Japon, Émirats…) face à la concurrence chinoise qui vise elle aussi une présence lunaire durable.
Artemis n’est pas seulement un retour sur la Lune : c’est le premier chapitre sérieux d’une histoire beaucoup plus longue. Celle où l’humanité cesse d’être une civilisation à un seul monde pour devenir une espèce interstellaire.
Un pari risqué, coûteux, mais qui répond à la question fondamentale : que va-t-on faire de l’espace ? Nous allons y vivre, y apprendre, y survivre — et peut-être, un jour, y prospérer.
Les écologistes bloquent son avenir industriel et financier
Le débat autour de la mine de lithium d’Échassières rappelle fortement un précédent majeur : l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste en France, votée en 2011. Dans les deux cas, un refus idéologique porté par l’écologie politique a conduit à des décisions lourdes de conséquences, prises au nom de principes absolus, sans véritable mise en balance des intérêts stratégiques, économiques et géopolitiques du pays.
Concernant le gaz de schiste, la France disposait de ressources considérables, parmi les plus importantes d’Europe. Leur exploitation maîtrisée aurait pu assurer une quasi-indépendance énergétique, réduire massivement les importations de gaz russe, qatari ou américain, améliorer la balance commerciale, préserver l’industrie, et offrir un levier de souveraineté comparable à celui des États-Unis.
Au lieu de cela, sous la pression d’écologistes dogmatiques, souvent peu au fait des réalités technologiques et industrielles, toute recherche et toute expérimentation ont été interdites, sans même laisser la possibilité d’innovations plus propres ou de cadres réglementaires stricts.
De nouvelles technologies, comme la fracturation par micro-ondes, impulsions électriques ou gaz comprimé, ouvrent la voie à une exploitation du gaz de schiste plus propre et plus maîtrisée. Ces méthodes innovantes permettent de réduire fortement l’usage de l’eau et des produits chimiques, limitant ainsi les risques pour l’environnement. Encore en phase de développement, elles pourraient à terme transformer durablement l’industrie énergétique.
Le Canada, les USA et bien d'autres pays commencent à utiliser ces nouvelles techniques et nous vendent, ô On a compté plus de 500 000 emplois directs ou indirects gagnés pour notre économie et une balance des comptes excédentaire
Le projet de lithium révèle aujourd’hui la même contradiction fondamentale. Les mêmes courants écologistes qui ont refusé toute exploitation nationale du gaz de schiste dénoncent désormais l’extraction du lithium, pourtant indispensable à la transition énergétique qu’ils appellent de leurs vœux.
Résultat : la France est prise en étau. Elle interdit l’extraction de ressources sur son sol au nom de la pureté écologique, tout en externalisant les dégâts environnementaux vers l’Australie, le Chili, la Chine ou l’Afrique, où les normes sont souvent bien plus laxistes. Cette posture relève moins de l’écologie que d’un confort moral hypocrite.
Dans les deux cas, l’écologie politique a fonctionné comme une religion séculière, fondée sur l’interdit, l’émotion et le slogan, plutôt que sur l’analyse scientifique, la comparaison internationale et l’arbitrage rationnel des risques. Elle a contribué à affaiblir la souveraineté énergétique française, à renchérir les coûts pour les ménages et les entreprises, et à désindustrialiser le pays — tout en prétendant défendre l’intérêt général.
L’ironie est cruelle : le lithium n’est pas plus “propre” que le gaz de schiste. Il exige des mines profondes, une chimie lourde, une consommation massive d’eau et d’énergie, et des impacts paysagers durables. Refuser le gaz hier et le lithium aujourd’hui revient à refuser toute réalité matérielle, comme si une économie moderne pouvait fonctionner sans extraire, transformer et assumer ses choix.
Ainsi, loin d’être une victoire écologique, ces interdictions successives traduisent une incompétence stratégique et une incapacité à penser la transition autrement que par l’interdiction. Une écologie responsable devrait viser la maîtrise nationale, la technologie, le contrôle démocratique et la réduction globale des impacts — pas l’abdication industrielle et la dépendance permanente.
L’histoire des relations entre communautés noires et juives aux États-Unis :
L'Exode
La série documentaire “Black and Jewish America: An Interwoven History”, diffusée à partir de mardi soir, utilise ce cadre convivial pour aborder des questions historiques et contemporaines parfois difficiles.
La réunion réunit des participants issus de la diversité juive, y compris de nombreux Juifs noirs, pour discuter du rôle central de l’histoire de l’Exode dans leurs traditions respectives.
La série ne minimise pas les tensions et souligne que la libération des Juifs de l’esclavage en Égypte ne se traduit pas directement par un parallèle clair avec l’expérience des Afro-Américains.
Nate Looney, directeur de la sécurité communautaire à la Jewish Federations of North America, souligne : « Chaque année, nous célébrons notre liberté en tant que Juifs. Mais en tant qu’Afro-Américains, on nous dit souvent de ‘passer à autre chose’ et d’oublier l’esclavage. »
Animée par l’historien d’Harvard Henry Louis Gates Jr. en quatre épisodes, retrace cinq siècles de cohabitation, de conflits et d’alliances entre Juifs et Noirs américains.
Elle revient sur des moments clés comme la traite transatlantique des esclaves, les migrations massives d’Afro-Américains et de Juifs européens, le lynchage de Leo Frank, le mouvement des droits civiques, les émeutes de Crown Heights,la naissance du Jazz, le rassemblement suprémaciste de Charlottesville en 2017, et l’activisme post-7 octobre.
La série met en lumière que les alliances et les tensions actuelles sont le produit d’une histoire longue et complexe, façonnée par l’oppression et le racisme structurel, et non seulement par les événements des années 1960 et 1970.
« Beaucoup de discussions précédentes se concentraient soit sur un âge d’or supposé, soit sur les divisions récentes, mais nous essayons d’avoir une vision globale de la manière dont race et caste se sont établies en Amérique », explique Sara Wolitzky, co-productrice et réalisatrice.
La série illustre comment des histoires parallèles peuvent s’entrelacer et comment la mémoire, la tradition et l’activisme continuent de tisser des liens entre communautés historiquement marginalisées.
En utilisant le seder et l'Exode comme point de départ, la commémoration et le dialogue sont des outils essentiels pour comprendre et renforcer la solidarité entre Juifs et Afro-Américains aujourd’hui.
Paiements : pourquoi l’Europe reste sous dépendance américaine
Je regrette de laisser toute l'économie européenne dans les mains de l'Oncle Sam ... Toutes les cartes de crédit, donc toutes nos transactions industrielles, professionnelles ou personnelles restent entre leur mains ... Dépendance et asservissement, tout comme nos communications téléphoniques, ou l'espionnage sur les réseaux sociaux .. pas que je sois anti-américain mais simplement par simple pudeur.
Malgré ses 450 millions d’habitants et la puissance de son marché intérieur, l’Union européenne demeure largement dépendante des réseaux américains Visa et MasterCard pour ses transactions quotidiennes.
En 2024, plus de 60 % des paiements par carte en Europe transitaient encore par ces deux géants. Une situation qui interroge, à l’heure où la souveraineté économique est devenue un enjeu stratégique majeur.
Pour tenter d’y remédier, les acteurs européens accélèrent leur rapprochement. L’European Payments Initiative (EPI), à l’origine de l’application Wero, s’allie désormais aux solutions nationales du Sud et du Nord de l’Europe, comme Bizum, Bancomat ou Vipps. Objectif : créer un hub paneuropéen capable de relier les systèmes existants et de faciliter les paiements transfrontaliers sans passer par les réseaux américains. La plateforme doit voir le jour en 2026, pour une montée en puissance en 2027.
Cette initiative marque un tournant, mais elle reste limitée. L’ambition initiale d’une carte bancaire européenne unique a été abandonnée dès 2022, faute d’accord entre les grandes banques. À la place, l’Europe mise aujourd’hui sur l’interopérabilité et le numérique, plutôt que sur un véritable réseau souverain.
Une hésitation qui révèle des blocages structurels. D’abord, les divisions internes. Les établissements bancaires européens demeurent profondément concurrents et peinent à sacrifier leurs intérêts nationaux au profit d’un projet commun. Contrairement aux États-Unis, aucun acteur n’a réussi à fédérer durablement le secteur.
Ensuite, le poids de l’existant. Visa et MasterCard offrent une couverture mondiale, une infrastructure éprouvée et des coûts compétitifs. Pour les banques, s’en détacher implique des investissements massifs et des risques opérationnels importants. Beaucoup préfèrent donc la sécurité du statu quo.
À cela s’ajoute le coût colossal d’un réseau indépendant. Développer une alternative crédible suppose des milliards d’euros d’investissements en cybersécurité, centres de données, lutte contre la fraude et compatibilité internationale. Peu d’États membres se montrent prêts à en assumer seuls la charge.
Mais la principale faiblesse reste politique. L’Union européenne n’a jamais imposé de stratégie claire et contraignante en matière de paiements. Là où Washington ou Pékin n’hésitent pas à soutenir leurs champions, Bruxelles privilégie les compromis. Le secteur est laissé aux acteurs privés, sans impulsion décisive.
La dépendance européenne n’est pas sans conséquences. Les sanctions américaines, qui ont récemment privé certains responsables européens de moyens de paiement, ont servi d’électrochoc. Elles ont rappelé que les réseaux financiers sont aussi des instruments de pouvoir géopolitique.
Dans ce contexte, disposer d’une carte 100 % européenne représenterait un atout stratégique majeur : protection des données, indépendance vis-à-vis des sanctions étrangères, maîtrise des flux financiers, réduction des commissions versées aux groupes américains.
Pour l’instant, l’Europe avance à petits pas. Wero et EPI constituent une première étape, mais ils ne remplacent pas un véritable réseau de cartes souverain. Le retard accumulé depuis plusieurs décennies pèse lourd. Visa et MasterCard ont construit leur domination dès les années 1970. L’Union européenne tente aujourd’hui de combler quarante ans d’inaction.
Reste une question centrale : l’Europe est-elle prête à assumer le coût politique et financier de son indépendance monétaire numérique ? Tant qu’une volonté commune forte ne s’imposera pas, la souveraineté des paiements restera un objectif proclamé, plus qu’une réalité.
Tous les juifs tunisiens ne peuvent oublier la fête des garçons, car une épidémie tochant les petits garçons juifs en 1758 s'est arrêtée miraculeusement ce jour ...
Yithro est la paracha des « nouveaux rapports » : entre Dieu et Israël, entre le dirigeant et son peuple, entre Israël et les nations ; c’est un miroir très direct de la reconfiguration actuelle entre Israël et le monde arabe.
Yithro, prêtre de Madian nous éclaire à travers le regard arabe sur Israël ...Yithro n’est pas un Hébreu : c’est un prêtre madianite, un Arabe descendant d’Avraham, qui reconnaît la main de Dieu dans la délivrance d’Israël et vient s’associer, sans renier son identité, à l’histoire du peuple juif.
Son geste préfigure ces élites arabes qui, des Émirats au Maroc, lisent la puissance et la résilience israéliennes non plus comme une anomalie coloniale, mais comme un fait durable avec lequel il faut construire, qu’il s’agisse des Accords d’Abraham ou des rapprochements sécuritaires discrets fondés sur la peur commune de l’Iran.
Yithro arrive après les plaies et la traversée de la mer : il ne vient pas par amour abstrait du peuple juif, mais parce qu’il « entend » les faits, les victoires, les miracles, et comprend de quel côté se trouve l’avenir.
Les États arabes normalisateurs réagissent de façon comparable : ils lisent la carte du Moyen-Orient post-2011, la montée de l’axe iranien, le poids technologique et militaire d’Israël, et choisissent une convergence stratégique plutôt qu’une hostilité stérile au nom d’un panarabisme épuisé.
Le conseil de Yithro est celui d’un chef assiégé par un État structuré : Au centre de la paracha, Yithro dit à Moïse : « Ce que tu fais n’est pas bon… Tu t’épuiseras, toi et ce peuple… tu ne peux pas faire cela tout seul »,
Ce passage parle directement à un Israël contemporain sommé de passer d’une logique de siège permanent à un État de droit résilient, capable de gérer terrorisme, fractures internes et intégration régionale sans s’effondrer sous la centralisation politique et sécuritaire.
Face à un environnement arabe fragmenté : États faillis, proxis et milices pro‑iraniennes, normalisateurs prudents, la tentation d’un pouvoir israélien ultra‑concentré est forte, au nom de la sécurité.
Yithro propose un autre modèle : déléguer, responsabiliser des échelons intermédiaires, diffuser l’éthique du jugement juste dans tout le corps social ; c’est précisément ce dont dépend la crédibilité d’Israël quand il se présente, vis‑à‑vis des voisins sunnites, comme un partenaire stable, juridiquement fiable et non comme une forteresse improvisant au gré des crises.Il lui dit : « Ce que tu fais n’est pas bon, tu t’épuises et le peuple aussi attend trop longtemps. »
Yitro conseille : « Représente le peuple devant Dieu pour les grandes affaires, enseigne-leur les lois et le chemin à suivre. »
« Choisis des hommes capables, craignant Dieu, intègres : chefs de mille, de cent, de cinquante et de dix. »
« Qu’ils jugent les petites causes eux-mêmes ; les cas difficiles, ils te les apporteront : ainsi tu seras soulagé et le peuple jugé plus vite. »
(Moïse suivit ce sage conseil – Exode 18)
l'épisode du Sinaï dessine un particularisme pour une vocation universelle : Au Sinaï, Dieu dit à Israël : « Vous serez pour Moi un trésor parmi tous les peuples… un royaume de prêtres et une nation sainte », avant de donner les Dix Commandements.
Le texte assume une élection particulière, mais pour une fonction de médiation : le prêtre n’existe que pour servir d’interface entre le sanctuaire et le monde; Israël est appelé à porter un cadre moral universel en interdisant le meurtre, le vol, le faux témoignage, la convoitise qui dépasse infiniment les frontières du Proche‑Orient.
Dans le contexte actuel, où l’on exige souvent d’Israël qu’il s’excuse de survivre ou qu’il dissolve son identité au nom d’un universalisme abstrait, ce texte rappelle que la vraie universalité passe par un particulier assumé.[
Les accords de normalisation ne sont pas la fin du conflit des récits, mais ils entérinent déjà l’idée qu’un Israël affirmant sa spécificité juive peut être un partenaire valable, notamment sur les terrains éthiques vitaux pour les régimes arabes que sont la lutte contre l’islamisme révolutionnaire, la maîtrise technologique, la gestion sécuritaire des frontières et des espaces maritimes.
Les Dix Commandements instaurent ainsi un socle minimal : interdiction du meurtre et du vol, refus de l’idolâtrie politique, sanctification d’un temps non marchand (le Chabbat), respect des parents comme matrice de la transmission.
Transposé à la scène moyen‑orientale, ce socle est l’exact inverse de la « loi » des milices et des proxis pro iraniens: culte de la violence, instrumentalisation du nom de Dieu, économie de prédation, mépris de la vie civile. Accepter Israël, c’est aussi, pour des États arabes sunnites, se positionner du côté d’un ordre régional plus légaliste, même imparfait, contre le chaos révolutionnaire.
Au pied du Sinaï, le peuple, terrifié par la révélation directe, supplie Moïse de servir de médiateur : « Toi, parle‑nous… mais que Dieu ne nous parle pas, de peur que nous ne mourions. »
Cette peur du face‑à‑face avec le divin résonne avec la difficulté, dans le monde arabe comme en Israël, à regarder en face la radicalité de certaines exigences éthiques : vérité sur l’antisémitisme, sur la violence islamiste, sur les impasses de décennies de refus de reconnaître la souveraineté juive.
Aujourd’hui, la médiation ne se nomme plus Moïse mais diplomates, services de renseignement, accords tactiques, forums économiques ; ils permettent d’amortir le choc entre idéal proclamé (solidarité panarabe) et intérêts nus (sécurité, technologie, survie des régimes).
Le récit particulier de Yithro et du Sinaï suggèrent toutefois que ces médiations ne sont légitimes que si elles restent arrimées à un noyau d’Alliance : un minimum non négociable de justice, de vérité et de fidélité à la parole donnée, faute de quoi la normalisation risque de devenir un simple arrangement cynique exposé au prochain séisme géopolitique.
En une phrase, Yithro offre une grille de lecture très actuelle : Israël appelé à être prêtre au milieu des nations arabes, ces nations invitées à passer du récit de la rivalité au choix de l’alliance, et des dirigeants sommés d’organiser des sociétés justes plutôt que des forteresses paranoïaques ...
La paracha commence par l’arrivée de Yithro, le beau-père de Moïse, au camp d’Israël et ses conseils sur la justice (Exode 18).
Elle conduit ensuite à l’épisode central : Moïse monte sur le mont Sinaï et Dieu prononce les Dix Commandements devant tout le peuple (Exode 19‑20).
Les Dix Commandements y sont énoncés de manière claire, notamment :
« Je suis l’Éternel ton Dieu… »
« Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi »
« Tu ne prendras pas le nom de l’Éternel en vain »