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samedi 5 septembre 2026

Les JO de Munich, le 5 Septembre 1972 JBCH N° 2609 - 150






Mémoire · Israël, du Mossad de 1972 à Gaza

Munich, 5 septembre 1972 : onze noms, une doctrine qui n'a jamais changé

Par Jacques-Bernard Cohen-Hadria — 5 septembre 2026

Cinquante-quatre ans après l'assassinat de onze membres de la délégation israélienne aux Jeux olympiques de Munich, il ne suffit pas de dire que nous nous souvenons. Il faut se rappeler aussi combien de temps il fallut au mouvement olympique pour leur accorder cette minute de silence que leurs familles réclamaient, et comment, après trente-quatre heures à peine, les Jeux avaient repris.






À 4 h 30 du matin, le 5 septembre 1972, huit hommes armés du groupe Septembre noir franchissent la clôture du village olympique et se dirigent vers le 31 Connollystraße, où loge la délégation israélienne. 




Ils sont venus chercher des Israéliens — pas sur un champ de bataille, mais aux Jeux olympiques. Des hommes venus courir, lutter, entraîner, arbitrer. Moshe Weinberg et Yossef Romano, qui tentent de résister, sont abattus. 

Neuf autres otages sont pris. Après l'échec des négociations et le désastre de l'opération de sauvetage à Fürstenfeldbruck, les neuf otages sont exécutés, ainsi qu'un policier ouest-allemand. À la fin, ils sont onze.

Face à cette hécatombe, Golda Meir, alors première ministre d'Israël, ne se contente pas de pleurer les morts. Elle ordonne au Mossad de traquer, un à un, les responsables de la planification et de l'exécution du massacre, où qu'ils se cachent. 

L'opération, restée dans l'histoire sous le nom de « Colère de Dieu », s'étendra sur plus de vingt ans, de Rome à Beyrouth, de Chypre à Paris. La doctrine est simple et sans appel : un État qui n'ose pas punir ses bourreaux jusqu'au bout du monde invite les suivants à recommencer.

Un État qui n'ose pas punir ses bourreaux jusqu'au bout du monde invite les suivants à recommencer.



Cette doctrine, Israël ne l'a jamais reniée. Le 7 octobre 2023, ce n'est plus une délégation olympique mais des kibboutz entiers, une rave party et des familles entières que le Hamas a massacrés, violés, enlevés. Et depuis, un à un, les planificateurs sont tombés : Saleh al-Arouri à Beyrouth en janvier 2024, Ismaïl Haniyeh à Téhéran en juillet 2024, Mohammed Deif visé le même mois, Yahya Sinwar traqué et abattu à Gaza en octobre 2024. 






La liste s'allonge, comme s'allongea autrefois celle des artisans de Munich.

Ceux qui s'étonnent encore de cette constance n'ont rien compris à ce que Golda Meir avait posé comme principe il y a cinquante-quatre ans : la mémoire des victimes ne se construit pas seulement dans les commémorations, mais dans la certitude, donnée à leurs bourreaux, qu'aucun d'eux ne mourra tranquille. 

Ce qui est arrivé aux assassins de Munich arrivera aux assassins du 7 Octobre. C'est une promesse qu'Israël tient depuis un demi-siècle, et qu'il n'a aucune intention d'abandonner.

Repères
  • 5 septembre 1972 : onze membres de la délégation israélienne tués à Munich.
  • Golda Meir ordonne au Mossad la traque des responsables — opération « Colère de Dieu ».
  • 7 octobre 2023 : attaque du Hamas contre Israël.
  • 2024 : élimination successive d'al-Arouri, Haniyeh, Deif et Sinwar.

Onze noms à Munich. Une promesse qui, cinquante-quatre ans plus tard, continue de se tenir.

© JBCH Septembre 2026   

Les réseaux d'influence en France JBCH 2609 - 149





Politique · Présidentielle 2027



Gracques, Horaces, Phrygiens : l'État profond a-t-il déjà choisi son camp ?



Par Jacques-Bernard  — 5 septembre 2026


Vingt ans de réseaux discrets de hauts fonctionnaires, du centre-gauche feutré des Gracques jusqu'aux Phrygiens insoumis révélés fin août : à dix-huit mois de la présidentielle, la haute administration française n'a jamais autant ressemblé à un vivier de partis qu'elle est censée servir avec neutralité.



Une généalogie de vingt ans

Le principe n'est pas nouveau : des hauts fonctionnaires ont toujours eu des affinités politiques et fourni, de façon informelle, des contributions aux partis qu'ils soutenaient. Ce qui change, depuis les années 2000, c'est la formalisation de ces réseaux. 

Les Gracques, cercle proche du PS et de la social-démocratie, ouvraient la voie sur un mode de think-tank et d'influence discrète, plus proche du lobby que de la structure clandestine de conquête du pouvoir. Ce que les partis dominants faisaient sans le nommer, les formations dites hors système allaient bientôt le structurer, faute de militants et de cadres expérimentés.

Les Horaces, la matrice du RN

Fondé en décembre 2015 sous la houlette d'André Rougé, le cercle des Horaces rassemble une quarantaine de hauts fonctionnaires, d'anciens membres de cabinets ministériels et de cadres d'entreprise acquis au Rassemblement national. 

Jean Messiha, avant de rejoindre Reconquête, en fut le porte-parole ; le député Jean-Paul Garraud y a été identifié comme spécialiste des questions judiciaires. Dès la campagne de 2017, le cercle se réunissait mensuellement avec Marine Le Pen pour nourrir sa crédibilité technique sur l'économie, la défense et la sécurité ; 

En 2022, le rythme était passé à une ou deux réunions par semaine. Onze ans après sa création, les Horaces restent un pilier discret  mais assumé jusque dans la presse — de la stratégie de dédiabolisation du parti.

Les Phrygiens, l'irruption à ciel ouvert

Créés en mai 2026, dans la foulée de l'officialisation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, les Phrygiens ont choisi un nom qui ne doit rien au hasard : le bonnet phrygien, symbole de la Révolution. 

Selon les révélations de la presse fin août, le réseau rassemblerait environ 80 hauts fonctionnaires, présents à Bercy, à la Banque de France, au Quai d'Orsay, dans la fonction publique hospitalière et territoriale, à la Commission européenne et jusque dans la diplomatie. 

Fonctionnement volontairement informel : une boucle Telegram, une réunion mensuelle en présentiel, un recrutement à la machine à café.




« Nous sommes présents dans tous les ministères. »Un porte-parole anonyme des Phrygiens, franceinfo, août 2026

Leur mission affichée : produire des notes sur les éco-régions ou la déconcentration des médias, deux marottes du programme insoumis, pour démontrer que LFI saurait gouverner. Coordination politique assurée par Clémence Guetté, cadre du mouvement en charge du programme présidentiel.

« Le but des Phrygiens est de nous aider à monter en compétence. »Entourage de Clémence Guetté

Le mouvement se réclame d'une filiation plus ancienne : jusqu'à sa mort en 2023, le conseiller d'État Bernard Pignerol avait déjà contribué à structurer des réseaux comparables de fonctionnaires acquis à la cause insoumise.

Ce qu'en dit Pierre Mathiot

Dans une analyse publiée le jour même sur Atlantico, le politiste Pierre Mathiot inverse la focale : ce n'est pas tant la haute fonction publique qui se partisanise structurellement, ce sont les partis eux-mêmes qui se transforment. 

Privés du militantisme de masse et des réseaux d'élus locaux qui portaient jadis le PS et le RPR, les formations aujourd'hui affaiblies  comme les outsiders RN et LFI hier  comblent le vide par de la technicité importée. Les Phrygiens ne sont, dans cette lecture, qu'un symptôme de plus du délitement du militantisme traditionnel.



Neutralité de l'État : fiction commode ou ligne rouge ?

Un fonctionnaire a un devoir de réserve et d'impartialité. Produire, dans l'ombre, des notes pour un parti crée un risque réel de conflit d'intérêts et fragilise la confiance dans l'administration. Mais la neutralité de l'État n'a jamais été absolue : nominations discrétionnaires, cabinets ministériels, pantouflage l'ont toujours relativisée. 

Refuser toute contribution experte aux partis hors système reviendrait, à l'inverse, à les maintenir dans un désavantage structurel face à des formations mieux implantées dans les élites. Le vrai problème n'est donc pas l'existence de ces réseaux, mais leur invisibilité  et l'absence de toute obligation de déclaration.





À qui profite le silence ?

Ces cercles restent minoritaires   quelques dizaines à une centaine de membres face à des milliers de hauts fonctionnaires. Mais leur existence sert une stratégie de communication précise : prouver que l'État n'est pas monolithique, et que chaque parti dispose déjà de relais à l'intérieur. 

À dix-huit mois de la présidentielle de 2027, Gracques, Horaces et Phrygiens racontent la même histoire sous des habits différents : celle d'une démocratie où l'expertise administrative se négocie désormais en coulisses, faute de pouvoir encore se conquérir dans les sections locales.

Repères
  • Gracques (années 2000) : proches du PS, logique de think-tank et d'influence discrète.
  • Horaces (créés en 2015) : environ 40 membres, proches du RN, réunions régulières avec Marine Le Pen depuis 2017.
  • Phrygiens (créés en mai 2026) : environ 80 hauts fonctionnaires, proches de LFI, coordination liée à Clémence Guetté.
  • Aucun élément public ne démontre à ce jour un usage des moyens de l'administration par ces réseaux.

L'État se veut impartial. Ses agents, eux, ont visiblement déjà choisi — en silence, et par avance.




©  JBCH N° 149           Septembre 2026     

Berlin revit alors que Paris s'éteint. JBCH N° 2609 - 148




Urbanisme · Deux capitales, deux modèles



Berlin se modernise, Paris s'appauvrit : deux conceptions antagonistes de la ville




Par Jacques-Bernard — 5 septembre 2026        JBCH N° 148

Alors que Paris multiplie les pistes cyclables, les zones 30 et les fermetures de voies aux voitures au nom d'une « ville du quart d'heure » idéalisée, Berlin prend le chemin inverse. 

La capitale allemande réduit les aménagements cyclables, relève les limitations de vitesse et achève son autoroute urbaine. Deux philosophies s'affrontent : l'une qui place la fluidité et l'efficacité au centre, l'autre qui fait de la restriction automobile un dogme.

L'épisode de la Friedrichstrasse illustre parfaitement le retournement berlinois. Ouverte aux vélos en 2020, transformée en « zone tranquillisée », cette artère légendaire  autrefois coupée par le Checkpoint Charlie  a été refermée aux voitures, puis rouverte en 2023 après décisions de justice et alternances politiques. 

Coût de l'expérimentation : 3 millions d'euros. Résultat : un sentiment de chaos et de gâchis partagé par automobilistes et cyclistes.


Le projet a « refroidi une grande partie de la population pourtant favorable à une transformation ».Andreas Knie, sociologue de la mobilité, WZB


Depuis, les conservateurs de Kai Wegner, au pouvoir depuis 2023, ont fait de la « libre circulation des voitures » leur ligne de campagne. Les affiches de la CDU pour les municipales du 20 septembre 2026 sont sans ambiguïté : « Il est interdit d'interdire la voiture. » 

L'extrême droite surenchérit : « La voiture, ce n'est pas illégal ! » Les Verts refusent d'entrer dans ce « petit jeu électoral », mais le message populaire est clair : les Berlinois en ont assez des expérimentations qui ralentissent la ville sans convaincre.

Berlin ne refuse pas le vélo. Elle refuse que la piste cyclable devienne un outil de ralentissement systématique et de moralisation. 




Elle préfère une métropole qui circule, qui connecte ses quartiers, qui accepte la réalité d'une ville polycentrique et d'une économie qui a besoin de mobilité. Paris, à l'inverse, a transformé la restriction automobile en projet identitaire. 

Résultat : embouteillages déplacés, commerces fragilisés dans certains arrondissements, sentiment d'enfermement pour une partie des habitants, et une ville qui, sous couvert d'écologie, s'appauvrit en accessibilité et en attractivité fonctionnelle.

Quant à Paris, ce sont les banlieusards exilés à cause du prix des taxes et des logements, ces banlieusards qui ne peuvent plus prendre la voiture, et qu on oblige a prendre des transports en commun sales, et inadaptés et jamais à l'heure qui en subissent les conséquences.




Deux conceptions s'opposent. L'une veut une ville qui respire par la contrainte. L'autre veut une ville qui fonctionne. Berlin a choisi la seconde. 

Et, pour l'instant, une majorité de ses habitants semble lui donner raison.



Une ville qui circule, ou une ville qui se contraint — le choix n'a rien d'anodin.

© JBCH Septembre 2026

Le Coton une industrie millénaire. JBCH N° 2609 - 147

Économie · Géopolitique des matières premières






Le coton, l'or blanc qui gouverne encore le monde


Par Jacques-Bernard   JBCH  — 5 septembre 2026 N° 147


Vingt ans après le Voyage au pays du coton d'Erik Orsenna, une fibre en apparence banale continue de faire et de défaire des économies entières, de nourrir près de 300 millions de personnes   et de servir d'arme aux grandes puissances.

L'industrie mondiale du coton pèse environ 44,30 milliards de dollars en 2026 et soutient près de 350 millions d'emplois à travers le monde dans la culture, le transport et la transformationUne fibre qui pèse plus lourd qu'on ne le croit

En 2006, Erik Orsenna partait sur les routes du coton et en revenait avec un récit d'aventurier, mêlant Égypte, Ouzbékistan, Mali et Texas. 

Vingt ans plus tard, le décor a changé, mais la leçon reste intacte : cette plante que l'on cueille pour l'imprimer sur nos t-shirts est un condensé de rapports de force. L'agriculture, comme le rappelle Sébastien Abis, ne se contente pas de nourrir : elle habille, soigne et équipe les sociétés. 




Le coton en est la démonstration la plus nette. Environ 26 millions de tonnes de fibre sont produites chaque année dans le monde, faisant vivre, directement ou indirectement, près de 300 millions de personnes, de la petite exploitation ouest-africaine à l'usine textile du Bangladesh.

Qui produit, et pour qui

La carte du coton s'est redessinée en un demi-siècle. La Chine reste le premier producteur mondial, avec environ un quart du volume global, mais elle en consomme l'essentiel dans ses propres usines textiles. L'Inde, les États-Unis et le Brésil se disputent le reste du podium ; ce dernier, porté par une agriculture mécanisée et des surfaces en expansion, s'impose désormais comme le premier exportateur mondial. 

Dans cette redistribution, l'Afrique de l'Ouest occupe une place à part : le Mali, le Burkina Faso ou le Bénin dépendent du coton pour une part considérable de leurs recettes d'exportation, sans jamais peser sur la fixation des prix mondiaux, dictée à New York, sur le marché à terme de l'ICE. 

La stratégie économique du coton n'est donc pas seulement agricole : elle est financière, et elle profite d'abord à ceux qui contrôlent les cours et la logistique  les grands négociants internationaux — plus qu'à ceux qui le cultivent.



« L'agriculture produit également de quoi habiller, soigner et équiper les sociétés. »Sébastien Abis, préface de Géopolitique du coton

Le Xinjiang, champ de bataille

Aucune région ne cristallise mieux les tensions que le Xinjiang chinois, qui concentre à lui seul une part majeure de la production nationale. Washington y voit un système de travail forcé imposé à la minorité ouïghoure et a interdit toute importation de coton en provenance de la région ; début août 2026, les États-Unis ont encore élargi leur liste noire à 43 entreprises chinoises du secteur textile. 

Pékin dément et riposte : l'Association chinoise du coton a affirmé qu'il n'existait pas de « travail forcé » dans la région, mettant en avant une récolte désormais mécanisée à plus de 90 %. 

La Chine a même sanctionné deux laboratoires américains spécialisés dans la traçabilité génétique et isotopique du coton, accusés d'avoir servi la politique de sanctions de Washington. Le coton est ainsi devenu un terrain d'affrontement technologique autant que moral, où chaque camp cherche à prouver ou à effacer l'origine d'une fibre.

Traçer un fil de coton, c'est aujourd'hui suivre une ligne de fracture entre deux superpuissances.

Le Sahel, otage des cours mondiaux




Pour les pays du C4 : Bénin, Burkina Faso, Mali, Tchad, le coton reste la première culture d'exportation et le premier pourvoyoir de devises. Mais ces économies, ultra-dépendantes d'un seul cours mondial, restent structurellement fragiles : elles dénoncent depuis deux décennies devant l'Organisation mondiale du commerce les subventions massives versées aux producteurs américains, qui compriment les prix internationaux au détriment des paysans africains. Le débat n'a jamais vraiment été tranché. 

Pendant ce temps, la concurrence des fibres synthétiques le coton ne représente plus que 30 % du marché mondial des fibres textiles, contre 70 % il y a trente ans   fragilise un peu plus des filières que le seul mérite agricole ne suffit plus à sauver.

Une stratégie, pour qui ?

Au bout du compte, le coton profite en priorité à trois catégories d'acteurs : les États qui en maîtrisent la transformation industrielle complète, de la graine au vêtement fini — la Chine en tête ; les grandes maisons de négoce mondial qui captent la valeur entre le champ et l'usine ; et les puissances capables de transformer une fibre en levier diplomatique, comme le montre la bataille du Xinjiang. 

Les producteurs eux-mêmes, qu'ils soient sahéliens, indiens ou ouzbeks, restent le plus souvent preneurs de prix plutôt que faiseurs de stratégie. Vingt ans après Orsenna, le voyage au pays du coton n'a rien perdu de son actualité : il traverse toujours les mêmes rapports de domination, simplement redistribués entre de nouveaux acteurs.

Repères
  • ≈ 26 millions de tonnes de coton fibre produites en 2025-2026 dans le monde.
  • ≈ 300 millions de personnes vivent, directement ou indirectement, du coton.
  • La Chine assure environ 25 % de la production mondiale ; le Brésil est devenu le premier exportateur.
  • Le coton ne pèse plus que 30 % du marché mondial des fibres textiles, contre 70 % il y a trente ans.



Une plante, deux siècles d'empires — et toujours la même question : qui récolte vraiment ce que d'autres sèment ?

© JBCH Septembre 2026

Dragon Ball ... un site, un mythe ? JBCH N° 2609 - 146

Les déboires de Macron








Dragon Ball à Cergy-Pontoise : une annonce prématurée ou une supercherie ?


Par Jacques-Bernard  — 5 septembre 2026           N° 146

Un projet qui fait rêver… mais qui interroge






Depuis quelques semaines, une rumeur persiste : un grand parc d'attractions inspiré de l'univers Dragon Ball verrait le jour en Île-de-France, à proximité de Cergy-Pontoise. Un projet pharaonique, porté par des investisseurs français et saoudiens, qui promettrait des retombées économiques majeures pour la région. 

Pourtant, Toei Animation, l'éditeur japonais détenteur des droits de la licence, n'a jamais confirmé cette cession.

Une omission qui soulève des questions : s'agit-il d'une annonce trop rapide, ou pire, d'un mensonge d'État ?




Toei Animation : un silence assourdissant

Contactée à plusieurs reprises, la direction de Toei Animation n'a jamais reconnu avoir vendu ou cédé les droits d'exploitation de Dragon Ball pour ce projet. 

Pourtant, des élus locaux et des promoteurs immobiliers ont déjà commencé à communiquer sur ce parc, présentant des maquettes et des calendriers de construction.

« Aucun accord n'a été signé avec la France ou l'Arabie Saoudite pour un parc Dragon Ball en Europe. »Porte-parole de Toei Animation — août 2026

Ce déni catégorique contraste avec l'enthousiasme affiché par certains responsables politiques, qui voient dans ce projet un moyen de dynamiser l'attractivité touristique de la région parisienne.




Les zones d'ombre du projet

1. Une communication trop optimiste ?

Plusieurs sources proches du dossier évoquent des négociations en cours, mais aucune preuve tangible n'a été présentée. Les documents officiels manquent à l'appel :

  • Aucun contrat signé n'a été rendu public.
  • Aucune conférence de presse conjointe entre Toei et les investisseurs n'a eu lieu.
  • Les visuels diffusés (maquettes, rendus 3D) pourraient n'être que des concepts non validés.

2. Un montage financier opaque

L'Arabie Saoudite, via son fonds souverain Public Investment Fund (PIF), est connue pour ses investissements massifs dans le divertissement (NEOM, Qiddiya). Mais dans ce cas précis, aucune annonce officielle n'a été faite.

  • Qui finance vraiment le projet ?
  • Quelles garanties pour les contribuables français ?
  • Pourquoi Toei n'est-elle pas associée aux communications ?

3. Un précédent inquiétant

En 2023, un projet similaire avait été évoqué en Espagne, avant d'être abandonné faute d'accord avec Toei. Une répétition de l'histoire ?




Les réactions : entre espoir et scepticisme


Côté politique

Certains élus locaux, comme le maire de Cergy, ont déjà salué « une opportunité historique pour l'Île-de-France ». D'autres, plus prudents, appellent à « attendre les confirmations ».

Côté fans

Les communautés de fans de Dragon Ball sont divisées : les optimistes y voient « le parc de leurs rêves », les sceptiques craignent « un coup marketing » ou « une arnaque ».

« Si c'est vrai, ce sera incroyable. Mais avec Toei qui ne dit rien, j'ai des doutes. »Thomas L., fan et modérateur d'un forum dédié à Dragon Ball

Côté juridique

Des avocats spécialisés en propriété intellectuelle rappellent que l'utilisation non autorisée de la licence Dragon Ball pourrait entraîner des poursuites pour contrefaçon.



Et maintenant ? Le silence de Toei en dit peut-être plus long que toutes les maquettes

© JBCH Septembre 2026.

L'Immortalité du Proton. JBCH N° 2609 - 145




Le proton, cette particule qui refuse de mourir

Jacques-Bernard  JBCH N° 145

Dix mille milliards de milliards de milliards d'années : c'est la durée de vie minimale estimée du proton, brique de toute matière ordinaire. Une équipe internationale vient d'apporter un éclairage nouveau sur les raisons de cette stabilité vertigineuse.

Un proton et un électron, et voilà un atome d'hydrogène, le plus simple et le plus abondant de l'Univers. Le nombre de protons dans un noyau définit l'élément chimique : deux pour l'hélium, six pour le carbone. Sans proton, pas de matière telle que nous la connaissons.

Pourtant le proton n'est pas une brique élémentaire. Il abrite trois quarks, soudés par des gluons, messagers de la force forte qui tient les noyaux atomiques. 

Et c'est là que surgit l'énigme : jamais, en un siècle de physique expérimentale, on n'a vu un proton se désintégrer de lui-même. Face à l'âge de l'Univers, 13,8 milliards d'années, le proton relève de l'éternité.

Une brique de matière presque immortelle — et personne ne sait vraiment pourquoi.

L'électron doit sa stabilité à la conservation de la charge électrique : il n'a nulle part où se désintégrer sans violer les lois fondamentales. Mais le proton, lui, est plus lourd que des particules positives plus légères. D'où l'hypothèse d'une seconde charge, dite baryonique, dont le proton porterait la plus petite unité possible, et dont la conservation interdirait sa disparition.




Reste à savoir où loge exactement cette charge. Deux écoles s'affrontent depuis les années 1970 : les trois quarks la porteraient individuellement, ou bien elle résiderait dans une structure gluonique particulière, une sorte de jonction imaginée par le théoricien Dmitri Kharzeev dès les années 1990.

La collaboration Star, au collisionneur RHIC de Brookhaven, vient de publier dans Science plus de vingt ans de données croisant quatre types de collisions. Le verdict penche nettement vers l'hypothèse de la jonction : la charge baryonique semble moins collée aux quarks qu'organisée dans la colle quantique elle-même, les gluons. Le physicien français Grégoire Pihan, de l'université de Houston, souligne que ce résultat bouscule la manière habituelle de se représenter le proton.




Rien n'est encore tranché. Mais la suite s'annonce : le futur Electron-Ion Collider, qui doit succéder au RHIC, sondera le proton avec des électrons comme autant de scalpels, tantôt sur les quarks, tantôt sur les gluons. Le proton, si familier, garde pour l'instant son secret.

En résumé
  • Le proton est stable depuis au moins 10³⁴ années — bien plus que l'âge de l'Univers.
  • Cette stabilité tient à la conservation d'une « charge baryonique ».
  • De nouvelles données suggèrent que cette charge relèverait d'une structure de gluons, plutôt que des seuls quarks.
  • Le futur Electron-Ion Collider devrait permettre de trancher.


Une particule familière, et pourtant l'une des plus énigmatiques de la physique moderne.

 © JBCH Septembre 2026.      

Le Toucher ... JBCH N° 2609 - 144



Ce corps qu'on ne touche plus


Jacques-Bernard   SepteMBre 2026

Dans un monde saturé d'écrans, Claire Marin rappelle que sans corps à corps, nous cessons un peu d'exister.

Nous vivons de plus en plus à distance. Messages, visios, likes, avatars : les relations se multiplient, se fluidifient, s'accélèrent. 






Pourtant quelque chose manque, que la philosophe Claire Marin nomme avec une rare précision : le besoin de contact réel, de peau contre peau. Ce n'est pas une nostalgie romantique. C'est une évidence incarnée.

La peau n'est pas une simple enveloppe. C'est un organe total, réactif, mémoire vivante. Elle enregistre les caresses, les coups, les étreintes, les absences. 



Toucher et être touché, c'est vérifier que l'on est là, que l'autre est réel, que le monde résiste et répond.





« Nous avons besoin de corps à corps pour nous sentir exister. »
  • La peau : C'est l'organe principal du toucher, qui couvre tout le corps.
  • Les récepteurs : Ils captent les pressions, les vibrations et les températures.
  • Le cerveau : Il reçoit les signaux par les nerfs et traduit les sensations 
  • Dans les ruptures,  se retrouver sans bras qui enlacent, c'est comme n'être plus nourri.




     L'enfant privé de contacts dépérit ; l'adulte qui en a pris l'habitude se découvre soudain obsolète. Le toucher n'est pas un luxe affectif. Il est constitutif du sentiment d'exister.

    Les écrans offrent la présence sans le poids, la parole sans le souffle, le regard sans le regard croisé vraiment. 

    On multiplie les interactions, mais on s'appauvrit en sensations. La peau, elle, ne ment pas : elle porte les traces de ce qui nous a traversés, attachements et blessures, désir et mémoire.






    Ce n'est pas un appel naïf à un âge d'or tactile. C'est une alerte philosophique. Habiter son corps passe par ces échanges de chaleur, de résistance, de présence. 

    Le corps n'est pas un pilote dans un navire : il est nous. Sans ce corps à corps, aussi fugace soit-il, nous risquons de devenir des spectres connectés — visibles, parlants, mais un peu moins vivants.

    Pour se sentir exister, il faut encore, parfois, se toucher.



    JBCH 2609.  Septembre 2026

    vendredi 4 septembre 2026

    Macron puni une fois de plus JBCH N° 2609 143

    Diplomatie & espace







    Punition américaine : quand « Ce n'est pas notre guerre » nous coûte l'espace



    JBCH N° 143

    Une page. C'est tout ce qu'il faut pour résumer le naufrage diplomatique d'Emmanuel Macron et de son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

    JBCH Réflexions —                             JBCH Septembre 2026

    " Ce n'est pas notre guerre" ... Pendant des mois, le Président a multiplié les phrases creuses, les sommets pour rien et les leçons de morale au monde entier. Le point d'orgue : ce fameux « Ce n'est pas notre guerre » lâché sur fond de crise ukrainienne et de tensions au Moyen-Orient, comme si la France pouvait se payer le luxe de regarder l'Histoire de loin, depuis son balcon parisien. 

    Une phrase de lâcheté géopolitique, qui a sidéré nos alliés. Washington n'a pas oublié.

    La punition est tombée. Elle est cinglante, publique, humiliante.

    À 5 jours de son grand raout, son Sommet Spatial de Paris au Grand Palais, censé être la vitrine de la grandeur française retrouvée, les Américains claquent la porte. Pas n'importe qui : SpaceX d'Elon Musk et Blue Origin de Jeff Bezos. 




    Les deux maîtres du ciel. Avec eux, Stoke Space et Starcloud. Quatre entreprises américaines qui annulent, d'un seul coup, sur instruction à peine voilée de la Maison Blanche.

    Ce qu'il faut retenir

    • Quatre entreprises américaines se retirent du Sommet Spatial de Paris : SpaceX, Blue Origin, Stoke Space, Starcloud
    • Politico révèle un appel direct de la Maison Blanche pour décourager la participation
    • Motif invoqué : la présence à Paris « pourrait être perçue comme un soutien tacite aux positions politiques de l'UE » et de la France
    • La Chine est invitée d'honneur, la Russie exclue

    Politico l'a révélé : la Maison Blanche a téléphoné elle-même pour décourager la participation. Motif ? La présence à Paris « pourrait être perçue comme un soutien tacite aux positions politiques de l'UE » et de la France. Traduction : votre sommet anti-américain déguisé en gouvernance mondiale, on n'en veut pas.




    C'est un désaveu absolu pour Macron. Il voulait 120 pays à ses pieds. Il voulait poser les règles du trafic spatial, des fréquences, des données. 

    Il se retrouve avec la Chine comme invité d'honneur et les États-Unis qui le snobent. 

    La Chine invitée, la Russie exclue : le symbole est terrible. Paris, capitale du non-alignement pro-Pékin, pendant que Washington nous tourne le dos. C'est ça, la « troisième voie » macroniste ? Devenir le salon où les Américains ne mettent plus les pieds ?

    Et que fait le Quai d'Orsay ? Le ministre Barrot, transparent, inaudible, se contente de couiner dans un message à l'AFP : « les revirements stratégiques rendent la tâche inutilement complexe ». Non, Monsieur le Ministre, ce ne sont pas des « revirements ». C'est une sanction diplomatique. 






    Quand vous expliquez à Washington que leurs guerres ne sont pas les nôtres, que leur concurrence est déloyale, que leur vision spatiale n'est pas la vôtre, il ne faut pas vous étonner qu'ils ne viennent pas à votre kermesse.

    Le spatial n'est pas un colloque de Sciences Po. C'est 1 000 milliards de dollars, c'est la défense, c'est le renseignement, c'est Starlink en Ukraine, c'est la Lune avec Artemis. Sans SpaceX, sans Blue Origin, votre sommet est une réunion d'experts sans lanceurs. Une coquille vide. 

    Le général Adam, secrétaire général du sommet, l'avait lui-même avoué en juillet : « Évidemment, il faut que les Américains soient là ». Ils ne seront pas là. Échec.

    Un siège vide avec écrit « SpaceX » dessus. Plus humiliant que tout.


     

    Macron a cru qu'il pouvait jouer au médiateur du monde, donner des leçons à Trump, caresser Pékin et sermonner Washington, tout en quémandant la protection américaine pour l'Europe. Les Américains viennent de lui répondre à leur manière : en ne venant pas. 

    C'est la méthode Trump : pas de tweets rageurs, pas de sanctions publiques. Juste le vide. Un siège vide avec écrit « SpaceX » dessus. Plus humiliant que tout.

    Voilà le bilan de sept ans de « diplomatie macronienne » : fâchés avec le Maroc puis réconciliés à genoux, fâchés avec l'Algérie en permanence, inaudibles en Afrique, moqués à Washington et maintenant boycottés dans le seul secteur d'avenir où la France avait encore une carte à jouer avec Ariane.




    « Ce n'est pas notre guerre » ? Non. Mais ce sera bien notre déclassement.