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dimanche 9 août 2026

Poutine et sa marine à la croisée des chemins JBCH N° 2608 - 065

  Poutine face à ses marins

Défilé naval annulé, discours martial à l'Amirauté, rumeurs de mobilisation qui s'épaississent : le maître du Kremlin oscille, un week-end après l'autre, entre prudence contrainte et emphase impériale. 

Faut-il y lire l'épuisement d'une guerre qui s'enlise, ou la préparation d'une nouvelle montée en puissance ?


Il y a quelque chose de presque comique, s'il n'était question de milliers de morts, dans ce spectacle d'un homme qui joue au chef de guerre triomphant devant des caméras russes tout en annulant, en coulisses, ce qui pourrait l'exposer. 

Pour la Journée de la Marine, fin juillet, Vladimir Poutine s'est adressé à ses matelots depuis l'Amirauté de Saint-Pétersbourg avec l'emphase habituelle sur les treize mers qui bordent la Russie, la modernisation de la flotte, la place de la marine dans la triade nucléaire. 




Le folklore impérial, intact. Mais le grand défilé naval qu'il affectionne, lui, n'a pas eu lieu comme prévu : la portée désormais avérée des frappes ukrainiennes a rendu la mise en scène trop risquée pour son propre metteur en scène.

C'est là tout le paradoxe du moment russe : plus le rapport de force se dégrade sur le terrain, plus la rhétorique se gonfle de références impériales  : la grandeur maritime, l'Arctique, la puissance retrouvée comme si les mots pouvaient compenser ce que les chiffres ne cachent plus. 

Car les chiffres, précisément, sont mauvais. Selon les estimations ukrainiennes, la Russie aurait perdu autant d'hommes depuis janvier qu'elle n'en a recrutés sur la même période. 

Pour combler ce déficit sans prononcer le mot honni de « mobilisation », le Parlement vient d'élargir les critères de recrutement dans les prisons — un vivier déjà largement asséché depuis 2022, où les contrats ne sont même plus limités dans le temps.

Poutine ne parle plus tout à fait comme un chef qui avance. Il parle comme un chef qui gagne du temps.

Ce gain de temps a un horizon précis : les élections à la Douma, le 21 septembre. Toute mesure de mobilisation plus large et plus officielle, si elle doit venir, attendra ce scrutin verrouillé d'avance. 




En attendant, le Kremlin compense sur d'autres tableaux : intensification des actes de guerre hybride en Europe, sabotages visant des terminaux pétroliers et des raffineries, pression sur la mer Baltique  qui permettent de maintenir une posture offensive sans engager de nouvelles divisions en Ukraine. 

C'est une guerre par procuration contre l'arrière économique européen, menée à moindre coût humain, pendant que le front s'enlise.

Sur le plan diplomatique, l'isolement occidental voulu par Bruxelles et Washington reste largement théorique. 

Certes, des doutes s'expriment jusqu'en Asie centrale, y compris au Kazakhstan, allié traditionnel devenu plus circonspect. 

Mais le réseau eurasien tient : l'Asie du Sud continue de commercer, et Pékin maintient son soutien à Moscou   non par affection idéologique, mais parce qu'une Russie affaiblie ou vaincue priverait la Chine d'un flanc arrière sécurisé dans son propre bras de fer avec les États-Unis dans le Pacifique. 

C'est un calcul froid, et il fonctionne pour l'instant des deux côtés.


Sans doute ni l'un ni l'autre isolément : plutôt la démonstration qu'un régime peut, simultanément, se sentir acculé sur le terrain et continuer de croire — ou de faire croire qu'il tient l'initiative. 

C'est cette dissonance qu'il faut surveiller de près, car c'est précisément là, dans l'écart entre le récit et le rapport de force réel, que pourraient naître les décisions les plus dangereuses.

Analyse inspirée du décryptage de Jean Sylvestre Mongrenier, Atlantico, 28 juillet 2026. J BCH Août 2026 

Un autre regard de l'Amérique du Sud JBCH N° 2609 - 064

Cartographie & perception

Cette carte corrige une illusion géographique : découvrez la véritable taille de l'Amérique du Sud face au reste du monde

Notre perception des continents est largement faussée par les projections cartographiques. En superposant les contours de nombreux pays à l'échelle réelle sur l'Amérique du Sud, cette carte révèle à quel point les dimensions du continent sont souvent sous-estimées.


Superposition à l'échelle réelle : États-Unis contigus, Mexique, Espagne, France, Japon, Turquie, Allemagne, Royaume-Uni et une dizaine d'autres pays tiennent, mis bout à bout, dans les seuls contours du sous-continent sud-américain. Source : The World in Maps.

Regardez cette carte deux secondes de trop et quelque chose se dérègle. Le Mexique loge dans le Venezuela. Les États-Unis contigus,  du Nebraska à la Californie,  s'étalent tranquillement sur le Pérou, la Bolivie et une bonne moitié du Brésil. 

La France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni, la Turquie, le Japon, les deux Corées, la Norvège, la Suède : quatorze pays, entassés, se partagent encore de la place. Ce n'est pas un trucage. 

C'est la géographie qu'on nous a fait oublier.

Le coupable a un nom et un âge : Gerardus Mercator, 1569. 

Sa projection, conçue pour la navigation, préserve les angles au prix des surfaces — et plus on s'éloigne de l'équateur, plus l'exagération devient grotesque. 

Le Groenland y paraît aussi vaste que l'Afrique ; il tient en réalité quatorze fois dedans. 

L'Europe, confortablement centrée sur nos mappemondes scolaires, y occupe un espace visuel sans commune mesure avec son poids réel dans la masse continentale du globe.

Une carte n'est jamais neutre. Celle qui a façonné notre regard depuis quatre siècles a, méthodiquement, gonflé le Nord et rétréci le Sud.

Le résultat ne relève pas du simple détail cartographique. 

Il structure une hiérarchie mentale : les pays du Nord y apparaissent massifs, centraux, dominants ; ceux du Sud, périphériques et rétrécis quand bien même l'Amérique du Sud, avec ses 17,8 millions de km², dépasse largement l'Europe entière. 

Cette distorsion silencieuse infuse la manière dont on pense le poids économique, démographique et stratégique des continents, dans les salles de rédaction comme dans les chancelleries.

Des alternatives existent depuis longtemps — Gall-Peters, Robinson, ou la projection AuthaGraph  sans jamais détrôner Mercator, verrouillée par l'habitude, Google Maps et des générations de manuels scolaires. 

Cette carte-là ne propose pas une nouvelle projection : elle fait le travail à l'ancienne, contour par contour, à l'échelle exacte, et laisse l'évidence s'imposer d'elle-même.


On ne changera pas Mercator. Mais on peut, au moins, cesser de confondre la carte avec le territoire.


D'après Atlantico.               JBCH Août 2026

samedi 8 août 2026

Les juifs sont appelés à la sécurité de leurs synagogues (AXIOS) JBCH N° 2608 -064

États-Unis & communauté juive6 août 2026

Dans les synagogues américaines, les fidèles deviennent gardiens

Aux USA, ace à des actes antisémites au plus haut niveau depuis 46 ans, des congrégations forment leurs propres membres en équipes de sécurité bénévoles.

En France nous avons le SPCJ qui est une référence d'un haut niveau

Partout aux États-Unis, des synagogues entraînent désormais leurs fidèles à assurer eux-mêmes la sécurité des lieux, à mesure que les agressions antisémites atteignent des niveaux records et que les lieux de rassemblement juifs font face à des menaces croissantes. Le porche d'entrée, autrefois simple symbole d'accueil, devient aussi un poste de contrôle : un signe de la manière dont l'antisémitisme redessine la vie juive en Amérique.

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Un record de 46 ans

Les actes antisémites aux États-Unis ont atteint l'an dernier leur niveau le plus élevé depuis 46 ans — le plus haut jamais enregistré depuis que l'Anti-Defamation League (ADL) a commencé à les recenser en 1979.

Concrètement, les organisations de sécurité juives superposent désormais caméras, portes renforcées, contrôles d'accès plus stricts, bénévoles formés et coordination avec les forces de l'ordre autour des synagogues — un dispositif de sécurité civile construit congrégation par congrégation.

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La Community Security Service

Plus de 7 100 bénévoles ont été formés par la Community Security Service (CSS), qui protège désormais plus de 500 synagogues et événements à travers le pays chaque semaine, selon son PDG Richard Priem.

Le prix psychologique de la vigilance

Ce renforcement sécuritaire a un coût qui dépasse le seul budget : il pèse aussi sur le moral des communautés. Le rabbin Nolan Lebovitz, grand rabbin de Valley Beth Shalom à Los Angeles — l'une des plus grandes synagogues d'Amérique du Nord —, explique que le clergé doit désormais concilier impératifs de sécurité et optimisme spirituel.

« Les Juifs, et particulièrement les parents juifs, veulent se sentir en sécurité. » En France un organisme a été créé le SPCJ par Sami Gozlan,, elle est dirigée par Guy Attal, Toutes les synagogues sont protégées par des fidèles volontaires 







Sami Gozlan




Guy Attal






Le SPCJ fait appel aux militaires, notamment via l'opération Sentinelle et le plan Vigipirate)

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Une double fonction

La porte de la synagogue devient à la fois lieu d'accueil et checkpoint de sécurité — une transformation silencieuse mais visible du quotidien des communautés juives américaines.

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Source

Cette chronique reprend et condense un article de Russell Contreras pour Axios, illustré par Brendan Lynch/Axios (images : Getty).

Pour sa famille : Erdogan. JBCH N° 2608 - 063

Turquie & réseaux islamistes1/2

La « génération pieuse » d'Erdogan, financée par Bruxelles

Cinquante mille personnes réunies dans un stade d'Istanbul, des portraits de sultans ottomans à la place des footballeurs : derrière la mise en scène, un empire de fondations familiales largement subventionné par l'Union européenne.



Début août, le stade du Galatasaray à Istanbul n'accueillait pas un match mais le rassemblement estival de la Tügva, une puissante fondation islamique pour la jeunesse turque. Cinquante mille personnes, des portraits géants des sultans ottomans Mehmet II et Selim Ier, et Recep Tayyip Erdogan haranguant la foule pendant une demi-heure dans une ferveur que les observateurs comparent à un culte de la personnalité. Plus de 700 000 collégiens ont participé cette année aux activités de l'organisation.



Fondée en 2014, un an après les émeutes de Gezi, la Tügva a pour mission assumée de former la « génération pieuse » qu'Erdogan appelait de ses vœux dès 2012, en rupture avec la tradition laïque kémaliste. 


Bilal, le fils ! 

Supervisée par Bilal Erdogan, l'un des fils du président, elle mêle études coraniques, enseignement des hadiths et activités sportives et culturelles, revendiquant plus de 400 antennes en Turquie et des camps d'été jusqu'en France.



Des fonds européens malgré les alertes

Le paradoxe, documenté depuis 2024 par le journaliste d'investigation turc Metin Cihan  contraint depuis à l'exil sous la menace de six ans de prison, tient au financement : la Tügva a perçu environ 700 000 euros du programme européen Erasmus+ pour seize projets depuis 2020, complétés par quatre projets financés par le Corps européen de solidarité. 

Ces fonds ont notamment permis l'organisation de « camps d'action » où, selon l'enquête, de jeunes participants étaient incités à « faire le djihad ». En décembre 2025 encore, un programme d'échange européen finançait un séjour de six semaines à Istanbul pour des jeunes venus de toute l'Europe.





Une recommandation de la Tügva vaudrait, selon les documents cités par l'enquête, davantage qu'un diplôme pour intégrer l'administration turque.
Repères

Financements européens

Tügva : ≈700 000 € (Erasmus+, 16 projets depuis 2020) + 4 projets via le Corps européen de solidarité.

Autres fondations financées : Türgev, Seta, IHH, Önder, Kadem, Ensar, Nur.

Réseau Tügva : plus de 400 antennes en Turquie, camps d'été en Europe dont la France.

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Turquie & réseaux islamistes2/2


Emine l'épouse

Une affaire de famille

Au-delà de la Tügva, c'est tout un écosystème de fondations qui gravite autour du clan Erdogan. La Türgev, dédiée à la jeunesse et à l'éducation, vient de fêter ses trente ans en présence du président et de son épouse Emine, l'occasion pour Erdogan de dénoncer les « déviances » LGBT qu'il juge « incompatibles avec la nature humaine ». Longtemps dirigée par l'épouse de l'ex-directeur de la communication présidentielle, elle est aujourd'hui menée par une avocate militante, tandis que Bilal Erdogan a rejoint une organisation sœur, l'Ilim Yayma Vakfi.


Esra Albayrak, la fille 

La fille aînée du président, Esra Albayrak, mariée à l'ancien ministre des Finances Berat Albayrak, occupe quant à elle des postes stratégiques dans plusieurs de ces structures : conseil d'administration de la fondation Turken aux États-Unis, qui gère plus de 100 millions de dollars ; fondatrice de la Turkuvaz en 2024 ; membre du conseil du Croissant-Vert, dédié à la lutte contre les addictions ; soutien de la Kadem, dirigée par sa sœur Sümeyye. Elle dirige enfin la fondation NUN, qui gère des écoles, et a présidé à Istanbul en mai un « Forum mondial de la décolonisation ».




Un instrument de pouvoir, pas seulement de charité

Ce que documente l'enquête de Metin Cihan dépasse la question du financement : ces fondations serviraient aussi de relais pour placer des cadres loyalistes au sein de l'appareil d'État turc, justice, éducation, défense et de caisse de redistribution politique pour le premier cercle du pouvoir. Malgré ces révélations, largement reprises par l'opposition turque, les financements européens n'ont pas été remis en cause à Bruxelles.




La Turquie vient de signer avec le Pakistan (puissance nucléaire) et l'Arabie Saoudite un pacte inédit d'aide militaire réciproque, je n'y crois pas parceque je connais le naïf MBS et les deux autres pays non arabes.




La Turquie abrite le QG du Hamas qui vient d'être expulsé du Qatar. ... Drôle de comportement pour un pays qui a une ambassade en Israël !

Repère

Le réseau familial

Bilal Erdogan : conseil d'administration de la Tügva.

Esra Albayrak : Türgev, Turken (États-Unis), Turkuvaz, Croissant-Vert, NUN.

Sümeyye Erdogan Bayraktar : fondation Kadem.

Source

Cette chronique condense et reformule une enquête journalistique fondée sur les travaux du journaliste turc en exil Metin Cihan, relayés en 2024 par Le Point.

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Jérusalem réunifiée, capitale éternelle d'Israël JBCH N° 2608 - 062

Proche-Orient & histoire6 août 2026

Judée-Samarie : 

Histoire, Souveraineté   

L'un des plus médiatisé des différends territoriaux du monde contemporain, où s'affrontent continuité archéologique millénaire et droit international moderne.

Le débat sur la Judée-Samarie est au cœur de l'un des plus anciens différends territoriaux du monde contemporain. 

Cette région, où se trouvent Hébron, Béthel, Silo, Jéricho et les hauteurs dominant Jérusalem, constitue le berceau historique de l'ancien royaume d'Israël. 

Les découvertes archéologiques : inscriptions hébraïques, monnaies, fortifications, sceaux royaux, vestiges du Premier et du Second Temple témoignent d'une présence israélite remontant à plus de trois millénaires.

Après la destruction du Second Temple par Rome en l'an 70, puis la révolte de Bar Kokhba en 132-135, une grande partie de la population juive fut massacrée et dispersée, par les romains  sans toutefois disparaître totalement de la région. 



Au fil des siècles, l'Empire byzantin, les califats arabes, les Croisés, les Mamelouks puis l'Empire ottoman administrèrent successivement ces territoires. Durant une grande partie de cette période, la région demeura peuplée par les juifs, qui étaient traités en dhimmis avec de vastes espaces ruraux, des terres incultes et des zones désertiques.

À la fin de l'Empire ottoman, la Société des Nations confia au Royaume-Uni le Mandat sur la Palestine, dont l'objectif était notamment l'établissement d'un foyer national juif, conformément à la Déclaration Balfour de 1917. 

Mais en 1922, la partie orientale du mandat fut détachée arbitrairement et en contradiction avec les accords de San Rémo paraphés par la SDN pour former la Transjordanie. La partie occidentale conserva un statut particulier jusqu'à la fin du mandat britannique.



De 1948 à 1967

À l'issue de la guerre de 1948, la Transjordanie a envahi  la Judée-Samarie ainsi que de la partie orientale de Jérusalem en éliminant tous les juifs. Cette annexion ne fut reconnue que par un très petit nombre d'États. 

Pendant cette période, de nombreux lieux saints juifs furent détruits ou devinrent inaccessibles, plusieurs synagogues furent brulées dans la vieille ville de Jérusalem et le quartier juif fut vidé de ses habitants, les habitations volées par des arabes.


En juin 1967, à l'issue de la guerre des Six Jours, Israël prit le contrôle de la Judée-Samarie et de Jérusalem. Depuis lors, les autorités israéliennes soutiennent avec raison que ces territoires constituent la partie essentielle de leur patrimoine historique, religieux et culturel. 

Elles rappellent que les principaux récits bibliques, les premières institutions politiques hébraïques et les plus anciens centres spirituels du judaïsme sont situés dans cette région.

Les implantations civiles israéliennes se sont développées à partir de la fin des années 1960. Pour leurs partisans, elles représentent le retour légitime d'une population sur sa terre ancestrale, et plusieurs décennies d'interdiction d'accès à certains sites. 

Elles sont également présentées comme un élément stratégique destiné à garantir la sécurité des principaux centres urbains israéliens et à empêcher le retour à une situation jugée vulnérable.

Deux lectures profondément différentes continuent de s'opposer : le droit international contemporain d'un côté, la continuité historique et archéologique de l'autre.

Une grande partie de la communauté internationale (l'ONU avec 57 pays musulmans) considère toutefois ces implantations comme contraires au droit international et estime que le statut définitif de ces territoires doit être réglé par des négociations, mais ne précise pas avec qui! 

Israël conteste cette interprétation juridique, faisant valoir que la Judée-Samarie n'appartenait à aucun État souverain reconnu avant 1967, que l'occupation jordanienne n'avait reçu aucune reconnaissance  , et que les dispositions du Mandat de la Société des Nations conservent, selon certains juristes, une valeur historique et juridique



Jérusalem, cœur du différend


La vieille ville de Jérusalem occupe une place singulière dans ce débat. Elle abrite le Mur occidental, vestige du Second Temple, ainsi que le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. 

Depuis 1967, Israël affirme garantir l'accès aux lieux saints des différentes religions, tout en revendiquant Jérusalem comme sa capitale indivisible. De nombreux États continuent arbitrairement de considérer que le statut de la ville  n'appartient pas à Israël ! 

Les pressions diplomatiques exercées par les puissances occidentales et par les Nations unies reposent sur leur interprétation du drôle de "droit international," sur les résolutions adoptées depuis plusieurs décennies et sur leur volonté déclarée de parvenir à une autre solution  

Israël, de son côté, fonde sa position sur des arguments historiques, archéologiques, religieux, sécuritaires et juridiques, estimant que son lien avec la Judée-Samarie est antérieur de plusieurs millénaires aux configurations politiques modernes.


La lecture du droit international

Résolutions de l'ONU, quatrième Convention de Genève, principe de l'inadmissibilité de l'acquisition de territoire par la force : le statut des implantations et le règlement final doivent, selon cette lecture, résulter d'une négociation politique.

La lecture israélienne

Continuité historique et archéologique, absence de souveraineté reconnue avant 1967, valeur persistante du Mandat de la Société des Nations, impératifs de sécurité : autant d'arguments mobilisés pour légitimer la présence israélienne.

Ainsi, deux lectures profondément différentes continuent de s'opposer : l'une privilégie les principes contemporains du "droit international" et les résolutions diplomatiques ; l'autre met en avant la continuité historique, l'archéologie, les textes anciens et l'absence, avant 1967, d'une souveraineté internationalement reconnue sur ces territoires. 

Cette divergence demeure l'un des principaux points de fracture des relations internationales au Proche-Orient. Cependant après la reconnaissance des USA de Jérusalem comme capitale d'Israël, et la construction de leur ambassade sur ce lieu, plus d'une vingtaine de pays ont décidé de suivre cet exemple au grand dam de la France qui se croit y régner comme aux temps des croisades?




vendredi 7 août 2026

Le Quai d'Orsay et ses mensonges sur Gaza JBCG_H N° 2026-061

 Gaza : le débat sur les sources, les chiffres et la guerre de l’information





Depuis le début de la guerre déclenchée après l’attaque du 7 octobre 2023, une bataille parallèle se déroule autour de l’information.



 Les critiques adressées au Quai d’Orsay portent notamment sur ce qu’elles considèrent comme une reprise trop rapide du récit diffusé depuis Gaza, sans toujours rappeler suffisamment l’origine politique des sources utilisées.


Les bilans de victimes à Gaza proviennent principalement du Hamas, placée sous le contrôle du Hamas.


Ses opposants estiment que cette structure n’est pas sérieuse qu’elle participe à la communication stratégique du mouvement islamiste. Ils soulignent que les chiffres publiés ne permettent jamais de distinguer clairement les combattants des civils et demandent que ces données soient systématiquement replacées dans leur contexte politique et militaire. Ce que ne fait pas la Presse !! 




L’UNRWA, l’agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens, est également au centre des controverses. Israël accuse depuis plusieurs années les membres de son personnel d’appartenir au Hamas. 


Après le 7 octobre, des employés de l’agence ont été accusés d’implication dans les attaques ou de soutien à des organisations terroristes, entraînant des enquêtes et un débat international sur la neutralité de cette institution. L’ex ministre des AE français Me Catala a même signé un rapport inexact pour sauver l’attitude française envers Israël. 


Film cliquez dessus


La question de la famine à Gaza a elle aussi suscité de vives polémiques. Les organisations humanitaires internationales décrivent une crise alimentaire grave que l’UNICEF dément dans son dernier rapport. 


une étude a été commandée par l’UNICEF : Selon les données rapportées par ses défenseurs, le taux de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de cinq ans à Gaza se situerait entre 0,2 % et 0,8 %, un niveau présenté comme relativement bas en comparaison avec certains pays de la région, tels que l’Égypte (2,9 %), la Jordanie (2,0 %) ou la Syrie (plus de 12 %). 


L’usage du terme de « famine » est   faux  et il faut souligner la complexité des indicateurs nutritionnels.  


Le débat porte donc à la fois sur la réalité des souffrances civiles et sur la manière dont elles sont mesurées, interprétées et utilisées dans la guerre de l’information.


La Croix-Rouge internationale qui a été partiale et n'est pas intervenue en faveur des otages si ce n'est que chauffeur de taxi, est également critiquée par certains observateurs pour ce qu’ils considèrent comme une attitude trop discrète face au sort des otages israéliens détenus par le Hamas depuis le 7 octobre. 


Complaisance envers les terroristes ...

Ses responsables expliquent maladroitement de leur côté que son action repose sur la confidentialité des négociations avec toutes les parties dans les zones de conflit.


Le rôle des médias est devenu un autre sujet majeur de controverse. Certains observateurs reprochent à des médias publics français, notamment France Télévisions et France 24, d’avoir parfois accordé une place importante à des sources locales ou à des témoignages provenant d’un environnement contrôlé par le Hamas, sans toujours rappeler suffisamment ces contraintes. 


Des terroristes déguisés en journalistes !


Des journalistes ont également été critiqués par leurs détracteurs, qui les accusent d’adopter une lecture jugée trop favorable au récit palestinien ou insuffisamment critique envers le Hamas. D'autres journalistes étaient des terroristes déguisés sans aucune accréditation.


Enfin, certains reprochent à la diplomatie française, notamment au Quai d’Orsay et aux représentations françaises à Jérusalem et auprès de l’Autorité palestinienne, de ne pas avoir suffisamment intégré la dimension sécuritaire israélienne et les accusations portées contre des institutions ou organisations proches de l’environnement politique du Hamas.




Au cœur de cette controverse se trouve une question essentielle : dans une guerre où l’image et l’opinion publique sont devenues des armes stratégiques, gouvernements, médias et organisations internationales ont la responsabilité de vérifier leurs sources, de distinguer les faits établis des récits militants et de garantir une information aussi rigoureuse que possible.






JBCH Août 2026