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mercredi 7 octobre 2026

Comprendre ce qui se passe avec les lycéens JBCH N° 2610 - 215








Éditorial · Réfléchissez, il est encore temps
JBCH 215.               7  OctObre 2026


Les  pancartes dans un cortège lycéen



On pouvait la lire jeudi au milieu des cortèges lycéens, brandie à bout de bras sur des cartons :

« On n’a pas envie de perdre notre vie à la gagner »

La formule, née en Mai 68 sur les murs de la Sorbonne, a traversé les décennies et revient aujourd’hui portée par une génération qui s’interroge sur Parcoursup, sur le bac et sur son avenir. 




Le propos n’est pas un refus du travail, mais le rejet d’une existence entièrement absorbée par la course au salaire et à la performance.

À côté de ces pancartes, un autre symbole s’impose presque systématiquement : le drapeau palestinien. 




Il ne renvoie pas directement aux revendications scolaires, mais il est devenu dans les manifestations, sans que ces enfants sachent ce qu’il représente véritablement, par un manque devenu culture, un soit-disant marqueur de soit-disant solidarité internationale et d’engagement on ne sait pas à quoi !.

Pour beaucoup de lycéens, il exprime sans le savoir, une sensibilité à la situation à Gaza et, plus largement, une lecture du monde en termes de certaines causes à défendre, sans connaître les buts avoués des islamistes qui les manipulent.





Son omniprésence, très relayée sur les réseaux, explique aussi pourquoi ces cortèges sont autant commentés, entre ceux qui y voient une ouverture et ceux qui y voient une politisation qui dépasse le cadre lycéen.

LFI met en avant nos enfants qu'ils manipule ... C'est incompréhensible qu'ils ne soient frappés d'aucune sanction.

Tout cela fait le jeu de la famille Le Pen , qui se lèche les babines ... mais ils jouent une partie dangereuse, 

LFI souffle sur ces braises, et son discours déborde d’un antisémitisme que l’on croyait disparu à jamais ! Le Loup FN-RN se cache et profitera de cet avantage offert gracieusement par la Gauche ...



 

Réfléchissez, il est encore temps ! 

On attend des sanctions. Mais tant que les juges seront pollués par une gauche nauséabonde…




… aucune sanction ne sera prononcée.

© JBCH  Réflexions Octobre 2026 

L'Intifada s'installe en France JBCH N° 2610 - 214

Éditorial · Réfléchissez, il est encore temps
JBCH Octobre 2026 N° 214




L’Intifada s’installe en France

La France en marche vers une guerre civile ?

Ce qui agite aujourd’hui les lycées n’est plus une fronde pour des moyens. C’est le symptôme d’une République qui a renoncé à intégrer, d’une école qui a renoncé à transmettre et d’une gauche radicale qui souffle sur les braises.

L’Intifada n’est plus une abstraction lointaine, vue sur les écrans du journal de vingt heures et ceux des chaines d'info. . Son vocabulaire, ses slogans, ses keffiehs et parfois ses méthodes ont franchi la Méditerranée. Ils s’installent dans nos cours de lycée, nos facultés, nos rues. 

Ce n’est pas le fruit du hasard : c’est le prix de quarante ans d’une immigration massive, mal maîtrisée, jamais préparée ni vraiment assumée par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche.

La France compte aujourd’hui plus de quinze  millions d’immigrés,. Ce n’est pas un crime ; c’est un défi. Un défi que la République a relevé jadis avec les Italiens, les Polonais, les portugais, les Espagnols, les Juifs d’Afrique du Nord, parce qu’elle savait ce qu’elle voulait transmettre. 

Elle a cessé de le savoir. L’intégration a été remplacée par l’indifférence, puis par la repentance.




L’école, premier rempart tombé


L’école aurait dû être la première ligne de défense de la République. Elle a failli. Deux professeurs, Samuel Paty en 2020 et Dominique Bernard en 2023, ont été assassinés par des islamistes pour avoir enseigné. 

Combien d’autres pratiquent désormais l’autocensure, évitent la Shoah, contournent la laïcité, se taisent sur Israël ?

Le mouvement lycéen actuel en est le symptôme le plus visible. Le schéma classique s’est inversé : la violence et la radicalisation ont précédé les revendications. 

On n’assiste plus à une colère sociale qui monte, mais à une explosion identitaire dirigée contre l’État lui-même.

Quand la violence précède la revendication, ce n’est plus une protestation. C’est une sécession.

Les incendiaires




La France insoumise a parfaitement saisi l’opportunité. Classes surchargées, personnels absents, bâtiments délabrés : de vrais problèmes matériels, que LFI transforme systématiquement en procès en « racisme systémique ». 

L’analyse sociale est abandonnée au profit d’une grille victimaire qui trie la jeunesse selon l’origine, la religion ou la couleur de peau. C’est le contraire exact de la promesse républicaine.

À ses côtés, les franges ultragauche et autonomes parasitent le mouvement. La violence n’y est plus marginale : elle devient un mode d’action, parfois mêlée aux logiques de quartier et de trafic. Les émeutes de l’été 2023, menées en grande partie par des mineurs, avaient donné le ton. 

Le danger n’est pas seulement l’émeute d’un soir : c’est la fragmentation progressive du territoire, avec des zones où l’autorité de l’État n’entre plus.





Les quatre fractures

  • Une immigration subie : des flux jamais réellement choisis ni maîtrisés, une intégration abandonnée.
  • Une école désarmée : des enseignants seuls face à la contestation des savoirs et des valeurs.
  • Une politisation identitaire : la race et la religion à la place du débat social.
  • Une violence banalisée : l’émeute comme langage politique, les réseaux comme accélérateur.

Les algorithmes de la haine

Les réseaux sociaux font le reste. Leurs bulles exposent une partie de la jeunesse à des récits radicaux, antirépublicains, parfois ouvertement antisémites ou anti-Blancs. Les repères communs s’effacent, la provocation devient une performance, et l’école se retrouve en première ligne d’un conflit culturel qu’elle n’a plus les moyens de contenir.

Disons-le clairement : les premières victimes de cette dérive sont les jeunes Français issus de l’immigration qui veulent simplement réussir, apprendre et vivre libres. Ce sont eux que les caïds, les prédicateurs et les militants identitaires prennent en otage. Les abandonner aux discours de rupture, c’est la plus grande trahison de la République.





Regarder la réalité en face

La question n’est plus de savoir si la France connaît des tensions ethniques et religieuses. Elle les connaît. La question est de savoir si nos dirigeants accepteront enfin de nommer les causes : une immigration massive mal maîtrisée, une école qui a renoncé à transmettre, une politisation identitaire qui remplace le débat social, une violence qui s’installe comme langage politique.





Sans réponse claire et ferme, la confrontation n’est plus une hypothèse d’essayiste : c’est une trajectoire déjà engagée. Il est encore temps de la détourner. Mais plus pour longtemps.

© JBCH Octobre 2026 

Ceux qui courtisent les juifs & Co JBCH N° 2610 - 213





JBCH   N° 213  · 7 octobre 2026

Trois ans après le 7 octobre : 

La cour que les politiques font aux Juifs de France





Retailleau à Re’im, après tant d’autres

Ce 7 octobre, troisième anniversaire du massacre commis par les assassins du Hamas, c’est Bruno Retailleau qui fait le voyage. Il parcourt les kibboutz dévastés, se recueille sur le site du festival Nova, près de Re’im, où plus de 370 jeunes gens ont été abattus en dansant. Et il le fait largement savoir.





Soyons justes : l’homme n’est pas un converti de la dernière heure. Sénateur, il s’était déjà rendu à Kfar Aza en décembre 2023, quand beaucoup se taisaient encore. 

Ministre de l’Intérieur, il a tenu un discours ferme sur l’antisémitisme. Mais le calendrier, lui, ne trompe pas : 2027 approche, la droite cherche son champion, et rien ne vaut une image de recueillement pour poser une stature.

En politique, les victimes et la mémoire ont parfois plus de valeur en photo qu’en actes.



 

Le Rassemblement national et la grande lessive

Le Rassemblement national, lui, a fait de cette séduction une stratégie. Marche parallèle à la manifestation contre l’antisémitisme, déclarations mielleuse d’amitié pour Israël, et jusqu’au voyage de Jordan Bardella en mars 2025, reçu par un  membre du gouvernement israélien et recueilli lui aussi sur le site de Nova. 


Objectif : faire oublier ce que beaucoup tiennent pour un antisémitisme de fond, l’héritage d’un parti fondé par d’anciens collaborateurs et longtemps présidé par un homme condamné pour ses propos sur le « détail ». La lessive est bruyante ; la mémoire, elle, ne se lave pas si vite.




Ce que les Juifs de France attendent vraiment

  • La sécurité au quotidien : plus de 1 500 actes antisémites recensés en France en 2024, des écoles et des synagogues sous protection militaire permanente.
  • Une justice qui sanctionne les agressions, les tags, les menaces, au lieu de classer sans suite.
  • Un enseignement où l’on puisse encore parler de la Shoah et d’Israël sans être couvert d’insultes.
  • Une parole claire qui nomme l’antisémitisme d’où qu’il vienne, extrême droite, extrême gauche comme islamisme.


Les Juifs ne sont pas un « vote »

Il y a, dans cette cour assidue, quelque chose d’humiliant. Elle suppose que les Juifs voteraient comme un seul homme, qu’un pèlerinage à Re’im suffirait à acheter leur reconnaissance. 

C’est mal les connaître. Ils sont de gauche, de droite, du centre ; ils sont divisés sur Israël, sur Netanyahou, sur tout. 

Ce qui les unit, depuis trois ans, c’est la peur : peur de porter une kippa dans le métro, peur pour leurs enfants à l’université, peur de voir leur pays se résigner.

À cela, aucune photographie ne répond. Seuls répondent des actes : des moyens pour la police, des condamnations exemplaires, le courage de rompre avec ceux qui, à l’Assemblée, ont qualifié le Hamas de « mouvement de résistance ». Ce courage-là ne se met pas en scène. Il se mesure dans la durée.




Les Juifs de France n’ont pas besoin de pèlerins de campagne électorale. 
Ils ont besoin de protecteurs, aujourd’hui et après le scrutin. Qu’on se souvienne d’eux le 8 octobre, et tous les jours suivants.




© JBCH Octobre 2026

CNN change de main ... JBCH N° 2610 - 212

 



JBCH N° 212                   7 Octobre 2026. 


 Warner Bros.  : 

HBO et CNN passent sous pavillon Ellison


L’affaire Warner est close. David Ellison a coiffé Netflix au poteau et s’offre l’un des plus grands empires médiatiques du monde. Ce n’est pas qu’un rachat : c’est un séisme idéologique.

110 Md$valeur de l’opération
31 $par action, en numéraire
0contre-offre de Netflix



C’est fait. David Ellison, patron de Skydance et nouveau maître de Paramount depuis 2025, met la main sur Warner Bros. Discovery. Avec lui tombent dans la même corbeille les studios Warner, HBO, DC, l’univers Harry Potter, Game of Thrones… et surtout CNN. Les derniers obstacles juridiques ont sauté : les États américains qui contestaient l’opération ont transigé, et la justice californienne a validé l’accord.

Netflix croyait pourtant avoir gagné. Son offre à 82,7 milliards de dollars pour les studios et le streaming avait été acceptée par le conseil de Warner. Mais Ellison a surenchéri jusqu’à 31 dollars l’action pour l’ensemble du groupe, adossé à la garantie personnelle de son père Larry, fondateur d’Oracle et l’un des hommes les plus riches du monde. 

Il a même payé l’indemnité de rupture due à Netflix. Ses dirigeants ont jeté l’éponge : à ce prix, ont-ils expliqué, l’affaire n’en valait plus la peine.

Hollywood change de propriétaire. Et CNN change de patron.



 

CNN tourne la page

Pendant des années, CNN a fonctionné comme le porte-voix officieux de l’aile progressiste du Parti démocrate : hostilité systématique envers la droite américaine, complaisance sur le Moyen-Orient,  appui inconsidéré aux terroristes du Hamas, et une couverture d’Israël qui confondait trop souvent journalisme et militantisme. Les audiences ont suivi : la chaîne qui inventa l’information continue s’est fait distancer, année après année.

Avec David Ellison, le vent tourne. Le précédent est sous nos yeux : depuis la prise de contrôle de Paramount, CBS News a été reprise en main, et Bari Weiss, figure de la critique du wokisme et voix lucide sur Israël, a été placée à la tête de sa rédaction. 




Ellison a fixé publiquement le cap pour CNN : s’adresser aux quelque 70 % d’Américains qui se situent au centre gauche ou au centre droit, et faire de la chaîne une entreprise « de vérité et de confiance ». 

Il a promis de respecter son indépendance éditoriale. Reste à voir ce que cette promesse deviendra entre les mains d’un actionnaire qui ne cache pas ses amitiés trumpistes. Mais une chose est sûre : l’ère du militantisme à l’antenne touche à sa fin.






Pourquoi c’est une bonne nouvelle pour ceux qui en avaient assez de CNN

  1. La fin du parti pris. Le téléspectateur qui cherchait de l’information et tombait sur des éditoriaux démocrates pourra retrouver une chaîne qui parle à l’Amérique du centre, et non à la seule gauche radicale.
  2. Un rééquilibrage sur le Moyen-Orient. Une couverture qui cesse de donner un blanc-seing aux récits du Hamas et rend sa place à une voix favorable à Israël : c’est ce qu’attendaient beaucoup de téléspectateurs juifs et amis d’Israël, en Amérique comme en Europe.
  3. Un patron qui assume. Proche de l’administration Trump, adossé à un capitalisme de conquête à l’ancienne, Ellison n’a pas peur de dire que les médias doivent cesser d’être militants.

Il faudra juger sur pièces. Une chaîne de droite qui remplacerait un militantisme par un autre ne vaudrait pas mieux. 

Mais si CNN redevient une chaîne d’information plutôt qu’une tribune, ce sont les téléspectateurs, et la démocratie américaine, qui y gagneront.

La gauche hollywoodienne a perdu ses studios et sa chaîne d’information en une seule transaction. Elle criera à la mainmise. 
Le wokisme antisémite perd du terrain, Elle oubliera de dire qu’elle a eu, pendant trente ans, le monopole du micro.

©JBCH Octobre 2026

mardi 6 octobre 2026

Alexandre le Grand chez les Juifs JBCH N° 2610 - 211







Histoire & Traditions · Athènes et Jérusalem

JBCH Octobre 2026            N° 211                  6 Octobre

Alexandre le Grand chez les Juifs : 

Le conquérant devenu personnage du Talmud

Il n’a régné que treize ans et n’a fait que traverser la Judée. Pourtant, Alexandre a changé pour toujours le monde dans lequel vivrait le peuple juif. 

Les rabbins, eux, en ont fait un héros, un élève et parfois un fou. Retour sur une rencontre fondatrice entre la Grèce et la Judée (Israël)






Le conquérant : 332 avant notre ère

En 332, après la bataille d’Issos, Alexandre descend la côte levantine. Il assiège Tyr sept mois durant, prend Gaza, entre en Égypte où il fonde Alexandrie. 

La Judée, petite province perse gouvernée par le grand prêtre de Jérusalem, change de maître sans combat. En apparence, rien de plus qu’un transfert de tutelle.

En réalité, c’est un basculement de civilisation. Avec Alexandre arrivent la langue grecque, la cité, le gymnase, la philosophie. 

À sa mort en 323, son empire se disloque entre ses généraux : la Judée sera ballottée entre les Ptolémées d’Égypte et les Séleucides de Syrie. 

Un siècle et demi plus tard, l’hellénisation forcée d’Antiochos IV provoquera la révolte des Maccabées. Ce n’est pas un hasard si le premier livre des Maccabées s’ouvre sur Alexandre : tout commence avec lui.

La Bible avait déjà vu passer le bouc venu de l’Occident, qui brise les deux cornes du bélier perse.

Le Livre de Daniel l’a d’ailleurs « prophétisé » : au chapitre 8, un bouc à la corne unique terrasse le bélier de la Perse, puis sa corne se brise et quatre autres surgissent. Au chapitre 11, un roi puissant domine, puis son royaume est partagé aux quatre vents du ciel. Alexandre entre dans l’histoire juive par la porte de l’Écriture.




Le roi qui s’inclina devant le grand prêtre

La tradition judéo-hellénistique s’empare aussitôt du personnage. Flavius Josèphe, au Ier siècle, raconte dans ses Antiquités juives une scène inoubliable : Alexandre marche sur Jérusalem ; le grand prêtre Yaddoua sort à sa rencontre, revêtu de ses habits sacrés, le Nom divin gravé sur la lame d’or de son front. 

Le conquérant descend de cheval et se prosterne. À ses généraux stupéfaits, il explique avoir vu cet homme en songe, en Macédoine, lui promettre la victoire. Il offre un sacrifice au Temple, se fait lire la prophétie de Daniel et accorde aux Juifs le droit de vivre selon leurs lois.

Aucun historien grec ne mentionne cette visite, et les chercheurs la tiennent pour légendaire. Mais elle dit l’essentiel : le maître du monde reconnaît la grandeur du Dieu d’Israël. L’Alexandrie qu’il a fondée deviendra d’ailleurs la capitale du judaïsme de langue grecque. C’est là que la Torah sera traduite en grec, la Septante, et que Philon tentera de réconcilier Moïse et Platon.




L’Alexandre des rabbins

Le Talmud reprend la rencontre de Josèphe, mais en change les acteurs. Selon le traité Yoma (69a), les Samaritains obtiennent d’Alexandre la permission de détruire le Temple. Shimon le Juste, le grand prêtre, vient au-devant du roi, qui descend de son char et se prosterne : l’image de cet homme, dit-il, le précède dans toutes ses batailles. Les Samaritains sont châtiés, et le jour devient une fête, le 25 Tevet.

Les autres visages d’Alexandre dans la littérature rabbinique

  • L’élève. Dans le traité Tamid (31b-32a), Alexandre interroge les Sages du Néguev : le ciel fut-il créé avant la terre ? Qui est sage ? Qui est puissant ? Le conquérant vient chercher la sagesse chez les Juifs.
  • L’œil insatiable. Aux portes du Paradis, on lui remet un œil humain. Posé sur une balance, il pèse plus que tout son or, jusqu’à ce qu’on le recouvre d’un peu de poussière : le désir humain n’est rassasié que par la mort.
  • Le juge jugé. Le Midrash (Bereshit Rabba 33) l’envoie chez un roi lointain qui, par sa justice étrange, lui fait honte de la sienne.
  • L’arbitre. Le traité Sanhédrin (91a) met en scène devant lui des procès contre les Juifs, sur la terre de Canaan et l’or d’Égypte, que gagne un simple homme du peuple, Guebiha ben Pessissa.
  • Le prénom. Une tradition tardive rapporte que, faute de statue, les prêtres promirent de donner son nom aux garçons nés cette année-là. Alexandre devint ainsi l’un des rares prénoms grecs adoptés par les Juifs.

Le Talmud de Jérusalem (Avoda Zara 3, 1) va plus loin : Alexandre s’élève dans les airs, jusqu’à voir le monde comme une boule et la mer comme un plat. 

Le conquérant devient un explorateur des limites du monde, un Prométhée que la sagesse juive ramène à sa mesure.


Une rencontre jamais achevée

Pourquoi les Sages ont-ils tant aimé ce païen ? Parce qu’à travers lui, ils pensaient leur propre rapport à la Grèce. Alexandre, c’est la puissance qui s’incline devant le spirituel ; c’est la raison grecque qui vient interroger la Torah ; c’est l’ambition humaine rappelée à sa finitude. Le judaïsme n’a ni rejeté ni épousé l’hellénisme : il l’a converti en question.




Emmanuel Lévinas ne disait pas autre chose lorsqu’il assignait au judaïsme la tâche de dire en grec ce que la Grèce n’avait pas su penser. 

La langue universelle de la raison, au service d’une éthique venue de Jérusalem. La rencontre commencée en 332 dure encore.

Alexandre voulait conquérir le monde. Les Juifs, eux, l’ont fait entrer dans leurs livres. Lequel des deux a gagné ?

©JBCH Octobre 2026 

© JBCH Octobre 2026.   Références : Daniel 8 et 11 ; 1 Maccabées 1 ; Flavius Josèphe, Antiquités juives XI, 8 ; Talmud de Babylone, Yoma 69a, Tamid 31b-32a, Sanhédrin 91a ; Talmud de Jérusalem, Avoda Zara 3, 1 ; Bereshit Rabba 33.

Du nouveau sur Alzeihmer ! JBCH 2610 - 210








JBCH N° 210.                         6 Octobre 2026

Santé · Recherche

Alzheimer : à Toulouse, l’espoir vient de la graisse





Ni miracle ni neurones neufs, mais une piste sérieuse : calmer l’incendie qui ronge le cerveau. Le CHU de Toulouse vient de lancer un essai de cellules souches adultes chez des malades d’Alzheimer.

1,4 millionde malades en France
225 000nouveaux cas par an
23 %des plus de 80 ans

Voilà une maladie qui frappe près d’un Français sur douze au-delà de 65 ans, et contre laquelle la médecine reste désarmée. On sait en ralentir un peu le cours ; on ne sait ni la prévenir, ni la guérir.

Les anticorps anti-amyloïdes récemment autorisés offrent un gain modeste, au prix d’effets secondaires sérieux. Chaque famille touchée le sait : le temps joue contre elle.



C’est dans ce paysage que le Pr Julien Delrieu, gériatre au CHU de Toulouse, ouvre une autre porte. Son équipe injecte à des patients des cellules souches prélevées dans le tissu adipeux d’un donneur adulte en bonne santé. 

Rien à voir avec les cellules embryonnaires et les débats éthiques qu’elles soulèvent : ces cellules-là ne savent pas devenir n’importe quel tissu, et ne fabriqueront donc pas de nouveaux neurones.

« Elles permettent en revanche de moduler l’inflammation. »— Pr Julien Delrieu, CHU de Toulouse



 

Tout est là. Depuis quelques années, la recherche regarde l’Alzheimer autrement : non plus seulement comme l’accumulation de plaques toxiques, mais comme un feu lent, une inflammation chronique du cerveau qui entretient la destruction. 

Éteindre ce feu, c’est peut-être freiner la maladie. Ces cellules ont déjà fait leurs preuves pour cette propriété ailleurs : dans les maladies inflammatoires de l’intestin, ou pour limiter les réactions de rejet après une greffe.

Restons lucides. Un essai qui commence n’est pas un traitement qui arrive. Il faudra des années, d’autres phases, des effectifs plus larges, avant de savoir si la promesse tient. 



Mais saluons ce que la France sait encore faire : une recherche publique, hospitalière, inventive, qui ose sortir des sentiers battus. 

Face à une maladie qui efface les mémoires, c’est déjà une raison de ne pas désespérer.

© JBCH Octobre 2026

D’après Coralie Lemke, Le Point, « Maladie d’Alzheimer : l’espoir des cellules souches adultes », 25 septembre 2026.