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lundi 30 mars 2026

VAV, la sixème lettre .. JBCH N° 2603 - 982

Le Vav, clou d’or et d’argent



 

Au cœur de l’alphabet sacré, la sixième lettre se dresse, fine comme une colonne vertébrale, droite comme un pieu planté dans la terre promise. On l’appelle Vav. Son nom murmure déjà son secret : crochet, cheville, clou.



Dans le désert du Sinaï, les artisans du Tabernacle en forgèrent des centaines d’argent pour suspendre les rideaux de lin et de pourpre, reliant ainsi le profane au saint, le ciel à la tente humaine. Sans ces Vavim invisibles, le sanctuaire mobile se serait effondré au premier vent. Ainsi en est-il toujours : ce qui tient le monde n’est souvent qu’un lien discret.






Dans la langue sainte, le Vav est le grand « et ». Il unit sans effacer. « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » : dès le premier verset, il tisse la dualité en une seule respiration. Il est le conjonctif divin, celui qui refuse la séparation, qui empêche que le haut méprise le bas et que le bas oublie le haut. Valeur numérique six : six jours pour achever la Création, six directions de l’espace, six Sefirot du cœur divin – Chesed jusqu’à Yessod – qui forment le corps du « Petit Visage », Zeïr Anpin, médiateur entre l’infini et le fini.


Dans la Kabbale, le Vav est l’axe. Dans le Nom ineffable YHVH, il se tient au centre, fils qui relie le Père (Yod) à la Mère (premier Hé) et à la Shekhina (Hé final). Colonne vertébrale du cosmos, il redresse ce qui penche, harmonise ce qui s’oppose, transforme la tension en équilibre.


Il est Tiféret, la Beauté, là où la rigueur et la miséricorde se rencontrent et s’embrassent. Sans lui, les mondes resteraient disjoints, comme des rideaux déchirés par la tempête.




Dans la vie civile, il demeure humble : simple son /v/, conjonction de coordination quotidienne, lettre qui relie les phrases comme les générations. Pourtant, en Israël comme en diaspora, il porte encore la mémoire du crochet d’argent : ce qui assemble le peuple dispersé.




Aujourd’hui, face aux ombres qui montent – les missiles iraniens, les proxies de la nuit, les discours qui cherchent à isoler et à briser –, le Vav prend une résonance guerrière et prophétique.


Il est le crochet qui fixe la tente d’Israël au sol de sa terre, malgré les vents de feu venus d’Iran. Il est le « et » qui refuse de laisser séparer le Juif de Tel-Aviv du Juif de New York, le religieux du laïc, l’ashkénaze du séfarade. Contre l’antisémitisme qui resurgit comme une ancienne peste, masquée parfois d’antisionisme, le Vav devient l’arme silencieuse de l’unité : il relie les cœurs, les bras, les prières et les boucliers.



Il rappelle que la victoire ne naît pas seulement de la force des armes, mais de la force du lien. Comme les Vavim du Tabernacle tenaient les voiles contre le sable du désert, ainsi le peuple juif tient debout par ses crochets invisibles : Torah, mémoire, solidarité, amour du vivant. Le Vav inverse même le temps biblique : il fait du passé un futur, de la promesse une réalité. Dans les nuits de missiles et de haine, il murmure : « Nous sommes encore liés. Nous tenons. Nous sommes un. »



Fragile en apparence, droit comme une épine dorsale, le Vav est le clou qui empêche la tente de s’effondrer. Tant qu’il y aura un Vav pour relier le ciel à la terre, le Juif à son frère et Israël à son destin, la lumière ne sera pas vaincue.





Alerte attentats à la veille des fêtes juives et chrétiennes en France. JBCH N° 2603 - 981

🔴 Situation actuelle : attentat déjoué à Paris (28 mars 2026)

Dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 mars, un attentat visant le siège parisien de la Bank of America, rue La Boétie (8e arrondissement), a été déjoué. L'affaire s'inscrit dans un contexte de tensions liées à la guerre en Iran et de menaces proférées par un groupuscule islamiste.

Au total, trois suspects sont en garde à vue. Le suspect principal est un mineur de 17 ans, né au Sénégal, qui aurait été recruté via Snapchat pour poser la bombe en échange de 600 euros.

Les enquêteurs soupçonnent le trio d'avoir été recruté pour le compte d'un groupe pro-iranien qui se fait appeler "Mouvement islamique des croyants vertueux", lequel menaçait directement la banque sur les réseaux sociaux une semaine avant les faits. 





🎯 Les cibles identifiées en France

Les autorités ont identifié plusieurs cibles potentielles : les opposants iraniens réfugiés en France, leurs locaux associatifs, les lieux de culte juifs, ainsi que les intérêts américains et israéliens sur le territoire.

Le risque d'actions à caractère terroriste est jugé réel pour tout ce qui a trait aux États-Unis et à Israël sur le territoire français. Laurent Nuñez a établi un lien avec des attaques similaires en Belgique, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, revendiquées par le même groupuscule.


⚠️ Le danger spécifique : la stratégie iranienne de "sous-traitance criminelle"

C'est le point le plus inquiétant sur le plan historique et stratégique :

Comme l'explique Antoine Izambard, rédacteur en chef d'Intelligence Online : "Des services iraniens, russes et autres utilisent de plus en plus des personnes issues de la criminalité organisée, offrant quelques centaines d'euros pour réaliser des opérations, ce qui permet d'agir de manière discrète et efficace."

En France, une quinzaine de suspects font l'objet d'un suivi particulièrement attentif pour leurs liens supposés avec les réseaux iraniens ou le Hezbollah. Le Hezbollah et la Force Al-Qods recrutent souvent des profils inattendus, issus parfois de la délinquance, dont les exécutants ignorent souvent la véritable nature du commanditaire.


📜 Leçons de l'histoire : les précédents iraniens en Europe



Rue de Rennes 


Depuis 1979, l'Iran a une longue tradition d'opérations clandestines sur le sol européen :

  • 1980-90s : assassinats d'opposants iraniens en exil (France, Allemagne, Suisse)
  • 2018 : tentative d'attentat déjouée contre un rassemblement d'opposants à Villepinte (Seine-Saint-Denis) — un couple belgo-iranien arrêté en Belgique
  • 2022-2024 : vague de recrutements via la criminalité organisée pour des actions en Europe (incendies à Toulouse, Lyon)
  • Mars 2026 : attaques coordonnées en Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni et France

Pour le sénateur Cédric Perrin, membre de la délégation parlementaire au renseignement, "compte tenu des méthodes que les Iraniens appliquent depuis 1979 notamment en direction de l'Occident, le risque d'attentat terroriste est de plus en plus élevé."


🔐 Mesures de sécurité renforcées

Les autorités ont mis en place un renforcement des patrouilles dans les quartiers sensibles et autour des places financières, une surveillance accrue des réseaux sociaux, et une coopération européenne renforcée pour partager les renseignements sur les menaces émergentes.

Un point de vulnérabilité majeur reste les messageries cryptées (WhatsApp, Telegram, Signal) dans lesquelles il est "extrêmement compliqué pour les services de renseignement de remonter les filières ou d'anticiper des attentats".


Patrouilles Sebtinelles



🗓️ Que faut-il craindre à Pâques et Pessah ?

Les fêtes religieuses de fin mars/début avril 2026 (Pâques chrétienne et Pessah juive) concentrent plusieurs facteurs de risque :

  • Rassemblements importants dans les lieux de culte (églises, synagogues)
  • Contexte de guerre au Moyen-Orient exacerbant les tensions
  • Menaces explicites du groupuscule Hayi contre des cibles israéliennes et américaines en Europe
  • Précédent historique : des attaques en Europe ont souvent coïncidé avec des périodes symboliques

La vigilance est donc particulièrement justifiée autour des lieux de culte juifs et des sites américains, même si les autorités soulignent que la France n'est pas une cible directe en tant qu'État.




Le Destin d'un peuple JBCH N° 2603 - 980

Israël — Un destin hors du commun
Des explorateurs de Moïse aux manifestants de la place Habima


Lundi 30  mars 2026, pendant que des missiles iraniens frappaient la région de Jérusalem, blessant onze personnes à Eshtaol et tuant un agent de sécurité à Tel Aviv , des centaines d’Israéliens manifestaient place Habima à Tel Aviv, à Jérusalem et à Haïfa contre la guerre avec l’Iran . 

Un sondage de l’Institut de la démocratie israélienne indique pourtant que la guerre bénéficie d’un soutien large et décisif parmi les Juifs israéliens.  Les manifestants, eux, crient : “Assez de guerre, oui à la paix.”





C’est ici que l’Histoire s’impose avec une force bouleversante.

Le péché des explorateurs — Moïse envoie douze éclaireurs reconnaître Canaan. Dix reviennent terrifiés : “Le pays dévore ses habitants… nous étions à nos propres yeux comme des sauterelles.” (Nombres 13). Cet effondrement de la foi face à l’ennemi — réel, armé, menaçant — condamna une génération entière à errer. La leçon est fondatrice : le défaitisme devant la menace existentielle n’est pas de la sagesse. 


C’est une faute. Seuls Caleb et Josué — ceux qui dirent “nous pouvons” — entrèrent en Terre promise.


Trois mille ans de survie contre toute logique — Aucun peuple antique n’a survécu à la dispersion totale. Les Édomites, les Philistins, les Babyloniens ont disparu. Israël, lui, fut déporté à Babylone en -586 : il revint.

 Dispersé après la destruction du Temple en 70 de l’été vulgaire, éparpillé aux quatre vents pendant dix-neuf siècles : il revint encore. En 1948, une poignée de rescapés d’un génocide sans armée structurée obtinrent  leur indépendance.

 Cinq armées arabes attaquèrent le lendemain. Miracle … L’État survécut.

Les miracles militaires — La guerre des Six Jours (1967) : en moins d’une semaine, Israël détruit les forces aériennes de trois nations coalisées. 



La guerre de Kippour (1973) : attaqué par surprise un jour de jeûne, dos au mur, Israël renverse la situation en dix-huit jours. 





Chaque fois, la démographie, la géographie et la géopolitique condamnaient Israël sur le papier. Chaque fois, quelque chose d’autre intervenait.

La permanence du miracle  : Ce qui est inexplicable, ce n’est pas la force militaire israélienne.  elle est réelle et méritée. 

C’est la continuité d’une identité à travers l’esclavage en Égypte, l’exil assyrien, la captivité babylonienne, les Croisades, l’Inquisition, les pogroms, la Shoah. 

L'errance du peuple juif


Aucun autre peuple n’a maintenu langue, textes sacrés, mémoire collective et aspiration au retour avec une telle constance sur quarante siècles. 

Les historiens athées appellent cela une anomalie. D’autres y lisent l’accomplissement d’une parole : “Je vous rassemblerai des peuples et je vous ramènerai dans votre pays.” (Ézéchiel 36:24).





La leçon : Les manifestants de la place Habima ressemblent aux explorateurs terrorisés de Moïse : sincères dans leur angoisse, mais aveugles dans leur analyse. 





Leurs cortèges s’intitulaient “Non à la guerre éternelle, oui à une paix juste” ,  pendant que, le même soir, l’Iran bombardait leurs villes.

 L’Histoire enseigne pourtant l’inverse : chaque fois qu’Israël a plié sous la pression extérieure ou intérieure, il a failli disparaître. 

Chaque fois qu’il a tenu debout face à l’invraisemblable, il a survécu — et souvent triomphé.


Un peuple qui a traversé quarante siècles de persécutions et réintégré sa terre natale après vingt siècles d’exil n’est pas un phénomène politique ordinaire. 

C’est, pour ceux qui ont des yeux pour voir, le signe d’un destin que ni les armées ennemies, ni les missiles iraniens, ni les cortèges pacifistes n’ont jamais réussi à éteindre.




À un peuple épuisé, tenté de capituler face à l’Assyrien qui encerclait Jérusalem, Isaïe lança ces mots qui traversent les âges : “Ne crains pas, car je suis avec toi ; ne te laisse pas abattre, car je suis ton Dieu. 

Je te fortifie, oui, je t’aide, je te soutiens de ma droite victorieuse.” (Isaïe 41:10). 




Et plus loin, comme s’il parlait aux marcheurs de Habima  : “Ceux qui espèrent en l’Éternel renouvellent leur force. 

Ils prennent leur envol comme les aigles ; ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer.” (Isaïe 40:31). 

La paix véritable qu’annonçait Isaïe n’est pas celle de la capitulation — c’est celle qui vient après la victoire sur ceux qui veulent votre destruction. Elle se construit debout, jamais à genoux.





dimanche 29 mars 2026

ARM, Première Plateforme de Calcul au monde JBCH N° 2603 - 979



tdCe que nous défendons : une informatique sécurisée, efficiente et universelle

Arm, première plateforme de calcul au monde, collabore avec les gouvernements pour garantir que chaque individu, partout sur la planète, ait accès à une technologie fiable, performante et respectueuse de l'environnement.

+280Mrd
Puces ARM déployées
à ce jour dans le monde

« Notre architecture propulse l'innovation en IA tout en intégrant sécurité et sobriété énergétique dans chaque appareil connecté. »

— L'équipe des Affaires gouvernementales, JBCH


De la puce minuscule logée dans un capteur industriel au processeur au cœur d'un centre de données hébergeant des modèles d'intelligence artificielle, l'architecture Arm est devenue le socle invisible sur lequel repose l'économie numérique mondiale. Chaque année, des milliards d'appareils prennent vie grâce à notre technologie.

Cette omniprésence n'est pas le fruit du hasard. Elle résulte de décennies de recherche et développement orientées vers deux principes fondamentaux : la performance computationnelle maximale et l'efficacité énergétique optimale. À l'heure où l'intelligence artificielle transforme chaque secteur de l'économie, ces deux impératifs sont plus que jamais au cœur de l'agenda technologique mondial.


L'équipe des Affaires gouvernementales d'Arm joue un rôle de pont entre le monde de la technologie et les décideurs politiques. Elle travaille à faire comprendre aux gouvernements les enjeux de la chaîne d'approvisionnement en semi-conducteurs, les impératifs de sécurité numérique et les opportunités que représente l'adoption de standards ouverts et interopérables.

La mission est ambitieuse : construire un cadre réglementaire mondial qui favorise l'innovation sans sacrifier la sécurité, et qui garantisse que les bénéfices de l'informatique avancée ne soient pas réservés à une poignée de nations ou d'acteurs économiques.

01
Accès universel au calcul
Démocratiser l'accès aux technologies de pointe

Nous plaidons pour des politiques commerciales et d'investissement qui permettent à toutes les économies d'accéder aux technologies de pointe, sans discrimination ni barrière artificielle.

02
Sécurité par conception
La sécurité matérielle, non négociable

Nos architectures intègrent des protections natives contre les cybermenaces, et nous encourageons les gouvernements à adopter des standards fondés sur cette approche.

03
Transition numérique verte
L'efficacité énergétique au cœur de l'ADN

Arm soutient les politiques climatiques qui valorisent l'empreinte carbone réduite des puces basse consommation dans les infrastructures critiques.

Des capitales aux régulateurs : Arm là où se dessinent les règles de demain

Du Congrès américain aux institutions de l'Union européenne, en passant par les régulateurs asiatiques et les gouvernements du Sud global, l'équipe d'Arm est présente là où se dessinent les règles de demain.





Elle ne se contente pas de réagir aux législations en cours : elle anticipe, propose, et contribue activement à l'élaboration de politiques industrielles fondées sur des données techniques solides plutôt que sur des perceptions ou des craintes mal informées.

Cette présence globale se traduit concrètement : Arm participe à des coalitions industrielles, publie des livres blancs, forme les délégations gouvernementales et répond aux consultations publiques des régulateurs sur les sujets liés aux semi-conducteurs, à l'IA et à la cybersécurité.

Arm défend une vision où la technologie est un bien commun mondial, et non un instrument de fragmentation géopolitique.

Lettre à Yohanan Manor ... JBCH N° 2603 - 978

 Cher Yohanan Manor,


Il est des rencontres qui tracent des sillons profonds dans une existence, des rencontres dont on ne mesure la portée qu’avec le recul des années. Celle que j’ai eu la chance de faire en 1970 — en votre compagnie et à celle de Lionel Stolerú  est de celles-là. 



Il faut nous souvenir qu’à l’époque En compagnie de Patrick Davidovici, de Harry Heller, et de Georges Goldman avec votre soutien nous avions créé le CERJI, Cercle d’Etudes et de Recherche sur le Judaïsme et Israël. 


Je ne saurais dire aujourd’hui ce qui, de votre enseignement ou de votre présence, a le plus marqué le jeune homme que j’étais alors. Peut-être l’un et l’autre se confondaient-ils déjà en une seule et même chose.




Plus d’un demi-siècle s’est écoulé depuis ces années et je vous observe avec admiration continuer d’œuvrer avec la même rigueur, la même conviction, la même ardeur intellectuelle. 


Dès 2002, Nous avions collaboré en compagnie de Gilles et Simone Slama, et de François Zimray, alors député européen, contre le financement par l'europe de livres scolaires antisémites, au sein du B'nai B'tith - Janusz Korczak.




Nous avons aussi imprimé et diffusé auprès de tous les représentants du peuple français  : Assemblée Nationale, Sénat, ... la "Charte du Hamas", document prémonitoire ..


Votre engagement au sein du CMIP, votre travail fondateur sur les manuels scolaires palestiniens, cette patience de l’entomologiste appliquée à décrypter les ressorts de la haine et les chances de la paix : tout cela porte témoignage d’une vie pleinement habitée par ses idéaux.




Vous avez consacré une grande part de votre existence à ce que d’autres appelleraient une cause impossible : convaincre que l’éducation n’est pas neutre, qu’un manuel scolaire peut valoir une armée, que la paix se gagne d’abord dans les esprits qu’on façonne, est aujourd’hui important , les assassinats du 7 octobre 2023 ont montré comme vous aviez ô combien raison. C’est votre œuvre — patiente, exigeante, nécessaire.


Je voulais simplement, au seuil de ce printemps 2026, vous dire ce que l’on dit trop rarement à ceux qui nous ont formés : merci. Merci de m’avoir appris que la politique ne vaut que si elle s’adosse à une vision, et que la vision ne vaut que si elle accepte d’être éprouvée par les faits. Ces leçons, je les porte encore.


Puissiez-vous continuer longtemps encore à éclairer ceux qui cherchent à comprendre un Moyen-Orient toujours plus complexe, et à inspirer ceux qui, après vous, auront à cœur de faire de l’éducation un vecteur de paix plutôt qu’un instrument de guerre.

Avec tout mon respect et ma fidèle admiration,


Jacques -Bernard Cohen-Hadria





Vance contre Natanyaou. JBCH N° 2603 - 977

Vance contre Netanyahu : 


Vance n'est pas Trump ... Il est septique comme tous les MAGAs quant à l'engagement à l'étranger de troupes US, c'est un conservateur , c 'est un isolationniste... et il pourrait provoquer une fissure au cœur de l’alliance américano-israélienne sur l’Iran






JBCH  28 mars 2026 

Ce qui devait rester une conversation diplomatique discrète s’est transformé en révélateur des tensions profondes entre les États-Unis et Israël. Un appel téléphonique qualifié de tendu entre le vice-président américain JD Vance et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis en lumière des fractures croissantes entre Washington et Tel Aviv autour d’une guerre dont les résultats sont loin de tenir les promesses initiales. 






Un pari vendu comme facile : Au cœur de la discorde : les prédictions pré-guerre de Netanyahu. Lors de cet appel survenu lundi, Vance a signifié à Netanyahu que plusieurs de ses projections s’étaient révélées bien trop optimistes, en particulier concernant la probabilité d’un soulèvement populaire capable de renverser le régime iranien.  


Le ton employé par les officiels américains pour décrire l’échange ne laisse guère de place à l’ambiguïté : Netanyahu avait présenté au président Trump l’idée d’un changement de régime comme nettement plus réalisable qu’elle ne l’était en réalité, et le vice-président a été lucide face à ces affirmations. 





Cette confrontation n’est pas le fruit du hasard. Vance, vétéran de la guerre en Irak, a longtemps affiché son scepticisme à l’égard des engagements militaires américains ouverts et prolongés au Moyen-Orient.  Avant le déclenchement du conflit, il figurait parmi les voix les plus dubitatives au sein de l’administration Trump, exprimant des inquiétudes sur la durée, les objectifs et l’impact de la guerre sur les stocks de munitions américains. 



Vance, architecte malgré lui d’une sortie de crise : Ironie du sort, c’est aujourd’hui ce même Vance que la Maison-Blanche désigne comme principal artisan d’une éventuelle sortie diplomatique. Lors d’un conseil de cabinet jeudi, le président Trump a officialisé son rôle en lui demandant de présenter un bilan sur l’Iran, soulignant qu’il travaillait conjointement avec Steve Witkoff et Jared Kushner sur les négociations. 




Sa position est jugée stratégiquement précieuse : son ancienneté au sein de l’administration et son opposition documentée aux conflits ouverts font de lui un interlocuteur plus attractif aux yeux des Iraniens.  Un haut responsable de l’administration a résumé la situation sans détour : si les Iraniens ne parviennent pas à conclure un accord avec Vance, ils n’obtiendront pas d’accord du tout — il représente leur meilleure option. 



Une diplomatie à plusieurs vitesses : Sur le terrain diplomatique, le vice-président multiplie les contacts. Il a rencontré mercredi une délégation d’hauts responsables émiratis, puis jeudi le Premier ministre du Qatar, des entretiens centrés sur la guerre, les négociations avec l’Iran et l’assistance militaire aux deux alliés du Golfe. 

En parallèle, des médiateurs pakistanais, égyptiens et turcs s’efforcent d’organiser des pourparlers directs, tandis que les responsables iraniens ont indiqué aux intermédiaires qu’ils attendaient encore le feu vert de « la direction suprême » avant d’aller de l’avant.  Si une telle réunion au sommet devait se tenir, Vance pourrait se retrouver face à Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du parlement iranien.





Des soupçons de manipulation : L’atmosphère s’est encore alourdie lorsque un journal israélien de droite appartenant à la mécène républicaine Miriam Adelson a rapporté que Vance aurait élevé la voix contre Netanyahu au sujet des violences des "colons" en Judée Samarie.  

Des sources américaines et israéliennes ont démenti cette information, et les conseillers de Vance ont suspecté une fuite orchestrée par le camp israélien pour discréditer le vice-président, jugé insuffisamment belliciste par certains cercles de Jérusalem.  Les officiels israéliens ont nié toute implication.

La guerre déclenchée le 28 février entre les États-Unis, Israël et l’Iran entre ainsi dans une nouvelle phase : militairement indécise, diplomatiquement fébrile, et traversée par des divisions de plus en plus visibles entre deux alliés qui ne partagent manifestement plus tout à fait la même vision de ce que doit être la victoire.​​​​​​​​​​​​​​​​ Espérons que les iraniens, qui eux aussi se divisent baissent la garde au plus tôt.






samedi 28 mars 2026

Safed ou Tzfat ... Un bijou en Galilée. JBCH N° 2603 - 976

A 900 mètres dans la Haute-Galilée, n’est pas seulement la plus haute ville d’Israël. Elle incarne depuis le XVIe siècle le cœur battant de la mystique juive, un laboratoire spirituel où des géants de la pensée ont redessiné les contours du judaïsme pour des siècles. Au cœur de cette effervescence : les grands kabbalistes dont l’héritage continue de rayonner bien au-delà des ruelles pavées de la vieille ville.


Les maîtres de Safed et leur révolution mystique

Parmi eux, Isaac Luria (1534-1572), surnommé l’Ari (le Lion), domine la scène. Arrivé à Safed pour seulement deux ou trois ans avant sa mort précoce, cet homme charismatique a transformé la kabbale en une vision cosmique audacieuse. Il a élaboré les concepts centraux de tzimtzum (la contraction divine pour laisser place à la création), de shevirat ha-kelim (la brisure des vases, expliquant le mal et l’exil) et surtout de tikkun (la réparation). Selon Luria, chaque juif, par ses prières, ses actes et son intention (kavvanah), peut élever les étincelles divines dispersées dans le monde matériel et contribuer à la restauration de l’harmonie cosmique.


Isaac Louria

Cette idée n’était pas réservée à une élite : l’Ari a « démocratisé » la kabbale, la rendant accessible aux masses. Ses enseignements, transmis oralement puis consignés par son disciple Hayyim Vital, ont conquis l’Europe juive dès le XVIIe siècle. Ils ont imprégné la liturgie (comme l’accueil du Shabbat avec Lecha Dodi, composé par son contemporain Shlomo Alkabetz), influencé le hassidisme au XVIIIe siècle et marqué des penseurs modernes, y compris hors du judaïsme – on retrouve des échos chez Carl Jung ou dans des réflexions sur la fragmentation et la réparation du monde. Aujourd’hui encore, la kabbale louriannique reste le socle de la mystique juive traditionnelle et inspire des cercles d’étude à Safed comme dans le monde entier.


Joseph Caro


À ses côtés, Joseph Caro (1488-1575), auteur du Choulhan Aroukh (« La Table Dressée »), a codifié la loi juive de manière définitive. Exilé d’Espagne, ce Séfarade érudit a travaillé trente-deux ans à cette synthèse halakhique qui, complétée par le commentaire ashkénaze de Moïse Isserles, guide encore aujourd’hui la vie quotidienne de millions de juifs observant. Caro, lui aussi imprégné de mystique, tenait un journal de ses révélations angéliques. Avec Moses Cordovero, qui a commenté le Zohar de manière systématique, ces figures ont fait de Safed un creuset où droit et mystique se fécondaient mutuellement. Leur impact ? Ils ont offert au judaïsme post-expulsion un cadre à la fois rigoureux et spirituellement vibrant, permettant à une communauté dispersée et traumatisée de retrouver sens et unité.

Ces kabbalistes ne vivaient pas en vase clos. Leurs idées ont traversé les siècles, nourrissant la résilience juive face aux persécutions et influençant la culture juive contemporaine : des prières aux coutumes hassidiques, en passant par une vision du monde où l’humain participe activement à la réparation divine.

Doña Gracia Nassi, la « Señora » et son lien avec la Galilée



Gracia Nassi


Au même moment, une femme exceptionnelle apportait un soutien concret à cette renaissance spirituelle : Doña Gracia Mendes Nassi, connue comme « La Señora ». Née Beatriz de Luna vers 1510 à Lisbonne dans une famille de crypto-juifs fuyant l’Inquisition espagnole, elle hérita d’un empire commercial et bancaire après la mort de son mari.


Devenue veuve, elle orchestra un réseau clandestin pour sauver des milliers de conversos, défiant empereurs et inquisiteurs. Après un périple à travers l’Europe (Anvers, Venise, Ferrare), elle s’installa ouvertement comme juive à Constantinople sous l’Empire ottoman, où son influence et sa fortune en firent une figure quasi royale.

En 1558, grâce à ses relations avec le sultan Soliman le Magnifique, Doña Gracia obtint un bail à long terme sur Tibériade et ses environs, dans le sanjak de Safed. Son ambition était audacieuse : reconstruire la ville en ruines pour en faire un havre de paix pour les réfugiés juifs d’Europe, un centre économique et spirituel.

Elle finança les travaux de reconstruction – murailles, synagogues, maisons – et encouragea l’installation de familles, l’agriculture et même une industrie textile (laine et soie). Des érudits de Safed voisine participèrent à l’effort, y voyant le potentiel d’un renouveau de l’étude de la Torah en Terre d’Israël.

Bien qu’elle n’y ait probablement jamais résidé durablement (elle resta à Constantinople jusqu’à sa mort vers 1569), son projet incarnait une forme précoce d’aliyah organisée et philanthropique. Elle soutint également financièrement les savants de Safed, contribuant indirectement à l’achèvement et à l’impression du Choulhan Aroukh de Joseph Caro.

La « Señora » – titre honorifique qui soulignait son statut princier (Nassi signifiant « prince » en hébreu) – reste une icône de courage et de vision. Elle transforma sa richesse en outil de survie collective, reliant le monde séfarade diasporique à la Galilée mystique. Son entreprise à Tibériade, même inachevée en raison de difficultés locales, préfigurait des rêves sionistes bien antérieurs au XIXe siècle.




Aujourd’hui, Safed marie toujours cette double identité : ferveur kabbalistique dans ses synagogues anciennes et atmosphère bohème dans son quartier des artistes. Les enseignements de l’Ari et de Caro continuent d’inspirer des yeshivot et des cercles d’étude, tandis que le souvenir de figures comme Doña Gracia rappelle que la mystique juive n’a jamais été déconnectée de l’action concrète et de la solidarité.


Dans une ville où l’air semble plus pur et le ciel plus proche, l’héritage du XVIe siècle reste vivant, invitant pèlerins et visiteurs à une rencontre entre passé cosmique et présent terrestre.