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mardi 21 avril 2026

Yom Ha'atztmaout JBCH N° 2604 - 1028

 Yom Ha'atzmaut, ou « Jour de l'Indépendance » en hébreu, est la fête nationale d'Israël, célébrée chaque année le 5 du mois d'Iyar dans le calendrier hébraïque (généralement en avril ou mai dans le calendrier grégorien).




Il commémore la proclamation d'indépendance de l'État d'Israël le 14 mai 1948 par David Ben Gourion, au terme du mandat britannique sur la Palestine. Cette déclaration historique, lue à Tel Aviv, marquait la fin de deux mille ans d'exil et de dispersion pour le peuple juif, et la renaissance d'une souveraineté nationale sur sa terre ancestrale.




Pour un Juif, particulièrement en Israël ou dans la diaspora, Yom Ha'atzmaut représente bien plus qu'une date anniversaire. C'est un symbole de résilience et de miracle historique. Après la Shoah, qui avait décimé un tiers du peuple juif, l'indépendance offrait un refuge concret et une affirmation d'identité. Beaucoup y voient l'accomplissement de prophéties bibliques – le retour à Sion – ou simplement la victoire d'un mouvement sioniste né au XIXe siècle face à l'antisémitisme européen. La journée est précédée par Yom Hazikaron, le Jour du Souvenir des soldats tombés et des v




ictimes du terrorisme : le passage du deuil à la joie souligne que l'indépendance s'est conquise et se maintient au prix du sang. En Israël, on fête avec des barbecues, des feux d'artifice, des défilés et des prières d'action de grâce dans les synagogues (pour les religieux). Dans le monde, les communautés juives organisent des événements culturels, soulignant fierté et unité malgré les divergences internes – certains ultra-orthodoxes contestent encore le sionisme laïc. C'est un moment de réflexion sur l'identité juive moderne : un peuple qui, après des siècles de vulnérabilité, assume sa propre défense.




Pour l'ensemble des nations, Yom Ha'atzmaut incarne un événement géopolitique majeur du XXe siècle : la création d'un État démocratique au Moyen-Orient, reconnu immédiatement par les États-Unis et l'Union soviétique, mais rejeté par les pays arabes voisins, déclenchant la guerre d'indépendance de 1948. Il symbolise pour les uns le droit à l'autodétermination d'un peuple persécuté, un succès de la décolonisation post-Seconde Guerre mondiale et un allié stratégique en matière d'innovation (technologie, médecine, agriculture). Pour d'autres, il reste une source de tension : les Palestiniens le vivent comme la « Nakba » (catastrophe), marquant le déplacement de centaines de milliers de personnes lors des combats. Sur la scène internationale, Israël incarne à la fois un modèle de résilience démocratique et un foyer de controverses liées au conflit avec les Palestiniens, aux colonies ou à la politique régionale.



Pourquoi, dans certains milieux – extrême gauche, extrême droite, islamistes radicaux ou cercles universitaires – Israël et les Juifs sont-ils tant haïs ? La question touche à des strates profondes. L'antisémitisme, haine millénaire des Juifs accusés tour à tour de déicide, d'usure, de complot mondial ou de « race inférieure », n'a pas disparu avec la Shoah. Il s'est souvent recyclé en antisionisme : la délégitimation de l'État juif, perçu comme « colonialiste », « raciste » ou « génocidaire », alors que des critiques légitimes de politiques gouvernementales (comme toute démocratie) restent possibles et nécessaires. Cette haine puise dans des tropes anciens le « lobby juif » tout-puissant, le double standard appliqué uniquement à Israël et dans des propagandes modernes : soviétique d'abord (diabolisant le sionisme comme impérialiste), puis arabe et islamiste (niant tout lien historique juif avec la terre).



La convergence des extrêmes est frappante : l'extrême droite y voit un « ennemi cosmopolite », l'extrême gauche un « oppresseur impérialiste », tandis que certains milieux musulmans radicaux y projettent un rejet théologique ou identitaire. Le conflit israélo-palestinien sert souvent de catalyseur ou de prétexte : il permet de condenser frustrations géopolitiques, anticapitalisme ou sentiment anti-occidental sur une cible unique. Pourtant, cette obsession disproportionnée – Israël, minuscule pays, concentre plus de résolutions onusiennes que tous les autres États réunis – révèle souvent un refus du droit des Juifs, seuls parmi les peuples, à l'autodétermination nationale.


En somme, Yom Ha'atzmaut célèbre une renaissance improbable dans un monde hostile. Il rappelle que, pour les Juifs, l'indépendance n'est pas un luxe mais une nécessité vitale après des siècles de pogroms et de génocide.


Pour les nations, il pose la question éternelle de l'acceptation de la différence et du droit à exister. La haine persistante, mélange d'ignorance, de propagande et de vieux démons, souligne hélas que l'antisémitisme reste « la haine la plus ancienne et la plus adaptable ». Face à elle, la fête de l'indépendance reste un acte de défiance joyeux : celui d'un peuple qui refuse de disparaître.





Paracha Acharei Mot–Kedoshim JBCH N° 2604 - 1027

La paracha Acharei Mot–Kedoshim (Vayikra / Lévitique 16–20) associe deux dynamiques fondamentales : d’une part, Acharei Mot (« après la mort »), qui encadre le service du Yom Kippour et rappelle la gravité des fautes et des ruptures dans le lien au sacré ; d’autre part, Kedoshim (« soyez saints »), qui élargit la notion de sainteté à la vie quotidienne à travers des principes de justice, de respect d’autrui et d’intégrité morale.




Cette lecture intervient cette année au lendemain des festivités du Yom Haatsmaout, marquant les 78 ans de l’État d’Israël, dans un climat à la fois de célébration nationale et de fortes tensions régionales. Les commémorations de l’indépendance ont mis en avant la résilience du pays, son développement économique et technologique, mais aussi les défis sécuritaires toujours présents.





Dans le même temps, la situation géopolitique reste tendue. La confrontation indirecte et parfois directe entre Israël et l’Iran continue de structurer une partie des équilibres du Moyen-Orient, entre menaces militaires, guerre de l’ombre et enjeux nucléaires. À cela s’ajoute une situation encore fragile au nord, où les perspectives d’apaisement avec le Liban, après des mois d’affrontements avec le Hezbollah, oscillent entre cessez-le-feu précaire et risque de reprise des hostilités.




Dans ce contexte, Acharei Mot–Kedoshim prend une dimension presque contemporaine. Elle rappelle que toute société, même en situation de tension ou de conflit, est confrontée à la question des limites : limites de la violence, du pouvoir, mais aussi responsabilité envers les civils et exigence de justice. Le texte biblique ne dissocie jamais survie politique et exigence éthique.





Sur le plan économique, la paracha insiste sur l’honnêteté dans les échanges, la protection des plus vulnérables et l’équité des mesures — des principes qui résonnent dans une économie mondiale marquée par les incertitudes géopolitiques et les déséquilibres structurels. Dans un État comme Israël, fortement intégré à l’économie globale mais exposé aux chocs sécuritaires, cette dimension prend une portée particulière.


Enfin, la notion centrale de Kedoshim tiyou — « soyez saints » — dépasse le cadre religieux pour devenir une interrogation politique et sociale : comment construire une société juste dans un environnement instable ? Comment concilier puissance, sécurité et responsabilité morale ?





Ainsi, au lendemain de Yom Haatsmaout et dans une région toujours traversée par les tensions avec l’Iran et les fragiles espoirs de stabilisation au Liban, cette double paracha agit comme un rappel : la souveraineté ne se mesure pas seulement à la force, mais aussi à la capacité d’un peuple à maintenir un horizon éthique au cœur de la réalité historique.





L'economie russe au bord du précipice ..; JBCH N° 2604 - 1026

Les évaluations des services de renseignement suédois confirment les analyses de longue date de l’ISW concernant les difficultés majeures de l’économie de la Russie ainsi que les efforts du Kremlin pour dissimuler ces problèmes et donner l’illusion d’une capacité à soutenir indéfiniment son effort de guerre.




Selon le Financial Times, le chef du renseignement militaire suédois, le lieutenant-général Thomas Nilsson , estime que l’économie russe ne s’est pas redressée malgré la hausse des prix du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient. Il souligne que la Russie aurait besoin d’un baril à plus de 100 dollars pendant au moins un an pour combler son déficit budgétaire, et encore plus longtemps pour stabiliser l’ensemble de son économie.




Nilsson avertit que si les prix se stabilisent et qu’un cessez-le-feu s’installe au Moyen-Orient, Moscou pourrait avoir davantage de difficultés à financer la guerre en Ukraine. Il met en avant un modèle de croissance jugé non durable, incapable de compenser les pertes matérielles sur le champ de bataille. Les secteurs industriels de défense, hors drones, seraient déficitaires, touchés par la corruption et dépendants de prêts publics.






Par ailleurs, le renseignement suédois affirme que le Kremlin manipule systématiquement ses données économiques. L’inflation réelle serait proche de 15 %, contre 5,86 % officiellement annoncés, et le déficit budgétaire sous-estimé d’environ 30 milliards de dollars.



Sur le terrain, les forces russes peinent à protéger leurs infrastructures face aux frappes ukrainiennes répétées. L’état-major ukrainien rapporte notamment une attaque contre une raffinerie à Tuapse, dans la région de Krasnodar, provoquant un incendie confirmé par des images géolocalisées.



Plusieurs installations énergétiques et portuaires ont été visées ces dernières semaines dans cette région stratégique. Des médias russes critiques dénoncent des rapports officiels trompeurs adressés à Moscou, alors que les autorités locales privilégieraient le maintien de l’activité touristique malgré les risques.


Selon l’ISW, ces difficultés illustrent l’incapacité persistante de la Russie à défendre efficacement des infrastructures dispersées sur un territoire immense, aggravant ainsi les fragilités économiques et militaires du pays.



Le Yod de 1 à 10 , la première lettre du mot "Israël". JBCH N°2604 - 1022

lundi 20 avril 2026


 Le Yod, lettre de l’esprit, de l’humilité et de l’indestructibilité


 la lettre Yod, dixième lettre de l’alphabet hébraïque, émerge comme l’une des plus saintes et concentrées. 



La Torah elle-même proclame : « Tout dixième sera saint » (Lévitique 27,32). Graphiquement, le Yod n’est qu’un petit point, la plus minuscule des lettres, occupant presque aucun espace. 


Pourtant, il concentre en lui toute l’énergie de l’existence, comme un atome primordial ou une naine blanche : une masse immense dans un volume infime. Il symbolise le passage du néant à l’être, le point de départ absolu de la Création.

Ce point est aussi une main (« yad »). La main divine qui crée, qui agit, qui transmet. C’est pourquoi le Yod marque le futur en grammaire hébraïque : il porte l’avenir. Initiale du Tétragramme (YHVH) et du nom abrégé Yah, il participe à la création des mondes : avec le Yod, selon le Talmud, Dieu a créé le monde futur (olam ha-ba), avec le Hé, le monde présent. Il incarne l’humilité suprême – la plus petite lettre pour la plus grande puissance – et enseigne à l’homme la nécessité de se faire « tout petit ».







Moïse, Jacob, David se disent petits ; la Torah est donnée sur une modeste montagne. Le Yod rappelle cette leçon : l’infiniment petit est indestructible. On peut le couper, le diviser, il reste toujours un point central, un noyau dur.


Le nombre dix qu’il représente est celui de la plénitude et de la sainteté : dix paroles de la Création, dix Commandements, dix Séfirot, dix plaies, le minian (quorum de prière), la dîme, Yom Kippour (10 Tichri). Le Yod relie l’Un (Aleph) à la transcendance : 1 et 10 ne diffèrent que par le degré ... et Israël 2026 vient de passer les dix millions d'habitants !


Deux Yod côte à côte abrègent le Nom divin : ils évoquent Dieu dans Sa transcendance et Son immanence, mais aussi deux Juifs réunis dans la fraternité, condition pour approcher le divin. 


Le Yod pointe vers le haut (réception) et vers le bas (transmission). Il incarne la dualité humaine (deux Yod dans « vayitser » pour la création d’Adam : yetser tov et yetser hara).


Enfin, « yad » signifie aussi « lieu » et « souvenir » : Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem, donne un « lieu et un nom » à ceux qui n’en ont plus.





Le Yod colle parfaitement à Israël, surtout aujourd’hui. Israël est le « plus petit des peuples » (Deutéronome 7,7), comme le Yod est la plus petite lettre. Pourtant, il porte en son nom la même initiale que le Nom divin (Israël commence par Yod). Ce petit point d’humilité et de puissance créatrice a traversé des millénaires de persécutions sans disparaître : on ne détruit pas l’infiniment petit. 


Face aux menaces existentielles, aux tentatives d’effacement, Israël incarne cette résilience du Yod – minuscule en taille, immense en concentration spirituelle et en force créatrice. 


Dans un monde chaotique, ce « point » qui vole, qui représente l’esprit, continue de transmettre l’avenir, la main divine agissant à travers un peuple humble mais indestructible. Le Yod n’est pas seulement une lettre : c’est l’ADN spirituel d’Israël.







Palantir ... Ce qu'il faut savoir JBCH N° 2604 - 1025

Palantir, l’ombre technologique qui inquiète la France


Alors que la France s’enflamme contre Elon Musk et le réseau social X, accusé de menacer la démocratie par son attachement à la liberté d’expression, une offensive bien plus discrète mais lourde de sens passe presque inaperçue : celle de Palantir Technologies.




Dans un manifeste publié sur X et inspiré de l’ouvrage The Technological Republic de son PDG Alexander Karp et de son conseiller Nicholas Zamiska, l’entreprise américaine d’analyse de données massives et d’intelligence artificielle assume ouvertement une vision radicale. Elle défend une « république technologique » dans laquelle les entreprises innovantes, loin d’être de simples prestataires, deviendraient des acteurs structurants, voire normatifs, de la souveraineté politique et de la puissance étatique.



Fondée avec le soutien de Peter Thiel, Palantir s’est imposée en vingt ans comme un partenaire incontournable des agences de renseignement et des armées occidentales, dont les États-Unis et plusieurs pays alliés. Ses plateformes croisent des milliards de données pour anticiper les menaces, optimiser les opérations militaires et prendre des décisions en temps réel grâce à l’IA. Ses outils sont utilisés par la CIA, le FBI, les forces armées américaines… et, selon plusieurs sources, par des services français dont la DGSE.






Pour ses défenseurs, Palantir incarne simplement l’évolution inévitable d’États confrontés à des menaces hybrides et à la complexité du monde numérique : sans ces outils, l’Occident perdrait pied face à la Chine, la Russie ou les réseaux terroristes. Pour ses critiques, en revanche, cette montée en puissance marque un basculement dangereux : privatisation rampante des fonctions régaliennes, opacité algorithmique, surveillance de masse et dilution de la souveraineté nationale au profit d’une entreprise privée américaine.



Le manifeste de Karp et Zamiska révèle surtout une ambition idéologique assumée. Palantir ne se contente plus de vendre de la technologie ; elle se positionne comme un acteur politique à part entière, promoteur d’un nouveau modèle où la tech définit en partie les contours du pouvoir.


Alex Karp 


Dans ce contexte, les poursuites françaises contre X et Elon Musk apparaissent à beaucoup comme une gesticulation paradoxale. Tandis que Paris s’indigne bruyamment de la « menace » que représenterait un réseau social défendant la liberté d’expression, la France continue de sous-traiter une partie sensible de sa sécurité et de son renseignement à une société américaine dont l’influence et les ambitions politiques sont autrement plus profondes.



Comme le souligne l’expert Thierry Berthier, la France « n’a pas les moyens de ses ambitions ». Consommatrice compulsive de technologies américaines, elle peine à développer des alternatives souveraines. Derrière les postures anti-américaines d’une partie de la classe politique, se cache surtout une dépendance structurelle embarrassante.


Voir à travers l'espace et le temps Palentir (Seigneur des Anneaux)



Coup de communication ou symptôme d’une transformation profonde des équilibres de pouvoir ? En assumant publiquement sa vision d’une « république technologique », Palantir oblige à reposer la question essentielle : qui gouverne réellement à l’ère de l’IA ?


Et la France, en s’attaquant à X tout en s’appuyant discrètement sur Palantir, ne se tromperait-elle pas de combat, confondant les moulins à vent numériques avec les véritables géants qui redessinent la souveraineté au XXIᵉ siècle ?




lundi 20 avril 2026

Le Pakistan ennemi d'Israël se croit négociateur ! JBCH N° 2604 - 1024

Peut-on faire confiance au Pakistan ? La question traverse toute son histoire contemporaine, tant ce pays incarne une ambiguïté stratégique permanente.

Né en 1947 de la partition sanglante de l’Inde britannique, sur une base religieuse en rupture avec la vision universaliste de Mahatma Gandhi, le Pakistan s’est construit comme un État identitaire musulman. 





Cette origine marque encore aujourd’hui sa politique : rivalité obsessionnelle avec l’Inde, conflits répétés, et militarisation profonde de la société. Puissance nucléaire depuis la fin des années 1990, il reste engagé dans une confrontation latente avec New Delhi, faisant du sous-continent l’une des zones les plus dangereuses du globe.





Sur le plan idéologique, le pays oscille entre nationalisme, islam politique et influence de courants religieux rigoristes. Cette réalité nourrit une réputation persistante d’antisémitisme dans certains segments de la société et du discours public. Elle se traduit aussi par un fait rarement mentionné : la présence juive y est quasiment inexistante. Alors que des communautés existaient encore au XXe siècle, on estime aujourd’hui qu’il ne reste que quelques dizaines de Juifs au Pakistan, parfois contraints à la discrétion, voire à l’anonymat.





Sur le terrain sécuritaire, le Pakistan traîne un passif lourd. Depuis la guerre d’Afghanistan des années 1980, une partie de son appareil sécuritaire a été accusée d’avoir toléré, instrumentalisé ou laissé prospérer des groupes jihadistes. La présence passée d’Oussama ben Laden sur son territoire a symbolisé ce double jeu : allié officiel de Washington, mais zone refuge pour des réseaux terroristes.





Géopolitiquement, Islamabad avance sur plusieurs tableaux. Allié stratégique de la Chine, il s’inscrit dans une logique de contrepoids à l’Inde et d’intégration aux nouvelles routes de la soie. Dans le même temps, ses relations avec l’Iran sont complexes, mêlant tensions frontalières et coopération pragmatique, notamment sur les questions sécuritaires et énergétiques.



Parallèlement, le Pakistan entretient une alliance nouvelle avec l’Arabie saoudite, renforcée par un accord de défense mutuelle signé en 2025. Celui-ci prévoit une solidarité militaire en cas d’agression et pourrait même s’inscrire dans une logique de « parapluie nucléaire » pakistanais au profit de Riyad  . Ce partenariat illustre une constante : le Pakistan agit moins comme un arbitre que comme un acteur engagé dans des alliances militaires structurantes.


Sur le plan intérieur enfin, le contraste est frappant : puissance nucléaire, armée influente, ambitions régionales… mais économie fragile, inégalités profondes et niveau de vie souvent faible pour une grande partie de la population.






Dans ces conditions, qualifier le Pakistan de puissance « neutre » relève davantage du langage diplomatique que de la réalité. Les États-Unis et bien d’autres puissances ne lui font pas confiance au sens moral du terme : ils composent avec lui, faute d’alternative. 


Car malgré ses contradictions, le Pakistan demeure un acteur incontournable, à la fois instable, stratégique et impossible à ignorer.



Toutes les TV veulent copier TikTok. JBCH N° 2604 - 1023

 TV veut être TikTok. TikTok veut être TV

 

Hollywood et les géants du numérique ne se font plus la guerre : ils se copient. Studios et plateformes convergent à toute vitesse vers un même objectif : capter l’attention du public où qu’elle se trouve, sur le petit écran du salon comme sur celui du smartphone. 


C’est le grand mouvement de l’année, résument Sara Fischer et Kerry Flynn dans leur briefing mensuel réservé aux abonnés, Axios Media Trends Executive.




D’un côté, la télévision traditionnelle et les services de streaming s’inspirent du format star de TikTok : la vidéo verticale. Netflix a annoncé cette semaine que sa nouvelle application mobile intégrera nativement des vidéos verticales. Disney+ a lancé dès mars un flux vidéo vertical dans son application. Amazon Web Services vient même de dévoiler des outils permettant de convertir automatiquement des contenus live ou à la demande en format vertical ; Fox Sports et NBCUniversal sont déjà partenaires.





Ces initiatives ne sont pas anodines. Elles visent à transformer le téléphone en téléviseur de poche, là où les jeunes passent désormais l’essentiel de leur temps de consommation vidéo.




De l’autre côté, les applications sociales rêvent de grandeur hollywoodienne. YouTube a décroché les droits mondiaux de diffusion des Oscars. TikTok et Snapchat ont organisé leurs propres cérémonies de récompenses pour les créateurs. Instagram a franchi un pas supplémentaire en lançant une véritable application TV dédiée aux Reels.





Le mouvement est symétrique et irrésistible. Les studios courent après les formats courts, addictifs et mobiles qui captent l’attention des 18-34 ans. Les réseaux sociaux, eux, cherchent à s’installer durablement dans le salon et à monétiser des contenus plus longs, plus prestigieux, plus « premium ».





Ce n’est plus une simple bataille de technologies. C’est une redéfinition profonde des frontières entre divertissement grand public et contenu social. Dans ce nouveau paysage, la distinction entre « plateforme » et « chaîne » s’efface. Le gagnant ne sera pas celui qui impose son format, mais celui qui saura offrir la meilleure expérience, quel que soit l’écran.





TV veut être TikTok. TikTok veut être TV. Et le public, lui, n’a jamais eu autant le choix… ni autant de raisons de zapper d’une application à l’autre sans même s’en rendre compte.




samedi 18 avril 2026

Cuba en ligne de mire ... JBCH N° 2604 - 1021

 Les futures relations Cuba-États-Unis :

un bras de fer personnel pour Marco Rubio


Miami, avril 2026. À 145 Km des côtes de la Floride, Cuba vacille au bord de l’effondrement. Blackouts à répétition, économie en ruine, population exaspérée : le régime castriste, dirigé en coulisses par le vieux Raúl Castro (94 ans), n’a jamais été aussi fragile.


Face à lui, l’administration Trump 2.0 ne joue plus la carte de l’ouverture d'Obama . Elle mène une politique de pression maximale… tout en ouvrant discrètement une porte.


Même mort Castro opresse toujours les cubains

La dernière révélation de Marc Caputo pour Axios est emblématique de ce double langage. La semaine dernière, un avion gouvernemental américain s’est posé à La Havane pour la première fois depuis la visite historique de Barack Obama il y a dix ans. À bord, des responsables du Département d’État ont rencontré des apparatchiks cubains, dont Raúl Guillermo Rodríguez Castro, dit « Raulito » ou « El Cangrejo » (le Crabe), petit-fils de Raúl et son porte-parole de facto.



Raoul Castro, le frère !


Le message délivré était clair, sans menace explicite mais ferme : les États-Unis n’accepteront pas un désastre humanitaire à leur porte. En contrepartie, Washington propose d’aider à rétablir l’internet via Starlink, le service satellitaire d’Elon Musk, tout en exigeant des avancées concrètes en matière de libertés démocratiques, d’économie de marché et de libération de prisonniers politiques.




Derrière cette diplomatie de l’ombre, Marco Rubio fait une affaire personnelle. Fils d’exilés cubains né à Miami, le secrétaire d’État connaît le régime par cœur et le hait viscéralement. Il multiplie les contacts discrets avec Raulito depuis plusieurs mois, tout en maintenant publiquement un ton intransigeant.


Avec Maduro ... Cuba du mauvais côté


Pour Rubio, il ne s’agit pas seulement de politique étrangère : c’est une question de justice historique, de vengeance familiale et d’opportunité stratégique. Il a déjà contribué à couper le robinet du pétrole vénézuélien qui maintenait artificiellement le régime à flot. Il voit aujourd’hui Cuba comme le chaînon faible du « socialisme du XXIe siècle » en Amérique latine.


Rubio ne lachera pas


Les exigences américaines sont connues : fin de la répression, élections libres, indemnisation des biens confisqués après 1959, ouverture économique réelle. En échange, allègement des sanctions, aide humanitaire ciblée et connexion internet qui contournerait le monopole étatique d’ETECSA. Trump lui-même a laissé entendre qu’un « deal » était possible, ou une action plus musclée une fois d’autres priorités (comme l’Iran et le Liban) réglées. Pour le régime, la marge de manœuvre est étroite.




Accepter Starlink, c’est risquer de perdre le contrôle de l’information et voir exploser les réseaux sociaux cubains, déjà bouillonnants.

Refuser, c’est accélérer la chute vers un chaos que même Washington ne veut pas voir à ses portes. Raulito, colonel du ministère de l’Intérieur et gardien du grand-père, incarne cette génération charnière : assez jeune pour comprendre la catastrophe, trop lié au système pour le trahir facilement.


Avec Kim, toujours du mauvais côté


L’avenir des relations Cuba-USA se joue donc sur un fil : un mélange de pression implacable et d’offres pragmatiques. Rubio veut un changement de régime sans bain de sang. Le régime veut survivre en cédant le moins possible. Entre les deux, le peuple cubain, épuisé, attend un horizon qui ne soit plus seulement la fuite en radeau ou la résignation.


et bien sûr avec les Mollahs


Tout reste ouvert : un accord historique, une transition contrôlée… ou un nouveau bras de fer. Mais une chose est sûre : avec Rubio aux commandes, les États-Unis ne feront plus de cadeaux.

La page Obama est définitivement tournée. La page Trump-Rubio s’écrit en ce moment, à La Havane comme à Miami.