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mardi 1 septembre 2026

Le Vote et la Plume ! JBCH N° 2609 - 135

 

JBCH Réflexions


Journal indépendant · Idées, actualité, société


N°135







D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS,                             UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et JBCH Echanges


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                         Enquête — Médias & pouvoir

Qui tient la plume ? Neuf fortunes, un service public, et la présidentielle en ligne de mire


Avant 2027, la France croit choisir entre une presse « de gauche » et une presse « de droite ». Elle se trompe de question : les deux appartiennent, pour l'essentiel, aux mêmes dix familles,  et la télévision qu'elle finance de ses impôts vient de rejoindre la bataille.



La gauche éditoriale : un actionnariat qui n'a rien de prolétaire

Il faut d'abord dissiper un malentendu. La presse que l'on range spontanément « à gauche » — Le Monde, L'Obs, Libération, Mediapart  n'est pas financée par des lecteurs modestes réunis en coopérative, mais par les mêmes grandes fortunes du numérique et de la finance qui possèdent le reste du paysage médiatique. 

Le Monde appartient au pôle réuni autour de Xavier Niel, fondateur de Free, aux côtés du banquier Matthieu Pigasse qui finance Mélenchon, et du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, actionnaire minoritaire influent. 

Depuis 2024, une holding logée dans le Fonds pour l'indépendance de la presse est censée garantir que ces intérêts privés ne dictent pas la ligne — un pare-feu juridique, pas une garantie éditoriale.




Le même groupe Niel contrôle L'Obs, Télérama, Courrier international et le HuffPost France : une bonne partie de ce que l'on appelle, par commodité, « la gauche de référence » tient en réalité dans le portefeuille d'un seul industriel des télécoms. 

Libération a suivi un chemin différent : rachetée par Patrick Drahi via Altice en 2014, elle a été transférée en 2020 à un fonds de dotation censé sanctuariser son indépendance sans que Drahi renonce à son influence sur l'écosystème médiatique dans lequel le titre continue d'évoluer. 

Seul Mediapart, financé par ses abonnés et sans actionnaire industriel, échappe réellement à ce schéma.

Qui tient la gauche

  • Le Monde / L'Obs / Télérama / Courrier international : pôle Xavier Niel, avec Matthieu Pigasse et Daniel Kretinsky
  • Libération : ex-Altice (Drahi), transférée en 2020 à un fonds de dotation pour l'indépendance
  • Mediapart : indépendant, financé par les abonnements
  • L'Humanité : lié historiquement au PCF, soutenu par souscription militante

La droite éditoriale : l'empire vertical de Vincent Bolloré

En face, la concentration est plus spectaculaire encore, et surtout plus verticale. Vincent Bolloré, via Vivendi, a bâti en quelques années un empire qui va du divertissement à l'édition en passant par l'information continue : Canal+, CNews, C8, Europe 1, le Journal du Dimanche, le groupe Lagardère et Hachette, ainsi que Prisma Media (Capital, Voici, Femme Actuelle, GEO, Télé-Loisirs). 

La bascule éditoriale de CNews vers une ligne d'opinion conservatrice, puis celle d'Europe 1 et du JDD après leur rachat, ont été documentées par l'ensemble des observateurs du secteur, y compris ceux qui ne partagent aucune hostilité de principe envers le groupe.




Le Figaro et la presse économique

Le Figaro appartient à la famille Dassault, propriétaire d'un empire aéronautique et militaire, ce qui n'a jamais empêché le quotidien de revendiquer une ligne libérale-conservatrice assumée. 

Quant à la presse économique, elle est désormais très largement contrôlée par Bernard Arnault : via LVMH, il détient Les Échos, Le Parisien, Radio Classique, Paris Match depuis 2024, et a complété son dispositif par L'Opinion et L'Agefi, ne laissant à ses concurrents que Capital (Bolloré) et La Tribune (Rodolphe Saadé).

« CNews est un média d'opinion. Qu'ils assument d'être une chaîne d'extrême droite ! »

Qui tient la droite

  • Groupe Bolloré / Vivendi : Canal+, CNews, C8, Europe 1, JDD, Prisma Media, Hachette
  • Groupe Dassault : Le Figaro
  • Groupe Arnault / LVMH : Les Échos, Le Parisien, L'Opinion, L'Agefi, Paris Match, Radio Classique
  • Rodolphe Saadé / CMA CGM : BFMTV, RMC, La Provence, La Tribune, 10 % de M6
Suite — page II

Le service public : quand la présidente de France Télévisions dégaine elle-même

C'est là que le tableau devient réellement intéressant à huit mois de la présidentielle. Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions depuis dix ans et reconduite à ce poste, a qualifié en septembre 2025, dans les colonnes du Monde, CNews de chaîne relevant de l'extrême droite  sortant frontalement de la réserve que l'on attend, en théorie, d'une dirigeante d'audiovisuel public financée par la contribution de tous les Français, y compris ceux qui regardent CNews. 

La chaîne visée, entre-temps, est devenue en 2025 la première chaîne d'information de France en part d'audience : preuve que la disqualification morale n'a pas suffi à endiguer son succès populaire.




Dans le même temps, l'affaire dite « Legrand-Cohen » deux journalistes politiques de l'audiovisuel public filmés en train de déjeuner avec des cadres du Parti socialiste a nourri une commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, présidée par le député Charles Alloncle. 

Mme Ernotte y a été accusée d'avoir donné, sous serment, une version des faits contredite par une enquête de Marianne révélant qu'un cabinet privé, Forward Global, aurait bien briefé les cadres du groupe avant leurs auditions  ce que la direction de France Télévisions a démenti avec constance.

Le biais mesuré : les invités de France Télévisions (mars-avril 2026)

  • Sur 202 profils identifiés à l'antenne, 37 % étaient rattachés à la gauche, 32 % au centre, 15 % seulement à la droite
  • Cette étude, plus large que celle de l'Arcom, qualifie aussi la sensibilité des experts et universitaires invités, pas seulement des personnalités politiques
  • Selon la même analyse, France 5 tend à inviter davantage de personnalités de gauche, quand RMC en invite proportionnellement moins

La presse fait-elle vraiment l'élection ?

Reste la question qui donne son sens à cette cartographie : tout cela influence-t-il réellement le vote ? La recherche en sciences sociales, depuis les travaux fondateurs de Paul Lazarsfeld en 1944, est nettement plus modeste que l'intuition commune. 

Les médias convertissent rarement un électeur convaincu ; ils confortent d'abord ceux qui pensaient déjà comme eux, un phénomène que les chercheurs appellent l'effet de renforcement. 

L'électeur, montrent ces études, vote d'abord selon son milieu social et ses appartenances anciennes, bien avant selon l'éditorial qu'il a lu le matin.

Mais l'agenda, si

Ce que la presse peut en revanche faire, et fait sans relâche, c'est fixer l'agenda : décider de quoi l'on parle, avec quel cadrage, selon quels critères on juge un candidat. 

En 2017, une partie de la campagne s'est jouée sur la capacité de chaque candidat à « battre Marine Le Pen » plutôt que sur son programme  un effet d'amorçage qui a directement favorisé le vote utile. 

C'est précisément ce terrain-là, celui du cadrage et non celui de la conviction brute, que se disputent aujourd'hui neuf milliardaires et une présidente de chaîne publique qui ne prend même plus la peine de cacher son camp.

La pluralité légale existe, garantie sur le papier par l'Arcom. La pluralité réelle est une autre affaire : quand la totalité de la presse écrite et audiovisuelle tient dans une dizaine de portefeuilles, gauche et droite compris, le débat démocratique se joue moins entre des lignes éditoriales indépendantes qu'entre des stratégies d'influence concurrentes, patronales d'un côté, institutionnelle de l'autre. 

En 2027, l'électeur français croira choisir un président. Il choisira aussi, sans le savoir tout à fait, entre des cadrages qu'il n'aura pas fabriqués lui-même.




Journal de Jacques-Bernard —                     Septembre 2026

lundi 31 août 2026

Non aux caméras privées dans les villes ! JBCH N° 2608 - 134





Journal indépendant · Idées, actualité, société


N° 134


 USA 


Aux États-Unis, une opposition grandissante à Flock



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Un réseau de 120 000 caméras autonomes qui identifient les voitures 

un mouvement de résistance qui s’étend.

Publié le 31 août 2026 ·   N° 134

Au printemps 2026, Nick Rabb, un Américain de 32 ans vivant à Pasadena (agglomération de Los Angeles), a découvert que sa ville de 135 000 habitants était couverte par 61 caméras de détection de plaques d’immatriculation. Ces caméras, commercialisées par la société privée Flock Safety, sont reliées à une base de données nationale qui regroupe les informations de plus de 120 000 caméras réparties dans tout le pays.




Chaque mois, ces dispositifs scannent environ 20 milliards de plaques. Le système permet de reconstituer le trajet d’un véhicule, que ce soit à l’échelle d’une ville ou sur de longues distances, dès qu’il est passé devant l’une des caméras. Les données sont mises à la disposition des forces de police locales qui ont souscrit au service.

Pour Nick Rabb, l’ampleur de ce réseau rappelle les outils d’un régime autoritaire. « Son potentiel est dangereux, en particulier lorsqu’il est mis entre les mains de l’ICE, la police de l’immigration », explique-t-il. Chercheur en informatique, il a créé le site Pasadena Privacy, ouvert des comptes sur les réseaux sociaux, organisé des réunions locales et préparé des interventions publiques pour alerter ses concitoyens.

La contestation ne se limite plus à quelques activistes. Sous la pression des habitants et d’élus locaux, une centaine de villes américaines ont déjà rompu leur contrat avec Flock Safety. Le mouvement s’étend, porté par des arguments de protection de la vie privée et de limitation des pouvoirs de surveillance.

Flock Safety présente son système comme un outil de lutte contre la criminalité : vol de voitures, enlèvements, enquêtes sur des délits graves. Les caméras ne filment pas les visages, insiste l’entreprise, et les données ne sont accessibles qu’aux forces de l’ordre partenaires. Pourtant, de nombreux citoyens et organisations de défense des libertés y voient une infrastructure de surveillance de masse, opaque et difficile à contrôler.




Le débat touche à des questions fondamentales : jusqu’où une société démocratique peut-elle accepter qu’une entreprise privée cartographie en permanence les déplacements de millions de véhicules ? Qui contrôle réellement ces bases de données ? Quelles garanties existent contre les abus, les fuites ou l’utilisation à des fins politiques ou migratoires ?

À Pasadena comme ailleurs, le combat de Nick Rabb et de ses alliés montre qu’une opposition citoyenne, même locale, peut faire reculer un dispositif national. Les ruptures de contrats se multiplient. La pression médiatique et politique s’accentue. Flock Safety, de son côté, continue de se développer et de signer de nouveaux partenariats.




Cette affaire américaine illustre une tension plus large, visible aussi en Europe : entre efficacité sécuritaire et protection des libertés individuelles. Les caméras de reconnaissance de plaques ne sont qu’un maillon d’un réseau de surveillance de plus en plus dense. La question n’est plus seulement technique. Elle est politique.

JBCH Réflexions —  Août 2026 




Regards sur les enjeux de surveillance, de technologie et de libertés.

Source d’inspiration : reportage d'après un reportage du   Monde (Jessica Gourdon, Los Angeles). Analyse critique  originales.

Macron et son amour des Gazaouis JBCH N° 2608 - 133


JBCH Réflexions

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N° 133


 Service public

 À la demande expresse  de Macron , 44 Gazaouis ont été accueillis en France le 24 août : une décision stupide  qui pose question : 

Retour sur une opération présidentielle française qui rouvre un dossier sensible






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Le 24 août, la France a exfiltré 44 personnes de Gaza, des soit disants boursiers du gouvernement français et des drôles de lauréats du programme PAUSE


C’est un nouveau dispositif imposé au Collège de France destiné à mettre à l'abri des scientifiques et artistes menacés. 


L'opération a été confirmée le 28 août par une source diplomatique française, via ie Quai d’Orsay, sans grande publicité. Elle mérite pourtant qu'on s'y arrête.


Car cette reprise des évacuations intervient dans un contexte que l'on aurait tort d'ignorer.


En janvier dernier, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait annoncé la suspension des inscriptions au programme PAUSE pour les ressortissants de Gaza, officiellement pour des « raisons logistiques »


La réalité, documentée par plusieurs sources, est plus précise : cette suspension avait suivi le cas d'une bénéficiaire du dispositif qui s'était distinguée par des propos écrits antisémites une fois accueillie en France. Ce qui est une généralité à Gaza 


Un précédent qui aurait dû, logiquement, conduire à un renforcement durable des critères de sélection et pas seulement à un gel temporaire suivi d'une reprise discrète sept mois plus tard.


Un gel décrété après plusieurs cas d'antisémitisme avérés, puis une reprise des évacuations sans qu'on sache si le processus de vérification a réellement changé : voilà ce qui devrait interroger.


Or, à ce jour, aucune information publique ne précise si les critères d’examens ont été revus depuis janvier, ni selon quelles modalités l'identité et le parcours des nouveaux lauréats désignés par Macron   ont été vérifiés avant leur accueil sur le territoire français. 


JBCH Réflexions  133.                Août 2026 

Les Profs ont peur !!! JBCH N° 2608 - 132

JBCH Réflexions

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N° 132


 Service public

Une rentrée douloureuse

L'école de la République face à la peur, au silence et à l'exode

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La rentrée 2024-2025 se déroule sous le poids de deux noms qui hantent désormais chaque salle des professeurs : Samuel Paty, assassiné en 2020, et Dominique Bernard, tué en 2023. 

Deux enseignants exécutés pour avoir incarné, simplement, l'école de la République face à l'islamisme radical. 

Ces meurtres ne sont pas des faits isolés. Ils ont mis au jour une réalité durable — menaces, intimidation, autocensure — qui s'est installée dans certains établissements bien avant, et bien après, les hommages officiels.




La peur s'installe dans la classe

Beaucoup de professeurs se demandent aujourd'hui s'ils peuvent encore aborder la liberté d'expression, la laïcité, l'histoire des religions ou les caricatures sans craindre pour leur sécurité. Enquêtes et témoignages syndicaux convergent : la prudence progresse, et avec elle, parfois, le silence pur et simple sur les sujets qui « déplaisent ».

Quand la vérité historique ou philosophique cède le pas à la peur du trouble à l'ordre public, l'école publique perd une part de sa mission. Ce n'est plus seulement un enseignant qui recule : c'est un savoir tout entier qui se retire du programme, sans qu'aucun texte ne l'ait jamais décidé.

ENCART

Deux enseignants tués en trois ans pour avoir défendu la liberté d'expression et la laïcité en classe : Samuel Paty (2020), Dominique Bernard (2023).



L'exode silencieux vers le privé

« Les familles qui le peuvent cherchent des cadres où l'autorité pédagogique et la liberté intellectuelle restent prioritaires. »Cette situation alimente un exode progressif vers le privé, déjà visible dans les chiffres de l'enseignement catholique et des établissements hors contrat. 


L'Éducation nationale, de son côté, peine à articuler une réponse claire : entre discours officiels sur la laïcité et gestion au cas par cas des tensions locales, le signal envoyé aux enseignants   et aux familles  reste flou





Restaurer la confiance, au-delà des hommages

Le pessimisme est compréhensible. Une école qui n'ose plus transmettre ce qui fâche certains groupes perd sa capacité à former des citoyens libres et critiques. 

Restaurer la confiance exige pourtant plus que des minutes de silence et des hommages annuels.



Il faut une protection effective des enseignants, une application ferme de la loi, et le refus clair de toute concession sur le contenu des programmes. Sans cela, le risque d'une école à deux vitesses  et d'un recul de l'espace public de la raison  n'est pas une fiction.


JBCH Réflexions                                                Août 2026

TROIS CONDITIONS
  1. Protection effective des enseignants
  2. Application ferme de la loi
  3. Aucune concession sur les programmes

samedi 29 août 2026

France, comment s'en sortir ! JBCH N° 2608 - 131

JBCH Réflexions

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N° 131


Économie & Service public


Fonction publique :   la réduction des effectifs etc ... 







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Le Medef et plusieurs responsables politiques appellent à une diminution drastique du nombre de fonctionnaires — les experts estiment que cette approche comptable risque de manquer sa cible


Entretien avec Michel Ruimy d'après Atlantico


C'est devenu un serpent de mer du débat public français. À chaque annonce budgétaire, la même rengaine revient : il faut réduire le nombre de fonctionnaires. Le Medef, ces dernières semaines, a remis le sujet sur la table avec une vigueur renouvelée, proposant des suppressions massives de postes dans la fonction publique. 




Plusieurs responsables politiques, de droite comme de l'extrême centre, ont emboîté le pas, y voyant une promesse d'économies rapides et un signal fort envoyé aux marchés.

Pourtant, cette approche purement quantitative pourrait bien se révéler contre-productive. C'est en tout cas la thèse défendue par Michel Ruimy, observateur avisé des politiques publiques, qui voit dans ce débat « un angle mort » : celui de l'organisation même de l'État.

Un diagnostic erroné

« Réduire l'action de l'État au seul comptage d'effectifs constitue une erreur de diagnostic », assène-t-il. Et pour cause : la France ne souffre pas tant d'un excès de fonctionnaires que d'une mauvaise répartition de ceux-ci. 

Les administrations concentrent leurs forces là où les besoins ont diminué, pendant que des secteurs entiers — la transition écologique, le numérique, l'accompagnement social — manquent cruellement de bras.

« Réduire l'action de l'État au seul comptage d'effectifs constitue une erreur de diagnostic. »

Le vrai gisement d'économies

Selon les spécialistes du management public, le véritable potentiel d'économies réside dans la simplification des normes, la réorganisation des services et la modernisation des procédures. Un agent dont le temps est absorbé par des tâches administratives redondantes produit peu de valeur ajoutée. Réorganiser le travail, digitaliser les processus, mutualiser les moyens : autant de leviers qui permettraient de dégager des marges financières sans sacrifier la qualité du service public.

L'échec annoncé des suppressions massives

L'histoire récente a montré les limites de cette politique du chiffre. Les suppressions de postes décidées sans réflexion sur l'organisation ont souvent conduit à des engorgements, des délais allongés et une dégradation des conditions de travail, sans générer les économies escomptées. 

Les « chocs » successifs imposés à la fonction publique ont davantage fragilisé les services que modernisé l'État.

Ce qu'il faut retenir

  • Le problème n'est pas le nombre de fonctionnaires, mais leur répartition entre secteurs
  • Le vrai gisement d'économies : simplification des normes, digitalisation, mutualisation des moyens
  • Les suppressions massives passées ont fragilisé les services sans générer les économies attendues
  • Une vraie réforme du management public suppose volonté politique et acceptation du changement

Une nécessaire refonte managériale

La piste d'une meilleure allocation des effectifs, adossée à une vraie réforme du management public, apparaît comme une alternative crédible. Encore faut-il en avoir la volonté politique. Car réorganiser l'État est infiniment plus complexe que de brandir un chiffre de suppressions de postes. Cela suppose de bousculer des habitudes, de revoir des procédures, de former les agents, d'accepter des résistances au changement.

En définitive, le débat sur le nombre de fonctionnaires occulte la vraie question : comment rendre l'État plus efficace, non pas en le vidant de sa substance, mais en le transformant en profondeur. 

Un chantier autrement plus ambitieux que la simple arithmétique budgétaire. Et peut-être, à terme, autrement plus rentable pour les finances publiques.





JBCH Réflexions            Août 2026

Ne Jamais voter pour l'extrême droite ...Ni pour LFI ... Le danger est proche JBCH N° 2608 - 130

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Économie & Politique

Le danger économique du vote RN

Une analyse du programme économique du Rassemblement National pour 2027





A quelques mois de l'élection présidentielle en France, alors que le monde est à feu et à sang, comment laisser le bouton rouge de la bombe atomique à un de ces deux partis qui sont en tête des sondages  ... 

Pas à des irresponsables .. Pas à la famille Le Pen, avec un Bardella qui n'a fait aucune étude et n'a jamais travaillé, pas à Mélenchon  qui a viré au fascisme rouge antisémite... les deux sont anti-Européens ... 

Soyez vigilants !!


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JBCH Réflexions le 29 Août 2026 N° 130


Quatre risques identifiés

  • Déstabilisation des marchés financiers et hausse des taux sur la dette
  • Inflation et perte de pouvoir d'achat
  • Affaiblissement des services publics
  • Isolement européen et risque de représailles commerciales

Des promesses intenables financièrement


Le programme économique du Rassemblement National pour 2027 accumule les contradictions qui pourraient très gravement fragiliser l'économie française. 

Le retour de la retraite à 60 ans pour certaines catégories, couplé à des baisses d'impôts (TVA, impôt sur le revenu), représenterait un manque à gagner estimé entre 60 et 100 milliards d'euros par an. 

Or, les économies proposées pour compenser ce coût restent largement floues et peu documentées. On a affaire à des irresponsables incultes.


Déstabilisation des marchés financiers


Un programme non financé entraînerait une hausse des taux d'intérêt sur la dette française, augmentant le coût du remboursement et réduisant la marge de manœuvre budgétaire. 

La France, déjà sous surveillance de l'UE, verrait sa crédibilité affaiblie.


Une équation impossible : dépenser davantage tout en réduisant les impôts.

Inflation et perte de pouvoir d'achat

La baisse de la TVA, mesure phare du programme, profiterait davantage aux entreprises qu'aux consommateurs, sans garantie de répercussion sur les prix. 

L'augmentation du déficit pourrait également alimenter l'inflation.

Affaiblissement des services publics


Les économies annoncées  non-remplacement des fonctionnaires, baisse des aides sociales   toucheraient en priorité les classes moyennes et populaires, pourtant cœur de cible électorale du RN.



Emblème fasciste


Isolement européen

La remise en cause de l'Euro, des traités européens et de la politique agricole commune menacerait les aides agricoles françaises, vitales pour de nombreuses régions.


L'illusion de la « préférence nationale »


Les mesures de protectionnisme annoncées  taxation des importations, préférence nationale pour l'emploi   risquent de déclencher des représailles commerciales, pénalisant nos exportations et les entreprises françaises à l'international.


La passion pour Poutine de la part de Mélenchon et de Le Pen nous ferait tomber dans un monde malsain et guerrier. 




En conclusion

Le programme économique du RN repose donc sur une équation impossible : promettre des dépenses massives tout en réduisant les impôts, sans expliquer clairement comment combler le déficit. 

Cette approche, si elle était mise en œuvre, exposerait la France à une crise de confiance économique aux conséquences durables pour les ménages les plus modestes.


JBCH Réflexions                            Août 2026

Un philosophe de notre temps à découvrir JBCH N° N° 2608 - 129

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Idées & Philosophie



Pascal Chabot : «Nous vivons dans des capsules numériques qui nous éloignent de l'idéal des Lumières»

Le philosophe belge invente le concept de « capsule » pour penser notre enfermement numérique





29 août 2026                        JBCH N° 129

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 Entretien avec Lucas Bretonnier


Le livre

  • Nos vies encapsulées. Quel devenir pour l'humanité ?, Pascal Chabot, PUF
  • Le philosophe belge y développe le concept de « capsulologie », une phénoménologie du numérique

Il y avait les bulles, les filtres ; voici les capsules. Loin de n'être qu'une jolie trouvaille sémantique, le terme proposé par le philosophe Pascal Chabot 




Nos vies encapsulées se révèle une clé de compréhension efficace   presque un passe-partout — pour lire le monde contemporain. Sa « capsulologie » est une nouvelle phénoménologie à l'ère du numérique : que devenons-nous une fois branchés au surconscient de l'IA ? 

Après un constat inquiet, le philosophe propose une éthique, une approche « subtile » du monde pour sauver l'humain et redonner une nouvelle définition au mot progrès.

D'où vient le mot « capsule » ?

Pascal Chabot raconte que les philosophes n'ont pour eux que les mots, et que la rencontre avec un terme est un petit eurêka : il faut en trouver un suffisamment chargé et connu de tous pour être compris, mais prêt à muter pour acquérir une densité philosophique capable de « dire le contemporain ». 





Enseignant dans une école de communication, il a remarqué que le mot « capsule » circulait déjà beaucoup dans les usages numériques de ses étudiants  capsules vidéo, capsules sonores. Un télescopage s'est opéré entre ce mot et son désir de travailler sur les nouveaux espaces contemporains.

Capsa, la boîte : l'étymologie latine confirme l'intuition du philosophe.

Une étymologie qui éclaire le concept

En se penchant sur l'étymologie du mot — capsa, la boîte, en latin  Pascal Chabot s'est convaincu d'être sur la bonne voie. 




L'image de la boîte, enveloppe qui protège mais qui enferme aussi, résume assez bien l'ambivalence de son propos : nos existences numériques, avides de connexions et de transactions, s'organisent aujourd'hui autour de telles enveloppes, qui nous relient au monde tout en nous en tenant paradoxalement à distance.

Un philosophe à découvrir !





JBCH Réflexions.  Août 2026