Israël · Élections 2026
Trois ans après le 7 octobre,
l’ombre du drame sur l’élection
Le peuple exige une commission d’enquête libre !!!
À trois semaines des législatives, le pire échec sécuritaire de l’histoire d’Israël plane sur le scrutin. Et une question hante le pays : qui savait, et qui n’a rien fait ?
Israël commémore le troisième anniversaire du massacre du 7 octobre à quelques semaines seulement d’une élection législative où la responsabilité personnelle de Benyamin Netanyahou sera au cœur du débat. Le site américain Axios le résume d’une phrase : le pire échec sécuritaire du pays plane toujours sur Israël, et sur la candidature de son Premier ministre.
Il faut lui reconnaître un talent de survie hors du commun. Netanyahou a déjoué tous les pronostics, maintenu sa coalition à flot à travers des années de guerres simultanées et d’état d’urgence permanent. Les sondages, serrés, lui laissent encore un chemin. Mais ce chemin passe par une porte qu’il refuse d’ouvrir : celle de la vérité.
Le refus d’assumer
L’opposition lui reproche de bloquer toute commission d’enquête d’État indépendante sur l’attaque du Hamas. Trois ans après, les familles des victimes et des otages n’ont toujours pas de réponse officielle.
Netanyahou renvoie la faute à l’appareil sécuritaire : ses chefs, affirme-t-il, ne l’ont pas informé. Ses relais médiatiques vont plus loin, jusqu’à diffuser des thèses complotistes sur une « trahison » interne.
Face à lui, son principal rival, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, a perdu son fils et deux neveux à Gaza. Il a fait du remplacement de Netanyahou une mission personnelle. Rarement un duel électoral aura été aussi chargé de deuil.
Un dirigeant qui n’a rien à cacher ne craint pas une commission d’enquête.
L’avertissement émirati
C’est ici qu’intervient une révélation qui fragilise toute sa défense. Selon Haaretz, confirmé par le New York Times, le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, aurait prévenu Netanyahou quelques jours avant l’attaque qu’une opération majeure du Hamas se préparait.
Trois sources confirment à Axios que le renseignement émirati avait transmis une alerte générale à ses homologues israéliens, et que MBZ a appelé directement Netanyahou pour s’assurer qu’il l’avait bien reçue.
Ce que l’on sait des alertes
- Les Émirats : alerte du renseignement, puis appel direct de Mohammed ben Zayed, selon Haaretz, le New York Times et trois sources d’Axios.
- L’Égypte : un avertissement similaire du chef du renseignement Abbas Kamel, rapporté par The Atlantic et le Wall Street Journal.
- Netanyahou dément avoir reçu ces alertes et poursuit en justice plusieurs médias et journalistes qui les ont rapportées.
Seule une commission d’enquête libre, dotée de pouvoirs réels, peut trancher entre ces récits. C’est précisément pour cela qu’elle est indispensable, et précisément pour cela qu’elle n’existe pas.
Le procès et l’ombre de Trump
L’enjeu dépasse la mémoire du 7 octobre. Le scrutin pourrait sceller l’avenir judiciaire de Netanyahou. S’il perd le pouvoir, il perd tout levier pour freiner son procès pour corruption. S’il gagne, il plaidera qu’il a été « acquitté par le peuple ».
Reste Donald Trump. Un soutien public du président américain pourrait peser lourd, mais il s’en abstient jusqu’ici. Publiquement, il dit ne pas croire au récit de l’alerte émiratie : il « ne peut pas imaginer » que Netanyahou ait ignoré un tel avertissement. En privé pourtant, selon deux personnes qui en ont parlé avec lui, il lui impute une part de l’échec du 7 octobre et s’inquiète de l’image internationale d’Israël, tout en restant proche de lui depuis la guerre contre l’Iran.
Sauf tour de passe-passe avec les partis religieux et ultra-orthodoxes, faiseurs de rois de chaque coalition, Bibi devrait partir. Ce serait la démocratie qui parle, dans un pays où le poids croissant du religieux sur la décision politique fait parfois craindre une dérive théocratique.
JBCH
© JBCH Octobre 2026
Sources : Axios (7 octobre 2026), Haaretz, The New York Times, Times of Israel (1er octobre 2026).




