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mercredi 1 avril 2026

Parcoursup fait fuir les étudiants ... JBCH N° 2604 - 988

 C’est un mouvement encore discret, mais en nette progression. Chaque année, des milliers de lycéens français, lassés par l’incertitude ou recalés par la plateforme Parcoursup, choisissent de contourner le système national en se tournant vers les universités européennes. Une stratégie d’évitement qui redessine, à la marge, la carte des études supérieures.



À mesure que les réponses tardent ou s’accumulent sous forme de listes d’attente, certains candidats prennent les devants. Direction la Belgique, l’Espagne, le Portugal ou encore la Roumanie. Dans ces pays, les procédures d’admission apparaissent souvent plus lisibles, parfois moins sélectives, et surtout plus rapides. « Au moins, on sait où on va », confie un étudiant parti suivre des études de médecine à Cluj.


Les filières en tension concentrent l’essentiel de ces départs. Médecine, kinésithérapie, droit ou encore STAPS figurent parmi les cursus les plus concernés. En Belgique, malgré l’instauration de quotas pour limiter l’afflux d’étudiants étrangers, les facultés de santé restent très demandées. En Roumanie, certaines universités proposent désormais des cursus francophones, facilitant l’intégration des étudiants français.





Ce mouvement s’explique aussi par une perception croissante d’injustice ou d’opacité du système français. Parcoursup, malgré ses évolutions, continue d’alimenter critiques et frustrations. L’algorithme, les critères locaux de sélection et l’absence de hiérarchisation claire des vœux contribuent à un sentiment de loterie chez certains candidats.





Pour autant, cet « exil académique » ne constitue pas une solution miracle. Les frais de scolarité peuvent être nettement plus élevés qu’en France, notamment en Espagne ou au Portugal. 



L’adaptation à un nouvel environnement linguistique et culturel n’est pas toujours aisée. Et si les diplômes européens sont en principe reconnus dans l’Union, certaines professions réglementées imposent des démarches complémentaires pour exercer en France.


Les autorités françaises observent ce phénomène avec attention, sans pour autant parler d’hémorragie. Car en volume, ces départs restent marginaux au regard des centaines de milliers d’inscriptions annuelles sur Parcoursup. Ils traduisent néanmoins une évolution des mentalités : les lycéens et leurs familles raisonnent de plus en plus à l’échelle européenne.





À terme, cette mobilité pourrait accentuer la concurrence entre systèmes universitaires et pousser la France à réinterroger ses propres mécanismes d’accès à l’enseignement supérieur. En attendant, pour une partie de la jeunesse, l’Europe n’est plus seulement un horizon… mais une alternative concrète.





Ressusciter des tissus humains ... Une avancée JBCH N° 2604 - 987

Tissu ressuscité : Institut Weizmann

Une découverte israélienne à la pointe mondiale de la régénération tissulaire

Des chercheurs de l’Institut Weizmann des Sciences en Israël (dirigés par le Pr Eli Arama et le Dr Tslil Braun) ont résolu un mystère vieux de 50 ans : le mécanisme moléculaire de la prolifération compensatoire, cette capacité étonnante des tissus épithéliaux (peau, organes) à se régénérer massivement après des dommages importants, comme une forte irradiation.




Le phénomène « phénix »

Décrit pour la première fois dans les années 1970 chez les larves de mouches (qui font repousser des ailes fonctionnelles après destruction massive), ce processus existe aussi chez l’humain. Pourtant, son fondement moléculaire restait inconnu.


Cellules DARE (marquées en vert) et cellules NARE (non marquées) dans le tissu épithélial à partir duquel se développe l’aile de la mouche. En rouge, les noyaux des cellules en cours de division. Les chercheurs ont découvert que les cellules NARE reçoivent des signaux des cellules DARE voisines leur ordonnant de proliférer.





La clé : les caspases, à la fois bourreaux et sauveurs

L’étude, publiée dans Nature Communications (2025), montre que les caspases (enzymes de l’apoptose, la mort cellulaire programmée) jouent un rôle inattendu. Chez les larves de drosophile irradiées, les scientifiques ont identifié deux populations de cellules résistantes à la mort :

  • Cellules DARE (Dronc-activating radiation-induced apoptosis-resistant epithelial cells) : elles activent la caspase initiatrice (Dronc) mais survivent grâce à une protéine « moteur moléculaire » qui bloque le signal de mort en fixant la caspase à la membrane cellulaire. Ces cellules se multiplient rapidement, reconstruisent près de la moitié du tissu en 48 heures et envoient des signaux de croissance aux cellules voisines.
  • Cellules NARE (non-activatrices) : elles ne déclenchent pas la caspase initiatrice. Elles contribuent à la régénération mais dépendent entièrement des DARE pour proliférer.

Les cellules mourantes envoient des signaux qui activent les DARE. Une boucle de rétroaction négative entre DARE et NARE empêche la croissance excessive : les DARE stimulent les NARE, qui à leur tour freinent les DARE.




Conséquences majeures pour le cancer

Les descendants des cellules DARE héritent d’une résistance exceptionnelle (7 fois plus résistantes à la mort). Cela explique pourquoi certaines tumeurs, après radiothérapie, réapparaissent plus agressives et résistantes : elles détournent ce mécanisme de survie et de régénération.

Perspectives thérapeutiques

Ces découvertes israéliennes ouvrent la voie à :

  • Des traitements accélérant la cicatrisation des plaies et la régénération tissulaire saine.
  • De nouvelles stratégies pour empêcher les récidives cancéreuses en bloquant la résistance acquise par ces cellules « ressuscitées ».

Grâce à un modèle simple (la mouche), l’Institut Weizmann place une fois de plus Israël à la tête des nations en biologie fondamentale et en recherche contre le cancer. Cette avancée pourrait révolutionner la médecine régénérative et l’oncologie.

Weizmann : la Mémoire des particules. JBCH N° 2604 - 986

✡  ISRAËL & LA SCIENCE MONDIALE  ✡

La Mémoire des Particules
Une avancée majeure de l'Institut Weizmann des Sciences, Israël

🔬  La Découverte

Des chercheurs du laboratoire du Dr Yuval Ronen à l'Institut Weizmann des Sciences ont publié dans la prestigieuse revue Nature des preuves inédites de l'existence des anyons non abéliens — des particules quantiques exotiques capables de "se souvenir" de l'ordre dans lequel elles ont échangé leurs positions. Cette propriété extraordinaire, observée dans du graphène bicouche à très basse température, ouvre une voie révolutionnaire vers les ordinateurs quantiques tolérants aux pannes.





⚛️  Qu'est-ce qu'un Anyon Non Abélien ?

En mécanique quantique, les particules sont classées selon leur comportement lors d'échanges de positions. Les anyons non abéliens constituent un troisième type de particule — au-delà des bosons et des fermions connus depuis des décennies. Lorsque deux anyons non abéliens échangent leurs places, leur fonction d'onde change non seulement de phase, mais aussi de forme. Chaque séquence d'échanges laisse une empreinte unique et irréversible dans le système — une forme de mémoire quantique collective.
💡  Pourquoi C'est Révolutionnaire
Les ordinateurs quantiques actuels sont extrêmement fragiles face aux perturbations extérieures. Les anyons non abéliens encodent l'information non pas dans une particule isolée, mais dans la fonction d'onde de l'ensemble du système. Ce caractère topologique les rend naturellement résistants aux erreurs locales — résolvant ainsi l'un des obstacles fondamentaux du calcul quantique fiable.





🌍  Israël, Acteur Majeur de la Science Mondiale

Cette découverte illustre une fois de plus la place exceptionnelle qu'occupe Israël dans la recherche scientifique internationale. Avec une population de moins de dix millions d'habitants, Israël figure parmi les nations productrices du plus grand nombre de brevets et de publications scientifiques par habitant dans le monde. L'Institut Weizmann des Sciences, fondé en 1934, est classé régulièrement parmi les meilleures institutions de recherche fondamentale du monde. Ses chercheurs ont contribué à des avancées décisives en physique, chimie, biologie, informatique et médecine.





De la cryptographie à l'intelligence artificielle, de la médecine génomique à la physique quantique, des chercheurs israéliens repoussent sans cesse les frontières du possible — apportant à l'humanité entière des outils pour comprendre et transformer le monde. 




Cette étude sur les anyons non abéliens en est une illustration lumineuse : née dans un petit laboratoire de Rehovot, elle pourrait un jour rendre possible l'ordinateur quantique que le monde attend.
Institut Weizmann des Sciences  •  Rehovot, Israël  •  Publication dans Nature







Si je t'oublie ô Jérusalem ... JBCH N° 2604 - 985



« Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion.

Aux saules de la contrée nous avions suspendu nos harpes. Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants, et nos oppresseurs de la joie :

“Chantez-nous quelques-uns des cantiques de Sion !”

Comment chanterions-nous les cantiques de l’Éternel sur une terre étrangère ?

Si je t’oublie, Jérusalem, que ma droite m’oublie !

Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie !


L’an prochain à Jérusalem : une espérance vivante

Alors que des millions de Juifs préparent leur seder de Pessah ce printemps 2026, la phrase rituelle « L’an prochain à Jérusalem » résonne avec une force particulière. Prononcée depuis le Moyen Âge à la fin de la Haggada, elle clôt le récit de l’Exode en ouvrant sur l’avenir : la libération d’Égypte n’est pas une fin en soi, mais le début d’un voyage vers la Terre promise, le don de la Torah au Sinaï et l’établissement d’un peuple souverain à Sion.


Bien plus qu’un vœu pieux, ces mots rappellent que la liberté véritable s’accomplit dans la responsabilité collective : bâtir une société guidée par la justice, la loi et un projet national. Les Pères fondateurs américains y puisaient déjà leur inspiration, voyant dans l’Exode le modèle d’une nation passant de l’esclavage à la dignité sous une loi supérieure.


Tout juif au moment critique de toutes les joies, de toutes les fêtes au moment de leur apogée ... ( Brith Mila, Bar Mitsva, ou Mariage) on cite Jérusalem , et la tristesse d'avoir perdu le Temple,



Aujourd’hui, au milieu des menaces persistantes – missiles, terrorisme, haine antijuive –, cette formule prend une dimension concrète. Elle affirme que la rédemption passe par la défense d’Israël et de Jérusalem, capitale historique et spirituelle, où le peuple juif entend vivre en sécurité et accomplir sa mission morale.




« L’an prochain à Jérusalem » n’est ni nostalgie ni utopie : c’est l’engagement à poursuivre le récit inachevé de Pessah, celui d’un peuple libre qui transforme son histoire en espérance partagée pour lui-même et pour l’humanité.


Cette année encore, elle unit passé, présent et avenir autour d’une même conviction : la route de l’Exode mène à Sion.

Pourquoi le Judée-Samarie est une terre juive ! JBCH N° 2604 - 984

Pourquoi la Judée-Samarie doit reprendre son nom biblique : 

Une présence juive millénaire face au racisme d’État et international



La Judée-Samarie, cœur historique du peuple juif, a été rebaptisée « Cisjordanie » (West Bank) par la Jordanie en 1948, puis annexée illégalement en 1950. Ce changement de nom n’était pas neutre : il visait à effacer toute trace de l’identité juive millénaire de ces terres bibliques. 




La Jordanie, après avoir envahi et occupé la zone pendant la guerre d’indépendance d’Israël, a tué ou expulsé tous les Juifs, dynamité 34 des 35 synagogues de la Vieille Ville de Jérusalem et transformé les lieux saints juifs en écuries ou en poulaillers et le mur des lamentations en latrines !!! 





Seuls la Grande-Bretagne et le Pakistan ont reconnu cette annexion ; le reste du monde, y compris la Ligue arabe, l’a rejetée comme illégitime. Aujourd’hui, il est temps de rétablir le nom authentique : Judée-Samarie. Non par caprice, mais pour restituer à ces territoires leur histoire profonde, celle d’un peuple présent depuis plus de 3 000 ans, face à une volonté internationale, chrétienne et musulmane, de les rendre Judenrein – vidés de Juifs.



Les preuves archéologiques et historiques de la présence juive en Judée-Samarie sont irréfutables et remontent à plus de trois millénaires. La stèle de Mérenptah (1208 av. J.-C.), découverte en Égypte, mentionne explicitement « Israël » comme un peuple déjà établi dans les hautes terres de Canaan. 






Les royaumes d’Israël (avec Samarie pour capitale) et de Juda (Judée) ont dominé la région dès le Xe siècle av. J.-C. Des sites comme le mont Ebal (autel israélite du XIIIe siècle av. J.-C.), Khirbet Qeiyafa (forteresse du temps de David), Tel Dan (inscription mentionnant la « maison de David ») ou encore Hébron (tombe des Patriarches, où Abraham, Isaac et Jacob sont enterrés) attestent d’une continuité ininterrompue. Des synagogues antiques, des mikvé (bains rituels) et des inscriptions hébraïques parsèment la Judée-Samarie : à Shiloh (sanctuaire de l’Arche d’Alliance), à Béthel, à Gush Etzion ou à Tekoa. 


Même après la destruction du Second Temple en 70 apr. J.-C. et les exils successifs (assyrien, babylonien, romain), des communautés juives ont persisté : sous les Byzantins, les Croisés, les Ottomans et jusqu’au mandat britannique. En 1929, le pogrom d’Hébron a massacré 67 Juifs et forcé l’exode des survivants, malgré une présence continue de plus de 2 000 ans. En 1948, la Jordanie a achevé le nettoyage ethnique : plus un seul Juif en Judée-Samarie.






Malgré cette réalité historique incontestable, la communauté internationale – tant chrétienne que musulmane – refuse obstinément toute présence juive légitime dans ces terres. Pourquoi ? Parce que pour beaucoup, la Judée-Samarie doit rester Judenrein, un territoire purgé de Juifs, comme l’exigeaient les nazis. 


Du côté chrétien, la théologie du remplacement (supersessionisme) a longtemps nié les droits juifs sur la Terre promise, considérant l’Église comme le « nouvel Israël ». 


Du côté musulman, la vision d’une terre islamique (waqf) depuis la conquête du VIIe siècle rejette tout retour juif souverain, malgré le fait que l’islam a reconnu historiquement la présence juive avant la Nakba. 


Les Nations Unies, l’Union européenne et une partie du monde arabo-musulman condamnent systématiquement les « implantations » israéliennes comme illégales, tout en ignorant les expulsions pzar les arabes de un million de Juifs des pays arabes entre 1948 et 1970. 


C’est un racisme à deux vitesses : on accepte des occupations turques à Chypre, russes en Crimée ou chinoises au Tibet, mais pas le retour des Juifs sur leurs terres ancestrales. et sur des terres achetées aux ottomans avec des actes notariés 





Les territoires arabes sur cette terre , quant à eux, ont érigé ce refus en doctrine d’État. La Charte de l’OLP (1964, révisée en 1993) et celle du Hamas (1988) nient explicitement tout lien historique juif. 


Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a déclaré en 2013 : « Dans une résolution finale, nous ne verrons pas la présence d’un seul Israélien  ou juif – civil ou soldat – sur nos terres. » 


En 2010, il a réitéré : « Nous n’accepterons pas la présence d’un seul Israélien dans un nouvel État arabe » Aucune présence juive n’est tolérée dans les zones A sous contrôle palestinien. 


Les propositions de paix israéliennes – Camp David 2000, Annapolis 2007 – ont toutes été rejetées car elles impliquaient des échanges de territoires permettant des blocs de peuplement juifs. 


Les arabes  exigent un État ethniquement pur, sans Juifs, exactement comme la Jordanie l’a fait en 1948. C’est du racisme d’État pur et simple : un apartheid à l’envers, où les Juifs sont interdits de résidence sur des terres où ils vivaient bien avant l’islam ou le christianisme, depuis plus de 3500 ans.






Cette politique n’est pas isolée : elle s’inscrit dans un racisme international institutionnalisé. L’ONU a adopté plus de résolutions condamnant Israël que tous les autres pays réunis. 


Des organisations comme Amnesty International ou Human Rights Watch parlent d’« apartheid » israélien tout en taisant le refus arabe de reconnaître le droit à l’existence d’Israël en tant qu’État juif. 


Les Églises chrétiennes mainstream, influencées par les mouvements BDS et une gauche antisioniste woke , boycotent souvent les produits de Judée-Samarie. Les pays musulmans, via l’OCI, propagent une narrative niant toute histoire juive.


 Pourtant, les faits sont têtus : les Juifs n’ont jamais quitté leur terre physiquement et spirituellement (prières tournées vers Jérusalem trois fois par jour).


Les « implantations » ne sont pas des colonies coloniales : ce sont des retours sur des terres achetées légalement ou libérées en 1967 d’une occupation jordanienne illégale.





Israël ne demande pas l’expulsion des Arabes de Judée-Samarie. Il propose la coexistence : Les deux millions d'Arabes citoyens israéliens vivent en paix en Israël, pourquoi pas des Juifs en Judée-Samarie ? 


Refuser cela, c’est exiger un nouvel État arabe sans juifs comme l’Allemagne nazie l’a fait en 1933-1945. C’est du racisme pur, encouragé par une communauté internationale complice et lâche ... 


 La Judée-Samarie doit retrouver son nom biblique non par vengeance, mais par justice historique. Les Juifs y sont chez eux depuis 3 500 ans. Les nier, c’est nier la vérité. Les expulser à nouveau, c’est répéter les erreurs du passé.


Le monde doit choisir : vérité historique ou antisémitisme déguisé en « justice ». La Judée-Samarie n’est pas une « colonie ». C’est le berceau du judaïsme. Et les Juifs y resteront, comme ils y ont toujours été.







mardi 31 mars 2026

Pessah, Passover, Päque ... le soir du 1er avril 2026 JBCH N° 2603 - 983

 Trois choses que chaque Juif doit entendre cette année à la table du Seder

La nuit de Pessah, nous ne voyageons pas seulement dans le temps : nous rentrons chez nous. Nous descendons en Égypte avec nos ancêtres, et soudain le texte ancien se met à murmurer notre propre nom.


Au milieu des ténèbres qui nous entourent – la guerre, la haine, la peur diffuse qui colle à la peau, la Haggadah parle avec une clarté surprenante. Elle nous rappelle qui nous sommes, d’où nous venons, et surtout, pourquoi nous refusons de disparaître.

Voici trois pensées à déposer sur la table cette année, comme des braises capables de réchauffer les cœurs même dans la nuit la plus longue.


Ils étaient là, nos ancêtres, engloutis par les eaux amères de l’esclavage. L’espoir s’effilochait comme un vieux vêtement. Beaucoup avaient cessé de croire que le matin viendrait.


Regardez autour de vous aujourd’hui. Depuis le 7 octobre, le monde semble avoir retrouvé son vieux réflexe : nous haïr. Les sirènes d'alarme déchirent les nuits israéliennes, les abris, les mamanes, sont devenus la seconde maison des enfants, et dans les rues des villes lointaines, des ombres hurlent des slogans que nous pensions enterrés avec le siècle dernier.


La Haggadah nous offre un nom précieux, presque tendre : Baruch HaMakom – Béni soit le Lieu. Ce n’est pas un nom parmi d’autres. HaMakom, c’est l’Espace lui-même. Quand on console un endeuillé pendant la shiva, on l’emploie aussi. Le message est silencieux mais immense : lorsque tu te sens terriblement seul, lorsque le vide te dévore, Dieu vient habiter ton espace. Il remplit le manque.





Si nous ouvrons les yeux avec le courage de voir dans le noir, nous Le devinons. Pas toujours dans les miracles éclatants, mais dans les miracles discrets qui défient les statistiques. Des missiles qui auraient dû tout détruire et qui, inexplicablement, n’ont pas causé le désastre annoncé. Des pilotes qui rentrent sains et saufs. Une résilience collective qui surgit là où l’on n’attendait que l’effondrement. Une force intérieure que tant de Juifs, de tous horizons, ont soudain découverte en eux.


Cette nuit de Seder, cherchez la main cachée de Dieu dans votre propre vie. Elle est là, discrète, patiente, aimante, même quand elle porte des gants de nuit.


Au cœur du Seder se trouve un sandwich étrange et profond : matzah, maror et haroset. Le maror, ces herbes amères, nous ramène au goût exact de l’esclavage – cette brûlure quotidienne, cette fatigue de l’âme. Mais le rituel ne s’arrête pas à la mémoire. Il nous enseigne comment vivre le présent.

Nous avons tous, cette année, le maror sur les lèvres. Les libelles de sang diffusés par des voix qui touchent des millions. Le massacre de Bondi Beach. Le camion piégé lancé contre une synagogue du Michigan pendant que des enfants jouaient à l’intérieur. Les ambulances incendiées devant une synagogue londonienne. Et surtout, ce peuple en Israël face à des ennemis qui ne rêvent que de son anéantissement.




La Haggadah nous propose pourtant une alchimie subtile. Prenez l’amertume. Couvrez-la généreusement de haroset – ce mélange doux de fruits et de noix, symbole de tous les instants de grâce, de gratitude et de beauté que nous offre encore cette existence. Puis enveloppez le tout dans la matzah, ce pain de pauvreté devenu pain de foi.


Ne laissez pas la douleur vous définir. Ne devenez pas votre blessure. Transformez-la. Grandissez à travers elle. Cette nuit, choisissons de devenir meilleurs, et non amers.


Nous levons la coupe de vin et nous proclamons, d’une voix qui traverse les siècles : « Dans chaque génération ils se lèvent contre nous pour nous anéantir, et le Saint béni soit-Il nous délivre de leurs mains. »

Nous feignons parfois la surprise. Pourtant, rien n’est nouveau sous le soleil de la haine. L’antisémitisme change simplement de costume : aujourd’hui il se pare souvent des habits de l’antisionisme, mais la vieille mélodie reste la même.

Ils ont toujours été persuadés, dans chaque époque, que cette fois serait la bonne. Qu’ils parviendraient enfin à éteindre cette petite lumière juive obstinée.

Ils ont échoué.

Nous avons été chassés, brûlés, gazés, massacrés. Nous sommes encore là. Après les crématoires, nous sommes revenus sur notre terre. Nous avons reconstruit. Nous avons fait fleurir le désert. Nous avons transformé le désespoir en espérance têtue.

En cette fête de Pessah, levons notre verre avec fierté. Levons-le pour tous ceux qui sont autour de notre table, pour les Juifs du monde entier qui refusent de s’effacer, et pour ce Dieu vivant qui n’a jamais cessé de veiller sur Ses enfants.

Car nous sommes la preuve vivante que la haine, aussi puissante soit-elle, ne possède pas le dernier mot.

Que cette nuit nous trouve courageux, lucides et remplis d’une foi tranquille.

Que nous puissions dire, non pas avec naïveté, mais avec la sagesse de ceux qui ont traversé mille nuits d’Égypte :

L’an prochain à Jérusalem.


d'après un article de "AISH"







lundi 30 mars 2026

VAV, la sixème lettre .. JBCH N° 2603 - 982

Le Vav, clou d’or et d’argent



 

Au cœur de l’alphabet sacré, la sixième lettre se dresse, fine comme une colonne vertébrale, droite comme un pieu planté dans la terre promise. On l’appelle Vav. Son nom murmure déjà son secret : crochet, cheville, clou.



Dans le désert du Sinaï, les artisans du Tabernacle en forgèrent des centaines d’argent pour suspendre les rideaux de lin et de pourpre, reliant ainsi le profane au saint, le ciel à la tente humaine. Sans ces Vavim invisibles, le sanctuaire mobile se serait effondré au premier vent. Ainsi en est-il toujours : ce qui tient le monde n’est souvent qu’un lien discret.






Dans la langue sainte, le Vav est le grand « et ». Il unit sans effacer. « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » : dès le premier verset, il tisse la dualité en une seule respiration. Il est le conjonctif divin, celui qui refuse la séparation, qui empêche que le haut méprise le bas et que le bas oublie le haut. Valeur numérique six : six jours pour achever la Création, six directions de l’espace, six Sefirot du cœur divin – Chesed jusqu’à Yessod – qui forment le corps du « Petit Visage », Zeïr Anpin, médiateur entre l’infini et le fini.


Dans la Kabbale, le Vav est l’axe. Dans le Nom ineffable YHVH, il se tient au centre, fils qui relie le Père (Yod) à la Mère (premier Hé) et à la Shekhina (Hé final). Colonne vertébrale du cosmos, il redresse ce qui penche, harmonise ce qui s’oppose, transforme la tension en équilibre.


Il est Tiféret, la Beauté, là où la rigueur et la miséricorde se rencontrent et s’embrassent. Sans lui, les mondes resteraient disjoints, comme des rideaux déchirés par la tempête.




Dans la vie civile, il demeure humble : simple son /v/, conjonction de coordination quotidienne, lettre qui relie les phrases comme les générations. Pourtant, en Israël comme en diaspora, il porte encore la mémoire du crochet d’argent : ce qui assemble le peuple dispersé.




Aujourd’hui, face aux ombres qui montent – les missiles iraniens, les proxies de la nuit, les discours qui cherchent à isoler et à briser –, le Vav prend une résonance guerrière et prophétique.


Il est le crochet qui fixe la tente d’Israël au sol de sa terre, malgré les vents de feu venus d’Iran. Il est le « et » qui refuse de laisser séparer le Juif de Tel-Aviv du Juif de New York, le religieux du laïc, l’ashkénaze du séfarade. Contre l’antisémitisme qui resurgit comme une ancienne peste, masquée parfois d’antisionisme, le Vav devient l’arme silencieuse de l’unité : il relie les cœurs, les bras, les prières et les boucliers.



Il rappelle que la victoire ne naît pas seulement de la force des armes, mais de la force du lien. Comme les Vavim du Tabernacle tenaient les voiles contre le sable du désert, ainsi le peuple juif tient debout par ses crochets invisibles : Torah, mémoire, solidarité, amour du vivant. Le Vav inverse même le temps biblique : il fait du passé un futur, de la promesse une réalité. Dans les nuits de missiles et de haine, il murmure : « Nous sommes encore liés. Nous tenons. Nous sommes un. »



Fragile en apparence, droit comme une épine dorsale, le Vav est le clou qui empêche la tente de s’effondrer. Tant qu’il y aura un Vav pour relier le ciel à la terre, le Juif à son frère et Israël à son destin, la lumière ne sera pas vaincue.