Prospective ECONOMIQUES
JBCH N° 189
Les gouttes israéliennes qui vont "tuer" le métier d'opticien
Un jour, on racontera à nos petits-enfants qu'il existait des boutiques entières consacrées à vendre des montures de plastique posées sur le nez, et ils nous regarderont comme on regarde aujourd'hui une photo de cabine téléphonique.
Ce jour approche, et il porte un nom : Nano-Drops, l'invention d'une équipe israélienne qui est en train de rendre obsolète un métier vieux de sept cents ans.
1. L'invention qui change tout
Tout part de Ramat Gan et de l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem. Le professeur David Smadja et son équipe, associés à l'université Bar-Ilan, ont mis au point des gouttes oculaires à base de nanoparticules capables de modifier temporairement l'indice de réfraction de la cornée, exactement comme le ferait une lentille correctrice, mais sans lentille, sans monture, sans chirurgie.
Le principe est d'une simplicité déconcertante : la goutte pénètre la cornée, comble ses irrégularités microscopiques et recrée artificiellement la courbure parfaite qui permet à l'œil myope, hypermétrope ou presbyte de faire à nouveau le point.
L'effet dure plusieurs heures. On instille, on voit net, on recommence le lendemain. Fini le verre correcteur posé devant l'œil : c'est l'œil lui-même qu'on corrige, de l'intérieur, chimiquement.
Les essais précliniques, menés sur des cornées de porc puis sur des yeux humains ex vivo, ont montré une amélioration nette de l'acuité visuelle en quelques minutes.
Les équipes israéliennes visaient déjà, dès les premières publications, un produit accessible en pharmacie, sans ordonnance ni examen préalable systématique. Ce n'est plus de la science-fiction, c'est un dossier d'homologation en cours.
2. Pourquoi ça change tout, mécaniquement
Prenez la chaîne de valeur de la lunette telle qu'elle existe depuis Venise et ses verriers du Moyen Âge : un ophtalmologiste prescrit, un opticien mesure, façonne, ajuste, vend une monture et deux verres taillés sur-mesure, un fabricant industriel produit ces verres en amont, un distributeur les achemine.
Ce sont des dizaines de milliers d'emplois en France, un maillage de boutiques dans chaque centre-ville, une industrie entière du verre optique et de la monture.
Une goutte flacon achetée en pharmacie court-circuite chaque maillon de cette chaîne à la fois. Plus besoin de monture : l'œil n'a plus rien posé dessus. Plus besoin de verre taillé sur-mesure : la correction se refait chaque jour, en pharmacie ou à domicile.
Plus besoin d'ajustement individuel par un professionnel formé trois ans : on instille une goutte calibrée par tranche de dioptries, comme un collyre antiallergique.
Ce que la goutte remplace
- La monture et les verres correcteurs sur-mesure
- L'examen de vue en boutique et l'ajustement individuel
- Une partie de la chaîne industrielle du verre ophtalmique
- Le renouvellement périodique de l'équipement, remplacé par un flacon
C'est exactement le schéma qui a vidé les boutiques de photographie argentique quand le smartphone a intégré l'appareil photo, ou les disquaires quand le streaming a remplacé le disque.
La destruction ne vient jamais d'un concurrent qui fait la même chose un peu mieux. Elle vient d'une technologie qui rend la question elle-même obsolète.
3. Une prédiction : moins 75% en dix ans
Je le dis tel que je le pense, sans le maquiller en certitude scientifique que personne n'a encore mesurée : à l'échéance d'une décennie, la production mondiale de lunettes correctrices classiques pourrait chuter d'environ 75%.
Ce n'est pas un chiffre publié par un institut, c'est mon pari de commentateur, fondé sur un raisonnement simple : chaque fois qu'une innovation remplace un objet physique par un geste quotidien moins cher et plus pratique, l'ancien objet ne recule pas progressivement, il s'effondre en quelques années, une fois le seuil de confiance du public franchi.
Les lunettes ne disparaîtront pas entièrement. Il restera les corrections lourdes, les cas complexes, la mode et l'accessoire de style que porte volontiers qui n'a pas besoin de corriger sa vue.
Mais la lunette-outil, la lunette-nécessité posée sur le nez de la moitié de l'humanité, celle-là est directement dans la trajectoire de la goutte israélienne.
4. Le métier d'opticien, condamné à se réinventer ou à disparaître
Un métier qui vit de vendre un objet dont l'utilité s'efface ne survit pas en vendant le même objet plus joliment.
Il survit en se déplaçant vers ce que la machine ne fait pas encore : le diagnostic fin, le suivi médical, la prescription du bon dosage de goutte, l'accompagnement des cas que la nanoparticule ne résout pas.
C'est déjà le schéma qu'ont suivi d'autres professions frappées par une innovation de rupture : le disquaire qui est devenu programmateur de playlists et organisateur d'événements, le photographe de studio qui est devenu retoucheur et formateur.
L'opticien qui anticipera cette bascule vers le soin et le conseil médical plutôt que vers la vente de monture a un avenir. Celui qui continuera à empiler des verres progressifs sur des étagères n'en a pas.
Il y a quelque chose de vertigineux, et d'assez beau, dans cette histoire : c'est un laboratoire israélien, dans un pays de dix millions d'habitants sans cesse sommé de justifier son existence, qui est en train de réécrire un pan entier de l'économie mondiale de la santé visuelle.
On ne parle pas assez de ces innovations-là. On devrait !!!
GlassesOff: Lisez sans lunettes
Spécialité : Ophtalmologie
Éditeur : EYEKON E.R.D Limited
Public : Grand public
Prix : Gratuit
GlassesOff: Lisez sans lunettes
Le programme GlassesOff permet d'éliminer la dépendance aux lunettes de lecture en perfectionnant la capacité cérébrale de traitement d'images.
L'éditeur promet de premiers résultats au bout de deux mois moyennant trois séances de 12 mn par séance
Cet outil s'adresse à :
• ceux qui ressentent les effets naturels des années sur leur vision de près : lecture floue, tension au niveau des yeux, fatigues ou maux de tête.
• ceux qui désirent anticiper ces effets avant leur arrivée et retarder le moment des lunettes de lecture.
GlassesOff a été développé par une équipe de chercheurs en neurosciences, pionniers dans le développement de solutions dans le domaine de la vision.
Le produit GlassesOff utilise des méthodes brevetées, nées de nombreuses années de recherche scientifique et appuyées par de nombreuses publications dans des revues scientifiques de renom.
Lors d'une étude menée à l'université de Berkeley, CA, plus de 90% des sujets ont été capables, grâce à leur entraînement GlassesOff, de lire à nouveau sans lunettes des textes de journaux à police de caractère standard.