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mercredi 13 mai 2026

Rabbi Luzzatto ... Qui était-il ? JBCH N° 2605 - 1054

Le Ramhal — Génie fulgurant de la Kabbale et de l’âme juive


Dès qu'on approche de Chavouot, on pense à lui ... 

Rabbi Moché Haïm Luzzatto, connu sous l’acronyme Ramhal (1707–1746), est sans doute l’un des maîtres les plus prolifiques et les plus novateurs que le judaïsme ait connu. 



Kabbaliste et logicien, talmudiste et poète, moraliste et grammairien, théologien et dramaturge — telles sont les facettes apparemment antinomiques d’une personnalité d’une richesse exceptionnelle.  Est-il le maître de la Kabbale ? Il est considéré comme le plus grand érudit de la Kabbale après le Arizal, ayant pensé la véritable dimension ésotérique en termes rationnels.


Sa contribution fondamentale réside précisément dans cette rupture : avant lui, la Kabbale relevait d’un ésotérisme quasi inaccessible. Le Ramhal a interprété la Kabbale de manière allégorique et rationnelle, en s’appuyant sur l’enseignement lourianique et sur les sections de l’Idra Rabba et de l’Idra Zouta du Zohar, qui expliquent l’enchaînement des mondes divins depuis la volonté de l’Infini jusqu’à la réalité de la Création,  incluant le concept du Tsimtsoum, l’espace primordial permettant à l’Infini de concevoir tous les mondes jusqu’à la fin des temps.





Son œuvre maîtresse en matière de foi, le Derekh Hachem (La Voie de D.ieu), offre un exposé systématique et raisonné de la métaphysique juive : la nature de D.ieu, le but de la Création, la structure des mondes spirituels, le rôle d’Israël et le sens de l’histoire. C’est une synthèse sans précédent entre pensée rationnelle et sagesse ésotérique.


Mais c’est peut-être le Messilat Yecharim ,le Sentier de Rectitude,  qui demeure son legs le plus universel. 
Composé à Amsterdam, où il avait trouvé refuge après avoir été contraint de quitter l’Italie en raison des polémiques soulevées par ses écrits messianiques, ce traité de Moussar (morale juive) devint une pierre angulaire de l’éthique spirituelle juive.  Le Gaon de Vilna lui-même déclara que si le Ramhal avait vécu à son époque, il serait allé le trouver à pied pour recevoir de lui un enseignement de Moussar.





Le Ramhal développa également une méthode exclusive d’étude de la Kabbale accessible aux jeunes étudiants, et sa grande influence fut reconnue par tous les grands kabbalistes qui lui succédèrent.   

Dès l’âge de seize ans, il écrivait des milliers de pages sur des sujets rabbiniques, l’éthique, le théâtre, la poésie et surtout la Kabbale.


Le penseur et kabbaliste italien Moshe Chaim Luzzatto voyait Chavouot comme le moment où la révélation divine du Sinaï renouvelle chaque année le lien spirituel entre l’homme et Dieu.


Dans ses écrits, notamment influencés par la Kabbale, il explique que l’étude de la Torah pendant Chavouot permet une élévation intérieure et une réparation spirituelle du monde.
Pour Luzzatto, recevoir la Torah n’est pas seulement un événement historique, mais une expérience vivante que chaque génération doit revivre intérieurement.






Le 26 Iyar 1746, il disparaissait à Acco, frappé avec sa femme et son fils par une épidémie, à l’âge de trente-neuf ans seulement.  Il fut enterré à Tibériade, aux côtés de Rabbi Akiva. À l’annonce de sa mort, les rabbins de Tibériade proclamèrent : « Heureux votre sort, dans ce monde et dans le monde à venir, mais le nôtre est le malheur, car la couronne s’est éloignée de nos têtes. »

En une vie à peine quarante ans, le Ramhal avait accompli ce que peu de sages réalisent en un siècle : rendre la lumière cachée accessible à l’intelligence humaine.​​​​​​​​​​​​​​​​



mardi 12 mai 2026

Le Loobing Russe en Israël. JBCH N° 2605 - 1053

La communauté russo-israélienne : un million d’otages géopolitiques


La communauté russe d’Israël est la plus grande communauté immigrée du pays avec plus d’un million d’individus, extrêmement structurée, maintenant sa spécificité à travers associations, presse et télévision en russe, une intégration sans acculturation, selon le politologue Alain Dieckhoff. 






Libermann et les politiciens d’origine russe ont certes un certain impact sur l’agenda sécuritaire et de politique étrangère, mais leur influence reste limitée. Ils réussissent mieux à faire avancer des politiques intérieures liées à leur communauté qu’à imposer la Russie comme priorité diplomatique israélienne.  


La politique étrangère d’Israël reste fondamentalement dictée par Netanyahu sous influence américaine. et ce ne sont pas les récents propos antisémites de Lavrov qui arrangeront les relations communes.





La contradiction que vous pointez est réelle et profonde. Moscou n’a pas clairement condamné les attaques terroristes du 7 octobre 2023, continue d’entretenir des liens avec des organisations hostiles à Israël comme le Hezbollah et les Houthis, et des responsables russes tiennent parfois des propos antisémites. Pourtant, cela n’a pas fondamentalement modifié le calcul israélien. 


Pourquoi ? Israël a systématiquement maintenu une politique d’ambiguïté stratégique vis-à-vis de la Russie, arguant que sa position mesurée tenait à des considérations sécuritaires pratiques 






Sur l’Ukraine, votre point est juste et douloureux : Israël a refusé de livrer des systèmes anti-drones à Kiev, précisément pour ne pas froisser Moscou. 


Un choix stratégique compréhensible à court terme, mais moralement ambigu,  et potentiellement coûteux à long terme, car la Russie a démontré sa capacité à compartimenter ses relations, maintenant des liens avec Israël tout en approfondissant sa coopération  en fournissant des armes air sol et des munitions via la Mer Caspienne à l'Iran et à aider ses proxies, acteurs fondamentalement hostiles aux intérêts israéliens. 



Israël ne sait pas pour le moment arrêter les attaques de drônes explosifs venus du Sud Liban et manipulés par les terroristes du Hezbollah. Kiev a proposé son aide, Israël reste muet, il ne faut pas vexer la communauté russophone qui suit la propagande russe qui rappelle sans cesse les tueries des milices ukrainiennes d'il y a 80 ans. 


Il y a encore 500 000 juifs qui vivent en Russie



L’antisémitisme russe structurel en  est le paradoxe central : Poutine a su instrumentaliser sa sympathie pour les juifs, et ses relations avec Netanyahou pour maintenir ce pont fragile, mais l’État russe reste culturellement et historiquement antisémite. 


Le million de Russo-Israéliens sont donc à la fois un atout diplomatique et une vulnérabilité — une communauté trop puissante pour être ignorée, mais pas assez pour infléchir réellement la Russie vers des positions favorables à Israël.​​​​​​​​​​​​​​​​






L'Homme qui tient Macron par le bout du nez ... JBCH N° 2605 - 1052

L’empire Saadé est effectivement devenu l’un des phénomènes de concentration économique et médiatique les plus frappants de la France contemporaine.





Sur le plan économique, CMA CGM, troisième armateur mondial avec 650 bateaux, 160 000 salariés et une cinquième fortune de France, est gouverné par Rodolphe Saadé depuis Marseille.





 PDG et actionnaire à 73 % avec son frère et sa sœur, à la tête d’un groupe entièrement non coté.  La Covid a été le véritable accélérateur : le groupe a multiplié par sept sa fortune en enregistrant des bénéfices historiques, atteignant 23,5 milliards d’euros en 2022. 






Sur le plan médiatique, la filiale CMA Media, créée en 2021, possède BFMTV, RMC, RTL, La Tribune, La Provence, Corse Matin, et a officiellement racheté le média Brut en septembre 2025. Il essaye aujourd'hui de mettre la main sur le Groupe M6. 


Sur le plan logistique et industriel, l’empire s’est étendu avec l’acquisition de Bolloré Logistics en 2024, donnant accès à 59 terminaux portuaires dans le monde, notamment en Afrique.  


Lors de sa viste à Beyrouth après l'explosion du port, Macron a négocié avec le Hezbollah pour que le port soit géré par Saadé, les containers de la CMA CGM  ont pu servir a transporter dans le monde, les marchandises des terroristes... 





Et en novembre 2025, Carrefour a officialisé l’entrée de Saadé à son capital — environ 4 %, faisant de lui le deuxième actionnaire du distributeur, avec un siège au conseil d’administration. 


La dimension fiscale est aussi notable : malgré plus de 45 milliards d’euros de profits cumulés entre 2020 et 2024, le groupe bénéficie du régime de la taxe au tonnage, qui lui permet de payer des impôts dérisoires, et d’un dispositif d’optimisation fiscale sur les dividendes remontés à sa holding familiale Merit France SAS. 



Quant à la proximité avec Macron, elle est bien réelle : elle est illustrée notamment par la présence du président lors de l’inauguration du centre Tangram de CMA CGM à Marseille,  et une enquête de Libération a scruté ses liens dans l’appareil d’État et sa proximité avec Emmanuel Macron. 





En cinq ans, Saadé a investi tous les secteurs clés : mer, terre, ciel, données, médias — un empire économique sans équivalent qui s’est constitué sans qu’aucune autorité publique n’active de garde-fous.  

Macron a facilité cette ascension et est au cœur des critiques actuelles sur la porosité entre grand capital et pouvoir d’État en France.​​​​​​​​​​​​​​​​ 

L'actuel Président ne peut pas être inculpé pendant son mandat, mais comme pour Sarkozy, son heure viendra.




La Judée Samarie une terre Juive depuis 3000 ans ... JBCH N° 2605 - 1051

 L’UE s’en prend à la Judée-Samarie — Une capitulation morale à Bruxelles

Ce lundi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept ont franchi un pas symbolique — et inquiétant — contre Israël. Réunis en conseil, ils sont parvenus à un accord politique pour imposer de nouvelles sanctions contre des résidents juifs de Judée-Samarie, qualifiés de “colons violents”.  

Comme si on pouvait être des colons sur sa terre ancestrale !




Ce vote n’aurait pas été possible sans un changement de régime à Budapest : l’éviction du Premier ministre Viktor Orbán, qui servait depuis des années de rempart pour Israël grâce à son droit de veto, a ouvert la voie à cette décision. 



La France de Macron s’est montrée particulièrement agressive dans ce dossier. Le chef de la diplomatie française avait annoncé vouloir des sanctions “dans les prochains jours”, plaidant depuis un an pour des mesures contre ceux qu’il désigne comme responsables de “meurtres d’arabes ” en Judée Samarie .  




Derrière ce langage pseudo-humanitaire se dissimule une politique d’étranglement progressif d’Israël : Paris pousse également la Commission à examiner l’interdiction des importations issues des implantations, et même une suspension partielle de l’accord d’association liant l’UE à Israël  — ce traité fondamental qui encadre les relations commerciales, politiques et culturelles entre les deux parties.


Notons cependant que les mesures les plus larges — restrictions générales sur les implantations — ont été bloquées à ce stade, principalement grâce à l’opposition de l’Allemagne.  Berlin, au moins, a su résister à l’emballement.





Face à cette avalanche, Israël a répondu avec dignité. Le gouvernement israélien a dénoncé une décision “moralement déformée”, réaffirmant le droit des Juifs à vivre en Judée-Samarie.

 Et il a raison. La Judée et la Samarie ne sont pas des “territoires occupés” au sens colonial du terme — ce sont les terres du peuple juif depuis trois mille ans, berceau de la Bible, de Hébron à Jéricho, de Bethléem à Silo. 

Aucun vote à Bruxelles n’effacera cette réalité historique et spirituelle.





Une Europe à géométrie variable
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est le deux poids deux mesures scandaleux. 

L’Espagne, la Slovénie et l’Irlande — les plus virulents dans leur hostilité à Israël — n’ont jamais convoqué pareille énergie pour sanctionner la Turquie en Chypre occupée depuis 1974, ni le Maroc au Sahara Occidental, ni aucun régime arabe emprisonnant et torturant ses propres citoyens. 

Leur acharnement contre la seule démocratie du Proche-Orient, qui tient des élections libres, dispose d’une Cour suprême indépendante et protège les droits des minorités — arabes, chrétiens, druzes —, révèle non pas une préoccupation pour les droits humains, mais une obsession idéologique teintée d’un antisionisme qui n’ose pas toujours dire son vrai nom : l’Antisemitisme!


L’Union européenne, jadis porteuse d’un idéal de paix et de démocratie, choisit de sanctionner son seul allié démocratique au Moyen-Orient plutôt que de soutenir sa survie. C’est une faute historique — et morale.​​​​​​​​​​​​​​​​



lundi 11 mai 2026

Le lent naufrage de l'Egypte. JBCH N° 2605 - 1050

L’Egypte traverse aujourd’hui l’une des crises économiques et sociales les plus graves de son histoire contemporaine. Derrière les grands projets du président Abdel Fattah el-Sisi , nouvelle capitale administrative, infrastructures géantes, expansion militaire , se cache une économie sous assistance permanente, maintenue à flot grâce aux injections financières du Fonds Monétaire International, des monarchies du Golfe et de l’Union Européenne





Avec plus de 110 millions d’habitants, une démographie explosive et une monnaie affaiblie par plusieurs dévaluations successives, le pays fait face à une inflation massive qui touche d’abord les produits alimentaires. Le prix du pain, du sucre, de l’huile ou de la viande pèse lourdement sur une population dont une large partie vit déjà dans une grande précarité. Les services publics — santé, hôpitaux, écoles — souffrent d’un manque chronique d’investissements réels malgré les annonces officielles.





L’Europe redoute un effondrement économique égyptien qui provoquerait une vague migratoire gigantesque vers la Méditerranée. C’est l’une des raisons pour lesquelles Bruxelles multiplie les aides financières et les accords stratégiques avec Le Caire. Le FMI, de son côté, impose régulièrement des réformes sévères : réduction des subventions, privatisations et austérité budgétaire, mesures qui aggravent souvent le mécontentement populaire à court terme.




Sur le plan énergétique, l’Égypte, autrefois présentée comme future puissance gazière régionale grâce au gisement de Zohr, doit désormais composer avec une forte consommation intérieure et des difficultés de production. 



Le pays importe du gaz en provenance d’Israel, notamment des champs offshore de Leviathan et Tamar, afin d’alimenter son marché domestique et ses installations de liquéfaction. Cette dépendance énergétique partielle illustre les fragilités économiques du régime malgré son discours nationaliste.




Politiquement, le régime de Sissi repose sur un contrôle sécuritaire extrêmement dur. Arrestations massives, surveillance, limitation de la presse et neutralisation de l’opposition caractérisent la vie politique égyptienne depuis la chute de Mohamed Morsi et la répression des Muslim Brotherhood



Pourtant, malgré cette répression, les Frères musulmans conservent des réseaux clandestins et une influence sociale dans certaines couches de la population.




À cela s’ajoute la menace sécuritaire persistante dans le Sinai Peninsula. Depuis des années, des groupes djihadistes liés à Islamic State y mènent une guérilla contre les forces de sécurité égyptiennes. Attentats, trafics d’armes et réseaux de contrebande continuent d’alimenter l’instabilité dans cette région stratégique proche de Gaza et d’Israël.




Enfin, la corruption reste l’un des grands maux structurels du pays. Une partie importante de l’économie est contrôlée directement ou indirectement par l’armée égyptienne, qui intervient dans des secteurs allant de la construction à l’agroalimentaire. Ce système verrouillé décourage de nombreux investisseurs privés et alimente les inégalités.










L’Égypte demeure ainsi un acteur incontournable du Moyen-Orient, trop stratégique pour être laissé à l’effondrement par ses partenaires occidentaux et arabes. Mais derrière la stabilité apparente du régime, les tensions économiques, sociales et politiques continuent de s’accumuler dangereusement.



Israël avec la Nasa. JBCH N° 2605 - 1049


Science & Espace · Partenariat stratégique

Israël à la conquête de la Lune

Invité par la NASA à participer aux missions Artemis 3, 4 et 5, l'État hébreu confirme son statut de partenaire technologique de premier plan dans la nouvelle course lunaire.

Mai 2026·Exploration spatiale·10 min de lecture

La NASA vient d'ouvrir une nouvelle porte à Israël en l'invitant à participer activement aux missions lunaires Artemis 3, 4 et 5. Par le biais de l'Agence spatiale israélienne, un appel à projets a été lancé auprès des chercheurs, universités et entreprises du pays : expériences scientifiques et nano-satellites CubeSat susceptibles d'être embarqués à bord du vaisseau Orion, puis déployés sur des orbites terrestres, lunaires ou des trajectoires héliocentriques.


Cette invitation n'est pas le fruit du hasard. Elle couronne une relation bilatérale construite patiemment, depuis l'adhésion d'Israël aux Accords Artemis jusqu'à sa participation à la première mission du programme. Un accord stratégique signé entre la ministre Gila Gamliel et la NASA a formalisé cette dynamique, élargissant la coopération à l'exploration lunaire, aux technologies spatiales, à la recherche et à la formation.




Missions visées
3–5
Artemis 3, 4 et 5 avec le vaisseau Orion
Déjà embarqué
Artemis I
Première démonstration du savoir-faire israélien
Pôle industriel
Néguev
Futur cœur du spatial national israélien

« L'invitation de la NASA constitue une marque de confiance dans les capacités scientifiques et technologiques 


« L'invitation de la NASA constitue une marque de confiance dans les capacités scientifiques et technologiques d'Israël. »

— Gila Gamliel, ministre de l'Innovation, de la Science et de la Technologie
Deux piliers d'excellence

Ce savoir-faire repose sur deux domaines reconnus à l'échelle internationale : la miniaturisation des satellites et la conception d'instruments scientifiques de haute précision. Selon Ran Livne, directeur de l'Agence spatiale israélienne, ces deux spécialités correspondent précisément aux besoins actuels de la NASA. Les projets soumis seront évalués selon des critères rigoureux : maturité technologique, faisabilité, contribution scientifique et capacité d'intégration aux missions américaines.

L'écosystème industriel

Au-delà du partenariat immédiat, Israël bâtit les fondations d'une industrie spatiale nationale. Le désert du Néguev en est appelé à devenir le cœur géographique, avec un centre spatial dédié à l'assemblage, aux tests et au lancement de satellites, attirant startups et géants de la défense.

Rafael · Elbit Systems · IAI
Industrie de défense ancrée dans le spatial civil
Technion · Ben Gourion · Weizmann
Ingénierie aérospatiale, systèmes embarqués, sciences fondamentales
Agence spatiale israélienne
Coordination des projets Artemis et appel à candidatures
NASA / Accords Artemis
Cadre bilatéral formalisé par accord stratégique 2025


Israël ne prétend pas rivaliser avec les grandes puissances spatiales. Sa stratégie est celle d'un partenaire technologique de niche, capable d'apporter des solutions compactes, fiables et innovantes là où elles sont le plus nécessaires. Une approche qui, à en juger par l'intérêt croissant de la NASA, semble avoir pleinement convaincu.



Al-Charaa : la peinture avant les fondations. JBCH N° 2605 - 1048

Analyse · Moyen-Orient         par JBCH        Mai 2026

Syrie : le pari incertain d'Ahmed al-Charaa

Entre ouverture occidentale et tentation islamiste, le nouveau maître de Damas joue un équilibriste périlleux depuis la chute d'Assad en décembre 2024.

Mai 2026·Analyse géopolitiqueBCH·J12 min de lecture



Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, la Syrie se trouve à la croisée de chemins historiques. Ahmed al-Charaa — ancien chef de Hayat Tahrir al-Sham, longtemps classée organisation terroriste par Washington et Bruxelles — tente un exercice d'équilibriste : séduire l'Occident tout en préservant sa base idéologique islamiste.

Les signaux envoyés vers l'Ouest sont réels. Al-Charaa défend une forme d'islamisme pragmatique, voire technocratique, enraciné dans le cadre national. Sur le plan économique, le nouveau pouvoir syrien promeut un modèle libéral opposé au dirigisme baasiste des cinquante dernières années, citant en exemples l'Arabie saoudite et Singapour — conservateurs dans les mœurs, libéraux économiquement... Il y va du déblocage des avpoirs détenus en Europe.

Victimes alaouites
1 500
Massacres sur 44 sites dans 3 gouvernorats
Parlement
Des sièges réservés à la nomination d'al-Charaa
ONU, sept. 2025
1967
Première prise de parole syrienne depuis cette date

Sur la scène internationale, al-Charaa s'est rendu aux États-Unis en septembre 2025, prenant la parole devant l'Assemblée générale des Nations Unies — premier dirigeant syrien à le faire depuis 1967 — et rencontrant le secrétaire d'État Marco Rubio.

« Derrière la façade modernisatrice, la réalité du pouvoir raconte une autre histoire. »

La contradiction au cœur du système

La constitution provisoire signée le 13 mars 2025 stipule explicitement que « la jurisprudence islamique est la principale source de la législation » et que « la religion du président est l'islam » — un langage plus strict que les constitutions antérieures. Tous les postes régaliens restent occupés par les anciens cadres d'HTS.

Plus grave encore, entre 1 093 et 1 500 Alaouites auraient été tués lors de massacres perpétrés sur au moins 44 sites dans les gouvernorats de Lattaquié, Tartous et Homs, tandis que les communautés druzes ont été ciblées à plusieurs reprises. Sans compter les centaines de Druzes brimés et tués qu'Israël a du secourir et soigner dans ses hôpitaux

Ouverture occidentaleÉquilibre actuelAncrage islamiste
Diplomatie, libéralisme économiqueHTS au pouvoir, constitution islamique
Le regard de l'Occident


Al-Charaa est confronté à une tension centrale : il dépend de la légitimité occidentale, alors que sa base de pouvoir est composée d'anciens djihadistes pour qui la modération équivaut à l'apostasie. Jouer sur les deux tableaux simultanément suppose une habileté tactique rare — et une marge de manœuvre que les événements pourraient rapidement réduire.

La France et ses partenaires européens sont invités à maintenir leurs exigences en matière d'ouverture politique et de protection des minorités. La lutte contre l'État islamique et la normalisation avec Israël ne peuvent réellement avancer que si le nouveau pouvoir crée des conditions de coexistence pacifique.

La Syrie d'al-Charaa proche de la Turquie d'Erdoğan, de l'Afghanistan de ses  Talibans est quelque chose de plus ambigu et de plus instable : un régime issu du djihad qui tente de se muer en État viable, sans renoncer à ses fondements idéologiques et sans disposer encore de la légitimité populaire nécessaire pour y parvenir. L'Histoire tranchera — mais elle prend rarement le chemin le plus commode.




Le Crépuscule de Poutine. JBCH N° 2605 - 1047

La fin de la Dictature en Russie est proche ...





Le 9 mai comme révélateur. Le défilé du 9 mai 2026 est l'un des moins triomphants de la période récente — et les deux instituts de sondage qui publient chaque semaine la popularité de Poutine se sont abstenus de rendre leurs résultats disponibles le vendredi 8 mai, sous le prétexte fallacieux d'un jour férié. 

La paranoïa documentée. Un rapport confidentiel d'un service de renseignement européen, transmis le 4 mai 2026 au Financial Times, à CNN et au média russe en exil Vazhnyye istorii, révèle que Poutine craint particulièrement l'usage de drones pour des attentats orchestrés par des membres de l'élite politique russe. Sa famille et lui ont abandonné leurs résidences habituelles, et les médias russes diffusent des contenus vidéo préenregistrés pour masquer sa réclusion.  

Les purges qui fracturent l'élite. Un ex-ministre de la Défense marginalisé, un proche collaborateur arrêté, des purges militaires à répétition, près de mille gardes du corps pour un seul homme : les signaux ressemblent moins à ceux d'un régime triomphant que d'un pouvoir qui se barricade.

Mais la mise en garde s'impose. La cote de popularité de Poutine reste à 71 %, du fait de la propagande, ce qui fait pâlir d'envie la plupart des dirigeants occidentaux et certaines rumeurs de coup d'État s'inscrivent dans une guerre psychologique menée par les services spéciaux occidentaux, dont les chances réelles de renversement restent très minces. Le régime vacille, mais il n'est pas encore tombé.


Analyse géopolitique · Russie / Ukraine. JBCH Réflexions 
Dossier exclusif. JBCH

Le crépuscule
de Poutine

Un défilé du 9 mai amputé à 45 minutes, mille gardes du corps, des purges incessantes, une économie sous perfusion : le maître du Kremlin gouverne désormais depuis un bunker — au sens propre comme au sens figuré.

Le 9 mai 2026, la Place Rouge n'a pas grondé comme à l'habitude. Le défilé militaire — vitrine annuelle de la puissance russe — a duré quarante-cinq minutes chrono, dans un dispositif sécuritaire sans précédent. Les deux instituts de sondage qui publient chaque semaine la cote de popularité de Poutine se sont abstenus de rendre leurs résultats disponibles ce vendredi 8 mai, sous le prétexte fallacieux d'un jour férié. Un silence éloquent.

Ce n'est pas un hasard : quelques jours plus tôt, un rapport confidentiel d'un service de renseignement européen — transmis au Financial Times, à CNN et au média russe en exil Vazhnyye istorii — révélait que Vladimir Poutine vit désormais dans la hantise permanente d'un assassinat ou d'un coup d'État, en particulier par drone, potentiellement avec la complicité de membres de son entourage immédiat.

Le Kremlin a coupé Internet à Moscou et Saint-Pétersbourg avant le 9 mai. Les résidences habituelles du président ont été abandonnées. Depuis le déclenchement de la guerre, Poutine se réfugie fréquemment dans des bunkers modernisés dans la région de Krasnodar, d'où il peut travailler pendant des semaines, coupé du monde extérieur — tandis que les médias russes diffusent des vidéos préenregistrées pour maintenir l'illusion d'une activité normale.

Les signaux de fragilité s'accumulent à un rythme inédit. L'arrestation de Rouslan Tsalikov, ancien premier adjoint de Choïgou, le 5 mars 2026, a constitué une rupture : en touchant un homme protégé par les garanties tacites accordées aux élites, Poutine a brisé le pacte de survie qui tenait son système. L'assassinat du général Fanil Sarvarov à Moscou en décembre 2025 avait déjà provoqué une réunion explosive entre Guerassimov, chef d'état-major, et les services spéciaux, chacun s'accusant mutuellement d'incompétence.

Sur le front militaire, la guerre en Ukraine dure depuis plus de quatre ans sans perspective de victoire définie. Les pertes humaines russes sont estimées entre 150 000 et 200 000 morts. L'économie tourne à plein régime de guerre — taux d'intérêt à 21 %, inflation galopante, main-d'œuvre épuisée — mais cette surchauffe est insoutenable à moyen terme. Le PIB russe a baissé de 0,3 % au premier trimestre 2026, malgré l'effort de guerre.

The Economist du 6 mai 2026 titrait sans détour : « Vladimir Putin is losing his grip on Russia » — un ancien haut fonctionnaire russe y signe une tribune affirmant que le système de loyauté qui fondait le pouvoir poutinien se lézarde irrémédiablement.

« Un ex-ministre de la Défense marginalisé, un proche collaborateur arrêté, des purges militaires à répétition, près de mille gardes du corps pour un seul homme : les signaux qui s'accumulent ressemblent moins à ceux d'un régime triomphant que d'un pouvoir qui se barricade. »

— Services de renseignement européens, rapport confidentiel, 4 mai 2026
Les chiffres d'un empire qui vacille
Taux directeur Banque de Russie
21 %
Niveau d'urgence de guerre
Durée du défilé du 9 mai 2026
45 min
Contre 1h30 les années précédentes
Cote de popularité Poutine
71 %
En baisse relative — mais opaque

La mécanique du délitement

La question n'est plus de savoir si le pouvoir de Poutine s'érode — c'est maintenant un constat partagé par les chancelleries occidentales. Elle est de savoir à quelle vitesse, et avec quelles conséquences. Trois scénarios circulent dans les cercles de renseignement : une déstabilisation interne par les élites militaires et sécuritaires fatiguées d'une guerre sans fin ; un enlisement prolongé où Poutine gouverne depuis son bunker pendant des années encore, affaibli mais cramponné ; ou une transition négociée, improbable mais non exclue, sous la pression combinée des oligarques, des siloviki dissidents et d'une économie à bout de souffle.

Ce qui est certain : l'image du tsar tout-puissant a pris des coups irréversibles. La mutinerie de Prigojine en juin 2023, suivie de sa mort suspecte, avait été le premier signal. L'offensive ukrainienne sur Koursk a montré que la Russie pouvait être frappée sur son propre sol. Et la trêve du 9 mai, obtenue sous pression — et violée dans les heures suivantes selon Kiev — a mis en lumière l'écart entre la rhétorique du Kremlin et la réalité du terrain.

⚠ Mise en garde analytique : Une partie des rumeurs de coup d'État est instrumentalisée dans le cadre de la guerre psychologique occidentale contre Moscou. La cote de Poutine à 71 % — même sondée sous contrainte — reste supérieure à celle de la plupart des dirigeants européens. Le régime dispose encore d'une répression redoutable, d'une rente pétrolière partielle malgré les sanctions, et d'une société majoritairement conditionnée par des décennies de propagande. La chute n'est pas imminente — mais la trajectoire, elle, est désormais lisible.

Analyse · 11 JBCH 2026  mai 2026Sources croisées — FT · The Economist · Reuters · Le Grand Continent · Atlantico · armees.com