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mardi 22 septembre 2026

La mort lente des opticiens .... JBCH N0 2609 - 189

Prospective ECONOMIQUES

JBCH N° 189


Les gouttes israéliennes qui vont "tuer" le métier d'opticien

Un jour, on racontera à nos petits-enfants qu'il existait des boutiques entières consacrées à vendre des montures de plastique posées sur le nez, et ils nous regarderont comme on regarde aujourd'hui une photo de cabine téléphonique. 

Ce jour approche, et il porte un nom : Nano-Drops, l'invention d'une équipe israélienne qui est en train de rendre obsolète un métier vieux de sept cents ans.

1. L'invention qui change tout

Tout part de Ramat Gan et de l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem. Le professeur David Smadja et son équipe, associés à l'université Bar-Ilan, ont mis au point des gouttes oculaires à base de nanoparticules capables de modifier temporairement l'indice de réfraction de la cornée, exactement comme le ferait une lentille correctrice, mais sans lentille, sans monture, sans chirurgie.

Le principe est d'une simplicité déconcertante : la goutte pénètre la cornée, comble ses irrégularités microscopiques et recrée artificiellement la courbure parfaite qui permet à l'œil myope, hypermétrope ou presbyte de faire à nouveau le point. 

L'effet dure plusieurs heures. On instille, on voit net, on recommence le lendemain. Fini le verre correcteur posé devant l'œil : c'est l'œil lui-même qu'on corrige, de l'intérieur, chimiquement.

« C'est l'œil lui-même qu'on corrige, de l'intérieur, chimiquement. »

Les essais précliniques, menés sur des cornées de porc puis sur des yeux humains ex vivo, ont montré une amélioration nette de l'acuité visuelle en quelques minutes. 

Les équipes israéliennes visaient déjà, dès les premières publications, un produit accessible en pharmacie, sans ordonnance ni examen préalable systématique. Ce n'est plus de la science-fiction, c'est un dossier d'homologation en cours.

2. Pourquoi ça change tout, mécaniquement

Prenez la chaîne de valeur de la lunette telle qu'elle existe depuis Venise et ses verriers du Moyen Âge : un ophtalmologiste prescrit, un opticien mesure, façonne, ajuste, vend une monture et deux verres taillés sur-mesure, un fabricant industriel produit ces verres en amont, un distributeur les achemine. 

Ce sont des dizaines de milliers d'emplois en France, un maillage de boutiques dans chaque centre-ville, une industrie entière du verre optique et de la monture.

Une goutte flacon achetée en pharmacie court-circuite chaque maillon de cette chaîne à la fois. Plus besoin de monture : l'œil n'a plus rien posé dessus. Plus besoin de verre taillé sur-mesure : la correction se refait chaque jour, en pharmacie ou à domicile. 

Plus besoin d'ajustement individuel par un professionnel formé trois ans : on instille une goutte calibrée par tranche de dioptries, comme un collyre antiallergique.




Ce que la goutte remplace

  • La monture et les verres correcteurs sur-mesure
  • L'examen de vue en boutique et l'ajustement individuel
  • Une partie de la chaîne industrielle du verre ophtalmique
  • Le renouvellement périodique de l'équipement, remplacé par un flacon

C'est exactement le schéma qui a vidé les boutiques de photographie argentique quand le smartphone a intégré l'appareil photo, ou les disquaires quand le streaming a remplacé le disque. 

La destruction ne vient jamais d'un concurrent qui fait la même chose un peu mieux. Elle vient d'une technologie qui rend la question elle-même obsolète.

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3. Une prédiction : moins 75% en dix ans

Je le dis tel que je le pense, sans le maquiller en certitude scientifique que personne n'a encore mesurée : à l'échéance d'une décennie, la production mondiale de lunettes correctrices classiques pourrait chuter d'environ 75%. 

Ce n'est pas un chiffre publié par un institut, c'est mon pari de commentateur, fondé sur un raisonnement simple : chaque fois qu'une innovation remplace un objet physique par un geste quotidien moins cher et plus pratique, l'ancien objet ne recule pas progressivement, il s'effondre en quelques années, une fois le seuil de confiance du public franchi.

Les lunettes ne disparaîtront pas entièrement. Il restera les corrections lourdes, les cas complexes, la mode et l'accessoire de style que porte volontiers qui n'a pas besoin de corriger sa vue. 

Mais la lunette-outil, la lunette-nécessité posée sur le nez de la moitié de l'humanité, celle-là est directement dans la trajectoire de la goutte israélienne.



4. Le métier d'opticien, condamné à se réinventer ou à disparaître

Un métier qui vit de vendre un objet dont l'utilité s'efface ne survit pas en vendant le même objet plus joliment. 

Il survit en se déplaçant vers ce que la machine ne fait pas encore : le diagnostic fin, le suivi médical, la prescription du bon dosage de goutte, l'accompagnement des cas que la nanoparticule ne résout pas.

C'est déjà le schéma qu'ont suivi d'autres professions frappées par une innovation de rupture : le disquaire qui est devenu programmateur de playlists et organisateur d'événements, le photographe de studio qui est devenu retoucheur et formateur. 

L'opticien qui anticipera cette bascule vers le soin et le conseil médical plutôt que vers la vente de monture a un avenir. Celui qui continuera à empiler des verres progressifs sur des étagères n'en a pas.

« Un métier qui vit de vendre un objet dont l'utilité s'efface ne survit pas en vendant le même objet plus joliment. »

Il y a quelque chose de vertigineux, et d'assez beau, dans cette histoire : c'est un laboratoire israélien, dans un pays de dix millions d'habitants sans cesse sommé de justifier son existence, qui est en train de réécrire un pan entier de l'économie mondiale de la santé visuelle. 

On ne parle pas assez de ces innovations-là. On devrait !!! 



GlassesOff: Lisez sans lunettes

Spécialité : Ophtalmologie

Éditeur : EYEKON E.R.D Limited

Public : Grand public

Prix : Gratuit


GlassesOff: Lisez sans lunettes

Le programme GlassesOff permet d'éliminer la dépendance aux lunettes de lecture en perfectionnant la capacité cérébrale de traitement d'images.

L'éditeur promet de premiers résultats au bout de deux mois moyennant trois séances de 12 mn par séance

Cet outil s'adresse à :

•⁠  ⁠ceux qui ressentent les effets naturels des années sur leur vision de près : lecture floue, tension au niveau des yeux, fatigues ou maux de tête.

•⁠  ⁠ceux qui désirent anticiper ces effets avant leur arrivée et retarder le moment des lunettes de lecture.


GlassesOff a été développé par une équipe de chercheurs en neurosciences, pionniers dans le développement de solutions dans le domaine de la vision.

Le produit GlassesOff utilise des méthodes brevetées, nées de nombreuses années de recherche scientifique et appuyées par de nombreuses publications dans des revues scientifiques de renom. 

Lors d'une étude menée à l'université de Berkeley, CA, plus de 90% des sujets ont été capables, grâce à leur entraînement GlassesOff, de lire à nouveau sans lunettes des textes de journaux à police de caractère standard.


https://www.acuite.fr/actualites/sante-et-innovations/technologies/glassesoff-une-application-pour-lire-sans-71397

Pourquoi le prix de l'essence monte monte ? JBCH N° 2609 - 188

Décryptage ECONOMIQUE


JBCH N° 2026 - 188

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L'anatomie du prix du gazole à 2,40 €

Macron disait "Ce n'est pas notre guerre" abandonnant lâchement ses alliés ... Effectivement le pétrole français vient de Norvège, du Nigéria, de la mer du Nord, de l'Algérie et même ... !!! de la Russie  ( eh oui !) 

Pourquoi les prix montent ? : C'est un empilement de nos propres choix, rendu explosif par la géopolitique.

Voici l'anatomie du prix du gazole à 2,40€.


1. Nous-mêmes, d'abord : l'État est le premier pompiste

Sur un litre de gazole à 1,973 € au 13 mars 2026, la répartition réelle affichée par les distributeurs était implacable : 47,34% de taxes de l'État, 34,97% de prix du pétrole brut et du raffinage, 16,68% de coût de distribution, 1,01% de marge brute du magasin.

C'est l'architecture fiscale française, la plus lourde et la plus stable :

Ce qui compose la facture

  • L'accise (ex-TICPE) : une taxe fixe par litre, indépendante du cours du baril. Depuis le 1er mars 2026, elle est de 60,75 cts/l pour le gazole et 69,02 cts/l pour les essences. 
  • C'est historiquement plus faible pour le gazole, car l'État a longtemps voulu favoriser les gros rouleurs et les pros. Certains relevés avec modulation régionale donnent 59,40 cts.
  • La TVA à 20% : elle s'applique sur tout. Sur le produit, sur le transport, ET sur l'accise. C'est une taxe sur une taxe. Résultat : quand le baril monte de 10 cts, la TVA monte aussi.
  • Le CEE : 13 cts environ de Certificats d'Économie d'Énergie, caché dans le prix.

Au total, selon les périodes, on est entre 43,9% et plus de 50% de taxes. Au 24 août, les deux impôts représentaient ensemble 97,9 centimes par litre, soit 43,9% du prix pour le gazole, mais on remonte vite au-dessus de 50% quand on ajoute le CEE. C'est un choix historique pour financer le budget et le modèle social. Ni Poutine ni Total ne votent ce taux.




2. Nous-mêmes, encore : l'erreur stratégique du tout-diesel

C'est le péché originel français et européen, que Bros et Furfari pointent.

Dans les années 90-2010, la France a diésélisé son parc à 70%. Fiscalité avantageuse, norme CO2 favorable au diesel. Résultat :

Les raffineries européennes, conçues pour faire beaucoup d'essence à partir de pétrole léger, se sont retrouvées avec un excédent d'essence qu'elles exportaient aux USA, et un déficit chronique de 25-30 millions de tonnes de gazole qu'il fallait importer.

« On a cru que le pétrole était fini et qu'il valait mieux importer du produit fini. »

Au lieu d'adapter l'outil, on l'a fermé. L'Europe est passée de 120 raffineries à moins de 80. La France de 24 à 7. On a cru que le pétrole était fini et qu'il valait mieux importer du produit fini. On a donc rendu le continent structurellement dépendant des importations de gazole. Et de qui? A 50% de la Russie jusqu'en 2022.

3. Poutine : quand le robinet principal se ferme

C'est l'accélérateur, pas la cause initiale.

Embargo : L'UE interdit le brut russe en décembre 2022, puis les produits raffinés en février 2023. Jusqu'alors, la Russie était le principal fournisseur de gazole de l'UE.

Le type de brut compte : Comme le rappelle Patrick Pouyanné, le diesel est plus facile à produire à partir de pétrole lourd. Or le brut russe était lourd. Privées de lui, les raffineries européennes sont contraintes d'utiliser des barils plus légers américains, ce qui rend la production de diesel plus compliquée et chère.

La guerre des raffineries : Depuis 2024-2025, l'Ukraine frappe systématiquement les raffineries russes avec des drones. Moscou a dû restreindre ses exportations de diesel pour son marché intérieur, au point de commencer à importer du diesel par voie maritime depuis l'Inde. 

Bilan estimé par TotalEnergies : environ 3 millions de barils/jour de produits raffinés retirés du marché, 6 à 7 millions si on ajoute le Moyen-Orient.

Résultat : les marges de raffinage du diesel en Europe ont dépassé 60 dollars par baril. Ce n'est pas un "super profit", c'est une prime de rareté.

Et l'hypocrisie du système : l'Europe achète désormais du diesel indien... raffiné à partir de brut russe. Du pétrole russe remaquillé en diesel indien.

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4. Les mollahs et Trump : le gazole est une molécule du Moyen-Orient

Pourquoi le gazole flambe plus que l'essence? Parce que sa chaîne d'approvisionnement passe par Ormuz.

Les mollahs : L'Iran, la guerre à Gaza, les frappes sur les raffineries du Golfe ont mis hors service une partie de la capacité régionale. La Russie qui coupe ses exportations aggrave les difficultés d'approvisionnement provenant du Moyen-Orient, où la guerre en Iran a fait cesser le fonctionnement de plusieurs grandes raffineries.

Trump : Son retour a rajouté une couche de volatilité. Sanctions maximales sur l'Iran, menaces sur le pétrole vénézuélien, droits de douane qui perturbent les flux, et une politique qui pousse l'Europe à acheter du GNL et du brut léger américain, moins adapté au diesel. 

Le marché ne sait jamais si un tweet va fermer Ormuz ou rouvrir un robinet.

L'essence, elle, est produite en excédent en Europe et aux US. Le gazole, lui, est déficitaire. Toute tension sur l'offre mondiale tape donc d'abord le gazole.

5. Les "super profits" : le bouc émissaire le plus confortable

La marge de distribution est de 1%. Un centime par litre. Les stations ne s'enrichissent pas, elles survivent.

Les raffineurs, eux, ont des marges très volatiles. Elles étaient négatives en 2020, elles explosent quand il y a pénurie. Mais ce ne sont pas elles qui font 1,97€. Elles expliquent 20 à 30 cts de la hausse récente sur 1 an. Le reste, c'est taxe + brut.

Taxer les "super profits" ne fait pas baisser le prix à la pompe, ça déplace juste la rente de Total vers Bercy. Et ça dissuade d'investir dans... des raffineries dont on manque cruellement.

« Poutine n'a fait qu'appuyer là où ça faisait déjà mal. Trump et les mollahs agitent le marché. Mais le piège, c'est nous qui l'avons construit. »


Conclusion : le piège énergétique que nous avons tendu

Bros et Furfari ont raison sur l'essentiel : nous avons mené de front trois politiques incompatibles.

Trois politiques incompatibles

  1. Garder une fiscalité confiscatoire sur un produit de première nécessité.
  2. Diéséliser le parc sans garder l'outil industriel pour le fournir.
  3. Décarboner à marche forcée en désinvestissant dans le pétrole, tout en restant à 90% dépendants de lui pour le transport lourd, l'agriculture et la logistique.

Poutine n'a fait qu'appuyer là où ça faisait déjà mal. Trump et les mollahs agitent le marché. Mais le piège, c'est nous qui l'avons construit.

On veut le beurre de la transition verte, l'argent du beurre de la TICPE, et le sourire du diesel pas cher. On ne peut pas avoir les trois.




La fin de l'ONU ? JBCH 2609 - 187

Tribune. JBCH 2026 - 187




La prochaine grande étape pour l’ONU est l'entrée en fonction d'un nouveau Secrétaire général le 1er janvier 2027, pour succéder à António Guterres,  "le vendu" dont le mandat se termine fin 2026

IL EST URGENT DE RÉFORMER L'ONU - 

La tyrannie d'une majorité automatique

L'Organisation des Nations Unies est malade. Créée en 1945 pour préserver la paix et le droit, elle est devenue une machine à produire du droit à géométrie variable, otage d'une arithmétique politique qui n'a plus rien à voir avec ses principes fondateurs. 

Le cœur du problème est mathématique et il est tabou : le bloc des pays musulmans, organisé au sein de l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI), contrôle à lui seul près de 40% des voix aux Nations Unies, et il n'utilise ce pouvoir que dans une seule direction : contre Israël.

Cette situation rend toute prétention à l'universalité et à l'impartialité ridicule. Il faut réformer, vite.


1. Comment 40% des voix ont été confisquées

L'ONU fonctionne sur le principe "un État = une voix". Sur 193 membres à l'Assemblée Générale, l'OCI compte 57 États membres. À eux seuls, ils représentent 29,5% des voix.

Mais ce chiffre est trompeur. L'OCI ne vote jamais seule. Elle est le noyau dur du Mouvement des Non-Alignés (120 pays) et entraîne systématiquement dans son sillage la Ligue Arabe, une grande partie du groupe Afrique et du groupe Asie-Pacifique. 

Par des accords de vote, des pressions économiques pétrolières et une solidarité religieuse et politique inébranlable, ce bloc vote comme un seul homme sur un seul sujet : la question palestinienne.

« Dès qu'une résolution touche Israël, le bloc peut compter sur 75 à 85 voix automatiques, sans même débattre du fond. »

Dans les faits, dès qu'une résolution touche Israël, le bloc peut compter sur 75 à 85 voix automatiques, sans même débattre du fond. Avec quelques alliés habituels, on dépasse facilement les 80-90 voix, soit plus de 40% de l'Assemblée. 




Aucune autre cause au monde ne bénéficie d'une telle armée de vote automatique. Pour obtenir une majorité simple, il ne leur manque qu'une dizaine de voix complaisantes en Europe ou en Amérique Latine, qu'ils obtiennent toujours.

Le résultat : à l'ONU, les pays musulmans n'ont pas besoin d'avoir raison. Ils ont besoin d'être nombreux. Et ils le sont.

2. L'obsession institutionnelle : Israël seul contre tous

Ce monopole numérique a produit une distorsion statistique qui est la honte de l'ONU.

Chaque année, l'Assemblée générale adopte des dizaines de résolutions. Un nombre disproportionné concerne un seul pays.

Les chiffres (UN Watch)

Entre 2015 et 2024, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté 173 résolutions contre Israël et seulement 80 contre tous les autres pays réunis. Sur une autre période de référence, entre 2015 et 2023, l'Assemblée a voté 155 résolutions contre Israël tandis que la Chine, Cuba, le Venezuela ou le Zimbabwe n'en recevaient aucune, que l'Iran était condamné 8 fois et la Russie 24 fois.

Sur les 6 dernières années, Israël a reçu 72% des résolutions de l'Assemblée Générale à lui seul, soit 115 résolutions contre 45 pour les 192 autres pays réunis.

Les chiffres de l'ONG UN Watch sont implacables : Entre 2015 et 2024, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté 173 résolutions contre Israël et seulement 80 contre tous les autres pays réunis. Sur une autre période de référence, entre 2015 et 2023, l'Assemblée a voté 155 résolutions contre Israël tandis que la Chine, Cuba, le Venezuela ou le Zimbabwe n'en recevaient aucune, que l'Iran était condamné 8 fois et la Russie 24 fois.





Le Conseil des Droits de l'Homme est encore pire. Depuis sa création en 2006, plus d'un tiers des 300 résolutions de condamnation ont visé Israël. En 2022, sur 28 résolutions critiquant des pays, 15 critiquaient Israël et seulement 13 tous les autres pays du monde réunis. Le même Conseil a adopté cinq résolutions contre Israël en une seule session, contre une seule pour l'Iran, la Corée du Nord et la Syrie.

L'OMS a condamné 10 fois Israël et aucune fois un autre pays pendant la même période. L'UNESCO, l'UNRWA, la Commission sur la condition de la femme : toutes les agences sont contaminées.

On ne parle pas ici de critique légitime. On parle d'une focalisation pathologique. Selon UN Watch, sur les 6 dernières années, Israël a reçu 72% des résolutions de l'Assemblée Générale à lui seul, soit 115 résolutions contre 45 pour les 192 autres pays réunis. 

La Syrie peut gazer sa population, la Chine enfermer un million de Ouïghours, l'Iran pendre ses femmes : rien. Mais une maison construite à Jérusalem déclenche une session d'urgence.

Bien sûr uniquement contre Israël. C'est le seul pays au monde qui a un point permanent à l'ordre du jour du Conseil des Droits de l'Homme : le Point 7, exclusivement dédié à Israël.

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3. Réformer ou mourir : ce qu'il faut faire maintenant

Cette farce a un prix : la crédibilité de l'ONU est morte. Comment expliquer aux citoyens du monde que l'organisation chargée de la paix consacre 70% de son temps à un seul petit pays démocratique de 9 millions d'habitants, seul État juif au monde, entouré de 22 États arabes et 57 États musulmans ?

La réforme est urgente et elle doit s'attaquer à la racine :

Trois réformes à la racine

  1. Mettre fin au mythe "un État = une voix". Comment le vote des Maldives ou de Djibouti peut-il peser autant que celui du Japon, de l'Allemagne ou de l'Inde? Il faut pondérer le vote à l'Assemblée Générale en fonction de trois critères : population, contribution au budget de l'ONU et respect des critères démocratiques et des droits de l'homme. Un pays qui ne respecte pas la Charte ne devrait pas pouvoir juger les autres.
  2. Supprimer le Point 7 et plafonner les résolutions. Aucun pays ne doit avoir un ordre du jour qui lui est dédié. Et il faut instaurer une règle simple : pas plus d'une résolution par pays et par session au Conseil des Droits de l'Homme, sauf en cas de génocide avéré. Cela forcerait le Conseil à s'occuper du monde réel.
  3. Rendre le vote transparent et conditionnel. Les pays qui votent systématiquement en bloc contre un seul État membre en violation du principe d'impartialité devraient voir leurs droits de vote suspendus au Conseil des Droits de l'Homme. Et les financements de l'UNRWA et des agences politisées doivent être conditionnés à leur neutralité.

a) Mettre fin au mythe "un État = une voix". Comment le vote des Maldives ou de Djibouti peut-il peser autant que celui du Japon, de l'Allemagne ou de l'Inde? Il faut pondérer le vote à l'Assemblée Générale en fonction de trois critères : population, contribution au budget de l'ONU et respect des critères démocratiques et des droits de l'homme. Un pays qui ne respecte pas la Charte ne devrait pas pouvoir juger les autres.

b) Supprimer le Point 7 et plafonner les résolutions. Aucun pays ne doit avoir un ordre du jour qui lui est dédié. Et il faut instaurer une règle simple : pas plus d'une résolution par pays et par session au Conseil des Droits de l'Homme, sauf en cas de génocide avéré. Cela forcerait le Conseil à s'occuper du monde réel.

c) Rendre le vote transparent et conditionnel. Les pays qui votent systématiquement en bloc contre un seul État membre en violation du principe d'impartialité devraient voir leurs droits de vote suspendus au Conseil des Droits de l'Homme. Et les financements de l'UNRWA et des agences politisées doivent être conditionnés à leur neutralité.

« Aujourd'hui, l'ONU ne juge pas Israël. C'est le bloc musulman qui juge Israël en utilisant le tampon de l'ONU. »

L'ONU ne sera jamais parfaite. Mais elle ne peut pas continuer à être l'arme institutionnelle d'un bloc qui représente 40% des voix et 100% du parti pris. Aujourd'hui, l'ONU ne juge pas Israël. C'est le bloc musulman qui juge Israël en utilisant le tampon de l'ONU.

Si nous voulons sauver l'idée même des Nations Unies, il faut briser cette majorité automatique. 

Sinon, l'ONU continuera de s'enfoncer dans l'insignifiance, et l'histoire ne retiendra d'elle que ceci : elle a passé son temps à condamner la seule démocratie du Moyen-Orient pendant que les pires dictatures la présidaient.




dimanche 20 septembre 2026

Kippour ! JBCH N° 2609 - 186

Yom Kippour : le jour où le temps s'arrête





Pardon, introspection et responsabilité, du Temple de Jérusalem aux tourments du monde présent


JBCH N° 186— chronique

Ce soir, au coucher du soleil, le peuple juif entre dans Yom Kippour. Pendant vingt-cinq heures, les commerces se taisent les routes se vident, et observent et  respectent ce silence.



Il n'existe pas d'autre jour où un pays entier ou des quartiers de ville dans le monde,  s'arrête pour regarder en face ce qu'il est, et ce qu'il devrait devenir. A Boulogne c'est la Rue Jean Jaures qui est désertée, on l'appelle "la petite Jérusalem" 

I
Le cœur du calendrier juif

Yom Kippour, le 10 Tishri, est le jour le plus solennel du judaïsme. La Torah l'installe au chapitre 16 du Lévitique : c'était le jour où le Grand Prêtre entrait seul dans le Saint des Saints pour l'expiation de tout le peuple. Depuis la destruction du Temple, la prière, le jeûne et le repentir ont pris la place du sacrifice.

Le jour est rythmé par cinq offices, de Kol Nidré à la veille jusqu'à Neïla, la prière de clôture, quand les portes du ciel sont censées se refermer. On s'abstient de manger et de boire, de se laver, de s'oindre, de porter des chaussures en cuir et d'entretenir des relations conjugales. Ce sont les cinq « mortifications » de la tradition. L'idée n'est pas de souffrir pour souffrir : pendant un jour, on vit comme des êtres purement spirituels, à la manière des anges. Beaucoup revêtent le kittel, la tunique blanche, qui rappelle à la fois la pureté et le linceul.

Les Sages ont fait de ce jour la conclusion des « Jours redoutables », ouverts par Roch Hachana. Selon l'image consacrée, le verdict est inscrit à Roch Hachana et scellé à Kippour. Mais cette image de tribunal céleste ne doit pas faire oublier l'essentiel : le judaïsme croit à la possibilité réelle du changement. Nul n'est condamné à rester ce qu'il a été.

IILe pardon, y compris envers ses ennemis

Le pardon de Kippour n'est pas automatique, et c'est ce qui fait sa force morale. La Michna (traité Yoma) pose une règle célèbre : Yom Kippour expie les fautes entre l'homme et Dieu, mais pas celles entre l'homme et son prochain, tant qu'il n'a pas apaisé ce dernier. Impossible, donc, de se réfugier dans la prière pour éviter la démarche difficile : aller voir celui qu'on a blessé, reconnaître sa faute, demander pardon.

Maïmonide, dans ses lois sur le repentir, décrit les étapes de la téchouva : reconnaître la faute, la regretter, y renoncer, prendre la résolution de ne pas recommencer. Il ajoute une exigence envers celui qui a été offensé : il ne doit pas se montrer cruel et s'obstiner dans le refus. Il faut se laisser fléchir, car pardonner est, dit-il, la marque de la descendance d'Israël.

La tradition va plus loin encore : elle invite à pardonner à ceux qui nous ont fait du mal. Le livre de Jonas, lu à l'office de l'après-midi, raconte comment Dieu épargne Ninive, la capitale d'un empire ennemi et cruel, dès que ses habitants se repentent. Le prophète en est presque scandalisé, et la leçon du livre est là : la miséricorde divine n'est pas réservée à « nous ».

Celui qui se montre compatissant envers les cruels finit par devenir cruel envers les miséricordieux.

Il faut pourtant éviter un contresens. Pardonner n'est pas capituler, ni oublier, ni livrer les innocents à ceux qui veulent leur mort. Le judaïsme distingue le pardon de l'âme, qui libère du ressentiment, de la justice, qui protège les vivants. Un vieux commentaire rabbinique avertit d'ailleurs que celui qui se montre compatissant envers les cruels finit par devenir cruel envers les miséricordieux. 

Et pour Maïmonide, le pardon complet suppose que l'offenseur se soit lui-même repenti. Pardonner à ses ennemis, c'est refuser que la haine gouverne nos décisions, tout en gardant la lucidité de se défendre.








IIISe régénérer : l'art de l'introspection

Le mot hébreu pour l'examen de conscience, héchbon hanéfèch, signifie littéralement « la comptabilité de l'âme ». On fait le bilan de l'année : ce qu'on a bâti, ce qu'on a abîmé, ce qu'on a laissé en friche. La liturgie de Kippour s'y prête avec sa longue confession, le Vidouï, dite au pluriel et par ordre alphabétique : « nous avons péché, nous avons trahi, nous avons volé… ». Le « nous » est délibéré. Chacun avoue à la place de tous, et chacun se sait solidaire des fautes de la communauté.

Cette confession dit aussi quelque chose de profond sur la psychologie humaine. Nommer ses fautes précisément, à voix haute, c'est les sortir du flou où elles se cachent. Et le rituel offre en retour une promesse rare : on peut repartir. Après Kippour, on n'est pas effacé, mais allégé. 

C'est pourquoi la tradition parle de renaissance : on sort du jour comme d'un second commencement, et il n'est pas anodin que, dès la fin du jeûne, la coutume soit de planter le premier clou de la soucca.

On apprend ce que vaut le silence.

Dans un monde saturé de bruit, de vitesse et d'écrans, ce jour est un luxe et une nécessité. Vingt-cinq heures sans téléphone, sans agenda, sans performance : on apprend ce que vaut le silence.

IVKippour dans le monde d'aujourd'hui

Israël. Le souvenir de Kippour pèse sur la conscience israélienne. Le 6 octobre 1973, jour de Yom Kippour, l'Égypte et la Syrie ont lancé une attaque surprise qui a mis l'État au bord du gouffre. La guerre a été suivie d'un examen de conscience national, d'une commission d'enquête et d'un bouleversement politique. Un demi-siècle plus tard, le 7 octobre 2023, une autre surprise, un autre choc, et la même question douloureuse : qui savait, qui a failli, qui doit répondre ? 

Yom Kippour offre à la société israélienne un cadre où poser cette question sans se déchirer : reconnaître ses erreurs collectives, exiger que ses dirigeants en fassent autant, et se réconcilier avec elle-même après des années de fractures profondes.

La France. Le pays a lui aussi son besoin de Kippour. Dans un débat public de plus en plus polarisé, où l'adversaire est immédiatement diabolisé, l'exercice de reconnaître ses torts avant de désigner ceux des autres devient rarissime. La leçon vaut pour toute démocratie : un pays où plus personne ne concède rien à l'autre ne peut plus se gouverner. 

Elle vaut aussi pour la responsabilité des élus. Kippour rappelle que le pouvoir ne dispense pas de rendre des comptes, il les aggrave. Pour les Juifs de France, confrontés à la montée de l'antisémitisme, le jour porte enfin un message de dignité : rester fidèle à soi-même sans se laisser dicter sa peur.

La haine n'est jamais un destin.

Les guerres pour la paix et la liberté. C'est peut-être là que le message est le plus délicat, et le plus nécessaire. Les démocraties qui se battent pour défendre leurs valeurs, la liberté, la vie, la paix, portent une double responsabilité : gagner, et rester dignes. Kippour n'est pas un manifeste pacifiste : la Torah connaît la guerre juste et le devoir de protéger les siens. 


Mais il rappelle que même dans la guerre légitime, la morale ne se suspend pas. Il pose la question que toute armée démocratique doit se poser : sommes-nous restés fidèles à ce que nous défendons ? Et il garde ouverte l'espérance d'une paix où l'ennemi d'hier pourra un jour redevenir un voisin. Ce n'est pas de la naïveté : c'est la conviction que la haine n'est jamais un destin.




VKippour dans la Kabbale

Pour les kabbalistes, Yom Kippour est le sommet mystique de l'année. Le Zohar joue sur son nom : Yom Ha-Kippourim, le jour « semblable à Pourim » (Ki-Pourim). Deux jours opposés en apparence, l'un de jeûne et de gravité, l'autre de festin et de masques, mais unis par une même logique du renversement : ce qui semblait perdu se transforme en lumière.

La Kabbale voit dans ce jour la remontée de l'âme jusqu'à sa source. Elle distingue cinq niveaux d'âme, du plus proche du corps (néfèch) jusqu'au plus élevé (yéhida, « l'unique »), étincelle indissolublement liée à Dieu. La tradition hassidique enseigne qu'à Neïla, dans l'intensité de la clôture, ce niveau le plus profond se révèle chez chaque Juif, même le plus éloigné : c'est pourquoi ce jour rassemble tout le monde, croyants et distants, dans la même synagogue.

Autre motif kabbalistique : le bouc émissaire envoyé à Azazel dans le désert. Le Zohar y voit la libération du mal : en le nommant, en le renvoyant, l'homme cesse de le porter. Plus profondément, la Kabbale enseigne que la téchouva n'est pas seulement un retour vers Dieu, mais un mouvement qui répare le monde : chaque acte de repentir sincère corrige un désordre, non seulement dans l'âme individuelle, mais dans la structure même de la création. Le repentir devient une force cosmique. 

Au XXᵉ siècle, le rabbin Kook, ce grand mystique de la Terre d'Israël, a prolongé cette intuition : la téchouva est la loi du monde, l'aspiration de toute chose à retrouver son harmonie originelle.

VIKippour et la philosophie profane

On aurait tort de croire que Kippour ne parle qu'aux croyants. La philosophie moderne s'est emparée, à sa manière, de ses grandes questions.

Hannah Arendt, dans Condition de l'homme moderne, voit dans le pardon la seule faculté capable d'arrêter la chaîne infinie des conséquences de nos actes. Sans lui, l'homme resterait prisonnier de son passé, victime de ce qu'il a fait. Avec le pardon, et son pendant, la promesse, l'action humaine redevient libre.

Vladimir Jankélévitch, dans Le Pardon puis dans L'Imprescriptible, pose la question limite : que peut le pardon face à l'inexcusable ? Sa réponse, marquée par la Shoah, est célèbre : le pardon est mort dans les camps de la mort. Il n'est pas concevable de pardonner à ceux qui n'ont jamais demandé pardon, ce qui rejoint, par une autre voie, l'exigence talmudique du repentir préalable.

Tu vaux mieux que tes actes.

Paul Ricœur, dans La Mémoire, l'histoire, l'oubli, propose une éthique du « pardon difficile » : distinguer l'agent de son acte, sans nier la gravité du crime. On peut dire à quelqu'un : tu vaux mieux que tes actes, sans dire que ses actes n'ont pas eu lieu.

Emmanuel Levinas, enfin, lecteur du Talmud, voit dans l'éthique de la responsabilité pour autrui le fondement même de l'humain, une responsabilité qui précède la liberté. C'est exactement le « nous avons péché » du Vidouï, ce « nous » qui refuse la fuite individuelle.

Que retenir de ce dialogue ? Que Kippour n'appartient pas seulement à une religion : il pose à toute civilisation la question de sa capacité à reconnaître ses fautes, à réparer, et à se régénérer. Une société qui a perdu le sens du pardon, ou celui de la faute, se condamne à répéter ses erreurs. Une société qui garde les deux peut espérer se réinventer.

Conclusion

Yom Kippour est un rendez-vous avec la vérité : celle de nos fautes, de nos possibilités et de notre besoin d'autrui. Il n'efface rien du passé, mais il rend l'avenir possible. Dans un monde où l'on crie beaucoup et où l'on s'écoute peu, ce jour d'arrêt, de jeûne et de silence reste l'un des plus grands cadeaux que le judaïsme ait offert à l'humanité.


Gmar 'hatima tova.

 
























© JBCH N° 186 Septembre 2026