Rechercher dans ce blog

vendredi 16 octobre 2026

Travail, Famille, Patrie JBCH N° 2610 - 257


Réfléchissez ... avant qu'il ne soit trop tard !!!




 JBCH Réflexions N° 257

En famille, entre amis seulement
Politique française


Vichy revient ...  - "Travail, Famille, Patrie" 



C'était la devise officielle du régime de Vichy (1940-1944), imposée par Pétain pour remplacer "Liberté, Égalité, Fraternité".

 


Pilier de la "Révolution nationale" : valorise l'ordre corporatiste, la famille traditionnelle et un patriotisme conservateur.



Symbole du rejet de la République et de son idéal républicain au profit d'un ordre moral autoritaire.


Une famille, pas un programme


Trois générations à la tête du même mouvement : pourquoi la dynastie Le Pen ne s'est jamais réformée, elle s'est seulement rebaptisée.

JBCH Réflexions — chronique Octobre 2026

1972 → 2026 : Jean-Marie Le Pen fonde le Front national · Marine Le Pen en prend la tête en 2011, le rebaptise Rassemblement national en 2018 · Marion Maréchal Le Pen , sa nièce, occupe l'autre aile de la famille politique. Trois générations, un seul capital : le nom.


L'héritage

Trois générations, un seul projet

La famille Le Pen ne dirige pas un parti : elle le possède. Depuis 1972, le mouvement qu'elle a fondé n'a jamais changé de patron, seulement de prénom. Jean-Marie Le Pen l'a mené pendant quarante ans, collectionnant au passage les condamnations pour racisme, injures et provocations antisémites — jusqu'à ce « détail » de l'histoire qu'il a cru pouvoir dire, en 1987, à propos des chambres à gaz.

Sa fille Marine prend la suite en 2011. Elle l'exclut publiquement du parti en 2015, dans une mise en scène destinée à prouver qu'elle a tourné la page. Mais le socle électoral reste le même, le logiciel idéologique aussi, et le nom de famille n'a pas changé d'un trait. Sa nièce, Marion Maréchal, occupe en parallèle l'autre aile de la famille politique, assurant qu'aucune génération ne laisse filer l'héritage.

Le Pen n'est pas un nom de famille parmi d'autres dans la vie politique française : c'est, depuis un demi-siècle, le nom d'un seul et même projet.

Ce n'est pas un parti qui s'est modernisé au fil des décennies. C'est une entreprise familiale qui a changé d'habit à mesure que l'ancien ne passait plus.






La stratégie

Le ravalement de façade FN · 1972RN · 2018


Même silhouette, nouvelle enseigne

En 2018, le Front national devient Rassemblement national. Costume plus sobre, mots plus doux, « dédiabolisation » érigée en stratégie de communication à long terme. Mais sous le vernis, le fond n'a pas bougé : la « priorité nationale » reste une discrimination organisée selon l'origine, le programme migratoire garde la même dureté, l'Europe demeure la cible et l'OTAN la méfiance de principe.

Marine Le Pen a emprunté à une banque russe proche du Kremlin, voté contre des sanctions visant Moscou, et longtemps affiché sa sympathie pour Vladimir Poutine — jusqu'à ce que l'invasion de l'Ukraine l'oblige à mettre une sourdine, sans jamais rompre tout à fait. Elle a par ailleurs été condamnée pour détournement de fonds du Parlement européen, utilisés pour rémunérer de faux assistants parlementaires.

On a changé le nom du parti. On n'a pas changé le logiciel qui le fait tourner.

Le fond est resté identique ; seul l'emballage a été refait, avec soin, génération après génération.





La riposte

Pourquoi il faut s'y opposer

On nous dira que c'est de la diabolisation, que le parti a changé, qu'il faut respecter le vote. Mais respecter le vote n'oblige à rien taire sur ce pour quoi l'on vote. Une dynastie qui accède au pouvoir en prétendant avoir rompu avec son propre passé mérite d'être jugée sur ses actes, pas sur son storytelling.

La France a déjà connu, sous Vichy, ce moment où la légalité a servi de paravent à l'effacement méthodique des libertés. Elle ne peut pas se permettre de l'oublier au moment même où une famille qui a bâti sa fortune politique sur le rejet de l'autre frappe, une fois encore, aux portes du pouvoir.

Respecter le vote n'oblige à rien taire sur ce pour quoi l'on vote.

S'y opposer n'est pas un réflexe partisan : c'est un devoir de mémoire et un acte de responsabilité civique. Voter, informer, refuser la banalisation — c'est le minimum que l'on doit à ceux qui, hier, n'ont pas eu la chance de voir venir le danger à temps.



Note de mise en page : les visuels ci-dessus sont des illustrations symboliques, volontairement sans portrait.  

Un nom ne change pas de projet en changeant d'étiquette.




Réfléchissez ... avant qu'il ne soit trop tard !!!

© JBCH Réflexions ·                  Octobre 2026

Elle est derrière vous ... Réveillez vous ! JBCH N° 2610 - 256

Fiction politique — scénario 2027

Réfléchissez ... avant qu'il ne soit trop tard !!!

La nuit qui recommence

 Marine Le Pen à l'Élysée : le récit, heure par heure, de ce que le pays a choisi — et de ce qu'il découvrira avoir choisi.

JBCH N0 256.                                   16 Octobre 2026

54 %Marine Le Pen
46 %Édouard Philippe

Le verdict

On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas


Le pays a choisi. Cinquante-quatre pour cent contre quarante-six. Ce n'est plus l'hypothèse d'un éditorialiste énervé un soir de fatigue démocratique : c'est un bulletin compté, vérifié, proclamé. 

Marine Le Pen est présidente de la République française.

On voudra, dans les jours qui viennent, chercher des excuses collectives  : l'abstention, la fatigue, le rejet d'un système. 

Il faudra résister à cette tentation. Le programme était public depuis quarante ans, les intentions affichées sans le moindre voile. Le pays qui a écrit les droits de l'homme vient d'élire, dans les règles, dans l'isoloir, celle qui promettait de les rogner un à un.

Personne n'a été trompé. On a été prévenu, et on a voté quand même.

C'est cela, la vraie rupture du 23 avril : non pas qu'un parti d'extrême droite ait gagné une élection , cela s'est vu ailleurs  mais qu'il l'ait gagnée en France, majoritairement, sereinement, sans qu'il soit besoin de forcer la main de personne. 

Bardella inculte ,  qui a un CV vide, et dont l'antisémitisme radical et profond n'est plus à démontrer est écarté au profit de Marion Le Pen ...

Le Pouvoir reste dans la famille ! 

Il faudra s'en souvenir longtemps, et sans complaisance pour soi-même.




Le lendemain

Les drapeaux redescendent, la chasse s'ouvre

Dès le petit matin, les drapeaux européens disparaissent des frontons : mairies, préfectures, lycées. 

La Marseillaise devient obligatoire, chantée chaque matin dans les cours d'école, comme si la patrie se prouvait désormais en chœur et sur ordre plutôt que par le choix de chacun.

Une milice est créée pour traquer les immigrés, clandestins ou réguliers, la nuance disparaît vite dans la pratique. Des camps s'ouvrent par dizaines. 

Plus de 200 000 Juifs de France partent , en  majorité vers Israël,

On affrète aussi des charters vers l'Afrique. On ne distingue plus la situation irrégulière de l'origine elle-même : on renvoie, on trie, on expulse.

On appellera cela « reconduite ». Le mot juste est rafle.



 

Les libertés se réduisent une à une, sans qu'aucune loi d'exception ne soit même nécessaire : il suffit d'appliquer avec zèle des textes qui existaient déjà, et d'en écrire de nouveaux pendant que l'opinion, sonnée, ne réagit pas encore.


L'État repris en main

Le film que Mussolini a tourné le premier


Suit ce que le pouvoir appellera pudiquement une « clarification institutionnelle ». 

Les juges sont désormais nommés par le gouvernement. Les avocats aussi ce qui revient à supprimer la défense en même temps que l'indépendance du siège, dans le même geste, sans même que cela choque grand monde.

Les télévisions changent de mains, ou changent de ton, ce qui revient exactement au même. Ce qu'il reste de presse indépendante est muselé, menacé, racheté par des intérêts proches du pouvoir. Les rédactions qui résistent le font de moins en moins longtemps.

Quant à l'abattage rituel de la viande et à la circoncision, ils sont interdits, et même punis sévèrement.




On a déjà vu ce scénario : l'Italie des années trente, le vote d'abord, le verrouillage méthodique ensuite.

La France se croyait, par une sorte de vanité tranquille, à l'abri de ces recettes-là — réservées, pensait-on, aux démocraties plus jeunes ou plus fragiles. Elle découvre qu'aucune démocratie n'est à l'abri d'elle-même quand elle vote pour cesser de l'être.


Le basculement

Vers Moscou, loin de Kiev, loin de l'Europe


Sur le plan extérieur, le basculement est total et immédiat. La France retire ses troupes du front ukrainien. 

L'argent promis à Kiev n'est pas seulement suspendu : il est confisqué. Une allégeance de fait à Vladimir Poutine est déclarée, à peine habillée en « réalisme diplomatique ».

Un retrait de l'OTAN est demandé L'Europe, déjà privée de ses drapeaux sur les frontons français, perd d'un coup son second pilier militaire. 

Les alliés d'hier apprennent la nouvelle par communiqué, comme tout le monde.

La France entre dans la nuit la plus sombre qu'elle ait connue depuis Pétain:  élue,   dans les urnes.



 

Le peuple français a tranché, clairement, officiellement, sans contestation possible sur la régularité du scrutin. 

Il commencera bientôt  mais trop tard pour beaucoup  à mesurer ce qu'il vient de choisir. Le Honte, le recul dans l'Histoire et la ruine économique. Il y aura probablemenrt des tickets de rationnement pour l'alimentation, la France s'étant retirée  des traités.

Réfléchissez ... avant qu'il ne soit trop tard !!!


© JBCH Octobre 2026

jeudi 15 octobre 2026

Le Nectar d'Israël. JBCH N° 2610 - 255



Israël · Vin et terroir

JBCH N° 255.                                                           15 Octobre 2026

Le vin d’Israël triomphe, les boycotteurs trinquent à l’eau


La Vallée de Jezreel primée en Europe, pendant que l’Europe boycotte les vins bibliques de Judée-Samarie

Le 9 octobre, en Croatie, la Vallée de Jezreel a reçu un prix international pour la résilience de son tourisme viticole. Trois mille ans après les vendanges de la Bible, le vin d’Israël est l’un des plus beaux visages du pays. Certains, en Europe, préfèrent pourtant le cacher derrière une étiquette infamante.

Visite d’un vignoble à Tzora, dans les collines de Judée
Vignes de Tzora, sur la Route biblique du vin des collines de Judée. Photo : Ilan Shchori, PikiWiki Israel, CC BY 2.5

Jezreel, la vallée qui a résisté

La Vallée de Jezreel vient de remporter le prix « Best Resilient Practice in Wine Tourism » lors de la 11e édition des Iter Vitis Awards. La cérémonie s’est tenue le 9 octobre au domaine historique de Principovac, à Ilok, en Croatie, dans le cadre du Danube Wine Festival, devant les représentants de seize pays. 

Le jury a salué une région qui a construit son tourisme viticole malgré la pandémie, puis malgré la guerre.





18domaines fédérés dans la « Wine Valley »
16pays représentés au jury
6 anspour bâtir une destination

Au cœur de la récompense, l’initiative « Wine Valley », pilotée par le Conseil régional avec les vignerons : de nouveaux domaines, des vignobles agrandis, une école du vin à Tzipori, des festivals qui relient l’héritage agricole de la région au tourisme. 

Et surtout le Jezreel Valley Taste Pass, une plateforme numérique qui relie par QR codes et cartes interactives les domaines, les fermes, les restaurants, les ateliers d’artistes et les hébergements. 

Une région dispersée devient une seule destination. « Le prix est une reconnaissance du travail acharné et de la détermination de l’industrie touristique locale », a déclaré Michael Izhakov, directeur général du ministère du Tourisme.




Iter Vitis, « le Chemin de la Vigne », est un itinéraire culturel reconnu par le Conseil de l’Europe depuis 2009. Israël y compte quatre routes du vin :

Vallée de Jezreel18 domaines en Galilée
Route innovante du NéguevRamat Néguev, le vin du désert
Route biblique du vinCollines de Judée, Maté Yehouda
Le Chemin de JérusalemVers la ville sainte
« Et le vin qui réjouit le cœur de l’homme, et l’huile qui fait briller son visage, et le pain qui soutient le cœur de l’homme. »Psaumes 104:15

Le plus vieux vignoble du monde

Le vin d’Israël n’est pas une mode : c’est une mémoire. À Gabaon, au nord de Jérusalem, les archéologues ont mis au jour une cave à vin de l’époque des rois de Juda, avec des anses de jarres gravées au nom des vignerons. 



À Yavné, ils ont découvert en 2021 un complexe viticole byzantin capable de produire près de deux millions de litres par an, le fameux « vin de Gaza » exporté dans tout le bassin méditerranéen. Les pressoirs taillés dans la roche jalonnent encore les collines de Judée et de Samarie.

Le complexe viticole byzantin de Yavné
Le complexe viticole byzantin de Yavné, mis au jour en 2021. Photo : Gveret Tered, CC BY-SA 4.0
Bouteilles de vins israéliens
Les vins d’Israël, désormais primés dans les concours internationaux. Photo : CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
« Tu planteras encore des vignes sur les montagnes de Samarie ; les planteurs planteront, et ils en cueilleront les fruits. »Jérémie 31


Les boycotteurs, ou la haine en bouteille

Les vignerons de Shilo, de Psagot ou du Goush Etzion font revivre exactement les terres que décrit la Bible. C’est précisément leur vin que l’Europe a choisi de stigmatiser.

Comment on boycotte un vin biblique

  • 2019, Cour de justice de l’Union européenne : à l’issue d’une procédure engagée par le domaine de Psagot contre l’étiquetage français, elle impose que les produits des implantations portent la mention « colonie israélienne ». Une étiquette réservée, parmi tous les territoires disputés du monde, au seul État juif.
  • Canada, 2019 : une militante attaque en justice les étiquettes des vins de Psagot et de Shiloh.
  • 2025 : la Slovénie, puis l’Espagne, interdisent l’importation des produits des implantations ; l’Irlande prépare une loi similaire.

Personne, à Bruxelles, n’exige d’étiquette « colonie » pour les vins du nord de Chypre, occupé par la Turquie depuis 1974. 

Seul le vin juif, produit sur la terre où le vin juif est né, mérite l’opprobre. Cela porte un nom : deux poids, deux mesures. 

Et quand cette exception ne vise que les Juifs, cela en porte un autre.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo au domaine de Psagot en 2020
Le 19 novembre 2020, Mike Pompeo devient le premier secrétaire d’État américain à visiter un domaine de Judée-Samarie : Psagot, celui-là même que l’Europe voulait étiqueter. Photo : Matty Stern / ambassade des États-Unis à Jérusalem, CC BY 2.0

Le boycott ne nuit d’ailleurs pas seulement aux Israéliens. 

Dans ces domaines travaillent aussi des arabes souvent mieux payés 

Les boycotteurs, au nom de la population bédouine  leur retirent leur gagne-pain. Ils ne servent aucune cause ; ils servent leur bonne conscience.




Les vignes de Samarie ont été plantées avant que l’Europe n’existe. Elles lui survivront.



 

Le prophète Amos l’avait annoncé : « Ils planteront des vignes et ils en boiront le vin. » C’est chose faite. Que Bruxelles étiquette, que les militants boycottent : à Jezreel, à Shilo, à Psagot, on vendange. Et le monde, lui, vient goûter.

© JBCH Octobre 2026

Sources : VINnews, VINOvation (15 octobre 2026) ; Iter Vitis ; Cour de justice de l’Union européenne, arrêt du 12 novembre 2019 (C-363/18) ; Autorité israélienne des antiquités (Yavné, 2021). Photos : Wikimedia Commons.

L'exemple de Babel. JBCH N° 2610 - 254

 Torah · Philosophie

Babel ou l’échec de la civilisation

L’humanité est en construction


JBCH N°254                                                  15 Octobre 2026

Béréchit 11, 1-9

Un texte de 9 versets qui contient toute l’histoire politique de l’humanité.

La Tour de Babel de Pieter Bruegel l’Ancien
Pieter Bruegel l’Ancien, La Tour de Babel, 1563, Kunsthistorisches Museum, Vienne. Domaine public, Wikimedia Commons
« Toute la terre avait une seule langue et des mots uniformes… Ils se dirent l’un à l’autre : Allons, faisons des briques et cuisons-les au feu. Et ils dirent : Bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête est dans le ciel, et faisons-nous un nom, de peur d’être dispersés sur toute la face de la terre. »Béréchit 11

1Le projet : une seule humanité contre le Ciel

Le midrach est sans ambiguïté : la tour n’est pas un exploit technique, c’est une déclaration de guerre théologique.

« Montons au ciel, frappons-le à la hache, et installons notre propre idole au sommet. »

Trois verbes résument l’idéologie de Babel :

a) Bâtir une ville fermée. Après le déluge, l’ordre divin est clair : « Remplissez la terre ». Babel refuse la dispersion. Elle veut la concentration, le ghetto mondial, le contrôle total. Première ville totalitaire.
b) Se faire un nom – Naassé lanou chem. C’est l’inverse d’Avraham, à qui D.ieu dira « Je ferai grand ton nom ». Babel ne veut pas recevoir son nom, elle veut se le fabriquer. C’est l’auto-divinisation. L’homme qui ne doit plus rien à personne.
c) Atteindre le ciel. Le ciel n’est pas une altitude, c’est une prérogative. « Nous serons comme des dieux ». Les bâtisseurs ne veulent plus être créatures, ils veulent être Créateurs.

C’est pour cela que la Torah insiste : « une seule langue, paroles uniformes ». Ce n’est pas l’unité, c’est l’uniformité. Une pensée unique. Aucune contradiction n’est tolérée



2La sanction : 70 – 72 langues

La punition est mesure pour mesure. Vous vouliez l’uniformité ? Je vous donne la pluralité irréductible.

La tradition parle de 70 langues qui émergent à Babel, correspondant aux 70 nations descendues de Noa’h. D’autres sources comptent 72, selon la traduction de la Septante. Peu importe le chiffre : c’est le symbole de la totalité du morcellement humain.

Et le texte dit : « D.ieu confondit là leur langue, et de là D.ieu les dispersa ». Ce qui est brisé ce jour-là est très moderne :

la communication se brisa
la construction s’arrêta
l’humanité fut dispersée

Babel est le premier effondrement d’un projet mondialisé sans fondation morale. Les hommes ne peuvent plus s’entendre, se comprendre ni travailler ensemble. Non pas parce qu’ils parlent fort, mais parce qu’ils ne parlent plus la même langue intérieure.




3La leçon morale : pourquoi Babel échoue ? Les 7 Lois Noa’hides

Babel échoue parce qu’elle viole le socle minimal de toute civilisation viable, donné juste avant : les Cheva Mitsvot Bné Noa’h. 

Ces 7 lois universelles sont :

1Ne pas idolâtrer
2Ne pas blasphémer le Nom
3Ne pas assassiner
4Ne pas commettre adultère / inceste
5Ne pas voler
6Établir des tribunaux de justice
7Ne pas manger un membre arraché d’un animal vivant

Babel viole les 7

  • Idolâtrie de soi-même (1, 2)
  • Mépris de l’autre (si tu ne penses pas comme moi, tu n’es plus mon frère) – porte au meurtre (3)
  • Vol de la place divine (5)
  • Refus de toute justice transcendante (6) : à Babel, c’est la tour qui fait la loi.

Sans ces 7 piliers, aucune tour ne tient. La brique cuite la plus solide ne remplace pas l’éthique.

C’est cela l’échec de la civilisation : croire que la technologie remplace la morale.

 



4Ce que disent les Prophètes : Babel n’est pas finie

Pour les Prophètes, Babel n’est pas un souvenir, c’est un prototype qui revient à chaque empire.

Tsephania 3:9Le Tikoun de Babel

C’est le prophète qui annonce la réparation : « Alors Je transformerai les peuples en une lèvre pure – safa beroura – pour qu’ils invoquent tous le Nom de D.ieu ». À Babel, D.ieu a brouillé la langue. 


À la fin des temps, Il ne rendra pas une langue unique totalitaire, mais une langue claire où l’on peut enfin s’entendre sans se dominer. La pluralité réconciliée.

Isaïe 2:12-17Contre les tours

« Car il est un jour pour D.ieu des armées contre tout ce qui est orgueilleux et hautain… contre toute tour élevée et contre toute muraille fortifiée ». 


Isaïe voit Babel dans chaque empire qui croit que sa hauteur le rend éternel : Assyrie, Babylone, Rome. La tour est le symbole de l’orgueil politique.

Jérémie 50-51Babel devient Babylone

Jérémie fait le jeu de mots voulu par la Torah : Babel / Bavel / Bilboul – confusion. 


La Babylone historique qui détruira le Temple est la réincarnation de la tour. Elle dit « Je suis, et il n’y en a pas d’autre que moi ». Sa chute sera identique : dispersion.






5Le cours de Gilles Hanus : « L’humanité est en construction »

C’est ici que le cours de Gilles Hanus qui en fait un large exposé dans Akadem, est décisif. Hanus propose de ne pas lire Babel comme une punition, mais comme une condition de possibilité de l’humain.

Pour Hanus, si D.ieu n’avait pas dispersé Babel, l’humanité se serait auto-anéantie. 

Une humanité à langue unique, à pensée unique, à projet unique, c’est une humanité sans altérité. Et sans altérité, il n’y a pas d’humanité.

L’humanité n’est pas donnée, elle est en construction.

Babel veut finir l’humanité trop vite. Une tour finie, un sommet qui touche le ciel, un nom définitif. C’est une clôture. Or, être homme, dans la pensée juive, c’est rester ouvert, inachevé.

La dispersion n’est donc pas une malédiction, c’est une grâce philosophique. Obliger les hommes à avoir 70 langues, c’est les obliger à traduire. Et traduire, c’est déjà reconnaître que l’autre pense autrement, et que je dois faire un effort pour aller vers lui.

Ce récit décrit « la tentative des hommes d’atteindre le ciel puis l’intervention divine pour limiter leur folie de grandeurs ». Hanus ajoute : cette limite sauve l’homme de lui-même.

Dans cette lecture, les 7 lois noa’hides ne sont pas des interdits négatifs, ce sont les échafaudages du chantier. Elles sont le minimum pour que le chantier « humanité » ne s’effondre pas à nouveau. La justice, le respect de la vie, l’interdit de l’idolâtrie de soi : voilà les fondations.

Babel échoue parce qu’elle a voulu construire la tour sans échafaudage. Elle a voulu le toit sans les murs. Le vrai chantier commence juste après Babel, avec un homme qui accepte l’inverse : Abraham.




BabelUne ville fermée, une tour qui monte, un nom fabriqué, une seule langue.
AbrahamIl quitte sa terre, sa ville, sa tour natale, accepte d’être dispersé, pour construire non pas une tour qui monte, mais une tente ouverte aux quatre vents.
Babel voulait atteindre le ciel.
Abraham fera descendre le ciel sur terre.

© JBCH Octobre 2026