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lundi 6 avril 2026

L'Affaire Robert Boulin JBCH N° 2604 - 995

L’ombre de l’affaire Robert Boulin continue de planer sur la Ve République comme une énigme jamais résolue. Officiellement suicidé en 1979, ce ministre du Travail de Giscard d'Estaing  dérangeait ...  il voulait dénoncer les magouilles de Giscard et de Chirac... 


Trop indépendant, trop informé, trop proche de certains dossiers sensibles, il était devenu un homme à abattre politiquement et ... physiquement. 





 

Breaking News ... Le dernier témoin ...  Elio Darmon .. vient de disparaître dans d'étranges conditions ... 

 

Très tôt, des soupçons ont émergé autour d’une campagne de déstabilisation violente visant à salir sa réputation, notamment à travers une affaire immobilière largement médiatisée. Dans ce climat délétère, beaucoup ont pointé le rôle de réseaux liés au RPR , alors dirigé parJacques Chirac,  Sans qu’aucune preuve judiciaire définitive n’ait établi de responsabilité directe, l’idée d’un appareil politique ayant contribué à l’isolement et à la chute de Boulin s’est durablement installée dans le débat public.



Le terme de « chasse à l’homme » revient souvent dans les témoignages et les analyses rétrospectives. Il renvoie à une mécanique politique brutale, où rivalités internes et ambitions personnelles pouvaient se traduire par des campagnes de discrédit sans retenue. Dans ce contexte, Boulin apparaît comme la victime d’un système où la conquête du pouvoir primait sur toute autre considération.



 

Quarante ans plus tard, l’absence de vérité judiciaire pleinement établie nourrit les interrogations. Les demandes de réouverture de l’enquête, portées notamment par la famille, se heurtent à l’inertie institutionnelle et au poids du temps. Cette difficulté à faire toute la lumière alimente l’idée d’un verrouillage durable.



Dans cette continuité, des figures comme l'intrigant Dominique de Villepin sont parfois associées, non pas aux faits eux-mêmes, mais à une culture d’État marquée par le secret et la rétention d’information. Il incarne, pour certains observateurs, la permanence d’un système qui n’a jamais pleinement consenti à rouvrir ses dossiers les plus sensibles.



 

Ainsi, plus qu’un simple fait divers politique, l’affaire Boulin interroge en profondeur le fonctionnement des institutions françaises. Un homme apparait dans l'ombre de Chirac ...        Dominique de Villepin ! pas étonnant

 

Elle pose une question essentielle : jusqu’où un système peut-il aller pour se protéger lui-même ? Tant que cette question restera sans réponse claire, le doute continuera d’habiter la mémoire collective.



 


Verbaliser les cyclistes ... une évidence ... JBCH N° 2604 - 994

Ils se prennent pour des dieux sur deux roues

Par un piéton excédé – Édito coup de gueule



Ah, le vélo, ce symbole de liberté, d’écologie et de circulation  urbaine ! Pendant des décennies, on nous a vendu le cycliste comme le héros discret du bitume : pas de pollution, pas de bruit, juste un petit tintement de sonnette pour dire « poussez-vous, bande de lents ». 


Sauf que voilà : ces irréverencieux mal élevés n’ont jamais, au grand jamais, respecté le code de la route. Et les mairies, ces complices en costard-cravate, les ont laissés faire avec un sourire béat. Ce laisser-faire est tout simplement inadmissible.






Regardez-les, ces deux-roues autoproclamés. Feu rouge ? C’est décoratif. Trottoir ? Leur terrain de jeu personnel. Sens interdit ? Une suggestion polie qu’ils ignorent royalement. Smartphone à la main, écouteurs dans les oreilles, parapluie sous le bras, chargement qui pendouille comme un sapin de Noël mal ficelé… Et tout ça en slalomant entre les mamies, les poussettes et les piétons lambda qui osent encore marcher sur leurs pieds. « Je suis à vélo, donc je suis intouchable », semble être leur mantra. Résultat ? Des collisions à la pelle, des piétons effrayés, des seniors qui finissent à l’hosto parce que Monsieur ou Madame « écolo » avait la flemme de freiner.






Et les mairies dans tout ça ? Coupables à 200 %. Elles tracent des pistes cyclables sur trois mètres, les encombrent de trottinettes et de poubelles, puis ferment les yeux quand ces bolides sauvages envahissent les trottoirs. « C’est pour la planète ! » nous serine-t-on. La planète, peut-être, mais pas les riverains qui se font frôler à 30 km/h par un livreur Uber Eats en retard. Complicité passive, voire active : subventions pour les associations de cyclistes, campagnes « partagez la route » qui ne s’adressent qu’aux automobilistes. Les vélos, eux, ont carte blanche. Un vrai scandale à deux vitesses.






Pendant ce temps, au Japon – oui, ce pays qu’on nous cite toujours en exemple pour tout et n’importe quoi –, on vient de tirer un trait sur des décennies de laxisme. Depuis le 1er avril 2026, la police sort le « ticket bleu » : 12 000 yens (75 euros) pour le smartphone en roulant, 6 000 pour le feu rouge, 5 000 pour le parapluie ou les lumières éteintes. Même les trottoirs, c’est fini pour les adultes valides. Et devinez quoi ? Les Japonais râlaient déjà… mais au moins, quelqu’un a osé dire stop.






Chez nous, rien. Silence radio. Les mairies continuent leur politique du « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Parce que verbaliser un cycliste, c’est mal vu. C’est « anti-vélo ». C’est ringard. Pendant que les piétons se font renverser et que les accidents entre vélos et piétons explosent. Non, vraiment : ce laisser-faire est une insulte à l’intelligence collective et à la sécurité publique.



Il est temps de dire les choses crûment : les cyclistes ne sont pas au-dessus des lois. Ils ne sont pas plus écolos parce qu’ils grillent un stop. Ils sont juste mal élevés, irréverencieux, et trop contents de profiter de l’impunité que leur offrent nos élus. Messieurs les maires, sortez les amendes. 


Madame la ministre, copiez le Japon. Et vous, les rois du vélo : descendez de votre piédestal à deux roues et apprenez le code. Ou continuez… et assumez les 75 euros à chaque coin de rue.

Le laissez-faire, c’est terminé. La route est à tout le monde. Pas seulement à ceux qui pédalent en se croyant intouchables.




Les dangers de l'Intelligence Artificielle .... JBCH N° 2604 - 993

 Peut-on vraiment faire confiance à son assistant IA “privé” ?



À l’ère de l’intelligence artificielle, nous confions de plus en plus d’informations personnelles et professionnelles à des assistants comme ChatGPT. Mais une question se pose : ces assistants gardent-ils vraiment nos secrets ?



Selon une enquête menée par la société israélienne Check Point Software Technologies, la réponse n’est pas totalement rassurante. Les chercheurs ont découvert une faille dans le système de ChatGPT qui aurait pu permettre à quelqu’un d’extraire des données sans alerter l’utilisateur.


Cette faille se trouvait dans l’environnement technique utilisé pour analyser des fichiers ou exécuter du code. Normalement, cet espace est isolé du reste d’Internet pour que les données restent sécurisées. Mais une petite fonction restait active : le DNS, qui sert à retrouver des sites web. En utilisant cette fonction, un pirate pouvait cacher des informations dans des requêtes normales, un procédé appelé “DNS tunneling”. Cela permettait de faire sortir des données du système sans que personne ne le remarque.




Le scénario d’attaque pouvait être très simple. Il suffisait d’un prompt – une instruction que l’utilisateur donne à l’IA – apparemment banal, mais conçu pour détourner les informations. Ces prompts circulent partout sur Internet : forums, réseaux sociaux, newsletters… Un pirate pouvait donc cacher sa manœuvre derrière un texte qui semblait utile ou inoffensif. Une fois le prompt utilisé, tout ce que l’utilisateur écrivait, téléchargeait ou demandait à l’IA pouvait être récupéré.





Le plus préoccupant, ce n’est pas seulement les fichiers bruts. L’IA résume souvent les informations importantes. Par exemple, au lieu de voler un long contrat, un pirate pourrait obtenir les points essentiels déjà résumés par l’IA. Même un rapport médical ou un tableau financier pourrait être réduit à l’essentiel, rendant le vol plus rapide et plus précieux.





Le problème devient encore plus sérieux avec les GPT personnalisés, ces assistants spécialisés pour le droit, la santé, les études ou la gestion d’entreprise. Ces outils donnent l’impression d’être sûrs et fiables, mais un comportement malveillant peut être intégré directement dans le GPT. L’utilisateur pense utiliser un assistant spécialisé, mais en réalité ses informations peuvent être envoyées à un serveur externe sans qu’aucun signal ne le montre.


Dans certains cas, la faille aurait même permis de prendre le contrôle à distance de l’environnement d’exécution. Cela signifie qu’un pirate pourrait non seulement voler des données, mais aussi agir dans le système, en toute discrétion.




OpenAI a
corrigé la vulnérabilité en février 2026, réduisant le risque immédiat. Mais cette affaire rappelle une leçon importante : les assistants IA ne sont plus de simples chatbots. Ils deviennent des espaces où l’on travaille, analyse et partage des informations sensibles.


La vraie question n’est plus seulement : “l’IA donne-t-elle une bonne réponse ?” Elle est : peut-on être sûr que ce qui se passe derrière l’écran reste privé ?



On n’a pas besoin de cesser d’utiliser ces outils, mais il faut rester vigilant. Chaque document, chaque message ou chaque question que l’on confie à un assistant IA pourrait être plus visible qu’on ne le pense. Plus l’IA devient utile, plus il est crucial de se rappeler que “privé” ne veut pas toujours dire totalement sécurisé.



La Conversion de Gad El Maleh et les juifs de cour ... JBCH N° 2604 - 992

L’expression de “syndrome Gad Elmaleh” renvoie a une posture socioculturelle observée dans certains milieux juifs occidentaux. Gal El Maleh qui s’est converti … et qui le clame 


Elle désigne une tentation d’assimilation poussée, parfois jusqu’à une fascination pour le catholicisme, perçu comme culturellement dominant en Europe.




Dans ses prises de parole, Alain Finkielkraut évoque cette dérive comme une forme de malaise identitaire.

Selon lui, certains Juifs mondains chercheraient à s’éloigner d’une identité jugée trop conflictuelle ou exposée.

La guerre et les tensions autour d’Israël accentuent ce phénomène.

L’idée d’autodéfense portée par l’État hébreu peut heurter une sensibilité universaliste ou pacifiste.

D’où une prise de distance, parfois publique, vis-à-vis de la politique israélienne.





Ce positionnement s’inscrit aussi dans un désir d’acceptation sociale dans des cercles intellectuels ou culturels.

La conversion religieuse, réelle ou symbolique, devient alors un geste de rupture autant que d’intégration.




Pourtant  ce mouvement s’accélère 

Beaucoup y voient une méconnaissance de l’histoire juive et de ses persécutions.

D’autres dénoncent une forme d’illusion : croire que l’effacement protège durablement.

Le débat révèle en réalité une tension ancienne entre intégration et fidélité identitaire.


Pus que jamais l'Alya 

Il interroge aussi le rapport des diasporas à Israël en temps de guerre. C est encore plus profond aux USA surtout dans le milieu démocrate.

Entre solidarité, critique et détachement, les lignes de fracture se multiplient.

Ce syndrome qui s’installe dans une France qui a vu en vingt ans sa population juive baisser de 750 000 âmes a 420 000 . 



Nouvelle histoire venue du Portugal .... JBCH N° 2604 - 991

Pendant des siècles, des familles du nord du Portugal allumaient des bougies le vendredi soir sans savoir pourquoi. Un capitaine de l’armée portugaise est venu leur révéler la raison.


Dans les villages montagneux du nord du Portugal, derrière des portes closes et des rideaux tirés, des familles gardaient depuis des siècles des secrets qu’elles ne pouvaient expliquer pleinement. Elles allumaient des bougies le vendredi soir sans en connaître la raison, évitaient certains aliments et murmuraient des prières en fragments incomplets d’une langue que les arrière-arrière-grands-parents parlaient autrefois librement. 


Catholiques, elles conservaient cependant dans leurs foyers un vestige ancien et à demi-oublié, comme une braise qui ne s’éteint jamais complètement.




Ces familles étaient les descendants des Juifs portugais convertis de force, les crypto-juifs ou marranes, dont les ancêtres avaient été confrontés à l’Inquisition : se convertir, fuir ou mourir. La plupart s’étaient convertis. Au fil des générations, leur identité juive s’était retirée dans l’intimité, codifiée dans des fragments rituels et des coutumes familiales discrètes, dépouillée de son nom et de sa structure, mais jamais totalement éteinte.


C’est dans ce monde qu’est intervenu, dans les années 1920, Arturo Carlos de Barros Basto, avec la conviction que ces communautés cachées méritaient de revenir à leurs racines.


Arturo Carlos de Barros Basto est né le 18 décembre 1887 à Amarante, au Portugal. Élevé dans la société catholique, il croyait que sa propre famille descendait de Juifs convertis de force. Devenu capitaine dans l’armée portugaise, il s’est distingué par sa carrière militaire.






Son retour au judaïsme n’était ni symbolique ni privé. En 1920, il se rendit à Tanger où il se convertit officiellement devant un tribunal rabbinique reconnu et adopta le nom hébraïque Abraham Israel Ben-Rosh. De retour au Portugal, il épousa Lea Azancot, issue d’une famille juive séfarade de Lisbonne, ancrant son engagement personnel dans les structures communautaires établies.


Dans les années 1920, Barros Basto développa une vision plus large : les descendants des crypto-juifs constituaient un fragment dispersé mais continu du peuple juif, victime de coercition historique et non d’assimilation volontaire. Il créa l’Obra do Resgate (« Œuvre de la Rédemption ») pour reconnecter ces familles à l’éducation et à la vie communautaire juive.


En 1927, il fonda le journal Ha-Lapid, qui proclamait : « Notre communauté vient d’allumer cette petite flamme… et grâce à nos efforts nous apporterons bientôt la rédemption à des milliers de Portugais… vivant une vie spirituelle avec des souvenirs vagues de la religion de leurs ancêtres. »


Barros Basto parcourut le nord du Portugal, rencontrant les familles préservant des traces de pratiques juives. Certaines accueillirent cette reconnexion ; d’autres hésitèrent, marquées par des siècles de crainte. Son action culmina avec la construction de la synagogue Kadoorie Mekor Haim à Porto en 1938, symbole public du renouveau juif au Portugal.





En 1937, il fut traduit devant un tribunal militaire pour « conduite immorale » liée à la supervision de circoncisions, et expulsé de l’armée, interrompant son œuvre. En 2012, le Parlement portugais annula cette décision, reconnaissant qu’il avait été victime de ségrégation politique et religieuse.


Barros Basto ne vécut pas pour voir la pleine restauration de son projet. Pourtant, la synagogue subsiste, tout comme la mémoire juive parmi les descendants de convertis forcés. 


Son histoire montre que, malgré des siècles de silence, l’identité et la mémoire peuvent renaître. Les bougies du Shabbat, allumées par des familles ayant oublié le nom mais pas le geste, brûlaient toujours : Barros Basto les a simplement aidées à retrouver leur nom.



Incompréhensible la France vote aux cotés de la Russie et de la Chine JBCH N° 2604 - 990

Alors que les Iraniens laissaient passer sous caution un porte container de la CGM … La France trahit ses allies au Conseil de sécurité.

Le vote de la France au Conseil de sécurité de l’ONU aux côtés de la Russie et de la Chine a suscité de vives réactions, car  elle  rompt avec ses alliés traditionnels. 




Paris affirme avant tout son opposition à une escalade militaire risquée, notamment dans le détroit d’Ormuz, et rappelle son attachement au droit international. et son amitié avec les mollahs ou certains caciques ce ce régime scélérat. 


Ce positionnement s’inscrit dans une tradition française d’autonomie, déjà observée lors de la guerre en Irak en 2003, lorsque la France s’était opposée aux États-Unis. Aujourd’hui, la situation est rendue plus complexe par l’évolution de la politique américaine sous Donald Trump, accusé de fragiliser l’alliance atlantique. Entre menaces de désengagement, manque de concertation avec les alliés européens et positions parfois ambiguës vis-à-vis de Moscou, Washington contribue à brouiller les repères traditionnels.




Dans ce contexte, la France considère que l’OTAN doit rester une alliance fondée sur la concertation, la confiance et l’unanimité, et non sur l’alignement automatique. Le vote à l’ONU apparaît alors comme une manière de rappeler ces principes, face à une intervention militaire jugée mal préparée et non concertée.


Par ailleurs, ce geste reflète une recomposition plus large des équilibres internationaux. Les lignes de fracture ne sont plus aussi claires qu’auparavant entre un bloc occidental et un bloc sino-russe. Il arrive désormais que des convergences ponctuelles émergent selon les dossiers, sans pour autant traduire une alliance durable.




Enfin, les critiques adressées à la France révèlent aussi une tension croissante entre fidélité aux alliances et défense des intérêts nationaux. 


En refusant de suivre automatiquement ses partenaires, Paris essaye de préserver ce qu'elle croit une crédibilité diplomatique et un rôle de puissance d’équilibre, et devant Trump essaye de jouer sans brio au héros.


Ce choix, controversé, illustre une vision partisane des relations internationales, et un échec total du Quai d'Orsay, et face à ce vote, les Emirats viennent déjà d'annuler l'achat de 50 Rafales par défiance envers cette politique assez déroutante. Pauvre France !


 


L'industrie d'Israël mute avec la guerre JBCH N° 2604 - 989

 La guerre comme catalyseur : la mutation accélérée de l’industrie israélienne


 Par JBCH  ©


Dans l’histoire des nations technologiques, les conflits ont souvent agi comme des accélérateurs. Israël n’échappe pas à cette règle. Mais la guerre en cours marque une rupture d’une intensité particulière : jamais son écosystème industriel et technologique n’avait été aussi directement mobilisé, ni aussi rapidement transformé.



Au cœur de cette mutation, un constat opérationnel simple : les conflits modernes sont devenus des guerres d’usure technologique. Missiles, drones, capteurs, systèmes de défense leur consommation est massive, continue, et impose une capacité de production agile, réactive et peu coûteuse. Face à des adversaires utilisant des technologies bon marché, Israël doit repenser ses équilibres : produire plus vite, innover plus efficacement, et surtout, réduire drastiquement les coûts unitaires.


C’est dans ce contexte que les start'ups israéliennes prennent une place stratégique inédite. Longtemps perçues comme des acteurs du civil — cybersécurité, santé, fin-tech — elles s’imposent désormais comme des partenaires directs de l’effort de guerre. Impression 3D de composants critiques, systèmes laser anti-drones à coût marginal, robots quadrupèdes capables d’opérer en zones hostiles, ou encore embarcations autonomes pour les opérations navales sensibles : ces innovations ne relèvent plus du futur, mais du présent opérationnel.



Cette dynamique illustre une transformation plus profonde encore : la convergence entre le monde militaire et l’écosystème entrepreneurial. Des institutions comme Tsahal collaborent désormais de manière beaucoup plus fluide avec des entreprises issues de la “startup nation”. Des groupes établis comme Rafael Advanced Defense Systems ou Israel Aerospace Industries servent de ponts industriels, intégrant rapidement ces innovations dans des systèmes déployables.





L’un des exemples les plus emblématiques de cette mutation est le développement de systèmes laser destinés à intercepter des drones ou des roquettes à très faible coût par tir. Là où un intercepteur classique peut coûter des dizaines de milliers de dollars, un tir laser ne représente qu’une fraction de ce montant. Dans une guerre où les menaces sont parfois produites à bas prix, cette inversion du rapport coût/efficacité devient décisive.



Autre évolution majeure : l’autonomisation croissante des systèmes. Robots terrestres, drones maritimes ou aériens, plateformes d’observation automatisées — l’objectif est clair : limiter l’exposition des soldats tout en augmentant la capacité de surveillance et de réaction. Ces technologies redéfinissent progressivement la manière de combattre, en introduisant une couche robotisée entre l’humain et le champ de bataille.


Mais cette mutation n’est pas seulement militaire. Elle est aussi économique et diplomatique. Les technologies développées en conditions réelles acquièrent une valeur particulière sur les marchés internationaux. “Testé au combat” devient un label implicite, renforçant l’attractivité des solutions israéliennes auprès de nombreux États confrontés à des menaces similaires.


Ainsi, la guerre agit comme un révélateur et un accélérateur. Elle pousse l’industrie israélienne à franchir un seuil : celui d’une intégration totale entre innovation, production et stratégie militaire. Plus qu’une adaptation conjoncturelle, c’est une recomposition structurelle qui s’opère.


Dans ce nouvel équilibre, Israël ne se contente plus d’être une “startup nation”. Il devient un laboratoire à ciel ouvert de la guerre technologique du XXIe siècle.