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mardi 12 mai 2026

Le Loobing Russe en Israël. JBCH N° 2605 - 1053

La communauté russo-israélienne : un million d’otages géopolitiques


La communauté russe d’Israël est la plus grande communauté immigrée du pays avec plus d’un million d’individus, extrêmement structurée, maintenant sa spécificité à travers associations, presse et télévision en russe, une intégration sans acculturation, selon le politologue Alain Dieckhoff. 






Libermann et les politiciens d’origine russe ont certes un certain impact sur l’agenda sécuritaire et de politique étrangère, mais leur influence reste limitée. Ils réussissent mieux à faire avancer des politiques intérieures liées à leur communauté qu’à imposer la Russie comme priorité diplomatique israélienne.  


La politique étrangère d’Israël reste fondamentalement dictée par Netanyahu sous influence américaine. et ce ne sont pas les récents propos antisémites de Lavrov qui arrangeront les relations communes.





La contradiction que vous pointez est réelle et profonde. Moscou n’a pas clairement condamné les attaques terroristes du 7 octobre 2023, continue d’entretenir des liens avec des organisations hostiles à Israël comme le Hezbollah et les Houthis, et des responsables russes tiennent parfois des propos antisémites. Pourtant, cela n’a pas fondamentalement modifié le calcul israélien. 


Pourquoi ? Israël a systématiquement maintenu une politique d’ambiguïté stratégique vis-à-vis de la Russie, arguant que sa position mesurée tenait à des considérations sécuritaires pratiques 






Sur l’Ukraine, votre point est juste et douloureux : Israël a refusé de livrer des systèmes anti-drones à Kiev, précisément pour ne pas froisser Moscou. 


Un choix stratégique compréhensible à court terme, mais moralement ambigu,  et potentiellement coûteux à long terme, car la Russie a démontré sa capacité à compartimenter ses relations, maintenant des liens avec Israël tout en approfondissant sa coopération  en fournissant des armes air sol et des munitions via la Mer Caspienne à l'Iran et à aider ses proxies, acteurs fondamentalement hostiles aux intérêts israéliens. 



Israël ne sait pas pour le moment arrêter les attaques de drônes explosifs venus du Sud Liban et manipulés par les terroristes du Hezbollah. Kiev a proposé son aide, Israël reste muet, il ne faut pas vexer la communauté russophone qui suit la propagande russe qui rappelle sans cesse les tueries des milices ukrainiennes d'il y a 80 ans. 


Il y a encore 500 000 juifs qui vivent en Russie



L’antisémitisme russe structurel en  est le paradoxe central : Poutine a su instrumentaliser sa sympathie pour les juifs, et ses relations avec Netanyahou pour maintenir ce pont fragile, mais l’État russe reste culturellement et historiquement antisémite. 


Le million de Russo-Israéliens sont donc à la fois un atout diplomatique et une vulnérabilité — une communauté trop puissante pour être ignorée, mais pas assez pour infléchir réellement la Russie vers des positions favorables à Israël.​​​​​​​​​​​​​​​​






L'Homme qui tient Macron par le bout du nez ... JBCH N° 2605 - 1052

L’empire Saadé est effectivement devenu l’un des phénomènes de concentration économique et médiatique les plus frappants de la France contemporaine.





Sur le plan économique, CMA CGM, troisième armateur mondial avec 650 bateaux, 160 000 salariés et une cinquième fortune de France, est gouverné par Rodolphe Saadé depuis Marseille.





 PDG et actionnaire à 73 % avec son frère et sa sœur, à la tête d’un groupe entièrement non coté.  La Covid a été le véritable accélérateur : le groupe a multiplié par sept sa fortune en enregistrant des bénéfices historiques, atteignant 23,5 milliards d’euros en 2022. 






Sur le plan médiatique, la filiale CMA Media, créée en 2021, possède BFMTV, RMC, RTL, La Tribune, La Provence, Corse Matin, et a officiellement racheté le média Brut en septembre 2025. Il essaye aujourd'hui de mettre la main sur le Groupe M6. 


Sur le plan logistique et industriel, l’empire s’est étendu avec l’acquisition de Bolloré Logistics en 2024, donnant accès à 59 terminaux portuaires dans le monde, notamment en Afrique.  


Lors de sa viste à Beyrouth après l'explosion du port, Macron a négocié avec le Hezbollah pour que le port soit géré par Saadé, les containers de la CMA CGM  ont pu servir a transporter dans le monde, les marchandises des terroristes... 





Et en novembre 2025, Carrefour a officialisé l’entrée de Saadé à son capital — environ 4 %, faisant de lui le deuxième actionnaire du distributeur, avec un siège au conseil d’administration. 


La dimension fiscale est aussi notable : malgré plus de 45 milliards d’euros de profits cumulés entre 2020 et 2024, le groupe bénéficie du régime de la taxe au tonnage, qui lui permet de payer des impôts dérisoires, et d’un dispositif d’optimisation fiscale sur les dividendes remontés à sa holding familiale Merit France SAS. 



Quant à la proximité avec Macron, elle est bien réelle : elle est illustrée notamment par la présence du président lors de l’inauguration du centre Tangram de CMA CGM à Marseille,  et une enquête de Libération a scruté ses liens dans l’appareil d’État et sa proximité avec Emmanuel Macron. 





En cinq ans, Saadé a investi tous les secteurs clés : mer, terre, ciel, données, médias — un empire économique sans équivalent qui s’est constitué sans qu’aucune autorité publique n’active de garde-fous.  

Macron a facilité cette ascension et est au cœur des critiques actuelles sur la porosité entre grand capital et pouvoir d’État en France.​​​​​​​​​​​​​​​​ 

L'actuel Président ne peut pas être inculpé pendant son mandat, mais comme pour Sarkozy, son heure viendra.




La Judée Samarie une terre Juive depuis 3000 ans ... JBCH N° 2605 - 1051

 L’UE s’en prend à la Judée-Samarie — Une capitulation morale à Bruxelles

Ce lundi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept ont franchi un pas symbolique — et inquiétant — contre Israël. Réunis en conseil, ils sont parvenus à un accord politique pour imposer de nouvelles sanctions contre des résidents juifs de Judée-Samarie, qualifiés de “colons violents”.  

Comme si on pouvait être des colons sur sa terre ancestrale !




Ce vote n’aurait pas été possible sans un changement de régime à Budapest : l’éviction du Premier ministre Viktor Orbán, qui servait depuis des années de rempart pour Israël grâce à son droit de veto, a ouvert la voie à cette décision. 



La France de Macron s’est montrée particulièrement agressive dans ce dossier. Le chef de la diplomatie française avait annoncé vouloir des sanctions “dans les prochains jours”, plaidant depuis un an pour des mesures contre ceux qu’il désigne comme responsables de “meurtres d’arabes ” en Judée Samarie .  




Derrière ce langage pseudo-humanitaire se dissimule une politique d’étranglement progressif d’Israël : Paris pousse également la Commission à examiner l’interdiction des importations issues des implantations, et même une suspension partielle de l’accord d’association liant l’UE à Israël  — ce traité fondamental qui encadre les relations commerciales, politiques et culturelles entre les deux parties.


Notons cependant que les mesures les plus larges — restrictions générales sur les implantations — ont été bloquées à ce stade, principalement grâce à l’opposition de l’Allemagne.  Berlin, au moins, a su résister à l’emballement.





Face à cette avalanche, Israël a répondu avec dignité. Le gouvernement israélien a dénoncé une décision “moralement déformée”, réaffirmant le droit des Juifs à vivre en Judée-Samarie.

 Et il a raison. La Judée et la Samarie ne sont pas des “territoires occupés” au sens colonial du terme — ce sont les terres du peuple juif depuis trois mille ans, berceau de la Bible, de Hébron à Jéricho, de Bethléem à Silo. 

Aucun vote à Bruxelles n’effacera cette réalité historique et spirituelle.





Une Europe à géométrie variable
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est le deux poids deux mesures scandaleux. 

L’Espagne, la Slovénie et l’Irlande — les plus virulents dans leur hostilité à Israël — n’ont jamais convoqué pareille énergie pour sanctionner la Turquie en Chypre occupée depuis 1974, ni le Maroc au Sahara Occidental, ni aucun régime arabe emprisonnant et torturant ses propres citoyens. 

Leur acharnement contre la seule démocratie du Proche-Orient, qui tient des élections libres, dispose d’une Cour suprême indépendante et protège les droits des minorités — arabes, chrétiens, druzes —, révèle non pas une préoccupation pour les droits humains, mais une obsession idéologique teintée d’un antisionisme qui n’ose pas toujours dire son vrai nom : l’Antisemitisme!


L’Union européenne, jadis porteuse d’un idéal de paix et de démocratie, choisit de sanctionner son seul allié démocratique au Moyen-Orient plutôt que de soutenir sa survie. C’est une faute historique — et morale.​​​​​​​​​​​​​​​​



lundi 11 mai 2026

Le lent naufrage de l'Egypte. JBCH N° 2605 - 1050

L’Egypte traverse aujourd’hui l’une des crises économiques et sociales les plus graves de son histoire contemporaine. Derrière les grands projets du président Abdel Fattah el-Sisi , nouvelle capitale administrative, infrastructures géantes, expansion militaire , se cache une économie sous assistance permanente, maintenue à flot grâce aux injections financières du Fonds Monétaire International, des monarchies du Golfe et de l’Union Européenne





Avec plus de 110 millions d’habitants, une démographie explosive et une monnaie affaiblie par plusieurs dévaluations successives, le pays fait face à une inflation massive qui touche d’abord les produits alimentaires. Le prix du pain, du sucre, de l’huile ou de la viande pèse lourdement sur une population dont une large partie vit déjà dans une grande précarité. Les services publics — santé, hôpitaux, écoles — souffrent d’un manque chronique d’investissements réels malgré les annonces officielles.





L’Europe redoute un effondrement économique égyptien qui provoquerait une vague migratoire gigantesque vers la Méditerranée. C’est l’une des raisons pour lesquelles Bruxelles multiplie les aides financières et les accords stratégiques avec Le Caire. Le FMI, de son côté, impose régulièrement des réformes sévères : réduction des subventions, privatisations et austérité budgétaire, mesures qui aggravent souvent le mécontentement populaire à court terme.




Sur le plan énergétique, l’Égypte, autrefois présentée comme future puissance gazière régionale grâce au gisement de Zohr, doit désormais composer avec une forte consommation intérieure et des difficultés de production. 



Le pays importe du gaz en provenance d’Israel, notamment des champs offshore de Leviathan et Tamar, afin d’alimenter son marché domestique et ses installations de liquéfaction. Cette dépendance énergétique partielle illustre les fragilités économiques du régime malgré son discours nationaliste.




Politiquement, le régime de Sissi repose sur un contrôle sécuritaire extrêmement dur. Arrestations massives, surveillance, limitation de la presse et neutralisation de l’opposition caractérisent la vie politique égyptienne depuis la chute de Mohamed Morsi et la répression des Muslim Brotherhood



Pourtant, malgré cette répression, les Frères musulmans conservent des réseaux clandestins et une influence sociale dans certaines couches de la population.




À cela s’ajoute la menace sécuritaire persistante dans le Sinai Peninsula. Depuis des années, des groupes djihadistes liés à Islamic State y mènent une guérilla contre les forces de sécurité égyptiennes. Attentats, trafics d’armes et réseaux de contrebande continuent d’alimenter l’instabilité dans cette région stratégique proche de Gaza et d’Israël.




Enfin, la corruption reste l’un des grands maux structurels du pays. Une partie importante de l’économie est contrôlée directement ou indirectement par l’armée égyptienne, qui intervient dans des secteurs allant de la construction à l’agroalimentaire. Ce système verrouillé décourage de nombreux investisseurs privés et alimente les inégalités.










L’Égypte demeure ainsi un acteur incontournable du Moyen-Orient, trop stratégique pour être laissé à l’effondrement par ses partenaires occidentaux et arabes. Mais derrière la stabilité apparente du régime, les tensions économiques, sociales et politiques continuent de s’accumuler dangereusement.



Israël avec la Nasa. JBCH N° 2605 - 1049


Science & Espace · Partenariat stratégique

Israël à la conquête de la Lune

Invité par la NASA à participer aux missions Artemis 3, 4 et 5, l'État hébreu confirme son statut de partenaire technologique de premier plan dans la nouvelle course lunaire.

Mai 2026·Exploration spatiale·10 min de lecture

La NASA vient d'ouvrir une nouvelle porte à Israël en l'invitant à participer activement aux missions lunaires Artemis 3, 4 et 5. Par le biais de l'Agence spatiale israélienne, un appel à projets a été lancé auprès des chercheurs, universités et entreprises du pays : expériences scientifiques et nano-satellites CubeSat susceptibles d'être embarqués à bord du vaisseau Orion, puis déployés sur des orbites terrestres, lunaires ou des trajectoires héliocentriques.


Cette invitation n'est pas le fruit du hasard. Elle couronne une relation bilatérale construite patiemment, depuis l'adhésion d'Israël aux Accords Artemis jusqu'à sa participation à la première mission du programme. Un accord stratégique signé entre la ministre Gila Gamliel et la NASA a formalisé cette dynamique, élargissant la coopération à l'exploration lunaire, aux technologies spatiales, à la recherche et à la formation.




Missions visées
3–5
Artemis 3, 4 et 5 avec le vaisseau Orion
Déjà embarqué
Artemis I
Première démonstration du savoir-faire israélien
Pôle industriel
Néguev
Futur cœur du spatial national israélien

« L'invitation de la NASA constitue une marque de confiance dans les capacités scientifiques et technologiques 


« L'invitation de la NASA constitue une marque de confiance dans les capacités scientifiques et technologiques d'Israël. »

— Gila Gamliel, ministre de l'Innovation, de la Science et de la Technologie
Deux piliers d'excellence

Ce savoir-faire repose sur deux domaines reconnus à l'échelle internationale : la miniaturisation des satellites et la conception d'instruments scientifiques de haute précision. Selon Ran Livne, directeur de l'Agence spatiale israélienne, ces deux spécialités correspondent précisément aux besoins actuels de la NASA. Les projets soumis seront évalués selon des critères rigoureux : maturité technologique, faisabilité, contribution scientifique et capacité d'intégration aux missions américaines.

L'écosystème industriel

Au-delà du partenariat immédiat, Israël bâtit les fondations d'une industrie spatiale nationale. Le désert du Néguev en est appelé à devenir le cœur géographique, avec un centre spatial dédié à l'assemblage, aux tests et au lancement de satellites, attirant startups et géants de la défense.

Rafael · Elbit Systems · IAI
Industrie de défense ancrée dans le spatial civil
Technion · Ben Gourion · Weizmann
Ingénierie aérospatiale, systèmes embarqués, sciences fondamentales
Agence spatiale israélienne
Coordination des projets Artemis et appel à candidatures
NASA / Accords Artemis
Cadre bilatéral formalisé par accord stratégique 2025


Israël ne prétend pas rivaliser avec les grandes puissances spatiales. Sa stratégie est celle d'un partenaire technologique de niche, capable d'apporter des solutions compactes, fiables et innovantes là où elles sont le plus nécessaires. Une approche qui, à en juger par l'intérêt croissant de la NASA, semble avoir pleinement convaincu.



Al-Charaa : la peinture avant les fondations. JBCH N° 2605 - 1048

Analyse · Moyen-Orient         par JBCH        Mai 2026

Syrie : le pari incertain d'Ahmed al-Charaa

Entre ouverture occidentale et tentation islamiste, le nouveau maître de Damas joue un équilibriste périlleux depuis la chute d'Assad en décembre 2024.

Mai 2026·Analyse géopolitiqueBCH·J12 min de lecture



Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, la Syrie se trouve à la croisée de chemins historiques. Ahmed al-Charaa — ancien chef de Hayat Tahrir al-Sham, longtemps classée organisation terroriste par Washington et Bruxelles — tente un exercice d'équilibriste : séduire l'Occident tout en préservant sa base idéologique islamiste.

Les signaux envoyés vers l'Ouest sont réels. Al-Charaa défend une forme d'islamisme pragmatique, voire technocratique, enraciné dans le cadre national. Sur le plan économique, le nouveau pouvoir syrien promeut un modèle libéral opposé au dirigisme baasiste des cinquante dernières années, citant en exemples l'Arabie saoudite et Singapour — conservateurs dans les mœurs, libéraux économiquement... Il y va du déblocage des avpoirs détenus en Europe.

Victimes alaouites
1 500
Massacres sur 44 sites dans 3 gouvernorats
Parlement
Des sièges réservés à la nomination d'al-Charaa
ONU, sept. 2025
1967
Première prise de parole syrienne depuis cette date

Sur la scène internationale, al-Charaa s'est rendu aux États-Unis en septembre 2025, prenant la parole devant l'Assemblée générale des Nations Unies — premier dirigeant syrien à le faire depuis 1967 — et rencontrant le secrétaire d'État Marco Rubio.

« Derrière la façade modernisatrice, la réalité du pouvoir raconte une autre histoire. »

La contradiction au cœur du système

La constitution provisoire signée le 13 mars 2025 stipule explicitement que « la jurisprudence islamique est la principale source de la législation » et que « la religion du président est l'islam » — un langage plus strict que les constitutions antérieures. Tous les postes régaliens restent occupés par les anciens cadres d'HTS.

Plus grave encore, entre 1 093 et 1 500 Alaouites auraient été tués lors de massacres perpétrés sur au moins 44 sites dans les gouvernorats de Lattaquié, Tartous et Homs, tandis que les communautés druzes ont été ciblées à plusieurs reprises. Sans compter les centaines de Druzes brimés et tués qu'Israël a du secourir et soigner dans ses hôpitaux

Ouverture occidentaleÉquilibre actuelAncrage islamiste
Diplomatie, libéralisme économiqueHTS au pouvoir, constitution islamique
Le regard de l'Occident


Al-Charaa est confronté à une tension centrale : il dépend de la légitimité occidentale, alors que sa base de pouvoir est composée d'anciens djihadistes pour qui la modération équivaut à l'apostasie. Jouer sur les deux tableaux simultanément suppose une habileté tactique rare — et une marge de manœuvre que les événements pourraient rapidement réduire.

La France et ses partenaires européens sont invités à maintenir leurs exigences en matière d'ouverture politique et de protection des minorités. La lutte contre l'État islamique et la normalisation avec Israël ne peuvent réellement avancer que si le nouveau pouvoir crée des conditions de coexistence pacifique.

La Syrie d'al-Charaa proche de la Turquie d'Erdoğan, de l'Afghanistan de ses  Talibans est quelque chose de plus ambigu et de plus instable : un régime issu du djihad qui tente de se muer en État viable, sans renoncer à ses fondements idéologiques et sans disposer encore de la légitimité populaire nécessaire pour y parvenir. L'Histoire tranchera — mais elle prend rarement le chemin le plus commode.




Le Crépuscule de Poutine. JBCH N° 2605 - 1047

La fin de la Dictature en Russie est proche ...





Le 9 mai comme révélateur. Le défilé du 9 mai 2026 est l'un des moins triomphants de la période récente — et les deux instituts de sondage qui publient chaque semaine la popularité de Poutine se sont abstenus de rendre leurs résultats disponibles le vendredi 8 mai, sous le prétexte fallacieux d'un jour férié. 

La paranoïa documentée. Un rapport confidentiel d'un service de renseignement européen, transmis le 4 mai 2026 au Financial Times, à CNN et au média russe en exil Vazhnyye istorii, révèle que Poutine craint particulièrement l'usage de drones pour des attentats orchestrés par des membres de l'élite politique russe. Sa famille et lui ont abandonné leurs résidences habituelles, et les médias russes diffusent des contenus vidéo préenregistrés pour masquer sa réclusion.  

Les purges qui fracturent l'élite. Un ex-ministre de la Défense marginalisé, un proche collaborateur arrêté, des purges militaires à répétition, près de mille gardes du corps pour un seul homme : les signaux ressemblent moins à ceux d'un régime triomphant que d'un pouvoir qui se barricade.

Mais la mise en garde s'impose. La cote de popularité de Poutine reste à 71 %, du fait de la propagande, ce qui fait pâlir d'envie la plupart des dirigeants occidentaux et certaines rumeurs de coup d'État s'inscrivent dans une guerre psychologique menée par les services spéciaux occidentaux, dont les chances réelles de renversement restent très minces. Le régime vacille, mais il n'est pas encore tombé.


Analyse géopolitique · Russie / Ukraine. JBCH Réflexions 
Dossier exclusif. JBCH

Le crépuscule
de Poutine

Un défilé du 9 mai amputé à 45 minutes, mille gardes du corps, des purges incessantes, une économie sous perfusion : le maître du Kremlin gouverne désormais depuis un bunker — au sens propre comme au sens figuré.

Le 9 mai 2026, la Place Rouge n'a pas grondé comme à l'habitude. Le défilé militaire — vitrine annuelle de la puissance russe — a duré quarante-cinq minutes chrono, dans un dispositif sécuritaire sans précédent. Les deux instituts de sondage qui publient chaque semaine la cote de popularité de Poutine se sont abstenus de rendre leurs résultats disponibles ce vendredi 8 mai, sous le prétexte fallacieux d'un jour férié. Un silence éloquent.

Ce n'est pas un hasard : quelques jours plus tôt, un rapport confidentiel d'un service de renseignement européen — transmis au Financial Times, à CNN et au média russe en exil Vazhnyye istorii — révélait que Vladimir Poutine vit désormais dans la hantise permanente d'un assassinat ou d'un coup d'État, en particulier par drone, potentiellement avec la complicité de membres de son entourage immédiat.

Le Kremlin a coupé Internet à Moscou et Saint-Pétersbourg avant le 9 mai. Les résidences habituelles du président ont été abandonnées. Depuis le déclenchement de la guerre, Poutine se réfugie fréquemment dans des bunkers modernisés dans la région de Krasnodar, d'où il peut travailler pendant des semaines, coupé du monde extérieur — tandis que les médias russes diffusent des vidéos préenregistrées pour maintenir l'illusion d'une activité normale.

Les signaux de fragilité s'accumulent à un rythme inédit. L'arrestation de Rouslan Tsalikov, ancien premier adjoint de Choïgou, le 5 mars 2026, a constitué une rupture : en touchant un homme protégé par les garanties tacites accordées aux élites, Poutine a brisé le pacte de survie qui tenait son système. L'assassinat du général Fanil Sarvarov à Moscou en décembre 2025 avait déjà provoqué une réunion explosive entre Guerassimov, chef d'état-major, et les services spéciaux, chacun s'accusant mutuellement d'incompétence.

Sur le front militaire, la guerre en Ukraine dure depuis plus de quatre ans sans perspective de victoire définie. Les pertes humaines russes sont estimées entre 150 000 et 200 000 morts. L'économie tourne à plein régime de guerre — taux d'intérêt à 21 %, inflation galopante, main-d'œuvre épuisée — mais cette surchauffe est insoutenable à moyen terme. Le PIB russe a baissé de 0,3 % au premier trimestre 2026, malgré l'effort de guerre.

The Economist du 6 mai 2026 titrait sans détour : « Vladimir Putin is losing his grip on Russia » — un ancien haut fonctionnaire russe y signe une tribune affirmant que le système de loyauté qui fondait le pouvoir poutinien se lézarde irrémédiablement.

« Un ex-ministre de la Défense marginalisé, un proche collaborateur arrêté, des purges militaires à répétition, près de mille gardes du corps pour un seul homme : les signaux qui s'accumulent ressemblent moins à ceux d'un régime triomphant que d'un pouvoir qui se barricade. »

— Services de renseignement européens, rapport confidentiel, 4 mai 2026
Les chiffres d'un empire qui vacille
Taux directeur Banque de Russie
21 %
Niveau d'urgence de guerre
Durée du défilé du 9 mai 2026
45 min
Contre 1h30 les années précédentes
Cote de popularité Poutine
71 %
En baisse relative — mais opaque

La mécanique du délitement

La question n'est plus de savoir si le pouvoir de Poutine s'érode — c'est maintenant un constat partagé par les chancelleries occidentales. Elle est de savoir à quelle vitesse, et avec quelles conséquences. Trois scénarios circulent dans les cercles de renseignement : une déstabilisation interne par les élites militaires et sécuritaires fatiguées d'une guerre sans fin ; un enlisement prolongé où Poutine gouverne depuis son bunker pendant des années encore, affaibli mais cramponné ; ou une transition négociée, improbable mais non exclue, sous la pression combinée des oligarques, des siloviki dissidents et d'une économie à bout de souffle.

Ce qui est certain : l'image du tsar tout-puissant a pris des coups irréversibles. La mutinerie de Prigojine en juin 2023, suivie de sa mort suspecte, avait été le premier signal. L'offensive ukrainienne sur Koursk a montré que la Russie pouvait être frappée sur son propre sol. Et la trêve du 9 mai, obtenue sous pression — et violée dans les heures suivantes selon Kiev — a mis en lumière l'écart entre la rhétorique du Kremlin et la réalité du terrain.

⚠ Mise en garde analytique : Une partie des rumeurs de coup d'État est instrumentalisée dans le cadre de la guerre psychologique occidentale contre Moscou. La cote de Poutine à 71 % — même sondée sous contrainte — reste supérieure à celle de la plupart des dirigeants européens. Le régime dispose encore d'une répression redoutable, d'une rente pétrolière partielle malgré les sanctions, et d'une société majoritairement conditionnée par des décennies de propagande. La chute n'est pas imminente — mais la trajectoire, elle, est désormais lisible.

Analyse · 11 JBCH 2026  mai 2026Sources croisées — FT · The Economist · Reuters · Le Grand Continent · Atlantico · armees.com

dimanche 10 mai 2026

Jérusalem, Capitale éternelle d'Israël ... JBCH N° 2605 - 1046

JERUSALEM CAPITALE INDIVISIBLE D’ISRAËL

Fondée par le Roi David, la construction du Temple fut réalisée par son fils Salomon, Jérusalem a fêté ses 3 000 ans il y a quelques années.


Le Temple a été détruit une première fois par Nabuchodonosor, roi de Mésopotamie, qui expulse une grande partie des habitants de Jérusalem vers Babylone.


Seule l’élite du peuple juif en fait, a été exilée en Babylonie par Nabuchodonosor, après la destruction du Temple de Salomon. La plus grande partie du peuple est restée sur la Terre de Judée, pleurant et attendant la reconstruction du Temple. Les autres, les exilés à Babylone, idéalisent leur capitale perdue. D'une préfecture impériale, ils font une ville sainte et universelle.


Ces derniers, lorsqu'ils quittent Jérusalem détruite par Babylone, les déportés juifs abandonnent un royaume somme toute assez banal pour l'époque (586 av. J.-C.).




Pourquoi Jérusalem et pas les autres villes conquises par Nabuchodonosor ? A ces questions, les spécialistes actuels n'apportent qu'une série de demi-réponses toutes fondées sur une interprétation critique des livres bibliques. Très peu d'archéologie et beaucoup d'hypothèses d'où se dégage néanmoins une sorte d'explication minimale. L'exil à Babylone est très court puisqu'il ne dure que 49 ans. Comme n'importe quel empire, Babylone a besoin de ces élites étrangères pour éliminer toute velléité d'indépendance provinciale et renforcer son appareil d'Etat. Mais cette situation socialement satisfaisante ne plaît pas à tous les exilés.


Le processus s'accélère lorsque le roi Cyrus II de Perse s'empare de Babylone en 538 av. J.-C. Aux yeux des Juifs, ce souverain est providentiel. Il est l'instrument de Dieu pour libérer son peuple


L'empire Perse est un véritable creuset d'idées nouvelles dont bénéficient les penseurs juifs. Installés dans les grandes villes de l'Empire, comme Suse, au sud de l'Iran actuel, ces derniers rencontrent les Mages et leur culture s’enrichit au contact des plus grands savants de l’Empire


Il implique une morale religieuse fondée sur la Vérité et la Justice. Quoi qu'il en soit de ces influences mutuelles, les Juifs obtiennent le droit de retourner à Jérusalem pour y reconstruire le Temple. . C’est à la demande d’Esdras et sous la conduite du Roi Zorobabel que le retour et la construction du Temple vont s’accomplir. .


Il faut toute la persévérance de Néhémie, gouverneur impérial juif originaire de Suse, et du scribe Ezra qui met en texte la Torah jusqu’alors orale, au Ve siècle av. J.-C., pour mener à bien la restauration de Dieu sur son trône. Une hiérarchie du pur et de l'impur se met en place autour du Temple, du Saint des Saints aux murs de la ville, ultimes remparts du sacré contre le profane.


Le sacerdoce devient héréditaire, ce qu'il n'était pas à l'époque royale. Il échoit aux Lévites sadocites, descendants présumés de Sadoq, grand prêtre de Salomon. Le Temple est



désormais le seul sanctuaire habilité à pratiquer l'holocauste, c'est-à-dire le sacrifice par incinération complète de l'animal. Tous les autres sanctuaires juifs du monde tombent sous sa juridiction. Leur activité rituelle est limitée à l'abattage casher.


La diaspora juive, à l'origine constituée d'armées postées par les Perses aux marches de l'empire Asie Mineure, Babylone, Suse, ou d’autre juifs partis s’installer en Egypte, à Djerba ou en Espagne, reconnaît progressivement la primauté du Temple et lui envoie une dîme d'un demi-sicle d'argent tous les ans.


Les Sadocites concentrent tous les pouvoirs liés à leur charge : culte, magistrature, banque, assurance sociale. Mais le fisc impérial perse est confié à l'aristocratie laïque.


Il impose le shabbat à tous les Juifs et transforme la fête agricole de la Pâque en commémoration de la Sortie d'Egypte. La logique de " sanctification " d'Israël qui s'élabore à Jérusalem implique logiquement de décider qui est Juif. Les théologiens-juristes hésitent entre deux options contradictoires. La première, plutôt fermée, consiste à privilégier " le droit du sang ". D'où les nombreuses généalogies bibliques qui permettent d'agréger diverses tribus à Israël. La seconde accepte la conversion telle que l'illustre le livre de Ruth la Moabite.


C'est cette attitude qui prédominera lorsque l'Orient tout entier tombera aux mains d'Alexandre de Macédoine, en 333 av. J.-C, lors de sa victoire sur Darius. Alexandre reconnaît la sainteté de Jérusalem, et entre non pas en conquérant dans le Temple mais remplie d’humilité.


Les juifs aident Alexandre à construire et à faire prospérer la ville d’Alexandrie Dans un premier temps, Jérusalem conserve ses prérogatives d'Etat-Temple même si les Grands Prêtres sont maintenant nommés par les souverains grecs. D'abord les Ptolémées, rois d'Egypte, puis les Séleucides, souverains grecs de Syrie. L'aristocratie juive, une partie du clergé et une grande majorité de la diaspora adoptent alors la culture grecque.


Dès 285 av. J.-C., Ptolémée demande au Grand Prêtre de Jérusalem de lui envoyer 70 scribes agréés pour traduire la bible hébraïque en grec. C'est la version dite des Septante. Les Grecs peuvent accéder à la religion juive et il n'est pas impossible qu'une certaine forme de prosélytisme juif se soit développée dès cette époque.


A Jérusalem, le parti des hellénistes, favorable à l'assimilation, domine. Et souhaite transformer Jérusalem en cité grecque, rêvant peut-être d'un judaïsme universel. Le nom même de Jérusalem, Yéroushalaïm en hébreu, est expliqué par un jeu de mots grec : Hiéroushalaïm ne contient-il pas hieros, " saint " en grec ?


Toutefois, la situation va se dégrader sous le règne d'Antioche IV Epiphane de Syrie. Soucieux d'uniformiser son empire et d'en soutirer le plus d'argent possible, ce roi détourne une partie de la dîme juive et exige qu'on lui rende un culte divin à Jérusalem. En réaction, Judas Macchabée, de la famille sacerdotale des Asmonéens, prend les armes et se lance dans une véritable guerre sainte.


Ces derniers conduits par Mattathias et son fils Juda, battent militairement les grecs de Syrie.. En 152 av. J.-C., le Grand Prêtre asmonéen a pratiquement rendu son indépendance à Jérusalem. Mais de cet épisode, les juifs n’ont gardé que le côté spirituel, l histoire de la petite


Bernard Cohen-Hadria 2005 BBBB 3


fiole d’huile qui a miraculeusement duré 8 jours, juste le temps de fabriquer une nouvelle huile sainte, Les Asmonéens, conscients de la force du judaïsme dans le monde d'alors, commencent à se diviser.


Avant la conquête romaine de 63 av. J.-C., plus rien ne distingue ces rois-prêtres des autres souverains hellénistiques, si ce n'est le monothéisme juif. Les Hassidim les ont depuis longtemps abandonnés, leur préférant un " désert mystique ", qui fera son chemin .


Les juifs font appel aux romains pour arbitrer leurs différents … c’était faire entrer le loup dans la bergerie. Pompée rentre à Jérusalem en triomphateur, et le pays entre sous protectorat romain.


Mais l'homme qui va conduire Jérusalem à son apogée n'est pas un mystique. C'est même un demi-juif haï par bon nombre de ses coreligionnaires. Intronisé en 37 av. J.-C. par la " grâce de Rome ", Hérode le Grand transforme la ville, agrandit et embellit le Temple. Son sanctuaire est alors le plus vaste du monde romain. Il construit aussi la forteresse imprenable de Massada, En 64, la fin des grands travaux provoque une brutale augmentation du chômage en Judée. La fiscalité romaine et la misère poussent les paysans à rejoindre les zélotes, groupes religieux armés et indépendantistes.


En 66 commence la Guerre des Juifs et l'un des moments les plus tragiques de l'histoire d'Israël. Un témoin nous raconte les faits : Flavius Joseph. Rome est tenue en échec pendant quatre ans. Elle y perd toute une légion. Moyennant d'importants renforts, Titus, le fils de Vespasien, parvient néanmoins à assiéger Jérusalem en 70. Les insurgés retranchés dans le Temple refusent la paix honteuse qui leur est proposée. Les Romains incendient le sanctuaire et le détruisent pierre après pierre. Malgré ce traumatisme et la chute définitive du clergé, les Juifs ne renoncent pas à libérer Jérusalem.


Plus de 60 ans après, en 132, Bar Kokhba relève le défi. Il sera le dernier résistant à mourir pour Jérusalem avant le XXe siècle. Cette fois, la majorité des Juifs est expulsée de leur ville sainte. " La cité est rebaptisée « Colonia Aelia Capitolina ». le pays sera appelé pour la première fois « Palestine » par Hadrien. du nom de la région côtière des Philistins. Jésus n est donc jamais né en Palestine, mais en Judée " Des Juifs se re-manifestent sur cette terre, d’autres reviendront pourtant, et très rapidement. La petite communauté de Jérusalem se maintiendra à travers les siècles… et pour l’éternité.


Napoléon Bonaparte arrivé à Gaza puis à Jaffa demande aux juifs d’affirmer leur autorité sur cette terre qui leur appartient et il faudra attendre très exactement 1832 ans pour qu'enfin tous les Juifs du monde puissent tenir ce pari :L'an prochain à Jérusalem !


En 1860, alors qu’une partie du peuple est toujours restée sur cette Terre, à Jérusalem, Safed, Tibériade et bien d’autre lieux, d’autres juifs arrivent chassés de leurs pays par des massacres et des pogroms, le retour imprévu de ces Juifs fait sortir Jérusalem de ses remparts. La ville explose avec le siècle et redevient un enjeu national et religieux. Des clés pour comprendre. Eretz Israël est le lieu où naquit le peuple juif.


Apres l’Affaire Dreyfus qui empoisonnera la France de la fin du XIXeme siècle, Théodore Herzl crée le Sionisme, symbolisée par le retour à Sion et par la lutte de libération nationale


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des juifs (acte de foi du Sionisme) et pour recouvrer l’indépendance d’abord contre les Turcs, elle se poursuit contre les occupants anglais.


C'est là qu'il acquit une culture à la fois nationale et universelle. et en fit don à l'humanité En conséquence, nous proclamons la fondation d'un Etat juif en terre d'Israël. " Alors que David Ben Gourion, président de l'Exécutif sioniste en Palestine, termine, le 14 mai 1948, la lecture de la déclaration d'indépendance d'Israël, les violences redoublent à Jérusalem. La ville est en feu depuis janvier, le Grand Mufti de Jérusalem, aidé d’anciens nazis promet du sang et du feu aux juifs, demande aux habitants arabes de quitter leurs maisons, pour y retourner une fois les juifs liquidés.


Dès le 15 mai, les royaumes arabes coalisés attaquent Israël. La Transjordanie est de loin le plus fort de tous et s'empare de la vieille ville de Jérusalem. Le quartier juif et d'autres secteurs sont vidés de leur population et livrés au pillage. Le mont Scopus, au nord-est de la vieille ville, où se situent l'université hébraïque de Jérusalem et l'hôpital Hadassa, se retrouve enclavé en plein territoire arabe. Les défenseurs israéliens de Jérusalem manquent cruellement d'entraînement - certains sont des réfugiés de la Shoah fraîchement débarqués en Israël -, mais réussissent néanmoins à tenir l'ouest de la ville jusqu'à l'armistice de 1949.


Telle Berlin en 1961, la cité est coupée en deux par un no man's land et un long mur de béton, c'est la " ligne verte ". Abdallah, souverain hachémite de Transjordanie et descendant du prophète Mahomet, contrôle le Haram al-Sharif et l'arrière-pays montagneux, la Cisjordanie.


Israël a survécu à sa première guerre, " mais c'est un corps sans âme, coupé de l'antique cité, explique Frédéric Encel, de l'Institut d'études politiques. Jérusalem-Ouest, la capitale du nouvel Etat, n'est pas Sion. " Le souvenir de ce douloureux statu-quo hante actuellement l'esprit des négociateurs israéliens.


Abandonné par les pays arabes, mais tenus sous tension par ces derniers, l’OLP se transforme en organisation terroriste, ayant pour but de frapper tout civil juif ou israëlien dans le monde. On se souvient du Massacre des Jeux Olympiques de Munich. L'OLP revendique la Jérusalem jordanienne, Al Qods, vieille ville comprise, pour en faire la capitale du futur Etat palestinien.


Jamais aucun autre peuple, aucun état autre que celui des juifs n a pris Jérusalem pour Capitale… Les Catholiques ayant choisi la nouvelle Jérusalem, l ont placé à Rome, la capitale des musulmans est à La Mèque en Arabie.


Jamais dans l’histoire les juifs ont été physiquement ou virtuellement absents de Jérusalem, et pour ceux qui résident en diaspora, la prière récitée à Paque est « Si je t’oublie Ô Jérusalem, que ma droite m’abandonne que ma langue se colle à mon palais… » Israël de son côté refuse toute restitution de souveraineté sur sa " capitale éternelle ", " libérée en 1967 " par le Général Moche Dayan et annexée en 1981 par la Knesset. Pour tenter d'expliquer le conflit opposant ces deux nations autour de Jérusalem et la nature de leurs légitimités respectives, Près d’un million de juifs résident à Jérusalem, contre deux cent mille arabes, il est indispensable de remonter au début du XIXe siècle. A l'époque, Jérusalem n'est qu'une petite ville plutôt insalubre de 8000 habitants aux confins de l'empire ottoman, dans la province syrienne du Bilad Al Sham. " Elle n'est pas un chef-lieu. L'administration du sultan réside en effet à Ramleh ", précise Frédéric Encel. Sous la tutelle des Turcs, la ville compte 2 000 chrétiens orthodoxes et arméniens ainsi qu'une communauté juive forte misérable d'environ 2 500 âmes.


C'est pourtant cette dernière qui se développe dès 1816. Des centaines de juifs religieux ashkénazes (d'Europe orientale) fuient les massacres et les pogroms en Europe de l’est, ils appartiennent au mouvement hassidique et rejoignent alors leurs coreligionnaires locaux. Malgré une misère chronique, une promiscuité aggravée par l'interdiction faite aux juifs d'agrandir les maisons qu'ils louent, la communauté va tellement se développer que, en 1840, elle devient la première des trois grandes confessions de la ville.


" Dès les années 1840-1850, écrit Catherine Nicault, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Poitiers, les juifs forment le groupe relativement le plus nombreux, avant de représenter, autour de 1870, un nombre sensiblement supérieur à celui des musulmans et des chrétiens réunis. " Cette arrivée massive ne change pourtant pas l'équilibre social ou politique de la cité.


Les clefs du pouvoir restent entre les mains du commissaire impérial, le Pacha, et des effendis, les " féodaux " arabes, propriétaires fonciers et gardiens du lieu saint musulman. Le conservatisme ottoman est tel qu'en 1863, alors que l'égalité entre musulmans et nonmusulmans est officialisée, les juifs, pourtant majoritaires, n'obtiennent aucun siège au Conseil municipal, contrairement aux chrétiens.


Le suffrage censitaire interdit à ces miséreux, endettés, soumis à diverses vexations dignes du Moyen Age européen et en outre considérés comme des étrangers, toute forme de représentation officielle. Leur sort émeut les juifs émancipés d'Occident. En 1860, le milliardaire britannique Moses Montefiore parvient à convaincre les dirigeants de la communauté ashkénaze de sortir de la ville et leur construit un nouveau quartier sur des terres acquises au sultan : Mishkénot Shaananim (les Demeures sereines). Divers mécènes et institutions juives lui emboîtent le pas. Toute une cité est bâtie pour accueillir les juifs nécessiteux au nord-ouest de la vieille ville, à l'aide d'une main-d'uvre arabe originaire d'Hébron, de Naplouse et même d'Egypte. Celle-ci se construit à son tour plusieurs quartiers sur les collines environnantes et dans les interstices des quartiers juifs.


A la veille de la Première Guerre mondiale, Jérusalem s'est considérablement étendue :


55 000 juifs cohabitent avec 16 000 chrétiens et 11 000 musulmans. Le nombre des chrétiens a dépassé celui des musulmans à partir de 1890 grâce à la venue massive de différentes congrégations millénaristes, allemandes et américaines. Leur présence permet aux Occidentaux de s'ingérer plus avant dans les affaires de Jérusalem avant d'y entrer de plain-pied le 11 décembre 1917, lorsque le général britannique Allenby reçoit la reddition des Turcs.


Avec la domination anglaise commence une période charnière dans l'histoire de la région. Le destin de Jérusalem s'en trouve bouleversé. Les Anglais en font la capitale de la Palestine mandataire (des deux côtés du Jourdain) et se présentent comme les garants d'un futur foyer national juif (déclaration Balfour) et d'une grande nation arabe. Le sionisme profite de cette mansuétude transitoire des Britanniques pour s'implanter durablement à Jérusalem, seule grande enclave juive au Proche-Orient.


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Indifférents ou hostiles à la cause sioniste, les juifs religieux sont rapidement supplantés en nombre par ceux du Yishouv, c'est-à-dire les juifs laïques et sionistes de Palestine. Mais ces" nouveaux Yahoudin ", si différents des anciens, inquiètent les effendis qui craignent que Jérusalem ne se " judaïse ".


" Comme à l'époque de Saladin, Jérusalem est instrumentalisée par les Arabes qui ne tolèrent pas qu'Al-Qods soit revendiquée par des infidèles ", explique Frédéric Encel. Dès 1918, une série d'incidents anti-juifs émaillent la fête musulmane de Nabi Mousa. Sur le modèle du sionisme politique, mais sans sa dimension démocratique, les Arabes créent un conseil exécutif islamo-chrétien qui se réunit pour la première fois cette année-là. " Puis de nouveau en 1919 à Damas, explique Frédéric Encel. Les grandes familles de Jérusalem, les Hachémites du Hedjaz, les chrétiens du Liban, bref toute l'élite intellectuelle du monde arabe, évoquent alors pour la première fois Jérusalem. En cas d'indépendance, la grande majorité des participants n'envisage toutefois pas d'en faire la capitale d'un Etat arabe.


Elle préfère son rattachement à une grande Syrie. La dimension purement palestinienne de la lutte anti-sioniste n'est pas encore à l'ordre du jour. Et les nationalistes arabes, largement désunis, assistent impuissants au regroupement de toutes les institutions sionistes à Jérusalem ; à l'ébauche du futur Etat juif. En 1920, l'inauguration sur le mont Scopus de l'Université hébraïque, la première université de la région, ennoblit en quelque sorte le projet sioniste à Jérusalem. Elle le concrétise et participe à l'essor d'une ville qui se modernise rapidement. A force de ménager la chèvre et le chou, les Britanniques s'empêtrent dans une politique de plus en plus mal vécue aussi bien par les Juifs que par les Arabes. La frustration de ces derniers les conduit, en 1929, à perpétrer un terrible pogrome contre les antiques communautés de Safed et d'Hébron. Les sionistes y perdent leurs dernières illusions. Au rêve de convaincre les Arabes de l'avantage économique du sionisme succède un pragmatisme défensif.


Le Conseil exécutif sioniste adopte alors la ligne politique des " durs ", des héritiers de Zeev Jabotinski. Les deux principales milices juives, la Haganah et l'Irgoun, unissent leurs forces lors de la grande révolte arabe de 1936. Après trois ans de guérilla, les Anglais durcissent le ton contre le Yishouv et prennent une décision lourde de conséquences.


Pour éviter que les nationalistes arabes ne s'allient aux nazis, presque en vain, et à leur demande, ils éditent un " livre blanc " interdisant presque toute immigration juive en Palestine. Pour les juifs, c'est la pire des injustices : la Shoah s'annonce déjà mais la route de Sion, seul refuge susceptible de les accueillir en nombre, leur est dorénavant fermée... A la fin du conflit mondial, le Yishouv fera durement payer cette politique aux Anglais.


La guerre d'indépendance d'Israël va hypothéquer l'avenir du mandat et tous les plans diplomatiques faisant de Jérusalem un corpus separatum sous administration étrangère.


Le plan de partage voté par l'Onu le 29 novembre 1947 l'envisageait aussi. Les sionistes l'acceptent du bout des lèvres. Les Arabes le rejettent fermement. Il restera lettre morte.


Lorsque, en juin 1967, Israël déclenche la guerre des Six-Jours et conquiert Jérusalem-Est, c'est une ville figée et appauvrie qu'il découvre de l'autre côté de la ligne verte. La Jordanie n'avait fait qu'entretenir les lieux saints musulmans, privilégiant en fait Amman, sa capitale. Un véritable élan s'empare alors d'Israël, toutes tendances politiques confondues, remarque Frédéric Encel.



Un élan qui n'est pas encore passé puisque même Shimon Peres, la colombe travailliste et prix Nobel de la paix, a dit au moment des accords d'Oslo : "Jérusalem est négociable religieusement, pas politiquement". " La toute nouvelle domination juive permet également aux Arabes de recentrer leur lutte. " La première charte nationale dite palestinienne de 1964 ne revendique pas Jérusalem comme capitale de la Palestine. La ville est alors sous souveraineté musulmane


En 1968, date de la révision de la charte palestinienne, tel n'est plus le cas : Jérusalem redevient une revendication ", précise-t-il. Puis ce fut la Guerre de Kippour en 1973 et la victoire de Tsahal, sur tous les fronts,


Le nationalisme arabe  inexistant sur cette terre, jusqu’à cette date et instrumentalisé par les pays arabes jusqu'à la fin des années 70, et poussé par le KGB, obtient ses lettres de noblesse durant l'Intifada en 1988.


Ils transforment l’Esplanade du Temple en Dôme du Rocher, devenu l'icône des chébabs et d'une nation qui se reconnaît désormais comme telle. Mais sur le terrain, Jérusalem s'éloigne inexorablement de ce symbole doré. Dès 1967, la politique israélienne vise à cheviller la ville au reste du pays en agrandissant notamment l'étroit corridor qui y menait avant les Six-Jours.


Les Arabes qui refusent la nationalité israélienne gardent jusqu'en 1980 leur passeport jordanien. Une fois la ville annexée, déclarée " Capitale une et indivisible " d'Israël, ils obtiennent un statut de résident plus avantageux que celui des territoires occupés. 


Ce qui explique en partie pourquoi la ville sera peu touchée par l'Intifada. La reconstruction de quartiers juifs à l'est et au sud transforme une nouvelle fois sa physionomie.La ligne verte qui balafrait Jérusalem est progressivement effacée. Une nouvelle ville submerge totalement l'ancienne. Une ville très moderne de plus d’un million habitants, dont 85 % de juifs, qui rend illusoire tout retour aux anciens tracés. La première ligne de tramway la traverse entièrement, scellant son unité.


En 2000, abandonnant le processus de paix, sur les conseils « avertis » de M. Chirac Président de la France, Arafat revient sur sa promesse d’abandonner le terrorisme et déclare la guerre à Israël, c’est la seconde intifada, une guerre jusque là inédite, puisque le but est de détruire définitivement les fondations même de l’Etat d’Israël en promouvant des centaines d’attentats suicides, contre des civils, femmes et enfants.


Arafat crée ou aide des dizaines de milices laïques ou religieuses, comme le Hamas, mais c’est un revers, et la première victime est son « peuple "», qui se voit privé de liberté, et dont l’économie est exsangue, complètement détruite. Corruption, enseignement de la Haine, c’est l’héritage néfaste que laisse Arafat.


En 2003, les troupes américaines envahissent l’Irak du dictateur Saddam Hussein, principal bailleur de fonds de ce que l on appelle « l’Intifada II ». Le premier ministre d’Israël, Ariel Sharon construit un mur de sécurité pour protéger les civils israéliens des attaques suicides des islamikazes. Jérusalem est protégée, les tirs sauvages n’atteindront plus le quartier de Guilo. Les américains décident de mettre de côté Arafat et demandent aux palestiniens de se choisir un premier ministre… C’est Abbou Mazen qui est choisi, Arafat le limoge.


Arafat meurt le 11 Novembre 2004 à Clamart d’une étrange maladie du sang (on parle officieusement de SIDA-AIDS), son ami Jacques Chirac organise une cérémonie à l’aéroport de Villacoublay, Les funérailles officielles auront lieu au Caire et l’enterrement à Ramallah, des élections présidentielles surveillées ont lieu 30 jours plus tard et c’est Abbou Mazen qui est élu, des espoirs de calme et de paix comment à se dessiner.


En 2026, Israël compte 7,5 millions d’habitants dont 1,3 million d’arabes, tous citoyens israéliens. Jérusalem, sa Capitale compte 680 000 habitants dont 490 000 juifs.