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jeudi 14 mai 2026

Cyclone permet aux F35 de voler près de 2 000Km. JBCH N° 2605 - 1058

Le F-35I israélien gagne en allonge : 

Elbit signe un contrat à 34 millions de dollars

Des réservoirs externes dérivés du F-16 pour allonger la portée du chasseur furtif — un signal discret mais éloquent dans le contexte des tensions régionales avec l'Iran.

Mai 2026·Industrie de défense·Brève analysée par JBCH    Mai 2026

Le ministère israélien de la Défense vient de signer un contrat de 34 millions de dollars — 100 millions de shekels — avec Cyclone, filiale du groupe Elbit Systems, pour développer et intégrer des réservoirs de carburant externes sur le F-35I Adir. Le calendrier de livraison n'a pas été rendu public, mais la nature du contrat — développement et intégration, et non simple commande de série — indique qu'on en est encore à la phase de maturation technologique.



Valeur du contrat
34 M$
100 millions de shekels · Elbit Systems / Cyclone
Plateforme source
F-16
Design de réservoirs adapté depuis le chasseur de 4ème génération
Objectif opérationnel
+Allonge
Réduction de la dépendance au ravitaillement en vol

La technologie n'est pas nouvelle : Cyclone avait déjà conçu des réservoirs conformes pour le F-16 israélien. Ce qui est nouveau, c'est son application au F-35I — avion furtif de 5ème génération dont la cellule a été spécialement modifiée par Tsahal pour y intégrer des équipements nationaux, faisant de lui un appareil unique au monde. Augmenter son rayon d'action sans recourir au ravitaillement en vol réduit à la fois la signature opérationnelle d'une mission et la vulnérabilité des avions-ravitailleurs, exposés et facilement détectables.




« Étendre le rayon d'action opérationnel, réduire la dépendance au ravitaillement en vol, renforcer la flexibilité sur les missions longue distance. »




Dans le contexte stratégique actuel — où Israël maintient une doctrine de liberté d'action contre les sites nucléaires iraniens —, chaque kilomètre supplémentaire compte. Téhéran se trouve à environ 1 700 kilomètres de la frontière israélienne. Le F-35I dispose d'un rayon d'action interne estimé à 1 100 kilomètres en configuration furtive. Un appoint en carburant externe, même au prix d'une légère réduction de la discrétion radar, pourrait changer substantiellement l'équation.

Un contrat à 34 millions de dollars, c'est modeste à l'échelle d'un budget de défense. Mais dans la géographie militaire du Moyen-Orient, quelques centaines de kilomètres d'autonomie supplémentaires peuvent peser bien plus lourd que leur coût affiché.





Qu'a t-on fait pour avoir eu Macron ? JBCH N° 2605 - 1057

Macron ou le président qui marche à côté de ses pompes

Il y a des présidents qui marquent l’Histoire...

Et il y a Macron. 

Celui qui, en octobre 2023, au moment où la France descendait dans la rue par centaines de milliers pour crier non à l’antisémitisme et oui à la laïcité républicaine, a choisi de briller par son absence. Un président qui se défile devant son propre peuple quand celui-ci réclame ce qu’il y a de plus fondamental : que la République tienne debout face à la haine. 

Cette lâcheté-là ne s’oublie pas.

Mais ce n’est qu’un début. Car l’homme qui snobe les Français qui marchent contre l’antisémitisme n’hésite pas, lui, à se mettre à genoux devant Alger. La dictature militaire algérienne, qui humilie la France depuis des décennies, qui refuse de reprendre ses ressortissants expulsés, qui joue la carte de la repentance permanente comme instrument de chantage diplomatique.




Cette dictature-là trouve en Macron un partenaire complaisant, prêt à toutes les concessions au nom d’une relation bilatérale où la France donne et l’Algérie prend.






Puis il y a la questionnes arabes de Judée Samarie. Reconnaître un État fantôme en Judée-Samarie — un territoire morcelé, sans frontières définies, sans institutions viables, sans capacité réelle de gouvernance, c’est offrir une caution internationale à une fiction géopolitique.






C’est ignorer délibérément la réalité du terrain, l’histoire millénaire du peuple juif dans cette terre, et cautionner une narration qui ne sert qu’à isoler Israël davantage sur la scène internationale. 

Pour Macron, la symbolique idéologique prime sur la vérité des faits.
L’affaire du Hezbollah est peut-être la plus révélatrice. En soutenant son ami libanais Saadé et ses intérêts au Liban, Macron a fermé les yeux sur la réalité de ce que le Hezbollah représente : une organisation terroriste, bras armé de l’Iran, qui a détruit le Liban de l’intérieur et fait peser une menace permanente sur Israël et sur la stabilité régionale. 


Jouer les intermédiaires bienveillants avec une telle organisation, c’est trahir les valeurs que la France prétend incarner.




Et pour couronner le tout, voilà Macron qui refuse d’apporter le soutien de la France aux États-Unis dans leur effort pour libéraliser le détroit d’Ormuz, verrou stratégique mondial par lequel transite une part considérable du pétrole mondial. 

Quand Washington appelle ses alliés à se tenir debout face à la pression iranienne, Paris regarde ailleurs. La France, membre de l’OTAN, membre permanent du Conseil de sécurité, ancienne puissance navale, s’abstient. Souveraineté, dit-on chez les gaullistes, . Lâcheté, dit-on aussi partout.





Et last but not least, la cerise sur le gâteau : ce président de la République française, censé être le gardien du rayonnement de la langue de Molière, a cru bon de nous expliquer, cette semaine, avec le plus grand sérieux, que le centre de gravité du français se situait désormais… sur les rives du fleuve Congo. 

Une phrase qui en dit long sur la vision d’une France qui se dilue, qui efface ses racines, qui cherche son identité dans une périphérie imaginaire plutôt que dans son propre cœur civilisationnel.


Macron n’est pas simplement un président qui se trompe de politique. C’est un président qui s’est trompé de peuple.




mercredi 13 mai 2026

La France de Macron abandonne l'Afrique JBCH N° 2605 - 1056

Je suis né en Afrique, j'y ai vécu enfant pendant dix ans, puis je suis retourné faire mon service dans la coopération en tant que professeur dans un centre de formation de 3ème cycle  pour cadres, le CIGE, j’y suis resté plus de 3 ans … 

Donc l’Afrique m’intéresse … et je pleure devant l’abandon de ce continent qui nous aime tant, un abandon qui frise la trahison depuis 2017 …


Comme la nature a horreur du vide, les turcs, les iraniens, les russes, les chinois sont venu gâcher ce que nous avions semé … Quelle incompétence, quelle nullité d’un quai d’Orsay et d’un président qui ont eu tout faux … et qui ont abandonné les territoires dans lesquels nous avions semé des graines d’amour et de respect.




La France veut donc tourner la page de la « Françe-Afrique », mais sans véritable doctrine de remplacement. Dans son discours de Nairobi, cette semaine, Emmanuel Macron affiche une volonté de rupture avec les anciennes pratiques post-coloniales, tout en laissant apparaître un vide stratégique préoccupant.


Pendant des décennies, Paris a bénéficié d’une influence politique, militaire et économique littéraire privilégiée dans son ancien pré carré africain, sans bâtir un partenariat industriel durable ni véritable transfert de compétences, et sans respect des populations 





Aujourd’hui, ce recul ressemble à un triple suicide : diplomatique, économique et géopolitique et littéraire.
La France perd progressivement son influence dans plusieurs capitales africaines, tandis que ses entreprises voient leurs positions contestées.



Dans le même temps, la Russie avance ses réseaux sécuritaires, la Chine impose sa puissance financière et les monarchies du Golfe investissent massivement dans les infrastructures et les ressources minières.


Les États-Unis eux-mêmes renforcent leur présence stratégique sur un continent devenu central pour les minerais critiques les terres rares et les routes commerciales.





Le retrait français crée ainsi un vide rapidement occupé par des puissances plus offensives et moins liées au passé colonial. Turquie, Iran, Russie, Chine sont déjà présents prêts à pillier nos ex partenaires.


Mais cette volonté de rupture reste largement théorique ; Les liens humains, migratoires, linguistiques et économiques entre la France et l’Afrique francophone demeurent bien heureusement profonds et structurels.




Des millions de familles vivent entre les deux rives, tandis que la langue française reste un outil d’influence majeur.
Paris découvre qu’il est plus facile de dénoncer la Françe-Afrique que de redéfinir une relation équilibrée avec ses anciens partenaires.

Faute de vision claire, la France perd à la fois son influence historique, ses marchés économiques et son rôle diplomatique sur un continent en pleine transformation.







Le Dôme d'Or de Trump JBCH N° 2605 - 1055

 


Géopolitique · États-Unis . JBCH 

Le « Dôme d'Or » de Trump : le bouclier à 1 200 milliards

Washington veut couvrir l'Amérique d'un filet de satellites intercepteurs. Entre ambition stratégique et gouffre financier, le projet le plus coûteux de l'histoire militaire américaine.


Mai 2026·Défense & géopolitique·11 min de lecture

Il avait promis un bouclier. Il a signé le décret dès sa première semaine à la Maison-Blanche, en janvier 2025. Le « Dôme d'Or » — Golden Dome for America — est officiellement né, avec une promesse présidentielle aussi précise que péremptoire : le système serait « pleinement opérationnel avant la fin de son mandat », soit janvier 2029. Trois ans pour construire ce que l'humanité n'a jamais réussi à faire.

Le Congressional Budget Office a depuis rendu son verdict : 1 200 milliards de dollars. Soit sept fois l'estimation initiale de Trump, fixée à 175 milliards. L'American Enterprise Institute va encore plus loin, évaluant le coût total sur quarante ans à 3 600 milliards. Pour mettre ces chiffres en perspective : c'est davantage que le PIB annuel de la France.

Coût estimé (CBO, 2026)
1 200 Md$
Contre 175 Md$ annoncés par Trump en 2025
Satellites nécessaires
1 000+
En orbite basse, à renouveler tous les 3 à 5 ans
Budget voté (FY2026)
25 Md$
Premiers crédits approuvés par le Congrès américain
Comment ça marche

L'idée est séduisante dans sa simplicité : placer dans l'espace une constellation de milliers de satellites équipés de capteurs infrarouges et d'intercepteurs cinétiques capables de détruire un missile balistique dès les premières minutes de son vol — avant qu'il n'ait eu le temps de larguer ses ogives ou de déployer ses leurres. Trois couches défensives s'articulent ensuite : une interception orbitale, un filet de radars sol au niveau exo-atmosphérique, et enfin les systèmes THAAD et Patriot pour les menaces qui auraient traversé les deux premiers niveaux.

Ce qui distingue le Dôme d'Or de tout ce qui a précédé, c'est une intelligence artificielle centrale chargée de coordonner l'ensemble en temps quasi réel — du capteur à l'intercepteur en quelques secondes. En avril 2026, le premier composant opérationnel, le système de surveillance ALPS, a été déployé à Fort Story, en Virginie.

« La distance n'est plus une défense suffisante pour le territoire américain. »

— Johnathon Caldwell, vice-président de Lockheed Martin, division défense stratégique
Les industriels à l'assaut du contrat du siècle

Autour du programme gravitent les mastodontes de l'industrie de défense américaine, auxquels s'est joint un acteur inattendu.

SpaceX · Starshield
Pressentie pour un contrat de 2 Md$ pour 600 satellites de ciblage — malgré les démentis initiaux d'Elon Musk
Lockheed Martin · Northrop Grumman
Tests au sol d'intercepteurs spatiaux en cours depuis juillet 2025 ; fabrication avancée
Anduril Industries · True Anomaly
Contrats secrets attribués en novembre 2025 ; True Anomaly soutenue par des fonds liés à JD Vance
L3Harris · Aerojet Rocketdyne
100 M$ investis dans une nouvelle usine à Palm Bay, Floride, dédiée aux satellites de détection hypersonique
Le débat stratégique

Le programme ne fait pas l'unanimité, loin de là. Ses partisans y voient la réponse rationnelle à l'arsenal russe de missiles hypersoniques et à la montée en puissance nucléaire chinoise. Ses détracteurs pointent un paradoxe central : un satellite transportant des intercepteurs défensifs est radariquement indiscernable d'un satellite portant des armes offensives. Cette ambiguïté contraindrait Moscou et Pékin à traiter l'ensemble de la constellation comme une menace de première frappe — accélérant, paradoxalement, la course aux armements qu'elle prétend décourager.

Arguments pour
Menace hypersonique russe et chinoise réelle et croissante
Technologies de miniaturisation radicalement améliorées depuis les années 80
Coûts de lancement en chute libre grâce au secteur commercial
Premier composant ALPS déjà opérationnel (avr. 2026)
Arguments contre
Coût réel 7× supérieur aux estimations présidentielles
Chaque satellite LEO à remplacer tous les 3–5 ans
Russie et Chine disposent de capacités antisatellites (ASAT)
Ambiguïté offensive/défensive déstabilisatrice

L'histoire des boucliers antimissiles américains n'invite pas à l'optimisme : la SDI de Reagan fut abandonnée, et le programme GMD aura coûté plus de 67 milliards de dollars pour des résultats jugés peu fiables par l'American Physical Society elle-même. Trump a cependant raison sur un point : la technologie de 2026 n'est plus celle de 1987.

Le Dôme d'Or incarne une tension aussi vieille que la guerre : la tentation de l'invulnérabilité absolue. Elle a toujours coûté plus cher que prévu, pris plus de temps qu'annoncé, et laissé ouverts les flancs qu'elle n'avait pas anticipés. L'Histoire tranchera — mais elle envoie rarement la facture avant la livraison



Rabbi Luzzatto ... Qui était-il ? JBCH N° 2605 - 1054

Le Ramhal — Génie fulgurant de la Kabbale et de l’âme juive


Dès qu'on approche de Chavouot, on pense à lui ... 

Rabbi Moché Haïm Luzzatto, connu sous l’acronyme Ramhal (1707–1746), est sans doute l’un des maîtres les plus prolifiques et les plus novateurs que le judaïsme ait connu. 



Kabbaliste et logicien, talmudiste et poète, moraliste et grammairien, théologien et dramaturge — telles sont les facettes apparemment antinomiques d’une personnalité d’une richesse exceptionnelle.  Est-il le maître de la Kabbale ? Il est considéré comme le plus grand érudit de la Kabbale après le Arizal, ayant pensé la véritable dimension ésotérique en termes rationnels.


Sa contribution fondamentale réside précisément dans cette rupture : avant lui, la Kabbale relevait d’un ésotérisme quasi inaccessible. Le Ramhal a interprété la Kabbale de manière allégorique et rationnelle, en s’appuyant sur l’enseignement lourianique et sur les sections de l’Idra Rabba et de l’Idra Zouta du Zohar, qui expliquent l’enchaînement des mondes divins depuis la volonté de l’Infini jusqu’à la réalité de la Création,  incluant le concept du Tsimtsoum, l’espace primordial permettant à l’Infini de concevoir tous les mondes jusqu’à la fin des temps.





Son œuvre maîtresse en matière de foi, le Derekh Hachem (La Voie de D.ieu), offre un exposé systématique et raisonné de la métaphysique juive : la nature de D.ieu, le but de la Création, la structure des mondes spirituels, le rôle d’Israël et le sens de l’histoire. C’est une synthèse sans précédent entre pensée rationnelle et sagesse ésotérique.


Mais c’est peut-être le Messilat Yecharim ,le Sentier de Rectitude,  qui demeure son legs le plus universel. 
Composé à Amsterdam, où il avait trouvé refuge après avoir été contraint de quitter l’Italie en raison des polémiques soulevées par ses écrits messianiques, ce traité de Moussar (morale juive) devint une pierre angulaire de l’éthique spirituelle juive.  Le Gaon de Vilna lui-même déclara que si le Ramhal avait vécu à son époque, il serait allé le trouver à pied pour recevoir de lui un enseignement de Moussar.





Le Ramhal développa également une méthode exclusive d’étude de la Kabbale accessible aux jeunes étudiants, et sa grande influence fut reconnue par tous les grands kabbalistes qui lui succédèrent.   

Dès l’âge de seize ans, il écrivait des milliers de pages sur des sujets rabbiniques, l’éthique, le théâtre, la poésie et surtout la Kabbale.


Le penseur et kabbaliste italien Moshe Chaim Luzzatto voyait Chavouot comme le moment où la révélation divine du Sinaï renouvelle chaque année le lien spirituel entre l’homme et Dieu.


Dans ses écrits, notamment influencés par la Kabbale, il explique que l’étude de la Torah pendant Chavouot permet une élévation intérieure et une réparation spirituelle du monde.
Pour Luzzatto, recevoir la Torah n’est pas seulement un événement historique, mais une expérience vivante que chaque génération doit revivre intérieurement.






Le 26 Iyar 1746, il disparaissait à Acco, frappé avec sa femme et son fils par une épidémie, à l’âge de trente-neuf ans seulement.  Il fut enterré à Tibériade, aux côtés de Rabbi Akiva. À l’annonce de sa mort, les rabbins de Tibériade proclamèrent : « Heureux votre sort, dans ce monde et dans le monde à venir, mais le nôtre est le malheur, car la couronne s’est éloignée de nos têtes. »

En une vie à peine quarante ans, le Ramhal avait accompli ce que peu de sages réalisent en un siècle : rendre la lumière cachée accessible à l’intelligence humaine.​​​​​​​​​​​​​​​​



mardi 12 mai 2026

Le Lobbing Russe en Israël. JBCH N° 2605 - 1053

La communauté russo-israélienne : un million d’otages géopolitiques


La communauté russe d’Israël est la plus grande communauté immigrée du pays avec plus d’un million d’individus, extrêmement structurée, maintenant sa spécificité à travers associations, presse et télévision en russe, une intégration sans acculturation, selon le politologue Alain Dieckhoff. 






Libermann et les politiciens d’origine russe ont certes un certain impact sur l’agenda sécuritaire et de politique étrangère, mais leur influence reste limitée. Ils réussissent mieux à faire avancer des politiques intérieures liées à leur communauté qu’à imposer la Russie comme priorité diplomatique israélienne.  


La politique étrangère d’Israël reste fondamentalement dictée par Netanyahu sous influence américaine. et ce ne sont pas les récents propos antisémites de Lavrov qui arrangeront les relations communes.





La contradiction que vous pointez est réelle et profonde. Moscou n’a pas clairement condamné les attaques terroristes du 7 octobre 2023, continue d’entretenir des liens avec des organisations hostiles à Israël comme le Hezbollah et les Houthis, et des responsables russes tiennent parfois des propos antisémites. Pourtant, cela n’a pas fondamentalement modifié le calcul israélien. 


Pourquoi ? Israël a systématiquement maintenu une politique d’ambiguïté stratégique vis-à-vis de la Russie, arguant que sa position mesurée tenait à des considérations sécuritaires pratiques 






Sur l’Ukraine, votre point est juste et douloureux : Israël a refusé de livrer des systèmes anti-drones à Kiev, précisément pour ne pas froisser Moscou. 


Un choix stratégique compréhensible à court terme, mais moralement ambigu,  et potentiellement coûteux à long terme, car la Russie a démontré sa capacité à compartimenter ses relations, maintenant des liens avec Israël tout en approfondissant sa coopération  en fournissant des armes air sol et des munitions via la Mer Caspienne à l'Iran et à aider ses proxies, acteurs fondamentalement hostiles aux intérêts israéliens. 



Israël ne sait pas pour le moment arrêter les attaques de drônes explosifs venus du Sud Liban et manipulés par les terroristes du Hezbollah. Kiev a proposé son aide, Israël reste muet, il ne faut pas vexer la communauté russophone qui suit la propagande russe qui rappelle sans cesse les tueries des milices ukrainiennes d'il y a 80 ans. 


Il y a encore 500 000 juifs qui vivent en Russie



L’antisémitisme russe structurel en  est le paradoxe central : Poutine a su instrumentaliser sa sympathie pour les juifs, et ses relations avec Netanyahou pour maintenir ce pont fragile, mais l’État russe reste culturellement et historiquement antisémite. 


Le million de Russo-Israéliens sont donc à la fois un atout diplomatique et une vulnérabilité — une communauté trop puissante pour être ignorée, mais pas assez pour infléchir réellement la Russie vers des positions favorables à Israël.​​​​​​​​​​​​​​​​






L'Homme qui tient Macron par le bout du nez ... JBCH N° 2605 - 1052

L’empire Saadé est effectivement devenu l’un des phénomènes de concentration économique et médiatique les plus frappants de la France contemporaine.





Sur le plan économique, CMA CGM, troisième armateur mondial avec 650 bateaux, 160 000 salariés et une cinquième fortune de France, est gouverné par Rodolphe Saadé depuis Marseille.





 PDG et actionnaire à 73 % avec son frère et sa sœur, à la tête d’un groupe entièrement non coté.  La Covid a été le véritable accélérateur : le groupe a multiplié par sept sa fortune en enregistrant des bénéfices historiques, atteignant 23,5 milliards d’euros en 2022. 






Sur le plan médiatique, la filiale CMA Media, créée en 2021, possède BFMTV, RMC, RTL, La Tribune, La Provence, Corse Matin, et a officiellement racheté le média Brut en septembre 2025. Il essaye aujourd'hui de mettre la main sur le Groupe M6. 


Sur le plan logistique et industriel, l’empire s’est étendu avec l’acquisition de Bolloré Logistics en 2024, donnant accès à 59 terminaux portuaires dans le monde, notamment en Afrique.  


Lors de sa viste à Beyrouth après l'explosion du port, Macron a négocié avec le Hezbollah pour que le port soit géré par Saadé, les containers de la CMA CGM  ont pu servir a transporter dans le monde, les marchandises des terroristes... 





Et en novembre 2025, Carrefour a officialisé l’entrée de Saadé à son capital — environ 4 %, faisant de lui le deuxième actionnaire du distributeur, avec un siège au conseil d’administration. 


La dimension fiscale est aussi notable : malgré plus de 45 milliards d’euros de profits cumulés entre 2020 et 2024, le groupe bénéficie du régime de la taxe au tonnage, qui lui permet de payer des impôts dérisoires, et d’un dispositif d’optimisation fiscale sur les dividendes remontés à sa holding familiale Merit France SAS. 



Quant à la proximité avec Macron, elle est bien réelle : elle est illustrée notamment par la présence du président lors de l’inauguration du centre Tangram de CMA CGM à Marseille,  et une enquête de Libération a scruté ses liens dans l’appareil d’État et sa proximité avec Emmanuel Macron. 





En cinq ans, Saadé a investi tous les secteurs clés : mer, terre, ciel, données, médias — un empire économique sans équivalent qui s’est constitué sans qu’aucune autorité publique n’active de garde-fous.  

Macron a facilité cette ascension et est au cœur des critiques actuelles sur la porosité entre grand capital et pouvoir d’État en France.​​​​​​​​​​​​​​​​ 

L'actuel Président ne peut pas être inculpé pendant son mandat, mais comme pour Sarkozy, son heure viendra.




La Judée Samarie une terre Juive depuis 3000 ans ... JBCH N° 2605 - 1051

 L’UE s’en prend à la Judée-Samarie — Une capitulation morale à Bruxelles

Ce lundi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept ont franchi un pas symbolique — et inquiétant — contre Israël. Réunis en conseil, ils sont parvenus à un accord politique pour imposer de nouvelles sanctions contre des résidents juifs de Judée-Samarie, qualifiés de “colons violents”.  

Comme si on pouvait être des colons sur sa terre ancestrale !




Ce vote n’aurait pas été possible sans un changement de régime à Budapest : l’éviction du Premier ministre Viktor Orbán, qui servait depuis des années de rempart pour Israël grâce à son droit de veto, a ouvert la voie à cette décision. 



La France de Macron s’est montrée particulièrement agressive dans ce dossier. Le chef de la diplomatie française avait annoncé vouloir des sanctions “dans les prochains jours”, plaidant depuis un an pour des mesures contre ceux qu’il désigne comme responsables de “meurtres d’arabes ” en Judée Samarie .  




Derrière ce langage pseudo-humanitaire se dissimule une politique d’étranglement progressif d’Israël : Paris pousse également la Commission à examiner l’interdiction des importations issues des implantations, et même une suspension partielle de l’accord d’association liant l’UE à Israël  — ce traité fondamental qui encadre les relations commerciales, politiques et culturelles entre les deux parties.


Notons cependant que les mesures les plus larges — restrictions générales sur les implantations — ont été bloquées à ce stade, principalement grâce à l’opposition de l’Allemagne.  Berlin, au moins, a su résister à l’emballement.





Face à cette avalanche, Israël a répondu avec dignité. Le gouvernement israélien a dénoncé une décision “moralement déformée”, réaffirmant le droit des Juifs à vivre en Judée-Samarie.

 Et il a raison. La Judée et la Samarie ne sont pas des “territoires occupés” au sens colonial du terme — ce sont les terres du peuple juif depuis trois mille ans, berceau de la Bible, de Hébron à Jéricho, de Bethléem à Silo. 

Aucun vote à Bruxelles n’effacera cette réalité historique et spirituelle.





Une Europe à géométrie variable
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est le deux poids deux mesures scandaleux. 

L’Espagne, la Slovénie et l’Irlande — les plus virulents dans leur hostilité à Israël — n’ont jamais convoqué pareille énergie pour sanctionner la Turquie en Chypre occupée depuis 1974, ni le Maroc au Sahara Occidental, ni aucun régime arabe emprisonnant et torturant ses propres citoyens. 

Leur acharnement contre la seule démocratie du Proche-Orient, qui tient des élections libres, dispose d’une Cour suprême indépendante et protège les droits des minorités — arabes, chrétiens, druzes —, révèle non pas une préoccupation pour les droits humains, mais une obsession idéologique teintée d’un antisionisme qui n’ose pas toujours dire son vrai nom : l’Antisemitisme!


L’Union européenne, jadis porteuse d’un idéal de paix et de démocratie, choisit de sanctionner son seul allié démocratique au Moyen-Orient plutôt que de soutenir sa survie. C’est une faute historique — et morale.​​​​​​​​​​​​​​​​



lundi 11 mai 2026

Le lent naufrage de l'Egypte. JBCH N° 2605 - 1050

L’Egypte traverse aujourd’hui l’une des crises économiques et sociales les plus graves de son histoire contemporaine. Derrière les grands projets du président Abdel Fattah el-Sisi , nouvelle capitale administrative, infrastructures géantes, expansion militaire , se cache une économie sous assistance permanente, maintenue à flot grâce aux injections financières du Fonds Monétaire International, des monarchies du Golfe et de l’Union Européenne





Avec plus de 110 millions d’habitants, une démographie explosive et une monnaie affaiblie par plusieurs dévaluations successives, le pays fait face à une inflation massive qui touche d’abord les produits alimentaires. Le prix du pain, du sucre, de l’huile ou de la viande pèse lourdement sur une population dont une large partie vit déjà dans une grande précarité. Les services publics — santé, hôpitaux, écoles — souffrent d’un manque chronique d’investissements réels malgré les annonces officielles.





L’Europe redoute un effondrement économique égyptien qui provoquerait une vague migratoire gigantesque vers la Méditerranée. C’est l’une des raisons pour lesquelles Bruxelles multiplie les aides financières et les accords stratégiques avec Le Caire. Le FMI, de son côté, impose régulièrement des réformes sévères : réduction des subventions, privatisations et austérité budgétaire, mesures qui aggravent souvent le mécontentement populaire à court terme.




Sur le plan énergétique, l’Égypte, autrefois présentée comme future puissance gazière régionale grâce au gisement de Zohr, doit désormais composer avec une forte consommation intérieure et des difficultés de production. 



Le pays importe du gaz en provenance d’Israel, notamment des champs offshore de Leviathan et Tamar, afin d’alimenter son marché domestique et ses installations de liquéfaction. Cette dépendance énergétique partielle illustre les fragilités économiques du régime malgré son discours nationaliste.




Politiquement, le régime de Sissi repose sur un contrôle sécuritaire extrêmement dur. Arrestations massives, surveillance, limitation de la presse et neutralisation de l’opposition caractérisent la vie politique égyptienne depuis la chute de Mohamed Morsi et la répression des Muslim Brotherhood



Pourtant, malgré cette répression, les Frères musulmans conservent des réseaux clandestins et une influence sociale dans certaines couches de la population.




À cela s’ajoute la menace sécuritaire persistante dans le Sinai Peninsula. Depuis des années, des groupes djihadistes liés à Islamic State y mènent une guérilla contre les forces de sécurité égyptiennes. Attentats, trafics d’armes et réseaux de contrebande continuent d’alimenter l’instabilité dans cette région stratégique proche de Gaza et d’Israël.




Enfin, la corruption reste l’un des grands maux structurels du pays. Une partie importante de l’économie est contrôlée directement ou indirectement par l’armée égyptienne, qui intervient dans des secteurs allant de la construction à l’agroalimentaire. Ce système verrouillé décourage de nombreux investisseurs privés et alimente les inégalités.










L’Égypte demeure ainsi un acteur incontournable du Moyen-Orient, trop stratégique pour être laissé à l’effondrement par ses partenaires occidentaux et arabes. Mais derrière la stabilité apparente du régime, les tensions économiques, sociales et politiques continuent de s’accumuler dangereusement.