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jeudi 17 septembre 2026

La paracha de la semaine : Haazinou. JBCH N° 2609 - 180

Paracha de la semaine — Haazinou




Haazinou : le chant qui savait déjà tout

Moïse, avant de mourir, ne laisse pas un testament mais un chant   un chant conçu, dit la tradition, pour survivre à toutes les trahisons et témoigner contre nous à chaque génération. 

Cette semaine, à la veille de Kippour, ce texte vieux de trois mille trois cents ans lit notre actualité avec une précision qui devrait nous glacer.



Haazinou occupe une place à part dans la Torah. Ce n'est pas une loi, ni un récit : c'est un poème, une « chira », que Moïse est sommé d'enseigner au peuple avant sa mort, non pour l'édifier mais pour l'accuser d'avance. 

Dieu le lui annonce sans détour en Devarim 31 : quand le peuple aura prospéré, il se détournera, rompra l'alliance — et ce chant, appris par cœur, témoignera contre lui « comme un témoin », de génération en génération. 

On n'écrit pas un chant pour qu'il console. On l'écrit, ici, pour qu'il accuse à l'avance et qu'il ne puisse jamais être pris en défaut.

Le texte s'ouvre par une convocation cosmique :

הַאֲזִינוּ הַשָּׁמַיִם וַאֲדַבֵּרָה, וְתִשְׁמַע הָאָרֶץ אִמְרֵי־פִיPrête l'oreille, ô cieux, je vais parler ; que la terre entende les paroles de ma bouche.Devarim 32:1


Les commentateurs classiques s'arrêtent tous sur ce détail : pourquoi deux témoins, le ciel et la terre ? Rachi répond que Moïse, mortel, ne pouvait convoquer que des témoins éternels   ceux qui verraient l'accomplissement de la prophétie bien après sa propre disparition. 

Le Midrach va plus loin : le ciel et la terre sont pris à témoin parce qu'eux seuls, contrairement aux hommes, ne peuvent être ni achetés ni intimidés. 

C'est déjà, trois mille ans avant l'expression, une défiance radicale envers toute justice humaine trop proche du pouvoir.


Une histoire écrite avant qu'elle n'arrive

Sur le plan historique, Haazinou est unique en cela qu'il ne raconte pas le passé d'Israël mais son avenir — un avenir qui, pour nous qui le lisons aujourd'hui, est déjà largement du passé. 

Nahmanide (le Ramban), dans son commentaire, affirme sans détour que ce chant contient « toute l'histoire à venir du peuple, jusqu'à la fin des temps » : l'installation en Terre promise, la prospérité qui engendre l'oubli, l'idolâtrie, la dispersion parmi les nations, puis, au terme du texte, la vengeance divine sur les ennemis d'Israël et la restauration finale. 

Un cycle complet, en quarante-trois versets, que l'histoire juive n'a fait, depuis, que rejouer à intervalles réguliers.

זְכֹר יְמוֹת עוֹלָם, בִּינוּ שְׁנוֹת דֹּר־וָדֹרSouviens-toi des jours d'autrefois, médite les années de génération en génération.Devarim 32:7

C'est l'un des versets fondateurs de toute la conscience historique juive : la mémoire n'est pas un supplément d'âme, c'est une obligation légale, gravée au cœur même du chant censé nous accuser. 

Un peuple qui oublie ne pourra pas dire, le jour du désastre, qu'il n'avait pas été prévenu.

Lecture philosophique : la justice sans excuse

Le cœur théologique de Haazinou tient en un mot répété comme un refrain : Tsour, le Rocher. 

Contrairement à l'image romantique d'un Dieu de miséricorde inconditionnelle, le Dieu de ce chant est d'abord un Dieu de droit strict :

הַצּוּר תָּמִים פָּעֳלוֹ, כִּי כָל־דְּרָכָיו מִשְׁפָּטIl est le Rocher, son œuvre est parfaite, car toutes ses voies sont justice.Devarim 32:4

Le message philosophique est d'une dureté rare : le malheur d'Israël n'est jamais arbitraire, jamais gratuit, jamais imputable à un Dieu capricieux ou absent. Il est chaque fois la conséquence directe d'un choix. 

« N'est-ce pas là ce que tu rends au Seigneur, peuple insensé et dépourvu de sagesse ? » (32:6)   la question rhétorique est presque insultante de précision. 

Il n'y a pas de fatalité dans Haazinou, il n'y a que de la responsabilité, individuelle et collective, retardée mais jamais annulée.




Ce que dit le texte

Haazinou refuse deux confusions modernes : celle qui fait du malheur un pur hasard, et celle qui en fait une punition qu'on pourrait négocier par la seule prière. 


Entre les deux, le texte impose la téchouva : le retour, l'examen, le changement réel — ce qui explique que cette paracha tombe toujours, comme cette année, le Chabbat qui précède Kippour, et que ce Chabbat porte le nom de « Chabbat Chouva », le Chabbat du Retour, d'après le premier mot de la haftara de Hoshéa (« Chouva Israël »), écho volontaire du dernier mot du chant de Moïse.

Lecture kabbalistique : le chant comme structure du réel

La tradition kabbalistique va plus loin encore que Nahmanide : pour le Zohar, Haazinou n'est pas seulement prophétique dans son contenu, il est prophétique dans sa forme même. Le texte est écrit, dans le rouleau de la Torah, en deux colonnes parallèles,  une disposition graphique unique dans tout le Pentateuque, imitant les deux colonnes d'une brique posée en quinconce. 

Les commentateurs kabbalistiques y voient l'image de deux forces qui se répondent sans jamais se confondre : la colonne de rigueur (Din) et la colonne de miséricorde ('Hessed), le ciel et la terre du premier verset traduits, dans le Zohar, en les séfirot Tiféret et Malkhout, le principe masculin et le principe féminin de la divinité, convoqués ensemble pour juger.

Cette lecture donne tout son sens à un verset autrement dérangeant :

אֲנִי אָמִית וַאֲחַיֶּה, מָחַצְתִּי וַאֲנִי אֶרְפָּאC'est moi qui fais mourir et qui fais vivre, qui blesse et qui guéris, et nul ne peut délivrer de ma main.Devarim 32:39

Pour le Zohar, ce verset n'est pas un aveu de cruauté divine mais la description d'un seul et même mouvement : la blessure et la guérison procèdent de la même source, parce que Malkhout   la présence divine en exil parmi les nations, image même du peuple juif dispersé   ne peut être restaurée qu'après être descendue au plus bas. 

C'est la matrice kabbalistique de toute l'histoire juive : aucune catastrophe n'est terminée tant que la source elle-même n'a pas dit son dernier mot, et le même chant qui annonce l'effondrement annonce, dans ses derniers versets, le relèvement.

Ce que Haazinou raconte de 5787

Il serait malhonnête de lire ce texte cette semaine sans le confronter à ce qu'il décrit avec une précision presque insoutenable : des nations qui provoquent par des « non-dieux », des idoles de fabrication récente (« ils l'ont irrité par des vanités », 32:21)   on pense, sans forcer le texte, à l'appareil idéologique iranien et à ses supplétifs, Hezbollah, Houthis, qui n'ont rien à offrir au monde sinon la destruction qu'ils promettent à l'« entité sioniste ». 

Le texte décrit aussi, verset après verset, l'orgueil de l'ennemi qui se croit vainqueur alors qu'il n'est que l'instrument d'un jugement qui le dépasse et sa chute, promise, quand « leur Rocher les aura vendus » (32:30).

Mais le verset qui devrait le plus nous arrêter, cette année, est un autre :

וַאֲנִי אַסְתִּיר פָּנַי מֵהֶם, אֶרְאֶה מָה אַחֲרִיתָםJe leur cacherai ma face, je verrai quelle sera leur fin.Devarim 32:20

Le « hester panim », l'occultation de la face divine, est la notion théologique qui a le plus servi, depuis deux ans, à penser l'impensable du 7 octobre : non pas l'absence de Dieu, mais son silence délibéré, laissant les hommes face à leurs propres avertissements ignorés. 

Le 15 septembre dernier, l'un des principaux centres de recherche stratégique israéliens a jugé nécessaire de publier une mise en garde que la presse israélienne elle-même a qualifiée de comparable, par sa gravité, à celles restées lettre morte avant le 7 octobre. 

Deux ans après le début de la guerre contre l'Iran, l'état d'urgence reconnu par la Knesset vient d'être reconduit, des zones du Sud-Liban restent sous contrôle militaire israélien malgré un cessez-le-feu que le Hezbollah lui-même n'a accepté qu'à moitié, et des tirs de drones iraniens continuent de viser les bases américaines de la région. Le ciel et la terre, convoqués comme témoins en ouverture du chant, n'ont pas cessé d'écouter.

Résonance 5787

Haazinou ne promet pas que l'histoire s'arrête au malheur. Il promet, dans son verset final, que les nations elles-mêmes finiront par « se réjouir avec son peuple » (32:43) : une paix qui vient après le jugement, jamais à sa place. 


Entre le 19 septembre et Kippour, le texte pose une seule vraie question, intacte depuis trois mille trois cents ans : avons-nous, cette année encore, attendu d'être avertis par le désastre, ou avons-nous su, à temps, prêter l'oreille ?

©  JBCH Réflexions.                 Septembre 2026




Sources factuelles : Hebcal — Ha'azinu 5787 (19 septembre 2026) ; The Jerusalem Post — reconduction de l'état d'urgence ; Haaretz, 15 septembre 2026 — mise en garde d'un think tank israélien ; Axios — cessez-le-feu Israël-Liban, rejet partiel du Hezbollah ; Wikipedia — occupation israélienne du Sud-Liban (2026) ; Times of Israel — frappes de drones iraniens, 1er septembre 2026.

mercredi 16 septembre 2026

Mauvaise impression de JD Vance JBCH N° 2026 - 179

Chronique — Diplomatie américaine





Il faut se méfier de Vance !

Vice-président sans véritable expérience diplomatique avant 2025, JD Vance théorise à Los Angeles une doctrine du désengagement qui doit autant à l'inculture stratégique qu'au calcul électoral. 

Son passage par le Pakistan, où les pourparlers qu'il pilotait avec Téhéran se sont achevés sans le moindre accord, en avait déjà donné la mesure : un isolationniste qui négocie mal négocie mal partout, y compris quand il s'agit d'Israël.



La phrase est tombée comme un pavé dans la mare pro-israélienne de Washington. Invité mardi de l'All-In Summit à Los Angeles, le vice-président JD Vance a prévenu que les États-Unis ne pouvaient pas laisser leur politique au Moyen-Orient devenir « subservient to the State of Israel »   inféodée à l'État d'Israël.

Interrogé par l'animateur Jason Calacanis sur l'influence supposée du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur la Maison Blanche, Vance a déroulé une doctrine d'une froide clarté.

« Nous avons beaucoup de relations importantes, beaucoup de partenariats importants au sein de l'OTAN, mais cela ne signifie pas que nous allons rendre notre politique étrangère européenne complètement inféodée à l'OTAN, de la même manière que nous ne pouvons pas laisser notre politique étrangère au Moyen-Orient être inféodée à l'État d'Israël. »


La formule n'est pas anodine. Elle intervient alors même que l'administration prépare une vente d'armes de 2,8 milliards de dollars à Israël, preuve que le partenariat reste « solide » selon ses propres mots. 

Vance a d'ailleurs pris soin de rappeler qu'Israël reste « un partenaire important en matière de technologie militaire et de partage de renseignements ».

Mais le message est double.

1. Une réponse à sa base

Depuis juillet, Vance multiplie les signaux que l'opinion américaine est en train de basculer. Il avait déjà estimé qu'Israël était en train de « perdre la bataille de l'opinion publique » aux États-Unis. 

Face à une droite populiste de plus en plus isolationniste, qui voit dans le soutien inconditionnel à Jérusalem un héritage néo-conservateur, Vance se positionne comme le tenant d'une « rational foreign policy »   une politique étrangère rationnelle fondée sur les seuls intérêts américains.


2. Une normalisation de la divergence

« Nous allons travailler avec les gens quand nous travaillons avec eux, nous allons être en désaccord quand nous sommes en désaccord. » La phrase, déjà entendue en juin à propos de l'Iran, devient une doctrine. 

Pour Vance, Netanyahu fait ce qu'il doit faire pour Israël ; Trump et lui doivent faire ce qu'ils doivent faire pour l'Amérique. Ce n'est pas une rupture, c'est une mise à distance transactionnelle.




Faut-il s'en méfier ?

Oui, si l'on est à Jérusalem.

Car derrière la rhétorique de l'alliance, Vance, favori pour 2028, installe l'idée qu'être pro-américain ne signifie plus être automatiquement pro-israélien. 

Il légitime publiquement le désaccord ouvert, comme il l'a fait en critiquant un vote symbolique de la Knesset sur l'annexion de la Judée Samarie , qualifié d'« insulte ».

Non, si l'on est à Washington.

La déclaration est moins anti-israélienne qu'ultra-souverainiste. 

C'est la même logique appliquée à l'OTAN. L'Amérique d'abord ne veut plus de vassalité, même envers ses amis.

Le vrai signal n'est pas la défiance envers Israël. C'est la fin de l'alignement automatique.



Le constat

Il faut se méfier de Vance — non pas parce qu'il « lâcherait » Israël, mais parce qu'il incarne un isolationnisme sans culture stratégique, drapé dans le vocabulaire rassurant du réalisme. 

Un vice-président qui découvre le Moyen-Orient en cours de mandat et théorise, sur un plateau de podcast, le désengagement américain comme une évidence de bon sens.

Son passage par le Pakistan en avait déjà montré les limites : parti négocier avec l'Iran sur le nucléaire, il en est revenu sans accord, Téhéran ayant simplement refusé d'y souscrire  une négociation qui s'est soldée par rien, sinon la preuve qu'on ne fait pas plier un régime par la seule force de la conviction. 


Traiter avec légèreté des dossiers aussi lourds que l'Iran ou le Pakistan, puis vouloir imposer la même « rationalité » cavalière au dossier israélien, ce n'est pas de la doctrine : c'est de l'improvisation habillée en stratégie.




© JBCH Réflexions                 Septembre 2026

Les poubelles de Mélenchon l'Antisémite notoire. JBCH N° 2609 - 178

Chronique — Antisémitisme & national-populisme


JBCH N° 178




Les nouvelles dérives antisémites, islamistes et fascisantes de Mélenchon


Il es riche et prétentieux .. son but c'est de "guillotiner" tous les responsables républicains en s'appuyant sur une nouvelle population immigrée et islamiste ... 

Et quoi de plus facile que d'accuser les juifs de tous les maux ... ça fédère à coup sûr !! 
Je hais cet homme et son parti composé d'incultes et de voyoux.

L'antisémitisme obsessionnel conduit Jean-Luc Mélenchon à rendre Israël responsable de la hausse des prix pétroliers,  Ce n'est ni un dérapage isolé, ni une maladresse : c'est une méthode, une alliance et, à force de récidive, un système.

 « En rendant Israël responsable, on s'offre de beaux applaudissements : il faut bien un coupable quand les Français souffrent du prix des carburants. Le coupable habituel, bien sûr : Israël, les juifs. »

 



Une rhétorique qui n'a plus rien d'accidentel

On voudrait croire à la maladresse, au dérapage isolé, à la formule malheureuse arrachée par la fatigue d'un meeting. Mais la répétition fait système. 

Depuis des années, Mélenchon construit un logiciel où chaque crise mondiale,  pétrole, inflation, insécurité, terrorisme   retrouve, par un chemin toujours plus court, le même point de chute : Israël, et, immanquablement, ceux qu'on suspecte de lui être fidèles. 

Sa formule de 2023, désignant « les Français juifs, en général » comme sujets d'une suspicion qu'il feignait de déplorer tout en la formulant lui-même, n'était pas un lapsus. 

C'était un aveu de méthode : désigner une communauté comme la caisse de résonance d'un État étranger, c'est la définition même du procédé antisémite classique, celui de la double allégeance.





Ce logiciel s'accompagne d'une seconde dérive, moins commentée mais tout aussi documentée : l'alliance électorale et militante avec les réseaux islamistes de France. 

La marche de novembre 2019 « contre l'islamophobie », où Mélenchon défila aux côtés de figures liées à des organisations que l'État a fini par dissoudre pour leur complaisance avec l'extrémisme religieux, n'est pas un accident de parcours isolé. 

Elle s'inscrit dans une stratégie assumée de conquête électorale des quartiers populaires par le clientélisme communautaire, où l'antisionisme sert de langue commune et de caution morale. 

On ne bâtit pas une union avec des prédicateurs et des cadres du frérisme par étourderie ; on le fait par calcul.

Et il y a enfin le troisième trait, le plus ancien, le plus français : le culte du chef, l'intolérance à la contradiction interne, la purge des dissidents de la Nupes ou de LFI dès qu'ils s'écartent de la ligne, le vocabulaire martial du « dégagisme » et de l'ennemi intérieur. 

Ce style de commandement personnel, cette diabolisation systématique de l'adversaire transformé en traître, ce mépris affiché pour les corps intermédiaires et la presse qui résiste  tout cela porte un nom que la tradition politique française connaît bien depuis un siècle, celui des ligues et des tribuns qui confondaient le parti et la nation : 

le fascisme n'a jamais eu besoin d'un uniforme brun pour prospérer, il lui suffit d'un chef, d'un bouc émissaire et d'une foule chauffée à blanc.



Le constat

Pris séparément, chacun de ces traits pourrait être discuté, nuancé, excusé. Pris ensemble, additionnés meeting après meeting, alliance après alliance, ils dessinent la figure d'un tribun qui a fait du ressentiment antisémite, de la complaisance islamiste et du culte fascisant du chef les trois piliers d'une même stratégie de pouvoir.

Ce n'est plus une gaffe qu'on relève : c'est un système qu'on nomme. Mélenchon n'est pas simplement « ambigu » sur l'antisémitisme, ni « maladroit » avec les islamistes, ni « excessif » dans son culte de la personnalité. Il est, par la répétition et l'accumulation des faits, tout cela à la fois : fasciste dans la forme, islamiste par alliance, antisémite par obsession.

Le  Juif, le vrai coupable, une fois de plus,Il le clame !

Pendant que Mélenchon désigne Israël,  et par ricochet, les juifs 

© JBCH Septembre 2026


 

Dynastie fasciste .. Méfiez vous ! JBCH N° 2609 - 177

La dynastie Le Pen ne connaît pas la crise


Marion Maréchal-Le Pen , le retour de la « nièce prodigue »
JBCH N° 177


N'oubliez jamais que le peuple français a élu démocratiquement le Maréchal Pétain ... Voyez le résultat  ... 
Alors ne croyez pas aux belles paroles, enjôleuses de la famille ... Moi, je ne leur donnerai pas les clés de la Maison France !

Il y a des familles qui font de la politique un métier de génération en génération. Chez les Le Pen, c'est presque une affaire de sang autant que de sigle. 

Après le père fondateur, Jean-Marie, la relève s'est organisée en cercle rapproché : Marine, benjamine devenue présidente du Front National, transformé en Rassemblement national et candidate à trois reprises à l'Élysée ; 




Marie-Caroline, l'aînée, qui n'a malgré les appuis jamais été élue,   puis le gendre, Louis Aliot, longtemps compagnon de Marine et lui-même élu. 

https://www.bfmtv.com/replay-emissions/bfm-story/story-4-marion-marine-marie-caroline-les-le-pen-unies-19-06_VN-202406190823.html


Il ne manquait plus qu'une génération : celle des petites-filles. C'est chose faite depuis belle lurette avec Marion Maréchal-Le Pen, devenue  simplement Marion Maréchal  fille de Marie-Caroline et donc nièce de Marine.

Le Canard enchaîné, dans son édition du 16 septembre, consacre à cette dernière une page savoureuse au titre bien senti : « Nièce we can ! ». 




L'article rappelle un parcours en dents de scie : élue benjamine de l'Assemblée nationale en 2012 sous les couleurs frontistes, elle s'était mise en retrait de la politique en 2017, avant de refaire surface en fondant un think tank, l'Issep, puis de rejoindre Éric Zemmour et Reconquête en 2022   une rupture nette, presque une déclaration de guerre, avec sa tante. Mais elle a vite rejoint sa tante, avec deux députés européens et surtout la caisse du parti.

Le Zemmour épisode aura duré le temps d'une élection présidentielle manquée. Reconquête affaibli, marginalisé, la « nièce » se retrouve sans parti d'ampleur  et sa tante, elle, cherche des relais pour contenir l'ascension de Jordan Bardella à la tête du RN.


Car c'est bien là tout l'enjeu que souligne Anne-Sophie Mercier dans son papier : ce retour n'a rien d'un geste sentimental. 

Marine Le Pen, en délicatesse avec les ambitions de son dauphin désigné, verrait dans le retour de sa nièce un moyen de rééquilibrer les forces au sein du mouvement, quitte à raviver une rivalité familiale qu'on croyait enterrée. 

Le vocabulaire choisi par les journalistes ne trompe pas : « regroupement familial », instrumentalisation, calcul de pouvoir plus que retrouvailles chaleureuses.




« Depuis des années, sa tante l'utilise systématiquement comme un pare-feu idéologique quand il s'agit de flatter les ailes les plus radicales du mouvement. »

Ce théâtre familial n'est pas qu'une curiosité people de la politique française. Il dit quelque chose de plus profond sur la manière dont l'extrême droite hexagonale se pense et se perpétue : moins comme un parti structuré par des idées que comme une maison, où les places se distribuent selon les liens du sang autant que selon les rapports de force internes.

 Une dynastie, avec ses trahisons, ses réconciliations de circonstance, et ses recompositions à géométrie variable au gré des échéances électorales,  municipales de mars 2026 en ligne de mire, cette fois.

Reste une question qui dépasse le folklore de la « Mare aux Canards » : cette logique dynastique, qui n'est pas propre au RN mais qui y prend une forme particulièrement théâtrale, sert-elle réellement le projet politique porté par ce courant, ou finit-elle par le réduire à une querelle de succession sans fin ? 

L'histoire, en tout cas, retiendra que chez les Le Pen, le seul principe stable est bien celui de la famille. et de l'avidité, pour se transformer une fois élue en Vampire d'une France déjà exsangue ... 

Prenez garde, la bête immonde rôde, se déguise comme le Loup dans les 3 petits cochons ! 





© JBCH Septembre 2026

mardi 15 septembre 2026

Ali Taher ... la fin du Hezbollah ... JBCH N° 2609 - 176

La chute d'Ali Taher : anatomie d'une bataille souterraine entre Israël, le Hezbollah et l'Iran




JBCH Réflexions N° 176


Un enjeu stratégique au cœur du Liban-Sud

Depuis l'été 2026, un nom revient sans cesse dans les communiqués militaires israéliens et les analyses sur le conflit au Liban-Sud : Ali Taher (ou Ali al-Taher). Cette crête qui domine Nabatieh, entre les localités de Sojod et d'Arabsalim, n'était pas une colline comme les autres. 

Sous ses flancs se cachait un réseau souterrain construit patiemment par le Hezbollah pendant près de deux décennies, avec le soutien financier et logistique de l'Iran : tunnels, dépôts d'armes, centres de commandement.

Selon l'armée israélienne, ce complexe servait de véritable nerf central à la division régionale « Badr » du Hezbollah, chargée de la zone au nord du fleuve Litani. Il aurait aussi offert une position d'observation et de tir dominant les localités israéliennes de Metula et Kiryat Shmona, ce qui en faisait, aux yeux de Tsahal, une base potentielle pour une offensive vers la Galilée.



Une position prise en étau

Dès la fin du mois de mai 2026, les forces israéliennes avaient pris pied sur le château de Beaufort, un promontoire historique qui leur offrait une vue directe sur les mouvements autour d'Ali Taher. Ce verrou stratégique allait leur permettre de préparer méthodiquement la suite des opérations.

L'offensive proprement dite n'a pas pris la forme d'un assaut frontal. Israël a d'abord misé sur le renseignement : drones, engins télécommandés et cartographie fine des entrées de tunnels et des fortifications. Puis sont venues des infiltrations progressives de commandos, par des points d'accès comme Kfar Tebnit au sud-est et Jarmag à l'est, contournant les défenses du Hezbollah plutôt que de les affronter de face.

Les premiers accrochages ont été violents. Près de Kfar Tebnit, une unité israélienne engagée dans un tunnel a affronté un groupe de combattants du Hezbollah, plusieurs d'entre eux étant tués. Une seconde incursion venue de Jarmag a débouché sur un accrochage au cours duquel deux conseillers militaires iraniens auraient été blessés puis évacués par le Hezbollah  un indice précoce de la présence directe de personnel iranien sur le site.

Ce que ces premiers combats montraient déjà, c'est que la bataille d'Ali Taher ne se jouerait pas seulement en surface, mais dans un labyrinthe souterrain où la technologie israélienne devait composer avec deux décennies de travaux de génie militaire du Hezbollah.

Dans la deuxième partie : la question la plus controversée de cette bataille — y a-t-il eu un accord secret pour laisser filer une partie des combattants encerclés ?


Évacuation discrète : accord secret ou repli tactique ?




L'aspect le plus débattu de la bataille d'Ali Taher concerne le sort d'une quarantaine d'hommes — combattants du Hezbollah et conseillers des Gardiens de la révolution iraniens — qui se trouvaient encerclés dans le complexe avant sa destruction. Plusieurs se sont manifestement échappés. La question qui divise observateurs et analystes est : comment, et avec l'accord de qui ?

L'hypothèse d'un arrangement tacite

Selon certaines sources sécuritaires, une partie des combattants, notamment les Iraniens, auraient pu quitter les lieux avant l'arrivée massive des forces israéliennes, en empruntant des galeries que Tsahal n'avait pas encore repérées. Plusieurs éléments nourrissent cette hypothèse sans toutefois la confirmer formellement :

  • Des pressions diplomatiques américaines auraient été exercées, notamment par l'ambassadeur Michel Issa, pour éviter une escalade régionale incontrôlée.
  • Tom Barrack, proche de l'administration américaine, aurait évoqué des canaux de discussion indirects entre Washington et le Hezbollah.
  • Israël aurait, en retour, réclamé la libération de 14 officiers des Gardiens de la révolution capturés ou pris au piège, en échange d'une désescalade sur le terrain.

Aucune preuve documentaire ne vient toutefois étayer ce scénario d'accord. 

Le Hezbollah comme les autorités libanaises démentent toute négociation, présentant les évacuations observées comme de simples manœuvres tactiques destinées à échapper à l'encerclement — et non comme le fruit d'un compromis politique.

La version du Hezbollah : tenir jusqu'au bout

Officiellement, le Hezbollah a juré de ne pas abandonner Ali Taher. Sur le terrain, pourtant, l'avancée israélienne et l'intensité des frappes,  roquettes et drones  ont rapidement rendu la position intenable. Le mouvement chiite affirme avoir tenté de maintenir ses combattants en place le plus longtemps possible, tout en recourant à des drones kamikazes pour détourner l'attention israélienne et ménager des couloirs d'évacuation par des issues secondaires encore hors de contrôle de Tsahal.

Cette version, moins spectaculaire qu'un accord secret entre grandes puissances, reste la plus difficile à écarter : dans un réseau de tunnels aussi ramifié, construit sur vingt ans, il est plausible qu'une partie du dispositif soit simplement restée hors de portée du renseignement israélien jusqu'au bout, sans qu'aucune tractation politique n'ait été nécessaire.

Dans la troisième et dernière partie : l'assaut final, le bilan de la bataille, et ce que cette victoire israélienne coûte réellement.



L'assaut final, le bilan, et une victoire à quel prix ?

Face à l'impossibilité de neutraliser complètement le site sans subir de lourdes pertes, Israël a fini par changer de méthode. Plutôt que de poursuivre la conquête tunnel par tunnel, l'armée a verrouillé les accès identifiés puis opté pour une destruction systématique du complexe.

Une déflagration hors norme

Le 10 septembre 2026, l'armée israélienne a fait exploser plus de deux kilomètres d'infrastructures souterraines, en utilisant environ 1 100 tonnes d'explosifs selon les informations rapportées par la presse israélienne. L'explosion a été telle que les autorités libanaises ont enregistré un séisme de magnitude 4,1 dans la région à ce moment précis. 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont présenté cette opération comme l'achèvement de la « zone de sécurité » israélienne dans le sud du Liban, affirmant avoir obtenu le contrôle opérationnel de la crête, en surface comme en sous-sol.

Selon le récit qui circule, une quinzaine de combattants — dont des ressortissants iraniens — auraient été tués dans les phases finales des combats, tandis que d'autres auraient réussi à s'échapper par des itinéraires alternatifs vers des localités voisines comme Kfar Remmane, Zahrani ou Kfas. Israël affirme également avoir récupéré le corps d'un de ses soldats tué durant les affrontements.

Des zones d'ombre qui persistent

Plusieurs questions restent ouvertes, et il convient de les traiter comme telles plutôt que comme des faits établis :

  • Y a-t-il eu un véritable accord secret ? Les indices (évacuations partielles, pressions diplomatiques américaines) alimentent la spéculation, mais aucune source officielle n'a confirmé de tractation formelle entre Israël, le Hezbollah et les États-Unis.
  • Quel a été le rôle exact de Washington ? Une médiation discrète pour éviter l'embrasement régional est plausible au vu du contexte plus large des négociations américaines sur le désarmement du Hezbollah au Liban-Sud, mais son ampleur réelle reste difficile à évaluer de l'extérieur.
  • Le réseau était-il plus vaste qu'annoncé ? Certaines informations évoquent des ramifications possibles vers la région d'Iqlim al-Touffah, ce qui expliquerait la capacité du Hezbollah à faire sortir des hommes malgré l'encerclement.

Une victoire tactique, un coût politique

Sur le plan militaire, Israël a neutralisé un hub stratégique majeur, limitant les capacités opérationnelles du Hezbollah et de ses conseillers iraniens dans cette partie du Liban. Mais la portée politique de cette victoire est plus ambiguë :

  • Le Hezbollah n'a pas capitulé : il a reculé tactiquement tout en préservant une partie de ses forces et de son réseau souterrain plus large.
  • L'Iran a perdu des hommes, mais a évité une humiliation totale grâce aux évacuations.
  • Netanyahu peut revendiquer un succès militaire clair, au risque toutefois d'alimenter une escalade future avec le Hezbollah.

La leçon la plus durable de cette bataille est peut-être la plus simple : malgré la supériorité technologique israélienne, les tunnels demeurent un atout stratégique majeur pour le Hezbollah, et les négociations indirectes   via des intermédiaires américains — pourraient bien devenir un outil récurrent pour désamorcer, sans jamais vraiment résoudre, ce conflit de basse intensité.

Une question reste en suspens : la chute d'Ali Taher était-elle le prélude à un affrontement de plus grande ampleur, ou au contraire un signal d'apaisement imposé par la pression américaine ? L'histoire de ce conflit n'a probablement pas fini de répondre à cette question.





Note pour la publication : les éléments confirmés par plusieurs sources de presse (destruction du complexe le 10 septembre 2026, usage d'environ 1 100 tonnes d'explosifs, séisme de magnitude 4,1, prise de contrôle opérationnel annoncée par Netanyahu et Katz) sont bien établis. 

Les détails relatifs à un accord secret d'évacuation, aux négociations américaines précises et aux chiffres exacts de pertes reposent en revanche sur des sources non confirmées officiellement — il est recommandé de garder ce ton prudent ("selon certaines sources", "il est rapporté que") lors de la publication.


© JBCH Septembre 2026


Virage de l'Arabie Saoudite. JBCH 2609 - 175


Arabie Saoudite, Houthis et le canal discret vers Israël

JBCH N° 175 — 15 Septembre 2026 · Arabie Saoudite / Israël / Défense

Quelques jours après avoir signé à La Mecque une belle alliance avec le Pakistan et la Turquie, l'Arabie saoudite demande de l'aide face aux Houthis. Réponse : aux abonnés absents. Alors, comme une évidence, c'est vers Israël que la demande se tourne… mais indirectement.


1. L'alliance de La Mecque : du rêve à l'épreuve

Le 7 août 2026, sous les ors feutrés d'un palais mecquois, Riyad a voulu frapper fort. Le Mecca Joint Defence Agreement est signé en grande pompe entre l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie. 

Sur le papier, l'ambition est immense : une clause d'assistance mutuelle calquée sur l'article 5 de l'OTAN. Une attaque contre l'un est une attaque contre tous.

Pour le Prince héritier Mohammed ben Salmane, c'était le couronnement d'une doctrine : l'autonomie stratégique sunnite, sans Washington, sans tuteur occidental. 

Une architecture islamique de sécurité, pilotée depuis Djeddah. Les communiqués parlaient d'« ère nouvelle », de « parapluie musulman ».

[IMAGE — SIGNATURE]
Poignée de mains sous lustres : MBS, Erdogan et Premier ministre pakistanais.
Photo officielle SPA — à replacer ici.


2. Les Houthis : le premier crash-test

Le test grandeur nature n'a pas tardé. À peine l'encre sèche, une offensive houthie d'ampleur frappe le sud-ouest saoudien. Drones Samad-3, missiles balistiques : les défenses sont saturées. Bilan officieux que l'on me rapporte : entre 13 à 73 blessés selon les sources, des installations Aramco frôlées, un aéroport régional fermé 6 heures.

Riyad active le mécanisme. Appel à Islamabad. Silence. Ou plutôt : « pas de réponse militaire immédiate ». Le Pakistan, englué dans sa crise économique et son front afghan, renvoie à une « commission d'évaluation ». 

Ankara, de son côté, propose des drones, des déclarations, mais pas d'engagement.

Le rêve de La Mecque se heurte au réel. Une alliance sans armée n'est qu'un communiqué.

« L'approche vers Jérusalem aurait été routée via le CENTCOM et incluait une demande de renseignement stratégique sur le trafic maritime et les lancements en mer Rouge, spécifiquement autour du détroit de Bab el-Mandeb. »

— Note de source, circuit discret

3. Le canal CENTCOM : de Djeddah à Jérusalem

C'est là que l'histoire devient intéressante. Le 9 mai, selon World Israel News reprenant Walla, une rencontre discrète a lieu à Djeddah. Autour de la table : MBS et l'amiral américain Brad Cooper, commandant du CENTCOM.




Officiellement : coordination sur la liberté de navigation. Officieusement : Riyad demande à Washington de servir de médiateur vers Tel-Aviv. L'objet ? Du renseignement stratégique en temps réel. Satellites, interceptions, trajectographie des drones houthis au départ de Saada et Hodeïda.

Israël, qui surveille le Bab el-Mandeb comme son propre détroit depuis le 7 octobre, possède ce que personne d'autre n'a : une couverture SAR, des moyens ELINT en mer Rouge, et une expérience opérationnelle directe contre les Houthis. Le canal est donc logique : Djeddah → CENTCOM (Bahreïn/Qatar) → Jérusalem. Indirect, déniable, efficace.

DJEDDAH↓ DemandeCENTCOM↓ MédiationJÉRUSALEM↓ Renseignement

4. Ma réflexion

Je ne suis pas surpris. Depuis des années, je note ici même que la normalisation saoudo-israélienne ne passera pas par une poignée de mains à la Maison Blanche, mais par une nécessité opérationnelle partagée. Les Houthis en sont le catalyseur parfait.

L'Arabie a voulu s'émanciper des États-Unis avec un pacte islamique. Elle découvre que la géographie ne ment pas : le seul acteur qui peut voir, entendre et frapper vite dans le sud de la mer Rouge, c'est Israël. Et qu'il faut parfois accepter l'évidence stratégique avant la politique.

On ne signe pas la paix parce qu'on s'aime. On la signe parce qu'on a le même radar.

En bref

  • Mecca Joint Defence Agreement signé le 7 août 2026 entre Riyad, Islamabad et Ankara.
  • Clause type article 5 OTAN : attaque contre l'un = riposte collective.
  • Objectif : autonomie sunnite, parapluie de sécurité sans Washington.
  • Crash-test Houthis : offensive sud-saoudien, aéroport fermé, Aramco menacé.
  • Pakistan : pas d'engagement militaire immédiat, renvoi à commission.
  • Turquie : soutien verbal + drones, pas de troupes.

Sources & citations

Walla / World Israel News« Saudi Arabia requested Israeli intelligence assistance via CENTCOM after Houthi escalation. Meeting between MBS and Adm. Brad Cooper in Jeddah. »9 mai 2026 — repris le 10/05
Azernews — contexte pacteConfirmation de la clause de défense mutuelle et de l'échec de l'activation immédiate. Renvoi à des consultations ministérielles.
Bab el-Mandeb — focusDétroit surveillé — trafic + drones • 12 % du commerce mondial. Le verrou stratégique : Israël et Riyad partagent désormais la même grille radar.

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