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mardi 10 février 2026

Israël et la Grèce ... Une belle alliance. JBCH N0 2602 - 865

Dans l'Antiquité, Athènes brillait par l'universalité de ses philosophes , alors que Jérusalem préparait ce qui devait conduire l'humanité par plus d'amour, d'équité, d'éthique.


Aujourd'hui, c est Israël qui mène la danse, de par son ingéniosité, son courage, Israël a transformé la géo politique de la région et s'oppose à l'Islam radical imposé par les islamistes conduits par un minuscule pays , très riche : le Qatar .


La Grèce apparaît aujourd’hui comme un acteur stratégique majeur en Méditerranée orientale, capable de combiner ses intérêts nationaux, ses alliances européennes et ses relations privilégiées avec les États-Unis. Alors que Washington semble redéfinir ses engagements en Europe, la capitale grecque a choisi de ne pas déléguer sa relation avec les Américains à Bruxelles, tirant parti de sa position géographique et de ses infrastructures pour devenir un hub logistique, diplomatique et énergétique d’importance cruciale.

Ce qui reste de la Grèce antique

Athènes s’est ainsi imposée comme un point d’entrée pour le gaz naturel liquéfié (GNL) américain vers l’Europe du Sud et de l’Est. Grâce au terminal de Revithoussa et aux accords avec Chevron et ExxonMobil, la Grèce permet non seulement son approvisionnement domestique mais aussi l’exportation vers les pays balkaniques et l’Europe centrale, réduisant la dépendance au gaz russe. Cette fonction de hub énergétique renforce la sécurité européenne et la valeur stratégique de la Grèce pour Washington.



Israël brille 

Parallèlement, la Grèce a renforcé ses liens avec Israël, nouant une alliance politico-stratégique multidimensionnelle. Cette coopération couvre la défense, la technologie, l’énergie et l’économie. Les exercices militaires conjoints, le partage de renseignements et les projets énergétiques communs donnent à la Grèce et à Israël une capacité renforcée de dissuasion et une influence diplomatique accrue dans la région, tout en consolidant la présence américaine à travers leurs infrastructures et réseaux.



En matière de défense, la Grèce développe des partenariats bilatéra
ux avec Israël et des coopérations régionales avec la France, renforçant sa position au sein de l’OTAN et dans l’espace euro-méditerranéen. Cette trilogie stratégique – Grèce, Israël, États-Unis – permet de contenir les tensions régionales, d’équilibrer l’influence turque et de lutter contre les mouvements extrémistes et les ingérences idéologiques, notamment des réseaux islamistes.




Le modèle grec consiste à offrir des avantages concrets aux États-Unis tout en restant pleinement ancrée dans l’Union européenne. Cette approche duale – européenne et transatlantique – donne à Athènes un levier rare pour un pays de sa taille et la rend incontournable pour la stratégie américaine dans la région. L’intégration de l’alliance avec Israël renforce cette position en ajoutant des capacités opérationnelles et diplomatiques uniques.




La Grèce a su transformer sa géographie et ses alliances en un levier stratégique : hub énergétique et logistique pour les États-Unis, partenaire de sécurité et technologie pour Israël, et acteur clé dans l’UE. 


Cette combinaison offre à Athènes la possibilité de modeler son environnement régional, d’attirer investissements et coopération, et de garantir la sécurité et la stabilité en Méditerranée orientale. L’alliance gréco-israélo-américaine constitue ainsi un pivot géopolitique capable de répondre aux défis d’un monde multipolaire, où influence et sécurité se jouent sur l’action concrète et les partenariats pragmatiques.




Les futures puces IA seront conçues en Israël. JBCH N° 2602 - 864


Israël est en train de se positionner comme l’un des futurs piliers mondiaux des puces dédiées à l’intelligence artificielle. L’annonce de l’implantation en Israël d’un centre de recherche et développement de la société américaine Astera Labs marque une étape stratégique dans cette montée en puissance. 


Réparti entre Tel-Aviv et Haïfa, ce nouveau pôle de R&D ambitionne de jouer un rôle clé dans la conception des infrastructures matérielles qui feront fonctionner l’IA de demain.


Astera Labs n’est pas un fabricant de puces grand public, mais un acteur essentiel de l’écosystème invisible de l’intelligence artificielle : la connectivité. Ses technologies permettent aux processeurs d’IA, aux accélérateurs graphiques et aux centres de données de communiquer à très haute vitesse, sans goulets d’étranglement. À l’heure où les modèles d’IA deviennent toujours plus massifs et gourmands en calcul, cette couche matérielle est devenue critique. Sans elle, même les puces les plus puissantes – notamment celles de Nvidia – ne peuvent exprimer leur plein potentiel.



Le centre israélien, dirigé par Guy Azrad, ancien cadre de Google et de Marvell, et par Idou Bukshpan, spécialiste des ASIC et des réseaux avancés, devrait recruter à terme plusieurs centaines d’ingénieurs. Il travaillera sur des solutions de connectivité de nouvelle génération, destinées aux centres de données hyperscale et aux infrastructures d’IA avancées. L’objectif est clair : concevoir en Israël des briques technologiques indispensables au fonctionnement des futures usines de calcul mondial.







Au-delà d’Astera Labs, cette implantation s’inscrit dans une dynamique plus large. Israël dispose déjà d’un écosystème unique dans les semi-conducteurs, avec des centres de R&D majeurs d’Intel, Nvidia, Apple, Amazon et Google. En attirant des acteurs spécialisés dans les puces d’infrastructure d’IA, le pays ne se contente plus de développer des algorithmes ou des logiciels : il se positionne au cœur même du matériel stratégique de l’intelligence artificielle.



Ce que construit Israël, c’est donc un rôle de cerveau matériel de l’IA mondiale. Un lieu où se conçoivent les architectures invisibles mais décisives qui relient les puces entre elles, optimisent les flux de données et rendent possible l’industrialisation de l’intelligence artificielle. Un marché estimé à près de 20 milliards de dollars d’ici 2030, et appelé à devenir aussi stratégique que l’énergie ou les télécommunications.




En misant sur la connectivité des puces et les infrastructures de calcul, Israël confirme une orientation claire : ne pas seulement utiliser l’IA, mais en façonner les fondations physiques. 


Une puissance discrète, profondément technologique, mais appelée à peser lourd dans l’équilibre industriel et géopolitique du XXIᵉ siècle.


Aleph ? JBCH N0 2602 - 863

Aleph est la première lettre de l’alphabet hébraïque, et pourtant, paradoxalement, elle n’ouvre pas la Torah. Celle-ci commence par la lettre Beth, dans le mot Bereshit. Cette absence inaugurale de l’Aleph n’est pas un hasard. 


Elle constitue, au contraire, l’un des mystères les plus profonds de la tradition juive, tel qu’il est interprété par la Kabbale et par des penseurs contemporains comme Marc-Alain Ouaknin.

D’un point de vue numérique, l’Aleph vaut un. Mais sa composition graphique traditionnelle révèle une structure plus complexe : un Yod supérieur, un Yod inférieur et un Vav central. Leur valeur additionnée (10 + 6 + 10) donne 26, nombre du Nom divin (YHWH), et parfois 13, lorsqu’on la considère dans sa symbolique unifiée. Or, 13 correspond aussi à Ahava (amour) et à E’had (unité). L’Aleph devient ainsi le signe de l’Un, de l’amour et de la cohésion cosmique.





Pour la Kabbale, l’Aleph représente l’origine invisible, le point de départ non manifesté de toute création. Elle est liée au Ein Sof, l’Infini divin, qui précède toute parole et toute forme. L’Aleph est silencieuse : elle n’a pas de son propre. Elle ne se prononce qu’à travers les voyelles qui l’accompagnent. Ce silence n’est pas vide, mais plein de potentiel. Il est comparable au silence qui précède la parole créatrice, à ce vide fécond d’où émerge le monde.







Pourquoi, dès lors, la Torah commence-t-elle par Beth et non par Aleph ? Le Beth signifie « maison », « intérieur », « demeure ». Il représente le monde déjà structuré, habitable, organisé. La Torah ne commence pas par l’absolu, mais par le relatif, par le monde humain, par l’espace de l’histoire. L’Aleph, lui, reste en retrait, comme si l’absolu ne pouvait être dit directement. Il demeure en amont, caché, réservé à la transcendance.


Dans les enseignements rapportés par la tradition, l’Aleph se plaint de ne pas avoir été choisie. Dieu lui répond alors qu’elle ouvrira les Dix Commandements : Anochi Hachem Elohecha. Ainsi, l’Aleph devient la porte de la Révélation. Elle ne fonde pas le monde matériel, mais la relation éthique entre Dieu et l’homme. Elle est le commencement de la parole adressée, du dialogue, de l’alliance.




Marc-Alain Ouaknin voit dans l’Aleph le symbole du manque fondateur. Ce qui est premier n’est pas la plénitude, mais le retrait. Le monde commence par une absence, par un espace laissé libre pour la liberté humaine. L’Aleph représente cette béance originelle, cette ouverture qui rend possible la pensée, le désir et la responsabilité. Sans ce vide initial, aucune parole ne pourrait advenir.


Dans la Kabbale lourianique, le concept de Tsimtsoum — la contraction divine — rejoint cette idée. Dieu se retire pour laisser place à la création. L’Aleph incarne ce retrait premier. Elle est présente dans son absence même. Elle rappelle que toute réalité repose sur un fondement invisible, que toute existence est suspendue à un mystère qui la dépasse.




Sur le plan spirituel, l’Aleph invite l’homme à l’humilité. Elle enseigne que la véritable sagesse commence par le silence, par l’écoute, par la reconnaissance de ses limites. Avant de parler, il faut savoir se taire. Avant d’agir, il faut savoir contempler. L’Aleph est la lettre de l’intériorité et de la méditation.


Elle est aussi la lettre de l’unité. Dans un monde fragmenté, marqué par les conflits et les divisions, l’Aleph rappelle que toute multiplicité provient d’une source unique. Elle relie le haut et le bas, le spirituel et le matériel, le divin et l’humain. Elle est le trait d’union entre les mondes.





Ainsi, si l’Aleph ne commence pas la Torah, c’est parce qu’elle précède toute écriture. Elle est l’origine avant l’origine, la parole avant la parole, l’amour avant la loi. Elle n’appartient pas au récit, mais à ce qui rend le récit possible. Elle est le secret du commencement.


En définitive, l’Aleph n’est pas absente : elle est cachée. Elle ne s’impose pas : elle suggère. Elle ne parle pas : elle fait parler. Réservée à l’Unique, elle enseigne à l’homme que la véritable grandeur ne réside pas dans l’affirmation de soi, mais dans la capacité à se relier à plus grand que soi. 


Par elle, la tradition juive nous rappelle que le sens ultime ne se possède pas : il se cherche, dans le silence, l’amour et l’unité.




dimanche 8 février 2026

Cercle de généalogie juive ... JBCH N° 2602 - 862

LogoCercle de Généalogie Juive 

Conférence lundi 16 février 2026 à 19h, par zoom. Présence juive en Terre d’Israël au 19e siècle Les recensements de Sir Moses Montefiore.

Première conférence mensuelle  qui aborde ce thème, ce lieu, cette époque.

               Présence juive en Terre d’Israël au 19e siècle Les recensements de Sir Moses Montefiore  par  Raquel Levy-Toledano

 

Lundi 16 mars à 19h par Zoom

https://us02web.zoom.us/j/85606676963?pwd=LmGKaGZUMqagEkb3322IQ5ny6qamxP.1

Numéro de réunion: 856 0667 6963

Code secret: 682015

 

  Présence juive en Terre d’Israël au 19e siècle

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Lors de ses recherches généalogiques, Raquel Lévy-Toledano a été amenée à consulter les recensements réalisés à l’initiativedu philanthropeSir MosesMontefiore sur lapopulation juive de Terred’Israël entre 1839et 1875. Leur objectif était de déterminer les besoins de cette population afin d’en assurer le bien-être. Raquel s’est alors rendue compte que ces recensements qui regorgeaient d’informations précieuses sur les juifs vivant en Terre d’Israël au 19e siècle n’avaient jamais été exploitées. Elle a donc décidé d’en faire une analyse détaillée et exhaustive qu’elle va nous livrer lors de sa présentation

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Le contenu généré par l’IA peut être incorrect.

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Le contenu généré par l’IA peut être incorrect.Raquel Levy-Toledano  est membre du conseil d'administration conseil du CGJ où elle dirige le Groupe de généalogie génétique. Par ailleurs, elle est membre du conseil d’administration de l'IAJGS (International Association of Jewish Genealogy Societies), membre de l'assemblée générale de l’IIJG, l'Institut international de généalogie juive en Israël, présidente de la Société généalogique NAJMA (Nos Ancêtres Juifs Marocains et Algériens)

 

La prochaine conférence, réservée aux adhérents, car c'est le jour de notre Assemblée Générale:

Dimanche 15 mars par zoom à 11h Alexandre Beider Aïeux séfarades pour les juifs d'Europe de l'Est : mythe ou réalité 

La Suisse et l'accord avec les nazis JBCH N° 2602 - 861

La duplicité suisse : 

un héritage trouble entre nazisme et alliances contemporaines



Alors que le monde commémore les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, une enquête récente sur les liens entre Credit Suisse et le régime nazi ravive les accusations de complicité helvétique. Avec les francs suisses reçus en échange de leurs lingots, le Reich a pu acheter les matières premières indispensables pour la fabrication des armes et la poursuite de la guerre




Au-delà de ce passé sombre, la Suisse entretient aujourd’hui des relations économiques et diplomatiques étroites avec des États autoritaires comme l’Algérie et le Qatar, ainsi qu’avec divers dictateurs, soulevant des questions sur une neutralité qui masque souvent des intérêts financiers. 





Mais comment punir un pays qui se pose en arbitre international ? Des experts et des observateurs appellent à des mesures diplomatiques et économiques pour exiger plus de transparence.


Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Suisse, tout en proclamant sa neutralité, a joué un rôle ambigu en soutenant économiquement le IIIe Reich. La Banque nationale suisse a accepté et blanchi de l’or pillé par les nazis, y compris celui extrait des victimes de l’Holocauste, prolongeant ainsi l’effort de guerre allemand.  



Des enquêtes historiques, comme le rapport Bergier de 2002, ont révélé que la Suisse servait de plaque tournante pour la vente et le transfert d’œuvres d’art volées par les nazis.  Les banques suisses, dont Credit Suisse, ont géré des comptes pour des officiels nazis et aidé à l’exfiltration de criminels de guerre vers l’Argentine après 1945. 



Les autorités helvétiques ont également fermé leurs frontières à des milliers de réfugiés juifs, les renvoyant vers une mort quasi certaine, tout en discriminant les passeports marqués d’un “J” pour les Juifs allemands dès 1938.  Un panel international d’historiens a qualifié la Suisse de “complice de l’Holocauste” en 1999 pour avoir refusé l’asile à ces persécutés.  




Des firmes suisses ont collaboré avec les nazis, fournissant des munitions et lavant de l’or volé, transformant la neutralité en un bouclier économique rentable.  Après la guerre, la Suisse a tardé à restituer les biens spoliés, ne versant 1,25 milliard de dollars aux survivants qu’en 1999 sous pression internationale. 



Aujourd’hui, cette “neutralité lucrative” persiste. La Suisse maintient des relations diplomatiques et économiques solides avec l’Algérie et le Qatar, malgré les critiques sur les droits humains dans ces pays. Avec le Qatar, indépendant depuis 1971, les liens datent de 1973 et se concentrent sur l’économie, les investissements directs massifs du Qatar en Suisse, et des accords sur le transport aérien.  



La Suisse vient d'interdire le Hamas mais les comptes ont ete trasférés sue l'Iran et la Turquie, les complices !






Doha est un partenaire clé pour la Suisse en matière de technologies, de développement durable et de médiation de paix, mais des observateurs pointent le rôle du Qatar dans le financement de groupes controversés et ses pratiques internes en matière de travail forcé.




Pour l’Algérie, les relations, établies depuis l’indépendance en 1962, couvrent la migration, les nouvelles technologies et le commerce, avec plus de 30 accords bilatéraux.  Alger est un allié stratégique en Afrique du Nord, mais son régime est accusé de répression contre les opposants et de corruption endémique.



Plus largement, les banques suisses restent un refuge pour les fonds de dictateurs. Des scandales comme #SuisseSecrets en 2022 ont révélé que Credit Suisse abritait des comptes de kleptocrates, d’espions et de criminels, incluant des familles de Hosni Mubarak (Égypte), Ben Ali (Tunisie) et d’autres autocrates.  Des milliards volés par Ferdinand Marcos (Philippines), Sani Abacha (Nigeria) ou Mobutu (Zaïre) ont transité par la Suisse.  Bien que Berne ait restitué près de 1,8 milliard de francs d’actifs illicites ces 15 dernières années, les critiques persistent sur le secret bancaire qui attire toujours des fonds douteux. 



Punir un État neutre comme la Suisse relève du défi diplomatique plus que de la vengeance. Internationalement, des sanctions peuvent être imposées via l’ONU ou l’UE, mais la Suisse, non-membre de l’UE, implémente souvent ces mesures pour préserver sa réputation.  Des pressions économiques, comme le désinvestissement américain dans les années 1990 pour les fonds nazis, ont forcé des restitutions.  Aujourd’hui, des poursuites judiciaires pour complicité dans le blanchiment, des boycotts commerciaux ou des enquêtes parlementaires (comme celles du Sénat US) pourraient être des leviers. 



Les violations de sanctions suisses entraînent des peines allant jusqu’à cinq ans de prison ou un million de francs d’amende, mais pour cibler la Suisse elle-même, l’ONU pourrait imposer des gels d’actifs ou des restrictions sur les biens ciblés.  Des experts suggèrent une transparence accrue via des audits internationaux et des réformes du secret bancaire, sous peine de ostracisme financier. Comme l’a déclaré un analyste : “La neutralité n’excuse pas la complaisance.”





Data Centers ... la clé du pouvoir. JBCH N° 2602 - 860

Le Savoir, la Communication, les Secrets, tout est gardé dans des data-Centers et le propriétaire de ces Centres auront un pouvoir sans limite sir les utilisateurs


À l’heure où l’intelligence artificielle explose et où les chatbots se multiplient, les data centers terrestres montrent leurs limites. Consommation électrique colossale, besoin d’eau pour le refroidissement, emprise foncière dans des zones urbaines denses… Le modèle traditionnel atteint ses plafonds. Face à ce défi, certaines entreprises explorent une solution audacieuse : immerger leurs serveurs sous l’eau.





Le projet pionnier Project Natick, mené par Microsoft au large de l’Écosse, a montré qu’il était techniquement possible de placer des modules informatiques étanches sur le fond marin, reliés aux côtes par des câbles électriques et de communication. Depuis, la Chine a franchi un cap commercial avec un data center sous-marin près de Shanghai, combinant refroidissement naturel par l’eau de mer et production d’énergie via des éoliennes offshore.



Le principe repose sur quatre atouts majeurs. D’abord, le refroidissement naturel, qui permet de limiter la consommation d’énergie. Ensuite, la préservation des ressources en eau douce, en évitant les systèmes de climatisation classiques. Troisièmement, l’intégration avec les énergies renouvelables marines, offrant un modèle plus durable. Enfin, la réduction de la pression sur le foncier côtier, un avantage non négligeable pour les zones densément peuplées.




Les projets pilotes montrent des gains concrets. L’environnement sous-marin, stable en température et pauvre en oxygène, réduit les pannes et prolonge la durée de vie des équipements. L’efficacité énergétique s’en trouve améliorée, notamment grâce à la simplification du refroidissement, souvent responsable de 40 à 50 % de la consommation d’un data center classique.


En Israël


Mais cette approche comporte des défis. La maintenance reste complexe et coûteuse, car il n’est pas possible d’intervenir facilement sur les serveurs immergés. 




Les risques environnementaux, bien que limités, existent, tout comme les menaces liées à l’espionnage ou au sabotage. Enfin, le cadre juridique international n’est pas encore pleinement adapté pour encadrer ces infrastructures sous-marines critiques.


Pour Israël, État côtier au cœur d’un axe stratégique Est-Ouest et disposant d’infrastructures numériques avancées, les data centers sous-marins représentent une opportunité à explorer. 



Le littoral israélien abrite déjà des câbles de télécommunication et des installations énergétiques offshore. Ajouter des capacités de calcul et de stockage sous la mer pourrait renforcer la souveraineté numérique du pays tout en rapprochant les infrastructures des utilisateurs


Soue l'eau en Israël


Si ces centres ne remplaceront pas totalement les data centers terrestres, ils pourraient devenir un complément stratégique majeur, croisant enjeux énergétiques, environnementaux et géopolitiques. 




Alors que certains visionnaires, comme Elon Musk, envisagent des data centers dans l’espace pour profiter du soleil et du vide, Israël pourrait trouver dans les profondeurs marines une solution plus réaliste, efficace et souveraine.




Le futur des infrastructures numériques pourrait donc se jouer au fond de la mer plutôt qu’au-dessus des nuages, un choix stratégique qui combine innovation, sécurité et durabilité. Pour un pays dépendant des technologies et soucieux de son autonomie numérique, les data centers sous-marins ne sont plus une simple curiosité mais un véritable levier stratégique pour les années à venir.







samedi 7 février 2026

Vers la fin de l'automobile européenne. JBCH N° 2602 - 859


L’Europe, sous l’influence persistante d’écologistes aux visions souvent dogmatiques et déconnectées des réalités économiques, s’est jetée tête baissée dans le piège du tout-électrique.


Cette transition forcée, dictée par des normes européennes ambitieuses et des pressions idéologiques, a précipité les constructeurs du Vieux Continent dans une crise sans précédent.



Seul Tesla, soutenu par l’écosystème chinois ultra-compétitif, semble naviguer en eaux calmes. Pour Stellantis, Volkswagen, BMW, Mercedes, Renault et tant d’autres, accusés de naïveté face à ce virage imposé, le réveil est brutal. Le risque ? Un effondrement durable et probablement définitif de l’industrie automobile européenne, au profit des fabricants chinois qui, eux, ont su rester pragmatiques.





Le cas Stellantis illustre à lui seul l’ampleur du désastre. Le 6 février 2026, le géant aux 14 marques (Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep, etc.) a annoncé un « reset » stratégique historique : des charges exceptionnelles d’environ 22,2 milliards d’euros passées au second semestre 2025.






Antonio Filosa, directeur général depuis juin 2025, l’explique sans détour : ces provisions reflètent principalement « le coût d’avoir surestimé le rythme de la transition énergétique », éloignant le groupe des « besoins, moyens et désirs réels » des clients. Résultat : une perte nette estimée entre 19 et 21 milliards d’euros pour 2025 : un record surpassant même les dégâts du « dieselgate » chez Volkswagen en 2016. L’action a plongé de plus de 20-25 % en une séance, effaçant des milliards de capitalisation et renvoyant le groupe à une valorisation famélique.




Ce cataclysme financier n’est pas seulement comptable. Il traduit un recul massif sur le tout-électrique. Stellantis abandonne les objectifs les plus radicaux de l’ère Carlos Tavares (50 % d’électriques en Amérique du Nord d’ici 2030, 100 % en Europe), réintroduit les motorisations thermiques et hybrides au cœur de l’offre, et met en avant la « liberté de choix » pour les clients.






Aux États-Unis, la volte-face de l’administration Trump – suppression des aides à l’achat et assouplissement des normes d’émissions – a accéléré le mouvement, détruisant une grande partie de la valeur liée aux pick-up et SUV essence iconiques (Jeep, Ram, Dodge). Ford et General Motors ont eux aussi provisionné des dizaines de milliards, mais Stellantis paie le tribut le plus lourd.






En Europe, la réglementation reste inflexible : la Commission, encore une fois bornée et polluée par les écologistes, a confirmé en décembre 2025 un objectif de 90 % de véhicules zéro émission en 2035 (au lieu de 100 % initialement).




Stellantis alerte depuis longtemps sur le décalage entre ces ambitions et la réalité du marché : les ventes d’électriques plafonnent, notamment sur le segment des utilitaires où le groupe est leader. Résultat : provisions pour amendes potentielles et lobbying intense à Bruxelles pour assouplir les règles sur les camionnettes.


Mais les erreurs stratégiques internes aggravent le tableau. Sous Tavares, le groupe a trop accéléré sur l’électrique sans renouveler suffisamment ses plateformes multi-énergies, sans développer de vrais moteurs full-hybrides performants, ni adopter l’architecture 800 volts pour des recharges ultra-rapides.




Les batteries posent aussi problème : la co-entreprise ACC (française, avec TotalEnergies et Mercedes) peine à monter en cadence, retardant les lancements de Peugeot e-3008 ou Citroën C5 Aircross longue autonomie, On pense arrêter la production qui avait été présentée comme le fleuron de la région Hauts de France !



Ajoutez un stock inquiétant de véhicules électriques d’occasion en leasing, dont les valeurs de revente s’effondrent, et des problèmes de qualité ayant nécessité le recrutement de 2 000 ingénieurs pour corriger le tir.






Antonio Filosa promet un rebond dès 2026 : croissance du chiffre d’affaires, amélioration des marges, flux de trésorerie positifs, investissements massifs aux États-Unis (13 milliards de dollars sur quatre ans) et retour de modèles rentables comme la Jeep Cherokee.



Tesla



Pourtant, aucune garantie n’est donnée sur la capacité du groupe à se relever vraiment. Pas de dividende en 2026, incertitudes sur l’Europe, et une stratégie encore floue entre hybrides, thermiques et électriques puissants (comme la Dodge Charger Daytona).



Ce « reset » à 22 milliards n’est pas qu’une correction comptable : c’est le symptôme d’une politique industrielle européenne qui, en imposant un rythme irréaliste d’électrification, a fragilisé ses champions. Pendant ce temps, les Chinois avancent, forts de coûts maîtrisés, de chaînes d’approvisionnement intégrées et d’une absence de dogmatisme.


L’automobile européenne risque de payer cher cette utopie verte mal calibrée – peut-être au prix de son indépendance industrielle et probablement la fin de la domination européenne voire son arrêt.