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jeudi 13 août 2026

Zidane le mauvais choix ! JBCH N° 2608 -083

Édition numérique13 août 2026Sport — Équipe de France

JBCH  Réflextion

Analyse & débat autour du football français
ÉditorialÉquipe de FranceUne seule page
Bleus · Sélectionneur

Zidane sélectionneur : un choix qu'il faudra peut-être reconsidérer


Entre l'expulsion de 2006 et un départ précipité du Real Madrid, le passé de « Zizou » interroge davantage qu'il ne rassure sur sa capacité à diriger les Bleus dans la durée.


Les faits

  • 2006 Carton rouge en finale de Coupe du monde contre l'Italie, pour un coup de tête sur Materazzi.
  • 2018 Départ surprise du Real Madrid au sommet, après le triplé en Ligue des champions.
  • 2021 Second départ du Real, dans un climat de lassitude et de résultats en retrait.
  • 2026 Nommé sélectionneur des Bleus, sans expérience de sélection nationale.

La nomination de Zinédine Zidane à la tête de l'équipe de France a été accueillie comme une évidence, presque un couronnement naturel. Mais l'enthousiasme populaire ne doit pas dispenser d'un examen plus froid du personnage et de son parcours. Car l'histoire de Zidane, sur et en dehors des terrains, est aussi celle d'un homme capable d'embrasements soudains — une caractéristique qui, à la tête d'une sélection exposée à la pression permanente, mérite d'être interrogée plutôt que balayée par la nostalgie.

Le geste qui hante encore

Il suffit de se souvenir de la finale de la Coupe du monde 2006, face à l'Italie. Dans les dernières minutes de sa carrière de joueur, au sommet de son art, Zidane s'est laissé emporter par une provocation et a expulsé son propre équipe d'un match qu'elle jouait à onze contre onze. Ce geste, aussi marquant soit-il dans la légende du football, n'est pas un simple accident isolé : il révèle une propension à l'impulsivité qui a régulièrement ressurgi tout au long de sa carrière, y compris sur le banc.





« Un coach qui craque dans l'instant décisif est-il l'homme qu'il faut pour gérer quatre années de pression permanente ? »la question que peu osent poser







Un bilan madrilène plus contrasté qu'il n'y paraît

Son passage au Real Madrid, souvent cité comme la preuve de son autorité de coach, mérite lui aussi d'être nuancé. Le premier mandat (2016-2018), couronné par trois Ligues des champions consécutives, s'achève sur un départ éclair et inattendu, laissant le club sans succession préparée. Le second passage (2019-2021) s'est révélé nettement plus terne, marqué par des résultats en dents de scie, avant un nouveau départ dans un climat d'usure. Deux ruptures brusques, deux fois la même méthode : partir au moment où la pression devient trop forte plutôt que d'affronter la difficulté dans la durée.

Le contrepoint

  • Trois Ligues des champions consécutives restent un exploit inédit dans l'histoire du football moderne.
  • L'aura de Zidane pourrait fédérer un vestiaire en quête de repères après quatorze ans de Deschamps.
  • Son inexpérience en sélection nationale reste, aux yeux de ses soutiens, compensée par son vécu de joueur au plus haut niveau.

Une gestion à quatre ans, pas à quatre matches

Or diriger une sélection nationale, ce n'est pas enchaîner les campagnes de recrutement et gérer un vestiaire de club au quotidien : c'est tenir sur la durée, encaisser les crises médiatiques, gérer les egos sur des rassemblements courts et répétés, sans possibilité de tout recommencer à zéro en cas de coup dur. Le contrat signé jusqu'en 2030 suppose une capacité à absorber la pression sur le temps long — précisément ce que le parcours de Zidane n'a, jusqu'ici, jamais démontré de façon convaincante.




Rien n'indique, à ce stade, que Zidane rééditera ses excès de 2006 sur le banc des Bleus. Mais au moment où la Fédération française de football mise l'avenir de l'équipe nationale sur son nom et sa légende, il serait imprudent de balayer d'un revers de main les signaux d'alerte que son propre parcours a laissés derrière lui.

La Grèce avec Israël ... JBCH N° 2026- 082

Édition numérique13 août 2026Monde — Israël

JBCH RÉFLEXIONS

Regards sur Israël, le Proche-Orient et le monde juif
N° du jourChronique internationaleUne seule page
Grèce · Israël

Le ministre grec de la Santé perplexe devant la réussite juive

« Je n'ai aucune explication » : la sortie d'Adonis Georgiadis, bras levés devant les caméras, relance une énigme aussi vieille que la survie du peuple juif lui-même.


Le ministre grec de la Santé, Adonis Georgiadis, a de nouveau créé la surprise en évoquant, caméras allumées, son incompréhension face à la trajectoire d'Israël. Dans un monologue diffusé sur la chaîne Action24 puis relayé lors d'une interview accordée à la télévision publique israélienne Kan 11, le vice-président du parti Nouvelle Démocratie a décrit un pays « grand comme le Péloponnèse » dont l'économie rivaliserait, selon lui, avec celle de deux Grèces réunies.






« Je n'ai aucune explication », a-t-il lancé, bras levés, en confrontant la puissance économique et technologique israélienne à la situation de son propre pays. La Grèce, a-t-il rappelé, jouit d'un climat clément et d'un confort de vie enviable — et reste pourtant à la traîne dans les classements du bonheur, loin derrière un Israël régulièrement cité parmi les cinq nations les plus heureuses du monde, malgré la guerre et le terrorisme.

Cette sortie n'est pas isolée. Depuis plusieurs mois, Georgiadis multiplie les déclarations publiques en soutien à Israël, qualifiant le pays de « miracle de l'humanité » lors des célébrations du 78ᵉ anniversaire de l'indépendance israélienne, en mai dernier. Son parcours reste toutefois marqué par une controverse ancienne : en 2013, il avait fait polémique pour avoir promu un ouvrage antisémite, avant de présenter des excuses publiques à la communauté juive de Grèce en 2017.




« Une nation constamment menacée peut-elle vraiment figurer parmi les plus heureuses du monde ? »l'énigme que personne ne résout

Un paradoxe déjà relevé par les historiens

La perplexité du ministre grec rejoint une interrogation ancienne. L'historien britannique Arnold Toynbee, dont la théorie du cycle des civilisations prévoyait la disparition des peuples marginaux, n'était jamais parvenu à expliquer la persistance du peuple juif à travers les siècles — une anomalie qu'il n'a jamais réussi à faire entrer dans son propre système.

Les explications avancées

Plusieurs pistes sont régulièrement avancées pour expliquer la résilience israélienne :
















  • le dynamisme technologique de la « start-up nation », porté par un écosystème d'innovation dense ;
  • la cohésion sociale, renforcée par le service national et une mémoire collective partagée ;
  • la tradition juive du questionnement et de l'apprentissage, transmise comme rempart psychologique ;
  • pour les commentateurs religieux, une dimension de providence divine, liée à l'alliance du peuple juif ;
  • pour les sociologues, la densité des réseaux communautaires et diasporiques, source de solidarité en temps de crise.





Reste une question que la sortie de Georgiadis remet sur la table : comment une nation en état de menace permanente parvient-elle à figurer parmi les plus heureuses du monde ? Aucune des grilles d'analyse classiques ne suffit à elle seule à en rendre compte — et c'est peut-être précisément ce qui rend le témoignage du ministre grec si révélateur.

Paracha Shoftim : Les Juges JBCH N° 2608 - 081

Torah · Paracha de la semaine

Shoftim la Torah comme constitution politique et morale d'Israël

Dévarim 16,18 – 21,9

La Parasha Shoftim constitue une véritable constitution politique et morale pour le peuple d'Israël. 

Le mot shoftim se traduit par "Les Juges"

Elle commence par l'obligation d'établir des juges et des officiers « dans toutes tes portes », exige un jugement droit, et proclame le verset central de tout le judaïsme éthique.

צֶדֶק צֶדֶק תִּרְדֹּף

Elle commence par l'obligation d'établir des juges et des officiers « dans toutes tes portes », exige un jugement droit  : « tu ne feras pas dévier le jugement, tu ne feras pas acception de personnes, tu ne prendras pas de pot-de-vin »   et proclame le verset central : Tsedek tsedek tirdof, « Justice, justice tu poursuivras ». 




Suivent les limitations strictes imposées au roi (pas trop de chevaux, de femmes ni d'or), les règles concernant les prophètes, les villes de refuge, les témoins, la conduite de la guerre et le rite de l'eglah arouafah pour un meurtre non élucidé.

Signification et philosophie

Le texte enseigne que la justice n'est pas un idéal abstrait, mais la condition même de la survie nationale et de l'occupation de la Terre. La répétition de « tsedek » indique, selon les Sages, à la fois le jugement strict (din) et le compromis (pesharah), la recherche d'un tribunal digne, et la poursuite active de la justice même lorsque le système légal atteint ses limites.

Aucun dirigeant n'est au-dessus de la loi : la séparation des fonctions entre juges, roi, prophètes et prêtres prévient la concentration abusive du pouvoir.

La philosophie qui s'en dégage est celle d'un pouvoir limité et contrôlé, où la société entière porte la responsabilité morale des injustices non résolues, comme le rappelle le rite de l'eglah arouafah. C'est une vision réaliste de la nature humaine : l'anarchie est dangereuse, l'utopie impossible ; seuls des institutions justes et des contrôles mutuels permettent de contenir les dérives.

Les piliers institutionnels de la paracha

  • Des juges et des officiers établis dans toutes les portes de la ville
  • L'interdiction formelle de dévier le jugement, de faire acception de personnes, de prendre un pot-de-vin
  • Des limites explicites imposées au pouvoir royal : peu de chevaux, peu de femmes, peu d'or
  • Un cadre pour distinguer le vrai du faux prophète
  • Les villes de refuge, garantissant un procès équitable même à l'auteur d'un homicide involontaire
  • L'exigence d'au moins deux témoins, et des règles strictes contre le faux témoignage
  • Le rite de l'eglah arouafah, la responsabilité collective face à un meurtre non résolu


Regard kabbalistique

La Kabbale, notamment le Zohar, lit les « juges » (shoftim) comme le principe d'équilibre. Le jugement appartient à la colonne de gauche, Guevourah, la sévérité ; mais le vrai juge doit restaurer l'harmonie entre Hessed, la colonne de droite, la miséricorde, et Guevourah, par la colonne centrale de Tiféret, la compassion. Nommer des juges aux portes des villes correspond, dans cette lecture, à placer des filtres de conscience aux portes des sens et de l'âme.


Juger le soi avant de juger l'autre

Le « mort » dont parle le texte à propos des témoins est souvent interprété comme le côté sombre intérieur qui doit être mis à mort par le jugement juste. Dans le mois d'Eloul, période de techouva, Shoftim invite précisément à juger et rectifier le soi avant de juger les autres, transformant le din, le jugement strict, en outil de réparation plutôt que de destruction.

Résonance politique contemporaine

En France et en Europe, le texte rappelle l'exigence d'une justice indépendante, non politisée, et la nécessité de limites claires au pouvoir exécutif et médiatique. La poursuite active de la justice, ce tirdof qui est un verbe de mouvement et non d'attente passive, s'oppose autant à l'impunité qu'à l'instrumentalisation idéologique des tribunaux.


En Israël, Shoftim résonne avec une force particulière : la condition de rester sur la Terre est explicitement liée à l'établissement d'une justice droite. Les débats sur l'indépendance de la Cour suprême, l'équilibre des pouvoirs, la responsabilité collective face aux victimes — même non identifiées — et la conduite éthique de la guerre trouvent un écho direct dans ces versets. La paracha n'offre pas de solutions partisanes ; elle pose une exigence permanente : sans justice réelle, ni la sécurité, ni la légitimité nationale, ni la cohésion sociale ne peuvent durablement tenir.


En une phrase

Shoftim enseigne que le pouvoir n'est légitime que lorsqu'il sert la justice, et que la justice n'est vivante que lorsqu'elle est poursuivie avec constance, humilité et responsabilité collective.






JBCH Août 2026

mercredi 12 août 2026

Le Liège flotte toujours. JBCH N° 2608 - 080

 Chronique · Vin & terroir

Pourquoi le bouchon en liège redevient une arme stratégique pour les vins de Bourgogne





Les Français boivent moins de vin, mais le choisissent avec plus d'exigence. 

Dans ce marché resserré, un détail longtemps jugé accessoire reprend une importance inattendue : le bouchon. Il ne coule jamais n'est-ce pas ? 

Le constat est sans appel : selon le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne, les ventes directes des domaines ont reculé de près de 6 % sur la campagne 2025-2026, dans le droit fil d'une tendance nationale où les achats de vin en grande distribution ont chuté de 3,6 % en volume l'an dernier. 

Mais derrière cette baisse en volume se cache une évolution plus intéressante : les consommateurs français boivent moins souvent, et choisissent davantage. Dans cette bataille du détail qui fait la différence, le bouchon en liège retrouve une place que beaucoup pensaient réservée au passé.

Un signal de qualité, pas un simple accessoire

La filière française du liège le résume sans détour : le bouchon n'est pas un détail technique, c'est un repère immédiatement identifié par les consommateurs, à tous les niveaux de gamme. Les chiffres NielsenIQ le confirment : en France, 71,1 % des volumes de vin vendus en grande distribution sont encore bouchés au liège naturel, un taux qui grimpe même à 98,4 % pour les vins rouges — là où la concurrence du bouchon synthétique et de la capsule à vis a pourtant longtemps semblé irrésistible sur d'autres marchés.




Ce que révèlent les chiffres

  • -6 % de ventes directes pour les domaines bourguignons sur la campagne 2025-2026
  • -3,6 % en volume pour les achats de vin en grande distribution en France en 2025
  • 71,1 % des vins vendus en grande distribution sont bouchés liège, 98,4 % pour les rouges
  • Plus de 700 millions d'euros investis en R&D par la filière liège en trente ans

Le rituel du bouchon, un argument neurologique

Le geste du tire-bouchon, la texture, le bruit de l'ouverture : l'expérience commence avant la première gorgée.

C'est là que l'argument devient presque scientifique. Une étude menée en 2022 par l'université italienne IULM pour le compte de l'organisme portugais APCOR a mesuré ce que beaucoup d'amateurs pressentaient intuitivement.

Un vin ouvert avec un bouchon en liège naturel génère une activation émotionnelle supérieure de 238 % chez le consommateur, comparé à d'autres modes de bouchage. 

Le son du tire-bouchon, l'anticipation du geste, la texture du matériau participent activement à la perception du vin, bien avant que le palais n'entre en jeu.




Un matériau qui a dû se réinventer

Ce retour en grâce n'a rien d'un hasard nostalgique. La filière liège a longtemps souffert d'un défaut redouté par tous les cavistes : le fameux « goût de bouchon », causé par la molécule de TCA (trichloroanisole), capable de gâcher une bouteille entière. 

Les investissements massifs en recherche et développement engagés ces trente dernières années ont permis d'améliorer sensiblement la régularité du matériau et de mieux maîtriser ce risque, redonnant au liège naturel un argument qu'il avait perdu face aux alternatives synthétiques dans les années 2000 et 2010.


Dans un marché où le cœur des arbitrages se joue désormais entre prix, qualité perçue et expérience, le bouchon en liège n'est plus un simple contenant : c'est devenu, pour les vignerons bourguignons, un argument de vente à part entière, la preuve qu'en matière de vin, même les détails les plus discrets finissent par compter double.




Chronique inspirée d'un article d'Amandine Ibled paru dans La Tribune.   JBCH Août 2026

Le Monde et Libération nous mentent ! JBCH N° 2608 - 079

Tribune · Médias & guerre d'Israël

« Partialité en faveur du Hamas » : 

Le Monde et Libération doivent ouvrir leurs archives


Il ne s'agit plus de débattre d'un ton éditorial. Il s'agit d'exiger des preuves, des documents, des comptes rendus internes, pour vérifier ce que beaucoup de lecteurs pressentent depuis longtemps sur le traitement du conflit à Gaza. 



Pourquoi "Le CRIF" et autres représentants de la communauté juive française ne les attaquent pas en justice ?

Nous devons exiger du Monde et de Libération la divulgation des documents, tous en défaveur d'Israël et souvent accusant les juifs. 

Ce n'est plus une question d'opinion éditoriale, c'est une question de vérification factuelle : quand un biais systématique se répète numéro après numéro, il ne suffit plus de le dénoncer, il faut pouvoir le prouver ou le réfuter  sur pièces.

Une exigence de transparence, pas une accusation gratuite

Nous devons exiger que les deux directions fournissent tous leurs comptes et documents internes pour examen. 

Choix de titres, arbitrages de une, notes de synthèse envoyées aux journalistes de terrain, sélection des sources et des témoignages retenus plutôt que d'autres : c'est cette mécanique interne, invisible au lecteur, qu'il faut pouvoir mettre au jour. Une rédaction qui n'a rien à cacher n'a rien à craindre d'un tel examen.




Ce qui est demandé

  • La divulgation des documents et comptes rendus internes ayant orienté la ligne éditoriale sur le conflit
  • Un examen indépendant des choix de titres et de traitement, numéro après numéro
  • Des preuves factuelles, et non plus de simples déclarations d'intention sur l'équilibre éditorial

Les fake news, ça suffit

Ce n'est pas, pour Israël, une simple opération de police.  C'est une guerre, déclenchée par un massacre de civils.

Les fake news, ça suffit : il faut des preuves, car ce n'est pas pour Israël une simple opération de police, mais une guerre et des massacres de civils déclenchés le 7 octobre 2023 par des terroristes du Hamas avec la complicité des Gazaouis. 

Rappeler ce point de départ n'est pas un détail rhétorique : c'est le fait fondateur à partir duquel tout traitement médiatique honnête doit s'organiser, et que trop d'articles semblent, au fil des mois, avoir relégué au second plan.



et de l autre côté : Une énorme fake news  qui est un mensonge flagrant : L'hôpital Al-Ahli, Gaza, 17 octobre 2023 : le Hamas annonce une frappe israélienne, 471 morts. Le Monde reprend l'info dans l'urgence. 


Quelques jours plus tard, renseignements américain, français (DRM) et canadien concluent à une roquette palestinienne mal tirée, non à une frappe israélienne.  Un cas  d'emballement volontaire, par haine d’Israël,  révélateur du réflexe à charge contre Israël dans l'urgence médiatique.

Conformément à l'éthique de l'Association des Journalistes, il faut exiger la transparence  ce qui n'est pas exiger la censure. 

C'est demander aux deux titres qui se réclament du journalisme d'investigation de s'appliquer à eux-mêmes l'exigence qu'ils réclament, à juste titre, de tous les autres pouvoirs.

C'est enfin de trouver qui les financent  et d'où vient cette haine ? ...  

Le Qatar, probablement !  et d'où vient cette haine ? 


JBCH Août 2026

Futures Elections Présidentielles. JBCH N0 2608- 078

 Chronique · Institutions & présidentielle 2027

« Spoil system » à la française : 

Le vrai problème n'est peut-être pas celui qu'on croit

Gabriel Attal veut donner au futur président davantage de latitude pour choisir ses hauts fonctionnaires. 

François Bayrou dénonce une politisation dangereuse de l'administration. Mais si le blocage de l'action publique venait d'ailleurs ?


À l'approche de la présidentielle de 2027, le « spoil system à la française » revient hanter le débat politique, comme il le fait à chaque cycle électoral depuis les années 1990 sans jamais franchir le cap de la mise en œuvre réelle. 

Gabriel Attal veut donner au président élu davantage de latitude pour choisir les hauts responsables chargés d'appliquer son programme. François Bayrou, lui, dénonce une mesure qui politiserait l'administration. 

Derrière ce clivage, une question plus dérangeante : l'État français est-il vraiment entravé par sa haute administration, ou les responsables politiques cherchent-ils surtout à reprendre la main sur un appareil dont ils peinent, eux-mêmes, à obtenir les résultats promis ?

Un serpent de mer électoral

  • Emmanuel Macron avait déjà promis, dès 2017, un renouvellement des hauts fonctionnaires au nom de leur loyauté aux réformes
  • Le sujet ressurgit à chaque campagne présidentielle depuis les années 1990, sans jamais être formellement instauré
  • Le statut actuel de la fonction publique place déjà les emplois supérieurs à la discrétion du gouvernement


Un pouvoir de nomination qui existe déjà

C'est là que l'argument d'Attal se heurte à une réalité juridique gênante : le système français permet d'ores et déjà au pouvoir politique de reprendre la main sur sa haute administration. 

Les responsables nommés aux postes clés doivent certes être compétents, mais ils doivent surtout être loyaux et bénéficier de la confiance du gouvernement en place — ce qui, dans les faits, s'apparente déjà à une forme de spoil system feutré, sans en porter le nom ni en assumer la brutalité américaine.

Changer les têtes ne change pas les majorités, les arbitrages qui se contredisent d'un mois sur l'autre, ni un budget qui ne boucle jamais.

Le vrai goulot d'étranglement serait ailleurs

C'est l'angle mort de tout le débat : les blocages de l'action publique tiennent sans doute moins à la loyauté supposée insuffisante des hauts fonctionnaires qu'aux revirements politiques à répétition, à l'absence de majorité stable à l'Assemblée, à des arbitrages gouvernementaux qui changent au gré des remaniements, et à des contraintes budgétaires devenues, années après années, quasiment ingérables. 




Un haut fonctionnaire loyal au gouvernement du moment ne peut pas exécuter une politique que le gouvernement suivant renie six mois plus tard.

Le risque d'une fausse bonne idée

Ce que le spoil system pourrait casser

  • Une politisation excessive des nominations, au détriment de la compétence technique
  • Une rupture de la continuité de l'État à chaque alternance, y compris sur des dossiers de long terme
  • Un problème de vivier concret : remplacer massivement les cadres dirigeants suppose d'avoir, en réserve, des profils prêts à les remplacer

Reste que le débat, aussi daté soit-il, dit quelque chose de la présidentielle qui s'annonce : de Gabriel Attal à Jean-Luc Mélenchon, chacun cherche déjà, avant même le premier tour, les leviers institutionnels qui lui permettraient de gouverner sans être immédiatement neutralisé par un appareil d'État jugé, à tort ou à raison, insuffisamment docile.


Réformer les modes de nomination peut avoir du sens. Mais tant que l'instabilité gouvernementale, l'absence de majorité et l'impasse budgétaire resteront la norme, changer les têtes de l'administration ressemblera surtout à un remède qui soigne le symptôme en ignorant la maladie. A suivre ... 




Chronique inspirée d'un article de presse de Nicolas Bina et Pierre Steinmetz sur le débat du spoil system à la française.(Atlantico)                                JBCH Août 2026

Fauda revient. JBCH N° 2608 - 077

Chronique · Culture & séries

« Fauda » revient le 8 septembre, et cette fois la fiction rattrape le 7 octobre

Après un report par rapport à sa date de sortie initiale prévue en mai, la cinquième saison de la série israélienne culte débarque sur Netflix dans 190 pays. 

Deux épisodes, tournés après coup, affrontent directement le massacre du 7 octobre, avec un avertissement à l'écran pour le public israélien.


Pour les fans de Fauda du monde entier, le suspense touche à sa fin, ou plutôt, il est sur le point de commencer. 

Netflix diffusera la cinquième saison de la série israélienne consacrée à une unité de contre-terrorisme à partir du 8 septembre, disponible en arabe, hébreu, français et anglais, avec sous-titres adaptés à chaque public.




Repères

  • Série créée en 2015 en Israël, coproduite et interprétée par Avi Issacharoff et Lior Raz
  • Rachetée par Netflix, diffusée dans 190 pays
  • Saison 4 numéro 1 au Liban en janvier 2023, Top 10 en Jordanie, au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats
  • Saison 5 initialement prévue en mai, repoussée au 8 septembre


Un phénomène qui dépasse les frontières israéliennes

Le succès régional de la série a de quoi surprendre au regard du sujet traité : selon plusieurs témoignages rapportés dans la presse, 

Fauda serait devenue un véritable « plaisir coupable » pour une partie du public palestinien de Cisjordanie et de Gaza, séduit notamment par la présence de nombreux personnages palestiniens à l'écriture soignée, loin des clichés habituels de la fiction sécuritaire.

Une saison réécrite après le 7 octobre

Les scénarios de cette cinquième saison étaient déjà largement bouclés à l'automne 2023. Le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre a contraint Raz et Issacharoff à revoir leur copie pour intégrer cette nouvelle réalité au récit. 

Deux épisodes, diffusés au cœur de la saison, y sont directement consacrés, avec des scènes d'une violence si graphique qu'un avertissement a été ajouté à l'intention des spectateurs israéliens, les autorisant à les sauter s'ils redoutaient d'être trop bouleversés. 

Fait rare, les créateurs ont choisi de rendre ces deux épisodes disponibles gratuitement en ligne, en dehors de tout abonnement, pour quiconque souhaiterait les visionner isolément.

Nous avons voulu poser des questions difficiles à un public du monde entier : la vengeance en vaut-elle la peine ?— Avi Issacharoff, co-créateur de Fauda, interrogé par Deadline

Un casting élargi, direction Marseille

Aux côtés de Lior Raz, on retrouve les visages familiers de Doron Ben-David et Yaakov Zada-Daniel, rejoints cette saison par l'actrice française Mélanie Laurent, révélée notamment dans Inglourious Basterds de Quentin Tarantino. 

Changement de décor notable : une grande partie des premiers épisodes se déroule cette fois à Marseille plutôt qu'en Israël ou dans les territoires palestiniens, une première pour la série.


Reste à savoir si cette cinquième saison parviendra à transformer le traumatisme national qu'elle met en scène en une œuvre qui interroge, plutôt qu'elle ne referme, la question que pose Issacharoff lui-même : jusqu'où mène vraiment la vengeance ?







D'après l'article de Hannah Brown paru dans le Jerusalem Post.                        JBCH Août 2026

Gadi Eisenkot a la Côte ! JBCH N° 2608 - 076

Chronique · Politique israélienne

Gadi Eisenkot : la sobriété ne fait pas une doctrine

À l'approche des élections législatives de 2027, l'ancien chef d'état-major incarne aux yeux de nombreux Israéliens une figure de décence, à rebours du tumulte politique ambiant. 

Mais un premier ministre se juge sur sa vision stratégique, pas sur son tempérament.

À l'approche des élections législatives israéliennes de 2027, une candidature suscite un intérêt particulier : celle de Gadi Eisenkot. 

Ancien chef d'état-major de Tsahal, il incarne aux yeux de nombreux Israéliens une figure de sobriété et de décence, à rebours du tumulte permanent de la vie politique. 

Mais faut-il pour autant s'en remettre à cette seule image ? C'est la question que pose, non sans pertinence, le chroniqueur Eitan Chitayat dans les colonnes du Jerusalem Post.

Car un candidat au poste de premier ministre ne se juge pas sur sa biographie ou son tempérament, mais sur sa vision stratégique. Et à cet égard, le bilan d'Eisenkot mérite un examen sans complaisance.

Le plan Gideon, une doctrine contestée dès l'origine

C'est sous son mandat qu'a été conçu le plan Gideon, qui a réduit les effectifs de l'armée et des réservistes au profit d'une force plus technologique et plus légère. 

Plusieurs officiers, dont le général Yitzhak Brik, avaient alors alerté sur les risques logistiques d'un tel choix pour une armée appelée, un jour, à soutenir un conflit long. Ces mises en garde, rapporte l'article, auraient été largement écartées par Eisenkot.



Depuis le 7 octobre, cette question ne peut plus être esquivée.

La question posée depuis le 7 octobre

  • La doctrine Gideon a-t-elle contribué à rendre Israël trop dépendant du renseignement, de la technologie et de la puissance aérienne ?
  • Au détriment d'une force terrestre robuste et dissuasive, capable d'absorber un conflit long ?
  • Les alertes internes, notamment celles du général Brik, ont-elles été prises au sérieux à l'époque ?

Des positions qui interrogent l'image de centriste

L'article rappelle également certaines de ses positions sur le dossier palestinien — notamment l'idée, réitérée encore en juillet 2026, d'ouvrir le marché du travail israélien à des dizaines de milliers de travailleurs venus de Judée-Samarie. 

Une proximité est également relevée avec le mouvement contestataire de la place Kaplan et avec la gauche israélienne, en délicat contraste avec l'image de centriste consensuel qu'Eisenkot cultive.





La décence personnelle n'a jamais suffi à faire une doctrine de sécurité. Avant de s'en remettre à la figure rassurante du général sobre, les électeurs israéliens devront répondre à une question plus rude : celle du bilan réel de l'homme qui a taillé l'armée dans le format que le 7 octobre a mis si cruellement à l'épreuve.




Chronique s'appuyant sur l'analyse d'Eitan Chitayat parue dans le Jerusalem Post.            JBCH Août 2026