Vers la disqualification et l’interdiction de La France Insoumise ?
Dans une démocratie comme la France, où la liberté d’expression est protégée mais encadrée par la loi, les propos répétés d’un leader politique peuvent franchir la ligne rouge de l’incitation à la haine raciale.
C’est le cas, selon de nombreux élus, intellectuels et associations comme le Crif, des déclarations de Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France Insoumise (LFI). Ses sorties outrancières, souvent obscènes dans leur ton provocateur et moqueur, se mêlent désormais à des sous-entendus antisémites explicites, notamment sur des noms à consonance juive.
De quoi fournir des arguments solides pour non seulement disqualifier le parti aux élections, mais aussi le dissoudre purement et simplement.
Mélenchon antisémite notoire
Tout commence par des meetings où le tribun insoumis transforme la tribune en scène de stand-up douteux. Le 26 février 2026 à Lyon, devant une salle hilare, Mélenchon ironise sur la prononciation de « Epstein » : « Je voulais dire Epstine, pardon, ça fait plus russe… Alors maintenant vous direz Epstine au lieu d’Epstein, Frankenstine au lieu de Frankenstein.
Eh bien voilà, tout le monde comprend comment il faut faire. » Le message est limpide : les médias cacheraient l’origine juive du pédocriminel Jeffrey Epstein par une manipulation phonétique. Quelques jours plus tard, le 1er mars à Perpignan, il récidive sur Raphaël Glucksmann, eurodéputé de gauche : « Monsieur Glucksman… Glucksmann pardon… après j’en ai pour des heures. »
Glucksmann lui-même le compare à Jean-Marie Le Pen, rappelant les jeux de mots nauséabonds du passé (« Durafour crématoire »). Mélenchon s’excuse du bout des lèvres, invoquant une « erreur » de prononciation, mais les observateurs y voient une stratégie : jouer sur les noms d’origine juive – Epstein, Glucksmann et bien d’autres – pour réveiller le vieux trope antisémite du « nom qui trahit » et du complot caché.
Ces blagues ne sont pas isolées. Elles se mêlent à un discours outrancier et obscène qui banalise la violence verbale : insultes à la presse, provocations complotistes, et une ligne pro-palestinienne qui, pour beaucoup, flirte avec la légitimation du Hamas comme « résistance ».
Le tout crée un climat où l’antisémitisme devient un code implicite, un « dog-whistle » audible pour une partie du public. Le Crif dénonce un « délire complotiste aux vrais relents antisémites ». Le PS, Olivier Faure en tête, parle d’une « stratégie qui dérive sur les eaux brunes ». Même Marine Le Pen juge ces moqueries « bien pires » que celles reprochées à son père.
Sur le plan juridique, les arguments pour l’action sont clairs. La loi de 1881 sur la presse réprime l’incitation à la haine raciale (article 24). La dissolution d’un parti politique est possible par décret du Conseil des ministres lorsque ses activités portent atteinte à l’ordre public ou aux valeurs républicaines (loi sur les associations, jurisprudence du Conseil d’État).
Des précédents existent pour des groupes d’extrême droite. Ici, les faits s’accumulent : appels répétés à la haine via des tropes antisémites, refus de condamner clairement les attentats du 7 octobre, et une « Jeune Garde » aux liens troubles avec la violence. Emmanuel Macron lui-même reconnaît dans LFI « des expressions antisémites » à combattre. Des élus comme Caroline Yadan ou Christian Estrosi réclament déjà la suspension des financements publics et la dissolution.
Disqualifier LFI aux scrutins à venir (inéligibilité de ses cadres pour incitation à la haine) et l’interdire purement et simplement ne serait pas une atteinte à la démocratie, mais sa défense.
La République ne peut tolérer qu’un parti majeur normalise l’antisémitisme sous couvert de « provocation » ou de « lutte anti-impérialiste ». Les excuses tardives de Mélenchon ne suffisent plus. Il est temps que la justice et le gouvernement tranchent : LFI a-t-elle encore sa place dans le jeu républicain ? Les faits récent
La Tour Triangle : Hidalgo quitte Paris en Cléopâtre… laissant un désastre et des scandales
Après vingt ans à la tête de Paris, Anne Hidalgo s’en va, coiffée comme Cléopâtre, mais laissant derrière elle une ville étranglée par ses choix catastrophiques. La Tour Triangle, ce projet emblématique, devient le symbole de contradictions permanentes : théâtralité, dogmatisme, inefficacité et gaspillage financier.
Sous son mandat, Paris a accumulé des pertes colossales. Chantiers interminables, zones piétonnes imposées sans concertation, autorisations aux vélos de ne pas se conformer au Code de la Route, restrictions automobiles drastiques et investissements mal pensés ont coûté des milliards aux Parisiens, sans améliorer la sécurité, la propreté ou le logement.
Les commerçants et artisans, étranglés, ont payé le prix fort et qui ont dû laisser la place auc locations précaires de magasins.
Les écologistes dogmatiques, bras armé de la maire, ont transformé la capitale en laboratoire idéologique : vélos imposés, circulation réduite, stationnements supprimés.
Pendant ce temps, Hidalgo a souvent fermé les yeux ou mal géré les crises, y compris celles touchant des institutions ou associations parisiennes confrontées à des scandales graves, comme des affaires de pédophilie, révélant un manque de vigilance et de rigueur dans la protection des plus vulnérables.
La Tour Triangle, longtemps refusée puis validée à contre-cœur, illustre cette contradiction : un projet critiqué mais dont le rejet aurait montré une incapacité à anticiper et négocier avec les réalités économiques.
Hidalgo s’en va dans un dernier élan théâtral, laissant derrière elle un Paris épuisé, endetté, frustré et marqué par des scandales mal gérés.
Son bilan : décisions dogmatiques, pertes financières colossales, idéalisme mal calibré et failles dans la gestion de crises graves, qui pèseront longtemps sur la capitale.
La société spatiale Blue Origin, fondée par Jeff Bezos, prépare un projet pharaonique : le lancement d’une constellation de plus de 50 000 satellites en orbite terrestre.
Cette infrastructure a pour objectif de créer des centres de données en orbite, transformant l’espace en une véritable plateforme de cloud computing.
L’idée est de déporter les capacités de stockage et de calcul actuellement terrestres vers l’orbite, offrant plusieurs avantages : réduction de la latence pour certaines applications, accès aux données dans des zones isolées et meilleure résilience face aux catastrophes naturelles ou aux cyberattaques. Chaque satellite serait équipé de serveurs puissants et de systèmes de communication avancés capables de traiter et transmettre d’énormes volumes de données.
Le projet repose sur des technologies de lancement réutilisables, inspirées par les propres fusées de Blue Origin, permettant de mettre en orbite un grand nombre de satellites à un coût plus maîtrisé.
La constellation serait déployée progressivement, en commençant par des orbites basses pour tester la connectivité et la capacité de traitement avant d’atteindre son ampleur maximale.
Cependant, ce projet soulève plusieurs défis majeurs : surpopulation de l’espace orbital, risques de collisions, production de débris spatiaux, consommation énergétique et questions de régulation et de souveraineté des données. Les informations stockées en orbite pourraient se retrouver au-dessus de plusieurs pays sans contrôle national direct, ce qui pose des enjeux juridiques et sécuritaires.
Le projet de Blue Origin constitue une révolution technologique et économique potentielle, capable de transformer la manière dont les données sont stockées et traitées à l’échelle mondiale, tout en nécessitant une vigilance extrême sur les aspects techniques, environnementaux et réglementaires.
Une petite île des Caraïbes a autrefois compté plus de Juifs que les treize colonies américaines réunies, et a discrètement sauvé des milliers de personnes de l'Holocauste.
Curaçao est une petite île dans l'océan Atlantique près du Venezuela, connue pour sa riche histoire juive. Avec une superficie de 170 miles carrés (environ 441 km²), c'est un pays autonome au sein du Royaume des Pays-Bas.
Curaçao vous dit peut-être quelque chose comme la destination finale nommée par les Juifs fuyant la Lituanie pour échapper à l'Europe, mais ses racines juives remontent bien plus loin, à l'époque où elle était appelée la « Congrégation mère des Amériques ».
Voici l'histoire de Curaçao.
Curaçao a été conquise par une expédition espagnole en 1499 et est restée sous contrôle espagnol jusqu'en 1634. À cette époque, les Néerlandais ont décidé de s'emparer de Curaçao en réponse à la saisie de Saint-Martin par l'Espagne à la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (WIC).
En avril 1634, la WIC envoya l'amiral Johannes Van Walbeeck pour prendre Curaçao et Bonaire aux Espagnols. Ces îles étaient importantes en raison de leur position près du continent américain et de leur rôle dans le commerce et la navigation.
Cimetière Beth Haim
En mai 1634, Van Walbeeck partit de Hollande avec une flotte de quatre navires, 180 marins et 250 soldats. Par chance, les Espagnols avaient en grande partie abandonné Curaçao, ce qui facilita la conquête néerlandaise. Pendant cette période, le premier Juif connu de Curaçao, Samuel Cohen, arriva pour servir d'interprète aux Néerlandais. Le 21 août, les forces espagnoles se rendirent, et Van Walbeeck fut nommé premier gouverneur des Antilles néerlandaises.
Arrivée des premiers colons juifs
Au début, les Néerlandais utilisèrent Curaçao comme base navale contre l'Espagne. Après la Paix de Westphalie en 1648, l'île perdit sa valeur stratégique, et la WIC encouragea les colons néerlandais à y cultiver la terre. En 1651, Joao d’Yllan, un Juif portugais, et 12 familles juives de la communauté portugaise d'Amsterdam s'installèrent à Curaçao. On leur promit la liberté religieuse, des terres, des exonérations fiscales, l'exemption de service de garde le Shabbat même en temps de guerre, et la protection du gouvernement. C'était la première charte de ce type pour les Juifs dans le Nouveau Monde.
Les familles établirent une plantation appelée Plantation De Hoop (Plantation de l'Espoir).
Un groupe plus important de colons juifs arriva en 1659, apportant un rouleau de Torah du XIVe siècle de la communauté d'Amsterdam. Ce rouleau est toujours utilisé aujourd'hui à la synagogue Mikveh Israel-Emmanuel. La plupart de ces colons étaient des réfugiés des Inquisitions espagnole et portugaise. Après être passés par les Pays-Bas ou le nord du Brésil, ils s'installèrent à Curaçao, entamant un nouveau chapitre pour la communauté juive.
Agriculteurs ? Pas vraiment. Financiers — absolument !
Les colons essayèrent d'abord l'agriculture, mais le sol sec rendait cela difficile. Dès 1660, la communauté juive déménagea à Willemstad et se tourna vers le commerce entre l'Europe du Nord et l'Amérique du Sud. Ils y connurent un grand succès.
Une fois les routes commerciales établies entre Curaçao, l'Europe du Nord et l'Amérique du Sud, les affaires sur l'île se développèrent rapidement. La communauté juive devint la plus grande et la plus riche des Amériques. De 1670 à 1900, les Juifs de Curaçao possédèrent plus de 1 200 navires à voile, avec au moins 200 capitaines juifs. Un rapport de 1728 indiquait que « la part du lion du transport maritime était entre les mains des Juifs de Curaçao ».
En raison des risques du transport maritime, l'assurance maritime fut inventée pour répartir les risques de perte de navires ou de cargaisons. La plupart des courtiers en assurance étaient juifs, et ils devinrent finalement les banquiers de Curaçao. Au début du XXe siècle, trois banques commerciales détenues par des Juifs séfarades furent établies à Curaçao : la banque Maduro, la banque Curiel et Edwards Henriquez & Co. (Les deux premières fusionnèrent en 1932 pour former Maduro & Curiel’s Bank, la plus ancienne et la plus importante banque des Antilles néerlandaises et d'Aruba.)
Photo d'archive à l'intérieur de la banque Maduro
Dans une autre réussite commerciale, les hommes d'affaires juifs Haim Mendes Chumaceiro et Edgar Senior fondèrent Senior & Co. en 1896 pour produire la liqueur de Curaçao. Elle fut d'abord fabriquée pour des usages médicinaux, mais devint rapidement une boisson populaire. Les familles des fondateurs dirigent toujours l'entreprise, et ils sont les seuls à utiliser des larahas cultivés à Curaçao dans leur liqueur. Le produit est également certifié casher Star-K.
Les Senior
Fait intéressant, les Juifs de Curaçao offrirent refuge et fonds à Simón Bolívar, connu comme le « George Washington de l'Amérique du Sud », lorsqu'il luttait pour l'indépendance contre l'Espagne. Partageant la haine de l'Espagne due à leur expérience de l'Inquisition, les Juifs de Curaçao l'aidèrent avec enthousiasme. Ils fournirent un lieu pour Bolívar et sa famille, et certains Juifs de Curaçao servirent même dans son armée.
En résumé, au fil des ans, la communauté juive de Curaçao acquit une grande richesse et une grande influence, et, comme nous le verrons, elle les utilisa pour renforcer sa propre communauté et soutenir d'autres communautés à travers les Amériques.
Construire la communauté
Dès ses premières années, en 1659, la communauté juive de Curaçao créa des Haskamos, définissant la gouvernance de la communauté. Un élément clé était un Machamad (équivalent d'un conseil) qui gouvernerait la communauté pendant des années.
Le Machamad fut une bénédiction mitigée. Il contrôlait tout ce qui se passait dans la communauté, et en temps de prospérité, c'était positif, mais quand ses membres se préoccupaient plus de leur pouvoir que du bien commun, cela mena à des divisions et des conflits qui contribuèrent finalement au déclin de la fière communauté de Curaçao.
Les Haskamos de Curaçao étaient calqués sur ceux de la Kehillah portugaise Talmud Torah d'Amsterdam, d'où venaient la plupart des membres, et avec laquelle ils restèrent profondément connectés. Au fil des siècles, des rabbins furent envoyés d'Amsterdam pour Curaçao, et Amsterdam continua à diriger la communauté juive depuis l'autre côté de l'océan.
En 1651, la communauté s'établit comme Congrégation Mikveh Yisrael. En 1674, elle avait suffisamment grandi en taille et en finances pour acheter son premier bâtiment de synagogue à Willemstad. En 1703, elle le reconstruisit plus grand, et en 1730, elle le démolit pour en construire un édifice magnifique qui est toujours en usage aujourd'hui. Construit par un maître charpentier venu d'Amsterdam, il fut achevé pour Pessah 1732. La belle synagogue s'appelle la Snoa (synagogue en papiamento, la langue de Curaçao). Elle a des plafonds de 50 pieds (15 mètres) de haut et des lustres en cuivre du XVIIIe siècle, et fut construite pour ressembler à la synagogue d'Amsterdam d'où venaient la plupart des Juifs de Curaçao. La synagogue peut accueillir 600 personnes. Aujourd'hui, c'est une attraction touristique majeure à Curaçao.
Synagogue Mikveh Israel-Emmanuel
La synagogue est unique par ses sols couverts de sable. Certains pensent que le sable rappelle les quarante années passées par le peuple juif dans le désert. D'autres disent qu'il symbolise la promesse de Dieu à Abraham que ses descendants seraient aussi nombreux que les étoiles et le sable. Une autre idée est qu'il provient des Juifs qui priaient en secret pendant l'Inquisition et utilisaient du sable pour étouffer le bruit de leurs pas et de leurs prières.
À la fin des années 1740, la communauté juive s'étendit au-delà de Willemstad vers le quartier voisin d'Otrabanda, où une nouvelle synagogue, Neve Shalom, fut fondée en 1746. Au cours des années suivantes, des désaccords surgirent sur le fait de savoir si la synagogue Mikveh Yisroel devait prendre des décisions pour la nouvelle communauté ou si Neve Shalom était désormais indépendante. Le conflit devint si grave qu'il affecta l'économie de l'île (montrant l'importance de la communauté juive pour l'économie de Curaçao), et le gouvernement intervint.
En 1750, le prince de Hollande ordonna aux deux communautés de faire la paix. Son ordre royal exigeait que Neve Shalom suive le leadership du Machamad et du conseil de Mikveh Yisroel, et obéisse aux directives de la communauté portugaise d'Amsterdam.
Intérieur de la synagogue avec sol couvert de sable
La communauté de Curaçao avait de nombreuses organisations aidant les pauvres et les malades. Elle était si réputée pour s'occuper des nécessiteux que la Kehillah d'Amsterdam payait les frais de voyage pour que des membres pauvres s'installent à Curaçao, sachant qu'ils y seraient bien pris en charge. Cela arriva si souvent que, en 1736, le gouverneur Juan Pedro van Collen demanda à la Compagnie des Indes occidentales d'arrêter de délivrer des passeports aux Juifs pauvres, craignant qu'ils ne deviennent un fardeau pour Curaçao.
Les rabbins de Curaçao
La communauté juive de Curaçao était profondément attachée à sa foi. Dans les années 1600, les Juifs y avaient plus de droits et de libertés qu'ailleurs dans le monde occidental. Alors que plus de droits menaient souvent à l'assimilation ailleurs, cela fut rare à Curaçao. Pendant les deux siècles suivants, la communauté resta forte. Contrairement à d'autres communautés juives des Amériques, elle fit de l'éducation juive une priorité absolue et travailla dur pour donner à ses enfants une solide base religieuse.
En 1674, le Chacham Josiau Pardo arriva d'Amsterdam pour devenir le premier rabbin de Curaçao. Issu d'une famille de rabbins (son père avait été juge au tribunal juif d'Amsterdam aux côtés du célèbre Rabbi Menashe ben Israel), il se concentra sur l'étude de la Torah dans la communauté. Il établit un médras (beit midrash) pour les enfants.
Sous le leadership du Chacham Pardo, la communauté exigea que les garçons fréquentent le médras de 5 à 16 ans, démontrant leur engagement envers l'étude de la Torah. En Europe à l'époque, seuls les garçons riches ou très motivés continuaient après la bar-mitsva, mais à Curaçao, c'était obligatoire. Les familles qui n'envoyaient pas leurs fils pouvaient être amendées ou contraintes par le gouvernement.
Le Chacham Pardo fonda également la Yeshiva Eitz Chaim v’Ohel Yaakov pour former des enseignants, des hazzanim et ceux qui voulaient étudier la Torah plus longtemps. C'était la première institution de type yeshiva dans l'hémisphère occidental, et beaucoup de ses diplômés dirigèrent plus tard des communautés juives dans les Amériques.
En 1683, après le départ de Rabbi Pardo pour la Jamaïque, il n'y eut pas de rabbin jusqu'en 1696, quand Rabbi Eliau Lopez arriva à Curaçao. Il avait précédemment été Chacham de la Barbade et dirigea la communauté jusqu'à sa mort en 1713.
Rabbi Raphael Jesurun, élève de la Yeshiva Eitz Chaim d'Amsterdam, servit comme rabbin de 1717 à 1748. Rabbi Raphael Mendes de Sola, rabbin à Amsterdam, arriva en 1744 comme rabbin assistant, puis comme Chacham jusqu'en 1761.
Le rabbin suivant fut Rabbi Isaac Henriquez Farro d'Amsterdam. Tragiquement, il mourut quelques jours après son arrivée en juillet 1762. La communauté persuada alors Rabbi Raphael Chaim Yitzchok Karigal, érudit de la Torah et collecteur de fonds pour la communauté de Hébron, de servir comme rabbin jusqu'au retour du rabbin natif de Curaçao Jacob Lopez da Fonseca, qui devait obtenir sa semicha de la Yeshiva Eitz Chaim d'Amsterdam. Rabbi Karigal accepta et resta deux ans. Il devint plus tard rabbin à Newport (Rhode Island) et New York.
Rabbi Jacob Lopez da Fonseca revint à Curaçao en 1764 et servit comme Chacham jusqu'en 1815. Il fut le premier Chacham né à Curaçao à diriger la communauté.
Congrégation mère des Amériques
Avec de forts leaders, la communauté juive de Curaçao grandit spirituellement et financièrement. Vers 1750, environ 2 000 Juifs vivaient sur l'île, probablement plus que dans toutes les treize colonies américaines réunies.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, les rabbins encouragèrent la communauté à partager sa richesse avec les communautés juives du monde entier, surtout dans les Amériques et en Terre d'Israël. La communauté fit de généreuses donations pour construire la synagogue Touro à Newport (Rhode Island), la synagogue Shearith Israel à New York, et des synagogues à Kingston (Jamaïque), Charleston et Philadelphie.
Aujourd'hui encore, chaque Yom Kippour, les synagogues Touro et Shearith Israel à New York récitent une prière de remerciement à Curaçao pour l'aide apportée il y a plus de 200 ans. Grâce à leur générosité, Curaçao devint connue comme la « Congrégation mère des Amériques ».
Signes d'assimilation
Après 200 ans d'une communauté juive forte, les choses commencèrent à s'affaiblir. À la mort du Chacham Jacob Da Fonseca en 1815, la communauté choisit Jacob Hain de Abraham Curiel, un marchand de 60 ans ignorant en loi juive, pour le remplacer.
Au bout d'un moment, la communauté réalisa que son manque de connaissances posait problème et demanda à Amsterdam d'envoyer un hazzan servant aussi de rabbin temporaire. Rabbi Jeosuah Piza, élève de la Yeshiva Eitz Chaim, arriva en 1815. Cependant, des désaccords mineurs (comme une formulation différente pour terminer le kiddouch) irritèrent certains membres, et en décembre 1818, Piza fut suspendu honorablement.
Cette suspension créa une profonde division, et un grand groupe partit. Les séparatistes organisèrent leurs propres offices et achetèrent un terrain pour leur propre cimetière. À la demande du Machamad, qui voulait conserver le contrôle, le gouvernement intervint à nouveau pour forcer la réunion, mais la paix resta fragile.
La situation empira.
À l'époque, le mouvement réformé se répandait parmi les Juifs allemands en Amérique, et la communauté de Curaçao, déjà affaiblie par les conflits, commença à l'imiter. En 1864, un tiers de la communauté se sépara pour introduire un orgue à la synagogue le Shabbat. Ils construisirent un nouveau bâtiment appelé Temple Emanuel et établirent leur propre cimetière à Berg Altena.
Pour limiter les pertes et attirer les masses, le Chacham de Mikveh Yisroel, Rabbi Aron Mendes Chumaceiro, décida aussi de libéraliser la congrégation.
Rabbi Isaac Leeser de Philadelphie, farouche opposant au réformisme, critiqua vivement ces changements dans son périodique « The Occident ». Il écrivit : « Nous regrettons profondément que le rabbin se soit senti contraint d'accepter l'introduction de musique instrumentale dans la synagogue… et il est futile de faire cela par un non-Juif. »
En 1964, en raison de l'assimilation, des mariages mixtes et de l'émigration, ni Mikveh Israel ni Emmanuel ne pouvaient réunir un minyan. Elles décidèrent de se réunir en Mikveh Israel-Emmanuel.
Aujourd'hui, Mikveh Israel-Emanuel conserve encore 18 rouleaux de Torah vieux de plusieurs siècles, gardés dans la belle synagogue construite avec grande dévotion. Cependant, la forte communauté de tradition espagnole-portugaise qui y prospérait a disparu.
La communauté ashkénaze
Les Juifs ashkénazes commencèrent à arriver à Curaçao dans les années 1920 et 1930. Beaucoup ne prévoyaient pas de s'y installer, mais certains décidèrent de rester quand leurs navires y firent escale. La plupart étaient pauvres et gagnaient leur vie en vendant des marchandises dans les zones rurales, souvent en achetant auprès des Juifs séfarades déjà présents. Avec le temps, ils ouvrirent des boutiques, puis des magasins plus grands.
À mesure qu'ils réussissaient, ils formèrent leur propre communauté appelée Shaarei Tzedek. En 2006, ils inaugurèrent une nouvelle synagogue avec un dôme en verre spectaculaire. Aujourd'hui, la synagogue suit les coutumes ashkénazes, mais les Séfarades y prient aussi. Le Chabad de Curaçao utilise la synagogue pour ses offices et programmes.
Pas de visa requis : Fuir la Lituanie pour Curaçao (en quelque sorte)
En 1939, les deux tiers de la Pologne avaient été conquis par l'Allemagne, et le tiers restant était sous contrôle soviétique. Pendant une brève période fin 1939 et début 1940, la Lituanie fut un pays neutre. Reconnaissant une opportunité, Reb Chaim Ozer Grodzensky, leader du judaïsme européen, envoya des télégrammes urgents aux yeshivot de Pologne sous contrôle soviétique, les exhortant à fuir en masse vers la Lituanie. Ils obéirent. Mais quand les Soviétiques envahirent la Lituanie en juin 1940, ce refuge cessa d'être sûr.
Nachum Zvi (Nathan) Gutwirth, originaire de Hollande et étudiant à la yeshiva de Telshe, fuit avec sa yeshiva en Lituanie. Après l'invasion, désespéré de fuir le régime soviétique (il ne pouvait retourner en Hollande occupée par les nazis), il se souvint de ses années scolaires : les Pays-Bas possédaient une île appelée Curaçao, à 60 miles au nord du Venezuela. En tant que citoyen néerlandais, il pensa pouvoir s'y rendre.
Pour quitter l'URSS, il fallait un visa de sortie russe, un visa de transit (par le Japon ou ailleurs) et une destination finale. Sachant qu'il n'obtiendrait les deux premiers qu'avec une destination, Nachum écrivit à l'ambassadeur néerlandais à Riga pour demander un visa pour Curaçao. L'ambassadeur répondit qu'aucun visa n'était requis pour Curaçao, seulement l'autorisation du gouverneur de l'île.
Nachum eut alors une idée qui sauva plus tard des milliers de personnes, dont les étudiants et professeurs de la célèbre yeshiva de Mir. Il demanda à l'ambassadeur d'inscrire sur son passeport : « No Visa to Curacao required » (Aucun visa requis pour Curaçao), espérant que cela l'aiderait à obtenir les visas russe et japonais.
L'ambassadeur accepta et lui indiqua de se rendre au consul honoraire néerlandais Jan Zwartendyk à Kovno pour faire inscrire ces mots.
Le 24 juillet, Zwartendyk, connaissance de Nachum, inscrivit « No visa to Curacao required » sur son passeport. (Deux jours plus tôt, le 22 juillet, une autre Néerlandaise, Peppy Lewin, avait eu la même idée et reçu des « visas Curaçao » pour elle et son mari.) Quand deux professeurs de la yeshiva de Mir, Rabbi Leib Malin et Reb Lazer Portnoy, apprirent l'idée, ils demandèrent à Nachum d'obtenir la même inscription pour les 300 membres de la yeshiva. Aidé de cinq étudiants de Mir, Zwartendyk accepta avec joie.
Grâce aux « visas Curaçao », Nachum, la yeshiva de Mir et environ 2 000 autres obtinrent des visas de transit de Chiune-Sempo Sugihara pour traverser le Japon. Après avoir obtenu les visas de sortie russes, ils échappèrent à l'Europe nazie et soviétique, passant le reste de la guerre au Japon et à Shanghai.
La connexion Curaçao
Dans un tournant remarquable de l'histoire, Curaçao, autrefois appelée « la Congrégation mère des Amériques » et abritant environ 2 000 Juifs à son apogée, joua un rôle clé dans le sauvetage de Juifs fuyant l'Europe grâce aux 2 000 « visas Curaçao ». Parmi les réfugiés, la yeshiva de Mir se distingua, reconstruisant plus tard la vie juive et les institutions de Torah en Amérique et en Israël après l'Holocauste.
Peut-être y a-t-il un lien spirituel entre l'engagement de la communauté de Curaçao envers la communauté juive et l'éducation juive, et le fait que ce soit cette destination qui permit à la yeshiva de Mir et à des centaines d'autres Juifs d'échapper à l'Holocauste et de reconstruire des communautés juives en Amérique et en Israël après la guerre.
(L'article se termine par des appels à commentaires, dons, liens vers d'autres articles recommandés, informations sur l'auteur Rabbi Menachem Levine, et navigation du site Aish.com.)
L'incroyable exploit d'un consul des Pays-Bas
Parmi les derniers ouvrages publiés par les Éditions Noir sur Blanc, "Les Justes" de Jan Brokken raconte comment un "Visa pour Curaçao" permit de sauver des milliers de Juifs en 1940
Le débat autour de la position du Quai d'Orsaysur le Liban et le Hezbollah s’inscrit dans une tension ancienne entre doctrine diplomatique et réalités du terrain en 2026.
Héritée en partie d’une vieille tradition imposée par de Charles de Gaulle, la politique française au Proche-Orient privilégie une approche pro-arabe.
Cette vision repose sur l’idée qu’isoler totalement un acteur comme le Hezbollah rendrait toute solution politique impossible.
Cependant, cette distinction entre branche politique et branche militaire du Hezbollah est aujourd’hui fortement contestée. Pour Israël, mais aussi pour d’autres pays, le Hezbollah constitue une organisation unifiée, à la fois politique, militaire et idéologique, soutenue par l'Iran
Dans cette lecture, considérer une partie du mouvement comme légitime revient à affaiblir la pression internationale donner une prime au terrorisme, et à prolonger une situation où l’État et l'armée libanaise restent sous influence.
Les propos du ministre israélien Gideon Sa'ar s’inscrivent dans cette logique : Israël affirme vouloir intégrer le Liban dans une dynamique régionale de normalisation, comparable à celle engagée avec certains pays arabes. Mais, selon cette position, un tel processus reste impossible tant que le Hezbollah conserve un rôle militaire autonome et une capacité de décision sur la guerre et la paix.
Du côté libanais, la situation est particulièrement délicate. Le Libanest traversé par des équilibres internes fragiles, où le Hezbollah représente$ait jusqu'à présent à la fois une force politique majeure et une puissance armée indépendante. Une pression extérieure trop forte peut déstabiliser davantage le pays, tandis qu’une tolérance excessive entretient un statu quo contesté.
Ainsi, la critique adressée au Quai d’Orsay reflète une frustration face à une diplomatie arriérée jugée parfois en décalage avec l’évolution des rapports de force régionaux. La france a perdu toute son influence en Afrique, et au Moyen Orient, elle se rattache à la défense d'un Liban corrompu et proche des terroristes.