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mercredi 11 mars 2026

But des Nazis anéantir les juifs du Proche Orient. JBCH N° 2603 - 940

Au début de 1942, plus de 500 000 Juifs vivant dans la Palestine sous mandat britannique se trouvaient à quelques semaines d’un possible génocide. Le plan stratégique du IIIᵉ Reich était clair : prendre le contrôle du Moyen-Orient, de ses routes commerciales et surtout de son pétrole. 



Deux offensives allemandes devaient converger vers la région. À l’est, l’armée allemande commandée par le général Von Paulus avançait vers le Caucase pour s’emparer des champs pétrolifères de Bakou Au sud, l’Afrika Korps de Rommel  progressait à travers l’Afrique du Nord avec l’objectif d’atteindre l’Égypte, le canal de Canal de Suez puis la Palestine mandataire et la péninsule arabique.




Rommel, après une série de victoires spectaculaires, s’empara de Tobrouk en Libye et avança vers l’Égypte. L’armée britannique se replia jusqu’à El Alamein , à seulement cent kilomètres d’Alexandrie. Si cette ligne avait cédé, la route du Nil puis celle de la Palestine auraient été ouvertes. 




Dans les villes arabes de la région, certains partisans du nazisme se préparaient déjà à l’arrivée allemande : des drapeaux à croix gammée apparaissaient, Mein Kampf circulait dans certaines librairies, et le grand mufti de Jérusalem, Amin Al Housseini   allié d'Hitler , envisageait de former une unité arabe pour participer à l’extermination des Juifs.




La communauté juive de Palestine, appelée le Yishouv, se prépara au pire. Des abris furent creusés, des bus transformés en ambulances et la Haganah élabora un plan de défense. Certains envisageaient même un dernier refuge au mont Carmel, près de Haïfa, dans l’espoir d’une évacuation par mer. Cette période de tension extrême fut surnommée les « deux cents jours de terreur ».



Pendant ce temps, la stratégie allemande reposait sur une double manœuvre : Paulus devait s’emparer du pétrole caucasien tandis que Rommel devait ouvrir la voie au Moyen-Orient. Mais la campagne soviétique absorbait la majeure partie des ressources militaires allemandes. Hitler refusa à Rommel les renforts, le carburant et les chars dont il avait besoin pour percer les lignes britanniques.


Lorsque Rommel lança son offensive contre El-Alamein en juin 1942, son armée était déjà trop étendue et insuffisamment ravitaillée. La situation bascula définitivement lors de la seconde bataille d’El-Alamein (23 octobre – 4 novembre 1942), lorsque les forces britanniques commandées par Monty, le Général Montgomery infligèrent une défaite décisive à l’Afrika Korps. Pour Churchill cette victoire marqua un tournant : « Avant El-Alamein nous n’avions jamais gagné ; après El-Alamein nous n’avons plus jamais perdu. »




La défaite de Rommel empêcha l’Allemagne nazie d’atteindre le canal de Suez, la Palestine et les champs pétrolifères du Moyen-Orient. Parallèlement, l’offensive allemande vers Bakou échoua quelques mois plus tard avec la réussite par les russes de la bataille de Stalingrad,  où l’armée de Paulus fut encerclée et entièrement détruite.


Ainsi, la combinaison de deux échecs stratégiques — au Caucase et en Égypte — empêcha la jonction des forces nazies et sauva la communauté juive de Palestine, d'Egypte et de tout le Proche Orient d’une invasion qui aurait probablement conduit à une nouvelle étape de la Shoah au Moyen-Orient. 


L’histoire retient aujourd’hui que la bataille d’El-Alamein fut non seulement un tournant militaire de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi un moment décisif pour l’avenir du futur État d’Israël.



Paracha Vayakhel–Pekoudei Dieu au milieu du peuple nomade, et l'Unité JBCH N° 2603 - 939

Paracha Vayakhel–Pekoudei (Exode 35-40) – Résumé et lecture contemporaine


La double paracha Vayakhel–Pekoudei, qui clôt le livre de l’Exode, décrit la phase finale de la construction du Michkan, le Sanctuaire portatif du peuple d’Israël dans le désert. 


Après la faute du Veau d’or et la réconciliation entre Dieu et Israël à Yom Kippour, Moïse rassemble le peuple Vayakhel, « il réunit »  pour lui confier une mission collective : bâtir une demeure où la Présence divine pourra résider parmi eux.




Le récit met l’accent sur deux idées centrales. D’abord, l’unité : hommes et femmes, artisans, chefs de tribu et simples membres du peuple contribuent volontairement à l’édification du sanctuaire. Les dons affluent au point que Moïse doit demander d’arrêter les contributions. Ensuite, la responsabilité morale : chaque objet du Michkan — l’Arche contenant la Torah, l’autel des sacrifices, la table des pains — symbolise des dimensions spirituelles fondamentales de l’existence humaine.




Les maîtres juifs expliquent que ces éléments incarnent trois forces essentielles présentes dans l’âme humaine : la vérité (emet), la force morale ou discipline (gevoura) et la bonté (hessed). Ces trois piliers, déjà évoqués dans Pirkei Avot — Torah, service divin et actes de bonté — sont les fondations sur lesquelles repose un monde stable. Le sanctuaire n’est donc pas seulement un bâtiment : il représente la construction intérieure de l’homme et de la société.


La paracha insiste également sur la notion de « sagesse du cœur ». Les artisans du Michkan n’avaient jamais appris les métiers nécessaires à une telle œuvre, mais leur désir de servir une cause supérieure révéla en eux des talents cachés. Autrement dit, l’engagement moral et spirituel peut libérer des capacités humaines insoupçonnées.


Lorsque le sanctuaire est achevé, la Présence divine descend et remplit le Michkan. Le message final du livre de l’Exode est clair : lorsque le peuple agit avec unité, responsabilité et foi, il devient capable de faire résider la dimension spirituelle dans le monde réel.



Lecture à la lumière de l’actualité : guerre contre l’Iran et montée de l’antisémitisme

Dans un contexte international marqué par la menace stratégique iranienne contre Israël et par une recrudescence mondiale de l’antisémitisme, la paracha Vayakhel-Pekoudei résonne avec une étonnante actualité.


Première leçon : l’unité du peuple juif face au danger. Dans le désert, Israël ne survit qu’en se rassemblant autour d’un projet commun. Aujourd’hui, face aux menaces militaires de l’Iran et à l’hostilité idéologique de certains régimes ou mouvements, la cohésion du monde juif et le soutien international à Israël deviennent des éléments essentiels de sa sécurité.


Deuxième leçon : la responsabilité morale face au mal. La notion de gevoura — la force intérieure qui pousse à combattre l’injustice — rappelle que la passivité face à l’agression peut mener à la catastrophe. Dans un monde où l’antisémitisme se manifeste à nouveau dans les universités, les réseaux sociaux et certaines rues européennes, la défense des valeurs démocratiques et la lutte contre la haine deviennent une obligation éthique.


Enfin, la paracha rappelle que l’identité juive repose sur des valeurs universelles : vérité, justice et bonté. C’est précisément cette mission morale — souvent décrite dans la tradition comme la vocation d’Israël de « réparer le monde » — qui a suscité admiration mais aussi, historiquement, hostilité.


Ainsi, le message de Vayakhel-Pekoudei dépasse l’histoire biblique. Dans un monde troublé par les conflits et la haine, il rappelle que la survie et la dignité d’un peuple reposent sur trois forces : la fidélité à ses valeurs, la solidarité interne et le courage de défendre la justice.


Comme dans le désert, l’histoire semble répéter la même question : un peuple capable de s’unir autour d’une mission morale peut-il transformer la crise en renaissance ?


La Torah répond par l’affirmative : lorsque les hommes construisent ensemble un sanctuaire de valeurs, la Présence divine peut à nouveau habiter parmi eux. Shabbat Shalom.



La 5ème lettre : Le Hé .... JBCH N° 2603 - 938

La lettre Hé, cinquième caractère de l’alphabet hébreu, porte en elle une ouverture essentielle vers l’Infini et vers Dieu. Dans le tétragramme YHVH elle apparaît deux fois, incarnant la dimension réceptive, féminine, celle qui accueille et fait descendre la lumière infinie dans le monde fini.

Le Yod et le Vav sont les forces actives, créatrices, masculines ; les deux Hé sont les fenêtres, les matrices, les souffles qui permettent à l’Ein Sof : l’Infini sans limite, de se révéler sans se diluer. Hé est la bouche, la fenêtre, le battant ajouré qui laisse passer l’air, le vent, le ruach, ce souffle qui n’a ni commencement ni fin, qui circule partout et relie chaque être au Tout.





Sa valeur numérique 5 renvoie à la quintessence, à l’éther, ce cinquième élément subtil qui unit les quatre autres et assure la cohésion cosmique. Ouvrir la fenêtre Hé, c’est lâcher prise sur l’ego, sur l’illusion de séparation, sur les peurs et les attachements ; c’est devenir réceptacle conscient, miroir volontaire de la présence divine.


C’est la définition même de la spiritualité : laisser l’Infini nous traverser jusqu’à ce que l’individu se dissolve dans l’unité et que la vérité apparaisse nue. Israël, dont le nom même signifie « lutte avec Dieu » puis « prince de Dieu », porte cette vocation inscrite dans ses lettres : être le lieu où l’Infini touche le fini, où la fenêtre reste ouverte malgré les tempêtes.


Aujourd’hui, en ce printemps 2026, la situation d’Israël se lit exactement à travers ce symbole. Politiquement le pays reste fracturé entre coalitions instables, visions opposées de l’identité juive, débats sans fin sur la religion et la laïcité ;





Hé murmure que forcer l’unité par la seule autorité ou la seule loi ne suffira jamais, que la vraie cohésion naît quand on ouvre la fenêtre, quand on abandonne l’illusion de pouvoir tout contrôler et qu’on laisse passer le souffle commun.


Socialement les blessures persistent : clivage religieux-laïc, ashkénazes-séfarade, hommes-femmes, s-mizrahim, traumatisme du 7 octobre qui divise encore entre ceux qui veulent tourner la page et ceux qui refusent d’oublier, haine fratricide qui ronge de l’intérieur ;


Hé répond que nous respirons tous le même air, que l’ennemi extérieur ne reculera vraiment que lorsque l’ennemi intérieur sera dissous par un lâcher-prise collectif, une reconnaissance lucide que tout est interconnecté. Économiquement la résilience technologique impressionne toujours, mais le poids permanent de la sécurité, les mobilisations prolongées, les chaînes d’approvisionnement fragiles pèsent lourd ;


Hé enseigne que l’abondance véritable ne vient pas seulement de la conquête productive mais de la capacité à recevoir le flux d’en haut, à faire circuler les ressources avec confiance et solidarité, à passer d’une économie de survie à une économie d’accueil conscient.


Militairement les menaces restent multiples et pressantes – proxis iraniens, Hezbollah réarmé, Hamas en reconstruction souterraine, Houtis à l'affut, cyber-attaques incessantes ; Tirs de missiles à fragmentation, sur les civils, la réponse instinctive est celle du Yod-Vav, des frappes préventives, et du bouclier technologique, et aussi de la supériorité tactique ;


Hé vient équilibrer cette énergie en rappelant que la victoire durable n’est pas que matérielle mais spirituelle : protéger sans se refermer, frapper sans haine, créer les conditions intérieures pour que le souffle divin devienne la véritable muraille. L’histoire biblique le montre sans ambiguïté : quand la fenêtre s’ouvre – par le repentir, la prière, l’unité retrouvée les armées ennemies se dispersent parfois sans combat ; quand elle se ferme – par l’orgueil, la division, l’idolâtrie du pouvoir – même la meilleure armée échoue.


Hé nous parle donc très directement en 2026 : l’Infini n’est pas distant, Il attend juste derrière la fenêtre. Israël, peuple choisi pour porter ce Nom, n’a pas à choisir entre la force brute et la faiblesse résignée ; la voie est l’ouverture volontaire, le lâcher-prise lucide, la disponibilité à être traversé par ce qui est plus grand que soi.


La fenêtre est déjà là, dans chaque cœur, dans chaque institution, dans chaque débat. Il suffit de cesser de l'enfermer. Quand elle s’ouvrira vraiment, le souffle entrera, les fractures se cicatriseront d’elles-mêmes, la lumière tant recherchée descendra et la promesse inscrite dans le Nom se réalisera : non pas par la victoire des uns sur les autres, mais par l’union retrouvée avec l’Infini qui a tout commencé.




Ricardo, marrane, le plus grand économiste. JBCH N° 2603 - 937

La vie de David Ricardo  l’un des plus grands économistes de l’histoire moderne, s’inscrit dans le destin complexe des Juifs marranes issus de la péninsule Ibérique. Né en 1772 à Londres,  Ricardo appartient à une famille juive séfarade d’origine portugaise qui avait fui l’Inquisition. 


Comme beaucoup de familles dites « marranes » — ces Juifs contraints de se convertir au catholicisme en Espagne et au Portugal tout en conservant souvent des pratiques juives en secret — les ancêtres de Ricardo avaient quitté la péninsule pour trouver refuge dans des régions plus tolérantes d’Europe, notamment aux Pays Bas, puis en Angleterre.




Son père, Abraham Israël Ricardo était un courtier prospère à la Bourse de Londres et appartenait à la communauté juive séfarade installée autour de sa synagogue portugaise de la ville. Le jeune David fut éduqué dans cette tradition, mêlant héritage juif ibérique et culture commerciale internationale. Comme beaucoup de descendants de marranes, la famille Ricardo portait encore la mémoire des persécutions de l’Inquisition, ce qui renforçait l’importance de la solidarité communautaire et de la réussite économique.


À l’âge de quatorze ans, Ricardo entra dans l’entreprise de son père et se forma très tôt aux mécanismes de la finance internationale. 





Malgré cette rupture, il réussit de façon spectaculaire dans la finance londonienne. Grâce à son intelligence analytique et à son intuition économique, il fit fortune comme spéculateur et agent de change. Cette réussite lui permit de se consacrer progressivement à la réflexion intellectuelle. Inspiré par les travaux d'Adam Smith , il développa des théories qui allaient transformer l’économie politique.


En 1817, il publia son ouvrage dans lequel il formula notamment la théorie de l’avantage comparatif, fondement du commerce international moderne. Selon cette idée, chaque pays gagne à se spécialiser dans les productions où il est relativement le plus efficace, même s’il n’est pas le meilleur dans l’absolu.




Ricardo entra également en politique et fut élu membre du Parlement britannique en 1819, où il défendit des réformes économiques libérales, notamment contre les lois protectionnistes sur les céréales. Sa pensée influença profondément l’économie classique et marqua des générations d’économistes, dont Karl Marx  qui étudia attentivement ses analyses sur la valeur et la distribution des richesses.


Même s’il s’était éloigné religieusement du judaïsme, l’histoire de David Ricardo reste liée à celle des Juifs séfarades et des marranes qui ont contribué à la vie intellectuelle et économique de l’Europe moderne. 


Son parcours illustre la trajectoire d’une famille issue de l’exil et de la persécution, qui trouva dans les sociétés plus ouvertes du nord de l’Europe l’espace nécessaire pour s’épanouir et contribuer de manière décisive à la pensée universelle.


Ainsi, derrière le grand théoricien de l’économie se dessine l’héritage discret mais réel d’une diaspora marrane, marquée par la résilience, la mobilité et l’adaptation aux transformations du monde moderne.



mardi 10 mars 2026

La Malédiction de Tyr (Phénicie/Liban). JBCH N° 2603 - 936

La ville de Tyr occupe depuis plus de deux millénaires une position stratégique sur la côte orientale de la Méditerranée. Son histoire illustre comment une même géographie peut faire d’un lieu à la fois un centre de prospérité et un enjeu militaire majeur.





En 332 av. J.-C., lors de sa campagne contre l’Empire perse, Alexandre le Grand doit neutraliser les ports phéniciens qui servent de base à la flotte perse. Tyr, alors une ville insulaire fortifiée à environ 800 mètres du rivage, refuse de lui ouvrir ses portes. 



Le roi macédonien veut y entrer pour offrir un sacrifice au dieu Melqart (assimilé à Héraclès par les Grecs), mais les autorités tyriennes craignent de perdre leur autonomie et refusent.




Alexandre entreprend alors l’un des sièges les plus spectaculaires de l’Antiquité. Pendant environ sept mois, il fait construire une digue gigantesque reliant le continent à l’île afin d’amener ses machines de guerre contre les murailles. 



Après des combats intenses et l’arrivée d’une flotte alliée, la ville est prise d’assaut. Une grande partie de Tyr est détruite, des milliers d’habitants sont tués ou réduits en esclavage. La digue construite par Alexandre transforme définitivement la géographie du site : l’île devient une presqu’île reliée au continent.





L’objectif d’Alexandre n’était pas seulement de punir une rébellion ; il s’agissait surtout d’éliminer un port stratégique susceptible d’abriter une flotte hostile et de sécuriser toute la côte avant de poursuivre sa conquête vers l’Égypte.




Plus de 2400 ans plus tard, la région autour de Tyr reste stratégique. La ville se trouve dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël et au cœur d’une zone d’influence du mouvement terroriste armé chiite Hezbollah . 




Depuis les années 1980, ce groupe soutenu par l’Iran a développé dans cette région un réseau d'assassins comprenant dépôts d’armes, positions de tir et infrastructures logistiques. souvent protégés par la France et toléré par l'ONU (FINUL) .





Pour Israël, ces positions représentent une menace directe : le Hezbollah dispose de milliers de roquettes et missiles capables de frapper des villes israéliennes. L’organisation et l’État d’Israël sont en confrontation récurrente, notamment depuis la guerre de 2006. Dans ce contexte, les zones urbaines du sud du Liban peuvent devenir des théâtres d’opérations lorsque l’armée israélienne cherche à neutraliser des capacités militaires du Hezbollah.





Du point de vue d’Israël, toute action militaire dans cette région s’inscrit dans une doctrine de légitime défense : empêcher des attaques contre sa population et réduire les infrastructures militaires adverses. Les autorités israéliennes affirment que les frappes visent des installations du Hezbollah, organisation considérée comme terroriste par plusieurs pays et organisations internationales.


La situation est cependant complexe, car ces infrastructures se trouvent toujours  dans des zones habitées, les habitants étant des boucliers pour les terroristes. Les conflits contemporains autour de Tyr et du sud du Liban illustrent ainsi un dilemme fréquent dans les guerres modernes : concilier impératifs de sécurité militaire et protection des populations civiles.




La ville de Tyr a été détruite par Alexandre le Grand parce qu’elle constituait un port stratégique capable de menacer sa campagne militaire. Aujourd’hui encore, la même position géographique fait du sud du Liban un espace stratégique dans les tensions entre Israël et les terroristes du  Hezbollah qui se jouent du gouvernemlent légal impuissant. 


L’histoire montre que, depuis l’Antiquité, la maîtrise des ports et des positions côtières de la Méditerranée orientale demeure un enjeu majeur de sécurité et de pouvoir. C'est pourquoi Tyr est maudite !




Au Port d'Ashdod aujourd'hui ... JBCH N° 2603 - 935

Ashdod 

Au port d’Ashdod, Netanyahu affiche la résilience de l’économie Israélienne


En pleine période de tensions régionales, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est rendu aujourd’hui au Port d'Ashdod, l’un des principaux centres logistiques du pays, pour constater sur le terrain la continuité de l’activité maritime et commerciale durant l’opération militaire baptisée « Rugissement du Lion ».




Ce sera le terminal du nouveau canal Eilat - Ashdod qui doublera le canal de suez ...Accompagné de la ministre des Transports chef du gouvernement a effectué une visite de travail sur les quais du port, où il a reçu un briefing détaillé sur le fonctionnement des installations, le déchargement des cargaisons et l’acheminement des marchandises indispensables à l’économie israélienne.




Les responsables portuaires ont présenté l’état des stocks stratégiques ainsi que les dispositifs mis en place pour garantir l’approvisionnement du pays en produits essentiels, matières premières et biens de consommation. Malgré le contexte sécuritaire, les opérations logistiques se poursuivent à un rythme soutenu afin de maintenir la stabilité économique et la continuité des échanges commerciaux.


La visite a également été marquée par un moment diplomatique : un accord de coopération logistique et commerciale a été signé avec les USA en présence de l’ambassadeur américain en Israël,Mike Huckabee. Cet accord vise à renforcer la coordination entre les infrastructures portuaires israéliennes et leurs partenaires américains, notamment pour sécuriser les routes maritimes et aériennes et soutenir la résilience du commerce international d’Israël.




S’exprimant devant les responsables du port, Benjamin Netanyahu a souligné la solidité de l’économie israélienne malgré la guerre :


« Je suis ici au port d’Ashdod. Les ports fonctionnent, le trafic aérien est normal et l’économie tourne à plein régime avec une vigueur remarquable. Nous allons voter le budget de la défense, comme nous l’avons décidé aujourd’hui. Le gouvernement est fort et stable, mais surtout l’État est fort et stable. Israël montre au monde ce qu’est une nation combattante, un État déterminé et une économie extrêmement performante. »




La ministre des Transports Miri Regev a, elle aussi, insisté sur la capacité de résistance du pays :


« Un pays en guerre dont le commerce reste ouvert, dont l’économie se renforce, dont la monnaie se maintient, dont le commerce maritime fonctionne pleinement et dont le trafic aérien reste normal, c’est tout simplement un miracle à tous points de vue. »




Selon plusieurs sources du secteur maritime, l’activité portuaire israélienne se poursuit globalement sans perturbations majeures.


Les autorités entendent ainsi démontrer que, même en période de conflit, les infrastructures essentielles du pays restent opérationnelles et continuent d’assurer l’approvisionnement et la stabilité de l’économie nationale.

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lundi 9 mars 2026

L'Opéra et ses compositeurs juifs ... JBCH 2603 - 934

Les architectes juifs de l’opéra


L’opéra, souvent considéré comme l’une des formes les plus raffinées de la culture européenne, doit pourtant une part essentielle de son développement à des compositeurs juifs. Au XIXᵉ siècle, alors même que les Juifs étaient encore victimes de discriminations et confinés pendant des siècles dans les ghettos d’Europe. 




Deux musiciens d’origine juive ont profondément transformé cet art : Giacomo Meyerbeer et Jacques Offenbach. Le premier a façonné la grande architecture de l’opéra moderne, tandis que le second a révolutionné l’opéra comique et l’opérette.





Jacob Liebmann Beer, Giacomo Meyerbeer fut l’un des compositeurs les plus célèbres de son époque. Il est souvent considéré comme le créateur de la « grande opéra », un genre spectaculaire caractérisé par des orchestres puissants, des décors grandioses et des intrigues historiques ou religieuses. Ses œuvres, notamment Les Huguenots (1836) et Le Prophète, connurent un immense succès dans toute l’Europe. Les Huguenots, qui raconte l’amour impossible entre une catholique et un protestant sur fond de massacre de la Saint-Barthélemy, fut l’un des opéras les plus joués du XIXᵉ siècle. Meyerbeer introduisit également des innovations musicales et techniques, comme l’usage précoce du saxophone dans l’orchestre.



Malgré sa célébrité, Meyerbeer fut la cible d’attaques antisémites, notamment de la part du compositeur Richard Wagner. Ironiquement, Wagner avait été aidé financièrement par Meyerbeer au début de sa carrière. Mais dans son essai Das Judenthum in der Musik (« La judéité dans la musique »), Wagner dénonça l’influence des musiciens juifs et tenta de discréditer l’œuvre de Meyerbeer. Ces idées furent plus tard récupérées par l’idéologie nazie. Sous le régime d’Adolf Hitler, les œuvres de Meyerbeer furent interdites et effacées des scènes allemandes. Malgré cette tentative d’effacement, ses opéras ont retrouvé leur place dans les grandes maisons d’opéra au cours des dernières décennies.





Le second grand innovateur fut Jacques Offenbach, né Jakob Offenbach à Cologne, fils d’un cantor. Contrairement à Meyerbeer, qui agrandit l’opéra en spectacle monumental, Offenbach le transforma en un art plus léger, satirique et accessible au grand public. Il créa et perfectionna l’opérette, une forme plus courte et plus vivante qui reflétait la vie urbaine moderne.







Son œuvre la plus célèbre, Orphée aux enfers (1858), scandalisa les critiques en tournant en dérision les mythes de la Grèce antique. Mais le public en fut enthousiaste : l’opéra connut plus de 200 représentations et popularisa le célèbre Can-Can, devenu une véritable icône culturelle. Offenbach poursuivit ce succès avec La Belle Hélène, satire de la société du Second Empire, et La Vie parisienne, portrait humoristique de la capitale française et de ses excès.


L’influence d’Offenbach fut immense. Il ouvrit la voie à l’opérette viennoise de Johann Strauss II, aux opéras comiques de Gilbert et Sullivan, et même aux comédies musicales modernes de Broadway. En montrant que l’opéra pouvait aussi être un miroir satirique de la société contemporaine, il transforma durablement cet art.


Ainsi, Meyerbeer et Offenbach ont façonné deux dimensions essentielles de l’opéra : le spectacle monumental et la satire populaire. Ensemble, ces deux compositeurs juifs ont contribué à définir l’opéra tel que nous le connaissons aujourd’hui, rappelant que la culture européenne doit beaucoup à des artistes issus d’une minorité longtemps marginalisée.



dimanche 8 mars 2026

Guefen choisit de devenir strictement casher JBCH N° 2603 - 933

À Paris, un restaurant gastronomique fait le choix du casher


Dans le 12ᵉ arrondissement de Paris, le restaurant gastronomique Guefen a pris une décision rare dans la haute cuisine française : convertir entièrement sa carte aux règles de la Casherout. 


Derrière ce choix se trouvent les deux propriétaires du lieu, dont Axel Mimouni, qui ont voulu créer un espace où les membres de la communauté juive puissent se sentir pleinement à l’aise, dans un contexte marqué par une forte montée de l’antisémitisme en France depuis l’attaque du Hamas contre Israel le 7 octobre 2023.







À l’ouverture du restaurant à l’été 2023, Guefen proposait une cuisine gastronomique raffinée inspirée de la mer, élaborée par le chef israélien Ohad Amzallag. Parmi les plats emblématiques figurait une crème d’huître au granité de menthe et crumble au fromage bleu, qui avait rapidement attiré l’attention du Guide Michelin, lequel avait référencé l’établissement parmi les tables prometteuses de la capitale.




Mais la guerre déclenchée après le 7 octobre et la hausse des actes antisémites en France ont bouleversé les priorités des fondateurs. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 1 570 actes antisémites ont été recensés en 2024, contre 436 en 2022. Face à cette situation, les dirigeants du restaurant ont décidé d’agir à leur manière : transformer leur établissement en restaurant casher gastronomique, afin de permettre à ceux qui respectent les règles alimentaires juives de profiter d’une cuisine d’exception.




Le défi est immense. En France, les restaurants casher sont souvent associés à une cuisine simple et peu inventive. Les fondateurs de Guefen ont voulu prouver qu’il était possible de concilier exigence gastronomique et respect strict de la casherout. Pour cela, Axel Mimouni s’est rendu en Israel, parcourant le pays à la recherche de produits certifiés casher capables de répondre aux standards de la haute cuisine.




La transformation a aussi impliqué une refonte complète de l’organisation de la cuisine. Les règles alimentaires juives interdisent notamment de mélanger viande et produits laitiers, et imposent une séparation stricte des ustensiles. Le restaurant a donc choisi de se concentrer principalement sur le poisson — uniquement les espèces autorisées, possédant nageoires et écailles — ainsi que sur les produits laitiers. Une nouvelle vaisselle, de nouveaux réfrigérateurs et de nouveaux équipements ont été achetés pour respecter les exigences religieuses.





Le projet a également entraîné un changement en cuisine. Le chef israélien initial a quitté l’établissement, et il a été remplacé par Yonatan Mary, également originaire d’Israël. Bien qu’il ne soit pas lui-même religieux, il voit dans cette initiative un geste de solidarité communautaire. Les contraintes sont importantes : certains légumes ou fruits, comme les fraises ou les choux de Bruxelles, nécessitent un nettoyage si complexe selon la loi juive qu’ils sont parfois exclus de la carte. Mais ces limites deviennent aussi une source de créativité culinaire.


Aujourd’hui, le restaurant propose des plats élaborés comme un crémeux de shiitaké avec œuf poché au soja-koji, mascarpone, chips de topinambour et girolles. Pour Axel Mimouni, la mission a évolué : avant le 7 octobre, l’objectif était d’obtenir une étoile Michelin ; désormais, il s’agit surtout d’offrir à la communauté juive une expérience gastronomique rare.




Le grand rabbin Moshe Lewin, de la synagogue du Raincy, voit dans cette initiative un signal important à une période où certains Juifs de France s’interrogent sur leur avenir dans le pays. Pour lui, un projet comme Guefen montre qu’il existe encore une volonté de construire et de vivre pleinement une vie juive en France.





Ironie du sort, quelques mois après la transformation du restaurant, un client ayant précisé lors d’une réservation qu’il « mangeait de tout sauf du pigeon » a été identifié par l’équipe comme un possible inspecteur du Guide Michelin. 


Peu après, Guefen a été confirmé dans le célèbre guide, signe que le pari d’une gastronomie casher de haut niveau peut trouver sa place au cœur de la scène culinaire parisienne.