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jeudi 16 juillet 2026

Le Gripen ... 2607 - 006

 La Suède, futur géant européen de l’aviation militaire : le revers stratégique pour la France




La Suède est en train de réussir là où plusieurs puissances européennes peinent à s’imposer : construire une industrie aéronautique militaire exportatrice, agile et politiquement attractive. 



Avec le Saab Gripen, Stockholm a réussi à se positionner comme un fournisseur alternatif face au Rafale français, à l’Eurofighter européen et aux avions américains F-35.



Le succès du Gripen repose sur une stratégie claire : proposer un avion moderne, moins coûteux à exploiter, accompagné d’importants transferts de technologies. 


La Suède a vendu ou placé ses appareils en Afrique du Sud, Thaïlande, Hongrie, République tchèque et Brésil, tandis que l’Ukraine et la Colombie doivent également rejoindre les utilisateurs du Gripen.  La Suisse ne s’est pas encore positionnée face aux pressions des USA.



Le contrat brésilien est particulièrement stratégique, car il a permis à Saab d’implanter une capacité industrielle locale et de faire du Brésil un partenaire de développement du Gripen E.



Cette politique industrielle contraste avec l’approche française, jugée par certains partenaires plus restrictive. Paris, par jalousie,  a longtemps privilégié la maîtrise nationale des technologies du Rafale et une coopération limitée autour de ses programmes futurs. Le Rafale n’est pas furtif.



 Si cette stratégie a permis de préserver une industrie souveraine, elle a parfois réduit l’attractivité commerciale face à des concurrents proposant davantage de coopération industrielle.



Le rapprochement entre la Suède et l’Allemagne constitue également un signal préoccupant pour Paris. Berlin, qui cherche à renforcer son rôle militaire en Europe, voit dans Stockholm un partenaire capable d’apporter des compétences dans les avions de combat, les systèmes électroniques, les radars et la guerre en réseau. 



La nouvelle relation stratégique germano-suédoise pourrait marginaliser davantage l’influence française dans les futurs programmes européens.



Le cas du SCAF (Système de combat aérien du futur) illustre les difficultés françaises à imposer leur vision. Le programme franco-germano-espagnol a été enterré en raison de désaccords industriels entre Dassault Aviation et Airbus Defence & Space sur la répartition des responsabilités et la propriété intellectuelle. 



Cette paralysie a ouvert une fenêtre stratégique pour Saab, qui peut apparaître comme une alternative plus souple dans une Europe où plusieurs pays cherchent rapidement à mo

La Turquie : Le plus grand danger pour l'UE 2607 - 004

🔵 Imaginons l’impensable : la Turquie, membre de plein droit de l’Union européenne. Quatre-vingt-dix millions d’habitants, une majorité musulmane sunnite, une frontière commune avec la Syrie, l’Irak et l’Iran — et soudain l’Europe cesserait d’être une civilisation pour devenir un espace administratif sans âme, sans mémoire, sans boussole.






Le premier vertige est démographique. Avec sa pyramide des âges jeune, la Turquie deviendrait en quelques années l’État le plus peuplé de l’Union, donc le plus représenté au Parlement européen, donc le plus déterminant dans les rapports de force à Strasbourg et à Bruxelles. 


L’Europe, déjà fragilisée par son vieillissement et sa perte de repères, verrait son centre de gravité politique glisser vers Ankara. 


Ce n’est pas de la xénophobie, c’est de l’arithmétique institutionnelle.



Le deuxième vertige est territorial et juridique. 


Chypre, membre de l’Union depuis 2004, reste amputée depuis 1974 par une occupation militaire turque toujours active dans le nord de l’île. 


Comment intégrer dans l’Union européenne un État qui occupe militairement le territoire d’un autre État membre et refuse obstinément de reconnaître la République de Chypre ?



L’adhésion turque signifierait, de facto, la validation d’une conquête par la force : précédent que l’Europe ne peut ni digérer ni justifier sans se renier elle-même.



Le troisième vertige est sécuritaire. Erdogan a fait de la Turquie un sanctuaire pour des mouvances islamistes que l’Europe elle-même classe comme terroristes : des cadres du Hamas y circulent librement, s’y entraînent, des filières liées aux Frères musulmans y trouvent refuge politique et financier, et Ankara joue simultanément la carte de l’OTAN et celle du soutien à des groupes que ses propres alliés combattent. 



Un État qui héberge ce qu’il devrait combattre ne peut pas prétendre partager les valeurs fondatrices de l’Union, l’État de droit, la lutte contre le terrorisme, la protection des minorités.



Le quatrième vertige est civilisationnel, et c’est le plus profond. 


L’Union européenne n’est pas qu’un marché commun ou une union douanière : c’est un héritage : gréco-romain, judéo-chrétien, humaniste, façonné par les Lumières et payé au prix du sang des guerres du XXe siècle. 


La Turquie d’Erdogan, elle, s’est détournée depuis vingt ans de l’héritage kémaliste laïque pour épouser un projet néo-ottoman assumé, où l’islam politique redevient grille de lecture du pouvoir, de la justice, de l’éducation. Intégrer cet ensemble dans l’Union, ce ne serait pas élargir l’Europe, ce serait la diluer jusqu’à l’effacer.



L’Europe peut coopérer avec la Turquie, commercer avec elle, dialoguer avec elle sur la Syrie, les migrati

La lettre Pé 2607 - 003

Le Pé : la lettre de la bouche et de la parole






Dans l'alphabet hébraïque, le Pé occupe une place de choix : dix-septième lettre, il porte la valeur numérique 80 et désigne littéralement « la bouche ». 



Il succède à la lettre Ayin, qui signifie « l'œil »,  une succession qui n'a rien d'anodin. Ce passage de l'œil à la bouche marque, selon Josy Eisenberg et Adin Steinsaltz, le passage d'un registre à un autre : celui de la perception à celui de la communication. 



Dans la cabbale, l'Ayin correspond à une séfira supérieure, tandis que le Pé en représente l'expression inférieure,  le processus va du voir au dire, l'œil enregistrant ce que la bouche exprimera ensuite. Le Pé existe sous deux formes graphiques : la forme ordinaire et la forme finale (Pé final), la première symbolisant la parole, la seconde le silence qui vient toujours clore tout discours.



La parole comme puissance créatrice




Le point de départ de la réflexion est théologique : le monde a été créé par la parole divine. 



Chacun des jours de la Genèse est initié par la formule « Dieu dit… », et la chose advient aussitôt. Cette parole créatrice trouve un écho quotidien dans la liturgie juive, à travers une bénédiction qui associe intimement le fait de « dire » et celui de « faire ». 



Chez l'homme, en revanche, penser, parler et agir sont trois étapes distinctes et successives, alors qu'elles seraient simultanées chez Dieu. La pensée juive distingue ainsi deux stades fondamentaux : la pensée (maha'chava) et la parole (dibour). 



Tant qu'une pensée n'est pas verbalisée, elle demeure abstraite ; c'est la bouche qui lui donne une existence concrète et communicable — ce qui explique, par exemple, l'obligation rituelle de prononcer une bénédiction avant d'accomplir un acte comme manger ou boire.



Dans le langage kabbalistique, cette dynamique est illustrée par une image saisissante : la pensée est comparée au père, et la parole à la fille , l'intelligence (h'ohma) engendrant la royauté (malh'out), cette dernière étant aussi assimilée à la bouche. Contrairement à la tradition chrétienne centrée sur la relation père-fils, la cabbale privilégie donc une filiation père-fille pour décrire l'émergence du langage à partir de la pensée.



L'ambivalence fondamentale de la bouche



Le cœur du texte tourne autour d'une tension : la bouche est à la fois le lieu de la vie et celui de la mort. Le Talmud l'affirme sans détour, la langue a le pouvoir de tuer, y compris à distance, et peut nuire à trois personnes simultanément : celui qui parle, celui qui écoute, et celui dont on parle. 



Cette médisance (lachone hara, « la mauvaise langue ») trouve son origine mythique dans l'épisode du serpent au Jardin d'Éden, qui calomnie Dieu auprès d’Ève :  un mensonge fondateur dont les conséquences continuent de peser sur l'humanité. 



À l'inverse, la tradition biblique célèbre aussi « la bouche du Juste », capable d'énoncer la sagesse. Cette dualité affecte, selon Steinsaltz, tous les aspects de la vie humaine : contrairement à l'œil, dont on ne distingue pas moralement le droit du gauche, la bouche connaît d'emblée une différenciation entre bon et mauvais usage.



Cette centralité du langage définit, pour les deux interlocuteurs, la spécificité humaine elle-même. Alors qu'Aristote définissait l'homme par la pensée, la tradition juive le définit davantage par la parole : aucun animal ne peut nommer les choses ou construire des symboles. 



Le récit de la Genèse, où l'homme devient « esprit vivant » après avoir reçu le souffle divin, est d'ailleurs traduit par le Targoum araméen comme « esprit parlant ». 



C'est la parole, plus que l'intelligence, qui ferait de l'homme un homme, au risque, précise Steinsaltz, de le transformer en son contraire s'il ment, dissociant ce qu'il dit de ce qu'il pense réellement. L'expression talmudique « un dans la bouche, un autre dans le cœur » désigne précisément cette hypocrisie, jugée comme le fondement de tout mal dans le monde.



La pureté enfantine et l’étude



Le texte accorde une place importante à l'enfance et à l'apprentissage du langage. Dans la tradition, la bouche des enfants incarne la pureté originelle : on initiait autrefois les tout-petits à l'alphabet hébraïque en leur faisant lécher des lettres enduites de miel, et le premier texte biblique qu'on leur enseignait était le Lévitique, associé aux lois de pureté. Une formule talmudique célèbre affirme que le monde ne subsiste que grâce au souffle des enfants qui étudient la Torah, un souffle si précieux qu'il ne doit être interrompu sous aucun prétexte, pas même par l'arrivée hypothétique du Messie.



L'éloge du silence




En contrepoint de cet éloge de la parole, le dialogue développe une véritable philosophie du silence. Le judaïsme ne valorise pas seulement le dire, mais aussi le taire : le Talmud enseigne que c'est le silence qui préserve la sagesse. 




L'épisode du prophète Élie sur le mont Sinaï illustre cette idée, Dieu ne se manifeste ni dans le vent, ni dans le tonnerre, ni dans le feu, mais dans « la voix du silence ». Le rite de deuil juif s'inscrit dans cette même logique : pendant les sept jours suivant un décès, les visiteurs doivent observer le silence et attendre que l'endeuillé parle le premier, une pratique dont l'origine biblique se trouve dans le livre de Job.




Steinsaltz évoque même un ancêtre familial surnommé « le rabbin qui se tait », dont la seule sagesse consistait à partager de longues heures de silence avec ses visiteurs. Le chabbat lui-même est qualifié de « jour de silence » par contraste avec les six jours ouvrables, jours de la parole et de l'action.

Les deux prononciations du Pé et la figure du médecin





Sur le plan strictement linguistique, le Pé peut se prononcer de deux façons : « p » (dur, marqué par un point diacritique) ou « f » (doux, sans point),  comme dans les noms Pharaon (Paro) ou Joseph (Yossef). 




Cette dualité phonétique trouve un prolongement inattendu dans le vocabulaire de la guérison. Un commentateur  observe que la Torah emploie le Pé dur lorsqu'elle évoque la guérison humaine (« le médecin guérira »), mais le Pé doux lorsqu'elle évoque la guérison divine (« Je suis l'Éternel qui te guérit »),  suggérant que Dieu guérit avec douceur, alors que la médecine humaine implique souvent la douleur. 



Le texte développe enfin une réflexion sur l'éthique médicale à partir d'une sentence talmudique déroutante affirmant que le meilleur des médecins serait promis à l’enfe,  sentence que Steinsaltz réinterprète non comme une condamnation, mais comme un constat : le médecin trop empathique risque de vivre son métier comme un enfer quotidien, tiraillé entre la vérité qu'il doit dire au malade et la compassion qu'il ressent pour lui.



En somme



Le Pé apparaît, au terme de ce parcours, comme la lettre de tous les paradoxes humains : instrument suprême de la Création à l'image de la parole divine, mais aussi principal vecteur de la faute, de la médisance et du mensonge. 



Sa forme graphique même  :  une bouche qui s'ouvre et se referme — condense cette double capacité à révéler et à dissimuler, à donner la vie par la parole ou à la détruire par la calomnie. 



D'où la formule finale d'Eisenberg, jouant sur l'homophonie entre « bouche » (pé) et « paix » (paix, pé) : savoir garder « la bonne bouche », c'est la condition d'une vie vécue en paix.


les armes de destruction massives ont bien existé en Irak ... 2607- 002

Tsur Chalom, première guerre du Golfe. J’y étais dans ma famille . Le ciel se déchire sous la trajectoire d’un Scud irakien, et c’est une usine de la ville, usine chimique, unique en son genre, qui manque de disparaître sous les gravats, emportant avec elle des immeubles civils et des blessés dont personne, aujourd’hui, ne se souvient plus le nombre exact. Merci, Saddam Hussein.







On se souvient pourtant d’une image : Isaac Stern, masque à gaz vissé sur le visage, faisant chanter son violon devant un public lui aussi masqué, terré sous la menace d’une arme chimique que le monde entier jurait alors réelle. 


Armes de destruction massive, disait-on. On nous mentait, disait-on aussi, plus tard, quand l’Histoire eut fini de trancher.


Mais entre les deux mensonges, il y avait des sirènes, des caves, et un peuple qui continuait d’écouter du Bach sous le gaz.



Ces mêmes Irakiens que Dominique de Villepin défendra plus tard avec tant de fougue diplomatique, à la tribune de l’ONU, dans les habits impeccables du grand commis de l’État, ces mêmes Irakiens rêvaient depuis des décennies d’annihiler Israël. 


Et son mentor, Jacques Chirac, le savait mieux que quiconque : c’est lui qui, ministre puis chef de gouvernement, avait offert à Saddam Hussein la centrale d’Osirak, clé en main, ouvrant toute grande la porte vers la bombe atomique irakienne. 


La France, généreuse, armait le bourreau annoncé.



Il aura fallu un raid aérien israélien, héroïque et solitaire, en juin 1981, pour que cette centrale ne devienne jamais l’instrument d’un second génocide. 



Vingt-deux ans plus tard, on retrouvera le fils spirituel de Chirac plaidant encore la cause de ceux qui avaient voulu la bombe. 



La mémoire a de ces bégaiements diplomatiques dont la France ne s’est jamais vraiment excusée.



N’écoutez plus ces menteurs qui annoncent à corps et à cri sur tous les médias qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massives dans les mains de Saddam Hussein.



Un jour, l’histoire jugera et condamnera ces menteurs patentés … Ce sont les mêmes qui aujourd’hui condamnent Israël et parlent de génocide



Paracha Devarim 2607- 001

Parachat Dévarim : la mémoire comme condition de l'avenir



La paracha Dévarim, toujours lue le Chabbat qui précède Ticha BeAv (le Chabbat 'Hazon), n'est pas un simple rappel historique. Elle marque un tournant décisif : Moché se tient sur les plaines de Moav, à la frontière de la Terre promise. Il sait qu'il n'y entrera pas. Avant de disparaître, il ne transmet pas seulement des lois ; il transmet une manière de regarder l'histoire.


Le livre de Dévarim n'est pas une répétition de la Torah. C'est une relecture. Moché raconte les mêmes événements, mais avec le recul de quarante années. Les faits n'ont pas changé ; leur sens, lui, s'est approfondi. C'est peut-être là l'une des plus grandes leçons philosophiques du judaïsme : un peuple ne vit pas seulement de son passé, il vit de l'interprétation qu'il en fait.


Cette paracha ommence par une discrète mais puissante réprimande. Les fautes du désert ne sont évoquées qu'à travers des noms de lieux. Les Sages expliquent que Moché choisit de ne pas humilier le peuple. La vérité doit être dite, mais sans détruire celui qui l'entend. La justice sans compassion devient violence ; la compassion sans vérité devient faiblesse. Toute la pédagogie biblique est contenue dans cet équilibre.


Pourquoi lire précisément Dévarim avant Ticha BeAv ? Parce que la tradition enseigne que le Premier comme le Second Temple n'ont pas été détruits d'abord par la puissance de leurs ennemis, mais par des fractures internes : idolâtrie, corruption, haine gratuite, perte du sens de la responsabilité collective. Avant de pleurer une catastrophe, la Torah invite à en comprendre les causes. Le deuil juif n'est jamais une nostalgie stérile ; il est une école de lucidité.


Le premier mot de la haftara est « 'Hazon », la vision d'Isaïe. Le premier mot de notre paracha est « Éléh haDévarim », « Voici les paroles ». La vision et la parole sont inséparables : une société perd son avenir lorsqu'elle cesse de nommer honnêtement ses erreurs et lorsqu'elle renonce à une vision commune.


Cette leçon résonne fortement aujourd'hui. Nous vivons dans un monde saturé d'informations mais souvent pauvre en mémoire. Les réseaux accélèrent les réactions ; la Torah invite à ralentir pour réfléchir. L'instant domine ; Dévarim enseigne la longue durée. Les opinions se durcissent ; Moché montre qu'un dirigeant doit écouter, transmettre et parfois reprendre son peuple avec amour. Dans une époque où les sociétés se fragmentent facilement, cette paracha rappelle qu'aucune civilisation ne s'effondre seulement sous les coups de l'extérieur : elle commence à vaciller lorsque le lien entre ses membres se délite.


Dévarim est aussi un texte sur la responsabilité personnelle. Moché ne dit pas : « Voilà ce qui vous est arrivé », mais : « Voilà ce que nous avons vécu. » Il parle toujours au pluriel. Dans la pensée juive, chacun porte une part du destin collectif. Cette idée est profondément actuelle : nos choix quotidiens, nos paroles, notre manière de traiter autrui façonnent la société autant que les grandes décisions politiques.


À la veille de Ticha BeAv, la Torah ne nous enferme donc pas dans la tristesse. Elle nous invite à transformer la mémoire en engagement. Se souvenir n'est pas regarder en arrière ; c'est empêcher que les mêmes erreurs se reproduisent. La destruction de Jérusalem devient ainsi un avertissement universel : aucune réussite matérielle, aucune puissance militaire, aucune prospérité économique ne peut remplacer la cohésion morale d'un peuple.


Dévarim est le testament de Moché, mais aussi son message pour toutes les générations : une nation demeure vivante lorsqu'elle sait relire son histoire avec vérité, accueillir la critique avec humilité et faire de la mémoire non un poids, mais une source d'espérance. C'est sans doute pour cette raison que cette paracha ouvre le chemin vers Ticha BeAv : avant de reconstruire les pierres, il faut reconstruire les consciences.

dimanche 14 juin 2026

JBCH Réflexions: André Cohen-Hadria

JBCH Réflexions: André Cohen-Hadria:   André Cohen-Hadria Journaliste ... André Cohen-Hadria, journaliste a joué un rôle significatif en tant que témoin et acteur des événement...

lundi 18 mai 2026

Le Rav Kook. JBCH N° 2605 - 1071

Abraham Isaac Kook, appelé le Rav Kook, fut l’une des plus grandes figures spirituelles du judaïsme du XXe siècle et le père du sionisme religieux moderne. 

Né en 1865 dans l’Empire russe et arrivé en Terre d’Israël en 1904, il considérait le retour du peuple juif sur sa terre ancestrale non comme un simple événement politique, mais comme le début d’une rédemption spirituelle et historique du peuple d’Israël.





Installé d’abord à Yaffo puis à Jérusalem, Rav Kook développa une pensée révolutionnaire : même les pionniers juifs laïques, souvent éloignés de la religion, participaient selon lui à une œuvre divine en reconstruisant la terre d’Israël. Cette vision permit de rapprocher une partie du monde religieux du mouvement sioniste, alors violemment contesté par certains rabbins traditionalistes.





Pendant la Première Guerre mondiale puis sous le mandat britannique, Rav Kook mena un combat intellectuel et spirituel pour la renaissance nationale juive. En 1921, il devint le premier grand rabbin ashkénaze de la Palestine mandataire. Il fonda ensuite la célèbre yeshiva Mercaz HaRav à Jérusalem, destinée à former une génération unissant étude de la Torah, amour d’Israël et engagement national.






Son œuvre écrite est immense. Dans Orot (« Les Lumières »), il expose l’idée que le réveil national juif prépare une élévation morale et spirituelle de l’humanité entière. 


Pour lui, Jérusalem n’était pas seulement une capitale politique : elle représentait le cœur spirituel du monde, le lieu où la présence divine devait rayonner à nouveau.




Rav Kook défendit avec force la centralité de Jérusalem dans l’identité juive et soutint le développement des institutions juives dans la ville malgré les tensions arabes croissantes. Il voyait dans le retour à Sion l’accomplissement des prophéties bibliques et considérait la reconstruction d’Israël comme une étape sacrée de l’histoire.





Son influence demeure immense aujourd’hui dans le sionisme religieux israélien, dans de nombreuses yeshivot et dans une partie importante de la pensée nationale israélienne contemporaine. 


Pour ses disciples, Rav Kook fut non seulement un grand maître de Torah, mais aussi le prophète spirituel du renouveau d’Israël et de Jérusalem.



Qui est Mario Draghi ? JBCH N° 2605 - 1070

 Mario Draghi apparaît aujourd’hui comme l’une des rares figures européennes capables de parler avec lucidité, compétence et hauteur de vue dans un continent affaibli par ses divisions et son hésitation stratégique. 


Ancien président de la Banque centrale européenne, artisan du célèbre « whatever it takes » qui sauva l’euro pendant la crise financière, Draghi possède ce mélange rare de crédibilité économique, d’expérience internationale et de calme intellectuel qui manque souvent aux dirigeants européens actuels.




Lorsqu’il affirme que l’Europe est désormais « seule », il ne cherche pas à provoquer mais à réveiller. Il constate simplement que le monde né après 1945 s’effondre sous nos yeux. Les États-Unis se tournent de plus en plus vers l’Asie et leurs propres priorités intérieures ; la Chine affirme sa puissance industrielle et technologique ; la Russie assume une logique de confrontation ; les BRICS contestent l’ordre occidental ; et l’Europe continue pourtant d’agir comme si la protection américaine était éternelle.




Mario Draghi comprend que le véritable danger n’est pas seulement économique mais civilisationnel : un continent qui dépend des autres pour son énergie, sa défense, sa technologie, ses matières premières et même sa sécurité numérique finit par perdre sa souveraineté politique. Son diagnostic est sévère mais réaliste : l’Europe est trop lente, trop fragmentée et trop bureaucratique pour survivre dans le nouveau rapport de force mondial.




Pourquoi alors un homme de cette stature n’est-il pas à la tête de l’Europe ? Parce que l’Union européenne ne fonctionne pas comme une puissance classique. Elle repose sur des compromis permanents entre États, partis, intérêts nationaux et équilibres administratifs. Les personnalités fortes y inquiètent souvent davantage qu’elles ne rassurent. Draghi parle le langage de l’efficacité, de la stratégie et de la décision rapide ; or Bruxelles fonctionne encore largement selon une culture du consensus lent et de la prudence technocratique.





Il existe aussi une autre raison : les hommes providentiels apparaissent souvent dans les périodes de crise extrême, mais les systèmes politiques établis hésitent toujours à leur donner les moyens d’agir avant que le danger devienne évident pour tous. Draghi dérange parce qu’il oblige les Européens à regarder une vérité inconfortable : sans puissance industrielle, militaire et politique commune, l’Europe risque de devenir un simple espace économique dépendant des décisions prises à Washington, Pékin ou Moscou.





En réalité, Mario Draghi agit déjà comme une conscience stratégique de l’Europe. Mais il manque encore au continent une volonté politique collective capable de transformer ses avertissements en action historique.





dimanche 17 mai 2026

Le réveil de l'antisémitisme ... JBCH N° 2605 - 1069

BLOIS, 1171 — 2026 : LE MENSONGE ÉTERNEL

Du bûcher médiéval aux campus d'élite : la haine qui ne meurt pas

Le printemps 1171 à Blois restera comme l'un des épisodes les plus sombres de la France médiévale non parce qu'un crime fut commis par des Juifs, mais parce qu'un crime fut commis contre eux, avec la complicité délibérée de ceux qui auraient dû les protéger. 

Sous tous les continents, dans l'espace et dans le temps on a tué, massacré des juifs, sans autre forme de procès parce qu'ils étaient juifs ! 



Tout commence par un cheval ombrageux. Isaac ben Elazar, marchand juif, s'arrête au bord de la Loire pour abreuver sa monture. Une peau de fourrure glisse sous son manteau. Le cheval d'un noble s'effraie. 

Son valet, incapable de le maîtriser, rentre bredouille — et invente, pour justifier son échec, une histoire de meurtre rituel : un Juif aurait jeté le cadavre d'un enfant chrétien dans le fleuve.

Le noble ne croit pas un mot de cette fable. Mais il y voit une occasion. Pulcelina, influente veuve juive et prêteuse d'argent, le tient par les dettes. Le comte Thibaut V de Blois, souverain du lieu, est lui aussi son débiteur  son comté, héritage de cadet dans l'ombre du prospère comté de Champagne, étouffe sous les créances. La comtesse Alix, fille de Louis VII, élevée dans le luxe et déçue par la médiocrité de Blois, considère Pulcelina comme une ennemie personnelle. Trois puissants, un même créancier, une même dette à effacer.


La mécanique judiciaire du mensonge s'emballe. Une quarantaine de Juifs sont arrêtés et jetés en prison. Aucun cadavre ne sera jamais retrouvé. Aucun enfant chrétien ne manque à l'appel. Aucune famille ne porte plainte. L'affaire devrait s'effondrer d'elle-même. 


Un prêtre intervient alors pour la sauver. Il propose de soumettre le valet à l'épreuve de l'eau — procédure médiévale où flotter signifie dire vrai. Le résultat, soigneusement arrangé, est sans surprise : le valet flotte. Les Juifs sont condamnés à mort.


Le 20 Sivan — 26 mai 1171 — Pulcelina et une trentaine de Juifs, dont des femmes enceintes et des nourrissons, sont conduits au bûcher. On leur propose la vie sauve contre la conversion. Ils refusent à l'unanimité. Leurs bourreaux chrétiens eux-mêmes furent troublés par la beauté du chant qui s'éleva des flammes — la prière Aleynu, hymne de gratitude au Créateur, chantée à pleine voix jusqu'à la mort.


La réaction juive fut immédiate et digne. Les communautés d'Orléans, Paris et Troyes se mobilisèrent pour racheter les survivants et se rendre auprès du roi Louis VII. Sa réponse fut sans équivoque : "Thibaut a gravement péché. Je ne crois pas que les Juifs aient jamais tué un chrétien. N'ayez crainte, je renforcerai votre protection." Le propre frère du comte condamna lui aussi l'exécution. Thibaut V avait obtenu ce qu'il voulait : ses dettes effacées dans les flammes.


2026 !! : MÊME BÛCHER, AUTRE FORME


On aurait pu croire la leçon retenue. On aurait tort.
En 2026, l'antisémitisme ne porte plus de torches. Il porte des pancartes. Il s'exprime en amphi, se diffuse sur les réseaux, se drape dans le vocabulaire des droits humains pour mieux cibler un seul peuple. Et il prospère là où on l'attendait le moins : dans les universités les plus prestigieuses du monde occidental, ces temples de la raison et de l'esprit critique qui auraient dû être les premiers remparts contre la haine.


À Harvard, Columbia, Sciences Po, la "London School of Economics", dans ces institutions qui forment les élites de demain — des étudiants juifs témoignent d'une atmosphère devenue hostile et parfois dangereuse. 


Des conférenciers juifs ou israéliens sont empêchés de parler. Des associations juives sont exclues de coalitions, de blogs, de comités,  Des professeurs signent des pétitions appelant au boycott académique d'Israël seul État au monde à subir ce traitement. La calomnie du génocide, répétée jusqu'à la nausée sans souci de définition ni de preuve, est devenue le nouvel accusé de réception intellectuel dans certains milieux universitaires. Certains partis politiques prennent position pour le mensonge d'une façon nauséabonde.




La mécanique est identique à celle de Blois. Une accusation choc, hier le meurtre rituel d'enfants chrétiens, aujourd'hui le massacre systématique de civils présenté sans contexte ni nuance. La majorité des victimes étant des terroristes armés. Des institutions puissantes prêtes à l'amplifier sans exiger de preuve. Une communauté juive contrainte, une fois de plus, de prouver l'impossible, de justifier son existence, de se défendre contre des chimères.


Le New York Times publie, sans vérification, une chronique affirmant qu'Israël entraîne des chiens pour violer des prisonniers palestiniens. L'accusation est reprise, partagée dans le monde , commentée, puis discrètement démentie. 

Peu importe. Le mal est fait. En 1171, le valet avait vu un Juif jeter un cadavre dans la Loire.  Le mécanisme du mensonge n'a pas changé d'une virgule en huit siècles.


Ce qui a changé, en revanche, c'est l'absence de Louis VII. En 1171, le roi de France avait eu le courage de dire publiquement : "Je ne crois pas que les Juifs aient jamais tué un chrétien.





" Aujourd'hui, combien de présidents d'université, de directeurs de grandes écoles, de ministres de l'Éducation ont la clarté morale de prononcer une phrase aussi simple et aussi juste ? 


Combien préfèrent la prudence diplomatique, l'équilibre de façade, le silence confortable de ceux qui ne veulent froisser personne ?


Les rabbins du XIIe siècle instituèrent un jour de jeûne le 20 Sivan pour que la mémoire des martyrs de Blois ne s'éteigne pas. Ils avaient compris une vérité que notre époque peine à admettre : l'antisémitisme n'est pas une anomalie historique. C'est une tentation permanente, qui refait surface dès que les garde-fous — moraux, institutionnels, politiques s'abaissent. En 1171, le bûcher était de bois et de flammes. 




En 2026, il est fait de mots, d'algorithmes et de lâchetés académiques. Les Juifs de Blois avaient chanté l'Aleynu jusqu'à la mort pour dire qu'ils refusaient de devenir ce qui les détruisait. 

C'est peut-être la seule réponse qui vaille encore aujourd'hui : rester debout, rester fier, et ne pas laisser le mensonge sans réplique.

Certaines choses méritent d'être rappelées précisément parce qu'elles ne cessent de se reproduire.




Sources Aish

samedi 16 mai 2026

La France victime du dogme écologiste ... JBCH 2605 - 1068

L’affaire Vermilion / Arcachon — le dogme contre le droit et le bon sens

La société canadienne Vermilion Energy exploite déjà une cinquantaine de forages à La Teste-de-Buch, produisant environ 1 500 barils par jour. 

Elle avait demandé l’autorisation d’ouvrir huit nouveaux puits dans la forêt de Cazaux.  Le recours est pendant devant le tribunal administratif de Pau.





Vermilion rappelle qu’elle est légalement autorisée à effectuer des forages sur ses concessions en vertu du code minier et de la loi Hulot jusqu’en 2040.  

Le projet avait même obtenu un avis favorable de la commissaire enquêtrice lors de l’enquête publique. L’État bloque donc ce qui est légalement permis — un précédent juridique majeur.




L’argument de la souveraineté, balayé d’un revers de main
Vermilion souligne que produire du pétrole en France reste stratégique en termes de souveraineté et de déficit commercial, et que l’empreinte carbone du pétrole français est nettement inférieure à celle du pétrole importé.  Cet argument de bon sens — moins de transport, moins d’émissions, moins de dépendance — est ignoré au profit d’une posture symbolique.




La jurisprudence que les écolos espèrent imposer
Le collectif Stop Pétrole espère que la décision prise dans l’affaire « Bleu Lorraine » serve de jurisprudence : en juillet 2024, le Tribunal Administratif de Strasbourg avait validé le refus préfectoral d’un projet gazier au nom de « l’intérêt des générations futures » et de la Charte de l’environnement adossée à la Constitution.  




Si cette logique s’impose, n’importe quel préfet pourra bloquer n’importe quelle exploitation légale au nom du climat — rendant la loi Hulot caduque avant même 2040.



Puits de gaz de schiste abandonné en France




Sur le fond, votre diagnostic est exact. La France interdit le gaz de schiste depuis 2011 (loi Jacob), refuse d’explorer de nouvelles méthodes d’extraction moins polluantes, et bloque maintenant des concessions légales existantes — tout en important massivement du GNL américain (gaz de schiste liquéfié !) et du pétrole dont l’empreinte carbone est bien supérieure. 


La France achète du gaz de schiste aux USA 



Le paradoxe est total : on s’interdit de produire proprement chez soi pour acheter sale à l’étranger, en aggravant le déficit commercial et la dépendance énergétique. Le tout au nom d’une Charte constitutionnalisée que personne n’a votée directement.

L’issue judiciaire sera un test majeur : si le tribunal de Pau valide le refus préfectoral malgré la légalité du projet, cela ouvrira la voie à une forme de dérogation climatique aux droits acquis, avec des conséquences bien au-delà du bassin d’Arcachon.​​​​​​​​​​​​​​​​ La france perdra une fois de plus de sa superbe et aussi près de 100 milliards d'Euros et 500 000 emplois, toutes énergies fossile cumulées.