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samedi 28 mars 2026

Safed ou Tzfat ... Un bijou en Galilée. JBCH N° 2603 - 976

A 900 mètres dans la Haute-Galilée, n’est pas seulement la plus haute ville d’Israël. Elle incarne depuis le XVIe siècle le cœur battant de la mystique juive, un laboratoire spirituel où des géants de la pensée ont redessiné les contours du judaïsme pour des siècles. Au cœur de cette effervescence : les grands kabbalistes dont l’héritage continue de rayonner bien au-delà des ruelles pavées de la vieille ville.


Les maîtres de Safed et leur révolution mystique

Parmi eux, Isaac Luria (1534-1572), surnommé l’Ari (le Lion), domine la scène. Arrivé à Safed pour seulement deux ou trois ans avant sa mort précoce, cet homme charismatique a transformé la kabbale en une vision cosmique audacieuse. Il a élaboré les concepts centraux de tzimtzum (la contraction divine pour laisser place à la création), de shevirat ha-kelim (la brisure des vases, expliquant le mal et l’exil) et surtout de tikkun (la réparation). Selon Luria, chaque juif, par ses prières, ses actes et son intention (kavvanah), peut élever les étincelles divines dispersées dans le monde matériel et contribuer à la restauration de l’harmonie cosmique.


Isaac Louria

Cette idée n’était pas réservée à une élite : l’Ari a « démocratisé » la kabbale, la rendant accessible aux masses. Ses enseignements, transmis oralement puis consignés par son disciple Hayyim Vital, ont conquis l’Europe juive dès le XVIIe siècle. Ils ont imprégné la liturgie (comme l’accueil du Shabbat avec Lecha Dodi, composé par son contemporain Shlomo Alkabetz), influencé le hassidisme au XVIIIe siècle et marqué des penseurs modernes, y compris hors du judaïsme – on retrouve des échos chez Carl Jung ou dans des réflexions sur la fragmentation et la réparation du monde. Aujourd’hui encore, la kabbale louriannique reste le socle de la mystique juive traditionnelle et inspire des cercles d’étude à Safed comme dans le monde entier.


Joseph Caro


À ses côtés, Joseph Caro (1488-1575), auteur du Choulhan Aroukh (« La Table Dressée »), a codifié la loi juive de manière définitive. Exilé d’Espagne, ce Séfarade érudit a travaillé trente-deux ans à cette synthèse halakhique qui, complétée par le commentaire ashkénaze de Moïse Isserles, guide encore aujourd’hui la vie quotidienne de millions de juifs observant. Caro, lui aussi imprégné de mystique, tenait un journal de ses révélations angéliques. Avec Moses Cordovero, qui a commenté le Zohar de manière systématique, ces figures ont fait de Safed un creuset où droit et mystique se fécondaient mutuellement. Leur impact ? Ils ont offert au judaïsme post-expulsion un cadre à la fois rigoureux et spirituellement vibrant, permettant à une communauté dispersée et traumatisée de retrouver sens et unité.

Ces kabbalistes ne vivaient pas en vase clos. Leurs idées ont traversé les siècles, nourrissant la résilience juive face aux persécutions et influençant la culture juive contemporaine : des prières aux coutumes hassidiques, en passant par une vision du monde où l’humain participe activement à la réparation divine.

Doña Gracia Nassi, la « Señora » et son lien avec la Galilée



Gracia Nassi


Au même moment, une femme exceptionnelle apportait un soutien concret à cette renaissance spirituelle : Doña Gracia Mendes Nassi, connue comme « La Señora ». Née Beatriz de Luna vers 1510 à Lisbonne dans une famille de crypto-juifs fuyant l’Inquisition espagnole, elle hérita d’un empire commercial et bancaire après la mort de son mari.


Devenue veuve, elle orchestra un réseau clandestin pour sauver des milliers de conversos, défiant empereurs et inquisiteurs. Après un périple à travers l’Europe (Anvers, Venise, Ferrare), elle s’installa ouvertement comme juive à Constantinople sous l’Empire ottoman, où son influence et sa fortune en firent une figure quasi royale.

En 1558, grâce à ses relations avec le sultan Soliman le Magnifique, Doña Gracia obtint un bail à long terme sur Tibériade et ses environs, dans le sanjak de Safed. Son ambition était audacieuse : reconstruire la ville en ruines pour en faire un havre de paix pour les réfugiés juifs d’Europe, un centre économique et spirituel.

Elle finança les travaux de reconstruction – murailles, synagogues, maisons – et encouragea l’installation de familles, l’agriculture et même une industrie textile (laine et soie). Des érudits de Safed voisine participèrent à l’effort, y voyant le potentiel d’un renouveau de l’étude de la Torah en Terre d’Israël.

Bien qu’elle n’y ait probablement jamais résidé durablement (elle resta à Constantinople jusqu’à sa mort vers 1569), son projet incarnait une forme précoce d’aliyah organisée et philanthropique. Elle soutint également financièrement les savants de Safed, contribuant indirectement à l’achèvement et à l’impression du Choulhan Aroukh de Joseph Caro.

La « Señora » – titre honorifique qui soulignait son statut princier (Nassi signifiant « prince » en hébreu) – reste une icône de courage et de vision. Elle transforma sa richesse en outil de survie collective, reliant le monde séfarade diasporique à la Galilée mystique. Son entreprise à Tibériade, même inachevée en raison de difficultés locales, préfigurait des rêves sionistes bien antérieurs au XIXe siècle.




Aujourd’hui, Safed marie toujours cette double identité : ferveur kabbalistique dans ses synagogues anciennes et atmosphère bohème dans son quartier des artistes. Les enseignements de l’Ari et de Caro continuent d’inspirer des yeshivot et des cercles d’étude, tandis que le souvenir de figures comme Doña Gracia rappelle que la mystique juive n’a jamais été déconnectée de l’action concrète et de la solidarité.


Dans une ville où l’air semble plus pur et le ciel plus proche, l’héritage du XVIe siècle reste vivant, invitant pèlerins et visiteurs à une rencontre entre passé cosmique et présent terrestre.




Changement d'Horaire ce dimanche JBCH N° 2603 - 975

 Actualité · France

Société
JBCH Réflexions
Samedi 28 mars 2026
Édition nationale
PolitiqueÉconomieSociétéMondeSportCulture
Société & Vie quotidienne

Changement d'heure :
faut-il avancer
ou reculer sa montre ?

Ce dimanche marque le retour de l'heure d'été et l'illusion de journées plus longues. Mais la question que tout le monde se pose demeure : dormira-t-on une heure de plus ou de moins ?

+1h
Avancée
des horloges
02h00
Il sera
03h00
1976
Instauration
en France
2026
L'Espagne
veut y mettre fin

Merci encore une foie à M Giscard d'Estaing Président dont l'Histoire ne gardera qu'il a inventé la TVA. Une mesure stupide ! ... C'est l'éternel débat. Avance-t-on ou recule-t-on les horloges pour passer à l'heure d'été ? La réponse est tranchée : dans la nuit du 28 au 29 mars, nous allons perdre une heure de sommeil. Les aiguilles de l'horloge avancent d'une heure ; à deux heures du matin, il sera donc trois heures.

D'après le site du gouvernement Vie publique, le changement d'heure a été instauré « principalement dans le but de réaliser des économies d'énergie à la suite du choc pétrolier 1973-1974 et de l'envolée des prix du pétrole ». Cette heure d'ensoleillement supplémentaire en soirée permettait ainsi de décaler la consommation d'électricité vers des plages horaires plus favorables.

Un constat confirmé dès 2010 par l'Agence de la transition écologique (ADEME), qui vantait les « effets positifs de l'heure d'été sur la consommation d'énergie et les émissions de CO₂ ». Depuis lors, la pratique est ancrée dans le calendrier français, même si sa pertinence est de plus en plus remise en cause.

Changer l'heure deux fois par an n'a plus de sens  ...

JBCH 



Illustration.
 À 2h du matin, les horloges afficheront 3h — une heure de sommeil perdue. Instauré en France en 1976, le changement d'heure persiste malgré les débats récurrents sur sa suppression. La crise sanitaire du Covid-19, le Brexit, la guerre en Ukraine ou encore l'inflation ont longtemps relégué au second plan la volonté de mettre fin aux passages à l'heure d'hiver en octobre et à l'heure d'été en mars.

Le 20 octobre dernier, par la voix de son Premier ministre, l'Espagne annonçait pourtant vouloir y mettre fin dès 2026. « Changer l'heure deux fois par an n'a plus de sens », avait défendu Pedro Sánchez sur le réseau social X. Une déclaration remarquée, mais dont les effets concrets restent à ce jour très incertains.

Ce changement d'heure peut également avoir un impact non négligeable sur la santé. Troubles du sommeil, difficulté à s'endormir le soir, perturbations physiologiques liées au décalage de l'horloge biologique : les effets sont bien documentés, même s'ils restent passagers pour la majorité des individus.

Pour limiter ces répercussions, les pouvoirs publics invitent les Français à adopter quelques gestes simples dans les jours qui précèdent le passage à l'heure d'été. Décaler progressivement l'heure du coucher, s'exposer à la lumière naturelle dès le matin ou encore couper les écrans avant le sommeil figurent parmi les préconisations officielles.

La question d'une suppression définitive du changement d'heure, régulièrement soulevée au sein de l'Union européenne depuis la directive de 2019, reste en suspens. Un consensus entre États membres semble difficile à atteindre, chaque pays souhaitant conserver une heure cohérente avec ses voisins. Le débat, lui, ne dort jamais.

B-21 Raider. JBCH N° 2603 - 974

JBCH / Défense & Stratégie
Samedi 28 mars 2026  |  Numéro 2603-974
Édition spéciale Puissance aérienne
Bombardier de 6ᵉ génération

Le B-21 Raider,
fantôme à 800 millions
que Pékin dit avoir percé





Le futur fleuron de l'aviation stratégique américaine, attendu pour 2027, serait vulnérable selon des chercheurs chinois. Entre furtivité, autonomie et course aux armements, le point sur l'appareil le plus secret de l'US Air Force.
800 M$Coût unitaire estimé
2027Mise en service prévue
200Appareils recommandés
40 Md$Budget supplémentaire / an

Il doit succéder aux légendes de l'aviation de guerre. Le B-21 Raider, bombardier stratégique furtif de sixième génération développé par Northrop Grumman, est prévu pour entrer en service en 2027, prenant le relais du B-2 Spirit — en service depuis les années 1990 — et du B-1 Lancer, ce foudre de guerre capable de Mach 2 hérité des années 1970. À 800 millions de dollars l'exemplaire, il incarne à lui seul l'ambition américaine de maintenir une suprématie aérienne contestée.

Officiellement dévoilé en 2022, l'appareil est entré en phase d'essais intensifs au-dessus de la Californie. Ce mois-ci encore, un passionné d'aviation capturait sur vidéo un B-21 en plein ravitaillement aérien derrière un KC-135, escorté d'un F-16 — preuve que l'avion est désormais opérationnel à l'entraînement.

Un appareil taillé pour le combat de demain

Ce qui distingue le Raider de ses prédécesseurs, c'est sa capacité d'autonomie. Conçu pour fonctionner sans équipage lors des missions les plus risquées — frappes en profondeur dans des zones fortement défendues, guerre électronique, reconnaissance — il représente une rupture doctrinale majeure. Intégré au réseau Joint All-Domain Command and Control (JADC2), il peut collecter et distribuer des informations en temps réel, coordonner des drones ailiers et agir comme un véritable poste de commandement volant. Un bombardier, certes, mais aussi un cerveau opérationnel.






« La furtivité reste soumise à des lois physiques universelles. La Chine dispose des moyens pour en tester les limites. »

Harry J. Kazianis, analyste de défense — 19FortyFive

La Chine dit avoir trouvé la faille

C'est ici que le scénario se complique. Selon l'analyste Harry J. Kazianis, des chercheurs chinois affirment avoir identifié deux vulnérabilités potentielles dans la conception du Raider. La première concerne la signature radar : sous certains angles d'observation, l'appareil pourrait être exposé aux radars de nouvelle génération. La seconde touche à la signature thermique : les capteurs infrarouges — indépendants du radar — progressent assez vite pour envisager le suivi d'aéronefs furtifs à haute altitude.

Ces affirmations sont à manier avec prudence. Le programme B-21 reste l'un des plus classifiés au monde. Mais elles ne peuvent être réduites à de la seule propagande : elles s'inscrivent dans une démarche scientifique crédible, portée par un pays qui dispose des capacités industrielles et académiques pour modéliser la physique radar et infrarouge à l'échelle du laboratoire.

B-21 Raider
© Northrop Grumman / US Air Force

Le B-21 lors d'essais à la base d'Edwards, Californie. Sa silhouette d'aile volante rappelle le B-2, mais avec une signature radar réduite.






Trop peu, trop tard ?

C'est le verdict du Mitchell Institute for Aerospace Studies. Selon ses experts, les volumes prévus de B-21 sont insuffisants pour un conflit de haute intensité contre la Chine. En cause : la position géographique de Pékin et ses systèmes de défense A2/AD, qui permettent de créer des bulles d'exclusion depuis lesquelles les forces chinoises peuvent frapper efficacement tout en étant protégées. Pour saturer ces défenses, le rapport préconise la production d'environ 200 B-21 et 300 F-47, le futur chasseur de 6ᵉ génération, assorti d'une augmentation budgétaire pouvant atteindre 40 milliards de dollars supplémentaires par an.

D'ici à ce que ces appareils soient disponibles en nombre, l'US Air Force devra s'appuyer sur des plateformes vieillissantes — B-52, B-1, B-2 — moins adaptées aux environnements fortement contestés. Le temps presse. Et pendant ce temps, la Chine avance.










« 200 B-21 et 300 F-47 : le minimum pour tenir face à Pékin. »

Mitchell Institute for Aerospace Studies, 2026JBCH - Défense & Stratégie — Samedi 28 mars 2026

Igor Tulchinsky Algorithmes quantiques, Hassid et Milliardaire ! JBCH N° 2603 - 973

Igor Tulchinsky : 

Le milliardaire Hassid et  "quant" qui prie  !


Fondateur de WorldQuant, discret philanthrope pro-Israël, adepte du Habad et utilisateur avancé de l’IA  

 

Coiffé d’une casquette sobre — sauf pour l’étoile de David brodée dessus, insigne d’une unité des forces spéciales israéliennes. Ce détail, qui aurait pu passer inaperçu, dit l’essentiel sur Igor Tulchinsky : un homme qui agit dans l’ombre mais porte ses convictions sur lui.





Fondateur et PDG de WorldQuant, firme de gestion quantitative fondée en 2007, Tulchinsky a bâti sa fortune en détectant des signaux dans des océans de données de marché. Des millions d’algorithmes — les « alphas » dans le jargon du secteur — cherchent en permanence à anticiper les mouvements de prix. Un monde abstrait, presque stérile. Lui ne l’est pas.




De Minsk à Manhattan, trente déménagements

Né à Minsk, il a quitté l’URSS à dix ans. Il raconte avoir « commencé à immigrer à 10 ans et terminé à 11 » — moitié bureaucratique, moitié comique. La famille s’installe à Queens, puis Richmond, puis dans une trentaine d’autres endroits. 



Cette mobilité permanente l’a formé plutôt qu’abimé. « Je crois que c’est de la dopamine », dit-il du goût pour le changement. À 13 ans il travaille, à 14 il programme sur un Commodore 64 acheté avec ses économies, à l’adolescence il écrit des jeux vidéo à 20 dollars de l’heure après avoir répondu à une petite annonce texane.




Oct. 7 : le déclencheur public

Tulchinsky avait ouvert son premier bureau en Israël dès 2009, à Ramat Gan. Mais c’est le 7 octobre 2023 qui accélère tout. « Incrédulité. Engourdissement. » Un rabbin l’appelle le jour même : il faut affréter un avion pour amener les familles d’otages à Washington. « Vous payez ? » — « Oui. » La réponse est venue vite. Depuis, il multiplie les voyages en Israël — familles d’otages, soldats blessés, centres de traitement du stress post-traumatique, hôpitaux. Il a tout fait discrètement. « Quand quelqu’un à l’hôpital est content de vous voir, ça va dans les deux sens. »




L’IA expliquée en termes hassidiques

Depuis 2001, ce juif formé dans le Soviet à ne vivre son identité que « comme un facteur ethnique » étudie la Torah avec un rabbin Chabad du Connecticut — une leçon par semaine, pendant des années. Il est aujourd’hui un soutien majeur des institutions Habad. 



Et il demande à ChatGPT d’expliquer ses questions religieuses en termes hassidiques. Cette fusion entre quantification et spiritualité n’est pas une contradiction chez lui : c’est un système. Il a rédigé sa mission par écrit et s’efforce de faire des choses qui « bénéficient à la mission plutôt qu’à moi-même ».




Dans un essai publié en décembre, il appelle Israël à devenir une « Quant Nation » :  traiter la donnée comme un actif national, modéliser l’incertitude, anticiper plutôt que réagir.

« Tout est là pour le potentiel », dit-il. Et le potentiel, chez Tulchinsky, n’est jamais seulement une métaphore.

 D'après un article du Jerusalem Post 




La radicalité est ancrée à Gaza .. JBCH N° 2603 - 972

Gaza : l’impossible déradicalisation

Pourquoi le remède le plus cité contre l’islamisme à Gaza est probablement aussi le plus illusoire.

La déradicalisation de Gaza est présentée comme une solution de bon sens : si l’islam radical est le problème, éliminer la radicalité devrait être la réponse. Cette logique en apparence imparable masque deux questions sans réponse : comment ? et par qui ? Pour Martin Sherman, l’idée relève moins d’un programme politique que d’une illusion confortable.



Des analogies trompeuses 

On invoque volontiers les exemples de l’Allemagne nazie et du Japon impérial, déradicalisés avec succès après 1945. Mais l’analogie ne tient pas. Ces régimes étaient géographiquement isolés : aucune nation « téutonique » ou « nipponique » voisine ne venait nourrir la résistance. Gaza, elle, est bordée par le Sinaï égyptien et entourée de vastes zones à majorité musulmane, autant de bassins d’où peut sourdre en permanence une incitation hostile.



La radicalisation n’a plus de frontière 

La technologie a rendu caduque toute barrière géographique. Internet, téléphones mobiles et réseaux sociaux permettent aux imams fanatiques de toucher directement les esprits, où qu’ils se trouvent. 

L’attentat de Bondi Beach en 2025, perpétré par deux individus d'origine pakistanaise radicalisés en Australie, l’illustre cruellement. Ainsi, même des programmes de déradicalisation sérieux dans les écoles de Gaza seraient systématiquement défaits par des contenus extrémistes diffusés depuis l’extérieur.




Vingt ans d’endoctrinement, des décennies pour défaire


Le nazisme a régné douze ans. Le Hamas domine la sphère palestinienne depuis 2006, année de sa victoire électorale sur le Fatah d’Abbas qui n’a pas risqué d’autres élections depuis. 


Deux décennies à inculquer son idéologie à une génération entière à l'aide de livres scolaires négationnistes financés par l'Europe, et qui n’a jamais connu d’autre régime. Les experts les plus optimistes parlent de vingt à vingt-cinq ans de transformation en supposant des conditions favorables qui, précisément, n’existent pas.





La conclusion que personne ne veut entendre

Si Israël prend en charge la déradicalisation, si on la confie à une puissance extérieure, laquelle aura la volonté et l’endurance nécessaires face à une opposition islamiste acharnée ? 


Sherman tire la conclusion que le débat évite : la seule déradicalisation durable passe par le contrôle israélien du territoire et donc par le départ de sa population. Ce n’est pas, dit-il, de l’extrémisme. C’est de la science politique. Un point de vue qui demande réflexion !



 

Martin Sherman a passé sept ans dans l’appareil de défense israélien. Il est membre du Israel Defense & Security Forum. — 




Israël, le Bonheur et la Guerre. JBCH N° 2603 - 971

Israël, heureux d’être là !

Dans le dernier rapport mondial sur le bonheur, Israël crève les prévisions. Un paradoxe qui en dit long sur la cohésion sociale en temps de guerre.

 

En pleine guerre, sous la menace permanente, Israël figure dans le top 10 mondial du bonheur. Ses voisins — Syrie, Jordanie, Égypte, Liban — croupissent dans le bas du classement. Et ses moins de 25 ans sont les troisièmes plus heureux du monde. Une anomalie ? Plutôt une leçon.





Un classement qui défie la logique

Le World Happiness Report place cette année les pays nordiques en tête — Finlande, Danemark, Islande — suivis de la Norvège, des Pays-Bas, d’Israël et du Luxembourg. Aucun pays anglophone n’atteint le top 10 : les États-Unis sont 23es, juste après l’Arabie saoudite et les Émirats, le Royaume-Uni seulement 29e.  l’Égypte la 139e, le Liban la 141e. L’Afghanistan ferme la marche en 147e position.





Les réseaux sociaux, ennemis du bonheur

Le rapport établit un lien net entre usage des réseaux sociaux et mal-être : selon les données PISA portant sur 15 millions d’élèves dans 47 pays, la satisfaction de vivre est la plus élevée là où l’usage est le plus faible. À l’inverse, les pays anglo-saxons — États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande — où les jeunes sont les plus exposés figurent entre la 122e et la 133e place pour le bonheur des moins de 25 ans. Les émotions négatives progressent dans toutes les régions du monde, à l’exception notable des plus jeunes générations israéliennes.




Le secret : « pas moi, nous »

Pendant que leurs pairs occidentaux débattent d’espaces sécurisés et de pronoms, les jeunes Israéliens de 18 ans font leur service militaire. Douglas Altabef, dans le Jerusalem Post, y voit une clé : « Ils ont embrassé la mission de protéger le pays qu’ils aiment. Ils ont intériorisé que ce n’est pas une question de ‘moi’, mais de ‘nous’. » La chercheuse Anat Fanti (Bar-Ilan) confirme : les liens familiaux, la communauté, la foi et la cohésion sociale soutiennent le bien-être global, même sous une pression prolongée. Les étrangers se portent volontiers au secours des autres en cas de crise. « Les crises, nous n’en manquons pas », note l’auteur avec un humour typiquement israélien.





Pessah, ou le bonheur comme acte de résistance

Ce classement tombe à la veille de Pessah. La fête rappelle l’Exode d’Égypte, matrice de l’identité juive depuis trois millénaires. Sa formule populaire résume l’histoire avec le même humour : « Ils ont essayé de nous tuer, on a survivé, passons à table. » 







Que des familles entières se retrouvent chaque année, partout dans le monde, pour raconter cette histoire comme si chacun en était personnellement sorti, est peut-être le plus ancien des réseaux de cohésion sociale connus. Et l’un des plus efficaces.

 

D’après le World Happiness Report 2025 e