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jeudi 12 février 2026

La lettre Beth et la matérialité . JBCH N° 2602 - 867

Beth, la maison du monde : 

 La lettre la plus matérielle de l’alphabet hébraïque, 


Cette lettre est solide, sa large base s’accroche à la terre. Contrairement au Youd  elle ne s’envole pas vers l’univers de la spiritualité … 


Contrairement au Lamed  : La lettre Lamed (ל), la plus haute, incarne l’étude et l’élévation (limoud) ; avec Beth elle forme « lev » (cœur), centre vivant où la maison devient enseignement et aspiration vers le Ciel.




Par où commence le monde ? La Bible hébraïque ne débute ni par la première lettre de l’alphabet, ni par un son discret ou éthéré, mais par Beth : Bereshit bara Elohim — « Au commencement, Dieu créa… ». Une lettre massive, angulaire, fermée sur trois côtés, ouverte sur un seul. Une lettre qui ne flotte pas : elle s’ancre, elle construit, elle abrite. Dans la tradition juive, cette anomalie alphabétique n’est pas un hasard : Beth n’est pas seulement une lettre, c’est une théologie en forme d’architecture.




Beth : une lettre qui dit “maison” En hébreu, Beth signifie littéralement la maison. Non pas l’idée abstraite de l’habitat, mais l’espace concret, clos, protecteur, où la vie se déploie. Dès l’origine, le judaïsme affirme ainsi que le monde n’est pas une illusion à fuir mais une demeure à habiter. Graphiquement, Beth ressemble à un angle droit : fermée à gauche, en haut et en bas, ouverte vers l’avant, vers le texte, vers l’histoire.



Les maîtres du Midrash y voient une leçon fondatrice : on ne regarde pas “avant” la Création, on ne sonde pas ce qui est au-dessus ou au-dessous, on avance dans le monde donné. La lettre elle-même devient un garde-fou contre la spéculation stérile, une invitation à l’engagement dans le réel.





Une morale de la limite : Contrairement à certaines traditions mystiques qui idéalisent l’évasion du monde, la Beth impose une éthique de la limite. Elle enferme pour protéger. Elle borne pour rendre habitable.

Sur le plan moral, Beth signifie : accepter un cadre, vivre dans une structure,transformer le chaos en espace de responsabilité.



La maison n’est pas un luxe : elle est la condition de la relation humaine. Sans murs, pas d’intimité ; sans seuil, pas d’hospitalité. Beth dit ainsi que la morale commence par le sol, par ce qui tient.



Dans la Kabbale, Beth prend une dimension encore plus radicale. Elle est associée à la Sefira de Hokhmah canalisée, la sagesse qui accepte de se faire forme. La lettre Aleph, silencieuse, aérienne, infinie, représente l’absolu divin. Beth, elle, représente le moment où l’infini consent à se loger dans le fini.

Le Zohar affirme que Dieu n’a pas créé le monde avec Aleph, car Aleph est trop parfaite. Beth, au contraire, est imparfaite, angulaire, lourde. Elle peut porter le monde. Beth est aussi liée à la notion de Berakha (bénédiction), mot qui commence par Beth. La bénédiction n’est pas une fuite vers le ciel, mais une circulation du divin dans la matière : dans le pain, le vin, le temps, 


Le philosophe et rabbin Marc-Alain Ouaknine insiste souvent sur ce point : le judaïsme n’est pas une religion de l’âme contre le corps, mais une pensée de l’incarnation du sens. Pour lui, Beth est le symbole d’un judaïsme qui refuse l’idéalisme pur. Ouaknine souligne que commencer la Torah par Beth, c’est affirmer que : Le sens n’existe que s’il s’inscrit dans une forme. » La lettre Beth est ainsi une lettre anti-gnostique. Elle combat l’idée que le monde serait une prison dont il faudrait s’évader. Au contraire, le monde est la seule scène possible du sens.





Pour Ouaknine, Beth est aussi la lettre de la responsabilité : on ne rêve pas le bien, on le construit. On ne médite pas la justice, on l’organise. La maison est l’image même du commandement : elle oblige à entretenir, réparer, transmettre.

Pourquoi cette lettre est-elle “si solide”  Beth est solide parce que le monde doit l’être.

Un monde trop fluide devient violent. Un monde sans structure devient inhabitable. La matérialité n’est pas l’ennemie du spirituel : elle est sa condition de survie.

Quelques exemples concrets dans la tradition juive : les mitsvot passent par le corps (manger, marcher, parler) le temps est sanctifié par le calendrier, l’espace par la maison, la synagogue, la table du Shabbat. Même Dieu, dans la pensée rabbinique, demande une demeure (Dirah batahtonim) : un lieu en bas, matériel, où Sa présence peut résider.





Enfin, La lettre Beth, de valeur numérique 2, symbolise la dualité : ciel et terre, spirituel et matériel, Dieu et l’homme, appelés à dialoguer. Elle invite donc à s’attacher à la relation, à la construction du monde dans l’unité à partir de la différence.


À l’ère du virtuel, du flux continu, de la dématérialisation généralisée, Beth apparaît presque comme une lettre de résistance. Elle rappelle que sans ancrage, le sens se dissout. Sans maison, pas de mémoire. Sans poids, pas de parole qui tienne.


Beth n’est pas une lettre confortable : elle oblige à porter le monde, à l’assumer, à le réparer. Mais c’est précisément pour cela qu’elle ouvre la Torah. Le judaïsme commence par une maison, parce qu’il commence par le monde.







Le nouvel an Chinois. LE CHEVAL DE FEU JBCH N° 2602 - 866

Je marche dans le 13ᵉ arrondissement puis je repars pour à Belleville . Le Nouvel An lunaire ne s’impose pas,il se prépare,  il s’installe. Rien d’agressif, rien de tapageur. Des lanternes rouges accrochées aux devantures, des vitrines soignées, l’odeur du canard laqué et des raviolis vapeur qui s’échappe des restaurants. 


Des familles, beaucoup de familles. Des grands-parents, des enfants bien habillés, des commerçants souriants. La fête est là, mais elle ne déborde pas.






Dans le 13, devant chez Tang, le défilé attire la foule, les tambours résonnent, les dragons ondulent. Pourtant, même au cœur du spectacle, je ressens une discipline collective presque étonnante : on attend, on observe, on photographie, on applaudit. Peu de cris, peu de débordements. À Belleville, l’ambiance est plus populaire, plus brute, mais le même esprit demeure : une joie contenue, une fierté calme. On célèbre entre soi, mais on n’exclut personne. Le quartier devient une invitation, pas une revendication.

Ce qui frappe, surtout, c’est ce que je ne vois pas. Pas de slogans, pas de colère, pas de mise en scène victimaire. Cette population, pourtant marquée par une histoire d’exil, de travail dur et parfois de discriminations silencieuses, ne réclame rien sur la place publique. Elle montre au lieu de protester. Elle transmet par la culture, par la réussite scolaire, par l’économie locale, par la famille.






Pourquoi cette discrétion ? Peut-être parce que l’intégration, ici, n’est pas un mot politique mais une stratégie de vie. On avance sans bruit, on respecte les règles du pays d’accueil, on investit dans l’éducation, dans le commerce, dans la durée. On ne cherche pas à transformer la société par la confrontation, mais par la présence continue. Cela n’a rien de soumis : c’est un choix. Un choix de stabilité, de respect mutuel, parfois aussi de prudence.






Contrairement à certaines communautés plus visibles ou plus revendicatives, cette population semble avoir fait le pari que la reconnaissance vient après, jamais avant. Qu’elle se gagne, lentement. Le Nouvel An lunaire en est l’illustration parfaite : une fête identitaire, forte de symboles millénaires, mais offerte à la ville entière, sans exigence, sans discours moralisateur.





En quittant Belleville, je me dis que cette discrétion est peut-être une force mal comprise. À une époque où tout se crie, se négocie et s’affronte, il existe encore des manières d’être françaises sans le proclamer. 


Le dragon s’éloigne, les lanternes s’éteindront dans quelques jours, et le quartier redeviendra silencieux. Mais l’intégration, elle, continuera — patiente, invisible, efficace.




e Nouvel An chinois (également appelé Nouvel An lunaire ou Fête du Printemps) en 2026 tombe le mardi 17 février 2026. Il marque le début de l’année du Cheval de Feu (ou Year of the Fire Horse) selon le zodiaque chinois.

Les festivités durent traditionnellement 15 jours, jusqu’à la Fête des Lanternes (mi-mars environ), avec de nombreuses animations à Paris et en Île-de-France dès fin janvier/début février.

Voici les principales dates et événements confirmés ou annoncés pour Paris en 2026 :

•  Défilé sur les Champs-Élysées : Le grand événement phare a lieu le dimanche 1er février 2026 (en avant-première par rapport à la date officielle du 17 février). Il commence vers 14h ou 14h30 (souvent au niveau du Fouquet’s ou George V), remonte l’avenue jusqu’à l’Arc de Triomphe. Au programme : danses du lion et du dragon, costumes traditionnels, performances, et une nouveauté cette année avec des robots intégrés au cortège (plus de 600 participants attendus, environ 200 000 spectateurs). C’est gratuit et ouvert à tous.

•  Parade traditionnelle dans le 13e arrondissement (Chinatown / Quartier asiatique) : Prévue le dimanche 1er mars 2026(date à confirmer selon les sources). Départ souvent entre 13h et 14h-15h, parcours autour de l’avenue de Choisy, Porte de Choisy et avenue d’Ivry. Danses, dragons, lions, musique, et ambiance festive dans les rues.

•  Autres animations : De mi-février à début mars, attendez-vous à des spectacles (danses, ateliers calligraphie, lanternes), marchés, expositions et menus spéciaux dans les restaurants asiatiques (surtout 13e, Belleville, Marais, etc.). Des événements annexes ont lieu aussi en banlieue (Aubervilliers, Val-de-Marne, etc.).


mardi 10 février 2026

Israël et la Grèce ... Une belle alliance. JBCH N0 2602 - 865

Dans l'Antiquité, Athènes brillait par l'universalité de ses philosophes , alors que Jérusalem préparait ce qui devait conduire l'humanité par plus d'amour, d'équité, d'éthique.


Aujourd'hui, c est Israël qui mène la danse, de par son ingéniosité, son courage, Israël a transformé la géo politique de la région et s'oppose à l'Islam radical imposé par les islamistes conduits par un minuscule pays , très riche : le Qatar .


La Grèce apparaît aujourd’hui comme un acteur stratégique majeur en Méditerranée orientale, capable de combiner ses intérêts nationaux, ses alliances européennes et ses relations privilégiées avec les États-Unis. Alors que Washington semble redéfinir ses engagements en Europe, la capitale grecque a choisi de ne pas déléguer sa relation avec les Américains à Bruxelles, tirant parti de sa position géographique et de ses infrastructures pour devenir un hub logistique, diplomatique et énergétique d’importance cruciale.

Ce qui reste de la Grèce antique

Athènes s’est ainsi imposée comme un point d’entrée pour le gaz naturel liquéfié (GNL) américain vers l’Europe du Sud et de l’Est. Grâce au terminal de Revithoussa et aux accords avec Chevron et ExxonMobil, la Grèce permet non seulement son approvisionnement domestique mais aussi l’exportation vers les pays balkaniques et l’Europe centrale, réduisant la dépendance au gaz russe. Cette fonction de hub énergétique renforce la sécurité européenne et la valeur stratégique de la Grèce pour Washington.



Israël brille 

Parallèlement, la Grèce a renforcé ses liens avec Israël, nouant une alliance politico-stratégique multidimensionnelle. Cette coopération couvre la défense, la technologie, l’énergie et l’économie. Les exercices militaires conjoints, le partage de renseignements et les projets énergétiques communs donnent à la Grèce et à Israël une capacité renforcée de dissuasion et une influence diplomatique accrue dans la région, tout en consolidant la présence américaine à travers leurs infrastructures et réseaux.



En matière de défense, la Grèce développe des partenariats bilatéra
ux avec Israël et des coopérations régionales avec la France, renforçant sa position au sein de l’OTAN et dans l’espace euro-méditerranéen. Cette trilogie stratégique – Grèce, Israël, États-Unis – permet de contenir les tensions régionales, d’équilibrer l’influence turque et de lutter contre les mouvements extrémistes et les ingérences idéologiques, notamment des réseaux islamistes.




Le modèle grec consiste à offrir des avantages concrets aux États-Unis tout en restant pleinement ancrée dans l’Union européenne. Cette approche duale – européenne et transatlantique – donne à Athènes un levier rare pour un pays de sa taille et la rend incontournable pour la stratégie américaine dans la région. L’intégration de l’alliance avec Israël renforce cette position en ajoutant des capacités opérationnelles et diplomatiques uniques.




La Grèce a su transformer sa géographie et ses alliances en un levier stratégique : hub énergétique et logistique pour les États-Unis, partenaire de sécurité et technologie pour Israël, et acteur clé dans l’UE. 


Cette combinaison offre à Athènes la possibilité de modeler son environnement régional, d’attirer investissements et coopération, et de garantir la sécurité et la stabilité en Méditerranée orientale. L’alliance gréco-israélo-américaine constitue ainsi un pivot géopolitique capable de répondre aux défis d’un monde multipolaire, où influence et sécurité se jouent sur l’action concrète et les partenariats pragmatiques.




Les futures puces IA seront conçues en Israël. JBCH N° 2602 - 864


Israël est en train de se positionner comme l’un des futurs piliers mondiaux des puces dédiées à l’intelligence artificielle. L’annonce de l’implantation en Israël d’un centre de recherche et développement de la société américaine Astera Labs marque une étape stratégique dans cette montée en puissance. 


Réparti entre Tel-Aviv et Haïfa, ce nouveau pôle de R&D ambitionne de jouer un rôle clé dans la conception des infrastructures matérielles qui feront fonctionner l’IA de demain.


Astera Labs n’est pas un fabricant de puces grand public, mais un acteur essentiel de l’écosystème invisible de l’intelligence artificielle : la connectivité. Ses technologies permettent aux processeurs d’IA, aux accélérateurs graphiques et aux centres de données de communiquer à très haute vitesse, sans goulets d’étranglement. À l’heure où les modèles d’IA deviennent toujours plus massifs et gourmands en calcul, cette couche matérielle est devenue critique. Sans elle, même les puces les plus puissantes – notamment celles de Nvidia – ne peuvent exprimer leur plein potentiel.



Le centre israélien, dirigé par Guy Azrad, ancien cadre de Google et de Marvell, et par Idou Bukshpan, spécialiste des ASIC et des réseaux avancés, devrait recruter à terme plusieurs centaines d’ingénieurs. Il travaillera sur des solutions de connectivité de nouvelle génération, destinées aux centres de données hyperscale et aux infrastructures d’IA avancées. L’objectif est clair : concevoir en Israël des briques technologiques indispensables au fonctionnement des futures usines de calcul mondial.







Au-delà d’Astera Labs, cette implantation s’inscrit dans une dynamique plus large. Israël dispose déjà d’un écosystème unique dans les semi-conducteurs, avec des centres de R&D majeurs d’Intel, Nvidia, Apple, Amazon et Google. En attirant des acteurs spécialisés dans les puces d’infrastructure d’IA, le pays ne se contente plus de développer des algorithmes ou des logiciels : il se positionne au cœur même du matériel stratégique de l’intelligence artificielle.



Ce que construit Israël, c’est donc un rôle de cerveau matériel de l’IA mondiale. Un lieu où se conçoivent les architectures invisibles mais décisives qui relient les puces entre elles, optimisent les flux de données et rendent possible l’industrialisation de l’intelligence artificielle. Un marché estimé à près de 20 milliards de dollars d’ici 2030, et appelé à devenir aussi stratégique que l’énergie ou les télécommunications.




En misant sur la connectivité des puces et les infrastructures de calcul, Israël confirme une orientation claire : ne pas seulement utiliser l’IA, mais en façonner les fondations physiques. 


Une puissance discrète, profondément technologique, mais appelée à peser lourd dans l’équilibre industriel et géopolitique du XXIᵉ siècle.


Aleph ? JBCH N0 2602 - 863

Aleph est la première lettre de l’alphabet hébraïque, et pourtant, paradoxalement, elle n’ouvre pas la Torah. Celle-ci commence par la lettre Beth, dans le mot Bereshit. Cette absence inaugurale de l’Aleph n’est pas un hasard. 


Elle constitue, au contraire, l’un des mystères les plus profonds de la tradition juive, tel qu’il est interprété par la Kabbale et par des penseurs contemporains comme Marc-Alain Ouaknin.

D’un point de vue numérique, l’Aleph vaut un. Mais sa composition graphique traditionnelle révèle une structure plus complexe : un Yod supérieur, un Yod inférieur et un Vav central. Leur valeur additionnée (10 + 6 + 10) donne 26, nombre du Nom divin (YHWH), et parfois 13, lorsqu’on la considère dans sa symbolique unifiée. Or, 13 correspond aussi à Ahava (amour) et à E’had (unité). L’Aleph devient ainsi le signe de l’Un, de l’amour et de la cohésion cosmique.





Pour la Kabbale, l’Aleph représente l’origine invisible, le point de départ non manifesté de toute création. Elle est liée au Ein Sof, l’Infini divin, qui précède toute parole et toute forme. L’Aleph est silencieuse : elle n’a pas de son propre. Elle ne se prononce qu’à travers les voyelles qui l’accompagnent. Ce silence n’est pas vide, mais plein de potentiel. Il est comparable au silence qui précède la parole créatrice, à ce vide fécond d’où émerge le monde.







Pourquoi, dès lors, la Torah commence-t-elle par Beth et non par Aleph ? Le Beth signifie « maison », « intérieur », « demeure ». Il représente le monde déjà structuré, habitable, organisé. La Torah ne commence pas par l’absolu, mais par le relatif, par le monde humain, par l’espace de l’histoire. L’Aleph, lui, reste en retrait, comme si l’absolu ne pouvait être dit directement. Il demeure en amont, caché, réservé à la transcendance.


Dans les enseignements rapportés par la tradition, l’Aleph se plaint de ne pas avoir été choisie. Dieu lui répond alors qu’elle ouvrira les Dix Commandements : Anochi Hachem Elohecha. Ainsi, l’Aleph devient la porte de la Révélation. Elle ne fonde pas le monde matériel, mais la relation éthique entre Dieu et l’homme. Elle est le commencement de la parole adressée, du dialogue, de l’alliance.




Marc-Alain Ouaknin voit dans l’Aleph le symbole du manque fondateur. Ce qui est premier n’est pas la plénitude, mais le retrait. Le monde commence par une absence, par un espace laissé libre pour la liberté humaine. L’Aleph représente cette béance originelle, cette ouverture qui rend possible la pensée, le désir et la responsabilité. Sans ce vide initial, aucune parole ne pourrait advenir.


Dans la Kabbale lourianique, le concept de Tsimtsoum — la contraction divine — rejoint cette idée. Dieu se retire pour laisser place à la création. L’Aleph incarne ce retrait premier. Elle est présente dans son absence même. Elle rappelle que toute réalité repose sur un fondement invisible, que toute existence est suspendue à un mystère qui la dépasse.




Sur le plan spirituel, l’Aleph invite l’homme à l’humilité. Elle enseigne que la véritable sagesse commence par le silence, par l’écoute, par la reconnaissance de ses limites. Avant de parler, il faut savoir se taire. Avant d’agir, il faut savoir contempler. L’Aleph est la lettre de l’intériorité et de la méditation.


Elle est aussi la lettre de l’unité. Dans un monde fragmenté, marqué par les conflits et les divisions, l’Aleph rappelle que toute multiplicité provient d’une source unique. Elle relie le haut et le bas, le spirituel et le matériel, le divin et l’humain. Elle est le trait d’union entre les mondes.





Ainsi, si l’Aleph ne commence pas la Torah, c’est parce qu’elle précède toute écriture. Elle est l’origine avant l’origine, la parole avant la parole, l’amour avant la loi. Elle n’appartient pas au récit, mais à ce qui rend le récit possible. Elle est le secret du commencement.


En définitive, l’Aleph n’est pas absente : elle est cachée. Elle ne s’impose pas : elle suggère. Elle ne parle pas : elle fait parler. Réservée à l’Unique, elle enseigne à l’homme que la véritable grandeur ne réside pas dans l’affirmation de soi, mais dans la capacité à se relier à plus grand que soi. 


Par elle, la tradition juive nous rappelle que le sens ultime ne se possède pas : il se cherche, dans le silence, l’amour et l’unité.




dimanche 8 février 2026

Cercle de généalogie juive ... JBCH N° 2602 - 862

LogoCercle de Généalogie Juive 

Conférence lundi 16 février 2026 à 19h, par zoom. Présence juive en Terre d’Israël au 19e siècle Les recensements de Sir Moses Montefiore.

Première conférence mensuelle  qui aborde ce thème, ce lieu, cette époque.

               Présence juive en Terre d’Israël au 19e siècle Les recensements de Sir Moses Montefiore  par  Raquel Levy-Toledano

 

Lundi 16 mars à 19h par Zoom

https://us02web.zoom.us/j/85606676963?pwd=LmGKaGZUMqagEkb3322IQ5ny6qamxP.1

Numéro de réunion: 856 0667 6963

Code secret: 682015

 

  Présence juive en Terre d’Israël au 19e siècle

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Lors de ses recherches généalogiques, Raquel Lévy-Toledano a été amenée à consulter les recensements réalisés à l’initiativedu philanthropeSir MosesMontefiore sur lapopulation juive de Terred’Israël entre 1839et 1875. Leur objectif était de déterminer les besoins de cette population afin d’en assurer le bien-être. Raquel s’est alors rendue compte que ces recensements qui regorgeaient d’informations précieuses sur les juifs vivant en Terre d’Israël au 19e siècle n’avaient jamais été exploitées. Elle a donc décidé d’en faire une analyse détaillée et exhaustive qu’elle va nous livrer lors de sa présentation

Une image contenant texte, menu

Le contenu généré par l’IA peut être incorrect.

Une image contenant Visage humain, personne, habits, sourire

Le contenu généré par l’IA peut être incorrect.Raquel Levy-Toledano  est membre du conseil d'administration conseil du CGJ où elle dirige le Groupe de généalogie génétique. Par ailleurs, elle est membre du conseil d’administration de l'IAJGS (International Association of Jewish Genealogy Societies), membre de l'assemblée générale de l’IIJG, l'Institut international de généalogie juive en Israël, présidente de la Société généalogique NAJMA (Nos Ancêtres Juifs Marocains et Algériens)

 

La prochaine conférence, réservée aux adhérents, car c'est le jour de notre Assemblée Générale:

Dimanche 15 mars par zoom à 11h Alexandre Beider Aïeux séfarades pour les juifs d'Europe de l'Est : mythe ou réalité 

La Suisse et l'accord avec les nazis JBCH N° 2602 - 861

La duplicité suisse : 

un héritage trouble entre nazisme et alliances contemporaines



Alors que le monde commémore les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, une enquête récente sur les liens entre Credit Suisse et le régime nazi ravive les accusations de complicité helvétique. Avec les francs suisses reçus en échange de leurs lingots, le Reich a pu acheter les matières premières indispensables pour la fabrication des armes et la poursuite de la guerre




Au-delà de ce passé sombre, la Suisse entretient aujourd’hui des relations économiques et diplomatiques étroites avec des États autoritaires comme l’Algérie et le Qatar, ainsi qu’avec divers dictateurs, soulevant des questions sur une neutralité qui masque souvent des intérêts financiers. 





Mais comment punir un pays qui se pose en arbitre international ? Des experts et des observateurs appellent à des mesures diplomatiques et économiques pour exiger plus de transparence.


Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Suisse, tout en proclamant sa neutralité, a joué un rôle ambigu en soutenant économiquement le IIIe Reich. La Banque nationale suisse a accepté et blanchi de l’or pillé par les nazis, y compris celui extrait des victimes de l’Holocauste, prolongeant ainsi l’effort de guerre allemand.  



Des enquêtes historiques, comme le rapport Bergier de 2002, ont révélé que la Suisse servait de plaque tournante pour la vente et le transfert d’œuvres d’art volées par les nazis.  Les banques suisses, dont Credit Suisse, ont géré des comptes pour des officiels nazis et aidé à l’exfiltration de criminels de guerre vers l’Argentine après 1945. 



Les autorités helvétiques ont également fermé leurs frontières à des milliers de réfugiés juifs, les renvoyant vers une mort quasi certaine, tout en discriminant les passeports marqués d’un “J” pour les Juifs allemands dès 1938.  Un panel international d’historiens a qualifié la Suisse de “complice de l’Holocauste” en 1999 pour avoir refusé l’asile à ces persécutés.  




Des firmes suisses ont collaboré avec les nazis, fournissant des munitions et lavant de l’or volé, transformant la neutralité en un bouclier économique rentable.  Après la guerre, la Suisse a tardé à restituer les biens spoliés, ne versant 1,25 milliard de dollars aux survivants qu’en 1999 sous pression internationale. 



Aujourd’hui, cette “neutralité lucrative” persiste. La Suisse maintient des relations diplomatiques et économiques solides avec l’Algérie et le Qatar, malgré les critiques sur les droits humains dans ces pays. Avec le Qatar, indépendant depuis 1971, les liens datent de 1973 et se concentrent sur l’économie, les investissements directs massifs du Qatar en Suisse, et des accords sur le transport aérien.  



La Suisse vient d'interdire le Hamas mais les comptes ont ete trasférés sue l'Iran et la Turquie, les complices !






Doha est un partenaire clé pour la Suisse en matière de technologies, de développement durable et de médiation de paix, mais des observateurs pointent le rôle du Qatar dans le financement de groupes controversés et ses pratiques internes en matière de travail forcé.




Pour l’Algérie, les relations, établies depuis l’indépendance en 1962, couvrent la migration, les nouvelles technologies et le commerce, avec plus de 30 accords bilatéraux.  Alger est un allié stratégique en Afrique du Nord, mais son régime est accusé de répression contre les opposants et de corruption endémique.



Plus largement, les banques suisses restent un refuge pour les fonds de dictateurs. Des scandales comme #SuisseSecrets en 2022 ont révélé que Credit Suisse abritait des comptes de kleptocrates, d’espions et de criminels, incluant des familles de Hosni Mubarak (Égypte), Ben Ali (Tunisie) et d’autres autocrates.  Des milliards volés par Ferdinand Marcos (Philippines), Sani Abacha (Nigeria) ou Mobutu (Zaïre) ont transité par la Suisse.  Bien que Berne ait restitué près de 1,8 milliard de francs d’actifs illicites ces 15 dernières années, les critiques persistent sur le secret bancaire qui attire toujours des fonds douteux. 



Punir un État neutre comme la Suisse relève du défi diplomatique plus que de la vengeance. Internationalement, des sanctions peuvent être imposées via l’ONU ou l’UE, mais la Suisse, non-membre de l’UE, implémente souvent ces mesures pour préserver sa réputation.  Des pressions économiques, comme le désinvestissement américain dans les années 1990 pour les fonds nazis, ont forcé des restitutions.  Aujourd’hui, des poursuites judiciaires pour complicité dans le blanchiment, des boycotts commerciaux ou des enquêtes parlementaires (comme celles du Sénat US) pourraient être des leviers. 



Les violations de sanctions suisses entraînent des peines allant jusqu’à cinq ans de prison ou un million de francs d’amende, mais pour cibler la Suisse elle-même, l’ONU pourrait imposer des gels d’actifs ou des restrictions sur les biens ciblés.  Des experts suggèrent une transparence accrue via des audits internationaux et des réformes du secret bancaire, sous peine de ostracisme financier. Comme l’a déclaré un analyste : “La neutralité n’excuse pas la complaisance.”