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samedi 5 septembre 2026

Dragon Ball ... un site, un mythe ? JBCH N° 2609 - 146

Les déboires de Macron








Dragon Ball à Cergy-Pontoise : une annonce prématurée ou une supercherie ?


Par Jacques-Bernard  — 5 septembre 2026           N° 146

Un projet qui fait rêver… mais qui interroge






Depuis quelques semaines, une rumeur persiste : un grand parc d'attractions inspiré de l'univers Dragon Ball verrait le jour en Île-de-France, à proximité de Cergy-Pontoise. Un projet pharaonique, porté par des investisseurs français et saoudiens, qui promettrait des retombées économiques majeures pour la région. 

Pourtant, Toei Animation, l'éditeur japonais détenteur des droits de la licence, n'a jamais confirmé cette cession.

Une omission qui soulève des questions : s'agit-il d'une annonce trop rapide, ou pire, d'un mensonge d'État ?




Toei Animation : un silence assourdissant

Contactée à plusieurs reprises, la direction de Toei Animation n'a jamais reconnu avoir vendu ou cédé les droits d'exploitation de Dragon Ball pour ce projet. 

Pourtant, des élus locaux et des promoteurs immobiliers ont déjà commencé à communiquer sur ce parc, présentant des maquettes et des calendriers de construction.

« Aucun accord n'a été signé avec la France ou l'Arabie Saoudite pour un parc Dragon Ball en Europe. »Porte-parole de Toei Animation — août 2026

Ce déni catégorique contraste avec l'enthousiasme affiché par certains responsables politiques, qui voient dans ce projet un moyen de dynamiser l'attractivité touristique de la région parisienne.




Les zones d'ombre du projet

1. Une communication trop optimiste ?

Plusieurs sources proches du dossier évoquent des négociations en cours, mais aucune preuve tangible n'a été présentée. Les documents officiels manquent à l'appel :

  • Aucun contrat signé n'a été rendu public.
  • Aucune conférence de presse conjointe entre Toei et les investisseurs n'a eu lieu.
  • Les visuels diffusés (maquettes, rendus 3D) pourraient n'être que des concepts non validés.

2. Un montage financier opaque

L'Arabie Saoudite, via son fonds souverain Public Investment Fund (PIF), est connue pour ses investissements massifs dans le divertissement (NEOM, Qiddiya). Mais dans ce cas précis, aucune annonce officielle n'a été faite.

  • Qui finance vraiment le projet ?
  • Quelles garanties pour les contribuables français ?
  • Pourquoi Toei n'est-elle pas associée aux communications ?

3. Un précédent inquiétant

En 2023, un projet similaire avait été évoqué en Espagne, avant d'être abandonné faute d'accord avec Toei. Une répétition de l'histoire ?




Les réactions : entre espoir et scepticisme


Côté politique

Certains élus locaux, comme le maire de Cergy, ont déjà salué « une opportunité historique pour l'Île-de-France ». D'autres, plus prudents, appellent à « attendre les confirmations ».

Côté fans

Les communautés de fans de Dragon Ball sont divisées : les optimistes y voient « le parc de leurs rêves », les sceptiques craignent « un coup marketing » ou « une arnaque ».

« Si c'est vrai, ce sera incroyable. Mais avec Toei qui ne dit rien, j'ai des doutes. »Thomas L., fan et modérateur d'un forum dédié à Dragon Ball

Côté juridique

Des avocats spécialisés en propriété intellectuelle rappellent que l'utilisation non autorisée de la licence Dragon Ball pourrait entraîner des poursuites pour contrefaçon.



Et maintenant ? Le silence de Toei en dit peut-être plus long que toutes les maquettes

© JBCH Septembre 2026.

L'Immortalité du Proton. JBCH N° 2609 - 145




Le proton, cette particule qui refuse de mourir

Jacques-Bernard  JBCH N° 145

Dix mille milliards de milliards de milliards d'années : c'est la durée de vie minimale estimée du proton, brique de toute matière ordinaire. Une équipe internationale vient d'apporter un éclairage nouveau sur les raisons de cette stabilité vertigineuse.

Un proton et un électron, et voilà un atome d'hydrogène, le plus simple et le plus abondant de l'Univers. Le nombre de protons dans un noyau définit l'élément chimique : deux pour l'hélium, six pour le carbone. Sans proton, pas de matière telle que nous la connaissons.

Pourtant le proton n'est pas une brique élémentaire. Il abrite trois quarks, soudés par des gluons, messagers de la force forte qui tient les noyaux atomiques. 

Et c'est là que surgit l'énigme : jamais, en un siècle de physique expérimentale, on n'a vu un proton se désintégrer de lui-même. Face à l'âge de l'Univers, 13,8 milliards d'années, le proton relève de l'éternité.

Une brique de matière presque immortelle — et personne ne sait vraiment pourquoi.

L'électron doit sa stabilité à la conservation de la charge électrique : il n'a nulle part où se désintégrer sans violer les lois fondamentales. Mais le proton, lui, est plus lourd que des particules positives plus légères. D'où l'hypothèse d'une seconde charge, dite baryonique, dont le proton porterait la plus petite unité possible, et dont la conservation interdirait sa disparition.




Reste à savoir où loge exactement cette charge. Deux écoles s'affrontent depuis les années 1970 : les trois quarks la porteraient individuellement, ou bien elle résiderait dans une structure gluonique particulière, une sorte de jonction imaginée par le théoricien Dmitri Kharzeev dès les années 1990.

La collaboration Star, au collisionneur RHIC de Brookhaven, vient de publier dans Science plus de vingt ans de données croisant quatre types de collisions. Le verdict penche nettement vers l'hypothèse de la jonction : la charge baryonique semble moins collée aux quarks qu'organisée dans la colle quantique elle-même, les gluons. Le physicien français Grégoire Pihan, de l'université de Houston, souligne que ce résultat bouscule la manière habituelle de se représenter le proton.




Rien n'est encore tranché. Mais la suite s'annonce : le futur Electron-Ion Collider, qui doit succéder au RHIC, sondera le proton avec des électrons comme autant de scalpels, tantôt sur les quarks, tantôt sur les gluons. Le proton, si familier, garde pour l'instant son secret.

En résumé
  • Le proton est stable depuis au moins 10³⁴ années — bien plus que l'âge de l'Univers.
  • Cette stabilité tient à la conservation d'une « charge baryonique ».
  • De nouvelles données suggèrent que cette charge relèverait d'une structure de gluons, plutôt que des seuls quarks.
  • Le futur Electron-Ion Collider devrait permettre de trancher.


Une particule familière, et pourtant l'une des plus énigmatiques de la physique moderne.

 © JBCH Septembre 2026.      

Le Toucher ... JBCH N° 2609 - 144



Ce corps qu'on ne touche plus


Jacques-Bernard   SepteMBre 2026

Dans un monde saturé d'écrans, Claire Marin rappelle que sans corps à corps, nous cessons un peu d'exister.

Nous vivons de plus en plus à distance. Messages, visios, likes, avatars : les relations se multiplient, se fluidifient, s'accélèrent. 






Pourtant quelque chose manque, que la philosophe Claire Marin nomme avec une rare précision : le besoin de contact réel, de peau contre peau. Ce n'est pas une nostalgie romantique. C'est une évidence incarnée.

La peau n'est pas une simple enveloppe. C'est un organe total, réactif, mémoire vivante. Elle enregistre les caresses, les coups, les étreintes, les absences. 



Toucher et être touché, c'est vérifier que l'on est là, que l'autre est réel, que le monde résiste et répond.





« Nous avons besoin de corps à corps pour nous sentir exister. »
  • La peau : C'est l'organe principal du toucher, qui couvre tout le corps.
  • Les récepteurs : Ils captent les pressions, les vibrations et les températures.
  • Le cerveau : Il reçoit les signaux par les nerfs et traduit les sensations 
  • Dans les ruptures,  se retrouver sans bras qui enlacent, c'est comme n'être plus nourri.




     L'enfant privé de contacts dépérit ; l'adulte qui en a pris l'habitude se découvre soudain obsolète. Le toucher n'est pas un luxe affectif. Il est constitutif du sentiment d'exister.

    Les écrans offrent la présence sans le poids, la parole sans le souffle, le regard sans le regard croisé vraiment. 

    On multiplie les interactions, mais on s'appauvrit en sensations. La peau, elle, ne ment pas : elle porte les traces de ce qui nous a traversés, attachements et blessures, désir et mémoire.






    Ce n'est pas un appel naïf à un âge d'or tactile. C'est une alerte philosophique. Habiter son corps passe par ces échanges de chaleur, de résistance, de présence. 

    Le corps n'est pas un pilote dans un navire : il est nous. Sans ce corps à corps, aussi fugace soit-il, nous risquons de devenir des spectres connectés — visibles, parlants, mais un peu moins vivants.

    Pour se sentir exister, il faut encore, parfois, se toucher.



    JBCH 2609.  Septembre 2026

    vendredi 4 septembre 2026

    Macron puni une fois de plus JBCH N° 2609 143

    Diplomatie & espace







    Punition américaine : quand « Ce n'est pas notre guerre » nous coûte l'espace



    JBCH N° 143

    Une page. C'est tout ce qu'il faut pour résumer le naufrage diplomatique d'Emmanuel Macron et de son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

    JBCH Réflexions —                             JBCH Septembre 2026

    " Ce n'est pas notre guerre" ... Pendant des mois, le Président a multiplié les phrases creuses, les sommets pour rien et les leçons de morale au monde entier. Le point d'orgue : ce fameux « Ce n'est pas notre guerre » lâché sur fond de crise ukrainienne et de tensions au Moyen-Orient, comme si la France pouvait se payer le luxe de regarder l'Histoire de loin, depuis son balcon parisien. 

    Une phrase de lâcheté géopolitique, qui a sidéré nos alliés. Washington n'a pas oublié.

    La punition est tombée. Elle est cinglante, publique, humiliante.

    À 5 jours de son grand raout, son Sommet Spatial de Paris au Grand Palais, censé être la vitrine de la grandeur française retrouvée, les Américains claquent la porte. Pas n'importe qui : SpaceX d'Elon Musk et Blue Origin de Jeff Bezos. 




    Les deux maîtres du ciel. Avec eux, Stoke Space et Starcloud. Quatre entreprises américaines qui annulent, d'un seul coup, sur instruction à peine voilée de la Maison Blanche.

    Ce qu'il faut retenir

    • Quatre entreprises américaines se retirent du Sommet Spatial de Paris : SpaceX, Blue Origin, Stoke Space, Starcloud
    • Politico révèle un appel direct de la Maison Blanche pour décourager la participation
    • Motif invoqué : la présence à Paris « pourrait être perçue comme un soutien tacite aux positions politiques de l'UE » et de la France
    • La Chine est invitée d'honneur, la Russie exclue

    Politico l'a révélé : la Maison Blanche a téléphoné elle-même pour décourager la participation. Motif ? La présence à Paris « pourrait être perçue comme un soutien tacite aux positions politiques de l'UE » et de la France. Traduction : votre sommet anti-américain déguisé en gouvernance mondiale, on n'en veut pas.




    C'est un désaveu absolu pour Macron. Il voulait 120 pays à ses pieds. Il voulait poser les règles du trafic spatial, des fréquences, des données. 

    Il se retrouve avec la Chine comme invité d'honneur et les États-Unis qui le snobent. 

    La Chine invitée, la Russie exclue : le symbole est terrible. Paris, capitale du non-alignement pro-Pékin, pendant que Washington nous tourne le dos. C'est ça, la « troisième voie » macroniste ? Devenir le salon où les Américains ne mettent plus les pieds ?

    Et que fait le Quai d'Orsay ? Le ministre Barrot, transparent, inaudible, se contente de couiner dans un message à l'AFP : « les revirements stratégiques rendent la tâche inutilement complexe ». Non, Monsieur le Ministre, ce ne sont pas des « revirements ». C'est une sanction diplomatique. 






    Quand vous expliquez à Washington que leurs guerres ne sont pas les nôtres, que leur concurrence est déloyale, que leur vision spatiale n'est pas la vôtre, il ne faut pas vous étonner qu'ils ne viennent pas à votre kermesse.

    Le spatial n'est pas un colloque de Sciences Po. C'est 1 000 milliards de dollars, c'est la défense, c'est le renseignement, c'est Starlink en Ukraine, c'est la Lune avec Artemis. Sans SpaceX, sans Blue Origin, votre sommet est une réunion d'experts sans lanceurs. Une coquille vide. 

    Le général Adam, secrétaire général du sommet, l'avait lui-même avoué en juillet : « Évidemment, il faut que les Américains soient là ». Ils ne seront pas là. Échec.

    Un siège vide avec écrit « SpaceX » dessus. Plus humiliant que tout.


     

    Macron a cru qu'il pouvait jouer au médiateur du monde, donner des leçons à Trump, caresser Pékin et sermonner Washington, tout en quémandant la protection américaine pour l'Europe. Les Américains viennent de lui répondre à leur manière : en ne venant pas. 

    C'est la méthode Trump : pas de tweets rageurs, pas de sanctions publiques. Juste le vide. Un siège vide avec écrit « SpaceX » dessus. Plus humiliant que tout.

    Voilà le bilan de sept ans de « diplomatie macronienne » : fâchés avec le Maroc puis réconciliés à genoux, fâchés avec l'Algérie en permanence, inaudibles en Afrique, moqués à Washington et maintenant boycottés dans le seul secteur d'avenir où la France avait encore une carte à jouer avec Ariane.




    « Ce n'est pas notre guerre » ? Non. Mais ce sera bien notre déclassement.

    Le Blason familial. JBCH 2609 - 142


    Famille & symboles




    D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS,                             UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et JBCH Echanges






    Le blason Cohen-Hadria, décrypté



    JBCH N° 142 











    Lion, mains, menorah, arbre : chaque figure de cet écu raconte une part différente de l'histoire familiale.

    JBCH Réflexions —                               JBCH Septembre 2026

    Ce blason confirme exactement ce qu'on disait : le lion et les mains ne représentent pas la même chose, et ce sont bien les mains qui répondent à la question de Lévi et des Cohanim.


    Les deux mains

    En bas à gauche — c'est le geste de la Birkat Kohanim, la bénédiction sacerdotale, les doigts écartés en groupes formant la lettre Shin (ש), 


    C'est le symbole classique et univoque des Cohanim, descendants d'Aaron, donc de la tribu de Lévi, mais spécifiquement la branche sacerdotale. C'est le geste unique et sacré de la bénédiction des Cohanim ... 


    יְבָרֶכְךָ יְהוָה וְיִשְׁמְרֶךָ׃
    יָאֵר יְהוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיחֻנֶּךָּ׃
    יִשָּׂא יְהוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וְיָשֵׂם לְךָ שָׁלוֹם׃


    Yevarechekha Adonaï veyishmerecha.
    Ya’er Adonaï panav elekha vichuneka.
    Yissa Adonaï panav elekha veyasem lecha shalom.

    En français :

    Que l’Éternel te bénisse et te garde !
    Que l’Éternel fasse luire sa face sur toi et te fasse grâce !
    Que l’Éternel élève sa face vers toi et te donne la paix !

     

    Sur ce blason « Cohen-Hadria », c'est  une référence directe au patronyme Cohen.

    — 1 —

    JBCH RéflexionsLe blason Cohen-Hadria

    La Menorah

    Au centre — le chandelier à sept branches du Temple, service assuré par les Cohanim (et plus largement les Lévites). Elle renforce la même symbolique sacerdotale, en position centrale, cœur de l'écu.

    Les deux lions

    Haut-gauche et bas-droite — c'est ici purement héraldique et décoratif : en blason, on utilise souvent des figures répétées et symétriques pour équilibrer la composition. Le lion est le symbole juif le plus universel (Lion de Juda, le Lion de Jérusalem), utilisé dans d'innombrables blasons de familles juives sans indiquer une filiation généalogique précise à la tribu de Juda 


    il fonctionne plutôt comme un emblème général d'appartenance au peuple juif et à Jérusalem, indépendamment de la tribu d'origine.

    Deux lignées, un même écu.

    — 2 —

    JBCH RéflexionsLe blason Cohen-Hadria

    L'arbre

    Haut-droite — sans certitude absolue, c'est vraisemblablement lié au nom « Hadria » (le second patronyme) ou un symbole classique d'arbre généalogique / enracinement familial, fréquent dans les blasons composites à deux noms. C'est aussi l'arbre de vie mis en avant dans le Zohar, dans la Cabbale 

    En résumé

    Ce blason marie intentionnellement les deux lignées du nom — l'héritage sacerdotal (mains + menorah, côté « Cohen ») et un emblème plus large d'identité juive/enracinement (lion + arbre, côté « Hadria » ou composition générale).

    — 3 —

    Israel / Congo JBCH N° 2609 -141

    Diplomatie & mémoire


    Kinshasa-Jérusalem : le retour d'un vieil ami




    D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS,                             UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et JBCH Echanges






    JBCH N° 141


    En transférant son ambassade à Jérusalem, la RDC ne fait pas seulement un choix diplomatique à contre-courant : elle referme une boucle amorcée dès 1960.

    JBCH Réflexions —                              JBCH SeptemBre 2026

    Une visite qui scelle une constance

    Le président congolais Félix Tshisekedi a effectué le 31 août une visite officielle à Jérusalem, la seconde depuis 2021, à l'invitation d'Isaac Herzog. Entretiens avec le président israélien, rencontre avec Benjamin Netanyahu, recueillement à Yad Vashem : le déplacement s'est conclu le 3 septembre par une annonce que la presse internationale a immédiatement relevée comme un geste rompant avec le consensus diplomatique dominant   le transfert de l'ambassade congolaise de Tel-Aviv à Jérusalem, dans le sillage des États-Unis, du Guatemala ou du Kosovo.





    Ce que les commentateurs pressés présentent comme un coup diplomatique isolé est en réalité la continuité d'une relation entamée dès l'indépendance congolaise, en 1960. Formation d'officiers, d'agronomes et de médecins en Israël, transferts de technologies agricoles jusque dans le Kasaï, coopération sécuritaire contre les groupes armés de l'Est : le partenariat qui se scelle aujourd'hui à Jérusalem n'invente rien, il officialise soixante-cinq ans de proximité discrète.

    Une coopération déjà ancienne

    • 1960 : la RDC parmi les premiers pays africains à nouer une relation suivie avec Israël
    • Formations d'officiers, agronomes et médecins congolais en Israël
    • Irrigation goutte-à-goutte au Kasaï, agri-tech, cybersécurité, gestion de l'eau
    • Appui au renseignement et à la sécurisation d'infrastructures stratégiques

    — 1 —

    JBCH RéflexionsKinshasa-Jérusalem

    Les bâtisseurs oubliés de Léopoldville

    Ce que la diplomatie d'aujourd'hui met en lumière, c'est un chapitre que l'histoire officielle du Congo a largement effacé : le rôle des Juifs grecs de Rhodes et des Juifs ashkénazes de Belgique, installés dès les années 1920-1930 à Élisabethville, Luluabourg et surtout Léopoldville. 

    Ils n'étaient pas les administrateurs de la colonie, ils en étaient les commerçants et les entrepreneurs — au point de fonder, avec des associés grecs, les premiers labels de disques d'Afrique centrale, Ngoma, Esengo, Opika, CEFA, matrices de la rumba congolaise.

    Leur empreinte dépasse largement le commerce du disque. Les magasins « Au Chic » des frères Hasson, ouverts en 1946, ou « La Coupole » d'Henri Palacci, ont vendu indifféremment aux Blancs et aux Noirs, à rebours de la ségrégation coloniale ordinaire, contribuant à faire des Congolais des consommateurs à part entière plutôt que des sujets administrés. 

    Le rabbin Moïse Lévy, consulté par les gouverneurs belges et reçu par les rois Léopold III et Baudouin, incarne à lui seul l'influence disproportionnée de cette petite communauté, qui comptait 600 membres en 1960 et atteindra un millier en 1985.

    Une empreinte que la zaïrianisation n'a pas effacée.

    La zaïrianisation de Mobutu, en 1973, puis les pillages de 1991, pousseront la majorité de cette communauté au départ. Mais son empreinte reste inscrite dans l'ADN économique et culturel du grand Congo  jusque dans les sillons de la rumba, dont peu d'auditeurs savent aujourd'hui qu'elle doit une part de sa naissance industrielle à des commerçants juifs venus de Rhodes et de Belgique.

    — 2 —

    JBCH RéflexionsKinshasa-Jérusalem

    Le mystère bakongo, à prendre avec prudence

    Reste la partie la plus fragile de cette histoire, et celle qu'il convient de traiter avec le plus de rigueur : l'hypothèse d'une origine hébraïque lointaine du peuple bakongo. 

    Elle s'appuie sur un précédent réel   les Lemba d'Afrique australe, chez qui une équipe menée par Karl Skorecki a identifié en 1997 le « Cohen Modal Haplotype », signature génétique associée aux Cohanim. Cette découverte elle-même a depuis été nuancée par des études ultérieures, qui ont montré que ce marqueur n'était ni unique ni exclusivement sacerdotal.

    Concernant les Bakongo spécifiquement, la prudence s'impose davantage encore. Tradition orale d'une migration venue du Nord-Est, pratiques rappelant la cacherout ou le repos du samedi, pistes génétiques évoquant l'haplogroupe L2a1f chez certains descendants : ce faisceau d'indices circule dans certains cercles, y compris israéliens, mais aucune étude scientifique publiée et répliquée à grande échelle ne l'établit à ce jour. 

    Le distinguo est essentiel entre une hypothèse qui mérite d'être creusée sérieusement et une conclusion qu'on annoncerait déjà comme acquise.

    Ce que l'histoire suffit déjà à raconter

    Faut-il pour autant réduire l'amour du Congo pour Israël à une hypothétique mémoire du sang ? Je ne le crois pas, et je m'en méfierais même : l'histoire vérifiable suffit largement à l'expliquer, sans avoir besoin d'un roman généalogique. 

    Une amitié d'État entamée en 1960, une communauté juive qui a façonné l'économie et la culture congolaises, une coopération sécuritaire et technologique continue jusqu'à aujourd'hui — voilà un attachement qui n'a nul besoin d'un chromosome pour se justifier. 

    Le geste de Tshisekedi à Jérusalem n'est pas le retour d'un frère perdu retrouvé par la génétique. C'est la fidélité, plus prosaïque et plus solide, de deux nations qui n'ont jamais vraiment cessé de se parler.




    D'après des éléments de presse sur la visite officielle du président Tshisekedi en Israël (31 août-3 septembre 2026) et sur l'histoire des communautés juives du Congo belge.

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    jeudi 3 septembre 2026

    Nili : éliminer les assassins du 7 Octobre JBCH 2609 - 140

    Israël & mémoi




    De Golda à NILI :  cinquante ans d'une même obligation




    D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS,                             UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et JBCH Echanges




    • L'opération « Colère de Dieu » (1972) : C'est l'opération que la Première ministre Golda Meir a réellement ordonnée. À la suite du massacre d'athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972 par le groupe terroriste palestinien Septembre noir, elle a autorisé le Mossad à traquer et éliminer les responsables de cet attentat à travers le monde.
    Note : Plus récemment, lors de la guerre de 2023-2024, le Shin Bet (service de sécurité intérieure israélien) a créé une unité spéciale baptisée Nili (acronyme de "Netzah Yisrael Lo Yeshaker"), chargée de traquer les membres du Hamas responsables des attaques du 7 octobre.

    Munich avait donné un serment. Le 7-Octobre lui a donné un fichier Excel. Entre les deux, la même phrase, prononcée à cinquante ans d'écart : nous les chasserons jusqu'au derni


    JBCH Réflexions — Jacques-Bernard  Septembre 2026 

    Le 12 septembre 1972, six jours après l'assassinat des onze athlètes israéliens aux Jeux de Munich, Golda Meir monte à la tribune de la Knesset. 

    Elle n'y prononce pas un discours de deuil, elle y prononce une doctrine : « Nous n'avons pas d'autre choix que de frapper les organisations terroristes partout où nous pouvons les atteindre. C'est notre obligation envers nous-mêmes et envers la paix. » 

    Aux familles des victimes, elle promet, dans des termes plus crus encore, que pas un seul des responsables « ne marchera plus longtemps sur cette terre ».


    Israël, à l'époque, n'a que peu de moyens face à l'ampleur de sa promesse. Retrouver un homme, en 1972, exige des années de filatures, d'informateurs, de photographies volées. L'opération « Colère de Dieu », que Meir autorise et suit personnellement — chaque élimination devant en principe recevoir son aval ou celui d'un comité restreint — traque quelques dizaines de noms sur plus d'une décennie. Zvi Zamir, alors patron du Mossad, réfutera plus tard l'idée d'un ordre de pure vengeance : il parlera d'une campagne visant à démanteler une infrastructure terroriste et à prévenir de nouveaux attentats. La nuance, déjà, comptait.

    Deux traques, une même formule

    1972 — Golda Meir, à la Knesset : « Nous n'avons pas d'autre choix que de frapper les organisations terroristes partout où nous pouvons les atteindre. »

    2026 — un membre de l'unité NILI, cité par la presse : « Car pour NILI, le 8 octobre n'est jamais arrivé. »

    Cinquante-quatre ans plus tard, la même obligation morale s'énonce à une tout autre échelle. Depuis le 7 octobre 2023, l'unité NILI, formée conjointement par le Shin Bet et Tsahal, ne traque plus quelques dizaines d'hommes mais plusieurs milliers. Le support a changé de nature : ce n'est plus le carnet de l'agent de terrain, c'est un tableur, où sont consignés noms, visages, itinéraires. Les responsables du massacre ont eux-mêmes fourni une part de la matière qui permet de les identifier — ils s'étaient filmés, photographiés, publiés — et la reconnaissance faciale, appuyée par l'intelligence artificielle, fait le reste. Munich se retrouve, cinquante ans après, rattrapé par l'ère de la trace numérique.




    « Nous les chasserons jusqu'au dernier. »

    Le chiffre donne le vertige : selon les recoupements de presse, environ 5 000 individus liés à l'attaque ou à la détention d'otages auraient été identifiés, plus de 2 700 tués, environ 300 capturés. 

    Ce sont des chiffres israéliens, invérifiables un par un de façon indépendante, mais leur ordre de grandeur suffit à mesurer le changement d'échelle depuis Munich. Golda Meir promettait de frapper des organisations. 

    NILI, elle, nomme des hommes — un par un, un dossier après l'autre — dans un souci d'individualisation qui n'est pas sans écho avec la manière dont Israël a toujours refusé de compter ses propres morts comme une masse anonyme.




    C'est ici que la comparaison avec Munich, aussi tentante soit-elle, doit s'arrêter. Golda Meir elle-même hésitait moralement sur le principe d'assassinats ciblés hors du territoire israélien ; elle ne s'y était résolue, disait-elle, qu'après l'échec des Européens à protéger les athlètes et la libération précoce des terroristes survivants par l'Allemagne. Cette hésitation morale existe toujours aujourd'hui, mais elle s'est déplacée : elle n'est plus dans le principe de la traque, largement consensuel après le 7-Octobre, mais dans sa limite juridique. 



    Deux spécialistes du droit des conflits armés, Michael Schmitt et Ryan Goodman, l'ont récemment rappelé sans détour : avoir participé aux crimes du 7-Octobre ne place pas un homme éternellement hors de toute protection du droit. Ce qui rend une frappe licite, c'est le statut et l'activité de la cible au moment où la force est employée — non son passé, aussi abject soit-il.

    C'est très exactement la nuance qu'introduit Tsahal lorsqu'elle annonce, le 30 juillet 2026, la mort de Muhammad Bassam Mushtaha, impliqué dans la détention de plusieurs otages : l'armée ne se contente pas de rappeler son rôle le 7-Octobre, elle précise qu'il préparait de nouvelles attaques. Cette précision n'est pas un détail de communication. 

    Elle est la ligne, ténue mais réelle, qui sépare une politique de sécurité d'une vengeance différée  la même ligne que Golda Meir, à sa manière et avec les moyens de son siècle, cherchait déjà à ne pas franchir.




    Ce qui frappe, au fond, dans cette continuité de cinquante ans, ce n'est pas la technologie  elle a tout changé, du carnet d'agent au fichier biométrique. C'est la constance d'un principe qu'aucune génération israélienne, confrontée au meurtre de masse de ses civils, n'a jamais renié : nommer chaque bourreau, refuser qu'il se dissolve dans l'anonymat commode des « terroristes », et le poursuivre aussi longtemps qu'il le faudra.

    Golda Meir l'a formulé à la tribune de la Knesset. NILI le pratique aujourd'hui dans un tableur. Le vocabulaire a changé. L'obligation, elle, n'a pas bougé d'un pouce.



    Nili sont les initiales de « Netzakh Israël Lo Yeshaker » (נצח ישראל לא ישקר) (« L'éternité d'Israël ne sera pas démentie »), verset tiré du premier Livre de Samuel (1S I,15-29).


    Sources : discours de Golda Meir à la Knesset (12 septembre 1972) et témoignages rapportés sur l'opération « Colère de Dieu » ; reportages sur l'unité NILI, Channel 12 et Times of Israel (2026) ; analyse juridique de Michael Schmitt et Ryan Goodman sur le droit applicable aux frappes ciblées.             Septembre 2026