JBCH Réflextion
Zidane sélectionneur : un choix qu'il faudra peut-être reconsidérer
Entre l'expulsion de 2006 et un départ précipité du Real Madrid, le passé de « Zizou » interroge davantage qu'il ne rassure sur sa capacité à diriger les Bleus dans la durée.
Les faits
- 2006 Carton rouge en finale de Coupe du monde contre l'Italie, pour un coup de tête sur Materazzi.
- 2018 Départ surprise du Real Madrid au sommet, après le triplé en Ligue des champions.
- 2021 Second départ du Real, dans un climat de lassitude et de résultats en retrait.
- 2026 Nommé sélectionneur des Bleus, sans expérience de sélection nationale.
La nomination de Zinédine Zidane à la tête de l'équipe de France a été accueillie comme une évidence, presque un couronnement naturel. Mais l'enthousiasme populaire ne doit pas dispenser d'un examen plus froid du personnage et de son parcours. Car l'histoire de Zidane, sur et en dehors des terrains, est aussi celle d'un homme capable d'embrasements soudains — une caractéristique qui, à la tête d'une sélection exposée à la pression permanente, mérite d'être interrogée plutôt que balayée par la nostalgie.
Le geste qui hante encore
Il suffit de se souvenir de la finale de la Coupe du monde 2006, face à l'Italie. Dans les dernières minutes de sa carrière de joueur, au sommet de son art, Zidane s'est laissé emporter par une provocation et a expulsé son propre équipe d'un match qu'elle jouait à onze contre onze. Ce geste, aussi marquant soit-il dans la légende du football, n'est pas un simple accident isolé : il révèle une propension à l'impulsivité qui a régulièrement ressurgi tout au long de sa carrière, y compris sur le banc.
Un bilan madrilène plus contrasté qu'il n'y paraît
Son passage au Real Madrid, souvent cité comme la preuve de son autorité de coach, mérite lui aussi d'être nuancé. Le premier mandat (2016-2018), couronné par trois Ligues des champions consécutives, s'achève sur un départ éclair et inattendu, laissant le club sans succession préparée. Le second passage (2019-2021) s'est révélé nettement plus terne, marqué par des résultats en dents de scie, avant un nouveau départ dans un climat d'usure. Deux ruptures brusques, deux fois la même méthode : partir au moment où la pression devient trop forte plutôt que d'affronter la difficulté dans la durée.
Le contrepoint
- Trois Ligues des champions consécutives restent un exploit inédit dans l'histoire du football moderne.
- L'aura de Zidane pourrait fédérer un vestiaire en quête de repères après quatorze ans de Deschamps.
- Son inexpérience en sélection nationale reste, aux yeux de ses soutiens, compensée par son vécu de joueur au plus haut niveau.
Une gestion à quatre ans, pas à quatre matches
Or diriger une sélection nationale, ce n'est pas enchaîner les campagnes de recrutement et gérer un vestiaire de club au quotidien : c'est tenir sur la durée, encaisser les crises médiatiques, gérer les egos sur des rassemblements courts et répétés, sans possibilité de tout recommencer à zéro en cas de coup dur. Le contrat signé jusqu'en 2030 suppose une capacité à absorber la pression sur le temps long — précisément ce que le parcours de Zidane n'a, jusqu'ici, jamais démontré de façon convaincante.
Rien n'indique, à ce stade, que Zidane rééditera ses excès de 2006 sur le banc des Bleus. Mais au moment où la Fédération française de football mise l'avenir de l'équipe nationale sur son nom et sa légende, il serait imprudent de balayer d'un revers de main les signaux d'alerte que son propre parcours a laissés derrière lui.