Passage à travers la Torah, la Kabbale et le Seuil Israélien en 2026
Dans l’alphabet hébraïque, la lettre Daleth (ד) incarne avant tout une porte : « delet » en hébreu, ce seuil où l’on entre et sort, lieu de transition par excellence. Quatrième lettre de l’alphabet, sa valeur numérique en guématria est 4, un chiffre chargé de sens dans la tradition juive.
À l’aube de février 2026, alors qu’Israël se trouve à la croisée des chemins face à une probable nouvelle escalade avec l’Iran, la symbolique de Daleth résonne avec une actualité troublante : celle d’un passage décisif, entre paix fragile et guerre ouverte.
Dans la Torah et la tradition rabbinique, Daleth dépasse largement sa fonction phonétique. Son nom dérive de « dal » (pauvre, humble, nécessiteux), et sa forme courbée évoque une personne penchée en humilité, l’oreille tendue vers la générosité du prochain. Elle rappelle l’impératif biblique de soutenir les faibles – veuves, orphelins, étrangers – et symbolise l’ouverture vers l’autre. Dans le Pessah, elle se manifeste à travers les quatre coupes de vin, les quatre questions et les quatre fils, rituels de libération et de renouveau. Le chiffre 4 évoque aussi la complétude du monde créé : les quatre directions cardinales, les quatre éléments, les quatre matriarches (Sarah, Rébecca, Rachel, Léa).
La Kabbale approfondit cette dimension cosmique. Daleth représente les quatre mondes de la création : Atzilout (émanation), Beriah (création), Yetsirah (formation) et Assiah (action). Elle est la porte qui relie le divin au matériel, l’invisible au visible. Certains kabbalistes y voient l’absence temporaire de la Shekhinah (présence divine) sur terre – un état de « pauvreté » spirituelle – que l’humilité et l’ouverture peuvent combler. Dans le Shema Israël, le mot « echad » (Un) se termine par Daleth ; si on le remplace par Reish, il devient « acher » (autre), avertissant contre l’idolâtrie. Daleth incarne donc l’unité fragile, protégée par l’humilité.
Aujourd’hui en Israël, au cœur des tensions extrêmes avec l’Iran, Daleth prend une résonance presque prophétique. Les négociations nucléaires américano-iraniennes à Genève patinent, Donald Trump brandit des ultimatums de « 10 à 15 jours », tandis que Benjamin Netanyahou martèle que « nous sommes prêts à tous les scénarios ».
L’establishment sécuritaire israélien réclame des milliards supplémentaires pour préparer une confrontation potentielle, qualifiée par certains analystes de « multi-semaines » et « imminente ». Téhéran prévient qu’une frappe – même limitée – déclencherait une « guerre régionale ». Israël, nation-portail entre Orient et Occident, se tient sur le seuil : entrer dans un nouveau cycle de violence ou trouver une issue diplomatique inattendue ?
Daleth n’est pas seulement un symbole ancien. Elle rappelle que chaque porte peut mener à la destruction comme à la rédemption. En ce 25 février 2026, alors que les sirènes d’alerte restent silencieuses mais que les préparatifs militaires s’intensifient, la lettre invite à l’humilité : écouter l’autre, tendre la main au faible, et surtout, choisir avec soin le passage que l’on franchira.
Car une porte, une fois refermée, peut sceller des destins pour des générations.