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lundi 9 mars 2026

L'Opéra et ses compositeurs juifs ... JBCH 2603 - 934

Les architectes juifs de l’opéra


L’opéra, souvent considéré comme l’une des formes les plus raffinées de la culture européenne, doit pourtant une part essentielle de son développement à des compositeurs juifs. Au XIXᵉ siècle, alors même que les Juifs étaient encore victimes de discriminations et confinés pendant des siècles dans les ghettos d’Europe. 




Deux musiciens d’origine juive ont profondément transformé cet art : Giacomo Meyerbeer et Jacques Offenbach. Le premier a façonné la grande architecture de l’opéra moderne, tandis que le second a révolutionné l’opéra comique et l’opérette.





Jacob Liebmann Beer, Giacomo Meyerbeer fut l’un des compositeurs les plus célèbres de son époque. Il est souvent considéré comme le créateur de la « grande opéra », un genre spectaculaire caractérisé par des orchestres puissants, des décors grandioses et des intrigues historiques ou religieuses. Ses œuvres, notamment Les Huguenots (1836) et Le Prophète, connurent un immense succès dans toute l’Europe. Les Huguenots, qui raconte l’amour impossible entre une catholique et un protestant sur fond de massacre de la Saint-Barthélemy, fut l’un des opéras les plus joués du XIXᵉ siècle. Meyerbeer introduisit également des innovations musicales et techniques, comme l’usage précoce du saxophone dans l’orchestre.



Malgré sa célébrité, Meyerbeer fut la cible d’attaques antisémites, notamment de la part du compositeur Richard Wagner. Ironiquement, Wagner avait été aidé financièrement par Meyerbeer au début de sa carrière. Mais dans son essai Das Judenthum in der Musik (« La judéité dans la musique »), Wagner dénonça l’influence des musiciens juifs et tenta de discréditer l’œuvre de Meyerbeer. Ces idées furent plus tard récupérées par l’idéologie nazie. Sous le régime d’Adolf Hitler, les œuvres de Meyerbeer furent interdites et effacées des scènes allemandes. Malgré cette tentative d’effacement, ses opéras ont retrouvé leur place dans les grandes maisons d’opéra au cours des dernières décennies.





Le second grand innovateur fut Jacques Offenbach, né Jakob Offenbach à Cologne, fils d’un cantor. Contrairement à Meyerbeer, qui agrandit l’opéra en spectacle monumental, Offenbach le transforma en un art plus léger, satirique et accessible au grand public. Il créa et perfectionna l’opérette, une forme plus courte et plus vivante qui reflétait la vie urbaine moderne.







Son œuvre la plus célèbre, Orphée aux enfers (1858), scandalisa les critiques en tournant en dérision les mythes de la Grèce antique. Mais le public en fut enthousiaste : l’opéra connut plus de 200 représentations et popularisa le célèbre Can-Can, devenu une véritable icône culturelle. Offenbach poursuivit ce succès avec La Belle Hélène, satire de la société du Second Empire, et La Vie parisienne, portrait humoristique de la capitale française et de ses excès.


L’influence d’Offenbach fut immense. Il ouvrit la voie à l’opérette viennoise de Johann Strauss II, aux opéras comiques de Gilbert et Sullivan, et même aux comédies musicales modernes de Broadway. En montrant que l’opéra pouvait aussi être un miroir satirique de la société contemporaine, il transforma durablement cet art.


Ainsi, Meyerbeer et Offenbach ont façonné deux dimensions essentielles de l’opéra : le spectacle monumental et la satire populaire. Ensemble, ces deux compositeurs juifs ont contribué à définir l’opéra tel que nous le connaissons aujourd’hui, rappelant que la culture européenne doit beaucoup à des artistes issus d’une minorité longtemps marginalisée.



dimanche 8 mars 2026

Guefen choisit de devenir strictement casher JBCH N° 2603 - 933

À Paris, un restaurant gastronomique fait le choix du casher


Dans le 12ᵉ arrondissement de Paris, le restaurant gastronomique Guefen a pris une décision rare dans la haute cuisine française : convertir entièrement sa carte aux règles de la Casherout. 


Derrière ce choix se trouvent les deux propriétaires du lieu, dont Axel Mimouni, qui ont voulu créer un espace où les membres de la communauté juive puissent se sentir pleinement à l’aise, dans un contexte marqué par une forte montée de l’antisémitisme en France depuis l’attaque du Hamas contre Israel le 7 octobre 2023.







À l’ouverture du restaurant à l’été 2023, Guefen proposait une cuisine gastronomique raffinée inspirée de la mer, élaborée par le chef israélien Ohad Amzallag. Parmi les plats emblématiques figurait une crème d’huître au granité de menthe et crumble au fromage bleu, qui avait rapidement attiré l’attention du Guide Michelin, lequel avait référencé l’établissement parmi les tables prometteuses de la capitale.




Mais la guerre déclenchée après le 7 octobre et la hausse des actes antisémites en France ont bouleversé les priorités des fondateurs. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 1 570 actes antisémites ont été recensés en 2024, contre 436 en 2022. Face à cette situation, les dirigeants du restaurant ont décidé d’agir à leur manière : transformer leur établissement en restaurant casher gastronomique, afin de permettre à ceux qui respectent les règles alimentaires juives de profiter d’une cuisine d’exception.




Le défi est immense. En France, les restaurants casher sont souvent associés à une cuisine simple et peu inventive. Les fondateurs de Guefen ont voulu prouver qu’il était possible de concilier exigence gastronomique et respect strict de la casherout. Pour cela, Axel Mimouni s’est rendu en Israel, parcourant le pays à la recherche de produits certifiés casher capables de répondre aux standards de la haute cuisine.




La transformation a aussi impliqué une refonte complète de l’organisation de la cuisine. Les règles alimentaires juives interdisent notamment de mélanger viande et produits laitiers, et imposent une séparation stricte des ustensiles. Le restaurant a donc choisi de se concentrer principalement sur le poisson — uniquement les espèces autorisées, possédant nageoires et écailles — ainsi que sur les produits laitiers. Une nouvelle vaisselle, de nouveaux réfrigérateurs et de nouveaux équipements ont été achetés pour respecter les exigences religieuses.





Le projet a également entraîné un changement en cuisine. Le chef israélien initial a quitté l’établissement, et il a été remplacé par Yonatan Mary, également originaire d’Israël. Bien qu’il ne soit pas lui-même religieux, il voit dans cette initiative un geste de solidarité communautaire. Les contraintes sont importantes : certains légumes ou fruits, comme les fraises ou les choux de Bruxelles, nécessitent un nettoyage si complexe selon la loi juive qu’ils sont parfois exclus de la carte. Mais ces limites deviennent aussi une source de créativité culinaire.


Aujourd’hui, le restaurant propose des plats élaborés comme un crémeux de shiitaké avec œuf poché au soja-koji, mascarpone, chips de topinambour et girolles. Pour Axel Mimouni, la mission a évolué : avant le 7 octobre, l’objectif était d’obtenir une étoile Michelin ; désormais, il s’agit surtout d’offrir à la communauté juive une expérience gastronomique rare.




Le grand rabbin Moshe Lewin, de la synagogue du Raincy, voit dans cette initiative un signal important à une période où certains Juifs de France s’interrogent sur leur avenir dans le pays. Pour lui, un projet comme Guefen montre qu’il existe encore une volonté de construire et de vivre pleinement une vie juive en France.





Ironie du sort, quelques mois après la transformation du restaurant, un client ayant précisé lors d’une réservation qu’il « mangeait de tout sauf du pigeon » a été identifié par l’équipe comme un possible inspecteur du Guide Michelin. 


Peu après, Guefen a été confirmé dans le célèbre guide, signe que le pari d’une gastronomie casher de haut niveau peut trouver sa place au cœur de la scène culinaire parisienne.






La prétexte du Droit International ! JBCH N° 2603 - 932

LE PRETEXTE DU DROIT INTERNATIONAL (2)
 
Dov Zerah 

 
Atlantico : Les opposants à l’intervention israélo-américaine en Iran mettent en avant le droit international ainsi que la nécessité d’obtenir l’accord du Conseil de sécurité de l’ONU pour une telle opération. Qu’en pensez-vous ?
 
Dov Zerah : Nous sommes dans une situation cocasse, voire tragique. Comment appliquer le droit international quand vous avez à combattre un État terroriste ? C’est tout l’enjeu du débat.
 
Depuis 1979, depuis 47 ans, la mollacratie iranienne a multiplié les actes terroristes conduits directement par l’État ou via des groupes alliés : 
  • Les manifestations les plus emblématiques du terrorisme iranien ont été les attentats-suicides du 23 octobre 1983 à Beyrouth contre la force multinationale présente au pays du Cèdre et plus particulièrement contre les Marines américains près de l’aéroport (241 tués) et les 58 parachutistes français tués dans l’immeuble « Drakkar ».
Les enquêtes américaines et françaises ont attribué la responsabilité au Hezbollah, avec un soutien logistique et stratégique de l’Iran. Dans des procédures civiles liées aux indemnisations, un tribunal fédéral américain a conclu à la responsabilité iranienne dans le soutien à l’opération.
  • Les attentats et actions attribués directement à l’Iran : l’ambassade d’Israël à Buenos Aires en 1992, le centre communautaire juif AMIA à Buenos Aires en 1994. L’enquête argentine a accusé des responsables iraniens et des membres du Hezbollah.
  • Dans les années 1980–1990, plusieurs opposants iraniens ont été assassinés en Allemagne, en France (Chapour Bakhtiar, ancien 1er ministre iranien en exil en France) et en Suisse. L’affaire du restaurant Mykonos à Berlin (1992) a conduit un tribunal allemand à conclure que de hauts responsables iraniens étaient impliqués.
  • Le soutien à des groupes terroristes partenaires. L’Iran a financé, fourni du matériel, armé, entraîné… le Hezbollah au Liban et en Syrie, le Hamas à Gaza et en Judée-Samarie, le Jihad islamique palestinien, des milices chiites en Irak, les Houthis au Yémen (mouvement Ansar Allah) …
  • Des attaques contre des intérêts israéliens ou occidentaux, des activités cybernétiques ...
Les États-Unis ont classé l’Iran comme État soutenant le terrorisme depuis 1984. De son côté, l’Union européenne s’est limitée à sanctionner certaines entités et individus liés aux Gardiens de la révolution.
 
Cette longue liste de méfaits iraniens a conduit le Conseil de sécurité à imposer des sanctions à l’Iran sans véto de la Chine ni de la Russie. Mais elles ne sont pas appliquées par ces deux membres permanents dudit Conseil.
Cela peut aussi justifier une intervention des États-Unis en guerre avec Téhéran depuis 1979.
 
Parallèlement, le blocus du détroit d’Ormuz et les difficultés occasionnées par les Houthis constituent des violations d’un des principes du droit international, la liberté de navigation et permet au pays en difficulté de réagir militairement.
 
Depuis 47 ans, le régime théocratique des mollahs s’est fixé l’objectif de détruire Israël, l’a clamé urbi et orbi, et n’a cessé d’attaquer Israël. Que faut-il de plus à Jérusalem pour exercer son imprescriptible droit de légitime défense ?
 
Atlantico : La situation en Iran semble pour vous différente de celle prévalue en Irak ?
 
DZ : Tout à fait. En 2003, l’Irak n’avait pas le passif qu’a aujourd’hui l’Iran vis-à-vis de la communauté internationale. Rappelons que les trois raisons de cette intervention sont : la fin des programmes nucléaire et balistique ainsi que la neutralisation de tous les proxys.
 
Rien de tel en 2003 et il a fallu inventer à l’époque les prétextes de la détention d’armes de destruction massive ainsi que des liens avec Al Quaïda pour justifier de passer outre le Conseil de sécurité.
 
A posteriori, on mesure l’erreur d’avoir attaqué l’Irak alors que le danger le plus important venait déjà en 2003 de Téhéran.
 
Atlantico : Comment expliquer le positionnement de la France sur la nécessité de respecter le droit international ?
 
DZ : En effet, tout comme les États-Unis et Israël, Paris est en droit de réagir, de se prémunir, compte tenu des :
  • 18 attentats à la bombe dans des lieux publics (magasins, trains, rues, centres commerciaux) qui ont occasionné 20 morts et plus de 250 blessés.
  •  Otages, Jean‑Paul Kauffmann, journaliste (1985-1988), Michel Seurat, sociologue (mort en captivité en 1986), Marcel Fontaine, diplomate (1985-1988), Marcel Carton, diplomate (1985-1988), Roger Auque, journaliste (1987-1988)
  • 48 parachutistes du « Drakkar »
  • Récentes attaques contre nos emprises aux Émirats arabes unis (EAU) qui auraient pu justifier la convocation de l’ambassadeur iranien ?
En mémoire de toutes ces victimes, une participation effective aurait pu se justifier !
Paris attendrait-il « une déclaration de guerre » en bonne et due forme, formalité prévue par le droit international nécessaire pour ouvrir les hostilités ?
Jusqu’en 1945, la guerre commençait par une déclaration de guerre et se terminait par un traité de paix. Rien de tel aujourd’hui, notamment à cause des guerres asymétriques avec des terroristes.
 
Souvenons-nous de l’interpellation « Messieurs, les Anglais, tirez les premiers », souvent interprétée « Messieurs les Anglais, tirez les premiers » sans la première virgule, prononcée au cours de la bataille de Fontenoy en 1745. Qu’il est loin ce temps du respect de certaines règles de la guerre !
 
Au-delà de l’excuse du droit international qui décrédibilise la parole de la France, Paris est maintenant confronté à deux problèmes :
  • La protection de ses bases aux EAU (Abou Dabi / Al Dhafra), et des troupes en Irak, Jordanie, et au Liban
  • L’éventuelle demande d’application des accords de défense qu’il a avec les EAU, la Jordanie, le Koweït et le Qatar.
Par sa présence physique et par les liens automatiquement créés par les accords de défense, Paris a été embarqué dans la guerre volens nolens par Washington at Jerusalem.
 
Atlantico : Au-delà de la guerre avec l’Iran, le droit international a également été interpellé avec le pogrom du 7 octobre et la guerre qui suivit. Qu’en est-il ?
 
DZ : Oui. Comment faire la guerre à un mouvement terroriste qui prend des otages, massacrent des civils quel que soit leur âge et leur sexe, les violent … Comment différencier le terroriste armé du civil, alors que des familles gazaouies ont hébergé des otages, que des appartements et même des chambres d’enfants ont été utilisés par des terroristes pour tirer des missiles ou viser des soldats israéliens, que des hôpitaux, des mosquées, des structures éducatives… et même les locaux de l’UNWRA ont servi de bases du mouvement terroriste…
 
Les terroristes armés sont imbriqués dans la population, retranchés dans des structures civiles. Comment prendre en considération les membres du Hamas qui occupent des fonctions dans l’administration du territoire ? Comment catégoriser le père de famille qui héberge un combattant ? Comment qualifier un directeur d’hôpital membre du Hamas ?
 
Le droit international humanitaire a été pensé pour des guerres classiques. Or nous sommes confrontés depuis une vingtaine d’années à des guerres hybrides.
Avec l’islamisme radical, le Monde est confronté depuis le 11 septembre 2001 à des guerres asymétriques.
 
Souvenons-nous de la bataille de Mossul ou de la guerre en Afghanistan.
D’octobre 2016 à juillet 2017, cette bataille a été particulièrement dure car la ville a dû être reprise quartier par quartier, dans un combat urbain très difficile contre l’État islamique ; les destructions ont été très nombreuses, massives. Les troupes de la coalition internationale ont dû faire face aux voitures piégées, aux tunnels sous les maisons, aux civils utilisés comme bouclier humain…
 
De son côté, Tsahal a été confrontée à Gaza à une organisation terroriste armée retranchée dans un tissu urbain extrêmement dense, utilisant des tunnels, stockant des armes dans des habitations, tirant depuis des zones résidentielles.
 
Comment appliquer le droit international dans ces conditions ?
 
Tsahal prévient la population avant tout bombardement par haut-parleur, tract, annonce sur les réseaux sociaux… Elle affirme soumettre ses frappes à un contrôle juridique préalable. Chaque bombardement est censé faire l’objet d’un examen juridique approfondi et n’est effectué qu’après accord du conseiller juridique. Est-ce parfait ?
 
Atlantico : Quel(s) jugement(s) peut-on porter sur l’ONU et ses organisations satellites ?
 
DZ: Depuis une trentaine d’années, la crédibilité de l’ONU, « Le machin qu'on appelle ONU » n’a cessé d’être écornée. Alors que les grandes puissances, membres permanents du Conseil de sécurité, doivent tout faire pour renforcer l’institution, ils l’ont fragilisée avec :
  • La 2ème guerre d’Irak engagée par les États-Unis et le Royaume-Uni, sans aval du conseil de sécurité, sous des prétextes fallacieux
  • L’invasion de l’Ukraine par la Russie alors qu’aux termes du mémorandum signé à Budapest le 5 décembre 1994, Moscou s’était engagé à garantir la sécurité et l’intégrité territoriale de son voisin qui, en contrepartie avait remis au « grand frère » les armes nucléaires stationnées sur son territoire
  • La Chine n’est pas en reste avec la remise en cause unilatérale de l’accord de rétrocession de Hong Kong, les violations répétées de la souveraineté de Taïwan et surtout les nombreuses tentatives d’appropriation des îles de la mer de Chine…
L’institution est en blocage du fait des antagonismes entre Pékin, Moscou et Washington, et il est difficile d’entrevoir une lueur d’espoir compte tenu des antagonismes entre ces trois pays.
 
Depuis sa créationen 1945, « le machin », a fait faillite car il n'a pas réussi à mettre fin à aucune guerre, na pas été en mesure de promouvoir une quelconque paix. En égrenant la liste des guerres et conflits depuis 1945, il est difficile de trouver un seul conflit solutionné par l'ONU, un seul « success story ».
 
Quelle que soit la pertinence de ces distinctions, il est difficile d’oublier que le conseil des droits de l’homme a été présidée, à plusieurs reprises, par des représentants de dictatures comme l’Arabie saoudite, la Lybie du colonel Khadafi, ou la République démocratique du Congo... N'oublions pas la responsabilité de l’ONU dans la propagation en 2011 du choléra à Haïti avec les casques bleus népalais.
 
Atlantico : Existe-t-il selon vous vis-à-vis d’Israël une sorte « de deux poids deux mesures » des institutions internationales, qui ne cessent de s’en prendre à l’État hébreu en fermant les yeux sur les crimes et défauts de nombreux autres États ?
 
DZ : Oui, sans conteste, et les réactions onusiennes depuis le 7 octobre en apportent la preuve flagrante. Israël est le seul pays de l'ONU à bénéficier du traitement privilégié d'avoir la trés grande majorité des résolutions de l'assemblée général le condamnant. C'est devenu « un marronnier » pour les États arabo-musulmans, avec la complicité de certains pays européens, de montrer du doigt l'État juif . Rappelons la rédsolution de 1974 assimilant le sionisme au racisme !
 
Dans la même veine, l’UNESCO n’a pas hésité à nier les liens entre Israël et Jérusalem d’une part et les Juifs d’autre part… Par ses excès anti-israéliens, l’ONU s’est interdite tout rôle constructif au Proche Orient.
 
À aucun moment depuis sa création, l'ONU n'a été un facilitateur pour la promotion de la paix au Proche orient.  Depuis le 7 ocotbre 2023, malgré la multitudes de preuves, l'ONU n'a jamais condamné l'implication de l'UNWRA aux c^tés du Hamas. Elle n'a pas non plus dénoncé les agissements de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui n'a jamais rendu visite aux otages, et refusé de trasmettre les médicaments nécéssaires à cet=rtains d'entre eux.
 
Tout autant que certaines décisions des « trois Grands », les dérives du monde onusien ont sapé les bases du droit international qu’il était censé protéger !
 
Atlantico: Quelles sont les racines de l'ordre juridique international ? Cela remonte-t-il à la Société des Nations ?Comment et à travers qui s'exerce le droit international ?
 
DZ : Les premières manifestations du droit international public (DIP) sont bien antérieures à la Société des Nations (SDN). Il est possible de remonter à l’Ancien testament, et notamment dans le Deutéronome, pour trouver des critères d’engagement, des règles précises de la conduite de la guerre, notamment l’interdiction de provoquer la famine.
 
Dans l’Antiquité, l’essor des cités grecques a entrainé la généralisation des règles relatives aux protections diplomatiques et consulaires, à l’arbitrage, aux traités, au statut et droits des otages et prisonniers... Rome les a reprises et développées. Mais ces règles ne constituaient pas un ensemble homogène. Il a fallu attendre le XVème siècle, la fin du moyen âge et de la féodalité, la constitution concomitante de grandes puissances pour avoir le point de départ de la construction du DIP.
 
Dès le début des grandes découvertes, les États éprouvent le besoin d’établir des règles pour déterminer les conditions d’attribution et de possession des territoires.
 
Fondement de la paix et de la stabilité collective, le DIP s’est progressivement constitué et enrichi. Les négociations des traités de Westphalie de 1648 caractérisent l’apparition du multilatéralisme et marquent une étape importante. Mais, il y a aussi les traités comme celui de Vienne de 1815, de Versailles de 1919… 
Au fil des ans, les guerres ont entrainé des réactions positives, comme la création de la croix rouge après la bataille de Solférino en 1856, les conventions de Genève, de la 1ère en 1864 à celles de 1949 ; le tribunal de Nuremberg après la Shoa… 
 
Dans ce panorama historique apparaissent des personnages comme Hugo Grotius auteur du « droit de la guerre et de la paix », ou Saint Thomas d’Aquin et son concept de « guerre juste ».
 
L’émergence de l’État moderne et l’affirmation du principe de l’état de droit tant en interne qu’à l’international ont constitué de profonds stimulants à la constitution d’un corpus cohérent de règles pour régir les relations entre les États. Développée par le siècle des Lumières, la nécessité d’avoir un « contrat social » entre les membres d’une communauté nationale, a été étendue aux États acteurs du Monde.
 
Mais cette patiente construction multiséculaire, voire multimillénaire est en train d’être détricotée par les dictateurs et le système onusien.
 
Atlantico : L’ordre juridique international a-t-il jamais véritablement existé et pu s’exercer de manière effective ?
 
DZ : Oui, au lendemain de la 2nde guerre mondiale, l’ordre juridique international a existé avec ses quatre piliers de la gouvernance mondiale :
  • L’ONU était censée faciliter la gestion des conflits et assurer la durabilité de la paix,
  • Le libre-échange préconisé d’abord par les accords du GATT puis par l’OMC est battu en brèche pat une Chine conquérante. Plus généralement, le multilatéralisme est de plus en plus contesté même par des États censés être libéraux comme les États-Unis.
  • L’abandon des changes fixes avec les Accords de la Jamaïque de 1975, a mis fin au rôle de gendarme du fonds monétaire international (FMI). De ce fait, le dumping monétaire chinois s’est développé sans aucune contrainte et a déstabilisé les industries américaine et européenne.
  • La création par la Chine de la Banque asiatique d’investissements concurrence directement la Banque mondiale et la banque asiatique de développement
Nous assistons au retour de l’affirmation de l’État, au déclassement des institutions multilatérales et plus particulièrement de l’ONU, et à l’abandon des procédures collectives. Dans ces conditions, la rénovation du système mis en place au sortir de la 2nde guerre mondiale, ou la construction d’une nouvelle gouvernance est peu vraisemblable tant les antagonismes sont forts.
 
Dov ZERAH
DHAREZ
 

samedi 7 mars 2026

Parah ... La Vache Rousse !!! JBCH N° 2603 - 931

La Paracha Parahest estl’un des passages les plus mystérieux de la Torah.  La Torah ordonne de prendre une vache entièrement rousse, sans défaut et n’ayant jamais porté de joug. 


Elle est brûlée, puis ses cendres sont mélangées à de l’eau pour produire une eau de purification destinée à ceux qui sont devenus impurs par contact avec un mort.





Ce commandement est célèbre parce qu’il semble paradoxal : il purifie l’impur mais rend impur celui qui prépare le rituel. Les sages d’Israël ont souvent vu dans cette loi le symbole d’un mystère divin dépassant la raison humaine. RASHI explique que les nations du monde se moquent de ce commandement incompréhensible, mais que la Torah affirme qu’il s’agit d’un décret divin. De son côté, Maïmonide  reconnaît que certaines mitsvot possèdent une logique morale, mais que celle-ci appartient aux lois qui dépassent la compréhension immédiate de l’homme.


La lecture de cette paracha avant la Pâque juive rappelle l’importance de la purification avant de célébrer la liberté. Autrement dit, la délivrance collective suppose un travail intérieur préalable.





Si l’on cherche un parallèle avec la situation politique, économique et sociale mondiale en 2026, cette symbolique prend un sens étonnamment actuel. Beaucoup de sociétés semblent vivre une période d’impureté morale et institutionnelle : guerres prolongées, polarisation politique, méfiance envers les institutions, inflation et tensions sociales. Dans de nombreuses démocraties, la confiance publique est affaiblie et les débats deviennent de plus en plus radicaux.





La vache rousse rappelle alors une idée essentielle : la purification collective exige souvent un sacrifice et un paradoxe. Celui qui travaille à réparer la société peut lui-même être exposé à l’impureté du monde. Les responsables politiques, les journalistes ou les intellectuels qui affrontent les crises doivent entrer dans la complexité des problèmes, parfois au prix de leur propre réputation ou de leur tranquillité.


Un autre enseignement concerne la notion de renaissance. Le rituel transforme des cendres  symbole de destruction — en un instrument de vie et de purification. Dans le contexte actuel, où les crises économiques, climatiques et géopolitiques semblent s’accumuler, la tradition suggère que les périodes de chaos peuvent devenir la matière d’un renouveau. 


Les sociétés humaines, comme l’individu dans la Torah, peuvent transformer les traces de leurs erreurs en base d’une reconstruction morale et politique.





vendredi 6 mars 2026

Les Juifs et l'Argentine JBCH N° 2603 - 930

 L'Argentine et les juifs 


À la fin du XIXᵉ siècle, lorsque les plaines immenses de l’Argentine semblaient encore attendre leurs habitants, une histoire singulière commença à s’écrire entre un peuple ancien et une terre neuve. 




Des milliers de Juifs d’Europe de l’Est fuyaient alors les pogroms et la misère de l’Empire russe. Beaucoup rêvaient de l’Amérique, mais certains allaient trouver leur refuge bien plus au sud, dans les pampas infinies de l'Argentine.





Derrière cette aventure humaine se trouvait la vision d' hommes comme le Baron de Rothschild ou le Baron Maurice de Hirsch. Ce dernier, financier et philanthrope d’origine austro-hongroise, il était convaincu que les Juifs persécutés d’Europe devaient retrouver dignité et autonomie par le travail de la terre. 


Contrairement au Baron de Rotschild, qui achetait des terres aux Ottomans, en 1891, il fonda lui, la "Jewish Colonization" Association, une organisation destinée à acheter des terres en Argentine et à y installer des familles juives venues d’Europe orientale.




À cette époque, l’Argentine était un pays jeune, avide de colons et d’énergie humaine. Le gouvernement encourageait l’immigration pour peupler les vastes territoires agricoles. Les bateaux quittèrent donc les ports d’Odessa, de Hamburg ou de Trieste, chargés de familles juives qui n’avaient souvent jamais vu un champ de blé autrement que depuis la fenêtre d’un train.


Lorsqu’ils arrivèrent dans les colonies agricoles comme Moises Ville ou Basavilbaso, dans la province de Santa Fe Province et celle d’Entre Ríos Province, ils durent tout apprendre. Beaucoup venaient de petites villes où l’on vivait de commerce ou d’artisanat. Ici, il fallait labourer la terre, semer le blé, surveiller les troupeaux et survivre aux saisons de la pampa.






On les appela bientôt les “gauchos juifs”, une expression devenue célèbre grâce au livre de Alberto Gerchunoff, Los Gauchos Judíos. L’image était forte : des hommes portant la kippa sous le large chapeau des cavaliers argentins, récitant les prières du sabbat dans des maisons de bois au milieu des champs dorés.


La vie n’était pas facile. La Terre était ingrate et difficile à cultiver, d'ou la transformation de ces terres en "pampas d'élevage, Les premières années furent marquées par la pauvreté, les maladies et parfois l’hostilité locale. Pourtant, à force de travail, les colonies prospérèrent peu à peu. Des écoles, des synagogues, des coopératives agricoles virent le jour. Les enfants parlaient espagnol, yiddish et parfois hébreu, naviguant entre deux mondes.


L’héritage du baron  de Hirsch dépasse pourtant ces villages agricoles. Son projet démontra qu’un exil pouvait se transformer en renaissance. L’Argentine offrit aux Juifs un espace de liberté où ils purent reconstruire leurs vies, contribuer à l’économie du pays et enrichir sa culture.




Aujourd’hui encore, dans les vastes plaines argentines, certaines anciennes colonies gardent la mémoire de cette épopée. Les synagogues de briques rouges, les vieux cimetières et les récits transmis de génération en génération racontent l’histoire improbable d’un peuple venu d’Europe, qui trouva dans la pampa un nouveau commencement. l’histoire ne s’arrête pas là. 


Au fil des décennies, la présence juive en Argentine s’est transformée, passant des champs poussiéreux des colonies agricoles à l’effervescence des grandes villes. À Buenos Aires,  les descendants des premiers colons devinrent commerçants, médecins, avocats, journalistes, écrivains. La communauté juive allait devenir l’une des plus importantes du monde hors d’Israël et des États-Unis.




Dans les années 1930 et 1940, une nouvelle vague d’immigration arriva d’Europe, fuyant la montée du nazisme. L’Argentine, malgré ses ambiguïtés politiques de l’époque, accueillit des milliers de réfugiés juifs. Beaucoup s’intégrèrent rapidement dans la vie culturelle et économique du pays. Des journaux en yiddish circulaient dans les quartiers juifs, tandis que les théâtres et les librairies faisaient vivre une intense activité intellectuelle.


Pourtant, le destin des Juifs d’Argentine ne fut pas toujours paisible. Le pays connut des crises politiques, des dictatures militaires et des périodes d’antisémitisme latent. Dans les années 1970, pendant la “guerre sale”, plusieurs Juifs argentins furent victimes de la répression militaire, disparaissant dans les prisons clandestines.


Plus tard, dans les années 1990, deux attentats tragiques marquèrent profondément la communauté : l’attaque contre l’ambassade d’ Israël en 1992 et l’attentat contre le centre communautaire juif AMIA à Buenos Aires en 1994. Ces événements rappelèrent brutalement que l’histoire juive, même en terre d’accueil, restait fragile.




Malgré ces épreuves, la communauté juive argentine demeure aujourd’hui une force culturelle majeure. Des écrivains, des scientifiques, des artistes et des entrepreneurs issus de cette diaspora ont contribué à façonner la société argentine moderne.


Et dans certaines soirées tranquilles de la pampa, lorsque le vent traverse les champs de blé, on raconte encore l’arrivée des premiers bateaux. Des familles venues d’Europe, portant dans leurs valises quelques livres de prière, une langue ancienne et une immense espérance.


Ils cherchaient simplement un endroit où vivre libres. Et dans l’immensité de l’Argentine, ils trouvèrent un nouveau monde.


Un siècle après l’arrivée des pionniers juifs dans la pampa, une scène politique inattendue s’est ouverte en Argentine. À sa tête, un président au style iconoclaste, économiste libertarien et provocateur assumé : Javer Milei  Mais derrière ses discours flamboyants et ses réformes économiques radicales se cache une dimension moins connue de sa personnalité : une fascination profonde pour le judaïsme et pour Israël


Dès son arrivée au pouvoir en 2023, Milei a surpris le monde diplomatique en plaçant Israël au cœur de sa politique étrangère. Lors de son premier voyage officiel hors d’Amérique latine, il s’est rendu àJ érusalem, où il s’est recueilli longuement devant le Kotel . Les images du président argentin, les yeux fermés et enveloppé dans une émotion visible, ont fait le tour du monde.




Ce geste n’était pas seulement symbolique. Milei a annoncé son intention de transférer l’ambassade d’Argentine à Jérusalem, rejoignant ainsi un petit groupe de pays ayant reconnu la ville comme capitale d’Israël. Pour lui, Israël représente bien plus qu’un partenaire diplomatique : c’est un modèle civilisationnel.


Depuis plusieurs années, Javier Milei s’intéresse à la pensée juive. Il a étudié certains textes bibliques et s’est rapproché de rabbins argentins. Selon plusieurs proches, il envisagerait même une conversion au judaïsme après son mandat présidentiel. Cette curiosité spirituelle s’accompagne d’une admiration pour la résilience historique du peuple juif et pour la réussite technologique d’Israël.





Dans ses discours, Milei évoque souvent l’esprit d’innovation israélien, la capacité du pays à transformer le désert en terres agricoles fertiles et à devenir une puissance technologique mondiale. Pour cet économiste obsédé par la liberté individuelle et l’entrepreneuriat, Israël incarne une forme de miracle historique : un petit État entouré d’ennemis mais capable de prospérer grâce à la science, à l’éducation et à l’audace.




Cette proximité avec Israël a également une dimension politique. Milei a adopté une position très ferme contre l'Iran qu’il accuse d’être responsable des attentats contre l’AMIA à Buenos Aires en 1994, l’une des attaques antisémites les plus meurtrières de l’histoire de l’Amérique latine.




Dans les rues de Buenos Aires, certains voient en lui un dirigeant atypique, parfois déroutant. Mais pour la communauté juive argentine, l’une des plus importantes du monde l’attitude de Javier Milei représente une rupture historique : jamais un président du pays n’avait affiché un tel attachement à Israël et au judaïsme. Au moins 250 000 juifs vivent aujourd'hui en Argentine.


Ainsi, plus d’un siècle après le rêve agricole du baron de Hirsh et l’installation des premiers colons à Moïse City l’histoire entre l’Argentine et le peuple juif semble connaître un nouveau chapitre.


Cette fois, il ne se joue plus seulement dans les champs de la pampa, mais au sommet de l’État argentin, porté par un président convaincu que l’histoire d’Israël est aussi une leçon pour le monde.



Pourquoi la Bourse de Tel Aviv explose. JBCH N° 2603 - 929

           La Bourse de Tel-Aviv défie les tensions régionales et poursuit sa progression


Malgré le contexte de guerre au Moyen-Orient et l’incertitude géopolitique, la Bourse de Tel Aviv  affiche une étonnante solidité. Jeudi, les principaux indices du marché israélien ont terminé la séance nettement dans le vert, confirmant une dynamique haussière qui intrigue autant qu’elle rassure les investisseurs. 


Le cours actuel de TASE est de 16 150 ILA - 5,83 % en 24 heures ... qui dit mieux ?


Cette hausse s’explique en grande partie par la forte performance de certains secteurs clés de l’économie israélienne. L’indice de la construction s’est envolé de 4,58 %, porté par l’optimisme des investisseurs envers les valeurs immobilières, dans un contexte où les marchés anticipent un possible assouplissement monétaire. Le secteur des technologies propres, représenté par l’indice Cleantech, a également enregistré une progression notable de 3,8 %. Mais c’est surtout le secteur de la défense qui attire l’attention : l’indice des entreprises liées à l’industrie militaire a gagné 3,64 % sur la séance.


Depuis le début du mois, les sociétés de défense cotées à la bourse de Tel Aviv (SETA) affichent une hausse spectaculaire de 11,4 %, et même de 37,9 % depuis le début de l’année. Cette performance reflète l’augmentation anticipée des budgets militaires et la demande croissante pour les technologies de sécurité et d’armement. Dans un environnement régional instable, les investisseurs parient sur le rôle stratégique de ces entreprises dans l’économie israélienne et dans les marchés internationaux.




Le secteur des assurances suit également une trajectoire impressionnante. L’indice TA-Assurances a progressé de 15,6 % depuis le début du mois et de plus de 35 % depuis janvier. Cette hausse est alimentée par des résultats financiers solides et par la perception d’un secteur capable de résister aux fluctuations économiques.


Au total, une vingtaine d’actions composant l’indice TA-125 ont enregistré des hausses supérieures à 5 %, dont près de la moitié appartiennent au secteur immobilier. En revanche, le secteur bancaire a connu une séance plus difficile. L’indice TA-Banques a reculé de 1,48 %, les investisseurs réagissant aux résultats financiers publiés récemment par plusieurs établissements majeurs. 


Parmi les titres en baisse figurent notamment la compagnie aérienne El Al,  le groupe Electra Consumer Products, l’entreprise de télécommunications par satellite Gilat, ainsi que les grandes banques israéliennes Léumi et Hapoalim,  Le géant pharmaceutique Teva a également reculé d’environ 2 %.




Un autre élément marquant de la séance concerne les volumes d’échanges, particulièrement élevés. Environ 7 milliards de shekels ont été échangés sur le marché des actions, un niveau inhabituel pour une période sans échéance mensuelle ni révision d’indices. Une part importante des transactions a concerné les fonds indiciels (ETF), dont près d’un tiers répliquait l’indice TA-35. Ce phénomène traduit un retour de l’intérêt des investisseurs pour les grandes capitalisations israéliennes, souvent perçues comme plus stables en période d’incertitude.


Sur le marché obligataire, l’activité est restée tout aussi soutenue. Les obligations d’État et les bons du Trésor ont généré un volume d’environ 7,3 milliards de shekels, tandis que les obligations d’entreprises ont enregistré près d’un milliard de shekels d’échanges. Cette intensité reflète une forte mobilisation du capital sur l’ensemble des marchés financiers israéliens.




Du côté des devises, le dollar s’échangeait autour de 3,08 shekels, un niveau relativement stable. Dans le même temps, les marchés américains ont ouvert la séance en légère baisse, accentuant le contraste avec la performance israélienne. Les économistes de la Bourse soulignent que le marché local continue de démontrer une résilience remarquable face aux tensions régionales.


Cette solidité ne signifie pas que tous les secteurs évoluent de manière uniforme. Les banques réagissent aux publications de résultats, les sociétés immobilières profitent des perspectives de baisse des taux d’intérêt, les entreprises de défense bénéficient de la hausse des dépenses militaires, tandis que les sociétés de logiciels suivent le rebond du secteur technologique mondial.






La journée a également été marquée par la publication des résultats annuels de la Bourse elle-même. La société exploitant la place financière de Tel-Aviv, cotée sous le symbole TASE, a annoncé des performances financières solides pour l’année 2025. Ses revenus annuels ont atteint 563,5 millions de shekels, soit une progression de 29 % par rapport à l’année précédente. Le bénéfice net a quant à lui bondi de 79 %, pour atteindre 181 millions de shekels.


Cette croissance s’explique principalement par l’augmentation significative des volumes de transactions et par l’intensification de l’activité sur les marchés financiers israéliens. Profitant de cette dynamique, la Bourse a également annoncé le versement d’un dividende total d’environ 144,8 millions de shekels à ses actionnaires, dont une partie prendra la forme d’un dividende exceptionnel lié à l’amélioration de la rentabilité.




Dans un environnement international marqué par les crises géopolitiques, les tensions énergétiques et les incertitudes économiques, la Bourse de Tel-Aviv semble ainsi envoyer un signal fort : celui d’un marché capable de résister aux turbulences et de continuer à attirer les capitaux. 


Pour de nombreux analystes, cette résilience reflète non seulement la solidité de certains secteurs stratégiques israéliens, mais aussi la confiance persistante des investisseurs dans la capacité d’innovation et d’adaptation de l’économie du pays.