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dimanche 19 juillet 2026

La Canicule, et l'Energie en France 2607 - 012

L 'été 2003 a laissé près de 15 000 morts sur le sol français, pour l'essentiel des personnes âgées asphyxiées dans des appartements et des maisons de retraite sans climatisation. 




Le choc fut tel que chacun jura, à l'époque, que « plus jamais ça ». Vingt ans plus tard, le constat est amer : la France reste l'un des pays les moins climatisés d'Europe occidentale, avec un taux d'équipement des logements qui plafonne autour de 25%, contre plus de 90% en Italie du Sud ou en Espagne pourtant soumises aux mêmes latitudes.


Ce retard n'est pas un accident. Il est le produit d'un courant idéologique : l'écologie punitive à la française, qui a fait de la climatisation un objet de suspicion morale plutôt qu'un outil de santé publique. Pendant deux décennies, la doctrine verte a présenté l'air conditionné comme un luxe individualiste, énergivore, contraire à la sobriété qu'il fallait imposer aux Français. 


Résultat : des normes thermiques RE2020 pensées pour freiner l'installation de climatiseurs, des débats interminables sur la « clim comme symptôme du capitalisme fossile », et des collectivités locales, souvent acquises aux Verts, qui ont retardé ou compliqué l'équipement des EHPAD et des écoles au nom de la transition énergétique.


Le paradoxe est cruel : la France est l'un des pays d'Europe les mieux dotés en ressources énergétiques propres, le nucléaire, que ce même courant écologiste a combattu avec la même ténacité depuis Fessenheim jusqu'aux EPR, mais aussi en hydrocarbures non conventionnels. 


Le sous-sol français regorge, selon les estimations de l'Agence internationale de l'énergie, plusieurs milliers de milliards de mètres cubes de gaz de schiste, en particulier dans le bassin du Sud-Est. 


La loi Jacob de 2011, imposée et votée avec le soutien actif des écologistes, a interdit purement et simplement toute recherche, fermant la porte à toute exploration, quand les États-Unis, eux, transformaient leur indépendance énergétique et faisaient chuter leurs prix de l'électricité grâce au même gisement géologique. Gaz qu’ils nous vendent à prix d’or ! 


On peut décider, en conscience, de renoncer au gaz de schiste pour des raisons dogmatiques. Mais on ne peut pas, dans le même mouvement, refuser l'indépendance énergétique qu'il aurait permise, combattre le nucléaire qui aurait pu compenser, et freiner la climatisation qui aurait sauvé des vies en attendant et puis s'étonner que la facture énergétique explose et que les étés tuent. 

Le dogmatisme a un prix ; en France, il se paie en surmortalité l'été et en dépendance gazière l'hiver.

Le SafSaf. 2607 - 011

🔵 Dans mon imaginaire d’enfant à Tunis, il existait un lieu enchanté : le SafSaf de La Marsa.






Ce n’était pas seulement un café, c’était un monde à lui tout seul, un lieu où le passé semblait encore respirer.

Ce qui me fascinait par-dessus tout, c’était le dromadaire qui avançait lentement en tournant autour du puits.

Je l’observais, fasciné pendant un temps indéfini … lui tournait … ses œillères lui empêchaient d’avoir le vertige  !

Ses pas réguliers faisaient tourner une grande roue, la noria, qui remontait l’eau fraîche des profondeurs de la terre ..   une eau délicieuse.

Pour mes yeux d’enfant, ce spectacle avait quelque chose de magique : un animal du désert faisait jaillir la vie de la terre.

Je pouvais rester longtemps très longtemps à regarder ce mouvement paisible, comme une scène venue d’un autre siècle.

Le bruit de la roue, le pas du dromadaire et le filet d’eau qui apparaissait formaient une musique unique.

Autour de lui, le SafSaf vivait avec ses familles, ses conversations, ses parfums de menthe et de jasmin.

Ce lieu racontait une Tunisie authentique, attachée à ses traditions et à ses gestes anciens.

Le dromadaire n’était pas une attraction : il était l’âme du lieu, le gardien d’une mémoire

Il représentait le lien entre la terre, l’eau, les hommes et le temps qui passe.


Pour l’enfant que j’étais, le SafSaf était un endroit où l’histoire devenait réelle sous mes yeux.

Chaque visite était une découverte, une petite aventure pleine d’émerveillement.

Aujourd’hui encore, le souvenir de cette roue entraînée par le dromadaire reste gravé dans ma mémoire.


Nabeul. 2607 - 010

 Avant l’indépendance de la Tunisie en 1956, Nabeul  était une ville juive depuis plus de mille huit cents ans, les arabes, eux ont conquis le pays en 703 avec la décapitation de la Reine juive berbère la Kahina près de Tabarka..




La ville était réputée pour son artisanat, son agriculture et son commerce. 


La communauté juive, bien intégrée à la vie économique, jouait un rôle important dans plusieurs métiers artisanaux et commerciaux, tandis que les artisans musulmans perpétuaient des savoir-faire transmis de génération en génération. 


La poterie et la céramique, héritières d’une tradition remontant à l’Antiquité. Les ateliers fabriquaient des jarres, plats, carreaux décorés, vases et objets utilitaires. À partir du début du XXᵉ siècle, 


la faïence décorative s’est développée sous l’influence d’artisans tunisiens et européens.  


La broderie, réalisée principalement par les femmes, notamment le célèbre point de Nabeul, utilisé pour les vêtements de cérémonie et le linge de maison. 


 Le tissage, la fabrication de nattes en jonc et en alfa, la vannerie, la ferronnerie, le travail du bois, du cuir et la cordonnerie faisaient également vivre de nombreuses familles. 

 

La communauté juive de Nabeul était ancienne, elle était installée avec les carthaginois; 

Sous le protectorat français (1881-1956), elle comptait plusieurs centaines de personnes, parfois davantage selon les périodes

.

Les relations entre Juifs et musulmans étaient généralement celles de voisins, de commerçants et d’artisans travaillant ensemble. Comme ailleurs en Tunisie, elles étaient faites de coopération quotidienne, même si chaque communauté conservait ses traditions religieuses et ses fêtes.


L’un des événements qui marqua le plus la communauté juive de Nabeul fut l’occupation de la Tunisie par les forces germano-italiennes de l’Axe, pendant la Seconde Guerre mondiale. 


Les Allemands arrivèrent en Tunisie par le sud, par la Libye, après que Rommel eut essuyé la défaite du deuxième combat d’El-Alamein devant les forces britanniques de Montgomery. 


Nabeul fut occupée le 14 novembre 1942 et la présence allemande se fit sentir alors dans la ville et fut vécue très difficilement par la communauté juive locale. Les Juifs de la ville durent porter l’étoile jaune  comme à Sfax,


Les occupants nazis s’approprièrent des locaux et des habitations, ils confisquèrent des voitures, des vélos, des postes de radio (TSF), des meubles et les accessoires ménagers dont ils avaient besoin. 


Ils investirent la ville et la municipalité et exigèrent de la main-d’œuvre juive quotidienne pour les travaux obligatoires, principalement dans les bases militaires du cap Bon. 


Ainsi, la population juive de Nabeul, comme partout ailleurs en Tunisie, vécut sous la menace constante d’une éventuelle arrestation pour être envoyée au travail obligatoire. 


Les déplacements en dehors de la ville étaient risqués, la surveillance allemande était omniprésente et on sentait un manque grandissant de nourriture disponible à la vente ainsi que de produits de base et de tout autre matériau comme le cuir, les tissus, les matériaux de construction, etc. 


Mais surtout, il y avait l’incertitude quant au lendemain…


Après 1956 et l’indépendance,   puis surtout après les tensions régionales liées au conflit israélo-arabe (notamment 1967), la majorité des Juifs de Nabeul quittèrent progressivement la ville pour Tunis, puis la France ou Israël. 


La communauté locale disparut


En revanche, l’artisanat est resté l’une des grandes identités de Nabeul. La poterie, la céramique, la broderie et les métiers d’art continuent aujourd’hui de faire la renommée de la ville.  


Ainsi, le Nabeul d’avant 1956 qui était une ville vivante où l’artisanat constituait le cœur de l’économie et où les communautés musulmanes et juives participaient ensemble à la prospérité commerciale et culturelle du Cap

Bon a disparu … elle vit encore dans nos coeurs…

Qui était Ahmed Ben Bella 2607 - 009

Après avoir été renversé par le colonel Houari Boumediene lors du coup d’État de 1965, Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante, passe quinze années en prison avant d’être libéré en 1980. 





Il s’exile ensuite en Suisse, dans le village vaudois de Begnins, où il mène une vie discrète tout en poursuivant son engagement politique. 


Protégé par ses amis Noé Graff, un vigneron aux convictions trotskistes, et Françoise Fort, il transforme sa résidence en quartier général de son opposition au régime algérien.


Son emprisonnement l’a profondément marqué. 


Soumis à un isolement extrême, il redécouvre la foi musulmane et développe une réflexion politique renouvelée. 


À sa libération, il dénonce fermement le parti unique, qu’il considère comme un échec des indépendances africaines. 


Il conserve son engagement anti-impérialiste, mais y ajoute une dimension spirituelle, écologiste et favorable au dialogue avec les islamistes.


Depuis son exil, Ben Bella voyage beaucoup, soutient diverses causes internationales, et les peuples autochtones, et fonde en 1984 le Mouvement pour la démocratie en Algérie. 


Son activité politique inquiète les autorités françaises, qui limitent progressivement sa liberté d’action. 


Une perquisition à son domicile en 1983, liée à l’arrestation de son garde du corps armé, accélère son installation définitive en Suisse.


Malgré son image de militant révolutionnaire, Ben Bella mène un train de vie confortable, financé en grande partie par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. 


Il possède plusieurs résidences en Europe, voyage fréquemment et entretient un vaste réseau politique. 


Cette situation contraste avec son discours démocratique et suscite parfois l’incompréhension de ses proches.


En 1990, les autorités algériennes lui permettent de rentrer au pays. 


Son parcours illustre les paradoxes d’un dirigeant devenu opposant : héros de l’indépendance, prisonnier politique, exilé influent, mais aussi personnage complexe, partagé entre idéaux révolutionnaires, alliances controversées et volonté constante de retrouver une place dans la vie politique algérienne.


Je n’ai jamais aimé cet homme si proche de Nasser

La Russie de demain aux ordres de la Chine 2607 - 008

Chronique

La Chine prépare déjà l'après-Poutine


On nous présente ces contacts pékinois avec les technocrates russes comme une manœuvre géopolitique raffinée, la marque d'une Chine qui pense à dix coups d'avance. C'est prêter à Pékin une élégance stratégique qu'une lecture plus froide des chiffres suffit à démentir : on ne prépare pas la succession d'un partenaire, on gère le portefeuille d'un actif déjà sous contrôle.

Ne cherchons pas dans ce dossier une manœuvre machiavélique digne d'un roman d'espionnage. Ce que Pékin fait avec Moscou, n'importe quelle banque le fait avec un débiteur en difficulté : elle diversifie ses interlocuteurs, sans jamais renoncer à l'essentiel, qui est la créance elle-même. Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en 2022, la Chine est devenue le premier acheteur mondial de combustibles fossiles russes, loin devant l'Union européenne et l'Inde, avec plus de 300 milliards de dollars d'achats cumulés. Ce chiffre, à lui seul, dit tout ce qu'il y a à savoir sur la nature réelle du lien : ce n'est pas une alliance, c'est une dette qui a changé de forme.

L'illusion de l'alliance entre égaux

Les chancelleries occidentales, et une bonne partie de la presse qui les relaie sans les interroger, aiment décrire la relation sino-russe comme une alliance entre puissances comparables, scellée par près de quarante rencontres entre Xi Jinping et Vladimir Poutine depuis leur arrivée respective au pouvoir, et par des formules sonores sur une « coopération sans limites ». C'est une lecture confortable, parce qu'elle flatte l'idée d'un bloc autoritaire uni face à l'Occident. Elle est aussi fausse. Les diplomates et chercheurs qui suivent le dossier de près qualifient cette relation, à juste titre, de profondément asymétrique : Moscou a aujourd'hui bien davantage besoin de Pékin que l'inverse, pour financer sa guerre, pour échapper à un isolement international quasi général, pour écouler un pétrole que l'Europe a cessé d'acheter. En avril 2026 encore, les recettes pétrolières russes tirées des ventes à la Chine ont atteint leur plus haut niveau depuis deux ans et demi, alors même que les volumes exportés reculaient — signe que Pékin négocie chaque baril en position de force, pas de partenariat.

Il suffit de comparer les deux dernières visites au sommet pour mesurer le déséquilibre. Quelques jours à peine après avoir reçu Donald Trump à Pékin avec les honneurs dus à un homologue, Xi Jinping a accueilli Vladimir Poutine dans une configuration où, de l'aveu même d'observateurs spécialisés dans les relations russo-chinoises, c'est le président russe qui avait besoin de montrer qu'il comptait encore aux yeux de Pékin, et non l'inverse. Un chef d'État qui doit prouver sa pertinence à son propre allié n'est plus tout à fait un allié : c'est un client qui négocie le renouvellement de son contrat.

On ne prépare pas la succession d'un partenaire. On prépare celle d'un actif.

Ce que Pékin cherche vraiment

C'est dans ce contexte, et seulement dans ce contexte, qu'il faut lire les contacts pris par la diplomatie chinoise avec des technocrates et hauts responsables russes situés au-delà du premier cercle du Kremlin. Non comme une manœuvre de politique étrangère au sens classique — choisir un dauphin, arbitrer entre factions, peser sur une succession au sens où Moscou elle-même a longtemps su le faire dans ses propres périphéries — mais comme la gestion de portefeuille d'un actionnaire très majoritaire qui n'a plus vraiment besoin de consulter son partenaire minoritaire avant d'agir. La Chine ne cherche pas un successeur idéologiquement compatible ; elle en a fini avec les affinités électives depuis longtemps, si tant est qu'elle y ait jamais sacrifié quoi que ce soit. Elle cherche des interlocuteurs qui continueront, quel que soit le nom sur la porte du Kremlin, à payer leurs factures en yuans plutôt qu'en dollars, à livrer leur pétrole aux prix négociés à Pékin, et à voter comme il convient dans les enceintes internationales où la Chine a besoin d'une voix russe.

Ce que Pékin ne fait pas

  • Choisir ouvertement un candidat, au risque de s'aliéner les autres factions
  • Miser sur une figure idéologiquement proche plutôt que sur un gestionnaire fiable
  • Prendre le moindre risque qui exposerait la Chine avant que la transition ne soit consommée
  • Traiter la Russie autrement que comme un fournisseur d'énergie et une réserve de vote diplomatique

Cette absence de pari idéologique est précisément ce qui distingue la stratégie chinoise de ce que l'on appelait, du temps de la guerre froide, le soutien à un mouvement frère. Pékin n'investit pas dans une idée de la Russie ; elle sécurise une chaîne d'approvisionnement et une case sur l'échiquier de l'ONU. Les technocrates que l'on dit courtisés par la diplomatie chinoise ne sont pas choisis pour leurs convictions, mais pour leur prévisibilité comptable — un critère qui, soit dit en passant, aurait fait sourire n'importe quel cadre du Gosplan soviétique s'il avait pu deviner que ses successeurs seraient un jour évalués à cette aune par Pékin plutôt que par Moscou.

La vraie surprise sera l'absence de surprise

Le jour où Vladimir Poutine quittera effectivement la scène — par la maladie, par l'âge, ou par l'une de ces défenestrations feutrées dont le système russe a le secret depuis un siècle — les commentateurs occidentaux découvriront avec un mélange d'admiration et d'inquiétude que la Chine « avait tout anticipé ». Ce sera vrai, mais pour de mauvaises raisons : ce ne sera pas la preuve d'un génie diplomatique particulier, mais celle qu'il n'y avait, en réalité, presque rien à anticiper. Une dette ne change pas de créancier quand le débiteur change de dirigeant. Le nouveau visage au Kremlin, quel qu'il soit, héritera d'une économie russe déjà rivée aux marchés chinois, d'infrastructures énergétiques déjà orientées vers l'est, et d'une génération de hauts fonctionnaires déjà familiers des usages de Pékin. La Chine n'aura pas eu besoin de choisir un successeur ; elle aura simplement attendu que la Russie, faute d'alternative, s'en choisisse un qui lui convienne.

C'est peut-être la leçon la plus dérangeante de cette affaire, et la moins commentée : la véritable influence ne s'exerce plus, au XXIe siècle, par le choix des hommes, mais par la structure des dépendances qu'on laisse s'installer pendant qu'on discute encore de qui succédera à qui. Pendant que Washington et Bruxelles se demandent quel visage portera le prochain Kremlin, Pékin, elle, a déjà réglé la seule question qui comptait vraiment à ses yeux : celle du prix du baril.


L'IA a besoin du philosophe ... 2607 - 007

 Chronique

Les grands laboratoires d'IA recrutent des philosophes à tour de bras, et voilà pourquoi


Anthropic, DeepMind, et dans une moindre mesure OpenAI, garnissent leurs organigrammes de docteurs en philosophie. On nous vend cela comme une conversion à l'humilité intellectuelle. C'est très exactement l'inverse : une opération de couverture, menée avec le sérieux qu'on réserve d'ordinaire aux polices d'assurance.

Ne nous racontons pas d'histoires : ce n'est pas Wittgenstein qui débarque dans l'open space de Sand Hill Road. Chez Anthropic, on trouve Amanda Askell — PhD à NYU sur l'éthique de l'infini, BPhil à Oxford, passée par OpenAI avant de rejoindre la maison en 2021, où elle dirige aujourd'hui l'équipe chargée du « caractère » de Claude, c'est-à-dire de ce que le modèle doit croire, dire et taire. Autour d'elle gravitent Jackson Kernion, docteur en philosophie de l'esprit de Berkeley, Joe Carlsmith et Ben Levinstein. Chez Google DeepMind, c'est Iason Gabriel, ancien maître de conférences en philosophie morale et politique à Oxford, qui dirige l'effort de moralisation de la machine, entouré d'Adam Bales, d'Atoosa Kasirzadeh, d'Arianna Manzini. OpenAI, à l'inverse, continue de traiter la sécurité comme un problème d'ingénierie, sans chaire philosophique dédiée. Cette divergence entre les trois géants n'est pas un détail : elle trahit que le philosophe maison n'est pas une nécessité technique universellement reconnue, mais un choix stratégique, propre à certaines cultures d'entreprise.

Deux lectures possibles

Il y a, disons-le honnêtement, une façon généreuse de lire ce recrutement. Les questions que pose l'IA contemporaine ne sont pas de simples bugs à corriger : est-ce qu'un système qui simule la souffrance mérite qu'on s'en soucie moralement ? Que signifie « aligner » les valeurs d'une machine sur les nôtres, quand les nôtres divergent déjà entre elles ? Un modèle qui raisonne peut-il être tenu pour responsable de ce qu'il produit ? Ce sont, mot pour mot, des questions de philosophie morale, de philosophie de l'esprit et d'épistémologie, telles qu'on les enseigne depuis deux mille cinq cents ans. Il serait absurde, et même dangereux, de les abandonner aux seuls ingénieurs, qui ont statistiquement une appétence limitée pour la nuance normative.

La seconde lecture, moins généreuse, est la bonne : le philosophe maison est un pare-feu réputationnel.

Voici le mécanisme, et il n'a rien de mystérieux. Quand un modèle dérape — qu'il flatte un utilisateur suicidaire, qu'il génère un contenu qui aurait dû être bloqué, qu'il manifeste un comportement jugé « incohérent avec ses valeurs déclarées » — l'entreprise dispose désormais d'une réponse toute prête : nous y avons pensé. Une docteure en éthique de l'infini a validé le processus. Un ancien maître de conférences d'Oxford a rédigé un rapport sur l'éthique des assistants avancés. La philosophie, ici, ne freine rien ; elle documente. Elle produit du papier, des « frameworks », des taxonomies de risques, qui serviront le jour où il faudra expliquer à un régulateur, un journaliste ou un tribunal que la question morale n'a pas été négligée — simplement tranchée, en interne, par des gens payés pour la trancher dans le sens qui n'interrompt jamais un lancement.

Le vrai test : le pouvoir de nuire

On objectera, avec raison, que je caricature — que ces philosophes travaillent aussi sur des sujets qui n'ont aucune valeur défensive immédiate : le bien-être possible des modèles eux-mêmes, sujet sur lequel Anthropic a publiquement engagé des chercheurs comme Kyle Fish, ou les cadres de gouvernance publiés par DeepMind dans des revues comme Nature. Soit. Mais la question qui compte n'est pas celle du sujet de recherche, elle est celle du pouvoir de blocage. Un philosophe d'entreprise a-t-il déjà, une seule fois, fait repousser la sortie d'un modèle parce que la question de son statut moral restait ouverte ? A-t-on vu un lancement suspendu sur avis philosophique, comme on suspend un essai clinique sur avis d'un comité d'éthique hospitalier ? Le silence, sur ce point précis, est assourdissant — et il l'est d'autant plus que le calendrier de sortie des modèles, lui, n'a strictement jamais ralenti depuis que ces recrutements ont commencé.

Ce qui distingue un vrai comité d'éthique

  • Un pouvoir de veto réel, exercé publiquement au moins une fois
  • Une composition partiellement extérieure à l'entreprise qui l'emploie
  • Des rapports négatifs rendus publics, pas seulement les rapports favorables
  • Un budget et une autorité indépendants de la division produit

Aucun de ces quatre critères n'est aujourd'hui rempli par les cellules philosophiques des grands laboratoires. Ce ne sont pas des comités d'éthique au sens où l'entendent la médecine ou la recherche biomédicale depuis Nuremberg et Belmont ; ce sont des départements de communication déguisés en séminaires de philosophie de l'esprit, avec cette différence, non négligeable, qu'ils sont peuplés de gens sincèrement compétents et souvent sincèrement inquiets. C'est là tout le tragique de l'affaire : la sincérité individuelle des Askell, Gabriel et Kernion de ce monde ne change rien à la fonction structurelle de leur poste, qui reste de produire de la légitimité, pas de la contrainte.

Kant au service de l'accélération

On habille de Kant, d'utilitarisme ou de théorie de la décision une accélération que personne, en interne, n'a envisagé sérieusement de ralentir. C'est un vieux tour, que l'industrie pharmaceutique, l'industrie pétrolière et l'industrie du tabac ont pratiqué avant l'IA, chacune avec ses propres experts maison chargés de démontrer, études à l'appui, que le produit qu'on vendait de plus en plus vite ne posait pas de problème qu'une bonne étude ne puisse pas, à terme, résoudre. La différence, cette fois, c'est le vernis : on ne recrute plus des scientifiques pour nier le risque, on recrute des philosophes pour le qualifier avec une précision qui, paradoxalement, rassure davantage qu'elle n'alarme. Un rapport qui distingue soigneusement sept catégories de préjudice possible donne, contre toute logique, une impression de maîtrise supérieure à l'absence de rapport.

La philosophie mérite mieux que ce rôle d'alibi conceptuel. Elle mérite surtout d'être jugée, dans ce contexte précis, non pas à la qualité de ses arguments — ils sont souvent excellents — mais à sa capacité, documentée, de dire non et d'être entendue. Tant que cette preuve ne sera pas apportée, je continuerai de lire chaque nouvelle embauche philosophique dans la Silicon Valley comme ce qu'elle est très probablement : une ligne de plus au budget conformité, et une ligne de moins dans le calendrier des scrupules qui ralentissent réellement quelque chose.


jeudi 16 juillet 2026

Le Gripen ... 2607 - 006

 La Suède, futur géant européen de l’aviation militaire : le revers stratégique pour la France




La Suède est en train de réussir là où plusieurs puissances européennes peinent à s’imposer : construire une industrie aéronautique militaire exportatrice, agile et politiquement attractive. 



Avec le Saab Gripen, Stockholm a réussi à se positionner comme un fournisseur alternatif face au Rafale français, à l’Eurofighter européen et aux avions américains F-35.



Le succès du Gripen repose sur une stratégie claire : proposer un avion moderne, moins coûteux à exploiter, accompagné d’importants transferts de technologies. 


La Suède a vendu ou placé ses appareils en Afrique du Sud, Thaïlande, Hongrie, République tchèque et Brésil, tandis que l’Ukraine et la Colombie doivent également rejoindre les utilisateurs du Gripen.  La Suisse ne s’est pas encore positionnée face aux pressions des USA.



Le contrat brésilien est particulièrement stratégique, car il a permis à Saab d’implanter une capacité industrielle locale et de faire du Brésil un partenaire de développement du Gripen E.



Cette politique industrielle contraste avec l’approche française, jugée par certains partenaires plus restrictive. Paris, par jalousie,  a longtemps privilégié la maîtrise nationale des technologies du Rafale et une coopération limitée autour de ses programmes futurs. Le Rafale n’est pas furtif.



 Si cette stratégie a permis de préserver une industrie souveraine, elle a parfois réduit l’attractivité commerciale face à des concurrents proposant davantage de coopération industrielle.



Le rapprochement entre la Suède et l’Allemagne constitue également un signal préoccupant pour Paris. Berlin, qui cherche à renforcer son rôle militaire en Europe, voit dans Stockholm un partenaire capable d’apporter des compétences dans les avions de combat, les systèmes électroniques, les radars et la guerre en réseau. 



La nouvelle relation stratégique germano-suédoise pourrait marginaliser davantage l’influence française dans les futurs programmes européens.



Le cas du SCAF (Système de combat aérien du futur) illustre les difficultés françaises à imposer leur vision. Le programme franco-germano-espagnol a été enterré en raison de désaccords industriels entre Dassault Aviation et Airbus Defence & Space sur la répartition des responsabilités et la propriété intellectuelle. 



Cette paralysie a ouvert une fenêtre stratégique pour Saab, qui peut apparaître comme une alternative plus souple dans une Europe où plusieurs pays cherchent rapidement à mo

La Turquie : Le plus grand danger pour l'UE 2607 - 004

🔵 Imaginons l’impensable : la Turquie, membre de plein droit de l’Union européenne. Quatre-vingt-dix millions d’habitants, une majorité musulmane sunnite, une frontière commune avec la Syrie, l’Irak et l’Iran — et soudain l’Europe cesserait d’être une civilisation pour devenir un espace administratif sans âme, sans mémoire, sans boussole.






Le premier vertige est démographique. Avec sa pyramide des âges jeune, la Turquie deviendrait en quelques années l’État le plus peuplé de l’Union, donc le plus représenté au Parlement européen, donc le plus déterminant dans les rapports de force à Strasbourg et à Bruxelles. 


L’Europe, déjà fragilisée par son vieillissement et sa perte de repères, verrait son centre de gravité politique glisser vers Ankara. 


Ce n’est pas de la xénophobie, c’est de l’arithmétique institutionnelle.



Le deuxième vertige est territorial et juridique. 


Chypre, membre de l’Union depuis 2004, reste amputée depuis 1974 par une occupation militaire turque toujours active dans le nord de l’île. 


Comment intégrer dans l’Union européenne un État qui occupe militairement le territoire d’un autre État membre et refuse obstinément de reconnaître la République de Chypre ?



L’adhésion turque signifierait, de facto, la validation d’une conquête par la force : précédent que l’Europe ne peut ni digérer ni justifier sans se renier elle-même.



Le troisième vertige est sécuritaire. Erdogan a fait de la Turquie un sanctuaire pour des mouvances islamistes que l’Europe elle-même classe comme terroristes : des cadres du Hamas y circulent librement, s’y entraînent, des filières liées aux Frères musulmans y trouvent refuge politique et financier, et Ankara joue simultanément la carte de l’OTAN et celle du soutien à des groupes que ses propres alliés combattent. 



Un État qui héberge ce qu’il devrait combattre ne peut pas prétendre partager les valeurs fondatrices de l’Union, l’État de droit, la lutte contre le terrorisme, la protection des minorités.



Le quatrième vertige est civilisationnel, et c’est le plus profond. 


L’Union européenne n’est pas qu’un marché commun ou une union douanière : c’est un héritage : gréco-romain, judéo-chrétien, humaniste, façonné par les Lumières et payé au prix du sang des guerres du XXe siècle. 


La Turquie d’Erdogan, elle, s’est détournée depuis vingt ans de l’héritage kémaliste laïque pour épouser un projet néo-ottoman assumé, où l’islam politique redevient grille de lecture du pouvoir, de la justice, de l’éducation. Intégrer cet ensemble dans l’Union, ce ne serait pas élargir l’Europe, ce serait la diluer jusqu’à l’effacer.



L’Europe peut coopérer avec la Turquie, commercer avec elle, dialoguer avec elle sur la Syrie, les migrati

La lettre Pé 2607 - 003

Le Pé : la lettre de la bouche et de la parole






Dans l'alphabet hébraïque, le Pé occupe une place de choix : dix-septième lettre, il porte la valeur numérique 80 et désigne littéralement « la bouche ». 



Il succède à la lettre Ayin, qui signifie « l'œil »,  une succession qui n'a rien d'anodin. Ce passage de l'œil à la bouche marque, selon Josy Eisenberg et Adin Steinsaltz, le passage d'un registre à un autre : celui de la perception à celui de la communication. 



Dans la cabbale, l'Ayin correspond à une séfira supérieure, tandis que le Pé en représente l'expression inférieure,  le processus va du voir au dire, l'œil enregistrant ce que la bouche exprimera ensuite. Le Pé existe sous deux formes graphiques : la forme ordinaire et la forme finale (Pé final), la première symbolisant la parole, la seconde le silence qui vient toujours clore tout discours.



La parole comme puissance créatrice




Le point de départ de la réflexion est théologique : le monde a été créé par la parole divine. 



Chacun des jours de la Genèse est initié par la formule « Dieu dit… », et la chose advient aussitôt. Cette parole créatrice trouve un écho quotidien dans la liturgie juive, à travers une bénédiction qui associe intimement le fait de « dire » et celui de « faire ». 



Chez l'homme, en revanche, penser, parler et agir sont trois étapes distinctes et successives, alors qu'elles seraient simultanées chez Dieu. La pensée juive distingue ainsi deux stades fondamentaux : la pensée (maha'chava) et la parole (dibour). 



Tant qu'une pensée n'est pas verbalisée, elle demeure abstraite ; c'est la bouche qui lui donne une existence concrète et communicable — ce qui explique, par exemple, l'obligation rituelle de prononcer une bénédiction avant d'accomplir un acte comme manger ou boire.



Dans le langage kabbalistique, cette dynamique est illustrée par une image saisissante : la pensée est comparée au père, et la parole à la fille , l'intelligence (h'ohma) engendrant la royauté (malh'out), cette dernière étant aussi assimilée à la bouche. Contrairement à la tradition chrétienne centrée sur la relation père-fils, la cabbale privilégie donc une filiation père-fille pour décrire l'émergence du langage à partir de la pensée.



L'ambivalence fondamentale de la bouche



Le cœur du texte tourne autour d'une tension : la bouche est à la fois le lieu de la vie et celui de la mort. Le Talmud l'affirme sans détour, la langue a le pouvoir de tuer, y compris à distance, et peut nuire à trois personnes simultanément : celui qui parle, celui qui écoute, et celui dont on parle. 



Cette médisance (lachone hara, « la mauvaise langue ») trouve son origine mythique dans l'épisode du serpent au Jardin d'Éden, qui calomnie Dieu auprès d’Ève :  un mensonge fondateur dont les conséquences continuent de peser sur l'humanité. 



À l'inverse, la tradition biblique célèbre aussi « la bouche du Juste », capable d'énoncer la sagesse. Cette dualité affecte, selon Steinsaltz, tous les aspects de la vie humaine : contrairement à l'œil, dont on ne distingue pas moralement le droit du gauche, la bouche connaît d'emblée une différenciation entre bon et mauvais usage.



Cette centralité du langage définit, pour les deux interlocuteurs, la spécificité humaine elle-même. Alors qu'Aristote définissait l'homme par la pensée, la tradition juive le définit davantage par la parole : aucun animal ne peut nommer les choses ou construire des symboles. 



Le récit de la Genèse, où l'homme devient « esprit vivant » après avoir reçu le souffle divin, est d'ailleurs traduit par le Targoum araméen comme « esprit parlant ». 



C'est la parole, plus que l'intelligence, qui ferait de l'homme un homme, au risque, précise Steinsaltz, de le transformer en son contraire s'il ment, dissociant ce qu'il dit de ce qu'il pense réellement. L'expression talmudique « un dans la bouche, un autre dans le cœur » désigne précisément cette hypocrisie, jugée comme le fondement de tout mal dans le monde.



La pureté enfantine et l’étude



Le texte accorde une place importante à l'enfance et à l'apprentissage du langage. Dans la tradition, la bouche des enfants incarne la pureté originelle : on initiait autrefois les tout-petits à l'alphabet hébraïque en leur faisant lécher des lettres enduites de miel, et le premier texte biblique qu'on leur enseignait était le Lévitique, associé aux lois de pureté. Une formule talmudique célèbre affirme que le monde ne subsiste que grâce au souffle des enfants qui étudient la Torah, un souffle si précieux qu'il ne doit être interrompu sous aucun prétexte, pas même par l'arrivée hypothétique du Messie.



L'éloge du silence




En contrepoint de cet éloge de la parole, le dialogue développe une véritable philosophie du silence. Le judaïsme ne valorise pas seulement le dire, mais aussi le taire : le Talmud enseigne que c'est le silence qui préserve la sagesse. 




L'épisode du prophète Élie sur le mont Sinaï illustre cette idée, Dieu ne se manifeste ni dans le vent, ni dans le tonnerre, ni dans le feu, mais dans « la voix du silence ». Le rite de deuil juif s'inscrit dans cette même logique : pendant les sept jours suivant un décès, les visiteurs doivent observer le silence et attendre que l'endeuillé parle le premier, une pratique dont l'origine biblique se trouve dans le livre de Job.




Steinsaltz évoque même un ancêtre familial surnommé « le rabbin qui se tait », dont la seule sagesse consistait à partager de longues heures de silence avec ses visiteurs. Le chabbat lui-même est qualifié de « jour de silence » par contraste avec les six jours ouvrables, jours de la parole et de l'action.

Les deux prononciations du Pé et la figure du médecin





Sur le plan strictement linguistique, le Pé peut se prononcer de deux façons : « p » (dur, marqué par un point diacritique) ou « f » (doux, sans point),  comme dans les noms Pharaon (Paro) ou Joseph (Yossef). 




Cette dualité phonétique trouve un prolongement inattendu dans le vocabulaire de la guérison. Un commentateur  observe que la Torah emploie le Pé dur lorsqu'elle évoque la guérison humaine (« le médecin guérira »), mais le Pé doux lorsqu'elle évoque la guérison divine (« Je suis l'Éternel qui te guérit »),  suggérant que Dieu guérit avec douceur, alors que la médecine humaine implique souvent la douleur. 



Le texte développe enfin une réflexion sur l'éthique médicale à partir d'une sentence talmudique déroutante affirmant que le meilleur des médecins serait promis à l’enfe,  sentence que Steinsaltz réinterprète non comme une condamnation, mais comme un constat : le médecin trop empathique risque de vivre son métier comme un enfer quotidien, tiraillé entre la vérité qu'il doit dire au malade et la compassion qu'il ressent pour lui.



En somme



Le Pé apparaît, au terme de ce parcours, comme la lettre de tous les paradoxes humains : instrument suprême de la Création à l'image de la parole divine, mais aussi principal vecteur de la faute, de la médisance et du mensonge. 



Sa forme graphique même  :  une bouche qui s'ouvre et se referme — condense cette double capacité à révéler et à dissimuler, à donner la vie par la parole ou à la détruire par la calomnie. 



D'où la formule finale d'Eisenberg, jouant sur l'homophonie entre « bouche » (pé) et « paix » (paix, pé) : savoir garder « la bonne bouche », c'est la condition d'une vie vécue en paix.


les armes de destruction massives ont bien existé en Irak ... 2607- 002

Tsur Chalom, première guerre du Golfe. J’y étais dans ma famille . Le ciel se déchire sous la trajectoire d’un Scud irakien, et c’est une usine de la ville, usine chimique, unique en son genre, qui manque de disparaître sous les gravats, emportant avec elle des immeubles civils et des blessés dont personne, aujourd’hui, ne se souvient plus le nombre exact. Merci, Saddam Hussein.







On se souvient pourtant d’une image : Isaac Stern, masque à gaz vissé sur le visage, faisant chanter son violon devant un public lui aussi masqué, terré sous la menace d’une arme chimique que le monde entier jurait alors réelle. 


Armes de destruction massive, disait-on. On nous mentait, disait-on aussi, plus tard, quand l’Histoire eut fini de trancher.


Mais entre les deux mensonges, il y avait des sirènes, des caves, et un peuple qui continuait d’écouter du Bach sous le gaz.



Ces mêmes Irakiens que Dominique de Villepin défendra plus tard avec tant de fougue diplomatique, à la tribune de l’ONU, dans les habits impeccables du grand commis de l’État, ces mêmes Irakiens rêvaient depuis des décennies d’annihiler Israël. 


Et son mentor, Jacques Chirac, le savait mieux que quiconque : c’est lui qui, ministre puis chef de gouvernement, avait offert à Saddam Hussein la centrale d’Osirak, clé en main, ouvrant toute grande la porte vers la bombe atomique irakienne. 


La France, généreuse, armait le bourreau annoncé.



Il aura fallu un raid aérien israélien, héroïque et solitaire, en juin 1981, pour que cette centrale ne devienne jamais l’instrument d’un second génocide. 



Vingt-deux ans plus tard, on retrouvera le fils spirituel de Chirac plaidant encore la cause de ceux qui avaient voulu la bombe. 



La mémoire a de ces bégaiements diplomatiques dont la France ne s’est jamais vraiment excusée.



N’écoutez plus ces menteurs qui annoncent à corps et à cri sur tous les médias qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massives dans les mains de Saddam Hussein.



Un jour, l’histoire jugera et condamnera ces menteurs patentés … Ce sont les mêmes qui aujourd’hui condamnent Israël et parlent de génocide