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jeudi 3 septembre 2026

Nili : éliminer les assassins du 7 Octobre JBCH 2609 - 140

Israël & mémoi




De Golda à NILI :  cinquante ans d'une même obligation




D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS,                             UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et JBCH Echanges




  • L'opération « Colère de Dieu » (1972) : C'est l'opération que la Première ministre Golda Meir a réellement ordonnée. À la suite du massacre d'athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972 par le groupe terroriste palestinien Septembre noir, elle a autorisé le Mossad à traquer et éliminer les responsables de cet attentat à travers le monde.
Note : Plus récemment, lors de la guerre de 2023-2024, le Shin Bet (service de sécurité intérieure israélien) a créé une unité spéciale baptisée Nili (acronyme de "Netzah Yisrael Lo Yeshaker"), chargée de traquer les membres du Hamas responsables des attaques du 7 octobre.

Munich avait donné un serment. Le 7-Octobre lui a donné un fichier Excel. Entre les deux, la même phrase, prononcée à cinquante ans d'écart : nous les chasserons jusqu'au derni


JBCH Réflexions — Jacques-Bernard  Septembre 2026 

Le 12 septembre 1972, six jours après l'assassinat des onze athlètes israéliens aux Jeux de Munich, Golda Meir monte à la tribune de la Knesset. 

Elle n'y prononce pas un discours de deuil, elle y prononce une doctrine : « Nous n'avons pas d'autre choix que de frapper les organisations terroristes partout où nous pouvons les atteindre. C'est notre obligation envers nous-mêmes et envers la paix. » 

Aux familles des victimes, elle promet, dans des termes plus crus encore, que pas un seul des responsables « ne marchera plus longtemps sur cette terre ».


Israël, à l'époque, n'a que peu de moyens face à l'ampleur de sa promesse. Retrouver un homme, en 1972, exige des années de filatures, d'informateurs, de photographies volées. L'opération « Colère de Dieu », que Meir autorise et suit personnellement — chaque élimination devant en principe recevoir son aval ou celui d'un comité restreint — traque quelques dizaines de noms sur plus d'une décennie. Zvi Zamir, alors patron du Mossad, réfutera plus tard l'idée d'un ordre de pure vengeance : il parlera d'une campagne visant à démanteler une infrastructure terroriste et à prévenir de nouveaux attentats. La nuance, déjà, comptait.

Deux traques, une même formule

1972 — Golda Meir, à la Knesset : « Nous n'avons pas d'autre choix que de frapper les organisations terroristes partout où nous pouvons les atteindre. »

2026 — un membre de l'unité NILI, cité par la presse : « Car pour NILI, le 8 octobre n'est jamais arrivé. »

Cinquante-quatre ans plus tard, la même obligation morale s'énonce à une tout autre échelle. Depuis le 7 octobre 2023, l'unité NILI, formée conjointement par le Shin Bet et Tsahal, ne traque plus quelques dizaines d'hommes mais plusieurs milliers. Le support a changé de nature : ce n'est plus le carnet de l'agent de terrain, c'est un tableur, où sont consignés noms, visages, itinéraires. Les responsables du massacre ont eux-mêmes fourni une part de la matière qui permet de les identifier — ils s'étaient filmés, photographiés, publiés — et la reconnaissance faciale, appuyée par l'intelligence artificielle, fait le reste. Munich se retrouve, cinquante ans après, rattrapé par l'ère de la trace numérique.




« Nous les chasserons jusqu'au dernier. »

Le chiffre donne le vertige : selon les recoupements de presse, environ 5 000 individus liés à l'attaque ou à la détention d'otages auraient été identifiés, plus de 2 700 tués, environ 300 capturés. 

Ce sont des chiffres israéliens, invérifiables un par un de façon indépendante, mais leur ordre de grandeur suffit à mesurer le changement d'échelle depuis Munich. Golda Meir promettait de frapper des organisations. 

NILI, elle, nomme des hommes — un par un, un dossier après l'autre — dans un souci d'individualisation qui n'est pas sans écho avec la manière dont Israël a toujours refusé de compter ses propres morts comme une masse anonyme.




C'est ici que la comparaison avec Munich, aussi tentante soit-elle, doit s'arrêter. Golda Meir elle-même hésitait moralement sur le principe d'assassinats ciblés hors du territoire israélien ; elle ne s'y était résolue, disait-elle, qu'après l'échec des Européens à protéger les athlètes et la libération précoce des terroristes survivants par l'Allemagne. Cette hésitation morale existe toujours aujourd'hui, mais elle s'est déplacée : elle n'est plus dans le principe de la traque, largement consensuel après le 7-Octobre, mais dans sa limite juridique. 



Deux spécialistes du droit des conflits armés, Michael Schmitt et Ryan Goodman, l'ont récemment rappelé sans détour : avoir participé aux crimes du 7-Octobre ne place pas un homme éternellement hors de toute protection du droit. Ce qui rend une frappe licite, c'est le statut et l'activité de la cible au moment où la force est employée — non son passé, aussi abject soit-il.

C'est très exactement la nuance qu'introduit Tsahal lorsqu'elle annonce, le 30 juillet 2026, la mort de Muhammad Bassam Mushtaha, impliqué dans la détention de plusieurs otages : l'armée ne se contente pas de rappeler son rôle le 7-Octobre, elle précise qu'il préparait de nouvelles attaques. Cette précision n'est pas un détail de communication. 

Elle est la ligne, ténue mais réelle, qui sépare une politique de sécurité d'une vengeance différée  la même ligne que Golda Meir, à sa manière et avec les moyens de son siècle, cherchait déjà à ne pas franchir.




Ce qui frappe, au fond, dans cette continuité de cinquante ans, ce n'est pas la technologie  elle a tout changé, du carnet d'agent au fichier biométrique. C'est la constance d'un principe qu'aucune génération israélienne, confrontée au meurtre de masse de ses civils, n'a jamais renié : nommer chaque bourreau, refuser qu'il se dissolve dans l'anonymat commode des « terroristes », et le poursuivre aussi longtemps qu'il le faudra.

Golda Meir l'a formulé à la tribune de la Knesset. NILI le pratique aujourd'hui dans un tableur. Le vocabulaire a changé. L'obligation, elle, n'a pas bougé d'un pouce.



Nili sont les initiales de « Netzakh Israël Lo Yeshaker » (נצח ישראל לא ישקר) (« L'éternité d'Israël ne sera pas démentie »), verset tiré du premier Livre de Samuel (1S I,15-29).


Sources : discours de Golda Meir à la Knesset (12 septembre 1972) et témoignages rapportés sur l'opération « Colère de Dieu » ; reportages sur l'unité NILI, Channel 12 et Times of Israel (2026) ; analyse juridique de Michael Schmitt et Ryan Goodman sur le droit applicable aux frappes ciblées.             Septembre 2026

Dix milliards de KM ! JBCH N° 2609 - 139


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N° 139

Mission BepiColombo • Grand format

Après 10 milliards de kilomètres, BepiColombo amorce une arrivée à haut risque vers Mercure

Envoyée en 2018 vers la planète la plus proche du Soleil, la mission euro-japonaise se sépare ce jeudi 3 septembre à 14h de son module de propulsion. Une manœuvre autonome, à 200 millions de km de la Terre.

Après huit ans de voyage, tout se joue en quelques centimètres par seconde. Lancée en octobre 2018, la sonde BepiColombo a déjà parcouru plus de 10 milliards de kilomètres. Quatre tonnes, neuf survols planétaires, une trajectoire en entonnoir autour du Soleil.

Freiner pendant huit ans pour ne pas se faire happer

La difficulté est contre-intuitive. Mercure est si proche du Soleil qu'on ne peut pas y aller en ligne droite. Si on arrive trop vite, on se fait happer. Il a fallu freiner pendant huit ans en utilisant la gravité de la Terre, de Vénus et de Mercure elle-même.

Une séparation à l'aveugle

À 14h heure de Paris, à 200 millions de km de la Terre, BepiColombo coupe seule les quatre pieds mécaniques qui la retiennent à son module de transfert MTM. Un ressort pousse doucement les deux orbiteurs à quelques centimètres par seconde. À cette distance, toute opération en temps réel est impossible. 32 minutes de délai lumière.



Les deux survivantes : MPO de l'ESA qui frôlera Mercure à 480 km, et Mio de la JAXA qui étudiera son champ magnétique jusqu'à 11 000 km. Séparation finale fin novembre, science en 2027, dans un enfer de -180°C à +450°C.

Les hollows, cicatrice d'une planète qui se sublime

Le mystère des hollows : des dépressions où la surface semble se ronger, des volatiles qui se subliment directement. Mercure est anormalement dense, possède un champ magnétique unique pour une planète rocheuse, et cacherait peut-être de la glace d'eau à ses pôles à l'ombre éternelle.

J.B.C.H.

Chiffres clés

Citation

Ma réflexion

À retenir — Timeline




JBCH Réflexions • Journal indépendant • Espace & Temps longs


Sources : ESA, JAXA, CNES — 3 septembre 2026