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vendredi 21 août 2026

Le Cyber, le maillon faible de la france. JBCH N° 2608 - 117

JBCH RéflexionsCyberdéfense · Page 1/2
Dossier · Sécurité nationale

Cyber : 

La France en état de guerre numérique


Après une série de cyberattaques massives contre les fichiers de l'État, l'urgence d'une riposte structurée s'impose. La création de deux corps d'armée supplémentaires apparaît comme une nécessité stratégique.



D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et dans JBCH Echanges

453 200atteintes numériques 2025–2026 (+87% en 5 ans)
23,5 Mcomptes compromis au 1er trimestre 2026
1 366incidents traités par l'ANSSI en 2025
2erang mondial des pays les plus touchés

Après une série de cyberattaques massives contre les fichiers de l'État — du ministère de l'Intérieur à la DGFiP, en passant par l'ANTS et l'Éducation nationale  , l'urgence d'une riposte structurée s'impose. 

Entre 2025 et 2026, la France a enregistré plus de 453 200 atteintes numériques, soit une hausse de 87% en cinq ans, tandis que les exfiltrations de données ont bondi de 51% en un an. 

Face à cette escalade, la création de deux corps d'armée supplémentaires dédiés au cyberespace et à l'espace extra-atmosphérique apparaît comme une nécessité stratégique.




Une série noire sans précédent

Les chiffres récents dressent un tableau alarmant. En 2025, l'ANSSI a traité 1 366 incidents de cybersécurité, un niveau stable mais élevé, avec 3 586 événements de sécurité signalés. 

Pourtant, derrière cette stabilité apparente se cache une aggravation qualitative : 196 exfiltrations de données ont été recensées en 2025, contre 130 en 2024.

Les attaques récentes contre l'État français illustrent cette détérioration :

  • Ministère de l'Intérieur (novembre 2025) : intrusion dans 150 applications policières, dont le TAJ (19 millions de fiches), le FPR et les fichiers Interpol. Un pirate de 22 ans a été arrêté, mais 72 fiches TAJ et 23 fiches de personnes recherchées ont été exfiltrées.
  • ANTS / France Titres (avril 2026) : 11,7 millions de comptes exposés via une faille IDOR, exploitée par un adolescent de 15 ans.
  • DGFiP / FICOBA (février 2026) : 1,2 million de comptes bancaires compromis.
  • Cegedim Santé (février 2026) : 15 millions de patients concernés par une fuite de données médicales.
  • France Travail / Missions Locales (décembre 2025) : 1,6 million de personnes touchées.

Au total, 23,5 millions de comptes ont été compromis au premier trimestre 2026, plaçant la France au deuxième rang mondial des pays les plus touchés par les violations de données, derrière les États-Unis.




L'Éducation nationale : la forteresse aux pieds d'argile

L'Éducation nationale est devenue, en 2026, la cible privilégiée des cybercriminels en France. Trois cyberattaques majeures en moins de six mois ont exposé les données de millions d'élèves, d'enseignants et de personnels, révélant des failles systémiques dans la protection des systèmes d'information du ministère.

Première vague : mars 2026 — 243 000 agents compromis

Le 15 mars 2026, un accès frauduleux via l'usurpation d'un compte externe a permis l'exfiltration des données de 243 000 agents, principalement des enseignants. Les informations volées incluent noms, prénoms, adresses, numéros de téléphone et périodes d'absence, extraites de la base Compas, un logiciel de gestion des ressources humaines dédié aux stagiaires.

Quelques jours plus tard, le 21 mars, le Secrétariat général de l'enseignement catholique subissait une attaque similaire, exposant les données de 1,5 million de personnes : 800 000 élèves et leurs familles, ainsi que 40 000 enseignants.

Deuxième vague : avril 2026 — ÉduConnect piraté

Le 14 avril 2026, le ministère reconnaissait une intrusion via une faille du service ÉduConnect, exploitée fin 2025. 

Les données compromises comprennent noms, prénoms, identifiants ÉduConnect, établissements, classes, adresses e-mail et codes d'activation.

Selon le site French Breaches, le groupe DumpSec annonçait la mise en vente d'une base touchant plus de 3,5 millions d'élèves, avec 7,2 millions de bulletins scolaires et 400 000 rapports ASSR2. Le ministère n'a jamais confirmé ces chiffres, mais reconnaissait une « exfiltration de données personnelles d'élèves ».

Troisième vague : juillet-août 2026 — ZeroBytes frappe fort

Le 17 août 2026, le groupe ZeroBytes — déjà responsable du piratage de la DGFiP   revendiquait le vol de 43 gigaoctets de données auprès de l'Éducation nationale. Selon leurs affirmations, l'intrusion remonterait au 15 juillet 2026 via un accès VPN compromis.




ZeroBytes — l'ampleur de la fuite

  • 346 millions de lignes de données brutes
  • 1,22 million d'élèves distincts
  • 4,35 millions de matricules de personnels (sur 25 ans, depuis 2001)
  • 602 000 comptes académiques
  • 2 500 fichiers répartis entre les académies de Créteil (24 Go), I-Prof (17,8 Go) et les annuaires de Créteil-Versailles (1,6 Go)

Les données exposées incluent identités, coordonnées postales, numéros de téléphone, et pour une partie des personnes, des numéros de Sécurité sociale.

Quelques jours plus tôt, le 31 juillet, une autre intrusion avait déjà été détectée : un compte professionnel usurpé avait permis l'accès aux données de tous les agents ayant exercé en académie depuis 2001, sans que le ministère ne puisse établir une volumétrie précise.

En juin 2026, une fuite supplémentaire concernait 143 472 comptes de la plateforme apps.education.fr, exposant identifiants, noms, prénoms et e-mails professionnels.

Journal de Jacques-Bernard — cohen-hadria.info
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Suite et fin du dossier

Deux corps d'armée pour tenir la ligne

10 Mds €coût des cyberattaques pour l'économie française en 2025
1–2 Mds €coût annuel estimé des deux corps d'armée
658agents à l'ANSSI (44,2 M€ hors masse salariale, 2025)
5 000experts à former d'ici 2030
Un secteur structurellement vulnérable

L'Éducation nationale cumule les facteurs de risque :

  • Systèmes vieillissants : de nombreuses applications datent des années 2000, avec des protocoles de sécurité obsolètes.
  • Multiplicité des acteurs : 33 académies, des milliers d'établissements, des sous-traitants multiples, chacun avec ses propres failles.
  • Données massives : le ministère gère les informations de 12 millions d'élèves, 1 million d'enseignants et des centaines de milliers de personnels administratifs.
  • Authentification faible : les comptes ÉduConnect, souvent partagés entre parents et élèves, sont des portes d'entrée faciles pour les attaques par hameçonnage.

En 2025, l'Éducation nationale était le secteur le plus représenté parmi les incidents traités par l'ANSSI : plus d'un tiers des 1 366 cas, majoritairement des compromissions de comptes de messagerie, mais aussi des fuites de données (6%).

Conséquences : une bombe à retardement

Les données volées sont déjà en circulation sur le dark web. Bulletins scolaires, rapports d'évaluation, identifiants de connexion, numéros de Sécurité sociale : autant d'informations qui permettront du harcèlement ciblé, de l'usurpation d'identité, voire du chantage.

Pour les élèves, l'impact psychologique peut être dévastateur. Pour les enseignants, l'exposition de leurs coordonnées personnelles ouvre la porte à des menaces directes. 

Pour l'État, c'est une perte de confiance majeure : comment garantir la sécurité des données quand le ministère chargé de l'avenir de la nation ne parvient pas à protéger ses propres systèmes ?




L'Éducation nationale est en guerre cybernétique. Et pour l'instant, elle perd.
Une doctrine de guerre à réinventer

La guerre cybernétique ne ressemble à aucune autre. Elle est invisible, asymétrique et permanente. Les adversaires — États-nations, groupes criminels organisés, hacktivistes — opèrent sans déclaration de guerre, avec des moyens démultipliés par l'IA et l'automatisation. 

En 2026, l'ANSSI traite désormais plus de 2 500 signalements mensuels d'attaques significatives, soit une augmentation de 67% par rapport à 2024.

Pourtant, les moyens restent insuffisants. L'ANSSI dispose de 658 agents et d'un budget de 44,2 millions d'euros (hors masse salariale) pour 2025, même si le budget global de la cybersécurité française atteint 431 millions d'euros en 2026. 

Face à des adversaires comme la Russie, la Chine ou l'Iran, qui déploient des capacités cyber offensives de niveau militaire, la France accuse un retard structurel.

Deux corps d'armée : une nécessité stratégique

La création de deux corps d'armée supplémentaires — l'un dédié au cyberespace, l'autre à l'espace extra-atmosphérique — s'inscrit dans une logique de souveraineté et de dissuasion. Ces structures devraient :

Missions des deux corps d'armée

  • Centraliser les capacités offensives et défensives : regrouper les compétences du Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER), de l'ANSSI, de la DGSE et des armées.
  • Développer une doctrine d'engagement : définir les règles d'usage de la force cyber, les seuils de riposte et les capacités de contre-attaque.
  • Former et recruter massivement : créer des filières spécialisées, attirer les talents du privé et former 5 000 nouveaux experts d'ici 2030.
  • Investir dans les technologies de rupture : IA défensive, quantique, satellites de surveillance cyber, boucliers numériques.

Le coût estimé ? Entre 1 et 2 milliards d'euros par an, soit moins de 5% du budget de la défense nationale. 

Un investissement dérisoire au regard des pertes économiques : rien qu'en 2025, les cyberattaques ont coûté plus de 10 milliards d'euros à l'économie française.




Une refonte urgente s'impose

Face à cette hécatombe, les mesures cosmétiques ne suffisent plus. Il faut :

  • Un audit complet de tous les systèmes d'information du ministère de l'Éducation nationale et des autres administrations critiques.
  • Une migration vers des solutions cloud souveraines certifiées par l'ANSSI.
  • Une authentification forte généralisée (biométrie, clés de sécurité).
  • Un plan de formation massif à la cybersécurité pour tous les personnels.
  • Un budget dédié : au moins 500 millions d'euros sur cinq ans pour l'Éducation nationale, soit 1% de son budget.

L'Éducation nationale est en guerre cybernétique. Et pour l'instant, elle perd.

L'heure est grave : la France doit se réveiller

La guerre cybernétique est déjà là. Elle est impitoyable, silencieuse et dévastatrice. Les récentes attaques contre les fichiers de l'État ne sont que les prémices d'un conflit de plus haute intensité. 

Créer deux corps d'armée supplémentaires n'est pas une option, c'est une nécessité vitale.

« La meilleure victoire est de vaincre sans combattre. » — Sun Tzu

Comme le disait Sun Tzu : « La meilleure victoire est de vaincre sans combattre. » Mais pour cela, encore faut-il être en mesure de dissuader. Et aujourd'hui, la France n'en a pas les moyens. Il est temps de se réveiller.




Journal de Jacques-Bernard —  21 Août 2026                           JBCH.info

Paracha Ki-Tetse. JBCH N° 2608 - 116


          JBCH Réflexions 

                                 JBCH N° 2608 - 116  
Pour Chabbat · 22-23 Août 2026

Paracha Ki Tetsé : 

la Torah qui descend dans la rue


Pour Chabbat prochain — Parachat Ki Tetsé, 22-23 Août 2026 / 28 Av – 29 Av 5786, fin du mois de Elloul.

D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et dans JBCH Echanges


74Mitsvot sur 613 — record de la Torah
30jours de Elloul pour la Téchouva
+34%incidents antisémites en une semaine, février 2026

C'est la paracha la plus riche en Mitsvot de toute la Torah : 74 commandements sur 613, et elle s'ouvre sur une phrase qui va tout éclairer pour aujourd'hui.




1. Son histoire — De quoi on parle ?

Ki Tétsé LaMil'hama Al Oyvékha - "Quand tu sortiras en guerre contre tes ennemis" - Devarim 21:10

Moïse, avant de mourir, donne les lois de la vie civile une fois entré en Eretz Israël. C'est un inventaire qui semble décousu :

  • La femme captive belle - Echet Yefat Toar - et comment ne pas succomber à la violence de la guerre
  • Les droits du fils aîné même si sa mère est moins aimée
  • Le fils rebelle, le respect du corps même d'un condamné à mort
  • L'obligation de ramener l'objet perdu, d'aider à relever l'âne de ton ennemi
  • Les lois de pureté du camp militaire, l'interdiction de livrer un esclave en fuite, de payer l'ouvrier à l'heure, de laisser l'animal qui bat le grain manger
  • Les lois du divorce, d'où dérivent toutes les lois du mariage, la protection du débiteur, l'interdiction de l'intérêt
  • La mitsva d'effacer Amalek pour conclure.

C'est la Torah qui descend dans la rue, dans la caserne, dans le champ.





2. Sa philosophie — Le fil rouge

Nos sages demandent : pourquoi tant de lois différentes dans une seule paracha?

Le Rav Wertenschlag explique le début : comment vaincre le plus grand ennemi? L'ennemi extérieur n'est que le reflet de l'ennemi intérieur. 

La Torah dit "Al Oyvékha" au singulier après "Oyvékha" au pluriel : tu pars contre plusieurs ennemis, mais en vérité tu n'en as qu'un - le Yétser Hara.




Tu pars contre plusieurs ennemis, mais en vérité tu n'en as qu'un — le Yétser Hara.

C'est pour ça que juste après la guerre vient la Yefat Toar. La Torah ne t'interdit pas de la désirer, elle sait que dans la guerre l'homme est brutalisé. 

Elle t'oblige à la ramener chez toi, à lui laisser pleurer sa famille un mois, à lui couper les ongles et les cheveux. C'est une thérapie contre la pulsion. Tu veux la posséder? Apprends à voir sa douleur.

Toute la paracha est une école de dignité humaine :

  • Ne pas humilier : ne pas rendre l'esclave fugitif à son maître
  • Ne pas exploiter : payer le jour même
  • Ne pas mentir : l'homme qui accuse faussement sa femme d'infidélité
  • Ne pas haïr en silence : ce qui mène à la diffamation

Le message de Elloul

Téchouva ce n'est pas devenir un ange, c'est ré-humaniser tes réflexes.

3. Le point Kabbalistique — Le secret de Elloul

Ki Tetsé tombe toujours en Elloul. Le Zohar et le Ari Zal disent :

Yefat Toar = l'âme juive elle-même en exil. Le mot "Toar" - beauté - c'est la Nechama prisonnière parmi les nations, vêtue de "vêtements de captivité". Le guerrier - Gad, dont le mois de Elloul est le Mazal - est le "Guerrier spirituel" qui doit la reconnaître et la libérer.

Quand tu sors en guerre contre ton Yétser, Hachem dit "Oyvékha" au singulier, car Il te promet : "Je te l'ai déjà livré entre tes mains". 

En Elloul, "Ani LeDodi VeDodi Li" - la porte est ouverte. La belle captive qui enlève ses habits souillés, se coupe les ongles (les Klipot, les écorces), c'est le travail de 30 jours pour retrouver "Qui êtes-vous vraiment?"

Le Ari : les 74 Mitsvot correspondent aux 74 lettres du verset du Chéma agrandi. C'est la réparation complète des 7 attributs émotionnels. Et elle finit par Amalek, car tant que l'on n'efface pas le doute et la cruauté gratuite en soi, on ne peut pas couronner le Roi à Roch Hachana.




4. Le lien brûlant avec aujourd'hui : Antisémitisme et Israël

C'est là que la paracha nous parle au présent.

A. L'antisémitisme mondial libéré

Nous sommes dans une vague sans précédent depuis la Shoah. Le Crif le dit : "Un antisémitisme qui a été libéré par le 7-Octobre et qui ne se rétracte pas".

Les chiffres de 2026 sont effrayants :

Après l'opération conjointe américano-israélienne contre l'Iran fin février 2026, le CAM a compté +34% d'incidents antisémites dans le monde en une semaine, sur 154 incidents, dont la moitié liés au nouvel antisémitisme anti-Israël.

En France, près de 2.500 actes anti-religieux en 2025, plus de la moitié antisémites. En 2026, la CNCDH parle d'un bilan très décevant de l'Etat face à l'explosion.

Des synagogues attaquées, des écoles menacées, des campagnes d'intimidation organisée au Canada et ailleurs.




Aujourd'hui Israël est accusé comme cette femme — jugé non sur ses actes mais haï puis calomnié.

La paracha qui interdit de diffamer sa propre femme est exactement l'antidote : aujourd'hui Israël est accusé comme cette femme - jugé non sur ses actes mais haï puis calomnié.






B. La situation politique et militaire d'Israël en août 2026

Israël vit un paradoxe : puissance militaire absolue et impasse stratégique.

Militairement :

À Gaza, Israël contrôle de fait 64% du territoire et parle d'étendre à 70%, tandis que le Hamas refuse toujours de déposer les armes et conditionne son désarmement au retrait total. Le plan de force internationale est au point mort.

Au Nord, frappes au Liban-Sud et Syrie quasi-quotidiennes pour empêcher la reconstruction militaire syrienne et contre le Hezbollah.

L'armée prépare une hausse massive du budget : bombardements massifs, usage intensif d'antimissiles, rappel des réservistes.

Politiquement :

Contexte politique — août 2026

Le protocole signé le 14 juin 2026 entre les USA et l'Iran a isolé diplomatiquement Israël, décrit comme "affaibli politiquement et contraint militairement".

En Judée Samarie crise profonde : 700.000 juifs dans 146 colonies, des villages comme Qusra assiégés depuis des semaines, l'armée humiliée par les "jeunes des collines", et Washington qui presse Netanyahou de les condamner .

En interne, primaire du Likoud très dure, Netanyahou accusé d'être responsable du 7 octobre et de n'avoir obtenu aucune avancée politique après les victoires militaires.

C'est exactement Ki Tétsé : "Quand tu sortiras en guerre..." La Torah nous avait prévenus : une armée sans pureté morale du camp finit par se battre contre elle-même. 

La victoire militaire sans projet moral et sans justice pour l'ouvrier, l'étranger, le débiteur, ne tient pas.

Notre travail en Elloul : sortir en guerre contre l'ennemi extérieur Amalek qui veut nous effacer, mais aussi contre l'ennemi intérieur qui nous fait perdre notre boussole. C'est ça, effacer Amalek.

Chabbat Chalom.




Journal de Jacques-Bernard — 21 Août 2026.        JBCH info 116

La Judée Samarie ... Les Occidentaux nous mentent ... JBCH N° 2608 - 115

          JBCH Réflexions








 




JBCH N° 2608 - 115
Dossier · Statut juridique de la Judée-Samarie

Judée-Samarie : 

Le Retour de l'Histoire, la vraie !



En 1967, Israël n’a pas dépossédé un souverain reconnu : il a repris un territoire sans titre légal clair, issu d’une agression jordanienne elle-même illégale.

D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et dans JBCH Echanges

En 1967, Israël n’a pas déposséder un souverain reconnu : il a repris un territoire sans titre légal clair, issu d’une agression jordanienne elle-même illégale.

Sur cette base, Yehuda Blum (1968) puis Stephen Schwebel (futur président de la CIJ) ont soutenu qu’Israël a un titre au moins aussi solide que quiconque sur ce territoire,  voire supérieur, comme puissance ayant agi en légitime défense en 1967 face à une agression, en vertu de l’article 51 de la Charte de l’ONU.


Judée-Samarie : pourquoi le terme « occupation » est un abus de langage juridique

Le vocabulaire de l’« occupation » appliqué à la Judée-Samarie repose sur une confusion entretenue depuis un demi-siècle, que le simple rappel des faits suffit à dissiper.

L’article 2 de la IVe Convention de Genève de 1949 protège les territoires d’une Haute Partie contractante contre l’occupation par une puissance étrangère. 

Cette disposition suppose donc, par construction, l’existence d’un souverain légitime dépossédé. Or, à la veille de la guerre des Six Jours, en juin 1967, aucun souverain de ce type n’existait en Judée-Samarie.

La thèse du souverain manquant

Israël n’a donc pas, en 1967, dépossédé un État souverain de son territoire : il a repris le contrôle d’une zone sans titre légal internationalement reconnu, à l’issue d’une guerre défensive déclenchée par ses voisins.

C’est la thèse dite du « souverain manquant » (missing reversioner), formulée dès 1968 par le juriste Yehuda Blum et reprise par Stephen Schwebel, qui présidera plus tard la Cour internationale de justice elle-même.

Dans ces conditions, parler d’« occupation » relève moins du droit que de la répétition d’un cadre rhétorique imposé par la diplomatie internationale, un cadre que même certains de ses propres artisans juridiques, comme Schwebel, ont jugé inapplicable au cas israélien.

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fin de la page 1
JBCH RéflexionsDroit international · Page 2/3
Suite du dossier

Qui était le souverain dépossédé ?


Question pertinente, et c’est précisément le cœur de l’argument du « souverain manquant » : occupation suppose un occupé, c’est-à-dire un titulaire légitime de la souveraineté dont on prendrait le contrôle. 

Alors, qui aurait été ce souverain dépossédé en juin 1967 ?

Pas l’Empire ottoman : disparu en 1918, sans successeur souverain désigné sur ce territoire précis.

Donc : personne. Il n’y a, à la date charnière de 1967, aucune entité qui détenait un titre de souveraineté internationalement reconnu sur la Judée-Samarie et qu’Israël aurait « occupée » en lui retirant ce titre. 

C’est exactement ce que soutenait Yehuda Blum en 1968 : on ne peut appliquer un régime juridique conçu pour protéger un souverain dépossédé quand il n’y a pas de souverain à déposséder.




Occupation suppose un occupé. Alors, qui aurait été ce souverain dépossédé en juin 1967 ?

C’est ici qu’intervient la thèse la plus forte des juristes qui s’appuient sur San Remo, notamment Howard Grief et Eugene Kontorovich :

l’article 80 de la Charte des Nations Unies (1945) stipule que rien dans la Charte ne doit être interprété comme altérant les droits d’un État ou d’un peuple, ou les termes d’instruments internationaux existants ce qui inclurait les droits reconnus aux Juifs par le mandat de 1922.


Article 80 de la Charte de l’ONU

Sous cette lecture, les droits établis à San Remo n’ont jamais été juridiquement abrogés ; ils ont simplement été suspendus dans leur exercice territorial par les guerres de 1948 et par l’occupation jordanienne — pour redevenir pleinement opérants en 1967.

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Suite et fin du dossier

De San Remo à aujourd’hui : un droit jamais aboli


Le vocabulaire de l’« occupation » appliqué à la Judée-Samarie repose sur une omission majeure : celle d’un titre juridique international, antérieur, précis et jamais abrogé, qui reconnaissait déjà en 1920 le droit du peuple juif à s’établir sur l’ensemble de ce territoire.




San Remo :  

Réunie du 19 au 26 avril 1920, la conférence de San Remo attribue la Palestine à la Grande-Bretagne sous forme de mandat de la Société des Nations, reprenant officiellement la déclaration Balfour de 1917 qui engageait Londres à établir un foyer national juif en Palestine.

Il ne s’agit pas d’une simple prise de position diplomatique : le 24 juillet 1922, en vertu de l’article 22 du pacte de la SDN, le mandat britannique est officiellement attribué, et pour la première fois la communauté internationale confirme la Déclaration Balfour en reconnaissant les liens historiques du peuple juif avec la Palestine comme fondement de la reconstitution de son foyer national

Le texte du mandat confirmé par le Conseil de la Société des Nations le 24 juillet 1922 entre en application en septembre 1923.

Un titre juridique international, antérieur, précis et jamais abrogé.
La zone E1 appartient de jure à Israël


La IVe Convention de Genève (qui interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile sur un territoire occupé) ne s’appliquerait pas, car la Judée-Samarie n’a jamais été un territoire souverain reconnu, elle était sous mandat britannique, puis occupée illégalement par la Jordanie de 1948 à 1967, sans que cette annexion soit reconnue (sauf par le Royaume-Uni et le Pakistan). 




Selon cette lecture, il n’y a donc pas de « souverain légitime » dépossédé, ce qui rendrait Genève IV inapplicable au sens strict. C’est l’argument avancé notamment par des juristes comme Eugene Kontorovich ou Emmanuel Navon. 

Cette lecture soutient qu’il n’y a pas de territoire occupé au sens juridique, la Jordanie ayant renoncé à toute souveraineté sur la Cisjordanie en juillet 1988. Sur le plan des accords signés, Oslo II a placé la zone E1 en zone C, où Israël conserve les pouvoirs de planification, et rien dans ces accords n’interdit explicitement les implantations israéliennes dans cette zone.


Parler de Colonies  c'est un mensonge ... !!!
Journal de Jacques-Bernard —     2608 - 115.   JBCH info

Gastronomie en Israël JBCH 2608 - 114

JBCH Réflexions N° 2608 - 114Gastronomie · Israël
Dossier · Table du monde

Israël : 

Le nouveau centre de la gastronomie mondiale


De La Liste au World's 50 Best, Tel-Aviv et Jerusalem s'imposent désormais comme l'un des laboratoires culinaires les plus créatifs de la planète — une cuisine qui raconte, plat après plat, l'histoire d'un peuple rassemblé de la diaspora entière

'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et dans JBCH Echanges


88,5points OCD TLV — La Liste 2026
16–19plats au menu dégustation d'OCD
1989ouverture d'Uri Buri à Acre
78 ansd'histoire pour le houmous Abu Hassan

Il y a une phrase qu'on entend désormais dans tous les guides gastronomiques internationaux, de La Liste au World's 50 Best : Israël, et Tel-Aviv en particulier, est devenu l'un des laboratoires culinaires les plus créatifs de la planète. 

Ce n'est ni un hasard ni un simple effet de mode touristique. C'est le résultat direct de ce qu'est le pays lui-même : une nation d'immigration, bâtie en un siècle par des vagues successives venues du Maroc, d'Irak, de Pologne, du Yémen, d'Éthiopie, de Russie et de France, chacune apportant avec elle une mémoire de cuisine familiale qu'aucune autre nation au monde ne pouvait réunir sur un territoire aussi petit.




Pourquoi Israël, et pourquoi maintenant

Trois facteurs expliquent cette explosion créative.

La diversité des origines d'abord. Un même repas israélien peut faire dialoguer le za'atar palestinien, le chraïmé tunisien, le kubbeh irakien et le knafé druze — non pas par appropriation, mais parce que ce sont, très concrètement, les cuisines des grands-mères de la génération de chefs aujourd'hui aux fourneaux. Cette génération, formée dans les meilleures écoles européennes puis revenue au pays, a fait ce que peu de traditions culinaires nationales peuvent faire : partir d'un patrimoine déjà métissé plutôt que d'en inventer un.

La qualité et la fraîcheur des produits ensuite. Un petit pays au climat méditerranéen, doté d'une agriculture d'excellence (l'irrigation au goutte-à-goutte a été inventée à Kibboutz Hatzerim), offre aux chefs des légumes, des herbes et des poissons méditerranéens d'une fraîcheur que peu de capitales européennes peuvent offrir à si petite distance de la table.

Partir d'un patrimoine déjà métissé, plutôt que d'en inventer un.

La liberté créative enfin. Sans plus de trois générations de gastronomie « classique » à défendre, les chefs israéliens n'ont pas le poids d'une tradition figée à respecter — contrairement à un chef français ou italien. Cette absence de dogme a permis à des restaurants comme OCD TLV ou Machneyuda d'inventer une grammaire culinaire entièrement nouvelle en une quinzaine d'années à peine.




La haute gastronomie : OCD TLV

Impossible de commencer autrement que par le restaurant qui a, plus qu'aucun autre, changé la perception internationale de la cuisine israélienne. OCD TLV, dirigé par le chef Raz Rahav — qui avait à peine 24 ans à l'ouverture en 2016 —, propose un menu dégustation de 16 à 19 plats, servi autour d'une cuisine ouverte à une vingtaine de convives seulement. Le classement mondial La Liste 2026 le place en tête des établissements israéliens, avec un score de 88,5 points.

Le principe : un menu unique qui change au fil des saisons, construit autour de la mémoire, de l'histoire personnelle du chef et du refus du gaspillage — jusqu'aux épluchures d'asperges transformées en dessert. Parmi les compositions marquantes servies récemment : caviar d'esturgeon israélien accompagné de blinis au chou-fleur, quenelles ashkénazes au sarrasin soufflé, ou encore un plat hommage à la soupe au poulet de la mère du chef, disparue il y a quelques années.

OCD TLV

Adresse : 17, rue Tirtsa, Tel-Aviv

Style : gastronomie israélienne contemporaine, menu unique dégustation

Budget : environ 730 NIS par personne (hors boissons)

Réservation indispensable, souvent des mois à l'avanc



Les fruits de mer : Uri Buri, l'institution d'Acre

Si Tel-Aviv incarne l'avant-garde, c'est à Acre, dans une maison ottomane de 400 ans au bord de la Méditerranée, que se trouve l'un des meilleurs restaurants de poisson au monde selon le classement World's 50 Best. Le chef Uri Jeremias, dit « Uri Buri », ancien pêcheur devenu légende locale, applique depuis 1989 une règle simple : jamais plus de huit ingrédients par assiette, pour laisser parler la fraîcheur du produit.

Sa signature absolue : le sashimi de saumon au sorbet wasabi, servi en dessert salé-piquant improbable et devenu culte. On y trouve aussi des noix de Saint-Jacques poêlées à la purée de topinambour, un carpaccio de daurade aux agrumes, ou un loup de mer en sauce coco-piment-pomme. La carte propose plus de quatre-vingts vins israéliens en accompagnement.

Uri Buri

Adresse : 2, rue HaHagana, vieille ville d'Acre (Akko)

Style : poissons et fruits de mer, cuisine minimaliste et généreuse

Budget : €€ à €€€, formule dégustation conseillée

Ouvert tous les jours, midi et soir

Jérusalem et le marché Mahané Yehuda

À Jérusalem, l'épicentre gastronomique est le marché couvert de Mahané Yehuda, transformé depuis une dizaine d'années en scène culinaire à ciel ouvert. Machneyuda, fondé par trois amis chefs — Assaf Granit, Uri Navon et Yossi Elad —, est devenu la référence absolue du genre : cuisine ouverte, musique forte, personnel qui chante et danse entre les services, et une carte volontairement changeante selon l'arrivage du marché voisin. On y sert par exemple un risotto au vin blanc et parmesan vieilli, une joue de bœuf braisée douze heures, ou des rougets entiers rôtis au sumac.




Cuisine ouverte, musique forte, personnel qui chante et danse entre les services.

Juste à côté, Yudalé, surnommé localement « The Bastard », propose une version plus intime et créative de la même philosophie de marché, tandis que Black Iron, spécialiste de la viande casher, s'est imposé comme l'une des meilleures tables carnivores de la ville avec ses bœufs élevés dans le nord d'Israël.

Marché Mahané Yehuda, Jérusalem

Machneyuda — 10, rue Beit Ya'akov — cuisine de marché, bistronomie festive — €€€

Yudalé — marché Mahané Yehuda — cuisine créative, ambiance conviviale — €€

Black Iron — 80, rue Agripas — grill casher, viandes maturées — €€€

Tel-Aviv, capitale de la cuisine méditerranéenne moderne

À Tel-Aviv, deux adresses résument le style qui a fait la réputation internationale de la ville : une cuisine méditerranéenne revisitée, généreuse en légumes et en épices, sans jamais renoncer à la technique française.

Mashya, installé au rez-de-chaussée de l'hôtel Mendeli Street, met à l'honneur les produits locaux et les épices du Moyen-Orient dans des plats comme le knafé d'agneau ou la queue de bœuf braisée longuement, mariés à des techniques de cuisson contemporaines. Il figure, avec 83 points, juste derrière OCD dans le classement La Liste 2026.

Pastel, situé au sein même du musée d'art de Tel-Aviv, sous la direction du chef Gal Ben Moshe (formé dans des maisons étoilées Michelin en Europe), propose une cuisine méditerranéenne épurée et technique, portée par la lumière et l'architecture du musée qui l'abrite.

Tel-Aviv

Mashya — hôtel Mendeli Street — méditerranéenne moderne — €€€

Pastel — musée d'Art de Tel-Aviv — méditerranéenne technique — €€€€

Le street-food : l'autre âme de la table israélienne

On aurait tort de réduire la gastronomie israélienne à ses tables étoilées. Le vrai génie du pays se niche aussi dans le houmous d'un boui-boui de Jaffa ou dans un pain pita tout juste sorti du four à Mahané Yehuda. Le houmous d'Abu Hassan, à Jaffa, sert depuis plus de soixante-dix ans ce que beaucoup considèrent comme le meilleur houmous du pays, dans une salle sans prétention où l'on mange debout ou sur des bancs. À Tel-Aviv, la chaîne Miznon du chef Eyal Shani a réinventé la pita fourrée — chou-fleur entier rôti, steak haché, ou tartare de poisson — au point d'exporter le concept à Paris, New York et Melbourne.




Une gastronomie née de la nécessité et de la mémoire

Ce qui distingue finalement la table israélienne, ce n'est pas seulement la qualité technique — désormais saluée jusque dans les classements mondiaux les plus exigeants — c'est qu'elle raconte, plat après plat, l'histoire d'un peuple rassemblé de la diaspora entière. Chaque assiette d'OCD, chaque houmous d'Abu Hassan, chaque plat de marché de Machneyuda est, d'une certaine manière, une petite planche commémorative comestible : celle d'une mémoire familiale marocaine, irakienne, polonaise ou yéménite, retrouvée et réinventée sur la même terre.


Even No Kosher ... pour les autres !


Une petite planche commémorative comestible.

C'est peut-être cela, plus que toute autre explication, qui fait aujourd'hui d'Israël l'une des tables les plus passionnantes du monde.




Journal de Jacques-Bernard.       21 Août 2026.        — JBCH info