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samedi 18 avril 2026

Cuba en ligne de mire ... JBCH N° 2604 - 1021

 Les futures relations Cuba-États-Unis :

un bras de fer personnel pour Marco Rubio


Miami, avril 2026. À 145 Km des côtes de la Floride, Cuba vacille au bord de l’effondrement. Blackouts à répétition, économie en ruine, population exaspérée : le régime castriste, dirigé en coulisses par le vieux Raúl Castro (94 ans), n’a jamais été aussi fragile.


Face à lui, l’administration Trump 2.0 ne joue plus la carte de l’ouverture d'Obama . Elle mène une politique de pression maximale… tout en ouvrant discrètement une porte.


Même mort Castro opresse toujours les cubains

La dernière révélation de Marc Caputo pour Axios est emblématique de ce double langage. La semaine dernière, un avion gouvernemental américain s’est posé à La Havane pour la première fois depuis la visite historique de Barack Obama il y a dix ans. À bord, des responsables du Département d’État ont rencontré des apparatchiks cubains, dont Raúl Guillermo Rodríguez Castro, dit « Raulito » ou « El Cangrejo » (le Crabe), petit-fils de Raúl et son porte-parole de facto.



Raoul Castro, le frère !


Le message délivré était clair, sans menace explicite mais ferme : les États-Unis n’accepteront pas un désastre humanitaire à leur porte. En contrepartie, Washington propose d’aider à rétablir l’internet via Starlink, le service satellitaire d’Elon Musk, tout en exigeant des avancées concrètes en matière de libertés démocratiques, d’économie de marché et de libération de prisonniers politiques.




Derrière cette diplomatie de l’ombre, Marco Rubio fait une affaire personnelle. Fils d’exilés cubains né à Miami, le secrétaire d’État connaît le régime par cœur et le hait viscéralement. Il multiplie les contacts discrets avec Raulito depuis plusieurs mois, tout en maintenant publiquement un ton intransigeant.


Avec Maduro ... Cuba du mauvais côté


Pour Rubio, il ne s’agit pas seulement de politique étrangère : c’est une question de justice historique, de vengeance familiale et d’opportunité stratégique. Il a déjà contribué à couper le robinet du pétrole vénézuélien qui maintenait artificiellement le régime à flot. Il voit aujourd’hui Cuba comme le chaînon faible du « socialisme du XXIe siècle » en Amérique latine.


Rubio ne lachera pas


Les exigences américaines sont connues : fin de la répression, élections libres, indemnisation des biens confisqués après 1959, ouverture économique réelle. En échange, allègement des sanctions, aide humanitaire ciblée et connexion internet qui contournerait le monopole étatique d’ETECSA. Trump lui-même a laissé entendre qu’un « deal » était possible, ou une action plus musclée une fois d’autres priorités (comme l’Iran et le Liban) réglées. Pour le régime, la marge de manœuvre est étroite.




Accepter Starlink, c’est risquer de perdre le contrôle de l’information et voir exploser les réseaux sociaux cubains, déjà bouillonnants.

Refuser, c’est accélérer la chute vers un chaos que même Washington ne veut pas voir à ses portes. Raulito, colonel du ministère de l’Intérieur et gardien du grand-père, incarne cette génération charnière : assez jeune pour comprendre la catastrophe, trop lié au système pour le trahir facilement.


Avec Kim, toujours du mauvais côté


L’avenir des relations Cuba-USA se joue donc sur un fil : un mélange de pression implacable et d’offres pragmatiques. Rubio veut un changement de régime sans bain de sang. Le régime veut survivre en cédant le moins possible. Entre les deux, le peuple cubain, épuisé, attend un horizon qui ne soit plus seulement la fuite en radeau ou la résignation.


et bien sûr avec les Mollahs


Tout reste ouvert : un accord historique, une transition contrôlée… ou un nouveau bras de fer. Mais une chose est sûre : avec Rubio aux commandes, les États-Unis ne feront plus de cadeaux.

La page Obama est définitivement tournée. La page Trump-Rubio s’écrit en ce moment, à La Havane comme à Miami.


Le vieux de la Montagne ancètre des terroristes. JBCH N° 2604 - 1020

 On peut reprendre le récit de Marco Polo — mais cette fois en lecture critique, presque polémique — pour établir un parallèle “à charge” avec le régime iranien contemporain.




Dans Le Devisement du monde, le Vieux de la Montagne apparaît comme un manipulateur absolu : il fabrique une illusion du paradis pour soumettre des jeunes hommes, les couper de la réalité et les transformer en instruments de mort. 



Alamut la forteresse du Vieux de la Montagne 

Qu’il ait réellement utilisé le haschich ou non importe finalement peu : l’essentiel est ailleurs. Il construit une machine idéologique où la croyance est instrumentalisée pour produire l’obéissance totale.




Si l’on adopte une grille de lecture critique, certains observateurs voient dans l’Iran des mollahs une forme moderne — étatique — de ce mécanisme.





Depuis la Révolution iranienne de 1979, le pouvoir repose sur une théocratie où le religieux structure le politique. Le discours officiel valorise le martyre, la soumission à l’autorité religieuse et la lutte contre les “ennemis de Dieu”. Cette logique peut rappeler, sur le plan symbolique, la promesse de salut utilisée par le Vieux de la Montagne pour obtenir une loyauté absolue.





Mais surtout, les critiques actuelles ne portent pas sur un mythe médiéval : elles s’appuient sur des faits documentés. Des organisations comme Amnesty International décrivent une répression systématique : arrestations massives, torture, disparitions forcées et procès iniques visant à briser toute contestation.  






Le Parlement européen dénonce également une “utilisation intentionnelle et disproportionnée de la force” contre des manifestants, avec des exécutions et une politique de terreur d’État.  


Plus récemment encore, des informations font état d’un recours massif à la peine de mort, avec plus de 1 600 exécutions en 2025, souvent après des procédures expéditives.  
Parallèlement, des coupures d’Internet et une censure poussée servent à isoler la population et à dissimuler les violences.  




Dans cette perspective critique, la comparaison devient plus claire :

  • chez les Assassins, un petit groupe fanatisé, coupé du monde, prêt à mourir sur ordre ;
  • dans l’Iran actuel, selon ses détracteurs, un appareil d’État qui encadre toute une société par la peur, la propagande et la répression.

La différence majeure reste cependant l’échelle et la nature : les Assassins étaient une secte marginale opérant dans l’ombre, tandis que l’Iran est un État puissant, avec une population diverse dont une partie importante conteste activement le régime, parfois au prix de sa vie.



Au fond, la comparaison “à charge” ne dit pas seulement quelque chose sur l’Iran : elle révèle une constante historique. Lorsqu’un pouvoir prétend détenir la vérité absolue religieuse ou idéologique il peut être tenté de transformer la foi en instrument de contrôle. 


Et c’est précisément ce que dénoncent aujourd’hui de nombreux Iraniens eux-mêmes, dans les rues comme dans la diaspora.



Paléonthologie en Basse Galilée ... JBCH N° 2604 - 1019

 Découverte archéologique : 

Un site de pique-nique des Homo erectus transformé en paysage sacré


Dans la vallée de Sakhnin, en Basse-Galilée (Israël), des archéologues ont mis au jour un site paléolithique exceptionnel datant d’il y a plusieurs centaines de milliers d’années. Des centaines de haches bifaces (outils emblématiques des Homo erectus) y ont été fabriquées en grande quantité. 





Ce qui rend ce lieu unique au monde : une dizaine de ces outils ont été taillés autour de cristaux de quartz scintillants, de fossiles ou de formations géologiques rares, délibérément placés au centre de la pièce.


Le « pique-nique » préhistorique le plus beau du monde

La vallée de Sakhnin était un vaste atelier en plein air, une sorte de « gigantesque site de pique-nique » où les Homo erectus venaient tailler leurs outils. Parmi des millions d’éclats et d’outils ordinaires, une poignée exceptionnelle a été sélectionnée pour ses inclusions naturelles : Cristaux de quartz brillants (géodes),  Fossiles parfaitement préservés,  Concrétions géologiques étonnantes

Les artisans préhistoriques ont façonné la pierre de manière à mettre en valeur ces éléments rares, comme s’ils voulaient les « encadrer ». Aucune autre collection comparable n’a été découverte ailleurs dans le monde.





Un sens de la beauté et du symbole bien plus ancien qu’on ne le pensait

Jusqu’à récemment, on associait l’appréciation esthétique et la pensée symbolique aux Homo sapiens ou aux Néandertaliens, il y a environ 100 000 ans. Ici, les Homo erectus (il y a 500 000 à 200 000 ans environ) montrent qu’ils étaient sensibles à la beauté naturelle.




Les chercheurs, dont le professeur Ran Barkai (Université de Tel Aviv) et Muataz Shalata (chercheur local), suggèrent que ces outils « spéciaux » pouvaient avoir une valeur symbolique ou spirituelle : les cristaux et fossiles comme médiateurs entre l’humain et le cosmos, ou simplement comme objets d’émerveillement. Le site devient ainsi un véritable « paysage sacré » pour ces hominines. 





Pourquoi cette découverte est historique

•  Plus de 200 haches bifaces recensées lors d’une prospection récente.

•  Au moins 13 outils uniques avec inclusions naturelles parfaitement mises en valeur.

•  Publication scientifique en mars 2026 dans le Journal of Archaeology of Tel Aviv University.

•  Article de Ruth Schuster dans Haaretz (16 avril 2026) qui décrit le site comme un lieu où Homo erectus « a découvert la beauté ».


Cette trouvaille bouleverse notre vision des capacités cognitives des Homo erectus : ils ne se contentaient pas de survivre, ils choisissaient, appréciaient et peut-être même vénéraient la beauté de la nature. Un vrai « pique-nique sacré » vieux de plusieurs centaines de milliers d’années !











L'Arabie entre dans la danse JBCH N° 2604 - 1018

 La dynamique actuelle entre Arabie saoudite, Israël et Liban s’inscrit dans une recomposition régionale profonde, accélérée par les tensions avec Iran et par l’évolution des alliances stratégiques au Moyen-Orient.




Historiquement, Riyad a toujours gardé un œil attentif sur le « Pays du Cèdre », en raison de son importance politique, économique et surtout de l’influence qu’y exerce le Hezbollah, soutenu par Téhéran. 





Dans ce contexte, toute évolution régionale impliquant Israël et les pays arabes concerne directement l’Arabie saoudite. Les Accords d’Abraham, initiés en 2020, ont marqué un tournant en normalisant les relations entre Israël et plusieurs États arabes comme les Émirats arabes unis et Bahreïn, ouvrant la voie à une redéfinition des équilibres.





Aujourd’hui, selon certaines analyses et rumeurs diplomatiques, Riyad , sous l’impulsion du prince héritier Mohammed ben Salmane envisagerait un rapprochement plus direct avec Israël. 





Cette évolution serait motivée avant tout par la perception d’une menace iranienne croissante. Depuis la Révolution iranienne de 1979, l’Iran a développé un réseau d’alliés régionaux et un arsenal militaire conséquent, ce qui inquiète les monarchies du Golfe.


Dans cette optique, le Liban apparaît comme un terrain clé : l’affaiblissement de l’État libanais et le poids du Hezbollah en font un point de friction majeur. Riyad, tout comme d’autres capitales arabes, pourrait voir dans un rapprochement avec Israël un moyen indirect de contenir l’influence iranienne dans ce pays.





Les propos attribués à Mohammed ben Salmane évoquant une possible normalisation avec Israël, des investissements massifs ou des projets énergétiques régionaux, doivent toutefois être pris avec prudence. Ils relèvent davantage de signaux stratégiques ou de pressions diplomatiques que de décisions formelles. 


Néanmoins, ils illustrent une tendance réelle : la question des arabes de Judée Samarie , longtemps préalable incontournable, semble perdre de son poids dans les calculs géopolitiques de certains États arabes face à la priorité sécuritaire.





Du côté israélien, Benjamin Netanyahou défend depuis des années l’idée que la principale menace régionale est l’Iran, et que des alliances avec les pays sunnites modérés sont possibles sur cette base. Longtemps ignorée ou minimisée sur la scène internationale, cette lecture semble aujourd’hui gagner du terrain.




Enfin, les tensions récentes,  notamment les frappes, démonstrations de force et escalades militaires impliquant l’Iran et ses alliés renforcent ce mouvement. Elles contribuent à rapprocher des acteurs autrefois opposés, dans une logique de blocs face à une puissance perçue comme déstabilisatrice.




Ainsi, l’Arabie Saoudite, Israël et le Liban se retrouvent au cœur d’un jeu stratégique où les anciennes lignes de fracture (arabes contre Israël) s’estompent progressivement au profit d’une nouvelle polarisation : celle entre un axe mené par l’Iran et un ensemble d’États cherchant à contenir son influence. Les relations Israël / Maroc sont un exemple évident. 




vendredi 17 avril 2026

La lettre tete. JBCH N° 2604 - 1017

 

Résumé de la lettre Tète : « La lettre de bonté »

La lettre Tète, neuvième lettre de l’alphabet hébraïque, est indissociable du mot tov (טוב) qui signifie « bon ». Elle apparaît dès la Création dans la Torah : « Dieu vit que la lumière était bonne » (Genèse 1,4). En hébreu, « tov » porte une double connotation morale et esthétique : il désigne à la fois ce qui est juste, parfait, complet et ce qui est beau, en ordre. Contrairement au grec (kalos et agathos), un seul mot suffit pour exprimer cette plénitude.




Dieu est tov : c’est son attribut principal (« Louez l’Éternel car Il est bon »). Être bon, c’est être parfait, achevé. La fille de Pharaon voit Moïse bébé et dit : « Il est tov » (complet, bien formé). La nature profonde du Bon est de faire le bien : « Il est de la nature du bon de faire le bien ». C’est la raison théologique de la Création : Dieu, monopole de l’existence, partage ce bien qu’est la vie, car vivre est bon. La Création n’est pas seulement bonne, elle est très bonne (Genèse 1,31), mais Rabbi Meïr joue sur les lettres : « méod » (très) et « mavet » (mort) ont les mêmes consonnes. La vie est « bonne », la mort est « très bonne » – allusion à la limite, à la finitude qui pousse au progrès.


Pourtant, le vrai tov est caché (« Combien est grand le bien que Tu as caché… » Psaumes 31,20). Le monde ne peut commencer par la lettre Tète (parfaite) mais par la lettre Beth (de « bé-rechit », début, et signe de dualité). Notre monde est ambivalent : lumière et ténèbres, bien et mal coexistent. Le Tète aspire à la perfection absolue et ne supporte pas la complexité d’ici-bas. Il représente l’instinct du bien, mais dans un monde imparfait.


Ambivalence du Tète :


  • Sa forme évoque un ventre (grossesse, vie, plénitude – les neuf mois de la vie intra-utérine) ou un serpent (mort, tentation).

  • Combiné avec la lettre H’ète (ח), il forme h’ète (חטא) : le péché. Le péché n’est pas le mal absolu, mais le désir excessif de « mieux » (« le mieux est l’ennemi du bien »). Le mal se pare toujours d’un semblant de bien pour séduire : personne ne cherche le mal nu. Le serpent de la Genèse promet à Adam et Ève « davantage » de perfection.

Le nombre 9 (valeur de Tète) est un cercle fermé : tous ses multiples redonnent 9 (9×2=18 → 9 ; 9×3=27 → 9…). Symbole de perfection bouclée (3×3), mais qui doit être dépassé par le 10 (Yod) pour avancer. Le pur (taor) et l’impur (tamé) commencent tous deux par Tète : ils n’existent que l’un par rapport à l’autre. Seul Dieu (l’Un) peut faire sortir le pur de l’impur.


Conclusion de la discussion : le Tète incarne la bonté parfaite, altruiste (comme Abraham, opposé à Noé le « juste dans son manteau »), mais elle est difficilement réalisable ici-bas. Le vrai bien est caché ; notre monde imparfait exige patience, limite et dépassement. L’homme (Adam, anagramme de méod) est par nature en quête du « mieux », entre vie et mort, pur et impur.


Rapprochement avec l’actualité en Israël aujourd’hui (avril 2026)


L’Israël d’avril 2026 vit une période de guerre prolongée sur plusieurs fronts (Gaza, Liban, tensions avec l’Iran), marquée par une quête constante de « sécurité » et de « bien » (tov) pour son peuple, mais confrontée à l’ambivalence profonde décrite par la lettre Tète.



D’un côté, Israël poursuit une logique de défense et de « bien » absolu : neutraliser les menaces existentielles (Hezbollah, Hamas, Iran) pour permettre aux citoyens de vivre en paix.





L’opération terrestre au sud du Liban, les frappes précises, et la volonté d’établir une « zone de sécurité » visent à éloigner le danger, comme une aspiration à un ordre « tov » juste, complet, protecteur.


Les négociations directes avec le Liban à Washington (premières en plus de 40 ans), facilitées par Donald Trump, et le cessez-le-feu fragile de 10 jours annoncé le 16 avril 2026, incarnent cette recherche d’un « mieux » : passer de la guerre à une diplomatie qui désarme le Hezbollah et stabilise la frontière. C’est l’espoir d’un bien partagé, altruiste au sens large (sécurité pour Israël et, potentiellement, pour la région).


De l’autre côté, l’actualité illustre cruellement l’ambivalence du Tète. Le mal se pare de bien : les groupes comme le Hezbollah ou le Hamas présentent leurs actions (roquettes, attaques) comme une « résistance juste », séduisante pour certains, alors qu’elles entraînent souffrance et mort. Inversement, les opérations militaires israéliennes, même justifiées par la sécurité, provoquent des dizaines de morts civils au Liban, des déplacements massifs (plus d’un million de personnes), et des débats internes et internationaux sur la proportionnalité – le « mieux » (éradiquer la menace) risque de devenir l’ennemi du « bien » (vie humaine, image morale).



La dualité pur/impur et vie/mort est palpable : Israël commémore chaque année la Shoah (Yom HaShoah en avril), reliant la mémoire du mal absolu à la nécessité vitale de se défendre aujourd’hui. Pourtant, la guerre longue (plus de 30 mois depuis octobre 2023) révèle les limites humaines : fatigue sociétale, divisions internes (entre ceux qui veulent « aller plus loin » et ceux qui craignent l’excès), et la conscience de la finitude (morts israéliens, otages, blessés). Comme le serpent qui se mord la queue, le cercle de la violence (9 = boucle fermée) semble parfois sans issue : chaque « victoire » tactique rouvre la question du vrai bien caché.




Enfin, la quête israélienne du « méod » (très bien) – sécurité totale, voire expansion de zones de contrôle – rappelle l’avertissement : « le mieux est l’ennemi du bien ». La poursuite d’une perfection sécuritaire absolue (zéro menace) peut inclure des coûts moraux et humains qui affaiblissent le tov profond. Comme dans le texte, seul un dépassement (vers le 10, dimension supérieure) – ici, une diplomatie patiente, un altruisme élargi (Abraham plutôt que Noé) et une reconnaissance des limites – pourrait ouvrir une issue.


En somme, la lettre Tète éclaire l’Israël d’aujourd’hui : un peuple en quête légitime de bonté et de vie, dans un monde où bien et mal s’entremêlent, où le vrai tov reste partiellement caché, et où l’excès de « mieux » risque toujours de côtoyer la mort.


L’espoir fragile du cessez-le-feu avec le Liban est peut-être une invitation à sortir du cercle fermé du 9 pour entrer dans une dimension nouvelle de paix relative.




Il a créé Netflix ... en retraite ... JBCH N° 2604 - 1016


Reed Hastings, co-fondateur de Netflix, quitte le conseil d’administration en juin

Los Gatos, Californie – Reed Hastings, 65 ans, co-fondateur et président du conseil de Netflix, tournera définitivement la page après près de 29 ans au sein de l’entreprise qu’il a contribué à bâtir. Il ne briguera pas un nouveau mandat lorsque son terme actuel expirera, lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires prévue le 4 juin 2026.




L’annonce a été faite jeudi 16 avril dans la lettre aux actionnaires accompagnant les résultats du premier trimestre 2026. Netflix a affiché une solide performance, avec une croissance de 16 % du chiffre d’affaires et des bénéfices dopés par une hausse des prix et surtout par l’indemnité de rupture de 2,8 milliards de dollars reçue après l’échec de son offre sur Warner Bros. Discovery. Malgré ces bons chiffres, l’action a reculé en bourse après des prévisions jugées décevantes pour le deuxième trimestre.

Pourquoi cela compte-t-il ? Hastings a été l’architecte d’une stratégie audacieuse : du DVD par courrier au streaming mondial, en passant par des investissements massifs dans la technologie et une politique de licences intelligente qui ont fait de Netflix le leader le plus rentable du secteur. Comme l’a souligné Sara Fischer, spécialiste des médias chez Axios, ces choix ont permis à l’entreprise de s’imposer durablement face à une concurrence féroce.




Mais l’annonce de son départ intervient dans le sillage d’un épisode majeur : la tentative avortée de rachat de Warner Bros. Discovery (WBD). Fin 2025, Netflix, avec le soutien enthousiaste de Reed Hastings, avait conclu un accord pour acquérir les studios Warner Bros., HBO et l’activité streaming pour une valeur d’entreprise d’environ 82,7 milliards de dollars. L’opération aurait considérablement renforcé le catalogue de Netflix avec des franchises iconiques comme DC, Harry Potter ou les séries HBO.




Une guerre des enchères s’est cependant engagée. Paramount Skydance (soutenu par David Ellison) a surenchéri à plusieurs reprises. Netflix a refusé de monter plus haut, estimant que le prix devenait destructeur de valeur. En février 2026, la société a officiellement jeté l’éponge. Paramount Skydance a remporté la mise, et Netflix a empoché une indemnité de rupture record de 2,8 milliards de dollars.



Une autre ombre plane sur l’héritage de Hastings : la très forte orientation « woke » observée dans de nombreuses productions Netflix ces dernières années. La plateforme a été régulièrement accusée par des élus républicains, des commentateurs conservateurs et des figures comme Elon Musk de promouvoir massivement des thématiques DEI (diversité, équité, inclusion), des personnages transgenres ou LGBTQ+ dans des contenus destinés aux enfants, et de pratiquer un « race swapping » systématique.


Des auditions au Sénat américain en février 2026 ont qualifié Netflix de producteur du « contenu le plus woke de l’histoire », avec des critiques portant sur des séries comme Dead End: Paranormal Park ou divers programmes familiaux. Ces polémiques ont entraîné des appels au boycott (« Cancel Netflix »), des pertes de valeur boursière temporaires et un débat récurrent sur l’impact de cette ligne éditoriale sur l’adhésion des abonnés et la « joie des membres » que Hastings a toujours placée au centre de sa vision.



Dans sa déclaration, Reed Hastings a insisté sur l’héritage qu’il laisse, au-delà de ce deal raté et des controverses culturelles : « Ma vraie contribution chez Netflix n’a pas été une décision unique ; c’était une focalisation sur la joie des membres (member joy), la construction d’une culture que d’autres pourraient reprendre et améliorer, et la création d’une entreprise à la fois adorée de ses abonnés et extrêmement performante pour les générations à venir. »

Ted Sarandos, co-PDG, a fermement démenti tout lien entre le départ de Hastings et l’échec du rachat de Warner : « Il n’y a pas de palace intrigue ici. Reed était un grand champion de ce deal. » Hastings lui-même avait qualifié l’opération de « nice to have, not a need to have », tout en saluant la discipline de prix démontrée par l’équipe dirigeante.





Il a également évoqué son souvenir le plus cher : janvier 2016, lorsque Netflix est devenu accessible « à presque la planète entière ». Hastings a remercié chaleureusement les co-PDG Ted Sarandos et Greg Peters, dont l’engagement, selon lui, lui permet aujourd’hui de se tourner vers la philanthropie et d’autres projets personnels.

Après avoir dirigé Netflix en tant que PDG pendant plus de 20 ans (jusqu’en 2023), Hastings était passé au rôle de président exécutif. Son départ marque la fin d’une ère fondatrice pour une société aujourd’hui mature, rentable et toujours indépendante – même sans le « trophée » Warner Bros.




À 65 ans, le milliardaire laisse une Netflix forte de sa culture d’innovation et de son focus client, prête à affronter le prochain chapitre du divertissement sans lui. Comme il l’a lui-même résumé : « Netflix est désormais si solide que je peux me concentrer sur de nouvelles choses. »