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dimanche 18 octobre 2026

Combattre pour la Vérité JBCH N° 266

Éditorial · Israël – Mémoire 
JBCH Réflexions N° 266                            18 Octobre 2026



7 octobre : la guerre pour la vérité, selon le créateur de « Fauda »


Trois ans après le pogrom, une entreprise de réécriture est à l'œuvre, portée par des réseaux militants et arrosée par l'argent du Qatar. Avi Issacharoff, qui a passé sa vie à raconter le Hamas, décrit le combat qui vient. Et il ne le voit pas perdu.


Évocation du mémorial du festival Nova, près du kibboutz Re'im : des poteaux portant les visages des victimes et des anémones rouges, fleurs de la forêt voisine. Illustration JBCH Réflexions.

Il y a eu le 7 octobre 2023 : environ 1 200 morts, 251 otages, des kibboutz incendiés, une jeunesse fauchée sur une piste de danse. Et il y a, depuis, un second 7 octobre, plus sournois : celui de la mémoire. 

Sur les campus américains, sur les réseaux sociaux, dans une partie de la presse européenne, une entreprise méthodique s'emploie à renverser la responsabilité du pogrom. Les bourreaux deviennent des « résistants », les victimes des « colons », et le massacre une simple « réaction ».

Mercredi 14 octobre, au Musée de la Tolérance de Jérusalem, à la clôture d'une conférence internationale consacrée à la médecine légale du 7 octobre, un homme a nommé ce combat. 

Avi Issacharoff, 53 ans, Jérusalémite, ancien de l'unité d'élite Duvdevan, correspondant chevronné des affaires arabes et co-créateur de la série « Fauda », parle d'une guerre pour la vérité. Les musées, les médias, les projets de documentation et même les séries télévisées ont selon lui une « mission sacrée » : empêcher que l'histoire ne soit volée.




L'aveu d'un spécialiste : « nous n'avons pas écouté »

Ce qui frappe d'abord chez Issacharoff, c'est l'humilité. Il couvre le Hamas depuis l'an 2000. Il a interviewé ses dirigeants, étudié ses textes, raconté ses méthodes. Il croyait savoir ce que voulait l'organisation. Il reconnaît aujourd'hui qu'il s'était trompé, comme presque tout Israël : les chefs du Hamas annonçaient publiquement, depuis des années, leur volonté d'anéantir « l'entité sioniste » et appelaient tous les musulmans à les rejoindre. On ne les a pas pris au mot.

Sa conclusion, aujourd'hui, est sans détour : le Hamas avait l'intention de commettre un génocide. Il voulait éliminer les Juifs. Et il l'a filmé lui-même, caméras frontales et téléphones à la main, diffusant ses crimes en direct pour que le monde entier les voie.

Le Hamas a filmé ses propres crimes. Et pourtant, on les nie. Comme on a nié la Shoah.
Si le 7 octobre avait frappé l'AmériquePearl Harbor, 19412 403 morts7 octobre, à l'échellede la population américaine≈ 42 000 mortsEn un seul jour, sans compter les milliers d'otages. Qui parlerait alors de proportionnalité ?
La comparaison proposée par Avi Issacharoff. Infographie JBCH Réflexions.






Pour faire mesurer l'ampleur du choc, il propose une comparaison que l'Occident devrait méditer. Pearl Harbor, en 1941, c'est 2 403 Américains tués. Rapportés à la population des États-Unis, les quelque 1 200 morts israéliens du 7 octobre équivaudraient à environ 42 000 Américains tués en une seule journée, sans compter les milliers d'enlèvements. 

Qui oserait alors demander à Washington si sa riposte est « proportionnée » ?

La machine à renverser les responsabilités

Issacharoff le constate de retour d'une tournée de conférences au Royaume-Uni et aux États-Unis : aux yeux d'une partie de l'opinion occidentale, Israël est désormais « l'État génocidaire ». Des projets liés à Israël sont annulés à Hollywood, parfois par des producteurs juifs qui n'ont rien contre Israël mais ont peur d'y être associés. 

À Londres, il a interpellé l'acteur Mark Ruffalo, qui accuse Israël de génocide : sait-il seulement ce que signifie ce mot, quand Israël laisse entrer chaque jour des centaines de camions de vivres à Gaza, et quand la population de l'enclave a continué de croître pendant la guerre ?

Cette inversion ne doit rien au hasard. Elle a ses relais, ses slogans et ses financiers. Il faut nommer l'un d'eux : le Qatar. L'émirat héberge depuis 2012 la direction politique du Hamas. Il possède Al Jazeera, première fabrique mondiale du récit anti-israélien en langue arabe. 




Et il est, selon les déclarations obligatoires faites au ministère américain de l'Éducation, le premier donateur étranger des universités américaines, avec plusieurs milliards de dollars versés en deux décennies. 

Ce sont précisément ces campus où l'on scande « du fleuve à la mer » sans savoir, ironise Issacharoff, de quel fleuve ni de quelle mer il s'agit.

Dohades milliards de dollarscampus américainsL'argent qui achète le récit
Le Qatar, hôte des dirigeants du Hamas et propriétaire d'Al Jazeera, est aussi le premier donateur étranger des universités américaines. Illustration JBCH Réflexions.

Il faut toutefois être précis, car la précision est notre meilleure arme. Ce ne sont pas « les Arabes » qui réécrivent le 7 octobre : ce sont des appareils militants et les puissances qui les financent. 

Issacharoff le rappelle lui-même : parmi les victimes du Hamas ce jour-là, on compte une trentaine d'Israéliens arabes et musulmans. Et c'est le même Hamas qui, en 2007, avait pris Gaza dans le sang en massacrant les hommes du Fatah. Le Hamas n'est pas le défenseur des Arabes ; il a été aussi leur bourreau.


 Comment Issacharoff voit l'avenir

D'abord, la lucidité. Le créateur de « Fauda » ne se raconte pas d'histoires : les dégâts infligés à l'image d'Israël, notamment dans l'opinion américaine, mettront des années à être réparés. Ce ne sera pas une bataille éclair mais une course de fond, et il dit aimer les longues distances : il court des marathons.

Ensuite, la conviction que la vérité se raconte. Issacharoff est un conteur, et il croit à la force du récit. La cinquième saison de « Fauda », dont les épisodes sept et huit s'inspirent directement du festival Nova et des attaques contre les localités du sud, a fait l'objet de recherches minutieuses. 

Elle est devenue la saison la plus regardée de la série, y compris dans des pays hostiles comme le Liban et la Syrie. Une bonne histoire, dit-il en substance, trouve toujours son public. Face à la propagande, la meilleure réponse n'est pas le silence : c'est un récit plus fort, parce que vrai.

SAISON 5Épisodes 7 – 8tiré d'événements réelsLa fiction au service de la mémoire
La cinquième saison de « Fauda » s'inspire du 7 octobre ; elle est devenue la plus regardée de la série, jusqu'au Liban et en Syrie. Illustration JBCH Réflexions.

Enfin, la confiance dans son peuple. Deux jours après le massacre, frustré de ne pas avoir été rappelé sous les drapeaux, Issacharoff s'est porté volontaire pour évacuer les habitants des localités proches de Gaza. Au kibboutz Beit Kama, il a vu des centaines d'hommes et de femmes de son âge faire la queue pour recevoir une mission : un nom, un numéro de téléphone, une personne à aller chercher sous les roquettes, alors que des terroristes rôdaient encore. 

Avec son complice Lior Raz, l'acteur principal de « Fauda », il a fait des allers-retours vers Sderot. C'est là, dit-il, qu'il a su qu'Israël l'emporterait : des inconnus prêts à risquer leur vie pour d'autres inconnus, pour la seule raison qu'ils sont israéliens. Tous responsables les uns des autres.




Une nation où des inconnus risquent leur vie pour des inconnus ne perd pas la guerre de la vérité. Elle la mène, longtemps.
Une course de fond
Avi Issacharoff, coureur de marathon, voit la bataille pour la vérité comme une course d'endurance. Illustration JBCH Réflexions.

Le négationnisme du 7 octobre est la suite logique du pogrom : ceux qui ont tué veulent maintenant effacer. Le danger n'est pas qu'ils mentent ; c'est que nous nous lassions de répéter la vérité. 

Issacharoff, lui, ne s'en lassera pas. Les musées, les témoins, les médecins légistes qui ont identifié les corps, les créateurs qui transforment la mémoire en récit : chacun tient un relais.




La vérité du 7 octobre n'a pas besoin de l'argent du Qatar. 

Elle a besoin de nous, et elle a le temps pour elle.

© JBCH Réflexions.  Octobre 2026

On ne doit pas avoir peur ! JBCH N° 2610 - 265

 Éditorial · Europe – Russie


500 millions d'Européens ont-ils peur d'une économie de la taille de l'Espagne ?

JBCH Réflexions N° 265.                                                                18 Octobre 2026


Sur le papier, le rapport de force ne se discute même pas. Et pourtant, c'est l'Europe qui tremble. La réponse se trouve peut-être moins à Moscou qu'à Paris.


Vladimir Poutine. Un homme qui a fait de la guerre son seul horizon. Photo kremlin.ru, CC BY 4.0.

Il faut parfois reposer les chiffres sur la table pour mesurer l'absurdité d'une situation. L'Union européenne, Royaume-Uni compris, dépasse les 500 millions d'habitants et pèse parmi les toutes premières puissances économiques du monde. 

La Russie de Vladimir Poutine, elle, affiche un produit intérieur brut comparable à celui de l'Espagne, un pays de 48 millions d'habitants. Sur le papier, le rapport de force ne devrait même pas se discuter. Et pourtant.

Et pourtant, année après année, c'est l'Europe qui semble regarder son propre reflet avec hésitation, pendant qu'un État dont l'économie tiendrait presque dans un grand pays méditerranéen dicte le tempo d'une guerre, impose ses lignes rouges et avance ses pions jusque dans le débat politique intérieur des nations censées lui faire face.

Le rapport de force, en habitantsEurope (UE + R.-U.)≈ 520 millions Russie≈ 145 millions Espagne48 millions Et une économie russe du même ordre que celle de l'Espagne.
Ordres de grandeur. Infographie JBCH Réflexions.

D'où vient cette peur ?

Elle ne vient pas d'un rapport de force réel. Elle vient d'abord d'une dépendance construite patiemment, pendant des décennies, à l'énergie russe : un choix stratégique dont l'Europe paie aujourd'hui le prix, longtemps après avoir cru qu'il s'agissait d'un simple arrangement commercial. 

Elle vient aussi d'un déséquilibre plus profond : la puissance économique ne se traduit pas mécaniquement en puissance militaire. Pendant que l'Europe désinvestissait dans sa défense au nom des dividendes de la paix, la Russie, elle, a orienté l'essentiel de son appareil productif vers l'effort de guerre, quitte à sacrifier le niveau de vie de sa population.

Quant à l'argument de la dissuasion nucléaire, souvent invoqué pour justifier la prudence, il ne tient pas si bien l'examen qu'on le prétend. La France et le Royaume-Uni disposent tous deux de l'arme nucléaire. 

Ils sont, de surcroît, adossés à l'OTAN, dont le principal pilier, les États-Unis, possède l'un des deux plus grands arsenaux nucléaires du monde. Le rapport de force dissuasif, lui non plus, ne devrait laisser place à aucune timidité.

Pourquoi cette retenue face à un homme qui a envoyé à la mort des centaines de milliers de ses propres concitoyens, au nom d'une nostalgie impériale ?

Alors pourquoi cette retenue, face à un homme qui a précipité dans la mort plusieurs centaines de milliers de ses propres concitoyens dans une guerre de conquête territoriale parfaitement inutile, menée au nom d'une nostalgie impériale que rien ne justifie au vingt-et-unième siècle ?




Les relais français intérieurs du Kremlin

La réponse la plus inconfortable, mais la plus honnête, se trouve peut-être moins à Moscou qu'à Paris. Car la France compte, dans son propre champ politique, deux formations qui se sont distinguées par une complaisance répétée à l'égard de Vladimir Poutine : le Rassemblement national et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Les deux partis, pourtant situés aux extrémités opposées de l'échiquier, convergent sur ce point précis : quand il a fallu soutenir l'Ukraine agressée, ils se sont dérobés. 

En mars 2024, lors du vote sur l'accord de sécurité franco-ukrainien à l'Assemblée nationale, La France insoumise a voté contre et le Rassemblement national s'est abstenu. 

Jean-Luc Mélenchon s'est fait une spécialité de renvoyer dos à dos l'agresseur et l'agressé, un renversement de responsabilité qui a valu à son parti d'être qualifié, jusque dans son propre camp, de relais du discours du Kremlin. La formule n'est pas tendre : « Radio Poutine ».





La France insoumise s'en défend, bien sûr, avec vigueur. Mais les faits s'accumulent : accueil médiatisé d'opposants russes présentés comme gage de bonne foi, tout en maintenant une ligne de « désescalade » qui, dans les faits, revient à geler le conflit aux dépens du seul agressé. 

Le Rassemblement national, de son côté, a entretenu avec Moscou des liens plus concrets encore : un prêt de neuf millions d'euros obtenu en 2014 auprès d'une banque russe, l'approbation de l'annexion de la Crimée, et cette rencontre au Kremlin, en mars 2017, un mois avant la présidentielle. 

En 2022, après l'invasion, la campagne de Marine Le Pen dut faire détruire des centaines de milliers de tracts qui affichaient sa longue poignée de main avec Poutine.

Les amitiés moscovites, en dates
2014 — prêt de 9 millions d'euros d'une banque russe au Front national
24 mars 2017 — Marine Le Pen reçue par Vladimir Poutine au Kremlin
Février 2022 — invasion de l'Ukraine ; les tracts Le Pen-Poutine sont détruits
Mars 2024 — accord de sécurité avec l'Ukraine : LFI contre, RN abstention

Ce qui frappe, c'est moins la position elle-même, car la contestation démocratique de la politique étrangère est parfaitement légitime, que la pagaille actuelle de la vie politique française, où ces deux forces pèsent lourd, précisément au moment où l'unité et la fermeté européennes seraient le plus nécessaires face à Moscou.

Drapeau de l'Union européenne
Douze étoiles, cinq cents millions d'habitants, et toujours la même question : de quoi avons-nous peur ? Domaine public.

Une question qui reste entière

Comment un continent qui pèse plus de 500 millions d'âmes et une part considérable de la richesse mondiale en vient-il à douter de lui-même face à un pays dont l'économie ne dépasse guère celle de l'Espagne ? 

La réponse ne tient pas dans un seul facteur, mais dans leur addition : une dépendance énergétique mal anticipée, un sous-investissement militaire chronique, et surtout la présence, en son sein même, de relais politiques qui, sous couvert de pacifisme ou de souverainisme, affaiblissent patiemment la détermination qu'il faudrait pourtant afficher.

L'Europe n'a pas à craindre Poutine. Elle a à craindre de ne pas se tenir debout face à un tyran qui a fait de la guerre son seul horizon.

© JBCH Réflexions  Octobre 2026

L'Intifada envahit l'Europe JBCH N° 2610 - 264

Éditorial · France – Europe

JBCH Réflexions N° 264                                18 Avril 2026






17 octobre : l'intifada est entrée dans la vie des Européens

Une journée contre la vie chère. Des lycéens, des gilets jaunes, des syndicats. Et, au-dessus des vitrines brisées de Paris et de Milan, un même emblème : un prétendu drapeau palestinien.

Paris, place de la République, 17 octobre 2026
Évocation de la place de la République au soir du 17 octobre. Illustration JBCH Réflexions.

L'Europe se croyait spectatrice de la guerre de Gaza. Elle finance, elle s'indigne, elle vote des résolutions, elle envoie des colis. L'Union européenne et ses États membres sont depuis des décennies les premiers bailleurs des territoires palestiniens, y compris de ceux qu'une organisation terroriste a gangrenés. Samedi 17 octobre, la réponse est arrivée. Elle n'est pas venue de Gaza. Elle est venue de nos propres rues.




Hier, des émeutes ont éclaté à Paris, à Milan, à Turin, à Bologne, tandis qu'à Rome des lycéens cagoulés bombardaient de pétards le ministère de l'Éducation. Partout, le même emblème flottait au-dessus de la fumée : un prétendu drapeau palestinien, devenu l'étendard universel de toutes les colères.







Paris : de l'Hôtel de Ville à la rue

À Paris, la guerre de Gaza ne se joue plus seulement à l'étranger. Elle s'est d'abord invitée à l'Hôtel de Ville. D'un côté, l'État a organisé des évacuations de Gazaouis pour raisons médicales, universitaires et humanitaires. De l'autre, la mairie a poussé le symbole jusqu'au bout : le 18 juin dernier, sur proposition du nouveau maire socialiste Emmanuel Grégoire, le Conseil de Paris a accordé, par 107 voix contre 41, la citoyenneté d'honneur à l'ensemble des civils de Gaza et de Cisjordanie ainsi qu'aux journalistes palestiniens. « Nous tendons la main à un peuple tout entier », déclarait-il, en présence de l'ambassadrice palestinienne.

Un peuple tout entier, sans distinction. Le CRIF a aussitôt demandé si les victimes israéliennes du 7 octobre ne méritaient pas, elles aussi, cette reconnaissance. Question restée sans réponse. Quelques mois plus tôt, la Tour Eiffel avait affiché les deux drapeaux, israélien et palestinien, réunis par une colombe. Geste ô combien inutile ! On ne pacifie pas un conflit avec des projecteurs ; on se donne bonne conscience.




La Tour Eiffel, où la mairie avait projeté le drapeau israélien  La paix ne s'allume pas avec un interrupteur. Photo Wikimedia Commons, licence libre.

République, Sébastopol, Bastille :  la journée qui a basculé

La journée du 17 octobre avait été lancée contre la vie chère, avec les lycéens, les gilets jaunes et les syndicats. Le gouvernement a compté 550 000 manifestants dans le pays, dont 110 000 à Paris. La grande majorité a défilé pacifiquement, et il faut le dire : ces Français-là avaient de vraies raisons d'être dans la rue.

Mais place de la République, les tensions ont commencé avant même le départ du cortège. Des milliers de projectiles lancés sur les forces de l'ordre, qui ont répondu par le gaz lacrymogène et le canon à eau. 





Des dizaines de voitures et des kiosque incendiés. Des centaines de commerces pillés autour de République, de Strasbourg-Saint-Denis, du boulevard du Temple et de Sébastopol et aux Champs Elysées. 

Des pompiers empêchés d'atteindre des blessés. En fin d'après-midi, place de la Bastille, des mouvements de foule, des vitrines brisées, des barricades. La préfecture avait tenté de détourner le parcours de République vers Clichy plutôt que vers la Concorde : cela n'a rien empêché. Les banlieues étaient présentes, prêtes à voler et à piller tout azimuth.

À 18 heures, la préfecture recensait près de 600 interpellations dans la capitale, bilan encore provisoire, et plusieurs  milliers dans tout le pays. ``

Un détail du parquet de Paris mérite qu'on s'y arrête : sur les 250 premières personnes interpellées, une seule résidait à Paris. Les casseurs n'étaient pas des Parisiens ; ils étaient venus pour casser. Des gants coqués, des projectiles dans les sacs, des couteaux.




Au milieu des banderoles contre la vie chère, des milliers de drapeaux palestiniens. Ce n'était plus une manifestation : c'était une convergence.

La convergence et ses parrains

Au milieu des banderoles sociales, des milliers de drapeaux palestiniens ont été brandis, mêlés aux keffiehs et aux slogans pour Gaza. 

La convergence entre contestation sociale et cause étrangère n'est pas spontanée : elle est voulue, préparée, planifiée. 

Jean-Luc Mélenchon avait salué à l'avance « un moment important » où s'exprimerait l'exaspération de la société, tout en dénonçant une « répression disproportionnée ». 

La France insoumise a fait de la cause palestinienne le carburant électoral des quartiers ; le 17 octobre, elle a récolté ce qu'elle a semé.

On évoque aussi des éléments venus de Belgique et d'Allemagne.  Mais le soupçon d'une main étrangère n'a rien d'extravagant. La France a déjà vu ce film : les étoiles de David taguées à Paris à l'automne 2023, les mains rouges sur le Mémorial de la Shoah en 2024, les cercueils déposés au pied de la Tour Eiffel la même année. 

Les enquêtes ont à chaque fois remonté vers des exécutants étrangers et des réseaux que les autorités françaises soupçonnent d'être liés à la Russie de Poutine, dont la stratégie est constante : attiser toutes les fractures de nos sociétés, communautaires, sociales, religieuses. 

Si le régime de Poutine n'a pas allumé l'incendie du 17 octobre, il a toutes les raisons de souffler dessus. via LFI et son coupe vent le FN déguisé en RN, tous deux pro Russie.

Milan, Rome : l'Europe entière

Paris n'était pas seul. À Milan, une marche contre la vie chère et contre les guerres, partie dans le calme avec drapeaux palestiniens et keffiehs, a dégénéré autour de la piazza del Duomo : magasins pillés, mobilier incendié, la célèbre galerie marchande vidée, au moins cinquante interpellations.



 À Turin et à Bologne, à Milan mêmes scènes. À Rome, la veille, des lycéens avaient bombardé de pétards le ministère de l'Éducation. Le mot d'ordre venu de France, « faisons comme en France », a traversé les Alpes en une semaine.

Dans le pays pourtant docile envers les terroristes arabe, l'Espagne de Pédro Sanchez, des heurs violents et de la casse ont eu lieu à Barcelone et à Madrid.

L'Intifada, est entrée en Europe pour casser notre démocratie et imposer l'Islamisme.

On pourrait aussi rajouter l'Algérie, qui a une haine profonde et non contrôlée contre la France, l'Algérie qui fête à sa façon la répression des émeutes du 17 Octobre 1961 Rue de Charonne, et qui se venge via sa troisième génération ! 




La piazza del Duomo à Milan, théâtre des émeutes du 17 octobre. Photo Wikimedia Commons, licence libre.

Sur les réseaux, on citera les concours de casse de ville à ville sur TikTok,  les mêmes vidéos servent un récit :  celui d'une intifada importée.  Mais il faut regarder ce que l'on voit. Ils ont pillé des Carrefours des  Franprix. des magasins de sport, de luxe, l'Avenue Montaigne avec Céline et Dior, Louis Vuitton,  

Elle ne brûle pas des voitures des motos des  kiosques. Elle n'empêche pas les pompiers de secourir des blessés. Ce qui s'est déployé samedi, c'est la méthode de l'intifada : la rue comme champ de bataille, le pavé comme argument, le drapeau comme alibi.

On a voulu importer la cause. On a importé la méthode.

Entre accueil humanitaire, gestes symboliques et rue sous tension, Paris est resté ce samedi soir suspendu entre manifestation, émeute et drapeaux flottant au-dessus du chaos. 

Les élus qui ont distribué la citoyenneté d'honneur comme on distribue des tracts, les partis qui ont fait de Gaza un argument de campagne, les gouvernements qui financent sans contrôler : tous portent une part de ce qui s'est passé.

Une chose est désormais prouvée : l'intifada est entrée dans la vie des Français.

© JBCH Réfextions,  Octobre 2026

Les Magouilles de la TV publique. JBCH N° 2610 - 263

 Éditorial · Médias




JBCH Réflexions  N° 263                                  18 Octobre 2026


Audiovisuel public : l'omerta, la vraie et celle qu'on raconte


Réfléchissez, il est encore temps.


Avec Je jure de dire toute la vérité, le député Charles Alloncle raconte six mois de guerre contre France Télévisions et Radio France. 

Ses questions sont légitimes. Son récit l'est moins. Les deux méritent qu'on réfléchisse.

Il a trente-deux ans, il est député UDR de l'Hérault, le parti d'Éric Ciotti allié au Rassemblement national, et il a été, de novembre 2025 à avril 2026, le rapporteur le plus médiatisé de l'Assemblée. 

Sa commission d'enquête sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public » a vécu dans la tempête : séances suspendues, invectives, accusations croisées. Le 27 avril, son rapport a été adopté à deux voix près, 12 contre 10. Depuis le 30 septembre, il en livre la « saison 2 » chez Fayard.

Sa thèse tient en une phrase : l'audiovisuel public ne serait pas une administration, mais une forteresse, protégée par une société de connivence.





Les bonnes questions

Commençons par ce qui doit être dit : les questions d'Alloncle sont celles que tout contribuable a le droit de poser. Près de quatre milliards d'euros d'argent public par an, cela oblige. Qui produit les émissions phares de France Télévisions, et à quel prix ? 

Le groupe Mediawan, qui fabrique notamment « C à vous » et « C dans l'air », est-il contrôlé par des capitaux extra-européens, auquel cas il devrait rembourser des aides du CNC ? Le rapporteur affirme n'avoir jamais obtenu de preuve, même confidentielle, qu'il était « dans les clous ». 

Qu'une entreprise vivant largement de commandes publiques oppose le secret des affaires à la représentation nationale, voilà qui n'est pas acceptable, quel que soit le député qui pose la question.




Même chose pour la neutralité. Tout est parti d'une vidéo montrant deux journalistes vedettes du service public attablés avec deux responsables socialistes. Une conversation de café ne fait pas un complot. Mais quand une partie des Français ne se reconnaît plus dans les antennes qu'elle finance, le problème est réel, et le nier ne le fait pas disparaître. La grève de deux jours à Radio France, en septembre, contre l'arrivée à France Inter d'un journaliste venu de Valeurs actuelles, a donné au rapporteur un argument qu'il n'aurait pas osé inventer : le pluralisme y semble toléré tant qu'il reste du même côté.

Un service public payé par tous ne peut pas ressembler à quelques-uns.
Le dossier en chiffres
12 contre 10 — le vote d'adoption du rapport, le 27 avril 2026
Plus d'un milliard d'euros par an — les économies proposées, environ un quart du financement
2 chaînes et 1 radio supprimées, 6 antennes fusionnées en 3 — dans le projet du rapporteur
46 millions d'euros — les économies finalement demandées à France Télévisions, selon lui

Le récit qu'il faut lire avec prudence

Puis vient le roman. Filatures dans Paris, rendez-vous clandestins, tentatives de « l'acheter », photos de paparazzi dans Paris Match qui, selon Mediapart cité dans le livre, auraient circulé chez Xavier Niel avant publication, conseils appuyés de Sarah Knafo l'invitant à épargner Mediawan, comédien lui criant de « le mettre dehors » à La Rotonde. Certains de ces épisodes sont peut-être exacts. 

Mais ils restent, à ce stade, la version d'un seul homme, qui a fait de sa propre exposition médiatique une stratégie assumée : sans lumière, dit-il, la commission serait morte.

Un détail affaiblit d'ailleurs sérieusement la thèse du complot. Jérémie Patrier-Leitus, le président Horizons de la commission, qu'Alloncle accuse d'avoir manœuvré contre lui, a voté pour son rapport. Sans sa voix, le texte tombait. Étrange conspirateur que celui qui sauve l'œuvre de sa victime.

Et puis il y a l'ironie qu'on ne peut taire. Le député dénonce la connivence entre médias, argent et politique. Son livre paraît chez Fayard, propriété de Vincent Bolloré, et il en a fait la promotion dans le JDD, propriété de Vincent Bolloré, milliardaire dont les médias mènent depuis des mois campagne contre l'audiovisuel public. On peut avoir raison sur le fond et être soi-même pris dans ce qu'on dénonce. Mais alors on perd le droit de parler en chevalier blanc.





Dénoncer la connivence depuis une maison d'édition Bolloré, c'est changer de connivence, pas en sortir.

Réformer n'est pas détruire

Le véritable enjeu n'est ni Alloncle ni ses adversaires. Il est de savoir si l'audiovisuel public peut être réformé ou s'il faut, comme le souhaitent le RN et ses alliés, le réduire au minimum, voire le privatiser. 

Le rapporteur propose de confier la nomination des présidents à l'Élysée : est-ce vraiment une garantie d'indépendance, ou le retour de l'ORTF ? 

La gauche, de son côté, répond à chaque critique par une tribune de trois cents personnalités, comme si le service public était sa propriété. Les deux camps se renvoient l'accusation de capture. Les deux ont en partie raison.




Ce dont la France a besoin, c'est d'un audiovisuel public plus sobre, plus transparent sur ses contrats, plus pluraliste dans ses rédactions, et indépendant de tous les pouvoirs, ceux de l'Élysée comme ceux des milliardaires. 

Ce n'est ni la forteresse que l'on défend par réflexe, ni la ruine que certains espèrent racheter « à vil prix ».

Charles Alloncle jure de dire toute la vérité. Il en dit une partie. L'autre partie, c'est à nous de la chercher. 


Réfléchissez, il est encore temps.

© JBCH Réflexions  Octobre 2026