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jeudi 15 octobre 2026

Le Nectar d'Israël. JBCH N° 2610 - 255



Israël · Vin et terroir

JBCH N° 255.                                                           15 Octobre 2026

Le vin d’Israël triomphe, les boycotteurs trinquent à l’eau


La Vallée de Jezreel primée en Europe, pendant que l’Europe boycotte les vins bibliques de Judée-Samarie

Le 9 octobre, en Croatie, la Vallée de Jezreel a reçu un prix international pour la résilience de son tourisme viticole. Trois mille ans après les vendanges de la Bible, le vin d’Israël est l’un des plus beaux visages du pays. Certains, en Europe, préfèrent pourtant le cacher derrière une étiquette infamante.

Visite d’un vignoble à Tzora, dans les collines de Judée
Vignes de Tzora, sur la Route biblique du vin des collines de Judée. Photo : Ilan Shchori, PikiWiki Israel, CC BY 2.5

Jezreel, la vallée qui a résisté

La Vallée de Jezreel vient de remporter le prix « Best Resilient Practice in Wine Tourism » lors de la 11e édition des Iter Vitis Awards. La cérémonie s’est tenue le 9 octobre au domaine historique de Principovac, à Ilok, en Croatie, dans le cadre du Danube Wine Festival, devant les représentants de seize pays. 

Le jury a salué une région qui a construit son tourisme viticole malgré la pandémie, puis malgré la guerre.





18domaines fédérés dans la « Wine Valley »
16pays représentés au jury
6 anspour bâtir une destination

Au cœur de la récompense, l’initiative « Wine Valley », pilotée par le Conseil régional avec les vignerons : de nouveaux domaines, des vignobles agrandis, une école du vin à Tzipori, des festivals qui relient l’héritage agricole de la région au tourisme. 

Et surtout le Jezreel Valley Taste Pass, une plateforme numérique qui relie par QR codes et cartes interactives les domaines, les fermes, les restaurants, les ateliers d’artistes et les hébergements. 

Une région dispersée devient une seule destination. « Le prix est une reconnaissance du travail acharné et de la détermination de l’industrie touristique locale », a déclaré Michael Izhakov, directeur général du ministère du Tourisme.




Iter Vitis, « le Chemin de la Vigne », est un itinéraire culturel reconnu par le Conseil de l’Europe depuis 2009. Israël y compte quatre routes du vin :

Vallée de Jezreel18 domaines en Galilée
Route innovante du NéguevRamat Néguev, le vin du désert
Route biblique du vinCollines de Judée, Maté Yehouda
Le Chemin de JérusalemVers la ville sainte
« Et le vin qui réjouit le cœur de l’homme, et l’huile qui fait briller son visage, et le pain qui soutient le cœur de l’homme. »Psaumes 104:15

Le plus vieux vignoble du monde

Le vin d’Israël n’est pas une mode : c’est une mémoire. À Gabaon, au nord de Jérusalem, les archéologues ont mis au jour une cave à vin de l’époque des rois de Juda, avec des anses de jarres gravées au nom des vignerons. 



À Yavné, ils ont découvert en 2021 un complexe viticole byzantin capable de produire près de deux millions de litres par an, le fameux « vin de Gaza » exporté dans tout le bassin méditerranéen. Les pressoirs taillés dans la roche jalonnent encore les collines de Judée et de Samarie.

Le complexe viticole byzantin de Yavné
Le complexe viticole byzantin de Yavné, mis au jour en 2021. Photo : Gveret Tered, CC BY-SA 4.0
Bouteilles de vins israéliens
Les vins d’Israël, désormais primés dans les concours internationaux. Photo : CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
« Tu planteras encore des vignes sur les montagnes de Samarie ; les planteurs planteront, et ils en cueilleront les fruits. »Jérémie 31


Les boycotteurs, ou la haine en bouteille

Les vignerons de Shilo, de Psagot ou du Goush Etzion font revivre exactement les terres que décrit la Bible. C’est précisément leur vin que l’Europe a choisi de stigmatiser.

Comment on boycotte un vin biblique

  • 2019, Cour de justice de l’Union européenne : à l’issue d’une procédure engagée par le domaine de Psagot contre l’étiquetage français, elle impose que les produits des implantations portent la mention « colonie israélienne ». Une étiquette réservée, parmi tous les territoires disputés du monde, au seul État juif.
  • Canada, 2019 : une militante attaque en justice les étiquettes des vins de Psagot et de Shiloh.
  • 2025 : la Slovénie, puis l’Espagne, interdisent l’importation des produits des implantations ; l’Irlande prépare une loi similaire.

Personne, à Bruxelles, n’exige d’étiquette « colonie » pour les vins du nord de Chypre, occupé par la Turquie depuis 1974. 

Seul le vin juif, produit sur la terre où le vin juif est né, mérite l’opprobre. Cela porte un nom : deux poids, deux mesures. 

Et quand cette exception ne vise que les Juifs, cela en porte un autre.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo au domaine de Psagot en 2020
Le 19 novembre 2020, Mike Pompeo devient le premier secrétaire d’État américain à visiter un domaine de Judée-Samarie : Psagot, celui-là même que l’Europe voulait étiqueter. Photo : Matty Stern / ambassade des États-Unis à Jérusalem, CC BY 2.0

Le boycott ne nuit d’ailleurs pas seulement aux Israéliens. 

Dans ces domaines travaillent aussi des arabes souvent mieux payés 

Les boycotteurs, au nom de la population bédouine  leur retirent leur gagne-pain. Ils ne servent aucune cause ; ils servent leur bonne conscience.




Les vignes de Samarie ont été plantées avant que l’Europe n’existe. Elles lui survivront.



 

Le prophète Amos l’avait annoncé : « Ils planteront des vignes et ils en boiront le vin. » C’est chose faite. Que Bruxelles étiquette, que les militants boycottent : à Jezreel, à Shilo, à Psagot, on vendange. Et le monde, lui, vient goûter.

© JBCH Octobre 2026

Sources : VINnews, VINOvation (15 octobre 2026) ; Iter Vitis ; Cour de justice de l’Union européenne, arrêt du 12 novembre 2019 (C-363/18) ; Autorité israélienne des antiquités (Yavné, 2021). Photos : Wikimedia Commons.

L'exemple de Babel. JBCH N° 2610 - 254

 Torah · Philosophie

Babel ou l’échec de la civilisation

L’humanité est en construction


JBCH N°254                                                  15 Octobre 2026

Béréchit 11, 1-9

Un texte de 9 versets qui contient toute l’histoire politique de l’humanité.

La Tour de Babel de Pieter Bruegel l’Ancien
Pieter Bruegel l’Ancien, La Tour de Babel, 1563, Kunsthistorisches Museum, Vienne. Domaine public, Wikimedia Commons
« Toute la terre avait une seule langue et des mots uniformes… Ils se dirent l’un à l’autre : Allons, faisons des briques et cuisons-les au feu. Et ils dirent : Bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête est dans le ciel, et faisons-nous un nom, de peur d’être dispersés sur toute la face de la terre. »Béréchit 11

1Le projet : une seule humanité contre le Ciel

Le midrach est sans ambiguïté : la tour n’est pas un exploit technique, c’est une déclaration de guerre théologique.

« Montons au ciel, frappons-le à la hache, et installons notre propre idole au sommet. »

Trois verbes résument l’idéologie de Babel :

a) Bâtir une ville fermée. Après le déluge, l’ordre divin est clair : « Remplissez la terre ». Babel refuse la dispersion. Elle veut la concentration, le ghetto mondial, le contrôle total. Première ville totalitaire.
b) Se faire un nom – Naassé lanou chem. C’est l’inverse d’Avraham, à qui D.ieu dira « Je ferai grand ton nom ». Babel ne veut pas recevoir son nom, elle veut se le fabriquer. C’est l’auto-divinisation. L’homme qui ne doit plus rien à personne.
c) Atteindre le ciel. Le ciel n’est pas une altitude, c’est une prérogative. « Nous serons comme des dieux ». Les bâtisseurs ne veulent plus être créatures, ils veulent être Créateurs.

C’est pour cela que la Torah insiste : « une seule langue, paroles uniformes ». Ce n’est pas l’unité, c’est l’uniformité. Une pensée unique. Aucune contradiction n’est tolérée



2La sanction : 70 – 72 langues

La punition est mesure pour mesure. Vous vouliez l’uniformité ? Je vous donne la pluralité irréductible.

La tradition parle de 70 langues qui émergent à Babel, correspondant aux 70 nations descendues de Noa’h. D’autres sources comptent 72, selon la traduction de la Septante. Peu importe le chiffre : c’est le symbole de la totalité du morcellement humain.

Et le texte dit : « D.ieu confondit là leur langue, et de là D.ieu les dispersa ». Ce qui est brisé ce jour-là est très moderne :

la communication se brisa
la construction s’arrêta
l’humanité fut dispersée

Babel est le premier effondrement d’un projet mondialisé sans fondation morale. Les hommes ne peuvent plus s’entendre, se comprendre ni travailler ensemble. Non pas parce qu’ils parlent fort, mais parce qu’ils ne parlent plus la même langue intérieure.




3La leçon morale : pourquoi Babel échoue ? Les 7 Lois Noa’hides

Babel échoue parce qu’elle viole le socle minimal de toute civilisation viable, donné juste avant : les Cheva Mitsvot Bné Noa’h. 

Ces 7 lois universelles sont :

1Ne pas idolâtrer
2Ne pas blasphémer le Nom
3Ne pas assassiner
4Ne pas commettre adultère / inceste
5Ne pas voler
6Établir des tribunaux de justice
7Ne pas manger un membre arraché d’un animal vivant

Babel viole les 7

  • Idolâtrie de soi-même (1, 2)
  • Mépris de l’autre (si tu ne penses pas comme moi, tu n’es plus mon frère) – porte au meurtre (3)
  • Vol de la place divine (5)
  • Refus de toute justice transcendante (6) : à Babel, c’est la tour qui fait la loi.

Sans ces 7 piliers, aucune tour ne tient. La brique cuite la plus solide ne remplace pas l’éthique.

C’est cela l’échec de la civilisation : croire que la technologie remplace la morale.

 



4Ce que disent les Prophètes : Babel n’est pas finie

Pour les Prophètes, Babel n’est pas un souvenir, c’est un prototype qui revient à chaque empire.

Tsephania 3:9Le Tikoun de Babel

C’est le prophète qui annonce la réparation : « Alors Je transformerai les peuples en une lèvre pure – safa beroura – pour qu’ils invoquent tous le Nom de D.ieu ». À Babel, D.ieu a brouillé la langue. 


À la fin des temps, Il ne rendra pas une langue unique totalitaire, mais une langue claire où l’on peut enfin s’entendre sans se dominer. La pluralité réconciliée.

Isaïe 2:12-17Contre les tours

« Car il est un jour pour D.ieu des armées contre tout ce qui est orgueilleux et hautain… contre toute tour élevée et contre toute muraille fortifiée ». 


Isaïe voit Babel dans chaque empire qui croit que sa hauteur le rend éternel : Assyrie, Babylone, Rome. La tour est le symbole de l’orgueil politique.

Jérémie 50-51Babel devient Babylone

Jérémie fait le jeu de mots voulu par la Torah : Babel / Bavel / Bilboul – confusion. 


La Babylone historique qui détruira le Temple est la réincarnation de la tour. Elle dit « Je suis, et il n’y en a pas d’autre que moi ». Sa chute sera identique : dispersion.






5Le cours de Gilles Hanus : « L’humanité est en construction »

C’est ici que le cours de Gilles Hanus qui en fait un large exposé dans Akadem, est décisif. Hanus propose de ne pas lire Babel comme une punition, mais comme une condition de possibilité de l’humain.

Pour Hanus, si D.ieu n’avait pas dispersé Babel, l’humanité se serait auto-anéantie. 

Une humanité à langue unique, à pensée unique, à projet unique, c’est une humanité sans altérité. Et sans altérité, il n’y a pas d’humanité.

L’humanité n’est pas donnée, elle est en construction.

Babel veut finir l’humanité trop vite. Une tour finie, un sommet qui touche le ciel, un nom définitif. C’est une clôture. Or, être homme, dans la pensée juive, c’est rester ouvert, inachevé.

La dispersion n’est donc pas une malédiction, c’est une grâce philosophique. Obliger les hommes à avoir 70 langues, c’est les obliger à traduire. Et traduire, c’est déjà reconnaître que l’autre pense autrement, et que je dois faire un effort pour aller vers lui.

Ce récit décrit « la tentative des hommes d’atteindre le ciel puis l’intervention divine pour limiter leur folie de grandeurs ». Hanus ajoute : cette limite sauve l’homme de lui-même.

Dans cette lecture, les 7 lois noa’hides ne sont pas des interdits négatifs, ce sont les échafaudages du chantier. Elles sont le minimum pour que le chantier « humanité » ne s’effondre pas à nouveau. La justice, le respect de la vie, l’interdit de l’idolâtrie de soi : voilà les fondations.

Babel échoue parce qu’elle a voulu construire la tour sans échafaudage. Elle a voulu le toit sans les murs. Le vrai chantier commence juste après Babel, avec un homme qui accepte l’inverse : Abraham.




BabelUne ville fermée, une tour qui monte, un nom fabriqué, une seule langue.
AbrahamIl quitte sa terre, sa ville, sa tour natale, accepte d’être dispersé, pour construire non pas une tour qui monte, mais une tente ouverte aux quatre vents.
Babel voulait atteindre le ciel.
Abraham fera descendre le ciel sur terre.

© JBCH Octobre 2026

La Paix entre l'Arménie et l'Azerbaidjan JBCH N° 2610 - 253





 


Caucase · Géopolitique
JBCH N° 253                                                           15 Octobre 2026


Arménie–Azerbaïdjan : la paix qui dérange Moscou et Ankara


Nikol Pachinian se donne jusqu’à 2031 pour signer un traité historique

Après trente ans de guerres pour le Karabakh, Erevan et Bakou s’acheminent vers un traité de paix négocié sous l’égide de Washington. 

Une perspective qui réjouit les Arméniens fatigués de la guerre, beaucoup moins Vladimir Poutine, et pas tout à fait Recep Tayyip Erdoğan.

« La signature d’un traité de paix avec l’Azerbaïdjan est l’une des questions les plus importantes pour le gouvernement, et pour moi à titre personnel. » Le premier ministre arménien Nikol Pachinian l’a déclaré ce jeudi 15 octobre en conseil des ministres. Reconduit lors des législatives de juin, il s’est fixé un cap : la signature et la ratification du traité avant 2031.

« Je me suis fixé une tâche, un calendrier précis : régler cette question avant 2031. J’entrevois une telle possibilité. Sinon, je ne soulèverais pas cette question. »
— Nikol Pachinian, premier ministre arménien





Trente ans de guerre pour le Karabakh

Depuis la fin de l’Union soviétique, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont affrontés à deux reprises pour le Haut-Karabakh, un territoire peuplé d’Arméniens mais situé en Azerbaïdjan. En 2023, Bakou en a repris le contrôle par la force, provoquant l’exode de 100 000 Arméniens.

1991-1994Première guerre du Karabakh, remportée par les Arméniens.
2020Guerre de 44 jours : l’Azerbaïdjan, armé par la Turquie et Israël, reprend une large partie du territoire.
Sept. 2023Offensive éclair de Bakou ; 100 000 Arméniens fuient le Karabakh.
Août 2025Accord de paix paraphé à la Maison-Blanche, sous l’égide de Donald Trump.
Juin 2026Nikol Pachinian remporte les législatives.
15 oct. 2026Il fixe l’horizon 2031 pour signer et ratifier le traité.


Un traité paraphé, mais pas encore signé

L’accord a été paraphé à Washington en août 2025, mais il n’a été ni signé ni ratifié. Bakou pose une condition : une révision de la Constitution arménienne. Celle-ci fait référence à la déclaration d’indépendance de 1990, qui appelait à l’unification avec le Karabakh. Pour l’Azerbaïdjan, c’est une revendication territoriale. Erevan conteste cette lecture et fait valoir que le traité lui-même règle la question. Mais toute modification constitutionnelle devra passer par un référendum national, ce qui explique le calendrier long fixé par Pachinian.





Ce que prévoit le projet de traité

  • Le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale.
  • La renonciation à toute revendication territoriale.
  • L’établissement de relations diplomatiques.
  • À terme, la réouverture des voies de transport à travers le Caucase.

Pourquoi Moscou et Ankara font grise mine

Cette paix se négocie sans la Russie. C’est là toute sa portée. Pendant trente ans, Moscou s’était posé en arbitre incontournable du Caucase, vendant des armes aux deux camps et déployant ses « soldats de la paix » au Karabakh. 

En 2023, ils n’ont rien empêché. L’Arménie en a tiré les leçons : elle a gelé sa participation à l’alliance militaire dominée par Moscou, se tourne vers l’Europe, et Erevan dit désormais ne pas s’opposer au départ de la base militaire russe de Gyumri, qui « n’apporte rien à la sécurité de l’Arménie ».


Pour PoutineUne humiliation : la Russie perd son rôle d’arbitre, l’Arménie lui échappe, et c’est Washington qui parraine la paix dans ce qu’elle considérait comme son arrière-cour.
Pour ErdoğanUn succès en demi-teinte : son allié azerbaïdjanais l’emporte, mais c’est Trump, et non Ankara, qui récolte les lauriers de la paix et pilote le futur corridor de transport.

Recep Tayyip Erdoğan, parrain militaire de Bakou, voit son allié gagner sur toute la ligne. Mais il voit aussi les États-Unis s’installer durablement dans une région qu’il voulait sienne, au carrefour de la Turquie, de l’Iran et de la mer Caspienne. 

Quant à l’Iran, voisin des deux pays, il assiste impuissant à la montée en puissance d’un axe Bakou–Washington, alors que l’Azerbaïdjan est aussi l’un des partenaires les plus proches d’Israël.





Le Caucase a longtemps été le terrain de jeu des empires russe, ottoman et perse. Si ce traité est signé, il sera pour la première fois une paix voulue par les peuples eux-mêmes, parrainée de loin par l’Amérique. C’est précisément ce que ni Moscou ni Ankara ne souhaitaient voir.

© JBCH Octobre 2026 

Source : Le Figaro avec AFP, « L’une des questions les plus importantes pour le gouvernement : l’Arménie espère signer un traité de paix avec l’Azerbaïdjan d’ici cinq ans », 15 octobre 2026.

Elections dans 12 jours en Israël. JBCH N° 2610 - 252


Ce serait le premier sépharade a acceder a cette fonction 


Israël · Élections législatives
JBCH N°252                                                                      15 Octobre 2026

J – 12 · mardi 27 octobre 2026

Israël vote dans douze jours

JBCH reprisse de  Gregg Roman · 15 octobre 2026 · Middle East Insider


Ce scrutin est présenté comme l’un des plus importants de l’histoire du pays. Voici ce qui est en jeu, pour les lecteurs hors d’Israël.

Israël votera le mardi 27 octobre pour élire la 26e Knesset. C’est la première élection depuis le massacre du 7 octobre et depuis le début de la guerre avec l’Iran. 

C’est aussi la première depuis le cessez-le-feu à Gaza, entré en vigueur il y a un an. 

La dernière élection remontait à novembre 2022. La coalition élue alors disposait de 64 sièges jusqu’à la dissolution de la Knesset, le 17 juillet.




26eKnesset
120sièges
61sièges pour gouverner
3,25 %seuil d’éligibilité

Ce qui est en jeu

La guerre avec l’Iran

Le prochain gouvernement décidera de la reprise éventuelle des frappes. Le Premier ministre a déclaré cette semaine à la radio militaire que frapper avant le vote ne serait pas opportun. 


Le chef d’état-major aurait indiqué à des généraux américains qu’une frappe dans les prochaines semaines pourrait retarder l’élection. Le président américain a, de son côté, écrit que les États-Unis n’attaqueraient pas l’Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.

Gaza, un an après

Le département d’État dit constater de réels progrès vers une Gaza démilitarisée. D’autres analyses estiment que le Hamas reste la seule administration fonctionnelle à Gaza et que ses membres sont toujours armés. La mise en œuvre du plan de paix et du Conseil de paix attendrait en partie le résultat israélien.

Qui sert sous les drapeaux

Les partis ultraorthodoxes disent qu’ils ne rejoindront aucun gouvernement sans une loi exemptant les étudiants de yeshiva de la conscription. ce qui est une abherration 


La plupart des autres partis disent l’inverse. Selon le Jewish People Policy Institute, 64 % des Israéliens s’opposent au rétablissement de l’exemption. Aucun gouvernement ne peut se former sans trancher cette question.

La justice

Le ministre de la Justice Yariv Levin a déclaré que si la droite gagne, la Cour suprême aura d’autres juges et un système judiciaire différent. 


Deux tiers de la Cour doivent être remplacés lors du prochain mandat, et une loi de 2025 donne à la prochaine Knesset un rôle accru dans leur nomination.

Le 7 octobre

Il n’y a toujours pas de commission d’enquête d’État sur le massacre. L’opposition promet d’en créer une comme premier acte. 


Le parti Sionisme religieux s’y oppose si ses membres sont nommés par le président de la Cour suprême. Le Likoud ne s’est pas prononcé. Un sondage de Channel 12 donne  plus de 66 % de soutien à une telle commission.

L’économie

La Banque d’Israël chiffre le coût des guerres depuis 2023 à environ 350 milliards de shekels, soit environ 114 milliards de dollars, dont la moitié empruntée. 


L’agence Fitch a maintenu la note A avec perspective négative et avertit qu’une longue période de gouvernement intérimaire ou une répétition de l’élection retarderait l’assainissement budgétaire.

Washington

L’accord d’aide décennal de 3,8 milliards de dollars par an expire en 2028, et les négociations pour la suite sont en cours. Le plan pour Gaza, la piste saoudienne et la décision sur l’Iran dépendent du résultat. 








Interrogé sur un éventuel soutien à un candidat, le président américain a dit ne pas y avoir pensé, puis a ajouté qu’il pourrait « faire quelque chose ».

Comment fonctionne le système, et où en sont les sondages

Israël pratique la proportionnelle intégrale, avec une circonscription nationale unique.

1circonscription unique
120sièges
3,25 %seuil
61majorité

Le Middle East Forum ne soutient aucun parti. Son agrégateur, israelvote.meforum.org, compile toutes les projections publiées cette année, soit 326 au 15 octobre, chacune reliée au rapport du sondeur.

Moyenne des sondages (mercredi 14 octobre)

Projection en sièges sur 120 — la ligne rouge marque la majorité de 61
Bloc Netanyahou54
Partis d’opposition52
Listes arabes14
┆ majorité : 61 sièges

Aucun institut ne donne l’opposition à 61 sans les listes arabes. 

L’analyste Shmuel Rosner estime très faible la probabilité qu’un bloc atteigne seul la majorité.



Le seul pays du moyen-orient dans lequel les femmes arabes votent librement


Aucun bloc n’atteint 61 sièges dans la moyenne des sondages.


Les arabes israéliens : une force qu'on projette à 14 sièges 

 

Ce qui peut se passer après

Si aucun bloc n’atteint 61 sièges, trois scénarios se dessinent :

1Un gouvernement d’union élargie.
2Un gouvernement minoritaire soutenu de l’extérieur par les listes arabes.
3Une longue période de gouvernement intérimaire, suivie d’une nouvelle élection.
Chacun de ces scénarios aura des conséquences directes sur l’Iran, Gaza, la conscription, la justice et les négociations avec Washington.

Source : Gregg Roman, « Israël vote dans douze jours », Middle East Insider (Middle East Forum), 15 octobre 2026. Sondages : israelvote.meforum.org.

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