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mercredi 4 février 2026

Résultats d'une politique écologique néfaste JBCH N° 2602 - 853

Pauvre France 

Les écologistes bloquent son avenir industriel et financier


Le débat autour de la mine de lithium d’Échassières rappelle fortement un précédent majeur : l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste en France, votée en 2011. Dans les deux cas, un refus idéologique porté par l’écologie politique a conduit à des décisions lourdes de conséquences, prises au nom de principes absolus, sans véritable mise en balance des intérêts stratégiques, économiques et géopolitiques du pays.





Concernant le gaz de schiste, la France disposait de ressources considérables, parmi les plus importantes d’Europe. Leur exploitation maîtrisée aurait pu assurer une quasi-indépendance énergétique, réduire massivement les importations de gaz russe, qatari ou américain, améliorer la balance commerciale, préserver l’industrie, et offrir un levier de souveraineté comparable à celui des États-Unis. 






Au lieu de cela, sous la pression d’écologistes dogmatiques, souvent peu au fait des réalités technologiques et industrielles, toute recherche et toute expérimentation ont été interdites, sans même laisser la possibilité d’innovations plus propres ou de cadres réglementaires stricts.



De nouvelles technologies, comme la fracturation par micro-ondes, impulsions électriques ou gaz comprimé, ouvrent la voie à une exploitation du gaz de schiste plus propre et plus maîtrisée. Ces méthodes innovantes permettent de réduire fortement l’usage de l’eau et des produits chimiques, limitant ainsi les risques pour l’environnement. Encore en phase de développement, elles pourraient à terme transformer durablement l’industrie énergétique.


Le Canada, les USA et bien d'autres pays commencent à utiliser ces nouvelles techniques et nous vendent, ô On a compté plus de 500 000 emplois directs ou indirects gagnés pour notre économie et une balance des comptes excédentaire




Le projet de lithium révèle aujourd’hui la même contradiction fondamentale. Les mêmes courants écologistes qui ont refusé toute exploitation nationale du gaz de schiste dénoncent désormais l’extraction du lithium, pourtant indispensable à la transition énergétique qu’ils appellent de leurs vœux. 



Résultat : la France est prise en étau. Elle interdit l’extraction de ressources sur son sol au nom de la pureté écologique, tout en externalisant les dégâts environnementaux vers l’Australie, le Chili, la Chine ou l’Afrique, où les normes sont souvent bien plus laxistes. Cette posture relève moins de l’écologie que d’un confort moral hypocrite.




Dans les deux cas, l’écologie politique a fonctionné comme une religion séculière, fondée sur l’interdit, l’émotion et le slogan, plutôt que sur l’analyse scientifique, la comparaison internationale et l’arbitrage rationnel des risques. Elle a contribué à affaiblir la souveraineté énergétique française, à renchérir les coûts pour les ménages et les entreprises, et à désindustrialiser le pays — tout en prétendant défendre l’intérêt général.


L’ironie est cruelle : le lithium n’est pas plus “propre” que le gaz de schiste. Il exige des mines profondes, une chimie lourde, une consommation massive d’eau et d’énergie, et des impacts paysagers durables. Refuser le gaz hier et le lithium aujourd’hui revient à refuser toute réalité matérielle, comme si une économie moderne pouvait fonctionner sans extraire, transformer et assumer ses choix.




Ainsi, loin d’être une victoire écologique, ces interdictions successives traduisent une incompétence stratégique et une incapacité à penser la transition autrement que par l’interdiction. Une écologie responsable devrait viser la maîtrise nationale, la technologie, le contrôle démocratique et la réduction globale des impacts — pas l’abdication industrielle et la dépendance permanente.



mardi 3 février 2026

La communauté Juive aux USA Diversité ! JBCH N° 2602 - 852

L’histoire des relations entre communautés noires et juives aux États-Unis : 

L'Exode

La série documentaire Black and Jewish America: An Interwoven History, diffusée à partir de mardi soir, utilise ce cadre convivial pour aborder des questions historiques et contemporaines parfois difficiles.


La réunion réunit des participants issus de la diversité juive, y compris de nombreux Juifs noirs, pour discuter du rôle central de l’histoire de l’Exode dans leurs traditions respectives.






 La série ne minimise pas les tensions et souligne que la libération des Juifs de l’esclavage en Égypte ne se traduit pas directement par un parallèle clair avec l’expérience des Afro-Américains. 


Nate Looney, directeur de la sécurité communautaire à la Jewish Federations of North America, souligne : « Chaque année, nous célébrons notre liberté en tant que Juifs. Mais en tant qu’Afro-Américains, on nous dit souvent de ‘passer à autre chose’ et d’oublier l’esclavage. »




Animée par l’historien d’Harvard Henry Louis Gates Jr.  en quatre épisodes,  retrace cinq siècles de cohabitation, de conflits et d’alliances entre Juifs et Noirs américains. 


Elle revient sur des moments clés comme la traite transatlantique des esclaves, les migrations massives d’Afro-Américains et de Juifs européens, le lynchage de Leo Frank, le mouvement des droits civiques, les émeutes de Crown Heights,la naissance du Jazz,  le rassemblement suprémaciste de Charlottesville en 2017, et l’activisme post-7 octobre.




La série met en lumière que les alliances et les tensions actuelles sont le produit d’une histoire longue et complexe, façonnée par l’oppression et le racisme structurel, et non seulement par les événements des années 1960 et 1970. 



« Beaucoup de discussions précédentes se concentraient soit sur un âge d’or supposé, soit sur les divisions récentes, mais nous essayons d’avoir une vision globale de la manière dont race et caste se sont établies en Amérique », explique Sara Wolitzky, co-productrice et réalisatrice.





La série illustre comment des histoires parallèles peuvent s’entrelacer et comment la mémoire, la tradition et l’activisme continuent de tisser des liens entre communautés historiquement marginalisées. 


En utilisant le seder et l'Exode comme point de départ,   la commémoration et le dialogue sont des outils essentiels pour comprendre et renforcer la solidarité entre Juifs et Afro-Américains aujourd’hui.



Vers une Carte de Crédit Européenne. JBCH N° 2602 - 851

Paiements : pourquoi l’Europe reste sous dépendance américaine


Je regrette de laisser toute l'économie européenne dans les mains de l'Oncle Sam ... Toutes les cartes de crédit, donc toutes nos transactions industrielles, professionnelles ou personnelles restent entre leur mains ... Dépendance et asservissement, tout comme nos communications téléphoniques, ou l'espionnage sur les réseaux sociaux .. pas que je sois anti-américain mais simplement par simple pudeur.


Malgré ses 450 millions d’habitants et la puissance de son marché intérieur, l’Union européenne demeure largement dépendante des réseaux américains Visa et MasterCard pour ses transactions quotidiennes. 




En 2024, plus de 60 % des paiements par carte en Europe transitaient encore par ces deux géants. Une situation qui interroge, à l’heure où la souveraineté économique est devenue un enjeu stratégique majeur.


Pour tenter d’y remédier, les acteurs européens accélèrent leur rapprochement. L’European Payments Initiative (EPI), à l’origine de l’application Wero, s’allie désormais aux solutions nationales du Sud et du Nord de l’Europe, comme Bizum, Bancomat ou Vipps. Objectif : créer un hub paneuropéen capable de relier les systèmes existants et de faciliter les paiements transfrontaliers sans passer par les réseaux américains. La plateforme doit voir le jour en 2026, pour une montée en puissance en 2027.




Cette initiative marque un tournant, mais elle reste limitée. L’ambition initiale d’une carte bancaire européenne unique a été abandonnée dès 2022, faute d’accord entre les grandes banques. À la place, l’Europe mise aujourd’hui sur l’interopérabilité et le numérique, plutôt que sur un véritable réseau souverain.


Une hésitation qui révèle des blocages structurels. D’abord, les divisions internes. Les établissements bancaires européens demeurent profondément concurrents et peinent à sacrifier leurs intérêts nationaux au profit d’un projet commun. Contrairement aux États-Unis, aucun acteur n’a réussi à fédérer durablement le secteur.




Ensuite, le poids de l’existant. Visa et MasterCard offrent une couverture mondiale, une infrastructure éprouvée et des coûts compétitifs. Pour les banques, s’en détacher implique des investissements massifs et des risques opérationnels importants. Beaucoup préfèrent donc la sécurité du statu quo.




À cela s’ajoute le coût colossal d’un réseau indépendant. Développer une alternative crédible suppose des milliards d’euros d’investissements en cybersécurité, centres de données, lutte contre la fraude et compatibilité internationale. Peu d’États membres se montrent prêts à en assumer seuls la charge.




Mais la principale faiblesse reste politique. L’Union européenne n’a jamais imposé de stratégie claire et contraignante en matière de paiements. Là où Washington ou Pékin n’hésitent pas à soutenir leurs champions, Bruxelles privilégie les compromis. Le secteur est laissé aux acteurs privés, sans impulsion décisive.




La dépendance européenne n’est pas sans conséquences. Les sanctions américaines, qui ont récemment privé certains responsables européens de moyens de paiement, ont servi d’électrochoc. Elles ont rappelé que les réseaux financiers sont aussi des instruments de pouvoir géopolitique.


Dans ce contexte, disposer d’une carte 100 % européenne représenterait un atout stratégique majeur : protection des données, indépendance vis-à-vis des sanctions étrangères, maîtrise des flux financiers, réduction des commissions versées aux groupes américains.


Pour l’instant, l’Europe avance à petits pas. Wero et EPI constituent une première étape, mais ils ne remplacent pas un véritable réseau de cartes souverain. Le retard accumulé depuis plusieurs décennies pèse lourd. Visa et MasterCard ont construit leur domination dès les années 1970. L’Union européenne tente aujourd’hui de combler quarante ans d’inaction.


Reste une question centrale : l’Europe est-elle prête à assumer le coût politique et financier de son indépendance monétaire numérique ? Tant qu’une volonté commune forte ne s’imposera pas, la souveraineté des paiements restera un objectif proclamé, plus qu’une réalité.



On parle de Jetro cette semaine ? les Dix Commandements JBCH N° 2602 -850

Lecture des Dix Commandements 


Tous les juifs tunisiens ne peuvent oublier la fête des garçons, car une épidémie tochant les petits garçons juifs en 1758 s'est arrêtée miraculeusement ce jour ... 


Yithro est la paracha des « nouveaux rapports » : entre Dieu et Israël, entre le dirigeant et son peuple, entre Israël et les nations ; c’est un miroir très direct de la reconfiguration actuelle entre Israël et le monde arabe.




Yithro, prêtre de Madian nous éclaire à travers le regard arabe sur Israël ...Yithro n’est pas un Hébreu : c’est un prêtre madianite, un Arabe descendant d’Avraham, qui reconnaît la main de Dieu dans la délivrance d’Israël et vient s’associer, sans renier son identité, à l’histoire du peuple juif.



Son geste préfigure ces élites arabes qui, des Émirats au Maroc, lisent la puissance et la résilience israéliennes non plus comme une anomalie coloniale, mais comme un fait durable avec lequel il faut construire, qu’il s’agisse des Accords d’Abraham ou des rapprochements sécuritaires discrets fondés sur la peur commune de l’Iran.




Yithro arrive après les plaies et la traversée de la mer : il ne vient pas par amour abstrait du peuple juif, mais parce qu’il « entend » les faits, les victoires, les miracles, et comprend de quel côté se trouve l’avenir.



Les États arabes normalisateurs réagissent de façon comparable : ils lisent la carte du Moyen-Orient post-2011, la montée de l’axe iranien, le poids technologique et militaire d’Israël, et choisissent une convergence stratégique plutôt qu’une hostilité stérile au nom d’un panarabisme épuisé.






Le conseil de Yithro est celui d’un chef assiégé par un État structuré : Au centre de la paracha, Yithro dit à Moïse : « Ce que tu fais n’est pas bon… Tu t’épuiseras, toi et ce peuple… tu ne peux pas faire cela tout seul », 



Ce passage parle directement à un Israël contemporain sommé de passer d’une logique de siège permanent à un État de droit résilient, capable de gérer terrorisme, fractures internes et intégration régionale sans s’effondrer sous la centralisation politique et sécuritaire.


Face à un environnement arabe fragmenté :  États faillis, proxis et milices pro‑iraniennes, normalisateurs prudents, la tentation d’un pouvoir israélien ultra‑concentré est forte, au nom de la sécurité.



Yithro propose un autre modèle : déléguer, responsabiliser des échelons intermédiaires, diffuser l’éthique du jugement juste dans tout le corps social ; c’est précisément ce dont dépend la crédibilité d’Israël quand il se présente, vis‑à‑vis des voisins sunnites, comme un partenaire stable, juridiquement fiable et non comme une forteresse improvisant au gré des crises.Il lui dit : « Ce que tu fais n’est pas bon, tu t’épuises et le peuple aussi attend trop longtemps. »




Yitro conseille : « Représente le peuple devant Dieu pour les grandes affaires, enseigne-leur les lois et le chemin à suivre. » « Choisis des hommes capables, craignant Dieu, intègres : chefs de mille, de cent, de cinquante et de dix. » « Qu’ils jugent les petites causes eux-mêmes ; les cas difficiles, ils te les apporteront : ainsi tu seras soulagé et le peuple jugé plus vite. »

(Moïse suivit ce sage conseil – Exode 18)




l'épisode du Sinaï dessine  un particularisme pour une vocation universelle : Au Sinaï, Dieu dit à Israël : « Vous serez pour Moi un trésor parmi tous les peuples… un royaume de prêtres et une nation sainte », avant de donner les Dix Commandements.



Le texte assume une élection particulière, mais pour une fonction de médiation : le prêtre n’existe que pour servir d’interface entre le sanctuaire et le monde; Israël est appelé à porter un cadre moral universel en interdisant le meurtre, le vol, le faux témoignage,  la convoitise qui dépasse infiniment les frontières du Proche‑Orient.



Dans le contexte actuel, où l’on exige souvent d’Israël qu’il s’excuse de survivre ou qu’il dissolve son identité au nom d’un universalisme abstrait, ce texte rappelle que la vraie universalité passe par un particulier assumé.[


Les accords de normalisation ne sont pas la fin du conflit des récits, mais ils entérinent déjà l’idée qu’un Israël affirmant sa spécificité juive peut être un partenaire valable, notamment sur les terrains éthiques vitaux pour les régimes arabes que sont la lutte contre l’islamisme révolutionnaire, la maîtrise technologique, la gestion sécuritaire des frontières et des espaces maritimes.






Les Dix Commandements instaurent ainsi un socle minimal : interdiction du meurtre et du vol, refus de l’idolâtrie politique, sanctification d’un temps non marchand (le Chabbat), respect des parents comme matrice de la transmission.



Transposé à la scène moyen‑orientale, ce socle est l’exact inverse de la « loi » des milices et des proxis pro iraniens: culte de la violence, instrumentalisation du nom de Dieu, économie de prédation, mépris de la vie civile. Accepter Israël, c’est aussi, pour des États arabes sunnites, se positionner du côté d’un ordre régional plus légaliste, même imparfait, contre le chaos révolutionnaire.





Au pied du Sinaï, le peuple, terrifié par la révélation directe, supplie Moïse de servir de médiateur : « Toi, parle‑nous… mais que Dieu ne nous parle pas, de peur que nous ne mourions. » 



Cette peur du face‑à‑face avec le divin résonne avec la difficulté, dans le monde arabe comme en Israël, à regarder en face la radicalité de certaines exigences éthiques : vérité sur l’antisémitisme, sur la violence islamiste, sur les impasses de décennies de refus de reconnaître la souveraineté juive.



Aujourd’hui, la médiation ne se nomme plus Moïse mais diplomates, services de renseignement, accords tactiques, forums économiques ; ils permettent d’amortir le choc entre idéal proclamé (solidarité panarabe) et intérêts nus (sécurité, technologie, survie des régimes).



Le récit particulier de Yithro et du Sinaï suggèrent toutefois que ces médiations ne sont légitimes que si elles restent arrimées à un noyau d’Alliance : un minimum non négociable de justice, de vérité et de fidélité à la parole donnée, faute de quoi la normalisation risque de devenir un simple arrangement cynique exposé au prochain séisme géopolitique.


En une phrase, Yithro offre une grille de lecture très actuelle : Israël appelé à être prêtre au milieu des nations arabes, ces nations invitées à passer du récit de la rivalité au choix de l’alliance, et des dirigeants sommés d’organiser des sociétés justes plutôt que des forteresses paranoïaques ... 


  • La paracha commence par l’arrivée de Yithro, le beau-père de Moïse, au camp d’Israël et ses conseils sur la justice (Exode 18).

  • Elle conduit ensuite à l’épisode central : Moïse monte sur le mont Sinaï et Dieu prononce les Dix Commandements devant tout le peuple (Exode 19‑20).

  • Les Dix Commandements y sont énoncés de manière claire, notamment :

    1. « Je suis l’Éternel ton Dieu… »

    2. « Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi »

    3. « Tu ne prendras pas le nom de l’Éternel en vain »

    4. « Souviens-toi du jour du Shabbat »

    5. « Honore ton père et ta mère »

    6. « Tu ne tueras point »

    7. « Tu ne commettras pas d’adultère »

    8. « Tu ne voleras point »

    9. « Tu ne porteras pas de faux témoignage »

    10. « Tu ne convoiteras pas »







Commerces et espèces ... Pourquoi laisser faire ? JBCH N° 2602 - 849

Commerces en espèces : 

Quand l’économie parallèle prospère dans l’angle mort de l’État


Dans de nombreuses villes françaises, un phénomène interpelle : la multiplication rapide de petits commerces fonctionnant quasi exclusivement en liquide. Barbiers, boulangeries, fast-foods de shawarma, épiceries de nuit, salons de manucure… 


Souvent ouverts tard, parfois presque vides, mais rarement en difficulté apparente, ces établissements suscitent de plus en plus de questions.


Derrière cette prolifération, certains enquêteurs, magistrats et services fiscaux évoquent un risque bien connu : celui du blanchiment d’argent issu du trafic de drogue, de la fraude sociale ou de réseaux criminels. Le principe est simple. Un commerce à forte circulation de cash permet d’injecter de l’argent illégal dans un circuit légal, en gonflant artificiellement le chiffre d’affaires. Une coupe de cheveux, un sandwich ou un café deviennent ainsi des outils comptables.




Plusieurs affaires judiciaires l’ont démontré ces dernières années. À Marseille, Lyon ou en région parisienne, des enquêtes ont mis au jour des réseaux utilisant des snacks, des barber shops, des massages,  ou des commerces de proximité  comme les boulangeries pour recycler des millions d’euros liés aux stupéfiants. Dans certains dossiers, ces établissements servaient aussi de lieux de rencontre, de couverture logistique ou de relais financiers.





Parallèlement, certains rapports parlementaires et services de renseignement alertent sur l’utilisation ponctuelle de micro-entreprises et d’associations comme supports de financement pour des mouvances idéologiques, notamment islamistes. 


Là encore, il ne s’agit pas d’une généralité, mais de cas ciblés, néanmoins nombreux, documentés par la justice. Quelques commerces ont ainsi été soupçonnés de reverser une partie de leurs bénéfices à des réseaux militants sous couvert d’activités licites.




Pourquoi ces pratiques prospèrent-elles ? La première raison tient à la place persistante du cash en France. Malgré la numérisation, de nombreux secteurs restent peu bancarisés. Les paiements en liquide y facilitent la dissimulation de revenus. Les contrôles, eux, sont rares, longs et complexes.




La seconde raison est administrative. Les services fiscaux, douaniers et judiciaires manquent de moyens humains. Un contrôle approfondi demande du temps, des audits croisés, des enquêtes de terrain. Face à des milliers de petits établissements, l’État ne peut pas tout surveiller.


La troisième est politique. Toute action ciblée sur certains secteurs est immédiatement accusée de stigmatisation. Les pouvoirs publics avancent avec prudence, parfois avec frilosité, de peur d’alimenter les tensions communautaires. Résultat : des zones grises persistent.


S’ajoute à cela un phénomène économique : ouvrir un barber shop ou un snack ou une onglerie coûte peu, nécessite pas de qualifications et permet de créer rapidement une façade légale. Dans certains quartiers fragilisés, ces commerces deviennent parfois les seuls acteurs visibles, comblant un vide laissé par les services publics et les grandes enseignes. A Boulogne en l'espace de 6 mois 150 barbers shop sont apparus ! 




Faut-il pour autant soupçonner systématiquement ces métiers ? Non. La majorité des commerçants travaillent honnêtement, souvent dans des conditions difficiles, avec des marges faibles et une forte concurrence. Les amalgames seraient injustes et contre-productifs. Mais le phénomène existe et se fait de plus en plus apparent.




Mais ignorer le problème serait tout aussi dangereux.Car l’économie parallèle fragilise l’économie légale, finance les réseaux criminels, fausse la concurrence et affaiblit l’autorité de l’État. Elle alimente aussi un sentiment d’impunité qui nourrit la défiance sociale.


Plusieurs experts plaident pour une réponse pragmatique : généralisation progressive du paiement électronique, contrôles fiscaux ciblés, traçabilité renforcée, coopération entre police, finances publiques et justice, et soutien aux commerçants vertueux.





La lutte contre le blanchiment ne passe pas par la stigmatisation, mais par la rigueur. Dans une société où le trafic de drogue génère des milliards, fermer les yeux sur ses circuits financiers revient à traiter les symptômes sans s’attaquer à la maladie. 


Le laisser-aller actuel n’est pas seulement un échec administratif. Il est un risque pour la cohésion nationale.




lundi 2 février 2026

L'Europe va t elle se libérer de la tutelle numérique US ? JBCH N0 2602 - 848

L’Europe peut-elle se libérer de la tutelle numérique américaine ?


« Le temps de l’attente est révolu. » En formulant ce constat sans détour, trois universitaires allemands posent une question que l’Europe a trop longtemps évitée : peut-elle encore contrôler son destin numérique ? 





À l’heure où les infrastructures informatiques structurent l’économie, la défense, la santé et l’administration, la dépendance technologique n’est plus un simple déséquilibre commercial. Elle devient un enjeu de souveraineté.



La publication, début 2025, de la Stratégie de sécurité nationale américaine a agi comme un électrochoc. En revendiquant la constitution de positions monopolistiques et l’approfondissement des dépendances stratégiques, Washington assume une vision impériale du numérique. Les grandes plateformes ne sont plus de simples entreprises privées : elles sont intégrées à un dispositif de puissance. Le cloud, les données, les réseaux deviennent des leviers géopolitiques.


Dans ce contexte, la proposition de Harald Wehnes, Julian Kunkel et Martin Weigele marque une rupture. Elle ne se contente pas de dénoncer. Elle appelle à une réorientation structurelle des politiques publiques européennes. Exclure les géants américains des marchés sensibles n’est pas un geste symbolique, mais une stratégie de reconquête. Clouds gouvernementaux, télécommunications, systèmes critiques : ces secteurs constituent aujourd’hui l’équivalent numérique des arsenaux et des centrales électriques du XXe siècle.




Leur feuille de route repose sur un principe simple : aucune souveraineté politique ne peut survivre sans souveraineté technique. Favoriser les entreprises européennes, auditer la dépendance, rompre avec les contrats verrouillés, dénoncer le « souveränitätswashing », investir massivement dans des alternatives : ces mesures dessinent une politique industrielle assumée, longtemps absente du projet européen.





La France se trouve au cœur de cette équation. Les débats récents au Sénat, l’aveu de Microsoft sur l’extraterritorialité du droit américain, ou encore les expériences locales comme à Lyon, ont mis en lumière une réalité gênante : une grande partie des services publics français repose sur des infrastructures juridiquement soumises à Washington. Le Cloud Act permet, en théorie, l’accès aux données hébergées par des entreprises américaines, même sur le sol européen. Cette vulnérabilité est structurelle.





Pourtant, l’Europe ne manque pas d’atouts. Elle dispose d’ingénieurs, de centres de recherche, de projets comme Gaia-X, d’acteurs émergents du cloud, de la cybersécurité et de l’open source. Ce qui lui fait défaut, ce n’est pas la compétence, mais la volonté politique. Depuis deux décennies, elle a privilégié la régulation des géants plutôt que la construction de champions. Elle a cru pouvoir discipliner des empires sans en créer.


La dépendance actuelle n’est donc pas une fatalité technologique, mais le produit de choix idéologiques. La foi dans le marché global, la peur du « protectionnisme », la fragmentation institutionnelle ont conduit à une forme de renoncement stratégique. Pendant que les États-Unis et la Chine organisaient leurs écosystèmes, l’Europe se contentait d’arbitrerLa question centrale n’est pas de savoir si les solutions européennes sont aujourd’hui parfaites. 



Elles ne le sont pas. Mais aucune souveraineté ne naît dans la perfection. Elle se construit dans l’effort, l’investissement et parfois le sacrifice à court terme. Accepter une légère perte d’efficacité aujourd’hui peut éviter une dépendance irréversible demain.





L’initiative allemande révèle une prise de conscience tardive, mais réelle. Reste à savoir si elle sera suivie d’effets. La France, qui se veut puissance diplomatique et stratégique, ne peut rester à l’écart de ce tournant. Continuer à déléguer son infrastructure numérique, c’est accepter une forme de vassalisation moderne.


Se libérer de la tutelle numérique américaine n’implique pas une rupture avec les États-Unis. Il s’agit d’un rééquilibrage. D’un passage de la dépendance à l’interdépendance. D’un partenariat entre égaux, et non d’une relation asymétrique. les GAFAM USGoogle. Apple. Facebook. Amazon. Microsoft. et TikTok sont appelés à être à éliminés du ciel numérique européen 

L’Europe est aujourd’hui à la croisée des chemins. Soit elle transforme le numérique en pilier de sa souveraineté, soit elle accepte de devenir un territoire administré par des plateformes étrangères. Dans un monde où les données valent plus que le pétrole, ce choix déterminera sa place au XXIe siècle.



Pigeon vole !!! Taxi vole !!! JBCH N° 2602 - 847

Taxis volants en ville : innovation crédible ou pari risqué ?


Non ce n'est pas un projet pour une nouvelle bande dessinée , c'est le futur immédiat ... Comment légiférer, réguler et sécuriser une « situation dans les airs » au-dessus d’une métropole dense comme Tel-Aviv ? La question n’est pas théorique. 


Avec la création du premier vertiport israélien au parc Atidim, la ville entre concrètement dans l’ère de la mobilité aérienne urbaine. Derrière l’enthousiasme technologique, se pose un défi central : rendre ce nouveau mode de transport à la fois sûr, crédible et socialement acceptable.




La première réponse se trouve dans la méthode progressive adoptée par les autorités. Le projet commence par des livraisons médicales par drones, strictement encadrées par l’Autorité israélienne de l’aviation civile. Ces vols servent de laboratoire réel pour tester les procédures, les couloirs aériens, les systèmes anti-collision, la gestion du trafic et les protocoles d’urgence. Avant même de transporter des passagers, l’État impose ainsi une phase d’apprentissage indispensable.





Sur le plan juridique, Israël s’aligne sur les standards internationaux en matière de mobilité aérienne avancée (Advanced Air Mobility). Chaque appareil devra être certifié, chaque itinéraire autorisé, chaque opérateur contrôlé. Des règles strictes encadreront l’altitude, les zones interdites, la météo, le bruit et la cybersécurité. L’espace aérien urbain, jusqu’ici peu utilisé, devient un nouvel espace public réglementé, comparable à une autoroute invisible.




La sécurité constitue évidemment le cœur du système. Les taxis volants électriques (eVTOL) sont conçus avec des redondances multiples : plusieurs moteurs, batteries indépendantes, parachutes balistiques, pilotage automatisé assisté par intelligence artificielle. En cas de panne, l’appareil doit pouvoir se poser sans danger. De plus, les vols seront supervisés en temps réel depuis des centres de contrôle, intégrés aux services de secours.




La question du bruit et de l’acceptabilité sociale est tout aussi centrale. Contrairement aux hélicoptères, les eVTOL sont nettement plus silencieux. Leur empreinte sonore reste toutefois surveillée, car une multiplication des vols pourrait altérer la qualité de vie. C’est pourquoi leur déploiement sera limité, ciblé et progressif, en priorité vers les zones d’affaires, les hôpitaux et les grands axes.


Sur le plan économique, la crédibilité du projet dépendra de son accessibilité. Si ces taxis restent réservés à une élite, ils perdront leur légitimité publique. Les promoteurs évoquent un futur service « économiquement accessible », mais cela dépendra des subventions, du volume de passagers et de la maturité technologique. À court terme, ils serviront surtout aux urgences médicales, aux déplacements professionnels et aux liaisons stratégiques.




Enfin, ce projet reflète une vision plus large : celle d’une ville intelligente, capable d’exploiter l’espace vertical pour désengorger le sol. Dans un pays confronté à une congestion chronique et à des contraintes géographiques fortes, cette solution n’est pas un gadget, mais une tentative sérieuse d’optimisation territoriale.


Les taxis volants ne relèvent plus de la science-fiction. À Tel-Aviv, ils s’inscrivent dans une démarche encadrée, expérimentale et prudente. Leur crédibilité repose sur trois piliers : une régulation stricte, une technologie mature et une intégration sociale progressive. 


S’ils respectent ces conditions, ils pourraient devenir, à moyen terme, un complément réel aux transports traditionnels. Dans le cas contraire, ils resteront un symbole coûteux d’innovation mal maîtrisée. L’enjeu, désormais, est de transformer l’audace technologique en service public fiable.