Au début de 1942, plus de 500 000 Juifs vivant dans la Palestine sous mandat britannique se trouvaient à quelques semaines d’un possible génocide. Le plan stratégique du IIIᵉ Reich était clair : prendre le contrôle du Moyen-Orient, de ses routes commerciales et surtout de son pétrole.
Deux offensives allemandes devaient converger vers la région. À l’est, l’armée allemande commandée par le général Von Paulus avançait vers le Caucase pour s’emparer des champs pétrolifères de Bakou Au sud, l’Afrika Korps de Rommel progressait à travers l’Afrique du Nord avec l’objectif d’atteindre l’Égypte, le canal de Canal de Suez puis la Palestine mandataire et la péninsule arabique.
Rommel, après une série de victoires spectaculaires, s’empara de Tobrouk en Libye et avança vers l’Égypte. L’armée britannique se replia jusqu’à El Alamein , à seulement cent kilomètres d’Alexandrie. Si cette ligne avait cédé, la route du Nil puis celle de la Palestine auraient été ouvertes.
Dans les villes arabes de la région, certains partisans du nazisme se préparaient déjà à l’arrivée allemande : des drapeaux à croix gammée apparaissaient, Mein Kampf circulait dans certaines librairies, et le grand mufti de Jérusalem, Amin Al Housseini allié d'Hitler , envisageait de former une unité arabe pour participer à l’extermination des Juifs.
La communauté juive de Palestine, appelée le Yishouv, se prépara au pire. Des abris furent creusés, des bus transformés en ambulances et la Haganah élabora un plan de défense. Certains envisageaient même un dernier refuge au mont Carmel, près de Haïfa, dans l’espoir d’une évacuation par mer. Cette période de tension extrême fut surnommée les « deux cents jours de terreur ».
Pendant ce temps, la stratégie allemande reposait sur une double manœuvre : Paulus devait s’emparer du pétrole caucasien tandis que Rommel devait ouvrir la voie au Moyen-Orient. Mais la campagne soviétique absorbait la majeure partie des ressources militaires allemandes. Hitler refusa à Rommel les renforts, le carburant et les chars dont il avait besoin pour percer les lignes britanniques.
Lorsque Rommel lança son offensive contre El-Alamein en juin 1942, son armée était déjà trop étendue et insuffisamment ravitaillée. La situation bascula définitivement lors de la seconde bataille d’El-Alamein (23 octobre – 4 novembre 1942), lorsque les forces britanniques commandées par Monty, le Général Montgomery infligèrent une défaite décisive à l’Afrika Korps. Pour Churchill cette victoire marqua un tournant : « Avant El-Alamein nous n’avions jamais gagné ; après El-Alamein nous n’avons plus jamais perdu. »
La défaite de Rommel empêcha l’Allemagne nazie d’atteindre le canal de Suez, la Palestine et les champs pétrolifères du Moyen-Orient. Parallèlement, l’offensive allemande vers Bakou échoua quelques mois plus tard avec la réussite par les russes de la bataille de Stalingrad, où l’armée de Paulus fut encerclée et entièrement détruite.
Ainsi, la combinaison de deux échecs stratégiques — au Caucase et en Égypte — empêcha la jonction des forces nazies et sauva la communauté juive de Palestine, d'Egypte et de tout le Proche Orient d’une invasion qui aurait probablement conduit à une nouvelle étape de la Shoah au Moyen-Orient.
L’histoire retient aujourd’hui que la bataille d’El-Alamein fut non seulement un tournant militaire de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi un moment décisif pour l’avenir du futur État d’Israël.