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vendredi 20 février 2026

Israël prépare le XXIIème siècle ... JBCH N° 2602 - 893

Israel est en train de se projeter résolument vers le 22e siècle, transformant ses contraintes géographiques et démographiques en atouts stratégiques uniques.

Malgré sa petite superficie (environ 22 000 km²) et sa population d’à peine plus de 10 millions d’habitants, l’État hébreu consolide sa position de leader mondial dans des domaines critiques :

Défense, cybersécurité, économie de l’innovation, brevets, éducation supérieure, gestion de l’eau et écosystème des start-ups.

En 2025-2026, ce dynamisme s’accélère avec des investissements massifs et des projets structurants, souvent inspirés par la vision prophétique de David Ben-Gourion, qui voyait dans le Néguev le futur de la nation. Le gouvernement multiplie les annonces pour désengorger le centre du pays, renforcer la périphérie sud et créer un nouvel axe de développement high-tech et résilient.



Le Néguev, laboratoire du futur israélien Le désert du Néguev devient le théâtre d’une ambitieuse vague d’urbanisation et d’innovation. Beersheba, capitale du sud, s’affirme comme un hub technologique majeur. Dès début 2026, l’armée israélienne (IDF) y transfère une grande partie de ses opérations en technologies de l’information et de la communication vers un campus high-tech de 150 000 m². Ce déménagement, couplé à la présence de l’université Ben-Gourion (BGU) et du centre médical Soroka, crée un triangle d’or académico-militaire-industriel comparable à certains écosystèmes de la Silicon Valley.




Le gouvernement a approuvé en novembre 2025 un plan d’un milliard de shekels pour transformer Beersheba en « métropole du futur », avec investissements dans l’éducation STEM, le cyber, le tourisme et la revitalisation du vieux centre-ville. Parallèlement, un plan de 100 millions de shekels cible les villes de l’est du Néguev (Arad, Dimona, Yeruham, Mitzpe Ramon) pour booster infrastructures, sécurité, innovation énergétique et R&D en drones.




Les projets les plus spectaculaires concernent la création de nouvelles villes. En février 2026, le cabinet a validé 6 000 unités de logement pour Menora, une cité mixte prévue avec zones commerciales et espaces publics. Des discussions portent sur jusqu’à dix nouvelles localités dans le Néguev pour absorber la croissance démographique et économique.



L’éducation supérieure reste au cœur de cette vision ben-gourionienne. Ben-Gourion University lance en 2026 Prisma Negev, un centre stratégique pour l’innovation régionale, en partenariat avec des institutions comme le MIT (via le Negev Urban Research Lab). L’objectif : former une nouvelle génération d’entrepreneurs et chercheurs tournés vers les défis du désert.

Autosuffisance militaire : un virage historique La guerre multi-fronts récente a accéléré un changement stratégique majeur. En décembre 2025, le Premier ministre Benjamin Netanyahu annonce un plan décennal de 350 milliards de shekels (environ 110 milliards de dollars) pour bâtir une industrie de l’armement indépendante. L’objectif : réduire la dépendance aux importations, notamment américaines, face aux risques d’embargos ou de pressions diplomatiques.





Israël prévoit d’augmenter massivement la production locale de munitions, de systèmes de défense (Iron Dome, David’s Sling, futur laser Iron Beam) et de technologies critiques. Des privatisations partielles d’entreprises comme Israel Aerospace Industries et Rafael sont prévues dès 2026 pour attirer capitaux privés tout en gardant le contrôle étatique. Cette « forteresse Israël 2.0 » vise l’autonomie stratégique tout en maintenant des partenariats avancés.

Infrastructures aériennes : désengorger et rayonner : Pour soutenir cette expansion, le gouvernement accélère les projets aéroportuaires. En février 2026, le cabinet approuve la création d’un nouvel aéroport international dans le nord du Néguev, près de Ziklag (entre Rahat et Netivot), à une quinzaine de kilomètres de la bande de Gaza. Ce site doit soulager Ben Gourion Airport (qui a dépassé 18 millions de passagers en 2025) et stimuler l’économie locale sur 10 ans de travaux.




Un second aéroport est planifié à Ramat David dans le nord, tandis que Ramon (près d’Eilat) continue de se développer pour le tourisme sud.

Leadership mondial maintenu et amplifié

Israël conserve son surnom de « Start-Up Nation » : leader mondial par habitant en start-ups, licornes, venture capital et dépôts de brevets. Le pays recycle plus de 87 % de ses eaux usées (record absolu) et innove sans cesse en dessalement, irrigation goutte-à-goutte et production d’eau atmosphérique. En éducation, les programmes jeunesse en entrepreneuriat reçoivent des dizaines de millions de shekels pour cultiver la relève.

Petit par la taille, Israël se rêve grand par l’intelligence, la résilience et l’audace. En ouvrant le Néguev, en conquérant l’autosuffisance militaire et en misant sur l’innovation, le pays ne se contente pas de survivre : il prépare activement son leadership dans le siècle à venir. Ben-Gourion l’avait prédit. Un demi-siècle plus tard, ses successeurs passent à l’action.








Hommage aux start up en Israël Palmer Luckey rencontre Nathanyaou. JBCH N° 2602 - 892

Palmer Luckey en Israël : 

Un hommage à l’innovation de la Start-up Nation


Selon le journal The Marker, Palmer Luckey, fondateur de l’entreprise américaine Anduril, était récemment en Israël pour une rencontre confidentielle avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu





éritable pionnier de l’innovation militaire, Luckey dirige une société spécialisée dans les systèmes de combat autonomes et l’intelligence artificielle appliquée à la défense, rivalisant aujourd’hui avec les géants historiques du secteur comme Boeing et Lockheed Martin.







La start-up Anduril a marqué les esprits avec son drone de chasse autonome Fury, conçu pour accompagner les chasseurs F-35 et F-22 dans des missions complexes. Ce concept, appelé « Loyal Wingman », transforme le pilote humain en chef d’orchestre d’une escadrille de drones intelligents, illustrant ce que pourrait être la guerre de demain. 



L’expertise en IA et systèmes autonomes de la société attire l’attention de l’État hébreu, déjà reconnu pour son avance technologique dans ces domaines.




Bien que le contenu exact de la discussion entre Luckey et Netanyahou reste confidentiel, les observateurs estiment qu’ils ont abordé de possibles collaborations autour de l’intelligence artificielle, des véhicules autonomes et de la défense avancée. Cette rencontre souligne l’importance stratégique d’Israël, non seulement sur le plan militaire, mais aussi comme laboratoire mondial d’innovation.




Luckey a profité de son séjour pour explorer l’écosystème technologique israélien, rencontrant plusieurs start-ups spécialisées dans les technologies de défense. Ces échanges confirment le rôle central d’Israël comme pépinière d’ingénierie de pointe, capable d’attirer les investisseurs et entrepreneurs internationaux, même en période de tension régionale




Pour la Start-up Nation, cette visite illustre un fait majeur : l’ingéniosité israélienne, combinée à sa réactivité face aux défis sécuritaires, continue de fasciner et de placer le pays à l’avant-garde de la technologie militaire mondiale. Entre innovation, savoir-faire et vision stratégique, Israël confirme ainsi sa position de leader incontesté dans les domaines de l’IA, de l’autonomie robotique et de la défense du futur.



Le Jeu est-il recommandé pour la santé publique ? JBCH N° 2602 - 891

Dr. Stuart Brown : le jeu comme science et moteur de vie

La chance aux jeux ... je n'ai pas reçu ce chromosome, je perds quand je joue, seuls les jeux de stratégie et d'histoire ou de géographie me plaisent ... D'autres sont addictes aux Courses, au Loto au Casino ... 

Dans tous ces jeux où il n'y a qu un seul gagnant : l'Etat... 




Dr. Stuart Brown, fondateur du  National Institute for play  consacre sa carrière à l’étude du jeu humain, son rôle dans la santé mentale et physique, et les conséquences néfastes lorsqu’il est supprimé. Psychiatre et chercheur, il a été marqué par l’enquête sur le massacre de la Texas Tower en 1966, où la Commission conclut que le manque de jeu libre chez le meurtrier avait contribué à son comportement violent. Cette expérience a conduit Dr. Brown à étudier systématiquement les effets de la privation de jeu sur des populations à risque, révélant un lien fort entre manque de jeu et comportements antisociaux.


Dr. Stuart Brown


Il a mené à partir de 1991 des études comparatives sur le jeu animal et humain, observant que le jeu est un comportement évolué, crucial pour le développement social, émotionnel et cognitif. Son article dans National Geographic, « Animals at Play », et ses apparitions médiatiques ont popularisé le sujet, menant à la fondation de son institut et à la publication de son livre Play: How It Shapes the Brain, Opens the Imagination, and Invigorates the Soul, traduit en douze langues.




Au fil de sa carrière clinique, Dr. Brown a recueilli plus de 5 000 histoires de vie centrées sur le jeu, y compris celles de lauréats du Nobel. Il observe que les personnes accomplies cultivent le jeu dans leur vie, tandis que les individus aux comportements rigides ou malsains souffrent souvent d’une privation de jeu. Il a développé un modèle de huit personnalités de jeu pour aider chacun à identifier et renouer avec son propre style de jeu, essentiel à l’épanouissement personnel et professionnel.



Pour Dr. Brown, le jeu est un état d’être, pas seulement une activité. Il a démontré que le jeu stimule la créativité, renforce les compétences sociales et émotionnelles, et peut même améliorer la performance dans le travail et l’éducation, y compris chez les enfants à risque ou avec des troubles comme le TDAH. 




Il a partagé ses recherches lors de conférences TED, aux Jeux Olympiques de Londres 2012 et dans des entreprises du Fortune 100, promouvant le jeu comme un outil de bien-être et d’innovation.



La mission de Dr. Brown et de la NIFP est claire : faire reconnaître le jeu comme un besoin fondamental de santé publique, au même titre que le sommeil, la nutrition et l’hygiène. Selon lui, jouer n’est pas un luxe, mais une nécessité pour vivre pleinement, se développer et prospérer dans la société


Grâce à ses travaux, il incite chacun à identifier ses activités ludiques et à les intégrer dans la vie quotidienne pour cultiver joie, engagement et créativité.





La Paracha de cette semaine : Terouma. JBCH N° 2602 - 890

 « Terouma » (תְּרוּמָה) en hébreu signifie littéralement « offrande » ou « don consacré »Dans la Torah, il s’agit d’une contribution volontaire que les Israélites donnent pour construire le Mishkan (le Tabernacle), le sanctuaire mobile où réside la présence divine.


Cette offrande pouvait être en argent, en or, en argent, en tissus, en bois ou en matériaux précieux, mais le point essentiel est que le don soit donné avec générosité et cœurSpirituellement, « Terouma » symbolise l’engagement volontaire envers une cause supérieure, un acte de foi et de contribution à la communauté et au service de Dieu.




La Paracha Terouma (Exode 25:1‑27:19) décrit donc la construction du Mishkan, le Tabernacle, symbole central de la présence divine parmi le peuple d’Israël. Chaque pierre, chaque planche et chaque ornement est choisi avec soin et consacré à un objectif supérieur : créer un espace où le spirituel et le matériel se rencontrent, et où la communauté peut se rassembler autour de valeurs communes. Au cœur de ce récit biblique se trouve l’idée que l’unité, la discipline et l’investissement collectif dans un idéal plus grand donnent à un peuple à la fois force morale et cohésion stratégique.


Dans le contexte actuel du Proche-Orient, Israël fait face à des menaces multiples, notamment l’agressivité persistante de l’Iran (l’ancien empire perse), qui soutient des groupes hostiles et développe des capacités militaires et nucléaires. Comme les bâtisseurs du Mishkan, Israël doit mobiliser ses ressources – humaines, technologiques et spirituelles – pour protéger sa souveraineté et sécuriser sa population. La Paracha Terouma rappelle que la puissance d’un peuple ne réside pas seulement dans son arsenal militaire, mais dans sa capacité à se rassembler autour d’une vision commune et à sanctifier ses efforts par des valeurs éthiques et spirituelles.



Les enseignements de Terouma prennent ainsi une résonance contemporaine. Le Tabernacle, lieu de guidance divine et de cohésion, illustre que le succès stratégique s’accompagne d’une solidité morale : un peuple qui agit avec conscience et discipline reste résilient face aux pressions externes. Pour Israël, confronté aux défis venant de l’Iran et de ses alliés, cette parabole biblique souligne l’importance de combiner innovation technologique, préparation militaire et cohésion interne pour maintenir l’équilibre régional.





En outre, la Paracha insiste sur le rôle de chaque membre de la communauté dans l’édification du Mishkan. Chacun a sa place, chacun contribue selon ses compétences. Cette idée se reflète dans la société israélienne moderne, où la mobilisation collective – civique, militaire et scientifique – est essentielle pour contrer les menaces et protéger la nation. L’unité nationale et le respect des valeurs éthiques deviennent des « armes invisibles », capables de renforcer la puissance d’Israël au même titre que ses technologies de pointe ou ses forces armées.




Ainsi, Terouma ne se limite pas à un récit ancien sur la construction d’un sanctuaire ; elle offre une feuille de route morale et stratégique pour un peuple confronté à l’adversité. 


La force d’Israël aujourd’hui, à la fois physique et morale, trouve un écho direct dans cette paracha : en s’unissant autour d’un idéal commun, en mobilisant toutes ses compétences et en ancrant ses actions dans des principes solides, la nation peut résister aux menaces régionales et assurer sa survie et sa prospérité.





La Loi Yadan très importante pour la Lutte contre l'antisémitisme !!! JBCH N° 2602 - 889

 Hier au dîner du Crif, le premier ministre Sébastien Cornu a promis mettre la Loi Yadan sur l'antisémitisme sur le bureau de l'Assemblée dans les prochaines semaines, son discours a été franc et remet en place les changements d'attitude  de Macron depuis trois ans, Macron qui semble changer d'attitude envers Israël :

Il était temps qu'il ouvre les yeux.


Une nouvelle loi française contre l’antisémitisme : 

Caroline Yadan cible les appels à la destruction d’un État

 

Dans un contexte marqué par une recrudescence des actes antisémites en France, la députée Caroline Yadan, élue des Français de l’étranger et petite-fille de survivants de la Shoah, pousse pour l’adoption d’une législation ambitieuse visant à réprimer les formes modernes de haine anti-juive. 




Son projet de loi n°575, déjà validé par la Commission des lois de l’Assemblée nationale le 23 janvier dernier, pourrait bientôt être débattu en séance plénière. Au cœur de ce texte : la criminalisation des slogans comme “From the river to the sea” (Du fleuve à la mer), interprétés comme des appels à la destruction d’Israël et, par extension, du peuple juif.



“Ce slogan est un appel à la destruction et devrait être puni si la loi passe”, a déclaré Caroline Yadan au Jerusalem Post lors d’une interview à Jérusalem, le 17 février. La parlementaire, qui a toujours milité contre l’antisémitisme en tant que juriste et élue, explique que l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a révélé une explosion de haine anti-juive, nécessitant une réponse législative plus musclée. “Il faut mieux définir et combattre l’antisémitisme d’aujourd’hui, au-delà de ses formes traditionnelles”, insiste-t-elle.




Le projet de loi s’articule autour de trois piliers principaux, inspirés de la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), adoptée par le Parlement français en 2019 et 2021. D’abord, un renforcement des sanctions contre l’apologie du terrorisme : le texte élargit le champ des lois existantes pour punir les éloges de groupes comme le Hamas ou la légitimation d’actes violents, particulièrement virulents depuis octobre 2023.




Ensuite, une interdiction ferme des comparaisons abusives avec la Shoah, incluant banalisation et minimisation, en s’appuyant sur des jurisprudences établies. Mais le cœur du dispositif réside dans la création d’une infraction spécifique pour les appels à la destruction d’un État. Formulé de manière universelle – sans nommer Israël pour éviter tout risque constitutionnel –, ce pilier vise directement l’antisionisme lorsqu’il dégénère en incitation à la haine. “Aucun pays ne devrait faire l’objet d’appels à sa destruction sous prétexte de critique gouvernementale”, argue Yadan, qui a obtenu un avis favorable du Conseil d’État après avoir affiné le texte.


Discours au dîner du CRIF le 19 février S Cornu annonce la Loi Yadan ...


Soutenue par 120 cosignataires issus de divers bords politiques (à l’exception des extrêmes), la proposition bénéficie également de l’appui de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) et d’un rapport gouvernemental issu de consultations nationales. Malgré cela, elle suscite des controverses : des ONG pro-palestiniennes et le parti La France Insoumise (LFI), récemment qualifié d’antisémite par une décision de justice du 6 novembre 2025, dénoncent une atteinte à la liberté d’expression. 





“Ce texte ne bride pas les critiques ni la solidarité avec les Palestiniens, mais cible les discours haineux qui généralisent un peuple via un État”, rétorque Yadan, soulignant sa conformité à l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme.





En matière d’application, l’intention sera clé : les juges conserveront une marge d’appréciation, distinguant un enfant récitant un slogan d’un militant conscient. “Quand on appelle à détruire Israël, on vise par extension le peuple juif”, martèle la députée, qui a elle-même subi harcèlements et menaces en raison de son engagement.


Ce projet intervient alors que le rapport 2025 du ministère de l’Intérieur révèle 1 320 actes antisémites sur 2 500 incidents anti-religieux, un niveau historiquement élevé malgré une baisse de 16 % par rapport à 2024. Pour Yadan, cette loi n’est pas une panacée, mais un rempart républicain : “La laïcité protège contre l’islamisme et les dérives, et la France résiste mieux que d’autres pays comme la Belgique ou l’Espagne.”


Alors que les Juifs, moins de 1 % de la population, subissent plus de la moitié des attaques religieuses, la question d’un avenir en France se pose. “Il est tard, mais pas minuit. Nous avons Israël comme refuge, mais beaucoup choisissent de rester et de lutter”, conclut Yadan. 


Si adoptée, cette loi pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’antisémitisme mutant, en sanctionnant des expressions jusque-là tolérées.







Le texte de la semaine : Mishpatim. JBCH N° 2602 - 886

Après "Eloim", on établit des Lois pour les hommes. À première vue, Parashat Mishpatim pourrait sembler austère. Après l’éclair du Sinaï et la solennité des Dix Paroles, le texte plonge dans une longue série de lois civiles : dommages et intérêts, responsabilité du gardien, protection de l’étranger, interdiction de corrompre le juge. Pourtant, c’est précisément là que se joue l’essentiel. La révélation cesse d’être une expérience mystique pour devenir un projet de société.







« Voici les lois que tu placeras devant eux » (Exode 21,1). Le verset est sec, presque administratif. Mais il marque un tournant : la transcendance descend dans le tribunal. La Torah affirme que la spiritualité ne flotte pas au-dessus du monde ; elle s’incarne dans les contrats, les litiges, la protection des faibles. Le Talmud résumera cette exigence d’un principe devenu classique : « Quand entre Adar, on augmente la joie », mais ici, dans Mishpatim, on pourrait dire : quand entre la révélation, on augmente la justice.







Le texte insiste sur la dignité humaine, y compris dans un contexte antique brutal. Il encadre l’esclavage au point d’en réduire la durée et d’en humaniser les conditions. Il met en garde : « Tu n’opprimeras pas l’étranger, car vous avez été étrangers en Égypte » (Exode 22,20). Cette phrase, répétée sous diverses formes dans la Torah, est un rappel constant de la mémoire historique comme fondement moral. L’expérience de la vulnérabilité devient la source d’une éthique politique.


Dans l’Israël d’aujourd’hui, ces mots résonnent avec une intensité particulière. L’État juif est né d’une mémoire d’exil et de persécution. La tension permanente entre sécurité et droits individuels n’est pas une abstraction académique ; elle est quotidienne. Les débats sur la réforme judiciaire, sur la place de la Cour suprême, sur l’équilibre des pouvoirs, renvoient à la question centrale de Mishpatim : qui garde les gardiens ?





Le texte biblique pose un cadre clair : « Tu ne pervertiras pas le droit ; tu ne favoriseras pas le pauvre dans son procès, ni n’honoreras le puissant » (Exode 23,3.6). La justice ne doit céder ni à l’émotion sociale ni à la pression politique. Dans un pays confronté au terrorisme, aux guerres asymétriques et aux fractures internes, cette exigence d’impartialité devient un défi quotidien. Les opérations militaires sont scrutées par les tribunaux, les décisions gouvernementales contestées devant les juges. Certains y voient une entrave ; d’autres, la preuve d’une démocratie vivante. Mishpatim rappelle que la loi n’est pas un obstacle à la souveraineté, mais sa condition.




Le texte va plus loin encore. Il traite de responsabilité indirecte : si ton bœuf encorne le voisin, tu es comptable des dégâts. Transposé au monde contemporain, cela évoque la responsabilité de l’État face aux actes commis en son nom. Dans un contexte régional instable, chaque décision militaire, chaque riposte, chaque retenue, porte un poids moral et juridique. La Torah ne nie pas la nécessité de se défendre ; elle exige que la force soit encadrée.


Au cœur de la paracha, un moment décisif : le peuple répond « Naassé venishma » — « Nous ferons et nous comprendrons » (Exode 24,7). C’est l’acceptation d’un pacte civique avant même d’en saisir toutes les implications. La formule est souvent citée comme l’acte fondateur de l’engagement collectif juif. Dans la société israélienne actuelle, fragmentée entre sensibilités religieuses, laïques, nationalistes ou libérales, la question demeure : existe-t-il encore un « nous » capable de dire « nous ferons » ensemble ?

Les manifestations massives de ces dernières années, qu’elles portent sur la réforme des institutions ou sur la conduite de la guerre, traduisent une inquiétude mais aussi une vitalité. Elles témoignent d’un attachement passionné au destin commun. Mishpatim, en liant foi et droit, suggère que l’unité nationale ne se construit pas sur l’uniformité, mais sur l’adhésion à des règles partagées.







La paracha contient aussi une promesse : « Je ne pervertirai pas le droit du pauvre dans son procès » (Exode 23,6). Dans une région où l’arbitraire demeure fréquent, l’idée qu’un État juif se soumette à des normes juridiques strictes constitue en soi une singularité historique. Israël, souvent critiqué sur la scène internationale, revendique simultanément son droit à la sécurité et son attachement à l’État de droit. Cette tension est parfois inconfortable ; elle est aussi le signe d’une conscience héritée.


Mishpatim ne propose pas une utopie naïve. Elle sait la violence possible, les conflits inévitables. Mais elle affirme que la justice est le fondement de la légitimité. « Tu t’éloigneras du mensonge » (Exode 23,7) : le verset est bref, absolu. À l’ère des réseaux sociaux, de la désinformation et des narratifs antagonistes, cette injonction semble d’une actualité brûlante.


Au fond, ce texte ancien agit comme un éditorial permanent. Il rappelle qu’un peuple sorti d’Égypte ne peut gouverner comme l’Égypte. Il rappelle qu’une souveraineté née de la vulnérabilité doit rester attentive à la vulnérabilité. Il rappelle enfin que la force, sans justice, se vide de sens.


Dans le tumulte politique israélien, où s’entrecroisent urgences sécuritaires et querelles institutionnelles, Mishpatim murmure une ligne directrice : la révélation n’est crédible que si elle produit un droit équitable. Plus de trois millénaires après le Sinaï, la question demeure ouverte, mais le texte, lui, ne varie pas. Il exige que la foi se traduise en responsabilité, que la mémoire devienne justice, et que la puissance accepte ses limites.




jeudi 19 février 2026

Dex Hunter-Torricke a créé le Centre de Demain JBCH N° 2602 - 885

Parce que l'Homme joue à l'apprenti sorcier, qu'il joue avec le feu, des hommes se lèvent au sein de la Silicon Valley pour dire STOP , il en est un, Dex Hunter-Torricke , ancien directeur de spaceX, Meta, Google, et qu'il a conseillé Elon Musk et Mark Zuckerberg il crée une sorte de club de reflexion... et devient un dissident du monde technologique. 


Inquiet des dérives liées au développement incontrôlé de l’intelligence artificielle, Hunter-Torricke a lancé une organisation à but non lucratif, le « Center for Tomorrow ». 


Son objectif : réunir responsables politiques, chercheurs, industriels et société civile afin d’anticiper les risques et d’encadrer l’essor de l’IA. Selon lui, la course effrénée à l’innovation alimente une crise globale aux conséquences politiques, économiques et sociales majeures.


Dans un entretien accordé à DFD, il décrit une industrie autrefois porteuse d’espoir, aujourd’hui dominée par une logique de compétition permanente. « Les voix responsables ont de plus en plus de mal à se faire entendre », déplore-t-il. Il estime que la technologie agit comme un accélérateur de crises déjà existantes, qu’elles soient climatiques, géopolitiques ou démocratiques.





À ses yeux, la poursuite de cette trajectoire pourrait provoquer, dans les dix prochaines années, un appauvrissement des classes moyennes, une radicalisation politique et une érosion des libertés. Il redoute également une militarisation massive de l’IA, susceptible de déstabiliser l’ordre international et d’alimenter de nouveaux conflits.


Hunter-Torricke critique par ailleurs l’approche dominante du secteur, focalisée sur des solutions techniques limitées. Selon lui, des milliards de dollars sont investis dans des garde-fous insuffisants, sans réflexion globale sur la gouvernance et l’impact social. Il juge illusoire de vouloir réguler localement un phénomène mondial.




Concernant les politiques publiques, il se montre sceptique face aux propositions comme les moratoires sur les data centers ou le revenu universel. Pour lui, ces mesures restent marginales face à la puissance croissante des géants technologiques, notamment Nvidia dont l’influence économique et politique devient, selon ses mots, « presque intouchable ».


Face à ce déséquilibre, il mise sur la mobilisation citoyenne. Après avoir rencontré des milliers de personnes, il affirme percevoir une demande croissante pour un changement de cap. Il dénonce les débats « performatifs » organisés lors de grands forums internationaux comme le World Economic Forum, qu’il juge déconnectés des réalités sociales.



mercredi 18 février 2026

Créer des Emirats au sein d'Israël Israël. JBCH N° 2602 - 884

         Israël propose un nouveau modèle pour la coexistence au Moyen-Orient



Dans un entretien exclusif accordé au media Arutz Sheva, le ministre israélien de l’Économie et de l’Industrie, Nir Barkat, a présenté une alternative audacieuse à la solution traditionnelle à deux États, visant à favoriser la coexistence pacifique entre Juifs et Arabes. 


Selon lui, l’Autorité palestinienne, dans sa forme actuelle, « n’a pas de droit d’existence » et constitue un obstacle au développement économique et social de la région.





Barkat plaide pour le démantèlement de l’Autorité palestinienne et son remplacement par un modèle inspiré des Émirats, fondé sur des autonomies locales. L’objectif est de créer une série d’entités autonomes dirigées par des leaders locaux, capables de gérer leurs affaires internes tout en garantissant le respect mutuel entre communautés. Ce projet, soutenu par le chercheur Moti Kedar, mise sur le renforcement des structures locales plutôt que sur un gouvernement centralisé inefficace.


Le ministre a insisté sur l’exemple de Hébron, où certains responsables locaux se disent prêts à se détacher de l’Autorité palestinienne, à rejoindre les Accords d’Abraham et à reconnaître Israël comme État du peuple juif. « Toute solution à Gaza passe par le succès d’un modèle à Hébron », a-t-il affirmé, soulignant que la réussite de cette approche pourrait servir de prototype de coexistence pacifique et de prospérité partagée dans d’autres régions.



L'Emirat d'Hebron 


Ce projet met l’accent sur le respect des identités locales, l’autonomie administrative et économique, et la coopération entre Juifs et Arabes sur des bases concrètes et pragmatiques. Plutôt que de s’enfermer dans des antagonismes historiques, il vise à créer des espaces où les communautés peuvent coexister sans haine, développer leurs infrastructures et participer à un marché commun bénéfique à tous.




Selon Barkat, cette approche permettrait non seulement de renforcer la sécurité et la stabilité d’Israël, mais aussi de redéfinir la relation entre populations juives et arabes, en offrant un modèle de coexistence viable et moderne, inspiré des réussites économiques des Émirats et des villes autonomes.


En misant sur l’autonomie locale, le dialogue pragmatique et le respect mutuel, Israël cherche à démontrer qu’il est possible de bâtir une région où Juifs et Arabes vivent côte à côte dans le respect, la sécurité et la prospérité, loin des tensions et des rancunes qui ont trop longtemps freiné le développement du Moyen-Orient.