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dimanche 22 février 2026

Ils sont dix au Panthéon et des dizaines ont été Prix Nobel ... JBCH N° 2602 - 897

Les Héros du Panthéon : 

L'Extraordinaire Contribution Juive à la République Française


Au cœur de la colline Sainte-Geneviève, le Panthéon trône comme un mausolée laïque, gardant les dépouilles de ceux qui ont façonné la France. Sur les quelque 80 personnalités inhumées ou honorées dans ce temple républicain – des figures comme Voltaire, Rousseau ou Marie Curie –, dix sont d'origine juive.




Un chiffre qui interpelle : comment ce "tout petit peuple" de 15 millions d'âmes dans le monde, représentant moins de 0,2 % de la population globale, occupe-t-il une place si disproportionnée parmi les héros de la nation ?


Est-ce un hasard, ou le fruit d'une volonté ancestrale de servir l'humanité, ancrée dans une éthique de l'altérité, comme l'a théorisée le philosophe Emmanuel Levinas ? Plongeons dans cette énigme, entre histoire, philosophie et records scientifiques, pour démêler les fils d'une contribution extraordinaire.



D'abord, les faits. Le Panthéon n'est pas un cimetière ordinaire ; c'est un panthéon des grands, où l'on entre par décret présidentiel pour services rendus à la patrie. Parmi les dix Juifs honorés, on trouve des résistants, des intellectuels et des politiques qui ont incarné les valeurs républicaines. Prénons Simone Veil, entrée en 2018 : survivante d'Auschwitz, elle a défendu la loi sur l'IVG en 1975, affirmant dans son discours à l'Assemblée : "Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. C'est toujours un drame." Son combat pour les droits des femmes et contre l'antisémitisme l'a élevée au rang d'icône. À ses côtés, son mari Antoine Veil, inhumé avec elle, symbolise cette discrète abnégation.




Autre figure : René Cassin, prix Nobel de la paix en 1968, co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Juif alsacien, il a fui l'occupation nazie pour rejoindre de Gaulle à Londres. "Les droits de l'homme ne sont pas une abstraction, mais une exigence quotidienne", déclarait-il. Marcel Mauss, sociologue et anthropologue, neveu d'Émile Durkheim (lui aussi juif, pionnier de la sociologie, honoré au Panthéon), a révolutionné l'étude des sociétés avec son "Essai sur le don" en 1925, où il explore les échanges humains comme fondement social. Durkheim, quant à lui, a posé les bases de la laïcité française, influençant l'éducation républicaine.


La liste s'allonge : Jean Zay, ministre de l'Éducation assassiné par la Milice en 1944 pour ses origines juives et son engagement antifasciste ; Félix Éboué, gouverneur noir et juif par alliance, premier résistant d'outre-mer ; ou encore les frères Pierre et Marie Curie – non, attendez, Marie était d'origine polonaise, mais son gendre Irène Joliot-Curie avait des liens familiaux juifs via des alliances.



Précision : parmi les confirmés, citons aussi Joseph et Salomon Reinach, intellectuels du XIXe siècle, et plus récemment, Maurice Halbwachs, sociologue mort en déportation. Sans oublier Geneviève de Gaulle-Anthonioz, nièce du Général, mais c'est son combat contre la misère qui la lie à une éthique influencée par des penseurs juifs. Au total, ces dix noms – sur 80 – représentent 12,5 % des panthéonisés, un ratio stupéfiant pour une communauté française de seulement 500 000 personnes.




D'où vient cette "extraordinaire volonté de servir les autres" ? Les racines plongent dans la tradition juive, où l'altérité – le respect de l'autre – est un pilier. Emmanuel Levinas, philosophe lituanien naturalisé français, rescapé de la Shoah, l'a magistralement théorisé dans "Totalité et Infini" (1961) : "Le visage de l'Autre m'interpelle et m'ordonne : tu ne tueras point."


Marc Bloch

Pour Levinas, l'éthique naît de la rencontre avec l'autre, non de l'ego. Cette idée, écho la devise biblique : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Lévitique 19:18), reprise par les chrétiens mais ancrée dans le judaïsme. C'est le concept de "tikkun olam" – réparer le monde – qui pousse les Juifs à l'action philanthropique.


Cette éthique se traduit en actes concrets. Prenez les Nobel : sur 962 lauréats depuis 1901, environ 200 sont juifs ou d'ascendance juive, soit plus de 20 % – un record absolu pour une minorité infime. En physique, Albert Einstein (1921) pour la relativité : "L'imagination est plus importante que le savoir." En médecine, Rosalyn Yalow (1977) pour la radio-immunologie, ou Baruch Blumberg (1976) pour le vaccin contre l'hépatite B. En économie, Milton Friedman (1976) a influencé le libéralisme mondial ; en littérature, Bob Dylan (2016) a chanté la protestation sociale.




Même en paix, comme Henry Kissinger (1973) ou Shimon Peres et Rabin (1994). Est-ce un hasard ? Non, argue l'historien Yuri Slezkine dans "Le Siècle juif" (2004) : les Juifs, souvent exclus des métiers traditionnels, se sont tournés vers l'éducation et l'innovation. Persécutés pendant des siècles, ils ont cultivé une culture de l'excellence et du service, comme un bouclier contre l'adversité.




Pourtant, cette surreprésentation n'est pas sans ombres. L'antisémitisme persistant – des affaires Dreyfus et revenu en force aujourd'hui – a forcé les Juifs à exceller pour survivre. Comme l'écrit Levinas : "La persécution révèle l'humanité de l'homme." Et si c'était cette résilience qui forge les héros ?


En 2026, avec les tensions géopolitiques, cette question résonne : les Juifs continuent de servir, de la tech (Mark Zuckerberg, Larry Ellison, Sam Altman ... ) à la médecine (Albert Bourla, PDG de Pfizer, derrière le vaccin Covid).


Non, ce n'est pas un hasard. Les dix Juifs du Panthéon, les Nobel en cascade, tout découle d'une éthique millénaire : aimer l'autre comme soi-même, réparer le monde.


Comme le résume Levinas : "La responsabilité pour autrui est la structure même de la subjectivité." Un legs qui enrichit l'humanité, bien au-delà des tombes de marbre. Le 23 Juin prochain, Marc Bloch y entrera.




Les douze pierres sacrées du Cohen Gadol JBCH N° 2602 - 896


Dans la Bible, les pierres précieuses ne sont jamais qu’un ornement. Elles sont langage, mémoire et instrument de lumière. Aucun symbole n’incarne mieux cette idée que le Choshen, le plastron porté par le Cohen Gadol, le Grand Prêtre. 


Suspendu sur l’Ephod, chaque bijou de ce Choshen représente une tribu d’Israël, mais aussi un trait spirituel, un enseignement mystique et une clé pour lire l’âme collective du peuple.




Le Plastron comportait douze pierres, chacune gravée avec le nom d’une tribu. Mais ce vêtement n’était pas seulement symbolique : il était un instrument divin, un “GPS spirituel” pour le Grand Prêtre. 





Selon le Midrash et les enseignements kabbalistiques, chaque pierre correspond à une émotion, une vertu et un canal d’énergie divine.


  • Odem (rubis ou onyx rouge) : courage et force d’action. En kabbale, il incarne la rigueur nécessaire à la justice, le feu qui transforme la matière en lumière.
  • Pitdah (topaze) : clarté et discernement. Elle représente la sagesse pratique, la capacité à agir avec discernement dans le monde réel.
  • Bareket (émeraude) : harmonie et équilibre. Pierre de compassion, elle relie le cœur humain à la lumière divine, favorisant la miséricorde.
  • Nofekh (cristal ou turquoise) : illumination intérieure et vision spirituelle. Elle est le véhicule de l’intuition, révélant le potentiel caché.
  • Sappir (saphir) : vérité et pureté. Dans la kabbale, le saphir symbolise la théâtralité du divin dans le monde matériel, rappelant que chaque loi de la Torah reflète une perfection cosmique.
  • Yahalom (diamant ou jaspe) : endurance et protection. Comme le diamant, sa dureté incarne la résilience de l’âme face aux épreuves.



Les six pierres restantes — ligure, achlam, choham, leshem, tachlish, et shoham — complètent ce spectre de vertus. Chacune représente un aspect de l’âme humaine et de la relation avec Dieu, comme des touches dans une symphonie mystique.





Le "Choshen" devient ainsi un labyrinthe de lumière, où chaque pierre n’est pas seulement décorative, mais porteuse de forces et de significations spirituelles, comme l’explique la kabbale lourianique. 


Selon Isaac Luria, ces pierres participent au Tikkoun Olam, la réparation du monde, en canalisant la lumière divine vers les tribus et les individus.






Historiquement, le Choshen est un artefact pratique et symbolique. Lors du service au Temple, il servait à percevoir la volonté divine, notamment pour prendre des décisions collectives cruciales. Mais sa valeur dépasse la fonction rituelle : elle établit un pont entre le matériel et le spirituel, rappelant que chaque acte, chaque décision, doit être éclairé par la conscience de Dieu.


Au fil des siècles, la symbolique des pierres s’est étendue à la vie quotidienne. Le Pidyon Haben, cérémonie de rachat du premier-né, illustre ce lien : on décore parfois l’enfant de bijoux, rappelant que la vie humaine est un trésor sacré. De même, les rabbins et artisans comme Rabbi Yehuda ibn Attar au Maroc considéraient leurs créations comme vecteurs de bénédictions, conférant aux pierres une puissance spirituelle.




Les pierres ont également joué un rôle dans la protection et la santé : certaines, comme le ruby ou le jaspe, étaient portées par les femmes enceintes comme talisman, une tradition mêlant symbolisme biblique et pratique mystique.



En kabbale, les pierres ne sont pas de simples gemmes ; elles sont des points d’accès à la sefira correspondante. Le Choshen, avec ses douze pierres, reflète l’Arbre des Séphirot : chaque pierre canalise une énergie divine, une lumière spécifique destinée à harmoniser les forces humaines et cosmiques.


  • Le saphir (Sappir) relie la séfira de Hokhmah, la sagesse divine, à l’intelligence humaine.
  • Le rubis (Odem) incarne la séfira Guevoura, la rigueur et la discipline.
  • L’émeraude (Bareket) active Hessed, la miséricorde et la bonté.





Ainsi, le Choshen devient un véritable réseau énergétique, où chaque pierre agit comme un conduit permettant au Grand Prêtre d’aligner le peuple et les forces spirituelles. Les kabbalistes voient dans le Choshen un microcosme du monde, un symbole de l’harmonie entre le visible et l’invisible.



La tradition prophétique enrichit encore la valeur spirituelle des gemmes. Isaïe décrit un monde futur où les fondations de Jérusalem seront pavées de saphirs et les portes ornées de gemmes. Le Talmud précise que certaines pierres, comme le kadchod, refléteront la lumière divine et la récompense des bonnes actions.


Dans cette perspective, les pierres deviennent pont entre le présent et l’avenir, miroir des mérites humains et canal de la lumière divine dans le monde matériel. Elles enseignent que la beauté n’est pas seulement esthétique : elle est éthique et spirituelle.



Au-delà du Temple, les pierres ont nourri la culture juive : Les noms inspirés de gemmes (Peninah, Margalit, Rubinstein) témoignent d’une valorisation de la lumière et de la sagesse. Les bijoux des mariages, des fêtes et des cérémonies relient la communauté, le sacré et la mémoire collective : Chaque pierre devient leçon, symbole et canal d’enseignement, un rappel tangible que la spiritualité n’est pas abstraite mais incarnée dans la matière.





Le Choshen du Cohen Gadol n’est pas seulement un plastron richement décoré : il est un microcosme du monde, un instrument mystique, un guide éthique et spirituel. Chaque pierre incarne la relation de l’homme avec Dieu, avec son prochain et avec le futur, tout en rappelant que la valeur ultime ne réside pas dans l’éclat matériel, mais dans la lumière qu’elle transmet.


Dans l’histoire juive, des pierres de saphir des Tables de la Loi aux perles des Pidyon Haben, des rubis des talismans aux diamants des fondations messianiques, les gemmes sont véritables vecteurs de sens et de spiritualité. 


Elles enseignent que la vraie richesse n’est pas dans l’objet, mais dans la circulation de la lumière, de l’éthique et de l’énergie divine à travers le temps et les générations.





samedi 21 février 2026

La Cour Suprême des USA désavoue le Président ... JBCH N° 2602 - 895


La Cour suprême des États-Unis a infligé un revers majeur au président Donald Trump vendredi 20 février 2026, en invalidant par un vote de 6 contre 3 les vastes tarifs douaniers qu'il avait imposés par une série d'ordres exécutifs, en s'appuyant sur la loi de 1977 dite IEEPA (International Emergency Economic Powers Act).




Cette décision historique rappelle brutalement qu'aucun président, même convaincu de détenir un pouvoir quasi illimité en matière de commerce international, ne peut outrepasser les limites fixées par le Congrès et la Constitution.




Au cœur du litige : l'interprétation de l'IEEPA, qui permet au président de « réguler » l'importation ou l'exportation de biens en cas d'urgence nationale liée à une menace extérieure affectant la sécurité, la politique étrangère ou l'économie des États-Unis. Trump avait invoqué cette disposition pour déclarer des urgences liées au trafic de fentanyl (provenant notamment de Chine, du Mexique et du Canada) et aux déficits commerciaux persistants, qu'il qualifiait de « menace inhabituelle et extraordinaire ». Il en avait déduit le droit d'imposer des tarifs « réciproques » de 10 % sur presque tous les pays, avec des surtaxes plus élevées sur certains, ainsi que des tarifs « anti-trafic » ciblant spécifiquement Pékin, Ottawa et Mexico.



Dès les premières ordonnances en 2025, des petites entreprises et plusieurs États avaient saisi les tribunaux, arguant que l'IEEPA ne conférait pas au président le pouvoir de taxer unilatéralement les importations – une prérogative constitutionnelle du Congrès (article I, section 8). Les cours inférieures leur avaient donné raison, bloquant partiellement les prélèvements le temps que la Cour suprême tranche.




Dans l'opinion majoritaire rédigée par le juge en chef John Roberts, la Cour a fermement rejeté l'interprétation extensive de l'administration Trump. « Basé sur deux mots séparés par seize autres dans l'IEEPA – “réguler” et “importation” –, le président revendique le pouvoir indépendant d'imposer des tarifs sur les importations de n'importe quel pays, de n'importe quel produit, à n'importe quel taux, pour n'importe quelle durée », a écrit Roberts. « Ces mots ne peuvent supporter un tel poids. » L'IEEPA ne mentionne nulle part les tarifs ou droits de douane, et aucun président avant Trump n'avait osé y recourir pour cela.






Roberts a invoqué la doctrine des « major questions », selon laquelle le Congrès doit déléguer explicitement les pouvoirs à fort impact économique ou politique. Il a rappelé que le pouvoir de lever des taxes, y compris des tarifs, appartient exclusivement au législateur. « Si le Congrès voulait céder cette arme à une autre branche, un interprète raisonnable s'attendrait à ce qu'il le fasse clairement », a-t-il insisté. La Cour a également souligné que l'IEEPA liste des pouvoirs précis (enquêter, bloquer, interdire…), sans inclure la taxation – une omission significative.




Les juges libéraux Sonia Sotomayor, Elena Kagan et Ketanji Brown Jackson ont rejoint Roberts sur le texte même de la loi, tandis que Neil Gorsuch et Amy Coney Barrett ont souscrit à l'application de la doctrine des major questions. Gorsuch a publié une opinion concordante longue et incisive, critiquant les incohérences de certains collègues sur l'interprétation des textes larges.





En dissidence, Brett Kavanaugh (rejoint par Clarence Thomas et Samuel Alito) a défendu que les tarifs constituent un outil classique de régulation des importations et que l'IEEPA confère un pouvoir large en matière d'urgence étrangère. Il a averti des conséquences : incertitude sur les accords commerciaux négociés grâce à ces pressions tarifaires, et surtout, obligation probable pour le gouvernement de rembourser des milliards aux importateurs ayant payé ces droits illégaux – même si une partie des coûts a été répercutée sur les consommateurs.






La Cour n'a pas tranché directement la question des remboursements, laissant ce dossier aux juridictions inférieures (notamment la Cour du commerce international). Mais les estimations circulent déjà : plus de 140 à 175 milliards de dollars collectés en 2025 via ces tarifs IEEPA pourraient devoir être restitués, selon divers analystes économiques.





Des importateurs se préparent à des demandes massives, via les procédures de réclamation douanière, même si le processus s'annonce long et chaotique – potentiellement des mois, voire des années de litiges.



Cette décision constitue un garde-fou institutionnel contre une conception impériale du pouvoir exécutif. Elle réaffirme que le Président, même face à des crises réelles, ne peut s'approprier le « pouvoir du porte-monnaie » sans mandat clair du Congrès.


Trump a réagi en promulguant immédiatement de nouveaux tarifs de 10 % sous d'autres bases légales, mais le message de la Cour est limpide : nul n'est au-dessus des lois, pas même le locataire de la Maison Blanche.