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jeudi 20 août 2026

Le nouveau secret d'Ormuz. JBCH N° 2608 - 112

JBCH Réflexions

N° JBCH 2608 – 112

Le 20 Août 2026


APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et JBCH Echanges


Le couloir secret d'Ormuz

Comment Washington a rouvert le détroit sans jamais l'annoncer

Depuis plusieurs semaines, Washington fait tout haut ce qu'il ne dit jamais : il a repris, de nuit, le contrôle d'un axe maritime que l'on croyait otage de la guerre. 

Selon une enquête de JFeed, l'armée américaine a discrètement aménagé un couloir sécurisé à travers le détroit d'Ormuz, permettant à des millions de barils de continuer à irriguer les marchés mondiaux malgré les hostilités qui embrasent la région.


Le corridor, en chiffres

  • Près de 10 millions de barils par jour transitent par la route protégée
  • Soit environ la moitié de la capacité d'exportation du Golfe d'avant-guerre
  • 15 à 20 pétroliers empruntent chaque nuit la route méridionale, le long des côtes omanaises
  • Deux semaines de frappes du Centcom ont détruit les radars côtiers iraniens
  • Une seule nuit : huit drones et deux missiles de croisière iraniens interceptés

Chaque nuit, les navires se rassemblent en convois à file unique, dans des fenêtres horaires précises destinées à réduire leur exposition. 

Des chasseurs de l'US Air Force assurent une couverture aérienne active contre les missiles de croisière et les drones iraniens, pendant qu'un centre de commandement installé à Fort Bragg orchestre, avec les partenaires du Golfe, le calendrier de ces convois.


Ce déploiement n'est pas né d'une négociation, mais d'une campagne. Deux semaines de frappes ciblées du Centcom ont suffi à détruire les radars côtiers et les nœuds de surveillance iraniens : 

Téhéran est désormais largement aveugle sur sa façade sud du détroit, réduit à quelques radars de fortune et aux vedettes rapides des Gardiens de la révolution pour tenter de suivre ce qui s'y passe.

« Les Gardiens de la révolution peuvent être une nuisance, mais ils ne contrôlent pas le détroit. »Un responsable américain, cité par JFeed

Privé de données de ciblage précises, l'Iran tire désormais à l'aveugle sur des positions estimées de convois. Certains navires ont été touchés  mais l'écrasante majorité des tirs a été interceptée. 

Ce n'est donc pas la paix : c'est une guerre de basse intensité, marchandée en silence, où Washington a choisi de tenir le canal ouvert plutôt que d'attendre un accord qu'il ne souhaite plus. 


Trump lui-même l'a confirmé sans détour, balayant l'idée de reprendre les discussions avec Téhéran : négocier serait, dit-il, une perte de temps face à un régime qui n'est plus que l'ombre de lui-même.




D'après une enquête d'Eliana Fleming  JBCH 2608 - 112                         Août 2026

L'Inde alliée d'Israël JBCH N° 2608 - 111


JBCH Réflexions



'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et dans JBCH Echanges





Regards croisés — Géopolitique & Stratégie


JBCH N° 2608 - 11120 août 2026Édition Blogger




'We will tear you to pieces':


Indian general warns Erdogan about pact with Saudi Arabia, Pakistan


Retired Maj.-Gen. Gagan Deep Bakshi says India needs Iran as a counterweight to Pakistan and will not sacrifice its interests — Source Maariv / Republic World

"We will tear you to pieces" :

L'Inde rappelle la Turquie et Israël à la réalité

Il y a des phrases qui ne sont pas des dérapages, mais des doctrines.

Celle lancée par le Major-Général à la retraite Gagan Deep Bakshi sur le plateau survolté de Republic World en est une. À destination du Président turc Erdogan, l'avertissement est naval, brutal, définitif.

Dans le viseur du stratège indien, un fantôme qui vient de prendre corps à La Mecque : une alliance entre Ankara, Riyad et Islamabad. Bakshi ne mâche pas ses mots, il la baptise : le "Sunni NATO".


Le croissant sunnite contre l'échiquier indien

Pour New Delhi, ce n'est plus une hypothèse d'école. C'est un fait de guerre. Le général le documente froidement : pendant l'Opération Sindoor, la Turquie n'a pas seulement soutenu le Pakistan à la tribune, elle l'a armé. Près d'un millier de drones livrés et opérés conjointement, un bâtiment de guerre turc accostant à Karachi en plein bras de fer.

C'est la preuve, selon lui, d'une alliance pratique déjà en place, sans traité. Une alliance qui encercle l'Inde par l'Ouest musulman.

Mais Bakshi, vieux renard de l'état-major, renverse la carte. La Turquie possède la plus grande armée de l'OTAN, certes. Mais la géographie est une sentence. Pour rejoindre le Pakistan, une armada turque devrait fendre la Méditerranée, contourner Suez, traverser toute la mer d'Arabie.

"L'Indian Navy peut la déchirer en pièces."

La phrase est lâchée. Ce n'est pas de la forfanterie. C'est du Mahan à l'état pur : qui tient l'Océan Indien tient le sort du conflit indo-pakistanais.

Le paradoxe de Téhéran : l'ami de mon ennemi



Et c'est ici que le discours bascule et s'adresse à un second destinataire, bien plus délicat : Israël.

Car New Delhi joue une partie d'une complexité vertigineuse. Bakshi pose une équation géopolitique que Tel-Aviv refuse d'entendre :

L'Iran est pour Israël ce que le Pakistan est pour l'Inde. À une nuance près : l'Iran n'a pas la bombe. Le Pakistan, lui, en aligne 180. Un État jihadiste nucléaire. Et nous n'avons jamais vu Israël perdre le sommeil pour cela.

Pour l'Inde, l'Iran chiite n'est pas un paria idéologique, c'est un contre-poids vital. Le seul rempart persan face au bloc sunnite pakistano-turc.

Renoncer à Téhéran, comme le lui demanderait Israël en guerre, serait pour l'Inde un suicide géostratégique à double détente :

  1. Énergétique : L'accès à un brut bradé, raffiné à Jamnagar et Vadinar, puis réexporté à prix fort. Le sang même de son économie.
  2. Continental : Le port de Chabahar et le corridor iranien, seule porte terrestre de l'Inde vers Kaboul et les steppes d'Asie centrale, contournant l'étau pakistanais. Fermer cette route, c'est se condamner à l'enclavement.

Israël-Inde : le degré de l'amitié autonome





On touche ici au cœur de la doctrine indienne.

Quel est le degré de coopération ? Il est stratégique, intense, mais non-aligné.

Depuis Kargil en 1999, Israël est le fournisseur de l'ombre de l'Inde : drones Heron, missiles Barak-8 co-développés, systèmes de défense aérienne, renseignement. Une fraternité des armes forgée contre le terrorisme islamiste.

Mais Bakshi trace une ligne rouge écarlate :

"Nous ne sommes pas le 51ème État américain. Et nous ne sommes pas un appendice d'Israël. Nous sommes des amis. Des vassaux ? Non, monsieur."

C'est toute la philosophie de l'autonomie stratégique à l'indienne. New Delhi n'est vassale de personne. Elle est amie de Tel-Aviv, cliente de Moscou, partenaire de Washington et voisine de Téhéran.

Face au "Sunni NATO" qui monte, l'Inde ne choisit pas entre Israël et l'Iran. Elle choisit l'Inde. Et rappelle au monde que sa boussole n'est pas à Jérusalem, ni à Washington, mais bien à New Delhi.

La Grande Coopération Israël-Inde

Focus JBCH
  • Depuis Kargil 1999 : bascule stratégique, Israël ravitaille l'Inde en urgence quand l'Occident hésite.
  • Drones Heron & Searcher : les yeux de l'armée indienne au Cachemire et en haute mer.
  • Barak-8 / MRSAM : co-développement IAI-DRDO, pilier de la défense aérienne indienne.
  • Phalcon AWACS : supériorité aérienne et conscience stratégique.
  • Renseignement : lutte antiterroriste, cyber, doctrine du renseignement partagé.
  • Agriculture & eau : centres d'excellence indo-israéliens, modèle de soft-power.
  • 10 Mds$ d'échanges défense : 2ème fournisseur de New Delhi après Moscou/Russie.
  • Mais doctrine constante : autonomie stratégique — amie de tous, vassale de personne.

JBCH : Israël-Inde, une fraternité d'acier sous contrainte iranienne. Comprendre New Delhi, c'est comprendre que l'amitié n'est jamais alignement.

L'auteur : JBCH

Analyste indépendant. Regards croisés sur le Moyen-Orient, l'Asie du Sud et les recompositions de puissance.

Méthode : sources ouvertes, recoupement, doctrine.

Ligne : ni aligné, ni militant — stratégique.

JB
JBCH Réflexions
Repères

Source

Maariv 20/08/2026 — Republic World — Intervention Maj.-Gen. G. D. Bakshi (ret.)

Mots-clés

Sunni NATOIndian NavySindoorChabaharAutonomie stratégiqueBarak-8Mahan

Thème

Géopolitique navale / Alliance sunnite / Triangle Inde-Israël-Iran

Chiffres

~1 000 drones turcs évoqués / 180 têtes nucléaires pakistanaises / 10 Mds$ défense Inde-Israël

Lecture — Série Inde-Israël
2607-110Détroit d'Ormuz : l'assurance indienne
2605-108Barak-8, le dôme indo-israélien
2599-102Chabahar vs Gwadar : la guerre des ports
2592-095Kargil 1999 : quand Tel-Aviv sauva New Delhi
2588-091Le non-alignement 2.0 de Modi

À retrouver sur Blogger JBCH Réflexions — archives juin-août 2026

Carte mentale JBCH

[OUEST] Ankara — Riyad — Islamabad

↓ Sunni NATO (non-traité)

↓ Encirclement maritime

→ INDIAN OCEAN : Indian Navy ✕ tear to pieces

[NORD-EST] Téhéran — Chabahar — Delhi

↓ Contre-poids chiite + corridor

[AXE] Tel-Aviv ↔ Delhi

Kargil → Barak-8 → Heron → Intel

Mais : "Non-vassalité"

Mention — Blogger

Publication : JBCH Réflexions — N°2608-111 — 20 août 2026

Droits : Analyse originale JBCH. Sources citées. Reproduction autorisée avec mention.

Contact : jbch.Réflexions [at] blogger — Commentaires modérés.


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