Dès qu'on approche de Chavouot, on pense à lui ...
Sa contribution fondamentale réside précisément dans cette rupture : avant lui, la Kabbale relevait d’un ésotérisme quasi inaccessible. Le Ramhal a interprété la Kabbale de manière allégorique et rationnelle, en s’appuyant sur l’enseignement lourianique et sur les sections de l’Idra Rabba et de l’Idra Zouta du Zohar, qui expliquent l’enchaînement des mondes divins depuis la volonté de l’Infini jusqu’à la réalité de la Création, incluant le concept du Tsimtsoum, l’espace primordial permettant à l’Infini de concevoir tous les mondes jusqu’à la fin des temps.
Son œuvre maîtresse en matière de foi, le Derekh Hachem (La Voie de D.ieu), offre un exposé systématique et raisonné de la métaphysique juive : la nature de D.ieu, le but de la Création, la structure des mondes spirituels, le rôle d’Israël et le sens de l’histoire. C’est une synthèse sans précédent entre pensée rationnelle et sagesse ésotérique.
Mais c’est peut-être le Messilat Yecharim ,le Sentier de Rectitude, qui demeure son legs le plus universel.
Le Ramhal développa également une méthode exclusive d’étude de la Kabbale accessible aux jeunes étudiants, et sa grande influence fut reconnue par tous les grands kabbalistes qui lui succédèrent.
Le penseur et kabbaliste italien Moshe Chaim Luzzatto voyait Chavouot comme le moment où la révélation divine du Sinaï renouvelle chaque année le lien spirituel entre l’homme et Dieu.
Dans ses écrits, notamment influencés par la Kabbale, il explique que l’étude de la Torah pendant Chavouot permet une élévation intérieure et une réparation spirituelle du monde.
Pour Luzzatto, recevoir la Torah n’est pas seulement un événement historique, mais une expérience vivante que chaque génération doit revivre intérieurement.
Le 26 Iyar 1746, il disparaissait à Acco, frappé avec sa femme et son fils par une épidémie, à l’âge de trente-neuf ans seulement. Il fut enterré à Tibériade, aux côtés de Rabbi Akiva. À l’annonce de sa mort, les rabbins de Tibériade proclamèrent : « Heureux votre sort, dans ce monde et dans le monde à venir, mais le nôtre est le malheur, car la couronne s’est éloignée de nos têtes. »