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samedi 29 août 2026

France, comment s'en sortir ! JBCH N° 2608 - 131

JBCH Réflexions

Journal indépendant · Idées, actualité, société


N° 131


Économie & Service public


Fonction publique :   la réduction des effectifs etc ... 







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Le Medef et plusieurs responsables politiques appellent à une diminution drastique du nombre de fonctionnaires — les experts estiment que cette approche comptable risque de manquer sa cible


Entretien avec Michel Ruimy d'après Atlantico


C'est devenu un serpent de mer du débat public français. À chaque annonce budgétaire, la même rengaine revient : il faut réduire le nombre de fonctionnaires. Le Medef, ces dernières semaines, a remis le sujet sur la table avec une vigueur renouvelée, proposant des suppressions massives de postes dans la fonction publique. 




Plusieurs responsables politiques, de droite comme de l'extrême centre, ont emboîté le pas, y voyant une promesse d'économies rapides et un signal fort envoyé aux marchés.

Pourtant, cette approche purement quantitative pourrait bien se révéler contre-productive. C'est en tout cas la thèse défendue par Michel Ruimy, observateur avisé des politiques publiques, qui voit dans ce débat « un angle mort » : celui de l'organisation même de l'État.

Un diagnostic erroné

« Réduire l'action de l'État au seul comptage d'effectifs constitue une erreur de diagnostic », assène-t-il. Et pour cause : la France ne souffre pas tant d'un excès de fonctionnaires que d'une mauvaise répartition de ceux-ci. 

Les administrations concentrent leurs forces là où les besoins ont diminué, pendant que des secteurs entiers — la transition écologique, le numérique, l'accompagnement social — manquent cruellement de bras.

« Réduire l'action de l'État au seul comptage d'effectifs constitue une erreur de diagnostic. »

Le vrai gisement d'économies

Selon les spécialistes du management public, le véritable potentiel d'économies réside dans la simplification des normes, la réorganisation des services et la modernisation des procédures. Un agent dont le temps est absorbé par des tâches administratives redondantes produit peu de valeur ajoutée. Réorganiser le travail, digitaliser les processus, mutualiser les moyens : autant de leviers qui permettraient de dégager des marges financières sans sacrifier la qualité du service public.

L'échec annoncé des suppressions massives

L'histoire récente a montré les limites de cette politique du chiffre. Les suppressions de postes décidées sans réflexion sur l'organisation ont souvent conduit à des engorgements, des délais allongés et une dégradation des conditions de travail, sans générer les économies escomptées. 

Les « chocs » successifs imposés à la fonction publique ont davantage fragilisé les services que modernisé l'État.

Ce qu'il faut retenir

  • Le problème n'est pas le nombre de fonctionnaires, mais leur répartition entre secteurs
  • Le vrai gisement d'économies : simplification des normes, digitalisation, mutualisation des moyens
  • Les suppressions massives passées ont fragilisé les services sans générer les économies attendues
  • Une vraie réforme du management public suppose volonté politique et acceptation du changement

Une nécessaire refonte managériale

La piste d'une meilleure allocation des effectifs, adossée à une vraie réforme du management public, apparaît comme une alternative crédible. Encore faut-il en avoir la volonté politique. Car réorganiser l'État est infiniment plus complexe que de brandir un chiffre de suppressions de postes. Cela suppose de bousculer des habitudes, de revoir des procédures, de former les agents, d'accepter des résistances au changement.

En définitive, le débat sur le nombre de fonctionnaires occulte la vraie question : comment rendre l'État plus efficace, non pas en le vidant de sa substance, mais en le transformant en profondeur. 

Un chantier autrement plus ambitieux que la simple arithmétique budgétaire. Et peut-être, à terme, autrement plus rentable pour les finances publiques.





JBCH Réflexions            Août 2026

Ne Jamais voter pour l'extrême droite ...Ni pour LFI ... Le danger est proche JBCH N° 2608 - 130

JBCH Réflexions

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Économie & Politique

Le danger économique du vote RN

Une analyse du programme économique du Rassemblement National pour 2027





A quelques mois de l'élection présidentielle en France, alors que le monde est à feu et à sang, comment laisser le bouton rouge de la bombe atomique à un de ces deux partis qui sont en tête des sondages  ... 

Pas à des irresponsables .. Pas à la famille Le Pen, avec un Bardella qui n'a fait aucune étude et n'a jamais travaillé, pas à Mélenchon  qui a viré au fascisme rouge antisémite... les deux sont anti-Européens ... 

Soyez vigilants !!


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JBCH Réflexions le 29 Août 2026 N° 130


Quatre risques identifiés

  • Déstabilisation des marchés financiers et hausse des taux sur la dette
  • Inflation et perte de pouvoir d'achat
  • Affaiblissement des services publics
  • Isolement européen et risque de représailles commerciales

Des promesses intenables financièrement


Le programme économique du Rassemblement National pour 2027 accumule les contradictions qui pourraient très gravement fragiliser l'économie française. 

Le retour de la retraite à 60 ans pour certaines catégories, couplé à des baisses d'impôts (TVA, impôt sur le revenu), représenterait un manque à gagner estimé entre 60 et 100 milliards d'euros par an. 

Or, les économies proposées pour compenser ce coût restent largement floues et peu documentées. On a affaire à des irresponsables incultes.


Déstabilisation des marchés financiers


Un programme non financé entraînerait une hausse des taux d'intérêt sur la dette française, augmentant le coût du remboursement et réduisant la marge de manœuvre budgétaire. 

La France, déjà sous surveillance de l'UE, verrait sa crédibilité affaiblie.


Une équation impossible : dépenser davantage tout en réduisant les impôts.

Inflation et perte de pouvoir d'achat

La baisse de la TVA, mesure phare du programme, profiterait davantage aux entreprises qu'aux consommateurs, sans garantie de répercussion sur les prix. 

L'augmentation du déficit pourrait également alimenter l'inflation.

Affaiblissement des services publics


Les économies annoncées  non-remplacement des fonctionnaires, baisse des aides sociales   toucheraient en priorité les classes moyennes et populaires, pourtant cœur de cible électorale du RN.



Emblème fasciste


Isolement européen

La remise en cause de l'Euro, des traités européens et de la politique agricole commune menacerait les aides agricoles françaises, vitales pour de nombreuses régions.


L'illusion de la « préférence nationale »


Les mesures de protectionnisme annoncées  taxation des importations, préférence nationale pour l'emploi   risquent de déclencher des représailles commerciales, pénalisant nos exportations et les entreprises françaises à l'international.


La passion pour Poutine de la part de Mélenchon et de Le Pen nous ferait tomber dans un monde malsain et guerrier. 




En conclusion

Le programme économique du RN repose donc sur une équation impossible : promettre des dépenses massives tout en réduisant les impôts, sans expliquer clairement comment combler le déficit. 

Cette approche, si elle était mise en œuvre, exposerait la France à une crise de confiance économique aux conséquences durables pour les ménages les plus modestes.


JBCH Réflexions                            Août 2026

Un philosophe de notre temps à découvrir JBCH N° N° 2608 - 129

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Idées & Philosophie



Pascal Chabot : «Nous vivons dans des capsules numériques qui nous éloignent de l'idéal des Lumières»

Le philosophe belge invente le concept de « capsule » pour penser notre enfermement numérique





29 août 2026                        JBCH N° 129

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 Entretien avec Lucas Bretonnier


Le livre

  • Nos vies encapsulées. Quel devenir pour l'humanité ?, Pascal Chabot, PUF
  • Le philosophe belge y développe le concept de « capsulologie », une phénoménologie du numérique

Il y avait les bulles, les filtres ; voici les capsules. Loin de n'être qu'une jolie trouvaille sémantique, le terme proposé par le philosophe Pascal Chabot 




Nos vies encapsulées se révèle une clé de compréhension efficace   presque un passe-partout — pour lire le monde contemporain. Sa « capsulologie » est une nouvelle phénoménologie à l'ère du numérique : que devenons-nous une fois branchés au surconscient de l'IA ? 

Après un constat inquiet, le philosophe propose une éthique, une approche « subtile » du monde pour sauver l'humain et redonner une nouvelle définition au mot progrès.

D'où vient le mot « capsule » ?

Pascal Chabot raconte que les philosophes n'ont pour eux que les mots, et que la rencontre avec un terme est un petit eurêka : il faut en trouver un suffisamment chargé et connu de tous pour être compris, mais prêt à muter pour acquérir une densité philosophique capable de « dire le contemporain ». 





Enseignant dans une école de communication, il a remarqué que le mot « capsule » circulait déjà beaucoup dans les usages numériques de ses étudiants  capsules vidéo, capsules sonores. Un télescopage s'est opéré entre ce mot et son désir de travailler sur les nouveaux espaces contemporains.

Capsa, la boîte : l'étymologie latine confirme l'intuition du philosophe.

Une étymologie qui éclaire le concept

En se penchant sur l'étymologie du mot — capsa, la boîte, en latin  Pascal Chabot s'est convaincu d'être sur la bonne voie. 




L'image de la boîte, enveloppe qui protège mais qui enferme aussi, résume assez bien l'ambivalence de son propos : nos existences numériques, avides de connexions et de transactions, s'organisent aujourd'hui autour de telles enveloppes, qui nous relient au monde tout en nous en tenant paradoxalement à distance.

Un philosophe à découvrir !





JBCH Réflexions.  Août 2026 

Macron en Suède ! Pourquoi ? JBCH N° 2608 - 128

JBCH Réflexions


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ANALYSE — DÉFENSE & GÉOPOLITIQUE

La France, en retard sur les drones,
cherche un nouvel élan

Après l'échec du SCAF avec Berlin, Paris multiplie les portes de sortie — jusqu'en Suède. La Suède est-elle la solution ?

29 août 2026                        JBCH N° 128 

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Lundi, Emmanuel Macron s'envolera vers Stockholm. Officiellement, une visite d'État. Officieusement, la France y cherche ce qu'elle n'a pas su construire seule : un partenaire pour son avion de chasse de nouvelle génération.


 À l'Élysée, on parle déjà d'« axes de coopération » avec Saab, le constructeur du Gripen. La France, dit-on, apporterait ses réacteurs   Safran.

  

 Deux avions « de taille relativement réduite », deux industries qui « se respectent », a précisé un fonctionnaire vendredi. Le langage est feutré. La réalité, elle, est plus rude.



 

Car cette main tendue à Stockholm n'est pas un choix de confort. Elle est la conséquence directe d'un printemps raté. Le programme SCAF (Système de combat aérien du futur), censé unir la France, l'Allemagne et l'Espagne autour d'un chasseur furtif de sixième génération, s'est effondré en juin 2026, miné par des années de désaccords entre Dassault Aviation et l'allemand "Airbus Defence and Space" sur le partage industriel, la propriété intellectuelle et jusqu'à la philosophie même de l'appareil. 

Berlin est parti. Paris s'est retrouvée seule avec un démonstrateur à financer et un calendrier  un premier vol espéré vers 2031  de plus en plus fragile.


LES PRÉTENDANTS AU CHEVET DE LA FRANCE

  • Allemagne — partenaire historique du SCAF, a quitté le programme en juin 2026 après des années de blocage avec Airbus.
  • Inde — a officiellement engagé, début août 2026, des démarches pour rejoindre le FCAS mené par la France ; aucun accord formel signé à ce jour.
  • Suède — sollicitée à son tour cette semaine ; doit trancher sur l'avenir de son propre programme de chasseur d'ici septembre 2027.
  • Allemagne (bis) — selon Politico, Berlin aurait déjà pris contact avec Stockholm, en concurrence directe avec Paris

Dans ce jeu de chaises tournantes, l'Inde occupe une place à part. New Delhi a officiellement engagé, début août, des démarches pour rejoindre le programme français  une candidature accueillie avec un enthousiasme prudent à Paris, tant l'écart technologique entre les deux pays reste, sur ce dossier précis, à l'avantage français.                                                                                                Mais l'idylle a ses limites : la France s'est jusqu'ici montrée réticente à transmettre à New Delhi les codes sources de l'avionique du Rafale, un blocage qui avait déjà, par le passé, coûté cher à Dassault sur d'autres marchés.                                                  Et pendant que Paris hésite à partager ses secrets, Israël, lui, n'hésite pas : les accords de défense signés lors de la visite de Narendra Modi à Jérusalem en février 2026  missiles,drones,intelligence artificielle, estimés jusqu'à 20 milliards de dollars   dessinent un partenariat indo-israélien qui avance vite, sur le terrain très concret des drones, précisément là où la France accuse le plus grand retard.« La France n'est pas prête à la guerre des robots. »



 Ce retard n'est pas une figure de style. Un rapport sénatorial adopté à l'unanimité le 7 juillet 2026 le dit en ces termes mêmes. Fin 2024, les armées françaises ne disposaient que de 31 systèmes de lutte anti-drones et de 150 fusils brouilleurs. Moins de 2 % des crédits militaires sont consacrés aux drones ; sur les sommes déjà votées entre 2024 et 2026, à peine 28 % ont été effectivement dépensées. 


Pendant ce temps, l'armée ukrainienne engage près de 15 000 drones par jour sur le front, et la production mondiale se compte désormais en millions d'unités. La France, longtemps fière de sa sophistication industrielle, découvre que la guerre moderne se gagne aussi — peut-être surtout — par le volume.


 C'est dans ce contexte que la Suède prend tout son sens. Face à une Allemagne qui a claqué la porte, une Inde courtisée mais pas acquise, et un secteur des drones à reconstruire d'urgence, Stockholm offre à la France un partenaire de taille comparable, sans le passif industriel franco-allemand, et doté d'une culture d'ingénierie aéronautique déjà éprouvée avec le Gripen. 


Saab, de son côté, cherche un motoriste : la dépendance actuelle du Gripen envers l'américain GE Aerospace n'est un secret pour personne à Stockholm, à l'heure où la fiabilité des approvisionnements américains est elle-même questionnée.


 

Reste une question que Paris préfère ne pas trop formuler à voix haute : un couple franco-suédois suffira-t-il à combler seul le vide laissé par l'Allemagne, et à rattraper, dans le même mouvement, le retard accumulé sur les drones ? Rien n'est acquis. 


Aucun accord formel n'existe à ce stade, a pris soin de préciser l'Élysée. La Suède, elle, ne tranchera qu'en 2027. 


D'ici là, la France aura eu le temps de mesurer si son nouvel élan tient à un partenaire scandinave   ou s'il lui faudra, une fois de plus, apprendre à voler plus léger, plus vite, et surtout, en plus grand nombre.



JBCH N° 128                    Août 2026

jeudi 27 août 2026

Les bienfaits du Thé JBCH N° 2608 - 127

JBCH Réflexions


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Santé & Sciences

Ces bienfaits du thé pour la santé, prouvés scientifiquement






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Allié santé traditionnel, le thé suscite de nombreux espoirs quant à ses bienfaits cardiovasculaires et sa contribution à la longévité


JBCH N° 127


Ce qu'il faut retenir

  • Longévité : deux à trois tasses de thé par jour sont associées, dans des études statistiques, à une baisse de mortalité de 13 % — une observation, non un lien de cause à effet prouvé.
  • Polyphénols : riche en antioxydants, le thé protège les vaisseaux sanguins, la santé bucco-dentaire et le microbiote — des vertus toutefois comparables à d'autres aliments riches en polyphénols (pommes, cacao, café).
  • Vigilance et sommeil : la théine améliore la concentration au même titre que le café, tout en perturbant moins le sommeil nocturne.
  • Un soutien, pas un médicament : le thé participe au bien-être, mais ne remplace ni traitement médical ni hygiène de vie équilibrée.


Considéré depuis des siècles comme un allié santé, le thé continue de susciter l'intérêt de la recherche scientifique, en particulier pour ses bienfaits cardiovasculaires et sa possible contribution à la longévité. 

Mais que dit vraiment la science, au-delà de la réputation ?

Une association statistique, pas une preuve

Plusieurs études associent la consommation de deux à trois tasses de thé par jour à une baisse de la mortalité de l'ordre de 13 %. 

Un chiffre frappant, mais qui relève de l'observation statistique : il ne démontre pas, à lui seul, un véritable lien de cause à effet. 

D'autres facteurs   hygiène de vie, niveau socio-économique, habitudes alimentaires globales peuvent influencer ce résultat.



Les polyphénols, moteurs des bienfaits

Riche en antioxydants, le thé exerce une action protectrice sur les vaisseaux sanguins, la santé bucco-dentaire et le microbiote intestinal. 

Ses polyphénols lui confèrent des vertus prébiotiques reconnues. Ces bienfaits restent toutefois comparables à ceux d'autres aliments riches en polyphénols, comme les pommes, le cacao ou le café — le thé n'a donc rien d'une exception radicale dans l'alimentation.




La théine stimule la vigilance comme le café — avec moins d'impact sur le sommeil.

Vigilance le jour, sommeil préservé la nuit

Grâce à la théine, le thé améliore la concentration et la vigilance au même titre que le café. Sa consommation provoque toutefois moins de perturbations sur le sommeil nocturne, ce qui en fait une alternative intéressante pour les personnes sensibles aux effets excitants du café en fin de journée.




Un soutien, jamais un substitut

Au-delà de ses vertus mesurables, le thé procure aussi un effet réconfortant qui participe pleinement au bien-être général. 

Mais les chercheurs insistent sur un point essentiel : sa consommation, aussi bénéfique soit-elle, ne remplace en aucun cas un traitement médical ni une hygiène de vie équilibrée.





JBCH Réflexions                      Aoüt 2026. 

mercredi 26 août 2026

Paracha Ki-Tavo JBCH N° 2608 - 126

 JBCH Réflexions

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JBCH N° 2608 - 126



Pensée juive & Actualité





Parachat Ki Tavo  « Lorsque tu viendras »


Bikkurim, alliance et bénédictions : entrer pleinement dans sa terre, intérieure et collective


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Deutéronome 26:1–29:8 — Eloul


Ki Tavo décrit l'entrée dans la Terre promise, l'offrande des prémices (bikkurim), la déclaration de la dîme, l'alliance solennelle, les bénédictions pour l'obéissance et les malédictions (tochacha) pour la désobéissance. 

Elle se situe traditionnellement en Eloul, période de préparation aux fêtes de Tishri. Voici ce qu'elle représente, sous trois angles : l'actualité, le sens moral, et le sens kabbalistique.





Dans l'actualité

La portion résonne avec les défis contemporains d'Israël et du peuple juif : gratitude face à l'abondance, responsabilité collective et conséquences des choix. 

Les bikkurim rappellent de ne pas prendre pour acquis la souveraineté retrouvée ni les fruits de la terre et de l'innovation, mais de les reconnaître comme des dons à partager — avec le Lévite, l'étranger, l'orphelin, la veuve.

Les bénédictions et malédictions évoquent la vulnérabilité face aux menaces — sécurité, isolement diplomatique, crises internes — et la nécessité d'un leadership moral clair, « être la tête et non la queue » (Dt 28:13), plutôt que de suivre les courants dominants. 

Dans un contexte de guerres, de polarisation et de reconstruction post-traumatique, Ki Tavo insiste sur le récit collectif  « Mon père était un Araméen errant… » et sur le service de Dieu « dans la joie et la bonté de cœur », même en temps d'abondance ou d'épreuve.


Transformer les malédictions apparentes en opportunités de purification et de retour.

Sens philosophique et moral

Philosophiquement, Ki Tavo place l'homme face au libre arbitre et aux conséquences de ses actes. Les choix — l'alliance volontaire, la parole qui crée le lien (he'emarta / he'emircha)   fondent une relation éthique non hiérarchique, mais de responsabilité mutuelle. L'offrande des prémices enseigne l'humilité et la gratitude : 

Le succès n'est pas purement « la force de ma main », mais un don ; l'abondance doit produire générosité et joie véritable, non l'entêtement.



La tochacha, ses 98 malédictions, n'est pas fatalisme : elle souligne que le bien et le mal ont des effets concrets, individuels et collectifs, et que la pureté morale passe aussi par l'évitement du mal secret  « maudit celui qui frappe son prochain en secret ». Servir « de tout son cœur » inclut les deux penchants, bon et mauvais ; le bonheur authentique naît de la reconnaissance des dons et du partage, non de la possession exclusive. C'est une éthique de responsabilité, de récit partagé et de joie comme devoir moral.

Trois clés de lecture

  • Actualité : gratitude, souveraineté, leadership moral
  • Morale : libre arbitre, humilité, responsabilité partagée
  • Kabbale : 98 malédictions = valeur numérique de tzach (pureté)

Sens kabbalistique

Dans la Cabbale et dans le Zohar, les malédictions de Ki Tavo sont des bénédictions déguisées, entrelacs de jugement (din) et d'amour (hessed). 

Le Zohar lit certains versets à l'envers : ce qui paraît destruction peut signifier dissipation des fléaux ou retour des miracles de la Sortie d'Égypte. 

Les 98 malédictions correspondent à la valeur numérique de tzach (pureté, nettoyage), apportant une énergie de purification et de protection, particulièrement pertinente en Eloul.

Les bikkurim symbolisent l'élévation de l'âme incarnée vers sa source divine, et le fait de faire descendre la sainteté dans le monde matériel  transformer la vie quotidienne en demeure pour le Divin. 



Le récit collectif combat la pirud (séparation) au profit de l'achdut (unité). Selon l'Arizal et la tradition ‘hassidique, la joie dans le service divin doit surpasser toute autre source de plaisir ; les « malédictions » rappellent de ne pas tirer sa joie principale de l'abondance matérielle. 

En changeant le récit intérieur — vers le désir de bénédiction plutôt que la culpabilité — on influence le décret céleste : « Ce que le sage décrète, Dieu accomplit ».

Ki Tavo invite à entrer pleinement dans sa « terre » — intérieure et collective — avec gratitude, responsabilité morale et conscience mystique que les épreuves elles-mêmes peuvent être des voies de purification et de rapprochement.





JBCH Réflexions          Août 2026 

mardi 25 août 2026

La souffrance de la Kabylie aujourd'hui JBCH 2608 - 125

JBCH Réflexions


Kabylie — Page 1/2

Le drame des Kabyles : la grande fuite des hommes libres




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Dans les montagnes du nord-est de l'Algérie, un peuple entier vit sous surveillance. Militants emprisonnés, journalistes condamnés, identité criminalisée La Kabylie paie, depuis des années, le prix d'un particularisme que le régime d'Alger traite comme une menace existentielle au point d'accuser régulièrement ses militants de complicité avec Israël.

La Kabylie, région berbérophone au relief montagneux, entretient depuis l'indépendance algérienne une relation tendue avec le pouvoir central.

 Depuis 2001 et la création du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK) par le chanteur et militant Ferhat Mehenni, cette tension a pris une forme organisée, portant une revendication d'autonomie puis d'indépendance que le régime algérien traite comme une entreprise séparatiste à écraser.



2021 : le tournant de la criminalisation

Le point de bascule se situe en 2021. Après une vague d'incendies meurtriers ayant ravagé la Kabylie durant l'été, les autorités algériennes accusent le MAK  ainsi qu'Israël et le Maroc d'en être les commanditaires. 




Sans procès équitable documenté, un homme soupçonné d'appartenir au mouvement est lynché sur place. Dans la foulée, le régime classe officiellement le MAK comme « organisation terroriste ». 

Ce classement transforme, de fait, toute expression de l'identité kabyle en délit potentiel : militants, journalistes, simples citoyens ayant eu un contact avec la mouvance peuvent désormais être poursuivis au nom de la lutte antiterroriste.

L'accusation qui revientDepuis 2021, le régime algérien associe régulièrement le mouvement kabyle à Israël et au Maroc — une accusation reprise sans preuve documentée à chaque nouvelle vague de répression.

L'affaire Gleizes : un journaliste, un club de football, sept ans de prison





Le cas de Christophe Gleizes illustre la portée de cette criminalisation. Journaliste sportif français, collaborateur de So Foot et Society, il se rend en Algérie en mai 2024, muni d'un simple visa touristique, pour préparer un reportage sur les grandes heures de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), club historique de Tizi Ouzou. 

Arrêté le 28 mai 2024, placé treize mois sous contrôle judiciaire, il est condamné le 29 juin 2025 à sept ans de prison ferme pour « apologie du terrorisme »  la justice algérienne lui reprochant d'avoir échangé, en 2015 et 2017, avec un ancien dirigeant du club par ailleurs lié au MAK. Sa peine est confirmée en appel le 3 décembre 2025. 

Reporters sans frontières dénonce une décision « aberrante à l'encontre d'un journaliste n'ayant fait que son travail ».

Un an après son incarcération, Christophe Gleizes reste détenu. En mai 2026, la Cour suprême algérienne rejette l'appel du parquet visant à alourdir sa peine, ouvrant une possible voie vers une grâce présidentielle voie que RSF et sa famille appellent de leurs vœux, sans qu'elle se soit encore concrétisée.


Repères
  • 2001 : création du MAK par Ferhat Mehenni
  • Été 2021 : incendies en Kabylie, classement du MAK comme organisation terroriste
  • 28 mai 2024 : arrestation du journaliste Christophe Gleizes à Tizi Ouzou
  • 29 juin 2025 : condamnation à 7 ans de prison, confirmée en appel le 3 décembre 2025
  • 14 décembre 2025 : déclaration unilatérale d'indépendance de la Kabylie, proclamée à Paris
Fin de la page 1 — suite page 2

JBCH Réflexions

Le drame des Kabyles  (page 2/2)

Une répression qui ne faiblit pas en 2026

Loin de s'apaiser après la déclaration d'indépendance de décembre 2025, la pression s'est intensifiée à l'approche des élections législatives du 2 juillet 2026. Selon des associations de défense des militants kabyles, arrestations préventives, convocations et intimidations se multiplient dans la région durant cette période. 

Le 4 juin 2026, à Aokas, dans la wilaya de Béjaïa, le militant Mourad Chabane est interpellé à son domicile par une unité de police spécialisée puis transféré vers Alger  un cas parmi d'autres, révélateur d'une méthode : perquisition matinale, garde à vue prolongée, silence des autorités sur les motifs.

La diaspora elle-même n'échappe pas à la pression. Aksel Bellabbaci, conseiller politique du MAK réfugié en France depuis plusieurs années, a fait l'objet d'une demande d'extradition qu'une cour d'appel parisienne a refusée en mai 2025. 

Il reste, selon les informations disponibles, en attente d'un statut de réfugié politique stable — signe que même l'exil vers la France n'offre pas toujours une protection immédiate.




Une identité qui se paie cher

Ce que documentent ces affaires, c'est une politique répressive qui vise moins des actes précis que l'appartenance elle-même : militants, journalistes, défenseurs des droits humains, mais aussi des citoyens ordinaires, coupables d'avoir exprimé pacifiquement leur identité berbère. 

La déclaration d'indépendance symbolique de décembre 2025, proclamée à Paris devant plus d'un millier de personnes, a marqué un tournant politique pour le mouvement — mais elle s'est accompagnée, sur le terrain, d'un raidissement supplémentaire du pouvoir algérien plutôt que d'une ouverture.

Ce qu'il faut mesurer avec prudenceL'ampleur exacte des départs clandestins de Kabyles vers le Maroc ou la France n'est pas documentée par des chiffres officiels vérifiables ; ce sont des témoignages individuels, recueillis par des associations de la diaspora, qui dessinent ce tableau d'un exil sous contrainte.

Ce que l'exil ne dit pas toujours




Les témoignages recueillis par les réseaux de soutien évoquent des parcours heurtés : passage informel vers le Maroc, tentative de rejoindre des proches déjà installés en France, attente d'une hypothétique protection internationale. 

Ce que l'on sait avec certitude, documenté par des sources vérifiables, c'est le durcissement légal et judiciaire depuis 2021 ; ce que racontent les exilés eux-mêmes, sur les conditions précises de leur départ, relève davantage du témoignage individuel que de la statistique établie, une nuance qui ne minore pas leur détresse, mais qui doit être posée pour ne pas déborder ce que les faits vérifiés permettent d'affirmer.




Entre le classement du MAK comme organisation terroriste en 2021, la condamnation à sept ans de prison d'un journaliste pour avoir couvert un club de football, et les arrestations préventives qui continuent en 2026, un fait résiste à toute nuance : 

En Algérie, l'expression pacifique d'une identité kabyle expose à des poursuites disproportionnées. Ce qui reste plus difficile à établir avec la même rigueur, c'est l'ampleur précise de l'exode qu'elle engendre un chapitre encore largement écrit par les témoignages plutôt que par les chiffres.




 Jacques-Bernard       JBCH Août 2026