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vendredi 8 mai 2026

La France humiliée par l'Algérie. JBCH N° 2305 - 1036

 Macron-Alger : l'entêtement incompréhensible d'un président humilié

 

Il y a des obstinations qui confinent à l'aveuglement. Celle d'Emmanuel Macron vis-à-vis de l'Algérie en est l'illustration la plus troublante du quinquennat.

En avril 2025, la France avait expulsé douze agents du réseau diplomatique algérien, rappelé son ambassadeur à Paris, et dénoncé avec une rare fermeté une « dégradation brutale » des relations bilatérales. Le divorce semblait acté. Les partisans d'une ligne dure avaient applaudi. On croyait enfin voir une France qui se respecte. 




Illusion. Ce vendredi 8 mai, l'Élysée a annoncé le retour à Alger de l'ambassadeur Stéphane Romatet, absent depuis plus d'un an. Macron court à nouveau après une réconciliation que personne, côté algérien, ne lui a réellement offerte. 


Pour comprendre l'incompréhension que suscite cette décision, il faut rappeler la chronologie des humiliations. En juin 2023, le président Tebboune a fait réintroduire dans l'hymne national algérien un couplet ouvertement hostile à la France. En décembre 2025, l'Assemblée populaire nationale algérienne adoptait à l'unanimité une loi criminalisant la colonisation française, réclamant pour la première fois des « réparations intégrales » et des « excuses formelles ». Le ministre français des Affaires étrangères avait dénoncé « une initiative manifestement hostile ». Puis le silence. Puis la capitulation.  




Et il y a Christophe Gleizes. Ce journaliste sportif français, arrêté en mai 2024 à Tizi Ouzou alors qu'il couvrait le club JS Kabylie, a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Un homme croupit dans une geôle algérienne pour avoir fait son travail, et la France, en guise de réponse, rouvre son ambassade.  


Boualem Sansal libéré par le président allemand


Ceux qui critiquent Macron ont raison sur un point fondamental : la diplomatie du pardon perpétuel ne produit rien. Depuis l'automne 2024, l'empreinte commerciale des entreprises françaises en Algérie s'est réduite à sa portion congrue — il ne reste que le gaz algérien importé par la France, soit 5 à 6 milliards d'euros par an. C'est Alger qui tient les cordons de la bourse énergétique, et Paris qui supplie.





La ministre déléguée aux Armées se rend ce même 8 mai en Algérie pour commémorer la répression française de Sétif de 1945. La France vient faire son mea culpa le jour même où elle tente de récupérer son journaliste emprisonné. Le signal envoyé est catastrophique : nous cédons sur la mémoire pour obtenir peut-être, peut-être, un geste humanitaire.  


Abdel Khader


On nous expliquera que c'est la realpolitik — le gaz, les flux migratoires, la stabilité du Maghreb. Certes. L'Algérie avait cessé de délivrer des laissez-passer consulaires, documents indispensables à l'expulsion des étrangers en situation irrégulière. La France est donc, littéralement, à la merci d'Alger pour contrôler sa propre frontière. Ce n'est pas de la diplomatie, c'est de la dépendance. 


Les Harkis abandonnés par la France

Mais la realpolitik a ses limites morales. Un journaliste français derrière les barreaux, une loi algérienne qui criminalise notre histoire, un régime qui instrumentalise la mémoire coloniale pour maintenir sa propre population sous pression : jusqu'où faut-il ravaler sa dignité ?


Les critiques de Macron ne sont pas des va-t-en-guerre nostalgiques de l'Algérie française. Ce sont des citoyens qui observent une asymétrie sidérante : Alger fixe les conditions, Paris s'y soumet. Alger humilie, Paris revient. Alger emprisonne un Français, Paris commémore Sétif.


Macron dit vouloir « restaurer un dialogue efficace ». Le problème n'est pas le dialogue — c'est qu'il dialogue seul, en position de demandeur, face à un régime qui a fait de l'anti-France un ciment national. On n'obtient pas le respect en le réclamant à genoux. On l'obtient en le méritant — et parfois, en sachant dire non. 




1 commentaire:

  1. Aucune fierté
    Une serpillière
    Mais il a peur de la gauche qui tient les fils

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