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vendredi 23 janvier 2026

Elections : Les Partis arabes en israël montent une liste unique. JBCH N° 2601 - 815

Les partis arabes israéliens s’unissent 


Israël , 2 millions de citoyens arabes, vivant dans une démocratie dans laquelle ils ont tous les droits , et peuvent légalement éviter la conscription.


Dans un contexte de polarisation accrue en Israël, les quatre principaux partis arabes – Ra’am (Liste arabe unie, islamiste conservateur dirigé par Mansour Abbas), Hadash-Ta’al (alliance gauchiste et nationaliste arabe dirigée par Ayman Odeh et Ahmad Tibi) et Balad (nationaliste laïc) ont signé, le 22 janvier 2026, un engagement historique pour reformer la Liste commune (Joint List) en vue des élections législatives prévues d’ici octobre 2026. 


Cette décision, prise à l’issue d’une rencontre à Sakhnin lors d’une grande manifestation contre la criminalité dans les communautés arabes, marque un tournant après des années de fragmentation.




La Liste commune, qui avait réuni ces formations de 2015 à 2020 et culminé à 15 sièges (troisième force à la Knesset), s’était disloquée avant les scrutins de 2021 et 2022. Ra’am avait rompu en 2021 pour poursuivre une stratégie pragmatique d’entrée dans les coalitions gouvernementales – devenant même partenaire du gouvernement Bennett-Lapid en 2021, une première pour un parti arabe indépendant. Les autres, plus radicaux ou opposés à toute collaboration avec des gouvernements sionistes, avaient couru séparément, perdant en influence : Hadash-Ta’al a obtenu 5 sièges, Ra’am 5, et Balad a échoué à franchir le seuil électoral en 2022.




Malgré des divergences idéologiques profondes – Ra’am est islamiste et prêt à négocier des budgets pour les communautés arabes en échange de soutien tactique ; Hadash est communiste et binational ; Ta’al et Balad sont nationalistes palestiniens, souvent anti-sionistes –, la pression populaire a prévalu. Des sondages récents montrent que 62 % des électeurs arabes participeraient massivement si la liste unifiée se reformait, contre seulement 51 % en cas de dispersion. La communauté arabe (21 % de la population israélienne) souffre d’un sentiment d’exclusion chronique, aggravé par les discours racistes de certains politiciens juifs qui refusent toute coalition incluant des partis arabes.




Comme le souligne Gershon Baskin dans sa chronique « Encountering Peace » du Jerusalem Post du 22 janvier 2026, cette exclusion ouverte par des partis d’opposition comme Yesh Atid ou Yisrael Beytenu – qui jurent ne jamais gouverner avec des Arabes – questionne la nature démocratique d’Israël. Baskin plaide pour une coopération judéo-arabe réelle, non comme tactique électorale mais comme fondement d’une égalité civique et d’une paix future avec les Palestiniens. Sans cette alliance, argue-t-il, la gauche israélienne ne peut espérer renverser le bloc netanyahouen.




La réunification vise à maximiser les voix arabes (souvent sous-mobilisées) et à peser comme faiseur de roi. Si la Liste commune retrouve 10-12 sièges, elle pourrait bloquer Netanyahu ou forcer l’opposition centriste-gauche (Yesh Atid, Democrats, etc.) à reconsidérer son refus de partenariat arabe – un tabou que Mansour Abbas avait brisé en 2021. Mais les tensions persistent : Ra’am veut conserver une flexibilité pour rejoindre une coalition modérée, tandis que les autres exigent une ligne ferme contre l’occupation.





Cette union fragile, née de la nécessité face au seuil électoral de 3,25 % et à la menace d’un nouveau gouvernement de droite extrême, pourrait redessiner le paysage politique israélien. 


Elle rappelle que les citoyens arabes, loyaux à l’État tout en revendiquant l’égalité, refusent d’être relégués à l’opposition éternelle. 


Pour la première fois depuis longtemps, leur voix unie pourrait devenir décisive – non pour détruire Israël, mais pour le forcer à affronter ses contradictions démocratique


https://www.facebook.com/watch/?v=1152671743710470


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