La Suède, futur géant européen de l’aviation militaire : le revers stratégique pour la France
La Suède est en train de réussir là où plusieurs puissances européennes peinent à s’imposer : construire une industrie aéronautique militaire exportatrice, agile et politiquement attractive.
Avec le Saab Gripen, Stockholm a réussi à se positionner comme un fournisseur alternatif face au Rafale français, à l’Eurofighter européen et aux avions américains F-35.
Le succès du Gripen repose sur une stratégie claire : proposer un avion moderne, moins coûteux à exploiter, accompagné d’importants transferts de technologies.
La Suède a vendu ou placé ses appareils en Afrique du Sud, Thaïlande, Hongrie, République tchèque et Brésil, tandis que l’Ukraine et la Colombie doivent également rejoindre les utilisateurs du Gripen. La Suisse ne s’est pas encore positionnée face aux pressions des USA.
Le contrat brésilien est particulièrement stratégique, car il a permis à Saab d’implanter une capacité industrielle locale et de faire du Brésil un partenaire de développement du Gripen E.
Cette politique industrielle contraste avec l’approche française, jugée par certains partenaires plus restrictive. Paris, par jalousie, a longtemps privilégié la maîtrise nationale des technologies du Rafale et une coopération limitée autour de ses programmes futurs. Le Rafale n’est pas furtif.
Si cette stratégie a permis de préserver une industrie souveraine, elle a parfois réduit l’attractivité commerciale face à des concurrents proposant davantage de coopération industrielle.
Le rapprochement entre la Suède et l’Allemagne constitue également un signal préoccupant pour Paris. Berlin, qui cherche à renforcer son rôle militaire en Europe, voit dans Stockholm un partenaire capable d’apporter des compétences dans les avions de combat, les systèmes électroniques, les radars et la guerre en réseau.
La nouvelle relation stratégique germano-suédoise pourrait marginaliser davantage l’influence française dans les futurs programmes européens.
Le cas du SCAF (Système de combat aérien du futur) illustre les difficultés françaises à imposer leur vision. Le programme franco-germano-espagnol a été enterré en raison de désaccords industriels entre Dassault Aviation et Airbus Defence & Space sur la répartition des responsabilités et la propriété intellectuelle.
Cette paralysie a ouvert une fenêtre stratégique pour Saab, qui peut apparaître comme une alternative plus souple dans une Europe où plusieurs pays cherchent rapidement à mo
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