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vendredi 1 septembre 2017

Juifs à Tombouctou par Ismaël Diadié Haïdara

 Ismaël Diadié Haïdara, Les Juifs à Tombouctou. Recueil des sources écrites relatives au commerce juif à Tombouctou au XIXe siècle
Editions Donniya, Bamako, mars 1999, 146 pages.

« L’ignorance est plus obscure que la nuit » dit un proverbe bambara. En sachant que l’on ne peut comparer que ce qui est comparable, et en évitant le piège de la téléologie, l’étude du passé construit des repères pour comprendre l’actualité. C’est pourquoi est particulièrement précieux le livre de Ismaël Diadié Haïdara au moment où la situation géopolitique malienne est préoccupante. L’UNESCO vient de lancer un cri d’alarme pour sauver les bibliothèques de Tombouctou qui, selon la presse, auraient été pillées lors des troubles récents.

Sur les événements eux-mêmes, nous sommes tributaires de la manière souvent manichéenne, simpliste, « acéphale » dont se comportent les media. L’islamisme, en particulier, est très souvent assimilé à l’intégralisme qui est la tentation totalitaire de toute confession quand elle confond le religieux et le politique.

Le Mali, pourtant, a une Constitution laïque. 20 % de la population est chrétienne. Le nom même de D., Man N’Gallah1, une crase, témoigne de l’esprit d’adaptation et de la capacité de syncrétisme des Musulmans du pays. L’Islam est souvent confrérique, sinon sûfi2.
Qui fut reçu naguère à Tombouctou, pour la Tabaski, au sein d’une famille3, a apprécié la paix qui règne dans les coeurs. L’alcool y est prohibé. « Musulmans de gauche » – ainsi s’appellent souvent les laïques – chrétiens de diverses obédiences, mécréants du voisinage, ainsi que l’ami étranger y participent. « D. aime l’infidèle » proclame la Tidjaniya.




Le conflit immémorial de Caïn et d’Abel hante le pays. Dans les contes, la querelle de l’éleveur eu du cultivateur est proverbiale. C’est que les Peuls et les Touaregs, eux-mêmes, sont nomades. Les premiers se sédentarisèrent un moment pour créer le royaume du Macina, au XIXe siècle, vite conquis par le Toucouleur El Hadj Omar.

Le Rabbin Mardochée Abi Sérour (infra), vers 1865, aurait rencontré des Juifs vivant parmi les Touaregs4. L’Histoire de tous ces peuples, Peuls, Touaregs, Juifs, etc., témoigne de la dialogique qui s’instaure chez les hommes quand ils parcourent des territoires ou, au contraire, s’approprient l’un d’eux.
  
La rébellion touareg est ancienne, considérant l’Azawad (le Nord Mali), comme le berceau de sa civilisation. Elle veut aujourd’hui un Etat. Le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) les représente. Il a été rejoint par des Touaregs mercenaires qui furent au service de Khadafi. Peu nombreux, ils sont bien armés. Une troisième composante, minoritaire, Ansar Dine, l’armée de la religion, intégriste, est en contact avec Aqmi (Al Qaëda au Maghreb).

Jacques Demorgon distingue « quatre grandes formes sociétales : communautaire-tribale, royale-impériale, nationale-marchande, informationnelle-mondiale5 » qui ont successivement dominé au cours de l’histoire humaine mais coexistent encore. Tribus et royaumes, par exemple, n’ont pas disparu : ainsi la revendication de l’Azawad est une revendication nationale, qui s’exprime dans le monde d’aujourd’hui : celui des réseaux de la post-modernité. Quant au Maroc voisin, par exemple, il est alaouite et royal ; l’Algérie, elle aussi concernée, est autoritariste et laïque, etc.

Cette complexité évolutive des cultures est le fruit d’une adaptation antagoniste. Connaître ce processus et s’y référer constituent le meilleur antidote contre la cachexie de la pensée que favorise la contemporaine conjonction du politique et du médiatique.

*
Ismaël Diadié Haïdara, et son livre, Les Juifs à Tombouctou... nous ont impressionné : des Juifs, à diverses époques, descendirent jusqu’au fleuve Niger pour vivre à Tombouctou, la mystérieuse.

Descendant de la dynastie des Kati6, l’auteur, chercheur à l’université de Grenade, précise quelles sont les sources écrites qu’il présente. Il les a rassemblées dans sa maison de Tombouctou mais elles avaient commencé avec l’exil de son ancêtre « le Wisigoth islamisé, Ali B. Ziad al-Kouti qui quitte Tolède en 1468 pour s’installer en pays soninké7 ; dès lors, écrit-il, la bibliothèque ne cessa de s’enrichir à travers plusieurs générations de Kati, mes aïeux. Nous avons décidé en 1999 de les exhumer. » A Tombouctou, des milliers de manuscrits dorment encore chez des particuliers. 





Cependant, d’aucuns sont rassemblés dans des bibliothèques, celle de Mohammed Alaty, celle de Mamma Haïdara, ainsi que dans le Centre d’Etude, de Documentation et de Recherche Ahmed Baba8. Au passage, ces précieux « greniers culturels » pulvérisent deux idées reçues : la première selon laquelle l’Afrique serait, depuis Hegel, un continent sans Histoire, ou depuis le discours de Dakar, à peine entré dans celle-ci. La seconde idée reçue affirme que l’Afrique ignore l’écriture. Pourtant, nombre de documents transcrivent en alphabet arabe les langues africaines, notamment, le fulani et le bambara9. Certains comportent en marge des notes en hébreu.

Ismaël Diadié Haïdara introduit son recueil en évoquant « l’Atlas catalan », nautico-géographique conçu probablement en 1375, commandé par le roi de France Charles V au roi chrétien Pédro de Aragon qui ne le livre qu’en 1381 à Charles VI. Le cartographe est Abraham Cresque, Juif de Majorque, assisté de son fils Jafuda (Jame Ribes). Celui-ci sera un converso en 1391. Il enseignera, une fois exilé au Portugal, la cartographie à Henri II le Navigateur10, qui, en 1415 souhaite vaincre l’Islam par le sud et envoie ses navires sur les côtes de Guinée « où les gens sont extrêmement noirs11 ».

Pour notre propos, 1492 est une date-repère. Outre la pseudo-découverte des Amériques par Christophe Colomb12, c’est aussi la date du décret d’expulsion des Juifs d’Espagne par les Rois très Catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon. La même année, meurt dans des conditions non élucidées, Sonni Ali-Ber, converti en apparence à l’Islam mais toujours animiste, le souverain de l’empire songhoï13, au retour d’une expédition guerrière dans le Gourma au sud de l’empire du Mali.

Toujours en 1492, au Touat14, le Cheikh Al Maghili, est au service de Sonni Baro, successeur de Sonni Ali-Ber. Il offre 7 mithcals d’or à qui tuera un Juif. Ceux qui échappent à la mort descendent dans le Royaume de Gao.
Vers 1492, enfin, Mahmoud Kati signale la présence des Banou Israël, dans la boucle du Niger. Le Kadi de Tombouctou, Mahmoud Ben Oumar, n’applique pas l’édit d’expulsion, en invoquant que ces Juifs ont le droit de vivre en terre musulmane. Gens du Livre, ils ont le statut de Dhimmi15.

Ismaël Diadié Haïdara dépasse la polémique de l’époque coloniale sur la présence des Juifs, très ancienne en Afrique noire. Des historiens, comme Maurice Delafosse, la surestimeraient, d’autres, comme Raymond Mauny, la minoreraient.
L’intérêt du livre de Ismaël Diadié Haïdara est de nous apporter des pièces à conviction. Certes, elles sont limitées diachroniquement et synchroniquement puisqu’elles comportent un corpus relatif à la seule ville de Tombouctou. Il commence en 1841 et s’arrête en 1897 : actes juridiques, lettres, récits de voyages, actes de ventes mais qui ont le mérite de permettre une critique externe et interne des documents.

La critique externe ne pose pas de problème, les documents sont authentiques ; la critique interne ouvre de nouvelles perspectives car elle éclaire sur le statut de Dhimmi, variable selon les époques ainsi que la relation équitable qui existait entre le débiteur et le créancier : par exemple, un certain Baba B. Muhammad B. Ammâr B. al-Sayd (…) « doit au Dhimmi 3 barres de sel de qualité moyenne qui doivent être livrées à Tombouctou en contre-valeur d’une pièce de tissu, correctement livrée » (p. 93). Sont indiqués le délai de paiement et la date.

Ces documents renouvellent les connaissances que l’on a du commerce transsaharien. L’Histoire des Juifs, des Arabes, des Berbères et des Noirs, on le sait, est cousine. Ils ne se définissent ni comme une race, ni comme une religion, ni même comme une nation. Nombre de Juifs étaient des négociants convertis à l’Islam qui avaient gardé leur patronymie juive. Par exemple, citons, en 1766, Al Hâjj Abd Al-Salâm Al-Kûhîn, ancêtre des Awlad Al-Kûhun, c’est-à-dire de la famille des Cohen, nombreux à Tombouctou au siècle des Lumières (p. 28). Mungo Park, à la même époque signale la présence de nombreux Juifs dans la vallée du Niger, notamment à Tombouctou où islamisés, habillés comme les Musulmans du pays, ils prient à la mosquée.

Le thème de la présence juive en Afrique noire passionne les historiens. Celle-ci remonte au moins au début de l’ère chrétienne. Il faut considérer sur un plan épistémologique, 1492 comme une date charnière : avant et après les persécutions, bien que celles-ci, en Europe, aient précédé le décret ibérique d’expulsion. Selon Haïm Zafrani ou Jacob Oliel16, des petites communautés ont existé, y compris en pays targui, berbérophones ou tamazight.





Ismaël Diadié Haïdara enfin, met en lumière le voyage et l’installation, en 1860 à Tombouctou, d’un rabbin, Mordokhay (Mardochée) Abi Sérour17, qui renoue avec la tradition et fait venir trois ans plus tard, nombre de ses coreligionnaires, notamment les Rabbins Isaac Ben Mouchy et Isaac Ben Aaroun. Il y fait commerce et obtient l’autorisation d’ouvrir une synagogue.

« Tout change en s’échangeant » aimait à observer le regretté Edouard Glissant. Le périple des populations juives dans la vallée du Niger, à Gao, à Djenné, ainsi qu’à Tombouctou, nous interroge sur le problème si passionnant des identités successives et multiples, bien connues pour l’Europe : de ce fait témoignent les Marranes au XVe siècle, devant les persécutions de l’Inquisition, convertis de gré ou de force au catholicisme, et au XVIIe siècle, les Deumnès, ces Juifs de Livourne et de Turquie devenus Musulmans18, suite à la conversion de leur « messie » Sabbataï Tsvi, kabbaliste, qui affirmait connaître l’imprononçable formule réservée à D.

Ces juifs dont certains des ancêtres furent Wisigoth ariens, puis catholiques ou musulmans forcés ou consentants, dans tous les cas marranes - Yirmiyahu Yovel19 dans un livre récent, en a tracé la mosaïque diversifiée : du carriériste au martyre, de la sécularisation précoce à l’irréligieux, voire à la crise mystique, à l’athéisme ou à l’agnosticisme, comment les définir ?

Cela pose la problématique de ce que Albert Memmi appelle le triangle de l’identité : judéité, judaïcité, judaïsme qui se double, à Tombouctou de deux autres triangles : arabité, arabicité, arabisme et négrité, négricité, négrisme20. Une telle Histoire invite à réfléchir sur les phénomènes de jonction/disjonction en ce qui concerne les identités. Tantôt antagonistes, tantôt complémentaires, elles renvoient aux hybridations culturelles (Edgar Morin). Certains de ces hommes qui vont prier à la mosquée de Sankoré (le terme signifie « le quartier des Maîtres de la connaissance » ; ancienne université médiévale) ne sont-ils pas d’anciens judéo-gentils ?

En outre, la biologie contemporaine a mis en évidence le polymorphisme génétique, pulvérisant ainsi le mythe de la pureté du sang et, en ce qui concerne Homo Sapiens, la notion de race. La structure de l’espèce, en effet n’est pas raciale, mais populationnelle : un Juif bambara est plus près génétiquement d’un Bambara non Juif que d’un Juif non Bambara (Jean Bernard – Jacques Ruffié21).

On a beaucoup compté sur l’hématologie géographique pour renouveler l’étude des phénomènes migratoires et souligné la somptueuse diversité du vivant. Certes, les coïncidences patronymiques notées précédemment, intriguent, mais des études hémothypologiques – en collaboration avec anthropologues, historiens, etc. – ont-elles été menées pour les Juifs islamisés de la vallée du Niger ? On a ainsi là de quoi réfléchir sur l’Histoire et la post-modernité, en liaison au concept d’altérité d’Emmanuel Levinas et au concept d’« intérité » de Jacques Demorgon.

L’ouvrage de Ismaël Diadié Haïdara, publié en 1999, trop méconnu, est non seulement celui d’un historien rigoureux, mais aussi celui d’un philosophe qui, dans la préface, parle de son « travail de jardinier ». Citant Michel Serres, il ajoute que « entre les sources et le docte public, il y a toujours un tiers, lui, l’historien, le parasite qui fait d’un système binaire (sources – lecteurs) un jeu à trois où l’un fait jouer les deux autres22 ».

Sur un autre plan, dans une époque où l’on croit réfléchir pour éviter de penser23 et où, en conséquence, surgissent les manichéismes et les diabolisations réciproques, il est heureux de constater combien Ismaël Diadié Haïdara n’ignore pas la complexité en observant qu’à Tombouctou, une minorité juive fut « tolérée par les Kadis et les Imams. La tolérance rend les civilisations, comme les villes, supportables (…) Tombouctou était aussi ouverte qu’Amsterdam ». Dans ce lieu-carrefour, l’auteur sait repérer et interpréter les signes comme éléments symboliques d’une culture. Il incite à réfléchir sur le différentiel culturel dans les interactions humaines en Afrique.
La Cité légendaire fut longtemps un port caravanier sur d’antiques pistes méridiennes prolongées par des transversales très actives convergeant vers elle24. Le déclin de Tombouctou commence en 1591, avec l’invasion de l’armée marocaine qui s’empare de la ville et met fin au brillant empire songhoï. Quand René Caillié parvient à Tombouctou en 1828, sa déception est grande : la ville ne ressemble en rien aux récits anciens. 1885, à la Conférence de Berlin, les puissances européennes se partagent l’Afrique. Le Commandant Joffre25 entre à Tombouctou le 23 mars 1894. Commence, pour la grande Cité, ce que Jack Goody appelle Le vol de l’Histoire par l’Occident…



« Les Juifs à Tombouctou » constitue un précieux petit livre pour les lecteurs de Monde méditerranéen. En effet, on y voit comment s’élaborent les synergies entre Mare Nostrum et cet océan de sable de l’espace saharien27, ainsi que les adaptations antagonistes réussies qui, à une période donnée, permettent l’essor d’une ville mythique. L’Histoire de Tombouctou offre en quelque sorte un laboratoire d’idées puisqu’elle fut géopolitiquement transculturelle, pluriculturelle et parfois une cité de rencontres interculturelles réussies, en dépit d’aléas inévitables.

Enfin, une telle aventure historique souligne peut-être la richesse de divers concepts à l’époque de la globalisation qui est loin de la mondialité à laquelle rêvait Edouard Glissant : le phénomène diasporique28 ne coïncide-t-il pas avec l’archipélisation du monde ? Giorgio Agamben29 rappelle que les Grecs traduisaient le mot « vie » par deux termes distincts : zoé, le simple fait de vivre et bios, la forme ou la manière de vivre, propre à un individu ou à un groupe. 

Ici, la ville-carrefour semble reconnaître l’importance de la « bios » puisque nombre de ses habitants et leurs ancêtres – dont l’auteur – furent successivement peut-être Ariens, Chrétiens, Juifs, Musulmans ou Marranes, voire, pour reprendre l’appellation appliquée aux Livournais, Deumnès. Dans cet extraordinaire métissage culturel et religieux, tantôt effrayant, tantôt prometteur, paradoxalement marche « à pas de colombe30 » une certaine/incertaine liberté de l’esprit.



*
Notes

1 Man est le dieu des Bambaras. L’animisme est encore présent au Mali. Mais, contrairement à une idée reçue, il s’appuie souvent sur un dieu unique : Amma, chez les Dogons, Guéno, chez les Peuls, etc. Les génies étant comparables à nos saints, dans une vision du monde souvent analogique (Philippe Descola – Par-delà nature et culture. Ed. NRF Gallimard (2005).

2 Ainsi, la Tidjaniya et la Hamalliya.

3 La Tabaski est le nom donné par les musulmans de l’Afrique de l’Ouest à l’Aïd. Des membres d’une même famille peuvent être de diverses convictions religieuses et philosophiques.

4 Selon Jacob Oliel, Henri Lhôte et Théodore Monod eux-mêmes se sont posés la question.

5 Complexité des cultures et de l’interculturel. Contre les pensées uniques. Paris : Economica, 2010.

6 Mahmoud el-Kati est l’auteur du célèbre Tarikh el Fettash. Le nom viendrait de Cota, particulièrement porté par des Juifs convertis en Espagne. D’origine romane, le nom connaît de nombreux dérivés. Sénèque et Cicéron l’évoquent dans leurs oeuvres (Les Juifs à Tombouctou, pp. 23, 24, 25). Il est porté en Espagne, au Portugal, en France, en Amérique Latine, etc. Ce sont partout des hommes de « plume et de Cour ».

7 Les Soninké ou Sarakolé, nombreux dans la région de Ségou, appartiennent, comme les Songhoï et les Dogons, au groupe soudanien, distinct du groupe Mandingue qui comporte Bambaras (Bamanians), Malinkés et Dioulas. Existent aussi, au Mali, un groupe dit voltaïque (Bobo, Sénoufo, Mossi), sans compter les nomades dont nombre sont sédentarisés : Peuls, Touaregs et Maures.

8 Nom d’un « nègre » savant du XVIe siècle, juriste, astronome, mathématicien, professeur de rhétorique. L’auteur de l’article, lors d’un voyage à Tombouctou a vu au Centre d’Etude, de Documentation et de Recherche Ahmed Baba nombre de manuscrits conservés dans des boîtes grillagées. D’aucuns commencent à être numérisés. L’ONU, ainsi que l’UNESCO s’efforcent d’apporter une aide économique pour éviter leur décomposition.
9 Nombre de langues africaines sont écrites. Citons : outre le shü-mo des Bamoun qui ne date que de la fin du XIXe siècle, l’arako, le nsibidi (Nigeria), le giscandi (Kenya), le mendé (Sierra Léone), etc.

Les ajamis sont des langues africaines transcrites en alphabet arabe.

10 Pour Joseph Ki Zerbo (Histoire de l’Afrique noire – 1978), la Traite négrière commence avec cet événement.

11 Chronique de Diégo Gomez (XVe siècle).

12 Des navigateurs européens – notamment malouins – mirent le pied sur le Nouveau Monde avant lui.

13 Evénement intéressant pour la recomposition des savoirs à l’époque de la mondialisation, une étude sommaire de l’empire songhoï est introduite depuis peu dans les programmes scolaires… et combattue par des idéologues européocentriques ou « gaulois » qui se gaussent curieusement de cette initiative heureuse et pourtant bien timide.

14 Groupe d’oasis sahariennes au sud-ouest du grand erg occidental.

15 Revue Tapama n° 1 (décembre 1996), « Tombouctou. Histoire des Juifs », par Ismaël Diadié Haïdara. Ed. Donniya.

16 Haïm Zafrani, historien de la culture séfarade, hébraïsant et arabisant (Recherches sur les Juifs du Maghreb, 1997, Université Paris VIII ; Le monde de la légende. Littérature de prédication juive en Occident musulman, 2003)

Jacob Oliel, enseignant à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

Lectures
291
17 Mordokhay Abi Sérour dit avoir rencontré les Daggatoun « blancs comme neige » dont le lexique semble riche de mots d’origine hébraïque (Jacob Oliel).

18 Comme les Marranes, qui sont parfois plus catholiques que Juifs ou réciproquement, voire sceptiques ou courtisans, les Deumnès connaissent un sort analogue, mais cette fois-ci montrant les interactions entre le politique et un religieux musulman. Le père d’Edgar Morin, quand il vint pour la première fois en Espagne, parlait le djidio, c’est-à-dire un castillan médiéval.

19 L’aventure marrane. Judaïsme et modernité, Yirmiyahu Yovel. Ed. Seuil.

20 Le Buveur et l’amoureux, Albert Memmi. Ed. Arléa. Judéité : le fait et la manière d’être Juif (le zoé et le bio). Judaïcité : la population (poreuse). Judaïsme : les valeurs et les institutions. De même pour les Noirs et les Arabes, etc.

21 Jean Bernard, Le Sang et l’Histoire. Ed. Buchet/Chastel (1986).

Jacques Ruffié, De la Biologie à la culture, Ed. Flammarion, Nouvelle bibliothèque scientifique (1977) et Traité du vivant, Ed. Fayard, le Temps de sciences (1982).

22 Le Tiers instruit, Michel Serres. Ed. François Bourin (1991).

23 « C’est une perte de temps de réfléchir quand on ne sait pas penser » (Haruki Murakami, Kafka sur le rivage. Ed 10/18, p. 461).

24 Histoire de l’Afrique noire, par Joseph Ki Zerbo (p. 168). Ed. Hatier (1978).

25 C’est l’époque de la République impériale. Joffre est Franc-maçon, tout comme Jules Ferry qui, en 1885, avait déclaré à la Chambre : « Je vous défie de soutenir jusqu’au bout votre thèse qui repose sur l’égalité, la liberté des races inférieures. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ».

26 Le Vol de l’Histoire. Comment l’Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde, Jack Goody. Ed. NRF Essais Gallimard (2010).
27 Tombouctou, en effet est, d’une certaine manière, le lieu géométrique où convergent des populations venues de Djezirat-el-Maghreb (l’île du Maghreb) et de pays franchement continentaux dont les voyageurs franchissent la Méditerranée. Une telle situation géopolitique favorise paradoxalement la liberté des échanges commerciaux et culturels.

28 A l’heure de la mondialisation, le phénomène ne concerne pas les seuls Juifs : certes, des populations issues d’Histoire et de culture différentes, coexistent depuis longtemps à l’intérieur des nations. Il s’amplifie. Peut-être même les populations intéressées se « diasporisent » au-delà des frontières existantes…

29 Agamben Giorgio : Moyens sans fins. Notes sur la politique. Ed. Rivages Poche. Petite bibliothèque.

30 Nietzsche, F. 1990. Ecce Homo. Paris : Gallimard.

Bibliographie

Caillie R. 1996. Voyage à Tombouctou, 2 vol. Paris : La Découverte.

Demorgon, J. 2002. L’histoire interculturelle des sociétés. Une information-monde. Paris : Economica.

Diakité, T., 2008. La Traite des Noirs et ses acteurs africains. Paris : Berg.

Es-Sâdi, A. 1965. Tarikh es-Soudan. Paris : Maisonneuve.

Ibn Battuta, 1992. Voyages et périples choisis. Paris : Gallimard.

Kati, M. 1981. Tarick el Fettach. Paris : Maisonneuve.

Levinas, E. 1982. Difficile liberté. Paris : A. Michel.

Lewis, B. 1981. L’Islam, d’hier à aujourd’hui. Paris : Bordas.

Miquel, A. 1982. L’Islam et sa civilisation. Paris : Armand Colin.

Moreau, J. 1993. Le Chacal et l’enfant-génie. Dit et non-dit de la connaissance. Paris : Montorgueil.

Morin, E. 1989. Vidal et les siens. Paris : Seuil.

Morin, E. 2007. Le Monde moderne et la question juive. Paris : Seuil.






Si je t'oublie, Ô Jérusalem ...

JERUSALEM CAPITALE INDIVISIBLE D’ISRAËL



Fondée par le Roi David, la construction du Temple fut réalisée par son fils Salomon, Jérusalem a fêté ses 3 000 ans il y a quelques années.




Le seul document archéologique dont nous disposons sur la royauté est la Stèle de Tel Dan, découverte en 1993. Cette stèle n'est pas datée exactement, mais les archéologues lui attribuent une date aux alentours de –900. Hazaël, roi de Damas, a fait graver en Araméen :




« J'ai tué [Jo]ram fils d'[Achab] roi d'Israël, et [j'ai] tué [Ahas]yahu fils de [Joram] roi de la maison de David. Et j'ai réduit [leur ville en ruine et changé] leur terre en [désolation]. »

La signification de l'expression maison de David est tout à fait claire en archéologie : il s'agit de la dynastie royale dont David a été le premier roi Le caractère historique de l'inscription est indéniable.


Depuis de nombreuses années, sous l’égide des pays arabes, dans les Universités , à l’Unesco, à l’ONU des révisionnistes essayent de nier toute présence juive en Judée.


Pourtant, pendant plus de 500 ans, le Temple construit par Salomon a dominé par sa splendeur toute la Région. Avec d’un côté les prêtres : Levy et Cohen et de l’autres les Rois.



Le Temple a été détruit une première fois par Nabuchodonosor, roi de Mésopotamie, qui expulse une grande partie des habitants de Jérusalem vers Babylone.


Seule l’élite du peuple juif en fait, a été exilée en Babylonie par Nabuchodonosor, après la destruction du Temple de Salomon. La plus grande partie du peuple est restée sur la Terre de Judée, pleurant et attendant la reconstruction du Temple. Les autres, les exilés à Babylone, idéalisent leur capitale 
perdue. D'une préfecture impériale, ils font une ville sainte et universelle.


Lorsqu'ils quittent Jérusalem détruite et brulée par Babylone, les déportés juifs abandonnent un royaume somme toute assez banal pour l'époque (586 av. J.-C.).


Pourquoi Jérusalem et pas les autres villes conquises par Nabuchodonosor ? A ces questions, les spécialistes actuels n'apportent qu'une série de demi-réponses toutes fondées sur une interprétation critique des livres bibliques.


 Très peu d'archéologie et beaucoup d'hypothèses d'où se dégage néanmoins une sorte d'explication minimale. L'exil à Babylone est très court puisqu'il ne dure que 49 ans (de 587 à 538) .


Comme n'importe quel empire, Babylone a besoin de ces élites étrangères pour éliminer toute velléité d'indépendance provinciale et renforcer son appareil d'Etat. Mais cette situation socialement satisfaisante ne plaît pas à tous les exilés.









« Sur le bord des fleuves de Babylone Nous nous sommes assis,

Et là nous avons pleuré, Nous souvenant de Sion.


Aux saules du rivage Nous avons suspendu nos harpes,
Car ceux qui nous avaient emmenés captifs
nous demandaient des paroles de cantiques,

Et ceux qui nous faisaient souffrir, Des chants de joie ! Chantez-nous quelque chose Des chants de Sion !
Comment chanterions-nous les cantiques de l'Éternel Sur une terre étrangère ?


Si je t'oublie, ô  Jérusalem, Que ma droite s'oublie !
Que ma langue s'attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi,

… Si je n'élève Jérusalem … Au-dessus de toutes mes joies !


Garde, Eternel, aux fils d'Edom
Le souvenir de la journée de Jérusalem,
Alors qu'ils disaient : Démolissez, démolissez, Jusqu'à ses fondements !
Filles de Babylone, la dévastée,
Heureux qui te rendra ce que tu nous as fait ;
Heureux qui saisira tes petits enfants Et les écrasera contre la pierre ! »


Le processus s'accélère lorsque le roi Cyrus II de Perse s'empare de Babylone en 538 av. l’ère vulgaire. Aux yeux des Juifs, ce souverain est providentiel. Il est l'instrument de Dieu pour libérer son peuple


L'empire Perse est un véritable creuset d'idées nouvelles dont bénéficient les penseurs juifs. Installés dans les grandes villes de l'Empire, comme Suse, au sud de l'Iran actuel, ces derniers rencontrent les Mages et leur culture s’enrichit au contact des plus grands savants de l’Empire.


Il implique une morale religieuse fondée sur la Vérité et la Justice. Quoi qu'il en soit de ces influences mutuelles, les Juifs obtiennent le droit de retourner à Jérusalem pour y reconstruire le Temple. . C’est à la demande d’Esdras et sous la conduite du Roi Zorobabel que le retour et la construction du Temple vont s’accomplir.


Il faut toute la persévérance de Néhémie, gouverneur impérial juif originaire de Suse,  d’un homme d’état : Zerubabel, du scribe Ezra qui met en texte la Torah jusqu’alors orale, au Ve siècle, pour mener à bien la restauration de Dieu sur son trône. Une hiérarchie du pur et de l'impur se met en place autour du Temple, du Saint des Saints aux murs de la ville, ultimes remparts du sacré contre le profane.


Le sacerdoce devient héréditaire, ce qu'il n'était pas à l'époque royale. Il échoit aux Lévites sadocites, descendants présumés de Sadoq, grand prêtre de Salomon.








C’est désormais le seul sanctuaire habilité à pratiquer l'holocauste, c'est-à-dire le sacrifice par incinération complète de l'animal. Tous les autres sanctuaires juifs du monde tombent sous sa juridiction. Leur activité rituelle est limitée à l'abattage casher.


La diaspora juive, à l'origine constituée d'armées postées par les Perses aux marches de l'empire Asie Mineure, Babylone, Suse, ou d’autre juifs partis s’installer en Egypte, à Djerba ou en Espagne, reconnaît progressivement la primauté du Temple et lui envoie une dîme d'un demi-siècle d'argent tous les ans.



Les Sadocites concentrent tous les pouvoirs liés à leur charge : culte, magistrature, banque, assurance sociale. Mais le fisc impérial perse est confié à l'aristocratie laïque.


Il impose le shabbat à tous les Juifs et transforme la fête agricole de la Pâque en commémoration de la Sortie d'Egypte.


La logique de " sanctification " d'Israël qui s'élabore à Jérusalem implique logiquement de décider qui est Juif. Les théologiens-juristes hésitent entre deux options contradictoires. La première, plutôt fermée, consiste à privilégier " le droit du sang ". D'où les nombreuses généalogies bibliques qui permettent d'agréger diverses tribus à Israël. La seconde accepte la conversion telle que l'illustre le livre de Ruth la Moabite.


C'est cette attitude qui prédominera lorsque l'Orient tout entier tombera aux mains d'Alexandre de Macédoine, en - 333, lors de sa victoire sur Darius. Alexandre reconnaît la sainteté de Jérusalem, et entre non pas en conquérant dans le Temple mais rempli d’humilité. Les juifs aident Alexandre à construire et à faire prospérer la ville d’Alexandrie


Dans un premier temps, Jérusalem conserve ses prérogatives d'Etat-Temple même si les Grands Prêtres sont maintenant nommés par les souverains grecs. D'abord les Ptolémées, rois d'Egypte, puis les Séleucides, souverains grecs de Syrie. L'aristocratie juive, une partie du clergé et une grande majorité de la diaspora adoptent alors la culture grecque.






Dès - 285 , Ptolémée demande au Grand Prêtre de Jérusalem de lui envoyer 70 scribes agréés pour traduire la bible hébraïque en grec. C'est la version dite des Septante. Les Grecs peuvent accéder à la religion juive  


A Jérusalem, le parti des hellénistes, favorable à l'assimilation, domine. Et souhaite transformer Jérusalem en cité grecque, rêvant peut-être d'un judaïsme universel. Le nom même de Jérusalem, Yéroushalaïm en hébreu, est expliqué par un jeu de mots grec : Hiéroushalaïm ne contient-il pas hieros, " saint " en grec ?


Toutefois, la situation va se dégrader sous le règne d'Antioche IV Epiphane de Syrie. Soucieux d'uniformiser son empire et d'en soutirer le plus d'argent possible, ce roi détourne une partie de la dîme juive et exige qu'on lui rende un culte divin à Jérusalem.


En réaction, Judas Macchabée, de la famille sacerdotale des Asmonéens, prend les armes à partir de Modiin  et se lance dans une véritable guerre sainte.


Ces derniers conduits par Mattathias et son fils Juda, battent militairement les grecs de Syrie. En 152 av. l’ère vulgaire.



le Grand Prêtre asmonéen a pratiquement rendu son indépendance à Jérusalem. Mais de cet épisode, les juifs n’ont gardé que le côté spirituel, l histoire de la petite  



fiole d’huile qui a miraculeusement duré 8 jours, juste le temps de fabriquer une nouvelle huile sainte,


Les Asmonéens, conscients de la force du judaïsme dans le monde d'alors, commencent à se diviser.


Avant la conquête romaine de -63  , plus rien ne distingue ces rois-prêtres des autres souverains hellénistiques, si ce n'est le monothéisme juif. Les Hassidim les ont depuis longtemps abandonnés, leur préférant un " désert mystique ", qui fera son 
chemin.

Les juifs font appel aux romains pour arbitrer leurs différents … c’était faire entrer le loup dans la bergerie. Pompée rentre à Jérusalem en triomphateur, et le pays entre sous protectorat romain.
Mais l'homme qui va conduire Jérusalem à son apogée n'est pas un mystique.


C'est même un demi-juif haï par bon nombre de ses coreligionnaires. Intronisé en 37 av l’ère vulgaire. par la " grâce de Rome ", Hérode le Grand transforme la ville, agrandit et embellit le Temple. Son sanctuaire est alors le plus vaste du monde romain. Il construit aussi la forteresse imprenable de Massada, En 64, la fin des grands travaux provoque une brutale augmentation du chômage en Judée. La fiscalité romaine et la misère poussent les paysans à rejoindre les zélotes, groupes religieux armés et indépendantistes.


En 66 commence la Guerre des Juifs et l'un des moments les plus tragiques de l'histoire d'Israël. Un témoin nous raconte les faits : Flavius Joseph. Rome est tenue en échec pendant quatre ans. Elle y perd toute une légion. Moyennant d'importants renforts, Titus, le fils de Vespasien, parvient néanmoins à assiéger Jérusalem en 70. Les insurgés retranchés dans le Temple refusent la paix honteuse qui leur est proposée. Les Romains incendient le sanctuaire et le détruisent pierre après pierre. Malgré ce traumatisme et la chute définitive du clergé, les Juifs ne renoncent pas à libérer Jérusalem.


Plus de 60 ans après, en 132, Bar Kokhba relève le défi. Il sera le dernier grand chef résistant à mourir pour Jérusalem avant le XXe siècle. Cette fois, la majorité des Juifs est expulsée de leur ville sainte. " La cité est rebaptisée « Colonia Aelia Capitolina ». le pays sera appelé pour la première fois « Palestine » par Hadrien. du nom de la région côtière des Philistins.


Jésus n est donc jamais né en Palestine, mais en Judée " Des Juifs se re-manifestent sur cette terre, d’autres reviendront pourtant, et très rapidement. La petite communauté de Jérusalem se maintiendra à travers les siècles… et pour l’éternité.


Napoléon Bonaparte arrivé à Gaza puis à Jaffa demande aux juifs d’affirmer leur autorité sur cette terre qui leur appartient et il faudra attendre très exactement 1832 ans pour qu'enfin tous les Juifs du monde puissent tenir ce pari : L’an prochain à Jérusalem !


En 1860, alors qu’une partie du peuple est toujours restée sur cette Terre, à Jérusalem, Safed, Tibériade et bien d’autre lieux, d’autres juifs arrivent chassés de leurs pays par des massacres et des pogroms, le retour imprévu de ces Juifs fait sortir Jérusalem de ses remparts. La ville explose avec le siècle et redevient un enjeu national et religieux. Des clés pour comprendre. Eretz Israël est le lieu où naquit le peuple juif.


Apres l’Affaire Dreyfus qui empoisonnera la France de la fin du XIXeme siècle, Théodore Herzl crée le Sionisme, symbolisée par le retour à Sion et par la lutte de  libération nationale



des juifs (acte de foi du Sionisme) et pour recouvrer l’indépendance d’abord contre les Turcs, elle se poursuit contre les occupants anglais.


Le Sionisme devient alors la Guerre de Libération des Juifs pour la libération de leur Terre.


C'est là qu'il acquit une culture à la fois nationale et universelle. et en fit don à l'humanité En conséquence, nous proclamons la fondation d'un Etat juif en terre d'Israël. "


 Alors que David Ben Gourion, président de l'Exécutif sioniste en Palestine, termine, le 14 mai 1948, la lecture de la déclaration d'indépendance d'Israël, les violences redoublent à Jérusalem. La ville est en feu depuis janvier, le Grand Mufti de Jérusalem, aidé d’anciens nazis promet du sang et du feu aux juifs, demande aux habitants arabes de quitter leurs maisons, pour y retourner une fois les juifs liquidés.


Dès le 15 mai, les royaumes arabes coalisés attaquent Israël. La Transjordanie est de loin le plus fort de tous et s'empare de la vieille ville de Jérusalem. Le quartier juif et d'autres secteurs sont vidés de leur population massacrée  et livrés au pillage.


Le mont Scopus, au nord-est de la vieille ville, où se situent l'université hébraïque de Jérusalem et l'hôpital Hadassa, se retrouve enclavé en plein territoire arabe. Les défenseurs israéliens de Jérusalem manquent cruellement d'entraînement - certains sont des réfugiés de la Shoah fraîchement débarqués en Israël -, mais réussissent néanmoins à tenir l'ouest de la ville jusqu'à l'armistice de 1949.


Telle Berlin en 1961, la cité est coupée en deux par un no man's land et un long mur de béton, c'est la " ligne verte ". Abdallah, souverain hachémite de Transjordanie et descendant du prophète Mahomet, contrôle le Haram al-Sharif et l'arrière-pays montagneux, la Cisjordanie.

Israël a survécu à sa première guerre, " mais c'est un corps sans âme, coupé de l'antique cité, explique Frédéric Encel, de l'Institut d'études politiques. Jérusalem-Ouest, la capitale du nouvel Etat, n'est pas Sion. " Le souvenir de ce douloureux statu-quo hante actuellement l'esprit des négociateurs israéliens.


Abandonné par les pays arabes, mais tenus sous tension par ces derniers, l’OLP se transforme en organisation terroriste, ayant pour but de frapper tout civil juif ou israélien dans le monde. On se souvient du Massacre des Jeux Olympiques de Munich. L'OLP revendique la Jérusalem jordanienne, Al Qods, vieille ville comprise, pour en faire la capitale du futur Etat palestinien.
Jamais aucun autre peuple, aucun état autre que celui des juifs n'a pris Jérusalem pour Capitale…


Les Catholiques ayant choisi la nouvelle Jérusalem, l ont placé à Rome, la capitale des musulmans est à La Mecque en Arabie.


Jamais dans l’histoire les juifs ont été physiquement ou virtuellement absents de Jérusalem, et pour ceux qui résident en diaspora, la prière récitée à Pâque est « Si je t’oublie Ô Jérusalem, que ma droite m’abandonne que ma langue se colle à mon palais… »


Israël de son côté refuse toute restitution de souveraineté sur sa " capitale éternelle ", " libérée en 1967 " par le Général Moche Dayan et annexée en 1981 par la Knesset. Pour tenter d'expliquer le conflit opposant ces deux nations autour de Jérusalem et la nature de leurs légitimités respectives,


Près d’un million de juifs résident à Jérusalem, contre deux cent mille arabes.


Il est indispensable de remonter au début du XIXe siècle. A l'époque, Jérusalem n'est qu'une petite ville plutôt insalubre de 8000 habitants aux confins de l'empire ottoman, dans la province syrienne du Bilad Al Sham. " Elle n'est pas un chef-lieu. L'administration du sultan réside en effet à Ramleh ", précise Frédéric Encel.



Sous la tutelle des Turcs, la ville compte
2000 chrétiens orthodoxes et arméniens ainsi qu'une communauté juive forte misérable d'environ 4500 âmes.


C'est pourtant cette dernière qui se développe dès 1816. Des centaines de juifs religieux ashkénazes (d'Europe orientale) fuient les massacres et les pogroms en Europe de l’est, ils appartiennent au mouvement hassidique et rejoignent alors leurs coreligionnaires locaux. Malgré une misère chronique, une promiscuité aggravée par l'interdiction faite aux juifs d'agrandir les maisons qu'ils louent, la communauté va tellement se développer que, en 1840, elle devient la première des trois grandes confessions de la ville.


" Dès les années 1840-1850, écrit Catherine Nicault, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Poitiers, les juifs forment le groupe relativement le plus nombreux, avant de représenter, autour de 1870, un nombre sensiblement supérieur à celui des musulmans et des chrétiens réunis. " Cette arrivée massive ne change pourtant pas l'équilibre social ou politique de la cité.


Les clefs du pouvoir restent entre les mains du commissaire impérial, le Pacha, et des effendis, les " féodaux " arabes, propriétaires fonciers et gardiens du lieu saint musulman. Le conservatisme ottoman est tel qu'en 1863, alors que l'égalité entre musulmans et non-musulmans est officialisée, les juifs, pourtant majoritaires, n'obtiennent aucun siège au Conseil municipal, contrairement aux chrétiens.


Le suffrage censitaire interdit à ces miséreux, endettés, soumis à diverses vexations dignes du Moyen Age européen et en outre considérés comme des étrangers, toute forme de représentation officielle. Leur sort émeut les juifs émancipés d'Occident.


En 1860, le milliardaire britannique Moses Montefiore parvient à convaincre les dirigeants de la communauté ashkénaze de sortir de la ville et leur construit un nouveau quartier sur des terres acquises au sultan : Mishkénot Shaananim (les Demeures sereines). Divers mécènes et institutions juives lui emboîtent le pas. Toute une cité est bâtie pour accueillir les juifs nécessiteux au nord-ouest de la vieille ville, à l'aide d'une main-d'uvre arabe originaire d'Hébron, de Naplouse et même d'Egypte. Celle-ci se construit à son tour plusieurs quartiers sur les collines environnantes et dans les interstices des quartiers juifs.


A la veille de la Première Guerre mondiale, Jérusalem s'est considérablement étendue :

55 000 juifs cohabitent avec 16 000 chrétiens et 11 000 musulmans. Le nombre des chrétiens a dépassé celui des musulmans à partir de 1890 grâce à la venue massive de différentes congrégations millénaristes, allemandes et américaines.


Leur présence permet aux Occidentaux de s'ingérer plus avant dans les affaires de Jérusalem avant d'y entrer de plain-pied le 11 décembre 1917, lorsque le général britannique Allenby reçoit la reddition des Turcs.

Avec la domination anglaise commence une période charnière dans l'histoire de la région. Le destin de Jérusalem s'en trouve bouleversé. Les Anglais en font la capitale de la Palestine mandataire (des deux côtés du Jourdain) et se présentent comme les garants d'un futur foyer national juif (déclaration Balfour) et d'une grande nation arabe. Le sionisme profite de cette mansuétude transitoire des Britanniques pour s'implanter durablement à Jérusalem, seule grande enclave juive au Proche-Orient. 



Indifférents ou hostiles à la cause sioniste, les juifs religieux sont rapidement supplantés en nombre par ceux du Yishouv, c'est-à-dire les juifs laïques et sionistes de Palestine. Mais ces" nouveaux Yahoudin ", si différents des anciens, inquiètent les effendis qui craignent que Jérusalem ne se " judaïse ".

" Comme à l'époque de Saladin, Jérusalem est instrumentalisée par les Arabes qui ne tolèrent pas qu'Al-Qods soit revendiquée par des infidèles ", explique Frédéric Encel. Dès 1918, une série d'incidents anti-juifs émaillent la fête musulmane de Nabi Mousa.

Sur le modèle du sionisme politique, mais sans sa dimension démocratique, les Arabes créent un conseil exécutif islamo-chrétien qui se réunit pour la première fois cette année-là. " Puis de nouveau en 1919 à Damas, explique Frédéric Encel. 

Les grandes familles de Jérusalem, les Hachémites du Hedjaz, les chrétiens du Liban, bref toute l'élite intellectuelle du monde arabe, évoquent alors pour la première fois Jérusalem. En cas d'indépendance, la grande majorité des participants n'envisage toutefois pas d'en faire la capitale d'un Etat arabe


Elle préfère son rattachement à une grande Syrie. La dimension purement palestinienne de la lutte anti-sioniste n'est pas encore à l'ordre du jour. Et les nationalistes arabes, largement désunis, assistent impuissants au regroupement de toutes les institutions sionistes à Jérusalem ; à l'ébauche du futur Etat juif.


En 1920, l'inauguration sur le mont Scopus de l'Université hébraïque, la première université de la région, ennoblit en quelque sorte le projet sioniste à Jérusalem. Elle le concrétise et participe à l'essor d'une ville qui se modernise rapidement. A force de ménager la chèvre et le chou, les Britanniques s'empêtrent dans une politique de plus en plus mal vécue aussi bien par les Juifs que par les Arabes.


La frustration de ces derniers les conduit, en 1929, à perpétrer un terrible pogrome contre les antiques communautés de Safed et d'Hébron. Les sionistes y perdent leurs dernières illusions. Au rêve de convaincre les Arabes de l'avantage économique du sionisme succède un pragmatisme défensif.


Le Conseil exécutif sioniste adopte alors la ligne politique des " durs ", des héritiers de Zeev Jabotinski. Les deux principales milices juives, la Haganah et l'Irgoun, unissent leurs forces lors de la grande révolte arabe de 1936. Après trois ans de guérilla, les Anglais durcissent le ton contre le Yishouv et prennent une décision lourde de conséquences.


Pour éviter que les nationalistes arabes ne s'allient aux nazis, presque en vain, et à leur demande, ils éditent un " livre blanc " interdisant presque toute immigration juive en Palestine. Pour les juifs, c'est la pire des injustices : la Shoah s'annonce déjà mais la route de Sion, seul refuge susceptible de les accueillir en nombre, leur est dorénavant fermée... A la fin du conflit mondial, le Yishouv fera durement payer cette politique aux Anglais.


La guerre d'indépendance d'Israël va hypothéquer l'avenir du mandat et tous les plans diplomatiques faisant de Jérusalem un corpus separatum sous administration étrangère.
Le plan de partage voté par l'Onu le 29 novembre 1947 l'envisageait aussi. Les sionistes l'acceptent du bout des lèvres. Les Arabes le rejettent fermement. Il restera lettre morte.

Lorsque, en juin 1967, Israël déclenche la guerre des Six-Jours et conquiert Jérusalem-Est, c'est une ville figée et appauvrie qu'il découvre de l'autre côté de la ligne verte. La Jordanie n'avait fait qu'entretenir les lieux saints musulmans, privilégiant en fait Amman, sa capitale. Un véritable élan s'empare alors d'Israël, toutes tendances politiques confondues, remarque Frédéric Encel.  


Un élan qui n'est pas encore passé puisque même Shimon Peres, la colombe travailliste et prix Nobel de la paix, a dit au moment des accords d'Oslo : "Jérusalem est négociable religieusement, pas politiquement". " La toute nouvelle domination juive permet également aux Arabes de recentrer leur lutte. " La première charte nationale dite palestinienne de 1964 ne revendique pas Jérusalem comme capitale de la Palestine. La ville est alors sous souveraineté musulmane

En 1968, date de la révision de la charte palestinienne, tel n'est plus le cas : Jérusalem redevient une revendication ", précise-t-il.


Puis ce fut la Guerre de Kippour en 1973 et la victoire de Tsahal, sur tous les fronts,


Le nationalisme palestinien, inéxistant jusqu’à cette date et instrumentalisé par les pays arabes jusqu'à la fin des années 70, obtient ses lettres de noblesse durant l'Intifada en 1988.


Il transforme l’Esplanade du Temple en Dôme du Rocher, et en esplanade des Mosquées, devenu l'icône des chébabs et d'une nation qui se reconnaît désormais comme telle. Mais sur le terrain, Jérusalem s'éloigne inexorablement de ce symbole doré.


Dès 1967, la politique israélienne vise à cheviller la ville au reste du pays en agrandissant notamment l'étroit corridor qui y menait avant les Six-Jours.


Les Arabes qui refusent la nationalité israélienne gardent jusqu'en 1980 leur passeport jordanien. Une fois la ville annexée, déclarée " Capitale une et indivisible " d'Israël, ils obtiennent un statut de résident plus avantageux que celui des territoires occupés. 

Ce qui explique en partie pourquoi la ville sera peu touchée par l'Intifada. La reconstruction de quartiers juifs à l'est et au sud transforme une nouvelle fois sa physionomie. La ligne verte qui balafrait Jérusalem est progressivement effacée. Une nouvelle ville submerge totalement l'ancienne. Une ville très moderne de près d’un million habitants, dont 85 % de juifs, qui rend illusoire tout retour aux anciens tracés.


En 2000, abandonnant le processus de paix, sur les conseils « avertis » de M. Chirac Président de la France, Arafat revient sur sa promesse d’abandonner le terrorisme et déclare la guerre à Israël, c’est la seconde intifada, une guerre jusque là inédite, puisque le but est de détruire définitivement les fondations même de l’Etat d’Israël en promouvant des centaines d’attentats suicides, contre des civils, femmes et enfants.

Arafat crée ou aide des dizaines de milices laïques ou religieuses, comme le Hamas, mais c’est un revers, et la première victime est le « peuple palestinien », qui se voit privé de liberté, et dont l’économie est exsangue, complètement détruite. Corruption, enseignement de la Haine, c’est l’héritage que laisse Arafat.



En 2003, les troupes américaines envahissent l’Irak du dictateur Saddam Hussein, principal bailleur de fonds de ce que l on appelle « l’Intifada II ». Le premier ministre d’Israël, Ariel Sharon construit un mur de sécurité pour protéger les civils israéliens des attaques suicides des islamikazes. Jérusalem est protégée, les tirs sauvages n’atteindront plus le quartier de Guilo. Les américains décident de mettre de côté Arafat et demandent aux palestiniens de se choisir un premier ministre… C’est Abbou Mazen qui est choisi, Arafat le limoge.



Arafat meurt le 11 Novembre 2004 à Clamart d’une étrange maladie du sang (on parle officieusement de SIDA-AIDS), son ami Jacques Chirac organise une cérémonie à l’aéroport de Villacoublay






Les funérailles officielles auront lieu au Caire et l’enterrement à Ramallah, des élections présidentielles surveillées ont lieu 30 jours plus tard et c’est Abbou Mazen qui est élu, des espoirs de calme et de paix comment à se dessiner.


Israël compte 8,5 millions d’habitants dont près de 2 millions d’arabes, tous citoyens israéliens.

Jérusalem, sa Capitale compte 850 000 habitants dont 670 000 juifs.


Le Tramway de Jérusalem réunit toutes les parties de la ville ; il pose des problèmes géopolitiques aux palestiniens et leurs cris sont relayés en occident par les media.


Une société française sous la pression du BDF vient de renoncer à la construction d un super-téléphérique qui survolerait la Ville.


En 2015, sous la poussée de l’état islamique (Daech) une rebellion d’origine religieuse dite guerre des couteaux se déclenche, alimentée par des propos mensongers au sujet de prières juives sur le Mont du Temple de la part d’Abiu Mazen et de l’autorité palestinienne; des mini barrages sont placés entre quartiers arabes et juifs.


Pour Israël, il n est plus question de négocier l’avenir de sa Capitale … alors que l opinion internationale voudrait qu’on retourne à une internationalisation  (jusque là fictive) ou qu’on remette une partie de la ville aux arabes de Palestine pour en faire la capitale d’un futur état palestinien….    






Notes supplémentaires …


Après la répression de la seconde Révolte juive contre Rome en 135, il fut interdit aux juifs de résider à Jérusalem qui fut reconstruite par l’empereur Hadrien et rebaptisée Aelia Capitolina. Cependant, le Talmud et d'autres écrits apportent la preuve que les pèlerinages juifs se poursuivirent, ne serait-ce que pour pleurer le Temple détruit.


L’empereur Constantin et ses successeurs chrétiens perpétuèrent le décret d’Hadrien interdisant aux Juifs d’habiter dans la ville. Ils les autorisaient néanmoins à gravir, chaque année, le mont du Temple, pour pleurer sur ses ruines (que les Byzantins laissèrent
intentionnellement à l’abandon). C'est ce que mentionne, en 333, un visiteur chrétien, le Pèlerin de Bordeaux.


Les écrits rabbiniques de l’époque indiquent que les juifs priaient aussi devant l’actuel Mur occidental (Hakotel Hamaaravi), un vestige du mur de soutènement hérodien de l’esplanade du mont du Temple.

Cette coutume se poursuivit après la conquête musulmane, en 640, date à laquelle les Juifs furent à nouveau autorisés à résider dans la ville, tout en étant exclus du mont du
Temple, transformé en enceinte musulmane (le Haram esh-Sharif).


La présence juive à Jérusalem fut, une fois de plus, interrompue en 1099, lors de la conquête de la ville par les croisés qui perpétrèrent le massacre des communautés juive et musulmane. Ce ne fut qu’à la fin de la domination des croisés que les juifs purent de nouveau s’installer à Jérusalem.






D’après le voyageur juif Benjamin de Tulède qui visita le pays en 1163, quelque milliers de juifs vivaient dans la ville dont 200  habitaient à proximité de la Tour de David, exerçant le métier de tanneurs, moyennant le paiement d'une redevance (statut de dhimmi) au roi. Il mentionne également que devant le Templo Domino, on pouvait voir le mur occidental... et tous les Juifs s’y rendaient pour dire leurs prières près du mur de la cour.


Depuis le 12ème siècle, à l’exception d’une période de 19 ans, de 1948 à 1967 (où la Vieille Ville se trouvait sous domination jordanienne, qui ont expulsé les juifs de la vieille ville pour les remplacer par des arabes de Palestine), le Mur occidental est resté le lieu privilégié de la prière juive.


A la fin de la guerre des Six Jours, Jérusalem, fut réunifiée. La Radio d'Israël annonça : Har Habayit beYadénou (le mont du Temple est entre nos mains) et, dans le monde entier, ce fut pour les Juifs une grande réjouissance. A l’instar du Temple dans l’antiquité, le Mur occidental est, lui aussi, un lieu de pèlerinage à l’occasion des trois grandes fêtes de l’année juive : Pessah (Pâque), Chavouot (Pentecôte, la fête des Semaines) et Souccot (Tabernacles).


Quant au Mont du Temple, Le Général Dayan décida d’en remettre les clés au WAQF musulman pour la gestion des deux mosquées, sous l’égide du Roi de Jordanie, afin d’aplanir le ressentiment d’humiliation qu’ils avaient eu après la Guerre des 6 jours. Cet état de fait est confirmé par le Premier Ministre Israélien en Ecrit en 2005, Octobre 2015.  


Bibliographie :


Le Pentateuque ou la Tora (Houmash)

Claude Aziza (et al.), Jérusalem : Le rêve à l'ombre du Temple, Presses de la Cité, 1994

Dominique Lapierre et Larry Collins, Ô Jérusalem (1971)

Frédéric Encel, Géopolitique de Jérusalem, Flammarion, 1998

Marcus, traduit par Nessim Ouahba et Eyal Méron, Jérusalem : 36 promenades à travers 
l’Histoire, Editions Marcus, 201

Traité de paix entre l'État d'Israël et le Royaume Hachémite de Jordanie », sur untreaty.un.org, United Nations Treaty Collection,  26 octobre 1994

André Chouraqui Jérusalem revisitée (DDB)

Le Guide du Routard Jérusalem

Simon Sebag Montefiore Jérusalem 2013

Pierre Loti  Jérusalem

Faulkner,William et Pitavy,François Si Je t’oublie Ô Jérusalem …

Chateaubriand Itinéraire Paris Jérusalem

Mireille Hadas-Lebel Jérusalem contre Rome

Flavius Joseph La Guerre des Juifs contre Rome

Jacqueline Genot-Bismuth  Jérusalem ressuscitée

Joshua Prawer et Gérard Nahon Histoire du Royaume latin de Jérusalem

Catherine Nicault   La France et le sionisme 1897-1948.