Ismaël Diadié Haïdara, Les Juifs
à Tombouctou. Recueil des sources écrites relatives au commerce juif à
Tombouctou au XIXe siècle,
Editions Donniya, Bamako, mars
1999, 146 pages.
« L’ignorance est
plus obscure que la nuit » dit un proverbe bambara. En sachant que l’on ne peut
comparer que ce qui est comparable, et en évitant le piège de la téléologie,
l’étude du passé construit des repères pour comprendre l’actualité. C’est
pourquoi est particulièrement précieux le livre de Ismaël Diadié Haïdara au
moment où la situation géopolitique malienne est préoccupante. L’UNESCO vient
de lancer un cri d’alarme pour sauver les bibliothèques de Tombouctou qui,
selon la presse, auraient été pillées lors des troubles récents.
Sur les événements
eux-mêmes, nous sommes tributaires de la manière souvent manichéenne,
simpliste, « acéphale » dont se comportent les media. L’islamisme, en
particulier, est très souvent assimilé à l’intégralisme qui est la tentation
totalitaire de toute confession quand elle confond le religieux et le
politique.
Le Mali, pourtant, a
une Constitution laïque. 20 % de la population est chrétienne. Le nom même de
D., Man N’Gallah1, une crase, témoigne
de l’esprit d’adaptation et de la capacité de syncrétisme des Musulmans du
pays. L’Islam est souvent confrérique, sinon sûfi2.
Qui fut reçu naguère
à Tombouctou, pour la Tabaski, au sein d’une famille3, a apprécié la paix qui règne dans
les coeurs. L’alcool y est prohibé. « Musulmans de gauche » – ainsi s’appellent
souvent les laïques – chrétiens de diverses obédiences, mécréants du voisinage,
ainsi que l’ami étranger y participent. « D. aime l’infidèle » proclame la Tidjaniya.
Le conflit immémorial
de Caïn et d’Abel hante le pays. Dans les contes, la querelle de l’éleveur eu
du cultivateur est proverbiale. C’est que les Peuls et les Touaregs, eux-mêmes,
sont nomades. Les premiers se sédentarisèrent un moment pour créer le royaume
du Macina, au XIXe siècle, vite conquis
par le Toucouleur El Hadj Omar.
Le Rabbin Mardochée
Abi Sérour (infra), vers 1865, aurait rencontré des Juifs vivant parmi les
Touaregs4. L’Histoire de tous
ces peuples, Peuls, Touaregs, Juifs, etc., témoigne de la dialogique qui
s’instaure chez les hommes quand ils parcourent des territoires ou, au
contraire, s’approprient l’un d’eux.
La
rébellion touareg est ancienne, considérant l’Azawad (le Nord Mali), comme le
berceau de sa civilisation. Elle veut aujourd’hui un Etat. Le Mouvement
National de Libération de l’Azawad (MNLA) les représente. Il a été
rejoint par des Touaregs mercenaires qui furent au service de Khadafi. Peu
nombreux, ils sont bien armés. Une troisième composante, minoritaire, Ansar
Dine, l’armée de la religion, intégriste, est en contact avec Aqmi (Al Qaëda au
Maghreb).
Jacques Demorgon
distingue « quatre grandes formes sociétales : communautaire-tribale,
royale-impériale, nationale-marchande, informationnelle-mondiale5 » qui ont successivement dominé au
cours de l’histoire humaine mais coexistent encore. Tribus et royaumes, par
exemple, n’ont pas disparu : ainsi la revendication de l’Azawad est une
revendication nationale, qui s’exprime dans le monde d’aujourd’hui : celui des
réseaux de la post-modernité. Quant au Maroc voisin, par exemple, il est
alaouite et royal ; l’Algérie, elle aussi concernée, est autoritariste et
laïque, etc.
Cette complexité
évolutive des cultures est le fruit d’une adaptation antagoniste. Connaître ce
processus et s’y référer constituent le meilleur antidote contre la cachexie de
la pensée que favorise la contemporaine conjonction du politique et du
médiatique.
*
Ismaël Diadié
Haïdara, et son livre, Les Juifs à Tombouctou... nous ont impressionné :
des Juifs, à diverses époques, descendirent jusqu’au fleuve Niger pour vivre à
Tombouctou, la mystérieuse.
Descendant de la
dynastie des Kati6, l’auteur, chercheur
à l’université de Grenade, précise quelles sont les sources écrites qu’il
présente. Il les a rassemblées dans sa maison de Tombouctou mais elles avaient
commencé avec l’exil de son ancêtre « le Wisigoth islamisé, Ali B. Ziad
al-Kouti qui quitte Tolède en 1468 pour s’installer en pays soninké7 ; dès lors, écrit-il, la
bibliothèque ne cessa de s’enrichir à travers plusieurs générations de Kati,
mes aïeux. Nous avons décidé en 1999 de les exhumer. » A Tombouctou, des
milliers de manuscrits dorment encore chez des particuliers.
Cependant, d’aucuns
sont rassemblés dans des bibliothèques, celle de Mohammed Alaty, celle de Mamma
Haïdara, ainsi que dans le Centre d’Etude, de Documentation et de Recherche
Ahmed Baba8. Au passage, ces
précieux « greniers culturels » pulvérisent deux idées reçues : la première
selon laquelle l’Afrique serait, depuis Hegel, un continent sans Histoire, ou
depuis le discours de Dakar, à peine entré dans celle-ci. La seconde idée reçue
affirme que l’Afrique ignore l’écriture. Pourtant, nombre de documents
transcrivent en alphabet arabe les langues africaines, notamment, le fulani et
le bambara9. Certains comportent
en marge des notes en hébreu.
Ismaël Diadié Haïdara
introduit son recueil en évoquant « l’Atlas catalan », nautico-géographique
conçu probablement en 1375, commandé par le roi de France Charles V au roi
chrétien Pédro de Aragon qui ne le livre qu’en 1381 à Charles VI. Le
cartographe est Abraham Cresque, Juif de Majorque, assisté de son fils Jafuda
(Jame Ribes). Celui-ci sera un converso en 1391. Il enseignera, une fois exilé
au Portugal, la cartographie à Henri II le Navigateur10, qui, en 1415 souhaite vaincre
l’Islam par le sud et envoie ses navires sur les côtes de Guinée « où les gens
sont extrêmement noirs11
».
Pour notre propos,
1492 est une date-repère. Outre la pseudo-découverte des Amériques par
Christophe Colomb12, c’est aussi la date
du décret d’expulsion des Juifs d’Espagne par les Rois très Catholiques,
Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon. La même année, meurt dans des
conditions non élucidées, Sonni Ali-Ber, converti en apparence à l’Islam mais
toujours animiste, le souverain de l’empire songhoï13, au retour d’une expédition
guerrière dans le Gourma au sud de l’empire du Mali.
Toujours en 1492, au
Touat14, le Cheikh Al
Maghili, est au service de Sonni Baro, successeur de Sonni Ali-Ber. Il offre 7
mithcals d’or à qui tuera un Juif. Ceux qui échappent à la mort descendent dans
le Royaume de Gao.
Vers 1492, enfin,
Mahmoud Kati signale la présence des Banou Israël, dans la boucle du Niger. Le
Kadi de Tombouctou, Mahmoud Ben Oumar, n’applique pas l’édit d’expulsion, en
invoquant que ces Juifs ont le droit de vivre en terre musulmane. Gens du
Livre, ils ont le statut de Dhimmi15.
Ismaël Diadié Haïdara
dépasse la polémique de l’époque coloniale sur la présence des Juifs, très
ancienne en Afrique noire. Des historiens, comme Maurice Delafosse, la
surestimeraient, d’autres, comme Raymond Mauny, la minoreraient.
L’intérêt du livre de
Ismaël Diadié Haïdara est de nous apporter des pièces à conviction. Certes,
elles sont limitées diachroniquement et synchroniquement puisqu’elles
comportent un corpus relatif à la seule ville de Tombouctou. Il commence en
1841 et s’arrête en 1897 : actes juridiques, lettres, récits de voyages, actes
de ventes mais qui ont le mérite de permettre une critique externe et interne
des documents.
La critique externe
ne pose pas de problème, les documents sont authentiques ; la critique interne
ouvre de nouvelles perspectives car elle éclaire sur le statut de Dhimmi,
variable selon les époques ainsi que la relation équitable qui existait entre
le débiteur et le créancier : par exemple, un certain Baba B. Muhammad B. Ammâr
B. al-Sayd (…) « doit au Dhimmi 3 barres de sel de qualité moyenne qui
doivent être livrées à Tombouctou en contre-valeur d’une pièce de tissu,
correctement livrée » (p. 93). Sont indiqués le délai de paiement et la date.
Ces documents
renouvellent les connaissances que l’on a du commerce transsaharien. L’Histoire
des Juifs, des Arabes, des Berbères et des Noirs, on le sait, est cousine. Ils
ne se définissent ni comme une race, ni comme une religion, ni même comme une
nation. Nombre de Juifs étaient des négociants convertis à l’Islam qui avaient
gardé leur patronymie juive. Par exemple, citons, en 1766, Al Hâjj Abd Al-Salâm
Al-Kûhîn, ancêtre des Awlad Al-Kûhun, c’est-à-dire de la famille des Cohen,
nombreux à Tombouctou au siècle des Lumières (p. 28). Mungo Park, à la même
époque signale la présence de nombreux Juifs dans la vallée du Niger, notamment
à Tombouctou où islamisés, habillés comme les Musulmans du pays, ils prient à
la mosquée.
Le thème de la
présence juive en Afrique noire passionne les historiens. Celle-ci remonte au
moins au début de l’ère chrétienne. Il faut considérer sur un plan
épistémologique, 1492 comme une date charnière : avant et après les
persécutions, bien que celles-ci, en Europe, aient précédé le décret ibérique
d’expulsion. Selon Haïm Zafrani ou Jacob Oliel16, des petites communautés ont existé, y compris en
pays targui, berbérophones ou tamazight.
Ismaël Diadié Haïdara
enfin, met en lumière le voyage et l’installation, en 1860 à Tombouctou, d’un
rabbin, Mordokhay (Mardochée) Abi Sérour17, qui renoue avec la tradition et fait venir trois
ans plus tard, nombre de ses coreligionnaires, notamment les Rabbins Isaac Ben
Mouchy et Isaac Ben Aaroun. Il y fait commerce et obtient l’autorisation
d’ouvrir une synagogue.
« Tout change en
s’échangeant » aimait à observer le regretté Edouard Glissant. Le périple des
populations juives dans la vallée du Niger, à Gao, à Djenné, ainsi qu’à
Tombouctou, nous interroge sur le problème si passionnant des identités
successives et multiples, bien connues pour l’Europe : de ce fait témoignent
les Marranes au XVe siècle, devant les
persécutions de l’Inquisition, convertis de gré
ou de force au catholicisme, et au XVIIe siècle, les Deumnès, ces Juifs de Livourne et de Turquie
devenus Musulmans18, suite à la
conversion de leur « messie » Sabbataï Tsvi, kabbaliste, qui affirmait
connaître l’imprononçable formule réservée à D.
Cela pose la
problématique de ce que Albert Memmi appelle le triangle de l’identité : judéité,
judaïcité, judaïsme qui se double, à Tombouctou de deux autres
triangles : arabité, arabicité, arabisme et négrité,
négricité, négrisme20. Une telle Histoire invite à
réfléchir sur les phénomènes de jonction/disjonction en ce qui concerne les
identités. Tantôt antagonistes, tantôt complémentaires, elles renvoient aux
hybridations culturelles (Edgar Morin). Certains de ces hommes qui vont prier à
la mosquée de Sankoré (le terme signifie « le quartier des Maîtres de la
connaissance » ; ancienne université médiévale) ne sont-ils pas d’anciens
judéo-gentils ?
En outre, la biologie
contemporaine a mis en évidence le polymorphisme génétique, pulvérisant ainsi
le mythe de la pureté du sang et, en ce qui concerne Homo Sapiens, la notion de
race. La structure de l’espèce, en effet n’est pas raciale, mais
populationnelle : un Juif bambara est plus près génétiquement d’un Bambara non
Juif que d’un Juif non Bambara (Jean Bernard – Jacques Ruffié21).
On a beaucoup compté
sur l’hématologie géographique pour renouveler l’étude des phénomènes
migratoires et souligné la somptueuse diversité du vivant. Certes, les
coïncidences patronymiques notées précédemment, intriguent, mais des études
hémothypologiques – en collaboration avec anthropologues, historiens, etc. –
ont-elles été menées pour les Juifs islamisés de la vallée du Niger ? On a
ainsi là de quoi réfléchir sur l’Histoire et la post-modernité, en liaison au
concept d’altérité d’Emmanuel Levinas et au concept d’« intérité » de Jacques
Demorgon.
L’ouvrage de Ismaël
Diadié Haïdara, publié en 1999, trop méconnu, est non seulement celui d’un
historien rigoureux, mais aussi celui d’un philosophe qui, dans la préface,
parle de son « travail de jardinier ». Citant Michel Serres, il ajoute que «
entre les sources et le docte public, il y a toujours un tiers, lui,
l’historien, le parasite qui fait d’un système binaire (sources – lecteurs) un
jeu à trois où l’un fait jouer les deux autres22 ».
Sur un autre plan,
dans une époque où l’on croit réfléchir pour éviter de penser23 et où, en conséquence, surgissent
les manichéismes et les diabolisations réciproques, il est heureux de constater
combien Ismaël Diadié Haïdara n’ignore pas la complexité en observant qu’à
Tombouctou, une minorité juive fut « tolérée par les Kadis et les Imams. La
tolérance rend les civilisations, comme les villes, supportables (…) Tombouctou
était aussi ouverte qu’Amsterdam ». Dans ce lieu-carrefour, l’auteur sait
repérer et interpréter les signes comme éléments symboliques d’une culture. Il
incite à réfléchir sur le différentiel culturel dans les interactions humaines
en Afrique.
La Cité légendaire
fut longtemps un port caravanier sur d’antiques pistes méridiennes prolongées
par des transversales très actives convergeant vers elle24. Le déclin de Tombouctou commence
en 1591, avec l’invasion de l’armée marocaine qui s’empare de la ville et met
fin au brillant empire songhoï. Quand René Caillié parvient à Tombouctou en
1828, sa déception est grande : la ville ne ressemble en rien aux récits
anciens. 1885, à la Conférence de Berlin, les puissances européennes se
partagent l’Afrique. Le Commandant Joffre25 entre à Tombouctou le 23 mars 1894. Commence, pour la
grande Cité, ce que Jack Goody appelle Le vol de l’Histoire par l’Occident…
«
Les Juifs à Tombouctou » constitue un précieux petit livre
pour les lecteurs de Monde méditerranéen. En effet, on y voit comment
s’élaborent les synergies entre Mare Nostrum et cet océan de sable de
l’espace saharien27, ainsi que les
adaptations antagonistes réussies qui, à une période donnée, permettent l’essor
d’une ville mythique. L’Histoire de Tombouctou offre en quelque sorte un
laboratoire d’idées puisqu’elle fut géopolitiquement transculturelle,
pluriculturelle et parfois une cité de rencontres interculturelles réussies, en
dépit d’aléas inévitables.
Enfin, une telle
aventure historique souligne peut-être la richesse de divers concepts à
l’époque de la globalisation qui est loin de la mondialité à laquelle rêvait
Edouard Glissant : le phénomène diasporique28 ne coïncide-t-il pas avec l’archipélisation du monde
? Giorgio Agamben29 rappelle que les
Grecs traduisaient le mot « vie » par deux termes distincts : zoé, le
simple fait de vivre et bios, la forme ou la manière de vivre, propre à
un individu ou à un groupe.
Ici, la ville-carrefour semble reconnaître
l’importance de la « bios » puisque nombre de ses habitants et leurs ancêtres –
dont l’auteur – furent successivement peut-être Ariens, Chrétiens, Juifs,
Musulmans ou Marranes, voire, pour reprendre l’appellation appliquée aux
Livournais, Deumnès. Dans cet extraordinaire métissage culturel et religieux,
tantôt effrayant, tantôt prometteur, paradoxalement marche « à pas de colombe30 » une certaine/incertaine liberté de
l’esprit.
*
Notes
1 Man est le dieu des Bambaras. L’animisme est encore présent au Mali.
Mais, contrairement à une idée reçue, il s’appuie souvent sur un dieu unique : Amma,
chez les Dogons, Guéno, chez les Peuls, etc. Les génies étant
comparables à nos saints, dans une vision du monde souvent analogique (Philippe
Descola – Par-delà nature et culture. Ed. NRF Gallimard (2005).
2 Ainsi, la Tidjaniya et la Hamalliya.
3 La Tabaski est le nom donné par les musulmans de l’Afrique de l’Ouest à
l’Aïd. Des membres d’une même famille peuvent être de diverses convictions
religieuses et philosophiques.
4 Selon Jacob Oliel, Henri Lhôte et Théodore Monod eux-mêmes se sont
posés la question.
5 Complexité des cultures et de l’interculturel. Contre les pensées
uniques. Paris :
Economica, 2010.
6 Mahmoud el-Kati est l’auteur du célèbre Tarikh el Fettash. Le nom
viendrait de Cota, particulièrement porté par des Juifs convertis en Espagne.
D’origine romane, le nom connaît de nombreux dérivés. Sénèque et Cicéron
l’évoquent dans leurs oeuvres (Les Juifs à Tombouctou, pp. 23, 24, 25).
Il est porté en Espagne, au Portugal, en France, en Amérique Latine, etc. Ce
sont partout des hommes de « plume et de Cour ».
7 Les Soninké ou Sarakolé, nombreux dans la région de Ségou,
appartiennent, comme les Songhoï et les Dogons, au groupe soudanien, distinct
du groupe Mandingue qui comporte Bambaras (Bamanians), Malinkés et Dioulas.
Existent aussi, au Mali, un groupe dit voltaïque (Bobo, Sénoufo, Mossi), sans
compter les nomades dont nombre sont sédentarisés : Peuls, Touaregs et Maures.
8 Nom d’un « nègre » savant du XVIe siècle,
juriste, astronome, mathématicien, professeur de rhétorique. L’auteur de
l’article, lors d’un voyage à Tombouctou a vu au Centre d’Etude, de
Documentation et de Recherche Ahmed Baba nombre de manuscrits conservés dans
des boîtes grillagées. D’aucuns commencent à être numérisés. L’ONU, ainsi que
l’UNESCO s’efforcent d’apporter une aide économique pour éviter leur
décomposition.
9 Nombre de langues africaines sont écrites. Citons : outre le shü-mo des
Bamoun qui ne date que de la fin du XIXe siècle,
l’arako, le nsibidi (Nigeria), le giscandi (Kenya), le mendé (Sierra Léone),
etc.
Les ajamis sont des langues africaines transcrites
en alphabet arabe.
10 Pour Joseph Ki Zerbo (Histoire de l’Afrique noire – 1978), la
Traite négrière commence avec cet événement.
11 Chronique de Diégo Gomez (XVe siècle).
12 Des navigateurs européens – notamment malouins – mirent le pied sur le
Nouveau Monde avant lui.
13 Evénement intéressant pour la recomposition des savoirs à l’époque de
la mondialisation, une étude sommaire de l’empire songhoï est introduite depuis
peu dans les programmes scolaires… et combattue par des idéologues
européocentriques ou « gaulois » qui se gaussent curieusement de cette
initiative heureuse et pourtant bien timide.
14 Groupe d’oasis sahariennes au sud-ouest du grand erg occidental.
15 Revue Tapama n° 1 (décembre 1996), « Tombouctou. Histoire des
Juifs », par Ismaël Diadié Haïdara. Ed. Donniya.
16 Haïm Zafrani, historien de la culture séfarade, hébraïsant et arabisant
(Recherches sur les Juifs du Maghreb, 1997, Université Paris VIII ; Le monde de
la légende. Littérature de prédication juive en Occident musulman, 2003)
Jacob Oliel, enseignant à l’Ecole des Hautes
Etudes en Sciences Sociales.
Lectures
291
17 Mordokhay Abi Sérour dit avoir rencontré les Daggatoun « blancs comme
neige » dont le lexique semble riche de mots d’origine hébraïque (Jacob Oliel).
18 Comme les Marranes, qui sont parfois plus catholiques que Juifs ou
réciproquement, voire sceptiques ou courtisans, les Deumnès connaissent un sort
analogue, mais cette fois-ci montrant les interactions entre le politique et un
religieux musulman. Le père d’Edgar Morin, quand il vint pour la première fois
en Espagne, parlait le djidio, c’est-à-dire un castillan médiéval.
19 L’aventure marrane. Judaïsme et modernité, Yirmiyahu Yovel. Ed. Seuil.
20 Le Buveur et l’amoureux, Albert Memmi. Ed. Arléa. Judéité : le fait et la manière
d’être Juif (le zoé et le bio). Judaïcité : la population (poreuse). Judaïsme
: les valeurs et les institutions. De même pour les Noirs et les Arabes,
etc.
21 Jean Bernard, Le Sang et l’Histoire. Ed. Buchet/Chastel (1986).
Jacques Ruffié, De la Biologie à la culture,
Ed. Flammarion, Nouvelle bibliothèque scientifique (1977) et Traité du
vivant, Ed. Fayard, le Temps de sciences (1982).
22 Le Tiers instruit, Michel Serres. Ed. François Bourin (1991).
23 « C’est une perte de temps de réfléchir quand on ne sait pas penser » (Haruki Murakami, Kafka sur le rivage. Ed
10/18, p. 461).
24 Histoire de l’Afrique noire, par Joseph Ki Zerbo (p. 168). Ed. Hatier (1978).
25 C’est l’époque de la République impériale. Joffre est Franc-maçon, tout
comme Jules Ferry qui, en 1885, avait déclaré à la Chambre : « Je vous défie
de soutenir jusqu’au bout votre thèse qui repose sur l’égalité, la liberté des
races inférieures. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut
dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races
inférieures ».
26 Le Vol de l’Histoire. Comment l’Europe a imposé le récit de son passé
au reste du monde, Jack Goody.
Ed. NRF Essais Gallimard (2010).
27 Tombouctou, en effet est, d’une certaine manière, le lieu géométrique
où convergent des populations venues de Djezirat-el-Maghreb (l’île du Maghreb)
et de pays franchement continentaux dont les voyageurs franchissent la
Méditerranée. Une telle situation géopolitique favorise paradoxalement la
liberté des échanges commerciaux et culturels.
28 A l’heure de la mondialisation, le phénomène ne concerne pas les seuls
Juifs : certes, des populations issues d’Histoire et de culture différentes,
coexistent depuis longtemps à l’intérieur des nations. Il s’amplifie. Peut-être
même les populations intéressées se « diasporisent » au-delà des frontières
existantes…
29 Agamben Giorgio : Moyens sans fins. Notes sur la politique. Ed.
Rivages Poche. Petite bibliothèque.
30 Nietzsche, F. 1990. Ecce Homo. Paris : Gallimard.
Bibliographie
Caillie R. 1996. Voyage à Tombouctou,
2 vol. Paris : La Découverte.
Demorgon, J. 2002. L’histoire
interculturelle des sociétés. Une information-monde. Paris : Economica.
Diakité, T., 2008. La Traite des
Noirs et ses acteurs africains. Paris : Berg.
Es-Sâdi, A. 1965. Tarikh es-Soudan.
Paris : Maisonneuve.
Ibn Battuta, 1992. Voyages et
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Kati,
M. 1981. Tarick el Fettach. Paris : Maisonneuve.
Levinas, E. 1982. Difficile liberté.
Paris : A. Michel.
Lewis, B. 1981. L’Islam, d’hier à
aujourd’hui. Paris : Bordas.
Miquel, A. 1982. L’Islam et sa
civilisation. Paris : Armand Colin.
Moreau, J. 1993. Le Chacal et
l’enfant-génie. Dit et non-dit de la connaissance. Paris : Montorgueil.
Morin, E. 1989. Vidal et les siens.
Paris : Seuil.
Morin, E. 2007. Le Monde moderne et
la question juive. Paris : Seuil.






