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vendredi 1 septembre 2017

Juifs à Tombouctou par Ismaël Diadié Haïdara

 Ismaël Diadié Haïdara, Les Juifs à Tombouctou. Recueil des sources écrites relatives au commerce juif à Tombouctou au XIXe siècle
Editions Donniya, Bamako, mars 1999, 146 pages.

« L’ignorance est plus obscure que la nuit » dit un proverbe bambara. En sachant que l’on ne peut comparer que ce qui est comparable, et en évitant le piège de la téléologie, l’étude du passé construit des repères pour comprendre l’actualité. C’est pourquoi est particulièrement précieux le livre de Ismaël Diadié Haïdara au moment où la situation géopolitique malienne est préoccupante. L’UNESCO vient de lancer un cri d’alarme pour sauver les bibliothèques de Tombouctou qui, selon la presse, auraient été pillées lors des troubles récents.

Sur les événements eux-mêmes, nous sommes tributaires de la manière souvent manichéenne, simpliste, « acéphale » dont se comportent les media. L’islamisme, en particulier, est très souvent assimilé à l’intégralisme qui est la tentation totalitaire de toute confession quand elle confond le religieux et le politique.

Le Mali, pourtant, a une Constitution laïque. 20 % de la population est chrétienne. Le nom même de D., Man N’Gallah1, une crase, témoigne de l’esprit d’adaptation et de la capacité de syncrétisme des Musulmans du pays. L’Islam est souvent confrérique, sinon sûfi2.
Qui fut reçu naguère à Tombouctou, pour la Tabaski, au sein d’une famille3, a apprécié la paix qui règne dans les coeurs. L’alcool y est prohibé. « Musulmans de gauche » – ainsi s’appellent souvent les laïques – chrétiens de diverses obédiences, mécréants du voisinage, ainsi que l’ami étranger y participent. « D. aime l’infidèle » proclame la Tidjaniya.




Le conflit immémorial de Caïn et d’Abel hante le pays. Dans les contes, la querelle de l’éleveur eu du cultivateur est proverbiale. C’est que les Peuls et les Touaregs, eux-mêmes, sont nomades. Les premiers se sédentarisèrent un moment pour créer le royaume du Macina, au XIXe siècle, vite conquis par le Toucouleur El Hadj Omar.

Le Rabbin Mardochée Abi Sérour (infra), vers 1865, aurait rencontré des Juifs vivant parmi les Touaregs4. L’Histoire de tous ces peuples, Peuls, Touaregs, Juifs, etc., témoigne de la dialogique qui s’instaure chez les hommes quand ils parcourent des territoires ou, au contraire, s’approprient l’un d’eux.
  
La rébellion touareg est ancienne, considérant l’Azawad (le Nord Mali), comme le berceau de sa civilisation. Elle veut aujourd’hui un Etat. Le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) les représente. Il a été rejoint par des Touaregs mercenaires qui furent au service de Khadafi. Peu nombreux, ils sont bien armés. Une troisième composante, minoritaire, Ansar Dine, l’armée de la religion, intégriste, est en contact avec Aqmi (Al Qaëda au Maghreb).

Jacques Demorgon distingue « quatre grandes formes sociétales : communautaire-tribale, royale-impériale, nationale-marchande, informationnelle-mondiale5 » qui ont successivement dominé au cours de l’histoire humaine mais coexistent encore. Tribus et royaumes, par exemple, n’ont pas disparu : ainsi la revendication de l’Azawad est une revendication nationale, qui s’exprime dans le monde d’aujourd’hui : celui des réseaux de la post-modernité. Quant au Maroc voisin, par exemple, il est alaouite et royal ; l’Algérie, elle aussi concernée, est autoritariste et laïque, etc.

Cette complexité évolutive des cultures est le fruit d’une adaptation antagoniste. Connaître ce processus et s’y référer constituent le meilleur antidote contre la cachexie de la pensée que favorise la contemporaine conjonction du politique et du médiatique.

*
Ismaël Diadié Haïdara, et son livre, Les Juifs à Tombouctou... nous ont impressionné : des Juifs, à diverses époques, descendirent jusqu’au fleuve Niger pour vivre à Tombouctou, la mystérieuse.

Descendant de la dynastie des Kati6, l’auteur, chercheur à l’université de Grenade, précise quelles sont les sources écrites qu’il présente. Il les a rassemblées dans sa maison de Tombouctou mais elles avaient commencé avec l’exil de son ancêtre « le Wisigoth islamisé, Ali B. Ziad al-Kouti qui quitte Tolède en 1468 pour s’installer en pays soninké7 ; dès lors, écrit-il, la bibliothèque ne cessa de s’enrichir à travers plusieurs générations de Kati, mes aïeux. Nous avons décidé en 1999 de les exhumer. » A Tombouctou, des milliers de manuscrits dorment encore chez des particuliers. 





Cependant, d’aucuns sont rassemblés dans des bibliothèques, celle de Mohammed Alaty, celle de Mamma Haïdara, ainsi que dans le Centre d’Etude, de Documentation et de Recherche Ahmed Baba8. Au passage, ces précieux « greniers culturels » pulvérisent deux idées reçues : la première selon laquelle l’Afrique serait, depuis Hegel, un continent sans Histoire, ou depuis le discours de Dakar, à peine entré dans celle-ci. La seconde idée reçue affirme que l’Afrique ignore l’écriture. Pourtant, nombre de documents transcrivent en alphabet arabe les langues africaines, notamment, le fulani et le bambara9. Certains comportent en marge des notes en hébreu.

Ismaël Diadié Haïdara introduit son recueil en évoquant « l’Atlas catalan », nautico-géographique conçu probablement en 1375, commandé par le roi de France Charles V au roi chrétien Pédro de Aragon qui ne le livre qu’en 1381 à Charles VI. Le cartographe est Abraham Cresque, Juif de Majorque, assisté de son fils Jafuda (Jame Ribes). Celui-ci sera un converso en 1391. Il enseignera, une fois exilé au Portugal, la cartographie à Henri II le Navigateur10, qui, en 1415 souhaite vaincre l’Islam par le sud et envoie ses navires sur les côtes de Guinée « où les gens sont extrêmement noirs11 ».

Pour notre propos, 1492 est une date-repère. Outre la pseudo-découverte des Amériques par Christophe Colomb12, c’est aussi la date du décret d’expulsion des Juifs d’Espagne par les Rois très Catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon. La même année, meurt dans des conditions non élucidées, Sonni Ali-Ber, converti en apparence à l’Islam mais toujours animiste, le souverain de l’empire songhoï13, au retour d’une expédition guerrière dans le Gourma au sud de l’empire du Mali.

Toujours en 1492, au Touat14, le Cheikh Al Maghili, est au service de Sonni Baro, successeur de Sonni Ali-Ber. Il offre 7 mithcals d’or à qui tuera un Juif. Ceux qui échappent à la mort descendent dans le Royaume de Gao.
Vers 1492, enfin, Mahmoud Kati signale la présence des Banou Israël, dans la boucle du Niger. Le Kadi de Tombouctou, Mahmoud Ben Oumar, n’applique pas l’édit d’expulsion, en invoquant que ces Juifs ont le droit de vivre en terre musulmane. Gens du Livre, ils ont le statut de Dhimmi15.

Ismaël Diadié Haïdara dépasse la polémique de l’époque coloniale sur la présence des Juifs, très ancienne en Afrique noire. Des historiens, comme Maurice Delafosse, la surestimeraient, d’autres, comme Raymond Mauny, la minoreraient.
L’intérêt du livre de Ismaël Diadié Haïdara est de nous apporter des pièces à conviction. Certes, elles sont limitées diachroniquement et synchroniquement puisqu’elles comportent un corpus relatif à la seule ville de Tombouctou. Il commence en 1841 et s’arrête en 1897 : actes juridiques, lettres, récits de voyages, actes de ventes mais qui ont le mérite de permettre une critique externe et interne des documents.

La critique externe ne pose pas de problème, les documents sont authentiques ; la critique interne ouvre de nouvelles perspectives car elle éclaire sur le statut de Dhimmi, variable selon les époques ainsi que la relation équitable qui existait entre le débiteur et le créancier : par exemple, un certain Baba B. Muhammad B. Ammâr B. al-Sayd (…) « doit au Dhimmi 3 barres de sel de qualité moyenne qui doivent être livrées à Tombouctou en contre-valeur d’une pièce de tissu, correctement livrée » (p. 93). Sont indiqués le délai de paiement et la date.

Ces documents renouvellent les connaissances que l’on a du commerce transsaharien. L’Histoire des Juifs, des Arabes, des Berbères et des Noirs, on le sait, est cousine. Ils ne se définissent ni comme une race, ni comme une religion, ni même comme une nation. Nombre de Juifs étaient des négociants convertis à l’Islam qui avaient gardé leur patronymie juive. Par exemple, citons, en 1766, Al Hâjj Abd Al-Salâm Al-Kûhîn, ancêtre des Awlad Al-Kûhun, c’est-à-dire de la famille des Cohen, nombreux à Tombouctou au siècle des Lumières (p. 28). Mungo Park, à la même époque signale la présence de nombreux Juifs dans la vallée du Niger, notamment à Tombouctou où islamisés, habillés comme les Musulmans du pays, ils prient à la mosquée.

Le thème de la présence juive en Afrique noire passionne les historiens. Celle-ci remonte au moins au début de l’ère chrétienne. Il faut considérer sur un plan épistémologique, 1492 comme une date charnière : avant et après les persécutions, bien que celles-ci, en Europe, aient précédé le décret ibérique d’expulsion. Selon Haïm Zafrani ou Jacob Oliel16, des petites communautés ont existé, y compris en pays targui, berbérophones ou tamazight.





Ismaël Diadié Haïdara enfin, met en lumière le voyage et l’installation, en 1860 à Tombouctou, d’un rabbin, Mordokhay (Mardochée) Abi Sérour17, qui renoue avec la tradition et fait venir trois ans plus tard, nombre de ses coreligionnaires, notamment les Rabbins Isaac Ben Mouchy et Isaac Ben Aaroun. Il y fait commerce et obtient l’autorisation d’ouvrir une synagogue.

« Tout change en s’échangeant » aimait à observer le regretté Edouard Glissant. Le périple des populations juives dans la vallée du Niger, à Gao, à Djenné, ainsi qu’à Tombouctou, nous interroge sur le problème si passionnant des identités successives et multiples, bien connues pour l’Europe : de ce fait témoignent les Marranes au XVe siècle, devant les persécutions de l’Inquisition, convertis de gré ou de force au catholicisme, et au XVIIe siècle, les Deumnès, ces Juifs de Livourne et de Turquie devenus Musulmans18, suite à la conversion de leur « messie » Sabbataï Tsvi, kabbaliste, qui affirmait connaître l’imprononçable formule réservée à D.

Ces juifs dont certains des ancêtres furent Wisigoth ariens, puis catholiques ou musulmans forcés ou consentants, dans tous les cas marranes - Yirmiyahu Yovel19 dans un livre récent, en a tracé la mosaïque diversifiée : du carriériste au martyre, de la sécularisation précoce à l’irréligieux, voire à la crise mystique, à l’athéisme ou à l’agnosticisme, comment les définir ?

Cela pose la problématique de ce que Albert Memmi appelle le triangle de l’identité : judéité, judaïcité, judaïsme qui se double, à Tombouctou de deux autres triangles : arabité, arabicité, arabisme et négrité, négricité, négrisme20. Une telle Histoire invite à réfléchir sur les phénomènes de jonction/disjonction en ce qui concerne les identités. Tantôt antagonistes, tantôt complémentaires, elles renvoient aux hybridations culturelles (Edgar Morin). Certains de ces hommes qui vont prier à la mosquée de Sankoré (le terme signifie « le quartier des Maîtres de la connaissance » ; ancienne université médiévale) ne sont-ils pas d’anciens judéo-gentils ?

En outre, la biologie contemporaine a mis en évidence le polymorphisme génétique, pulvérisant ainsi le mythe de la pureté du sang et, en ce qui concerne Homo Sapiens, la notion de race. La structure de l’espèce, en effet n’est pas raciale, mais populationnelle : un Juif bambara est plus près génétiquement d’un Bambara non Juif que d’un Juif non Bambara (Jean Bernard – Jacques Ruffié21).

On a beaucoup compté sur l’hématologie géographique pour renouveler l’étude des phénomènes migratoires et souligné la somptueuse diversité du vivant. Certes, les coïncidences patronymiques notées précédemment, intriguent, mais des études hémothypologiques – en collaboration avec anthropologues, historiens, etc. – ont-elles été menées pour les Juifs islamisés de la vallée du Niger ? On a ainsi là de quoi réfléchir sur l’Histoire et la post-modernité, en liaison au concept d’altérité d’Emmanuel Levinas et au concept d’« intérité » de Jacques Demorgon.

L’ouvrage de Ismaël Diadié Haïdara, publié en 1999, trop méconnu, est non seulement celui d’un historien rigoureux, mais aussi celui d’un philosophe qui, dans la préface, parle de son « travail de jardinier ». Citant Michel Serres, il ajoute que « entre les sources et le docte public, il y a toujours un tiers, lui, l’historien, le parasite qui fait d’un système binaire (sources – lecteurs) un jeu à trois où l’un fait jouer les deux autres22 ».

Sur un autre plan, dans une époque où l’on croit réfléchir pour éviter de penser23 et où, en conséquence, surgissent les manichéismes et les diabolisations réciproques, il est heureux de constater combien Ismaël Diadié Haïdara n’ignore pas la complexité en observant qu’à Tombouctou, une minorité juive fut « tolérée par les Kadis et les Imams. La tolérance rend les civilisations, comme les villes, supportables (…) Tombouctou était aussi ouverte qu’Amsterdam ». Dans ce lieu-carrefour, l’auteur sait repérer et interpréter les signes comme éléments symboliques d’une culture. Il incite à réfléchir sur le différentiel culturel dans les interactions humaines en Afrique.
La Cité légendaire fut longtemps un port caravanier sur d’antiques pistes méridiennes prolongées par des transversales très actives convergeant vers elle24. Le déclin de Tombouctou commence en 1591, avec l’invasion de l’armée marocaine qui s’empare de la ville et met fin au brillant empire songhoï. Quand René Caillié parvient à Tombouctou en 1828, sa déception est grande : la ville ne ressemble en rien aux récits anciens. 1885, à la Conférence de Berlin, les puissances européennes se partagent l’Afrique. Le Commandant Joffre25 entre à Tombouctou le 23 mars 1894. Commence, pour la grande Cité, ce que Jack Goody appelle Le vol de l’Histoire par l’Occident…



« Les Juifs à Tombouctou » constitue un précieux petit livre pour les lecteurs de Monde méditerranéen. En effet, on y voit comment s’élaborent les synergies entre Mare Nostrum et cet océan de sable de l’espace saharien27, ainsi que les adaptations antagonistes réussies qui, à une période donnée, permettent l’essor d’une ville mythique. L’Histoire de Tombouctou offre en quelque sorte un laboratoire d’idées puisqu’elle fut géopolitiquement transculturelle, pluriculturelle et parfois une cité de rencontres interculturelles réussies, en dépit d’aléas inévitables.

Enfin, une telle aventure historique souligne peut-être la richesse de divers concepts à l’époque de la globalisation qui est loin de la mondialité à laquelle rêvait Edouard Glissant : le phénomène diasporique28 ne coïncide-t-il pas avec l’archipélisation du monde ? Giorgio Agamben29 rappelle que les Grecs traduisaient le mot « vie » par deux termes distincts : zoé, le simple fait de vivre et bios, la forme ou la manière de vivre, propre à un individu ou à un groupe. 

Ici, la ville-carrefour semble reconnaître l’importance de la « bios » puisque nombre de ses habitants et leurs ancêtres – dont l’auteur – furent successivement peut-être Ariens, Chrétiens, Juifs, Musulmans ou Marranes, voire, pour reprendre l’appellation appliquée aux Livournais, Deumnès. Dans cet extraordinaire métissage culturel et religieux, tantôt effrayant, tantôt prometteur, paradoxalement marche « à pas de colombe30 » une certaine/incertaine liberté de l’esprit.



*
Notes

1 Man est le dieu des Bambaras. L’animisme est encore présent au Mali. Mais, contrairement à une idée reçue, il s’appuie souvent sur un dieu unique : Amma, chez les Dogons, Guéno, chez les Peuls, etc. Les génies étant comparables à nos saints, dans une vision du monde souvent analogique (Philippe Descola – Par-delà nature et culture. Ed. NRF Gallimard (2005).

2 Ainsi, la Tidjaniya et la Hamalliya.

3 La Tabaski est le nom donné par les musulmans de l’Afrique de l’Ouest à l’Aïd. Des membres d’une même famille peuvent être de diverses convictions religieuses et philosophiques.

4 Selon Jacob Oliel, Henri Lhôte et Théodore Monod eux-mêmes se sont posés la question.

5 Complexité des cultures et de l’interculturel. Contre les pensées uniques. Paris : Economica, 2010.

6 Mahmoud el-Kati est l’auteur du célèbre Tarikh el Fettash. Le nom viendrait de Cota, particulièrement porté par des Juifs convertis en Espagne. D’origine romane, le nom connaît de nombreux dérivés. Sénèque et Cicéron l’évoquent dans leurs oeuvres (Les Juifs à Tombouctou, pp. 23, 24, 25). Il est porté en Espagne, au Portugal, en France, en Amérique Latine, etc. Ce sont partout des hommes de « plume et de Cour ».

7 Les Soninké ou Sarakolé, nombreux dans la région de Ségou, appartiennent, comme les Songhoï et les Dogons, au groupe soudanien, distinct du groupe Mandingue qui comporte Bambaras (Bamanians), Malinkés et Dioulas. Existent aussi, au Mali, un groupe dit voltaïque (Bobo, Sénoufo, Mossi), sans compter les nomades dont nombre sont sédentarisés : Peuls, Touaregs et Maures.

8 Nom d’un « nègre » savant du XVIe siècle, juriste, astronome, mathématicien, professeur de rhétorique. L’auteur de l’article, lors d’un voyage à Tombouctou a vu au Centre d’Etude, de Documentation et de Recherche Ahmed Baba nombre de manuscrits conservés dans des boîtes grillagées. D’aucuns commencent à être numérisés. L’ONU, ainsi que l’UNESCO s’efforcent d’apporter une aide économique pour éviter leur décomposition.
9 Nombre de langues africaines sont écrites. Citons : outre le shü-mo des Bamoun qui ne date que de la fin du XIXe siècle, l’arako, le nsibidi (Nigeria), le giscandi (Kenya), le mendé (Sierra Léone), etc.

Les ajamis sont des langues africaines transcrites en alphabet arabe.

10 Pour Joseph Ki Zerbo (Histoire de l’Afrique noire – 1978), la Traite négrière commence avec cet événement.

11 Chronique de Diégo Gomez (XVe siècle).

12 Des navigateurs européens – notamment malouins – mirent le pied sur le Nouveau Monde avant lui.

13 Evénement intéressant pour la recomposition des savoirs à l’époque de la mondialisation, une étude sommaire de l’empire songhoï est introduite depuis peu dans les programmes scolaires… et combattue par des idéologues européocentriques ou « gaulois » qui se gaussent curieusement de cette initiative heureuse et pourtant bien timide.

14 Groupe d’oasis sahariennes au sud-ouest du grand erg occidental.

15 Revue Tapama n° 1 (décembre 1996), « Tombouctou. Histoire des Juifs », par Ismaël Diadié Haïdara. Ed. Donniya.

16 Haïm Zafrani, historien de la culture séfarade, hébraïsant et arabisant (Recherches sur les Juifs du Maghreb, 1997, Université Paris VIII ; Le monde de la légende. Littérature de prédication juive en Occident musulman, 2003)

Jacob Oliel, enseignant à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

Lectures
291
17 Mordokhay Abi Sérour dit avoir rencontré les Daggatoun « blancs comme neige » dont le lexique semble riche de mots d’origine hébraïque (Jacob Oliel).

18 Comme les Marranes, qui sont parfois plus catholiques que Juifs ou réciproquement, voire sceptiques ou courtisans, les Deumnès connaissent un sort analogue, mais cette fois-ci montrant les interactions entre le politique et un religieux musulman. Le père d’Edgar Morin, quand il vint pour la première fois en Espagne, parlait le djidio, c’est-à-dire un castillan médiéval.

19 L’aventure marrane. Judaïsme et modernité, Yirmiyahu Yovel. Ed. Seuil.

20 Le Buveur et l’amoureux, Albert Memmi. Ed. Arléa. Judéité : le fait et la manière d’être Juif (le zoé et le bio). Judaïcité : la population (poreuse). Judaïsme : les valeurs et les institutions. De même pour les Noirs et les Arabes, etc.

21 Jean Bernard, Le Sang et l’Histoire. Ed. Buchet/Chastel (1986).

Jacques Ruffié, De la Biologie à la culture, Ed. Flammarion, Nouvelle bibliothèque scientifique (1977) et Traité du vivant, Ed. Fayard, le Temps de sciences (1982).

22 Le Tiers instruit, Michel Serres. Ed. François Bourin (1991).

23 « C’est une perte de temps de réfléchir quand on ne sait pas penser » (Haruki Murakami, Kafka sur le rivage. Ed 10/18, p. 461).

24 Histoire de l’Afrique noire, par Joseph Ki Zerbo (p. 168). Ed. Hatier (1978).

25 C’est l’époque de la République impériale. Joffre est Franc-maçon, tout comme Jules Ferry qui, en 1885, avait déclaré à la Chambre : « Je vous défie de soutenir jusqu’au bout votre thèse qui repose sur l’égalité, la liberté des races inférieures. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ».

26 Le Vol de l’Histoire. Comment l’Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde, Jack Goody. Ed. NRF Essais Gallimard (2010).
27 Tombouctou, en effet est, d’une certaine manière, le lieu géométrique où convergent des populations venues de Djezirat-el-Maghreb (l’île du Maghreb) et de pays franchement continentaux dont les voyageurs franchissent la Méditerranée. Une telle situation géopolitique favorise paradoxalement la liberté des échanges commerciaux et culturels.

28 A l’heure de la mondialisation, le phénomène ne concerne pas les seuls Juifs : certes, des populations issues d’Histoire et de culture différentes, coexistent depuis longtemps à l’intérieur des nations. Il s’amplifie. Peut-être même les populations intéressées se « diasporisent » au-delà des frontières existantes…

29 Agamben Giorgio : Moyens sans fins. Notes sur la politique. Ed. Rivages Poche. Petite bibliothèque.

30 Nietzsche, F. 1990. Ecce Homo. Paris : Gallimard.

Bibliographie

Caillie R. 1996. Voyage à Tombouctou, 2 vol. Paris : La Découverte.

Demorgon, J. 2002. L’histoire interculturelle des sociétés. Une information-monde. Paris : Economica.

Diakité, T., 2008. La Traite des Noirs et ses acteurs africains. Paris : Berg.

Es-Sâdi, A. 1965. Tarikh es-Soudan. Paris : Maisonneuve.

Ibn Battuta, 1992. Voyages et périples choisis. Paris : Gallimard.

Kati, M. 1981. Tarick el Fettach. Paris : Maisonneuve.

Levinas, E. 1982. Difficile liberté. Paris : A. Michel.

Lewis, B. 1981. L’Islam, d’hier à aujourd’hui. Paris : Bordas.

Miquel, A. 1982. L’Islam et sa civilisation. Paris : Armand Colin.

Moreau, J. 1993. Le Chacal et l’enfant-génie. Dit et non-dit de la connaissance. Paris : Montorgueil.

Morin, E. 1989. Vidal et les siens. Paris : Seuil.

Morin, E. 2007. Le Monde moderne et la question juive. Paris : Seuil.






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