JERUSALEM CAPITALE INDIVISIBLE D’ISRAËL
Fondée
par le Roi David, la construction du Temple fut réalisée par son fils Salomon,
Jérusalem a fêté ses 3 000 ans il y a quelques années.
Le seul document archéologique dont nous disposons
sur la royauté est la Stèle de Tel Dan, découverte en 1993. Cette stèle n'est pas datée exactement, mais les archéologues lui
attribuent une date aux alentours
de –900. Hazaël,
roi de Damas, a fait graver en Araméen :
« J'ai tué [Jo]ram fils d'[Achab] roi
d'Israël, et [j'ai] tué [Ahas]yahu fils de [Joram] roi de la maison de David.
Et j'ai réduit [leur ville en ruine et changé] leur terre en
[désolation]. »
La signification de l'expression maison de David est tout à fait claire en
archéologie : il s'agit de la dynastie royale dont David a été le premier roi Le
caractère historique de l'inscription est indéniable.
Depuis de nombreuses années, sous l’égide des pays
arabes, dans les Universités , à l’Unesco, à l’ONU des révisionnistes essayent
de nier toute présence juive en Judée.
Pourtant, pendant plus de 500 ans, le Temple
construit par Salomon a dominé par sa splendeur toute la Région. Avec d’un côté
les prêtres : Levy et Cohen et de l’autres les Rois.
Le
Temple a été détruit une première fois par Nabuchodonosor, roi de Mésopotamie,
qui expulse une grande partie des habitants de Jérusalem vers Babylone.
Seule
l’élite du peuple juif en fait, a été exilée en Babylonie par Nabuchodonosor,
après la destruction du Temple de Salomon. La plus grande partie du peuple est
restée sur la Terre de Judée, pleurant et attendant la reconstruction du
Temple. Les autres, les exilés à Babylone, idéalisent leur capitale
perdue. D'une préfecture impériale, ils font une ville sainte et universelle.
perdue. D'une préfecture impériale, ils font une ville sainte et universelle.
Lorsqu'ils
quittent Jérusalem détruite et brulée par Babylone, les déportés juifs
abandonnent un royaume somme toute assez banal pour l'époque (586 av. J.-C.).
Pourquoi
Jérusalem et pas les autres villes conquises par Nabuchodonosor ? A ces
questions, les spécialistes actuels n'apportent qu'une série de demi-réponses
toutes fondées sur une interprétation critique des livres bibliques.
Très peu d'archéologie et beaucoup
d'hypothèses d'où se dégage néanmoins une sorte d'explication minimale. L'exil
à Babylone est très court puisqu'il ne dure que 49 ans (de 587 à 538) .
Comme
n'importe quel empire, Babylone a besoin de ces élites étrangères pour éliminer
toute velléité d'indépendance provinciale et renforcer son appareil d'Etat.
Mais cette situation socialement satisfaisante ne plaît pas à tous les exilés.
« Sur le
bord des fleuves de Babylone Nous nous sommes assis,
Et là nous avons
pleuré, Nous souvenant de Sion.
Aux saules du
rivage Nous avons suspendu nos harpes,
Car ceux qui nous avaient emmenés captifs
Car ceux qui nous avaient emmenés captifs
nous demandaient
des paroles de cantiques,
Et ceux qui nous
faisaient souffrir, Des chants de joie ! Chantez-nous quelque chose Des chants
de Sion !
Comment chanterions-nous les cantiques de l'Éternel Sur une terre étrangère ?
Comment chanterions-nous les cantiques de l'Éternel Sur une terre étrangère ?
Si je t'oublie, ô
Jérusalem, Que ma droite s'oublie !
Que ma langue s'attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi,
Que ma langue s'attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi,
… Si je n'élève
Jérusalem … Au-dessus de toutes mes joies !
Garde, Eternel,
aux fils d'Edom
Le souvenir de la
journée de Jérusalem,
Alors qu'ils
disaient : Démolissez, démolissez, Jusqu'à ses fondements !
Filles de Babylone, la dévastée,
Filles de Babylone, la dévastée,
Heureux qui te
rendra ce que tu nous as fait ;
Heureux qui
saisira tes petits enfants Et les écrasera contre la pierre ! »
Le
processus s'accélère lorsque le roi Cyrus II de Perse s'empare de Babylone en
538 av. l’ère vulgaire. Aux yeux des Juifs, ce souverain est providentiel. Il
est l'instrument de Dieu pour libérer son peuple
L'empire
Perse est un véritable creuset d'idées nouvelles dont bénéficient les penseurs
juifs. Installés dans les grandes villes de l'Empire, comme Suse, au sud de
l'Iran actuel, ces derniers rencontrent les Mages et leur culture s’enrichit au
contact des plus grands savants de l’Empire.
Il
implique une morale religieuse fondée sur la Vérité et la Justice. Quoi qu'il
en soit de ces influences mutuelles, les Juifs obtiennent le droit de retourner
à Jérusalem pour y reconstruire le Temple. . C’est à la demande d’Esdras et
sous la conduite du Roi Zorobabel que le retour et la construction du Temple
vont s’accomplir.
Il
faut toute la persévérance de Néhémie, gouverneur impérial juif originaire de
Suse, d’un homme d’état :
Zerubabel, du scribe Ezra qui met en texte la Torah jusqu’alors orale, au Ve
siècle, pour mener à bien la restauration de Dieu sur son trône. Une hiérarchie
du pur et de l'impur se met en place autour du Temple, du Saint des Saints aux
murs de la ville, ultimes remparts du sacré contre le profane.
Le
sacerdoce devient héréditaire, ce qu'il n'était pas à l'époque royale. Il
échoit aux Lévites sadocites, descendants présumés de Sadoq, grand prêtre de
Salomon.
C’est désormais le seul
sanctuaire habilité à pratiquer l'holocauste, c'est-à-dire le sacrifice par
incinération complète de l'animal. Tous les autres sanctuaires juifs du monde
tombent sous sa juridiction. Leur activité rituelle est limitée à l'abattage
casher.
La diaspora juive, à l'origine constituée d'armées postées
par les Perses aux marches de l'empire Asie Mineure, Babylone, Suse, ou d’autre
juifs partis s’installer en Egypte, à Djerba ou en Espagne, reconnaît
progressivement la primauté du Temple et lui envoie une dîme d'un demi-siècle
d'argent tous les ans.
Les Sadocites concentrent tous les pouvoirs liés à leur
charge : culte, magistrature, banque, assurance sociale. Mais le fisc impérial
perse est confié à l'aristocratie laïque.
Il impose le shabbat à tous les Juifs et transforme la fête
agricole de la Pâque en commémoration de la Sortie d'Egypte.
La logique de " sanctification " d'Israël qui
s'élabore à Jérusalem implique logiquement de décider qui est Juif. Les
théologiens-juristes hésitent entre deux options contradictoires. La première,
plutôt fermée, consiste à privilégier " le droit du sang ". D'où les
nombreuses généalogies bibliques qui permettent d'agréger diverses tribus à
Israël. La seconde accepte la conversion telle que l'illustre le livre de Ruth
la Moabite.
C'est cette attitude qui prédominera lorsque l'Orient tout
entier tombera aux mains d'Alexandre de Macédoine, en - 333, lors de sa
victoire sur Darius. Alexandre reconnaît la sainteté de Jérusalem, et entre non
pas en conquérant dans le Temple mais rempli d’humilité. Les juifs aident
Alexandre à construire et à faire prospérer la ville d’Alexandrie
Dans un premier temps, Jérusalem conserve ses prérogatives
d'Etat-Temple même si les Grands Prêtres sont maintenant nommés par les
souverains grecs. D'abord les Ptolémées, rois d'Egypte, puis les Séleucides,
souverains grecs de Syrie. L'aristocratie juive, une partie du clergé et une
grande majorité de la diaspora adoptent alors la culture grecque.
Dès - 285 , Ptolémée demande au Grand Prêtre de Jérusalem de
lui envoyer 70 scribes agréés pour traduire la bible hébraïque en grec. C'est
la version dite des Septante. Les Grecs peuvent accéder à la religion juive
A Jérusalem, le parti des hellénistes, favorable à
l'assimilation, domine. Et souhaite transformer Jérusalem en cité grecque,
rêvant peut-être d'un judaïsme universel. Le nom même de Jérusalem,
Yéroushalaïm en hébreu, est expliqué par un jeu de mots grec : Hiéroushalaïm ne
contient-il pas hieros, " saint " en grec ?
Toutefois, la situation va se dégrader sous le règne d'Antioche
IV Epiphane de Syrie. Soucieux d'uniformiser son empire et d'en soutirer le
plus d'argent possible, ce roi détourne une partie de la dîme juive et exige
qu'on lui rende un culte divin à Jérusalem.
En réaction, Judas Macchabée, de la famille sacerdotale des
Asmonéens, prend les armes à partir de Modiin et se lance dans une véritable guerre sainte.
Ces derniers conduits par Mattathias et son fils Juda,
battent militairement les grecs de Syrie. En 152 av. l’ère vulgaire.
le Grand Prêtre asmonéen a pratiquement rendu son
indépendance à Jérusalem. Mais de cet épisode, les juifs n’ont gardé que le
côté spirituel, l histoire de la petite
fiole d’huile qui a
miraculeusement duré 8 jours, juste le temps de fabriquer une nouvelle huile
sainte,
Les Asmonéens, conscients de la force du judaïsme dans le
monde d'alors, commencent à se diviser.
Avant la conquête romaine de -63 , plus rien ne distingue ces rois-prêtres des
autres souverains hellénistiques, si ce n'est le monothéisme juif. Les Hassidim
les ont depuis longtemps abandonnés, leur préférant un " désert mystique
", qui fera son
chemin.
Les juifs font appel aux romains pour arbitrer leurs
différents … c’était faire entrer le loup dans la bergerie. Pompée rentre à
Jérusalem en triomphateur, et le pays entre sous protectorat romain.
Mais l'homme qui va conduire Jérusalem à son apogée n'est pas
un mystique.
C'est même un demi-juif haï par bon nombre de ses
coreligionnaires. Intronisé en 37 av l’ère vulgaire. par la " grâce de
Rome ", Hérode le Grand transforme la ville, agrandit et embellit le
Temple. Son sanctuaire est alors le plus vaste du monde romain. Il construit
aussi la forteresse imprenable de Massada, En 64, la fin des grands travaux
provoque une brutale augmentation du chômage en Judée. La fiscalité romaine et
la misère poussent les paysans à rejoindre les zélotes, groupes religieux armés
et indépendantistes.
En 66 commence la Guerre des Juifs et l'un des moments les
plus tragiques de l'histoire d'Israël. Un témoin nous raconte les faits :
Flavius Joseph. Rome est tenue en échec pendant quatre ans. Elle y perd toute
une légion. Moyennant d'importants renforts, Titus, le fils de Vespasien,
parvient néanmoins à assiéger Jérusalem en 70. Les insurgés retranchés dans le
Temple refusent la paix honteuse qui leur est proposée. Les Romains incendient
le sanctuaire et le détruisent pierre après pierre. Malgré ce traumatisme et la
chute définitive du clergé, les Juifs ne renoncent pas à libérer Jérusalem.
Plus de 60 ans après, en 132, Bar Kokhba relève le défi. Il
sera le dernier grand chef résistant à mourir pour Jérusalem avant le XXe
siècle. Cette fois, la majorité des Juifs est expulsée de leur ville sainte.
" La cité est rebaptisée « Colonia Aelia Capitolina ». le pays sera appelé
pour la première fois « Palestine » par Hadrien. du nom de la région côtière
des Philistins.
Jésus n est donc jamais né en Palestine, mais en Judée "
Des Juifs se re-manifestent sur cette terre, d’autres reviendront pourtant, et
très rapidement. La petite communauté de Jérusalem se maintiendra à travers les
siècles… et pour l’éternité.
Napoléon Bonaparte arrivé à Gaza puis à Jaffa demande aux
juifs d’affirmer leur autorité sur cette terre qui leur appartient et il faudra
attendre très exactement 1832 ans pour qu'enfin tous les Juifs du monde
puissent tenir ce pari : L’an prochain à Jérusalem !
En 1860, alors qu’une partie du peuple est toujours restée
sur cette Terre, à Jérusalem, Safed, Tibériade et bien d’autre lieux, d’autres
juifs arrivent chassés de leurs pays par des massacres et des pogroms, le
retour imprévu de ces Juifs fait sortir Jérusalem de ses remparts. La ville
explose avec le siècle et redevient un enjeu national et religieux. Des clés
pour comprendre. Eretz Israël est le lieu où naquit le peuple juif.
Apres l’Affaire Dreyfus qui empoisonnera la France de la fin
du XIXeme siècle, Théodore Herzl crée le Sionisme, symbolisée par le retour à
Sion et par la lutte de libération
nationale
des juifs (acte de foi du
Sionisme) et pour recouvrer l’indépendance d’abord contre les Turcs, elle se
poursuit contre les occupants anglais.
Le Sionisme devient alors
la Guerre de Libération des Juifs pour la libération de leur Terre.
C'est là qu'il acquit une culture à la fois nationale et
universelle. et en fit don à l'humanité En conséquence, nous proclamons la
fondation d'un Etat juif en terre d'Israël. "
Alors que David Ben
Gourion, président de l'Exécutif sioniste en Palestine, termine, le 14 mai
1948, la lecture de la déclaration d'indépendance d'Israël, les violences
redoublent à Jérusalem. La ville est en feu depuis janvier, le Grand Mufti de
Jérusalem, aidé d’anciens nazis promet du sang et du feu aux juifs, demande aux
habitants arabes de quitter leurs maisons, pour y retourner une fois les juifs
liquidés.
Dès le 15 mai, les royaumes arabes coalisés attaquent Israël.
La Transjordanie est de loin le plus fort de tous et s'empare de la vieille
ville de Jérusalem. Le quartier juif et d'autres secteurs sont vidés de leur
population massacrée et livrés au
pillage.
Le mont Scopus, au nord-est de la vieille ville, où se
situent l'université hébraïque de Jérusalem et l'hôpital Hadassa, se retrouve
enclavé en plein territoire arabe. Les défenseurs israéliens de Jérusalem
manquent cruellement d'entraînement - certains sont des réfugiés de la Shoah
fraîchement débarqués en Israël -, mais réussissent néanmoins à tenir l'ouest
de la ville jusqu'à l'armistice de 1949.
Telle Berlin en 1961, la cité est coupée en deux par un no
man's land et un long mur de béton, c'est la " ligne verte ".
Abdallah, souverain hachémite de Transjordanie et descendant du prophète
Mahomet, contrôle le Haram al-Sharif et l'arrière-pays montagneux, la
Cisjordanie.
Israël a survécu à sa première guerre, " mais c'est un
corps sans âme, coupé de l'antique cité, explique Frédéric Encel, de l'Institut
d'études politiques. Jérusalem-Ouest, la capitale du nouvel Etat, n'est pas
Sion. " Le souvenir de ce douloureux statu-quo hante actuellement l'esprit
des négociateurs israéliens.
Abandonné par les pays arabes, mais tenus sous tension par
ces derniers, l’OLP se transforme en organisation terroriste, ayant pour but de
frapper tout civil juif ou israélien dans le monde. On se souvient du Massacre
des Jeux Olympiques de Munich. L'OLP revendique la Jérusalem jordanienne, Al
Qods, vieille ville comprise, pour en faire la capitale du futur Etat
palestinien.
Jamais aucun autre peuple, aucun état autre que celui des
juifs n'a pris Jérusalem pour Capitale…
Les Catholiques ayant choisi la nouvelle Jérusalem, l ont
placé à Rome, la capitale des musulmans est à La Mecque en Arabie.
Jamais dans l’histoire les juifs ont été physiquement ou
virtuellement absents de Jérusalem, et pour ceux qui résident en diaspora, la
prière récitée à Pâque est « Si je t’oublie Ô Jérusalem, que ma droite
m’abandonne que ma langue se colle à mon palais… »
Israël de son côté refuse toute restitution de souveraineté
sur sa " capitale éternelle ", " libérée en 1967 " par le
Général Moche Dayan et annexée en 1981 par la Knesset. Pour tenter d'expliquer
le conflit opposant ces deux nations autour de Jérusalem et la nature de leurs
légitimités respectives,
Près d’un million de juifs résident à Jérusalem, contre deux
cent mille arabes.
Il est indispensable de remonter au début du XIXe siècle. A
l'époque, Jérusalem n'est qu'une petite ville plutôt insalubre de 8000
habitants aux confins de l'empire ottoman, dans la province syrienne du Bilad
Al Sham. " Elle n'est pas un chef-lieu. L'administration du sultan réside
en effet à Ramleh ", précise Frédéric Encel.
Sous la tutelle des Turcs, la ville compte
2000 chrétiens orthodoxes
et arméniens ainsi qu'une communauté juive forte misérable d'environ 4500 âmes.
C'est pourtant cette dernière qui se développe dès 1816. Des
centaines de juifs religieux ashkénazes (d'Europe orientale) fuient les
massacres et les pogroms en Europe de l’est, ils appartiennent au mouvement
hassidique et rejoignent alors leurs coreligionnaires locaux. Malgré une misère
chronique, une promiscuité aggravée par l'interdiction faite aux juifs
d'agrandir les maisons qu'ils louent, la communauté va tellement se développer
que, en 1840, elle devient la première des trois grandes confessions de la
ville.
" Dès les années 1840-1850, écrit Catherine Nicault,
professeur d'histoire contemporaine à l'université de Poitiers, les juifs
forment le groupe relativement le plus nombreux, avant de représenter, autour
de 1870, un nombre sensiblement supérieur à celui des musulmans et des
chrétiens réunis. " Cette arrivée massive ne change pourtant pas
l'équilibre social ou politique de la cité.
Les clefs du pouvoir restent entre les mains du commissaire
impérial, le Pacha, et des effendis, les " féodaux " arabes,
propriétaires fonciers et gardiens du lieu saint musulman. Le conservatisme
ottoman est tel qu'en 1863, alors que l'égalité entre musulmans et
non-musulmans est officialisée, les juifs, pourtant majoritaires, n'obtiennent
aucun siège au Conseil municipal, contrairement aux chrétiens.
Le suffrage censitaire interdit à ces miséreux, endettés,
soumis à diverses vexations dignes du Moyen Age européen et en outre considérés
comme des étrangers, toute forme de représentation officielle. Leur sort émeut
les juifs émancipés d'Occident.
En 1860, le milliardaire britannique Moses Montefiore
parvient à convaincre les dirigeants de la communauté ashkénaze de sortir de la
ville et leur construit un nouveau quartier sur des terres acquises au sultan :
Mishkénot Shaananim (les Demeures sereines). Divers mécènes et institutions
juives lui emboîtent le pas. Toute une cité est bâtie pour accueillir les juifs
nécessiteux au nord-ouest de la vieille ville, à l'aide d'une main-d'uvre arabe
originaire d'Hébron, de Naplouse et même d'Egypte. Celle-ci se construit à son
tour plusieurs quartiers sur les collines environnantes et dans les interstices
des quartiers juifs.
A la veille de la Première Guerre mondiale, Jérusalem s'est
considérablement étendue :
55 000 juifs cohabitent avec 16 000 chrétiens et 11 000
musulmans. Le nombre des chrétiens a dépassé celui des musulmans à partir de
1890 grâce à la venue massive de différentes congrégations millénaristes,
allemandes et américaines.
Leur présence permet aux Occidentaux de s'ingérer plus avant
dans les affaires de Jérusalem avant d'y entrer de plain-pied le 11 décembre
1917, lorsque le général britannique Allenby reçoit la reddition des Turcs.
Avec la domination anglaise commence une période charnière
dans l'histoire de la région. Le destin de Jérusalem s'en trouve bouleversé.
Les Anglais en font la capitale de la Palestine mandataire (des deux côtés du
Jourdain) et se présentent comme les garants d'un futur foyer national juif
(déclaration Balfour) et d'une grande nation arabe. Le sionisme profite de
cette mansuétude transitoire des Britanniques pour s'implanter durablement à
Jérusalem, seule grande enclave juive au Proche-Orient.
Indifférents ou hostiles à
la cause sioniste, les juifs religieux sont rapidement supplantés en nombre par
ceux du Yishouv, c'est-à-dire les juifs laïques et sionistes de Palestine. Mais
ces" nouveaux Yahoudin ", si différents des anciens, inquiètent les
effendis qui craignent que Jérusalem ne se " judaïse ".
" Comme à l'époque de
Saladin, Jérusalem est instrumentalisée par les Arabes qui ne tolèrent pas
qu'Al-Qods soit revendiquée par des infidèles ", explique Frédéric Encel.
Dès 1918, une série d'incidents anti-juifs émaillent la fête musulmane de Nabi
Mousa.
Sur le modèle du sionisme
politique, mais sans sa dimension démocratique, les Arabes créent un conseil
exécutif islamo-chrétien qui se réunit pour la première fois cette année-là.
" Puis de nouveau en 1919 à Damas, explique Frédéric Encel.
Les grandes
familles de Jérusalem, les Hachémites du Hedjaz, les chrétiens du Liban, bref
toute l'élite intellectuelle du monde arabe, évoquent alors pour la première
fois Jérusalem. En cas d'indépendance, la grande majorité des participants
n'envisage toutefois pas d'en faire la capitale d'un Etat arabe
Elle préfère son rattachement à une grande Syrie. La
dimension purement palestinienne de la lutte anti-sioniste n'est pas encore à
l'ordre du jour. Et les nationalistes arabes, largement désunis, assistent
impuissants au regroupement de toutes les institutions sionistes à Jérusalem ;
à l'ébauche du futur Etat juif.
En 1920, l'inauguration sur le mont Scopus de l'Université
hébraïque, la première université de la région, ennoblit en quelque sorte le
projet sioniste à Jérusalem. Elle le concrétise et participe à l'essor d'une
ville qui se modernise rapidement. A force de ménager la chèvre et le chou, les
Britanniques s'empêtrent dans une politique de plus en plus mal vécue aussi
bien par les Juifs que par les Arabes.
La frustration de ces derniers les conduit, en 1929, à
perpétrer un terrible pogrome contre les antiques communautés de Safed et
d'Hébron. Les sionistes y perdent leurs dernières illusions. Au rêve de
convaincre les Arabes de l'avantage économique du sionisme succède un
pragmatisme défensif.
Le Conseil exécutif sioniste adopte alors la ligne politique
des " durs ", des héritiers de Zeev Jabotinski. Les deux principales
milices juives, la Haganah et l'Irgoun, unissent leurs forces lors de la grande
révolte arabe de 1936. Après trois ans de guérilla, les Anglais durcissent le
ton contre le Yishouv et prennent une décision lourde de conséquences.
Pour éviter que les nationalistes arabes ne s'allient aux
nazis, presque en vain, et à leur demande, ils éditent un " livre blanc
" interdisant presque toute immigration juive en Palestine. Pour les
juifs, c'est la pire des injustices : la Shoah s'annonce déjà mais la route de
Sion, seul refuge susceptible de les accueillir en nombre, leur est dorénavant
fermée... A la fin du conflit mondial, le Yishouv fera durement payer cette
politique aux Anglais.
La guerre d'indépendance d'Israël va hypothéquer l'avenir du
mandat et tous les plans diplomatiques faisant de Jérusalem un corpus separatum
sous administration étrangère.
Le plan de partage voté par l'Onu le 29 novembre 1947
l'envisageait aussi. Les sionistes l'acceptent du bout des lèvres. Les Arabes
le rejettent fermement. Il restera lettre morte.
Lorsque, en juin 1967, Israël déclenche la guerre des
Six-Jours et conquiert Jérusalem-Est, c'est une ville figée et appauvrie qu'il
découvre de l'autre côté de la ligne verte. La Jordanie n'avait fait
qu'entretenir les lieux saints musulmans, privilégiant en fait Amman, sa
capitale. Un véritable élan s'empare alors d'Israël, toutes tendances
politiques confondues, remarque Frédéric Encel.
Un élan qui n'est pas
encore passé puisque même Shimon Peres, la colombe travailliste et prix Nobel
de la paix, a dit au moment des accords d'Oslo : "Jérusalem est négociable
religieusement, pas politiquement". " La toute nouvelle domination
juive permet également aux Arabes de recentrer leur lutte. " La première
charte nationale dite palestinienne de 1964 ne revendique pas Jérusalem comme
capitale de la Palestine. La ville est alors sous souveraineté musulmane
En 1968, date de la révision de la charte palestinienne, tel
n'est plus le cas : Jérusalem redevient une revendication ", précise-t-il.
Puis ce fut la Guerre de Kippour en 1973 et la victoire de
Tsahal, sur tous les fronts,
Le nationalisme palestinien, inéxistant jusqu’à cette date et
instrumentalisé par les pays arabes jusqu'à la fin des années 70, obtient ses
lettres de noblesse durant l'Intifada en 1988.
Il transforme l’Esplanade du Temple en Dôme du Rocher, et en
esplanade des Mosquées, devenu l'icône des chébabs et d'une nation qui se
reconnaît désormais comme telle. Mais sur le terrain, Jérusalem s'éloigne
inexorablement de ce symbole doré.
Dès 1967, la politique israélienne vise à cheviller la ville
au reste du pays en agrandissant notamment l'étroit corridor qui y menait avant
les Six-Jours.
Les Arabes qui refusent la nationalité israélienne gardent
jusqu'en 1980 leur passeport jordanien. Une fois la ville annexée, déclarée
" Capitale une et indivisible " d'Israël, ils obtiennent un statut de
résident plus avantageux que celui des territoires occupés.
Ce qui explique en
partie pourquoi la ville sera peu touchée par l'Intifada. La reconstruction de
quartiers juifs à l'est et au sud transforme une nouvelle fois sa physionomie.
La ligne verte qui balafrait Jérusalem est progressivement effacée. Une
nouvelle ville submerge totalement l'ancienne. Une ville très moderne de près
d’un million habitants, dont 85 % de juifs, qui rend illusoire tout retour aux
anciens tracés.
En 2000, abandonnant le processus de paix, sur les conseils «
avertis » de M. Chirac Président de la France, Arafat revient sur sa promesse
d’abandonner le terrorisme et déclare la guerre à Israël, c’est la seconde
intifada, une guerre jusque là inédite, puisque le but est de détruire
définitivement les fondations même de l’Etat d’Israël en promouvant des
centaines d’attentats suicides, contre des civils, femmes et enfants.
Arafat crée ou aide des dizaines de milices laïques ou
religieuses, comme le Hamas, mais c’est un revers, et la première victime est
le « peuple palestinien », qui se voit privé de liberté, et dont l’économie est
exsangue, complètement détruite. Corruption, enseignement de la Haine, c’est
l’héritage que laisse Arafat.
En 2003, les troupes américaines envahissent l’Irak du
dictateur Saddam Hussein, principal bailleur de fonds de ce que l on appelle «
l’Intifada II ». Le premier ministre d’Israël, Ariel Sharon construit un mur de
sécurité pour protéger les civils israéliens des attaques suicides des
islamikazes. Jérusalem est protégée, les tirs sauvages n’atteindront plus le
quartier de Guilo. Les américains décident de mettre de côté Arafat et
demandent aux palestiniens de se choisir un premier ministre… C’est Abbou Mazen
qui est choisi, Arafat le limoge.
Arafat meurt le 11 Novembre 2004 à Clamart d’une étrange
maladie du sang (on parle officieusement de SIDA-AIDS), son ami Jacques Chirac
organise une cérémonie à l’aéroport de Villacoublay
Les funérailles
officielles auront lieu au Caire et l’enterrement à Ramallah, des élections
présidentielles surveillées ont lieu 30 jours plus tard et c’est Abbou Mazen
qui est élu, des espoirs de calme et de paix comment à se dessiner.
Israël compte 8,5 millions d’habitants dont près de 2 millions
d’arabes, tous citoyens israéliens.
Jérusalem, sa Capitale compte 850 000 habitants dont 670 000
juifs.
Le Tramway de Jérusalem réunit toutes les parties de la
ville ; il pose des problèmes géopolitiques aux palestiniens et leurs cris
sont relayés en occident par les media.
Une société française sous la pression du BDF vient de
renoncer à la construction d un super-téléphérique qui survolerait la Ville.
En 2015, sous la poussée de l’état islamique (Daech) une
rebellion d’origine religieuse dite guerre des couteaux se déclenche, alimentée
par des propos mensongers au sujet de prières juives sur le Mont du Temple de
la part d’Abiu Mazen et de l’autorité palestinienne; des mini barrages sont
placés entre quartiers arabes et juifs.
Pour Israël, il n est plus question de négocier l’avenir de
sa Capitale … alors que l opinion internationale voudrait qu’on retourne à une
internationalisation (jusque là fictive)
ou qu’on remette une partie de la ville aux arabes de Palestine pour en faire
la capitale d’un futur état palestinien….
Notes supplémentaires …
Après la répression de la seconde
Révolte juive contre Rome en 135, il fut interdit aux juifs de résider à
Jérusalem qui fut reconstruite par l’empereur Hadrien et rebaptisée Aelia
Capitolina. Cependant, le Talmud et d'autres écrits apportent la preuve que les
pèlerinages juifs se poursuivirent, ne serait-ce que pour pleurer le Temple
détruit.
L’empereur
Constantin et ses successeurs chrétiens perpétuèrent le décret d’Hadrien
interdisant aux Juifs d’habiter dans la ville. Ils les autorisaient néanmoins à
gravir, chaque année, le mont du Temple, pour pleurer sur ses ruines (que les
Byzantins laissèrent
intentionnellement
à l’abandon). C'est ce que mentionne, en 333, un visiteur chrétien, le Pèlerin
de Bordeaux.
Les écrits
rabbiniques de l’époque indiquent que les juifs priaient aussi devant l’actuel
Mur occidental (Hakotel Hamaaravi), un vestige du mur de soutènement hérodien
de l’esplanade du mont du Temple.
Cette coutume
se poursuivit après la conquête musulmane, en 640, date à laquelle les Juifs
furent à nouveau autorisés à résider dans la ville, tout en étant exclus du
mont du
Temple,
transformé en enceinte musulmane (le Haram esh-Sharif).
La présence
juive à Jérusalem fut, une fois de plus, interrompue en 1099, lors de la
conquête de la ville par les croisés qui perpétrèrent le massacre des
communautés juive et musulmane. Ce ne fut qu’à la fin de la domination des
croisés que les juifs purent de nouveau s’installer à Jérusalem.
D’après le
voyageur juif Benjamin de Tulède qui visita le pays en 1163, quelque milliers
de juifs vivaient dans la ville dont 200
habitaient à proximité de la Tour de David, exerçant le métier de
tanneurs, moyennant le paiement d'une redevance (statut de dhimmi) au roi. Il
mentionne également que devant le Templo Domino, on pouvait voir le mur
occidental... et tous les Juifs s’y rendaient pour dire leurs prières près du
mur de la cour.
Depuis le 12ème
siècle, à l’exception d’une période de 19 ans, de 1948 à 1967 (où la Vieille
Ville se trouvait sous domination jordanienne, qui ont expulsé les juifs de la
vieille ville pour les remplacer par des arabes de Palestine), le Mur
occidental est resté le lieu privilégié de la prière juive.
A la fin de la
guerre des Six Jours, Jérusalem, fut réunifiée. La Radio d'Israël annonça : Har
Habayit beYadénou (le mont du Temple est entre nos mains) et, dans le monde
entier, ce fut pour les Juifs une grande réjouissance. A l’instar du Temple
dans l’antiquité, le Mur occidental est, lui aussi, un lieu de pèlerinage à
l’occasion des trois grandes fêtes de l’année juive : Pessah (Pâque), Chavouot
(Pentecôte, la fête des Semaines) et Souccot (Tabernacles).
Quant au Mont
du Temple, Le Général Dayan décida d’en remettre les clés au WAQF musulman pour
la gestion des deux mosquées, sous l’égide du Roi de Jordanie, afin d’aplanir le
ressentiment d’humiliation qu’ils avaient eu après la Guerre des 6 jours. Cet
état de fait est confirmé par le Premier Ministre Israélien en Ecrit en 2005, Octobre
2015.
Bibliographie :
Le Pentateuque ou la Tora (Houmash)
Claude Aziza (et al.), Jérusalem : Le rêve à l'ombre du Temple,
Presses de la Cité, 1994
Frédéric Encel, Géopolitique de Jérusalem,
Flammarion, 1998
Marcus, traduit par Nessim Ouahba et Eyal
Méron, Jérusalem : 36 promenades à
travers
l’Histoire, Editions Marcus, 201
Traité de paix entre l'État d'Israël et le Royaume Hachémite
de Jordanie », sur untreaty.un.org, United Nations
Treaty Collection, 26 octobre 1994
André Chouraqui Jérusalem revisitée (DDB)
Le Guide du Routard Jérusalem
Simon Sebag Montefiore Jérusalem 2013
Pierre Loti Jérusalem
Faulkner,William et Pitavy,François
Si Je t’oublie Ô Jérusalem …
Chateaubriand Itinéraire Paris Jérusalem
Mireille Hadas-Lebel Jérusalem contre Rome
Flavius Joseph La Guerre des Juifs contre Rome
Jacqueline
Genot-Bismuth Jérusalem ressuscitée
Catherine Nicault La France et le sionisme 1897-1948.


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