Regarde me dit mon fils à Los Angeles, regarde papa, c’est une boucherie casher ! …
Impossible la devanture était en écriture arabe … alors Igal m’explique que les juifs d’origine perse sont très nombreux à LA et que ce que lis, c'est du farsi …
قصابی کوشر
Alors que la guerre s’intensifie au Moyen-Orient, les Juifs iraniens installés aux Los Angeles vivent une période de bouleversement émotionnel, mêlant espoir, inquiétude, fierté et peur. Dans cette ville, qui abrite l’une des plus importantes communautés iraniennes hors d’Iran, le conflit ravive une mémoire collective marquée par l’exil et la rupture.
Au sein de l’Eretz Cultural Center, principal centre communautaire juif perse de Californie, les fidèles expriment une large palette de sentiments. Sa directrice, Rebecca Aghalarpour, évoque des inquiétudes profondes, une foi persistante et une forte résilience collective. Beaucoup portent encore le souvenir transmis de la révolution islamique de 1979, qui avait contraint des milliers de familles juives à fuir leur pays.
Aujourd’hui, trois demandes reviennent souvent : davantage de prières, un renforcement de la sécurité et l’espoir d’un changement politique. Les rassemblements communautaires se multiplient, tandis que les dispositifs de protection sont renforcés en coordination avec les autorités. Mais derrière la crainte, subsiste aussi une aspiration : celle d’un avenir plus libre pour l’Iran et d’une paix durable, notamment avec Israël.
L'heure est davantage à l’enthousiasme.On assiste à des rassemblements marqués par la présence simultanée de drapeaux iraniens et israéliens, symbole d’une convergence inédite.
Toutefois, l’inquiétude demeure quant à l’avenir, notamment pour la petite communauté juive restée en Iran et face à un éventuel vide politique. Très nombreux sont ceux qui soutiennent une transition menée par Reza Pahlavi.
Dans cette période tendue, les membres de la communauté restent rivés à leurs téléphones, alternant entre médias américains, israéliens et persanophones. Beaucoup ont suivi les premiers jours du conflit lors de la conférence annuelle de J Street, où les débats étaient sans cesse interrompus par les alertes d’actualité.
Le contexte religieux renforce encore l’intensité émotionnelle. La fête de Pourim, qui rappelle l’histoire d’Esther en Perse antique, précède de peu Nowrouz, le Nouvel An iranien. Cette juxtaposition entre mémoire juive et tradition perse, sur fond de guerre contemporaine, nourrit un sentiment de destinée partagée.
Malgré les divergences politiques, et il y en a, un fort sentiment d’unité traverse la communauté. Les fidèles recherchent des informations fiables, une parole apaisante et un leadership fondé sur la paix et la dignité.
Pour beaucoup, l’attachement à l’Iran reste intact, même chez ceux qui n’y ont jamais mis les pieds.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire