Après la Première Guerre mondiale, le démembrement de l’Empire ottoman a plongé le Proche-Orient dans une période de recomposition politique complexe.
Les Alliés ont organisé la Conférence de San Remo en avril 1920 pour attribuer officiellement les mandats sur les anciens territoires ottomans.
La France reçut le mandat sur la Syrie et le Liban, tandis que le Royaume-Uni obtint la Palestine destinée aux juifs, sous l’égide de la Société des Nations qui devait superviser ces mandats conformément aux principes de la SDN. À cette étape, le mandat britannique incluait l’ensemble de la Palestine, de la Méditerranée jusqu’au Jourdain, sans distinction territoriale interne.
En mars 1921, une drole de réunion organisée exclusivement par les Britanniques à Londres changea radicalement la donne, une soi-disante Conférence de Londres, qui n’avait aucun mandat légal de la SDN, prit des décisions majeures sur le destin des populations locales, sans leur consultation et sans aucune légitimité internationale.
Les Britanniques décidèrent seuls de confier le territoire à l’est du Jourdain à Abdallah Ibn Hussein ils du chérif de La Mecque, afin de créer un État semi-autonome sous leur contrôle. Ce geste, présenté comme un compromis politique, était en réalité une manœuvre stratégique :
Cette décision montra la perfidie des Britanniques : au nom de la « stabilité », ils remodelèrent la carte politique sans respecter les aspirations locales ni le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le territoire à l’est du Jourdain n’avait aucun nom officiel à l’époque, et ce n’est qu’en 1922 que le mandat britannique fut formellement reconnu par la SDN, avec l’introduction officielle du nom Transjordanie.
Le résultat fut un compromis artificiel qui perdure aujourd’hui : la Jordanie moderne trouve ses racines dans ces décisions prises sans légitimité populaire, et la division de la Palestine historique a créé des tensions durables entre populations et puissances mandatées. La Conférence de Londres illustre ainsi comment les Britanniques ont utilisé la diplomatie et la force pour imposer un ordre favorable à leurs intérêts impérialistes, au détriment des droits et de la souveraineté des peuples arabes et palestiniens.
Avec une Grande Bretagne parjure, la période 1920‑1922 révèle un double visage : celui d’une SDN qui encadre légalement les mandats, et celui d’une puissance coloniale britannique qui agit en coulisses pour remodeler le Proche-Orient selon ses propres objectifs, laissant derrière elle des territoires découpés et des populations marginalisées.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire