Saint Pancrace
BCH
Mon premier vrai Job
Saint
Pancrace 1970
Le métier de papa était celui de Rédacteur en Chef technique au sein de l’équipe dirigeante du journal France-Soir. Mais il avait deux autres activités, celui de donner des nouvelles brèves pour les informations diffusées sur tous les journaux lumineux de la Côte d’Azur, et celui de mettre en route avec radio Luxembourg l’émission d’actualité … Dix millions d’auditeurs qui était diffusée à 19 heures. L’équipe de France Soir était composée de Jean Pierre Hutin et de papa, l’équipe de Radio Luxembourg, de Jacques Ferrand et de Michel Ferry accompagnés par les commentaires savoureux de Me Geneviève Taboui.
La radio, papa connaissait déjà puisqu’il envoyait ses articles de Tunis vers Radio Luxembourg et radio Monte Carlo, radios qui avaient pris un essor important avec l’arrivée du transistor qui a permis jusqu’à Tunis de recevoir des émissions en Grandes Ondes.
La Presse écrite il y était rentré, bac en poche à Tunis au Journal La Presse, en tant que coursier puis il a monté toutes les marches d’un petit journal. Il a ajouté les cartes d’envoyé spécial de la plus grande Agence de Presse Britannique : l’Agence Reuter, et recevait de nombreux collègue prononçant un anglais parfait, celui de Cambridge ou d’Oxford, ce qui ravissait maman. Celui dont je me souviens était Monsieur Bush, grand, blond, il avait essayé de séduire ma tante paulette, et venait très souvent pour goûter le fameux couscous tunisien et il en a fait la réputation dans toutes ses pérégrinations à travers le monde.
Le métier de papa était celui de Rédacteur en Chef technique au sein de l’équipe dirigeante du journal France-Soir. Mais il avait deux autres activités, celui de donner des nouvelles brèves pour les informations diffusées sur tous les journaux lumineux de la Côte d’Azur, et celui de mettre en route avec radio Luxembourg l’émission d’actualité … Dix millions d’auditeurs qui était diffusée à 19 heures. L’équipe de France Soir était composée de Jean Pierre Hutin et de papa, l’équipe de Radio Luxembourg, de Jacques Ferrand et de Michel Ferry accompagnés par les commentaires savoureux de Me Geneviève Taboui.
La radio, papa connaissait déjà puisqu’il envoyait ses articles de Tunis vers Radio Luxembourg et radio Monte Carlo, radios qui avaient pris un essor important avec l’arrivée du transistor qui a permis jusqu’à Tunis de recevoir des émissions en Grandes Ondes.
La Presse écrite il y était rentré, bac en poche à Tunis au Journal La Presse, en tant que coursier puis il a monté toutes les marches d’un petit journal. Il a ajouté les cartes d’envoyé spécial de la plus grande Agence de Presse Britannique : l’Agence Reuter, et recevait de nombreux collègue prononçant un anglais parfait, celui de Cambridge ou d’Oxford, ce qui ravissait maman. Celui dont je me souviens était Monsieur Bush, grand, blond, il avait essayé de séduire ma tante paulette, et venait très souvent pour goûter le fameux couscous tunisien et il en a fait la réputation dans toutes ses pérégrinations à travers le monde.
Les journaux lumineux, c’était un plus, pour arrondir les fins de mois, il fallait trouver les dix plus importantes informations de la journée et les envoyer par téléphone à la société que dirigeait Monsieur Claude Gard, le directeur général.
Diplôme de l’EDC en poche, j’avais besoin de mieux connaître le monde du travail, je n’avais que de petites expériences, chez Hispano-Suiza, pour faire des devis pour la réparation de sièges éjectables de mirages vendus à l’Afrique du Sud. Des études pour la fiabilité des trains d’atterrissage du Concorde, puis mon stage de seconde année chez Rank Xerox, à Aulnay Sous Bois, dans la gestion des livraisons de photocopieurs, et enfin dans la compagnie pétrolière Shell, dans laquelle je me familiarisais à l utilisation des fameux ordinateurs General Electric Honeywell Bull, premiers ordinateurs à cartes perforées, et je m’initiais aux nouveaux langages comme le PL1, le Fortran, le Cobol.
Claude Gard avait besoin d’un commercial pour développer son affaire car les informations envoyées par papa étaient coupées d’une publicité.
Etant libre Papa m’envoie à Nice pour travailler chez Gard, une mission temporaire qui m’aurait permis d’être au soleil dans le sud, de partager le plaisir des plages et des jouissances nautiques et aussi de travailler.
A l’époque, je roulais en Fiat 500, fiat que je partageais avec Michel qui venait d’avoir son permis.
Pour l’occasion nous avons acheté une Ford Taunus bleue, chez Georges Zaitoun, une perle rare d’après ses dires, une exception à un prix dérisoire,… nous allons donc chercher Michel et moi rue Nollet dans le 17éme le fameux objet rare, et décidons de faire un tour dans Paris, tout fiers car par rapport à la fiat 500 c’était effectivement un monstre.
Porte de Clichy, Périphérique et sortie par les quais rive droite …. Et tout d’un coup, devant la maison de la radio voilà que le manche du changement de vitesse resta dans ma main, la voiture ne pouvait plus avancer, nous en avions pris livraison il y a 20 minutes.
C’est avec cette voiture que je quittais le domicile familial, premier long départ, laissant la Fiat 500 à Michel.
D’une traite, je traversais la France et arrivait à Nice où m’attendait Claude Gard, un homme grand, 1,90 m, beau blond, la bonne quarantaine qui était accompagné d’une toute petite femme qui devait à peine dépasser 1,55 m. c’était en fait sa petite amie, qui lui servait aussi de secrétaire et d’agent de communication efficace, car les journaux lumineux n’étaient pas la seule activité de notre ami.
Il possédait une agence de location de scooters, agence à prix discount, qui était référencée dans tous les guides touristiques américains.
Et pour vendre plus, dès qu’il apprenait qu’un croiseur ou un porte avion américain mouillait au large de Monaco, accompagné de son amie, en petite tenue , sexy, si efficace pour convaincre, il distribuait sur le quai des bons de réduction aux marins qui avaient une permission et le soir même, son garage était vide, il avait tout loué.
Il me déposa dans l’hôtel petit prix qu’il avait réservé pour moi. Mais c’était un hôtel de passe et je passais la pire nuit de ma vie, portes qui claquent, robinets qui coulent, cris perçus au travers des parois fines comme du papier à cigarette.
Avec des yeux d’un jeune homme qui n’avait pas dormi, je me mis à la recherche d’une chambre, au coin de la rue, il y avait un bar, j’y étais à 7 heures, au petit matin, et en prenant mon café, je parcouru les annonces de Nice Matin, rubrique Immobilier Location. Je trouvais une chambre dans une villa avec une entrée indépendante, pour le tarif que je m’étais fixé, je téléphone et je prends rendez-vous dans la matinée avec Monsieur et Madame Nuza, Chemin des crêtes de Féric à Saint Pancrace.
Pour y aller, je traversais tout Nice de bas en haut, de ma mer à la Montagne, puis il y avait une route en lacets qui montait , une dizaine de lacets escarpés, après une bonne demi heure à partir de la Croisette des Anglais, je ne m’attendais pas à ce que ce soit si loin… on arrivait sur un petit plateau parcouru par de petits vallons , des restaurants de prestige avec vue imprenable d’un côté sur la ville et la mer, et de l autre la montagne du Mercantour, cette commune ralliée depuis à Nice était habitée par une population aisée et âgée.
Monsieur Nuza, gentleman m’ouvrit la porte et nous avons signé. La chambre faisait 15 M2, avait un petit lit, une cuisine et une douche, le tout était indépendant, on y accédait par un petit escalier extérieur qui donnait sur une sorte de cour où je pouvais garer la Ford.
La fenêtre m’offrait un spectacle unique, je pouvais voir la mer, les avions atterrir, au loin et les premières constructions avec ses grandes grues de la construction de l’ensemble immobilier Marina la Baie des Anges.
Me voilà au travail, faisant le porte à porte, magasin par magasin pour vendre les espaces publicitaires des journaux.
Les journaux étaient très bien placés aux centres névralgiques des villes, la technologie était ancienne car l’électronique n’en était qu’à ses début, il s’agissait de taper des lettres en forme de petits tous pour le texte un trou par ampoule, et de passer la bande en carton dans un bain de mercure … Je ne l’ai fait que rarement, seulement la nuit pour annoncer les résultats des matches de foot surtout de Monaco, de l’Olympique de Marseille et de l’OGC Nice.
Ce travail au porte à porte m’a permis la persévérance, l’obstination, et la réalisation d’une vente , la première était pour des promotions dans un magasin de lingerie féminine … Quel plaisir de remettre le chèque à Claude Gard, et dès la première vente, le travail semble plus facile, on prend du poids, j ai fait aussi le tour de toutes les boîtes de nuit, avec un certain succès, et des casinos …Le Club de Valbonne, la Siesta, et bien d’autres avaient mordu à l’hameçon. Ma technique de vente se raffinait avec des outils marketing que j’avais entièrement inventé, parts de marché, fréquence de passage, nombre de spectateurs, bien sûr, tous ces chiffres que j’avais transformé en graphiques, étaient bidon mais efficaces.
Mes plus beaux contrats ont été ceux des 3 Jours J des Galeries Lafayette de Nice, et celui signé par Monsieur Pellerin (j’appris qu’il s’appelait en fait Hagège) pour la promotion de Marina la Baie des Anges.
A midi, les magasins fermaient tous à cette époque, les commerçants rentraient chez eux pour déjeuner et faire la sieste, ou allaient à la plage, c’est ce que je fis entre 12 heures et 16 heures, j ai pu visiter et fréquenter toutes les plages de Menton à Toulon.
Je passais du temps aussi pour contempler à partir de Cap 300 l’atterrissage toujours impeccable des avions sur la piste de l’aéroport de Nice, piste construite sur la mer. Souvent je retournais le soir à la plage, où je rencontrai les Granara, qui venaient de perdre leur père, d’origine maltaise et sicilienne, devenus français en Tunisie, et qui étaient accompagnés de Pépin de Bulle, leur oncle douanier, célibataire et au comportement nonchalant. Il était paresseux. C’est le prototype du douanier, fonctionnaire français.
En rentrant un soir à Saint Pancrace, je vois une trentaine de limousines noires garées dans les petites rues en pente du village, il y avait de nombreux chauffeurs en costumes noirs. La villa était éclairés mais le silence régnait … Monsieur Nuza rassemblait ses amis,
J’appris plus tard que M Nuza, ce Monsieur si posé, si calme au charma indéfini, il était le parrain de la région, il était à la retraite, mais régnait en maître absolu sur la pègre de la région, et tranchait les litiges, tel un juge, mais un juge du mal. Quant à Madame Nuza, si prude, si sévère, qui me faisait si souvent la morale sur mes fréquentations , j appris que c’était une ancienne dame maquerelle, qui tenait une maison close à Nice, et qui elle aussi recevait, mais dans l’après midi.
Mes parents sont venus me rendre visite, Papa trouvant mon studio très sale se mit à faire le ménage, un ménage de pessah, c’est peu dire. Ils ont habité une semaine chez moi, et m’ont gâté. Je retrouvais ma liberté avec leur départ
Visite en Fiat 500 de Michel qui avait fait la route d’une traite, que rejoignait Jacques Barkatz venu en train battant son record de resquilleur amateur.
Ils restèrent quelques jours, puis décidèrent de se rendre en Yougoslavie, à Split plus précisément. Ils négocièrent l’échange des véhicules me laissant la Fiat et prenant la Ford … Je ne devais plus jamais revoir ma Ford, pardon si seule sur un wagon, quelques mois plus tard, Mondial assistance avait payé le rapatriement, je la retrouvais seule, sur un wagon plateau, ma voiture sans roue, sans accessoires, sans porte, bref une épave. Je téléphonais à Georges Zaitoun qui la vendit à la casse. Michel et Jacques avaient garé la voiture imprudemment à Split pour voir un match de foot, mais à cette époque cette partie de la Yougoslavie devenue Croatie n’était pas sure voire même occupé par des bandes en quête de rapines. Le manque de pièces détachées pour les automobiles avaient créé un marché noir, parallèle, et les deux lascars victimes, étaient rentrés en train, directement à Paris, m annonçant la mauvaise nouvelle, Michel critiquant Jacques pour son alimentation, Jacques ne mangeait à l’époque de la nourriture cacher.
Claude Gard ne m’avait pas payé mes commissions, je me trouvais fauché et au bout de quelques mois, et je du rentrer à Paris.
Un an après je reçu un chèque de 20 000 francs anciens , de sa part, juste récompense d’un séjour inoubliable à saint Pancrace. J’étais riche.






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