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vendredi 6 octobre 2017

Israël Chine ... retrouvailles et résultats



Deux peuples qui existent depuis 5000 ans de retrouvent

Les percées diplomatiques d'Israël en Chine
S.Mregen / BCH

Depuis quelques années et plus précisément depuis l'avènement du troisième gouvernement Nethanyahou en 2015 la diplomatie israélienne connaît une certaine embellie. Ce processus a pris de l'élan avec l'entrée de Donald Trump à la Maison blanche et la nomination de la nouvelle ambassadrice américaine aux Nations unies,Nikki Haley.

Celle ci est bien déterminée à changer l'attitude résolument négative de l'Organisation vis à vis d'Israël, une tâche rendue particulièrement difficile, par la majorité anti israélienne automatique( composée des deux blocs des pays non alignés et islamo-arabe).

Cependant, c'est parmi les états émergents d'Asie et d'Afrique qu'Israël a fait ces derniéres années ses percées diplomatiques les plus significatives. Cet article portera sur le cas de la Chine.

Cette année Israël et la Chine ont célébré en grande pompe les 25 ans de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux états.L'histoire des relations entre les deux peuples, juif et chinois est bien plus ancienne et elle remonte au 10ème siècle lorsque des commercants juifs sont arrivés en Chine par la fameuse Route de la soie et ont même établi une communauté juive dans l'ancienne capitale impériale Kaifeng.

Bien plus tard, à la fin du 19ème siècle et le début du 20ème, des milliers de juifs fuyant les pogroms en Russie sont venus s'installer dans la ville de Harbin à l'extrême nord-est de la Chine et ont créé une communauté prospère qui a grandement contribué au développement de cette ville.

On ne peut clore ce bref rappel historique, sans mentioner les dixaines de milliers de juifs auquels la ville de Shangai a donné asile pendant la seconde guerre mondiale,et dont plusieurs milliers sont parvenus à sortir de l'enfer nazi grâce au Consul de Chine à Vienne, He Feng-Shan, nommé Juste parmi les nations par Yad Vashem.

Israël et le peuple juif n'oublieront jamais la décision des autorités de Shangai d'ouvrir leurs portes aus refugiés juifs et l'hospitalité dont ont fait preuve les habitants de la ville à leur égard dans leurs heures les plus sombres.

Plus de 70 années plus tard, les liens entre la Chine moderne et l'État d'Israël sont plus forts que jamais.

Depuis l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1992, tous les premiers ministres successifs d'Israël, à commencer par Rabin, ont effectué une ou plusieurs visites officielles en Chine. Mais c'est sous Binyamin Nethanyahou que les relations entre les deux pays ont connu leur plus grand essor.

Sous l'égide de ce dernier, tous les ministres du gouvernement israélien accordent à la coopération avec la Chine la plus grande priorité, absolument confiants que cette coopération sera bénéfique aux deux pays sur tous les plans.

Israël est trés attentif à la volonté des dirigeants chinois et aux besoins de ce pays en matiére d'innovation. L'économie chinoise, classée deuxième dans le monde, est basée et continuera de l'être dans les années à venir, sur l'innovation. Israël, avec ses capacités technologiques, est perçu comme un partenaire naturel.

C'est pour cette raison que le Président chinois et le PM Nethanyahou ont annoncé lors de la visite de ce dernier à Pekin au mois de mars de cette année, un surclassement (upgrading) des relations Chine-Israël au statut de Partenariat Innovateur Global(Comprehensive Innovative Partnership).

L'exode rural massif vers les nouvelles mégapoles créées de toutes pièces depuis le début de la libéralisation de l'économie chinoise dans les années 80 et la modernisation accélérée de son industrie, posent des défis énormes à l'agriculture chinoise. Le secteur agro-industriel israélien, connu pour son très haut niveau, profite de cette nouvelle donne pour exporter en Chine son savoir faire et ses technologies- comme celles de l'irrigation du goutte à goutte et d'élevage moderne de vaches laitières- secteur tout à fait nouveau dans les campagnes chinoises- les chinois n'ayant jamais été de grands consommateurs de lait et de ses dérivés.

Mais l'agriculture n'est qu'un des domaines de la coopération économique israélo-chinoise. Les dirigeants des deux gouvernements ont decidé de la création de deux mécanismes de consultation G2G( gouvernement à gouvernement)- le premier étant la Commission conjointe de l'innovation Israël-Chine et le deuxième, la Task Force économique spéciale Israel-Chine.

Comme mentionné plus haut, en mars dernier le PM Nethanyahou a visité Pékin, accompagné de quatre de ses ministres. Visite festive, pour marquer les 25 ans de relations diplomatiques. Et à cette occasion, il a presidé la troisième session de la Commission de l'innovation Israël-Chine.

Et il y a quelques mois, un plan d'action triennial a été signé entre les deux pays dans le cadre du deuxième mécanisme intergouvernemental- la Task Force économique.

Si bien qu'aujourd'hui, la Chine est devenue le partenaire commercial le plus important d'Israël en Asie, et le 3ème dans le monde. Le commerce entre les deux pays qui n'était que de quelques millions de dollars lors de l'établissement des relations diplomatiques il y a 25 ans, s'élevait en 2016 à près de 11 milliards de dollars. Les données pour le premier semestre montrent une augmentation de 11% par rapport à la même période l'année dernière.

Enfin, en 2016, les deux deux pays ont entamé des négociations pour la création d'une zone de libre échange entre eux, une démarche qui, nul doute va donner une nouvelle impulsion au volume de leurs échanges commerciaux. Dans le domaine du tourisme, l'ouverture d'une deuxième ligne aérienne entre Shangai et Tel Aviv par la compagnie chinoise Hainan Airlines- deux autres lignes sont assurées par El Al sur la ligne TA-Pékin et TA-Hong Kong- va "booster" le nombre de touristes chinois. Le développement spectaculaire du tourisme entre les deux pays a été facilité par un accord spécial promu par les deux gouvernements il y a 18 mois et qui permet l'obtention d'un visa multiple pour dix ans pour les touristes et hommes d'affaires israéliens et chinois.

Mais l'evolution la plus remarquable à mon sens dans les liens entre les deux pays se situe ailleurs, dans les domaines culturel et académique.

Malgre la difference de taille entre les deux pays et leurs populations, il existe une admiration mutuelle certaine entre les deux peuples anciens aux traditions millénaires. L'amour de l'étude et l'attachement aux valeurs de la familles font partie intégrante des patrimoines culturels des deux peuples.

Certes, un accord culturel officiel a été signé entre les deux pays dans les années qui ont suivi l'établissement des relations diplomatiques entre eux, mais l'évolution dans ce domaine va beaucoup plus loin que l'accord lui même et dépasse toutes les espérances.Exemples- toutes les grandes universités israéliennes ont des liens académiques avec des homologues chinoises.

Le Technion de Haifa vient d'ouvrir une succursale à l'Université de Shanto, dans l'importante province de Guandong.Le projet, d'un coût de 150 millions de dollars, est entièrement financé par le gouvernement local. À cette somme il faut ajouter un don de 130 million de dollars offert par l'homme d'affaires chinois le plus riche d'Asie, Li Ka Xin.

L'Université de Tel Aviv et l'Université Xin Center de Nanotechnologie ont créé un centre de recherche qui a coûté aussi 150 millions de dollars.

L'Université de Haifa a ouvert une succursale à Shangai.

Il existe un programme de bourses d'études qui bénéficie à des milliers d'étudiants des deux pays. La Chine contribute deux fois plus qu'Israël à ces programmes.

Du côté chinois, il existe déjà deux Centres Confucius en Israël, l'un situé à l'Université de TA et l'autre à Jerusalem, opérationnel depuis six ans.

En décembre prochain, un grand Centre culturel Chinois ouvrira ses portes en Israël.

Le mandarin est devenu une langue optionnelle dans les épreuves du bac en Israël et des centaines de lycéens israéliens le choisissent comme option.Cet engouement pour l'apprentissage du chinois est motivé par des facteurs économiques – pour ceux qui veulent faire du business en Chine et culturel.

En Chine, l'engouement pour l'apprentissage de la langue hebraïque et les études juives en général est aussi présent. Plusieurs universités chinoises importantes ont ouvert en leur sein des départements d'études juives,d'Israël et du Proche Orient.Les grands écrivains israéliens sont traduits en Chinois et un grand universitaire chinois, spécialiste d'études juives a même traduit le Talmud en chinois! et aujourd'hui il enseigne les études chinoises dans le départment éponyme de l'Université de Tel Aviv.

Similairement des dixaines d'universitaires israéliens enseignent les études juives et Israël dans les universités chinoises et d'autres y passent leur année sabbatique pour perfectionner leur chinois..

Tout le long de cet article, la question du conflit israélo-palestinien n'a pas ete abordée et pour de bonnes raisons. Si dans tous les autres domaines, les relations entre les deux pays sont florissantes comme on l'a vu, il existe des divergences de vue entre les gouvernements des deux pays concernant la solution au problème palestinien, divergences qui d'ailleurs ne sont pas propres à la Chine.

Pendant de longues années, la Chine a soutenu la cause palestinienne en entraînement et en fourniture d'armement.

Cette période est révolue, mais la politique chinoise via à vis du conflit au Proche orient n'a quant à elle pas changé substantiellement. La Chine s'oppose à la poursuite de la construction par Israël de logements dans en Cisjordanie et reconnaît le droit des Palestiniens à l'auto-détermination. Elle favorise une solution négociée de deux états pour les deux peuples vivant en paix et en sécurité cote à cote et l'application de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l'ONU- une attitude partagée par l'ensemble de la communauté internationale.

Un haut diplomate israélien en poste à Jérusalem m'a résumé ainsi la position de la Chine sur ce sujet :" aujourd'hui, la position de la Chine est beaucoup plus équilibrée que par le passé et leur moto est d'être l'ami de tout le monde".

Sur le terrain, la Chine et Israël concentrent leurs efforts sur le développement de leurs relations bilatérales, faisant abstraction des divergences de vue politiques qui peuvent exister entre deux pays amis et qui sont tout à fait légitimes.





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