Libermann et les politiciens d’origine russe ont certes un certain impact sur l’agenda sécuritaire et de politique étrangère, mais leur influence reste limitée. Ils réussissent mieux à faire avancer des politiques intérieures liées à leur communauté qu’à imposer la Russie comme priorité diplomatique israélienne.
La politique étrangère d’Israël reste fondamentalement dictée par Netanyahu sous influence américaine. et ce ne sont pas les récents propos antisémites de Lavrov qui arrangeront les relations communes.
La contradiction que vous pointez est réelle et profonde. Moscou n’a pas clairement condamné les attaques terroristes du 7 octobre 2023, continue d’entretenir des liens avec des organisations hostiles à Israël comme le Hezbollah et les Houthis, et des responsables russes tiennent parfois des propos antisémites. Pourtant, cela n’a pas fondamentalement modifié le calcul israélien.
Pourquoi ? Israël a systématiquement maintenu une politique d’ambiguïté stratégique vis-à-vis de la Russie, arguant que sa position mesurée tenait à des considérations sécuritaires pratiques
Sur l’Ukraine, votre point est juste et douloureux : Israël a refusé de livrer des systèmes anti-drones à Kiev, précisément pour ne pas froisser Moscou.
Un choix stratégique compréhensible à court terme, mais moralement ambigu, et potentiellement coûteux à long terme, car la Russie a démontré sa capacité à compartimenter ses relations, maintenant des liens avec Israël tout en approfondissant sa coopération en fournissant des armes air sol et des munitions via la Mer Caspienne à l'Iran et à aider ses proxies, acteurs fondamentalement hostiles aux intérêts israéliens.
Israël ne sait pas pour le moment arrêter les attaques de drônes explosifs venus du Sud Liban et manipulés par les terroristes du Hezbollah. Kiev a proposé son aide, Israël reste muet, il ne faut pas vexer la communauté russophone qui suit la propagande russe qui rappelle sans cesse les tueries des milices ukrainiennes d'il y a 80 ans.
L’antisémitisme russe structurel en est le paradoxe central : Poutine a su instrumentaliser sa sympathie pour les juifs, et ses relations avec Netanyahou pour maintenir ce pont fragile, mais l’État russe reste culturellement et historiquement antisémite.
Le million de Russo-Israéliens sont donc à la fois un atout diplomatique et une vulnérabilité — une communauté trop puissante pour être ignorée, mais pas assez pour infléchir réellement la Russie vers des positions favorables à Israël.
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