Rechercher dans ce blog

dimanche 10 septembre 2017

Présence juive en Judée des Romains à l'ère moderne

La présence juive en Terre d’Israël de 135 à 1839

BCH

l’exposition  « Connaissance d’Israël ».



Cet exposé s’inscrit dans le cadre de travaux préparés par certains d’entre nous pour l’exposition  « Connaissance d’Israël ». Notre but est d’améliorer l’image d’Israël et de lutter contre la désinformation et la propagande.

Il nous a paru important de rappeler que la création de l’état moderne d’Israël n’est pas le fait de colons européens qui n’auraient aucun lien avec cette terre.

Il faut garder à l’esprit  que, d’une part, la présence juive en Israël n’a jamais cessé, d’autre part que le peuple juif, contraint à l’exil, est demeuré fidèle au pays de ses ancêtres, à travers toute les dispersions. 

Cet attachement immémorial du peuple juif à la terre d’Israël est attesté de façon émouvante par le Psaume 137 : »Sur les rives des fleuves de Babylone, là nous nous assîmes et nous pleurâmes au souvenir de Sion…Si je t’oublies jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service ! Que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens de toi… ». 

Les Juifs n’ont jamais cessé d’évoquer la terre de leurs ancêtres dans leurs prières, ils ont été constamment habités par elle, si bien que cette « Terre a toujours été hantée par les Juifs. » (Daniel Sibony)


Sous domination romaine
En 135 de l’ère commune, au terme d’une guerre atroce de 4 ans, l’empereur romain Hadrien rase Jérusalem et construit à la place la cité païenne de Aelia Capitolina désormais interdite aux Juifs pendant près de 500 ans. Le pays est mis à feu et à sang par les Romains, des centaines de milliers de morts, des milliers de juifs déportés à Rome comme esclaves. 

La Judée perd jusqu’à son nom : la nouvelle province romaine s’appellera la Palestine, nom officialisé par les Britanniques au moment, où, à l’issue de la première guerre mondiale, ce pays est confié à leur mandat.

Malgré tout, les juifs reviennent de façon sporadique à Jérusalem pour prier et pleurer leur cité détruite près d’un petit tronçon de mur, reste de l’enceinte occidentale du Temple, appelé par les chrétiens « le Mur des lamentations. » Ils y étaient du reste autorisés 1 fois par ans , le 9 av


A la fin du 3ème siècle de l’ère commune, les juifs représentent un tiers de la population évaluée à 1 500 000 habitants. La plupart d’entre eux restent des paysans, ce qu’ils avaient été avant la chute du Temple. Ils vivent dans des communautés villageoises qui se trouvent en Galilée et sur le Golan, quelques-unes dans la région d’Hébron et un petit nombre dans la plaine côtière et la vallée du Jourdain.


Les Juifs se concentrent aussi sur l’étude de la Torah qui devient l’élément essentiel du culte et remplace les pratiques anciennes. Les instances dirigeantes de la communauté s’établissent dans le Nord du pays, à Tibériade où à partir du 3ème siècle siège l’assemblée du Sanhédrin et son président, le nassi, véritable chef spirituel et politique de la population juive du pays ; (ce dernier disparaîtra sous la pression de l’Eglise.) Dans le village de Haute Galilée de Pek’in, la présence des Juifs a été continue de l’époque romaine jusqu’à la naissance de l’Etat d’Israël.

Après les Romains, différents occupants se succèdent en Terre Sainte, soit les Byzantins(313-636), les Arabes (636-1099), les Croisés (1099-1291), les Mameluks[2] (1291-1516), les Ottomans (1517-1917).


Sous domination byzantine(313-636)
Depuis la conversion au Christianisme de l’Empereur Constantin en 324, et la christianisation assez rapide de l’Empire romain d’Orient, les Juifs vivent dans une société de plus en plus intolérante. En dehors de quelques périodes d’accalmie, ils sont fort éprouvés par le pouvoir byzantin,  soumis à des persécutions et des baptêmes forcés. 

Des interdictions de toutes sortes sont prononcées à leur égard (interdiction d’habiter Jérusalem, de pratiquer la circoncision, de construire de nouvelles synagogues,) ce qui provoque bien des migrations.

Cependant, les Juifs réussissent, malgré de nombreuses difficultés, à maintenir une vie spirituelle et intellectuelle, comme l’atteste la rédaction du Talmud dit « de Jérusalem », écrit sur la Terre d’Israël et achevé à Tibériade vers 425.

Des fouilles archéologiques ont révélé que des synagogues ont été édifiées entre le 4ème et le 7ème siècle, dont certaines somptueuses comme celle de Kfar Nakhoum (Capharnaüm) et ce malgré une législation répressive.

Malgré les pertes catastrophiques de vies humaines durant les guerres contre Rome, les Juifs constituent encore la majorité de la population, en Galilée au 4ème siècle.

2 siècles plus tard, à la fin du 6ème siècle, les Juifs ne représentent pas plus de 20% de la population, formée en majorité de chrétiens.


Sous domination arabe (636-1099)
La conquête arabe, au milieu du 7ème siècle, apporte d’abord  un soulagement relatif .
Divisée en 2 régions militaires, la Palestine n’est plus désormais qu’une simple province,des empires musulmans successifs, sans grande importance, noyée au sein d’un vaste ensemble qui s’étend de l’Océan atlantique à l’Océan Indien. Jérusalem n’a jamais fait office pour eux ni de capitale ni de centre culturel.

D’ailleurs,  cette terre n’a jamais été revendiquée comme l’unique foyer d’une autre nation. Comme l’a écrit l’historien Bernard Lewis : « De la fin de l’état juif de l’antiquité au commencement du règne des Britanniques, l’espace désigné sous le nom de Palestine n’était pas un pays et n’avait pas de frontières, sauf des frontières administratives. »

Jusqu’aux Croisades, tout en étant privés d’indépendance nationale, les Juifs bénéficient d’une certaine tranquillité. Les Arabes musulmans ont besoin d’une population agricole, artisanale et commerçante, rôle tenu par les Juifs et les Chrétiens, soumis au statut inférieur  de dhimmis.

(Le Dôme du Rocher est construit à Jérusalem entre 691 et 692 et la Mosquée d’Al-Aksa entre 705 et 715)

Le calife Omar permet la réinstallation des Juifs à Jérusalem.

Au cours des 8èmeet 9ème siècles, des communautés juives se développent à Gaza. Jérusalem, en Galilée, à Tibériade qui devient un centre culturel et religieux. On y dispense un enseignement qui rivalise avec celui des grands centres de la diaspora babylonienne. 

La science grammaticale y fait des progrès considérables et l’école de Tibériade met au point la Masora, système de vocalisation et de ponctuation de l’hébreu qui s’imposera au monde juif tout entier. 

Mais lentement la situation se dégrade sous la dynastie des Omeyyades (661-750).


L’installation des Arabes est largement favorisée et les califes confisquent des terres habitées et cultivées par les Juifs, qui de ce fait commencent à déserter les campagnes.

La situation se détériore encore sous la domination des Abbassides, 3ème dynastie de califes qui prennent le pouvoir en 750. Les Juifs, dhimmis,  doivent porter des insignes spéciaux, les Bédouins venus du Sud s’installent sur des terres cultivées par les Juifs, dont l’exode vers les villes s’intensifie.

D’une manière générale, en raison d’une situation fluctuante, la population juive est peu stable, sauf en Galilée ;  des Juifs émigrent, d’autres viennent s’installer.
A la fin de la domination arabe, il n’y a plus que quelques milliers de Juifs en Judée.


Les croisades (1099-1291)
Puis interviennent les Croisades, étalées sur près de deux siècles (1099-1270)
Les croisés, partis d’Europe à l’appel du pape Urbain II, prennent Jérusalem où la communauté juive est massacrée par les troupes de Godefroy de Bouillon. 

Massacres également de la population juive à Césarée et Haïfa.


Cependant, le 13ème siècle voit un renouveau juif, car pour certains maîtres à penser, ce terrible conflit entre l’Islam et le Chrétienté annonce l’aube de l’ère messianique qui permettra aux Juifs de se regrouper sur la Terre ancestrale. Les croisés  ayant ouvert les routes d’Europe, les pèlerinages en Terre Sainte deviennent populaires y compris parmi les Juifs.


Après la prise de Jérusalem par Saladin, nouveau maître du Levant en 1187, les Juifs retrouvent une certaine liberté et le droit de revenir à Jérusalem. L’attitude bienveillante de Saladin[ encourage des centaines de juifs originaires de différents pays à revenir en Terre Sainte. 

Entre 1209 et 1211,300 rabbins arrivent en groupes de France et  d’Angleterre pour s’établir à Jérusalem. Ils furent rejoints par des rabbins d4Afrique du Nord et d’Egypte. En 1267, une sommité du monde juif espagnol fait son alyah en 1267. Il érige dans la vieille ville de Jérusalem une synagogue qui est encore debout.

Quant aux Croisés, ils  quitteront définitivement le pays en 1291, après la défaite que leur infligeront les Mamelouks, caste militaire musulmane arrivée au pouvoir en Egypte.


Les Mamelouks (1291-1516)  
seront les nouveaux maîtres de la Palestine de 1291 à 1516 jusqu’à l’occupation du pays par la Turquie ottomane, en 1516. L'ancienne Judée n’est guère plus qu’une zone de passage entre la Syrie et l’Egypte, dirigée depuis Damas. Akko, Jafo et d’autres ports détruits par crainte de nouvelles croisades, le commerce maritime est interrompu.

La société mamelouke impose le port de signes distinctifs à chaque communauté : les juifs doivent arborer des turbans jaunes, les samaritains des turbans rouges, les chrétiens des turbans bleus , seuls les musulmans pouvaient porter des turbans blancs.
Placés directement sous la tutelle du judaïsme égyptien, les Juifs se concentrent en majorité à Jérusalem, Safed, Hébron et Gaza, ainsi que dans des villages de Galilée. Ils sont durement frappés par des épidémies et autres calamités naturelles (invasions de sauterelles, tremblements de terre) qui sévissent pendant l’époque mamelouke.

Cependant, à la fin du 15ème siècle,  la vie spirituelle va connaître un début de renouveau grâce à des chefs spirituels comme Obadia de Bartinoro, venu d’Italie pour s’installer à Jérusalem en 1488.

A la suite de l’expulsion d’Espagne (1492), des centaines de réfugiés judéo-ibériques gagnent la Terre d'Israël qui devient l’un des plus grands centres de peuplement sépharade du bassin méditerranéen. Cet exode correspond à la prise de pouvoir des Ottomans


Les Ottomans[  (1517-1917)
Dans l’immense empire ottoman, la Palestine constitue une minuscule portion où aucune région n’est délimitée par ce que nous appelons aujourd’hui des frontières. Au début de la période ottomane, elle est divisée en 4 districts (Jérusalem, Naplouse, Safed et Gaza), administrativement rattachés à Damas. Il est donc impossible de connaître avec précision la population de la Palestine .On estime qu’au début de la période ottomane, un millier de familles juives vivaient dans le pays, la communauté étant constituée de descendants de Juifs qui ont toujours vécu dans le pays (le yishouv) ainsi que d’immigrants venus d’Afrique du Nord et d’Europe.

Le règne de Soliman le Magnifique (1520-1566) est très bénéfique pour la prospérité de cette Terre. La relative tolérance des Ottomans attire vers Eretz Israël une importante migration juive venant de différentes régions de l’Empire ottoman. On assiste à une extension considérable de la présence juive à Safed, Hébron et Tibériade où Soliman attribue à son conseiller juif originaire du Portugal, Don Joseph Nassi, des terres pour la réinstallation des Juifs.

Le Juifs ont accès à un large éventail professionnel à la différence de l’Europe (artisans, commerçants, viticulteurs). Une administration efficace est mise en place, les mesures de protection contre les incursions des Bédouins sont renforcées. Le sultan se préoccupe de l’alimentation en eau de la ville de Jérusalem ainsi que des services de ravitaillement. 

Les  murs sont reconstruits, presque partout sur les ruines mêmes des anciennes murailles dont beaucoup remontent à l’époque du second Temple. La construction des murs de Jérusalem par Soliman est aussi, pour les Juifs, un signe annonciateur des temps messianiques. « Dieu a réveillé l’esprit du sultan », pensent certains. Cet espoir messianique s’accompagne toujours d’un accroissement de  l’immigration.

Deux centres importants de vie juive existent au 16ème siècle : Jérusalem et Safed.  
Plusieurs rabbins de grande stature marquent la communauté juive de Jérusalem au milieu du siècle (Lévi ben Habib, Betsalel Ashkenazi)

Safed, centre de la province de Galilée, où vit une communauté juive forte de 15 000 âmes, atteint le sommet de sa gloire au 16ème Aroukh (La Table dressée), est une codification des règles religieuses selon siècle. Elle compte de nombreux mystiques dont certains sont nés à Safed comme Eliézer Azikri.. L’étude de la Kabbale s’y développe grâce à deux grands érudits : Moïse Cordovero et Joseph Caro dont le livre, Shoulkhan des thèmes méthodiques.  Le développement de l’imprimerie au  16ème siècle  a contribué à étendre la renommée des maîtres de Safed. Les premières imprimeries hébraïques apparaissent à Venise et à Constantinople, in peu plus tard à Cracovie et Lubin. La première édition imprimée du Shoulkhan Aroukh paraît à Venise en 1567.

Tzfat , Safed est également un centre textile florissant : tissage, teinture et fabrication de tissus et de vêtements deviennent le gagne-pain des Juifs de Safed.

Au 17ème siècle, le Juifs subissent les conséquences des conflits politiques locaux, boucs émissaires tout trouvés quand les caisses du pacha sont vides. Les habitants de Safed subissent des exactions et la ville est mise à sac au milieu du 17ème siècle.

L’écroulement du rêve messianique incarné en Sabbataï Tsevi, pseudo-messie converti à l’Islam en 1666 fait place à une certaine désillusion.
Persécutions et brimades se font sentir de manière discontinue à Jérusalem où les Juifs sont soumis à des taxations excessives

Cependant si Jérusalem s’appauvrit sur le plan matériel, elle s’enrichit sur le plan spirituel et prend la relève de Safed. Des savants sont attirés par Jérusalem dont Isaïe Horowitz (1565-1630).

L’existence de rabbins émissaires envoyés d’Eretz Israël vers les différents pays de la diaspora devient une sorte d’institution. Liens vivants entre les Juifs de la Terre sainte et ceux de la dispersion, leur rôle est, certes, de collecter de l’argent mais aussi d’enseigner.

Le 18ème siècle est un temps d’épreuves, tremblement de terre en Galilée en 1759, épidémie de peste, de variole, sécheresse, inondations. On assiste à une régression générale dans l’Empire ottoman et à un déclin de la population. De plus, la population juive est devenue presque exclusivement urbaine. Le déclin de Safed a entraîné la disparition des villageois et agriculteurs juifs de Galilée.
L’Empire ottoman doit lutter contre les puissances occidentales, en particulier la Russie et le pays est livré aux mains de mini potentats locaux incapables de maintenir l’ordre , de lutter contre le brigandage sur les route et la piraterie en mer . La plupart des terres appartiennent à des propriétaires absents ou sont louées à des paysans pauvres. Les grandes forêts de Galilée et du Mont Carmel sont déboisées, les terres arables cèdent la place aux marécages et au désert.


A la fin du 18ème siècle, on ne comptait plus guère que 8000 Juifs en Palestine, pour une population estimée à 300 000 personnes. La Palestine est alors  une petite province, perdue dans un Empire turc dont le processus de décadence a commencé peu après la mort de Soliman le Magnifique. Elle n’a guère intéressé les puissances européennes qui n’y ont vu aucun intérêt politique jusqu’à la campagne de Bonaparte en Egypte puis en Palestine. (1798-1799).


Avec le développement de la presse, les premières victoires de Bonaparte, sur le Mont Thabor,par exemple, rappellent des noms familiers aux lecteurs de la Bible. D’un autre côté, l’échec ultérieur de Bonaparte face aux Turcs alliés aux Anglais contribue à montrer la valeur stratégique de cette région. .Cet épisode marque un tournant capital dans l’histoire d’Eretz Israël car il va faire de cette région un enjeu sur l’échiquier international.


De plus, la mode des voyages en Terre sainte est lancée et ils vont se multiplier. Des pèlerins anonymes ne seront plus les seuls à se rendre en Terre Sainte mais également des écrivains célèbres. (Chateaubriand, Lamartine, Flaubert)


Ils témoignent de la pauvreté des habitants, juifs, chrétiens et musulmans confondus.

En 1806, Chateaubriand entreprend un voyage en Terre Sainte, et en chrétien méprisant ceux qui ne partagent pas sa foi, fait une description des Juifs qui contribue à répandre l’image du Juif pouilleux et repoussant. Il écrit, malgré tout, cette phrase significative : « Il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée, esclaves et étrangers dans leur propre pays ; il faut les voir, attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer », déplorant par ailleurs l’obstination des Juifs à refuser de se convertir.
En revanche, Lamartine a une vision toute différente. En tant que poète, il s’identifie au Roi David, poète comme lui. Il envisage avec espoir que ce pays désertique puisse redevenir prospère si des Juifs y reviennent comme un peuple libre de cultivateurs.


Bonaparte et les Juifs:
En Europe, l’entrée des troupes françaises conduites par Bonaparte signifiait fin de l’oppression et émancipation, comme en Italie où il libéra les Juifs des ghettos de Rome, Venise, Vérone et Padoue. Mais lors de la prise de Jaffa par les Français en 1799, il y eut un tel débordement de cruauté de la part des soldats que la communauté juive fut anéantie et l’image du libérateur fut remplacée par celle du tyran.
Quant à la proclamation de Bonaparte au peuple juif, manifeste publié dans la Gazette nationale ou le Moniteur universel, le 22 mai 1799,   l’historienne Renée Neher-Bernheim doute qu’elle soit authentique. Par cette proclamation à la nation juive, Bonaparte s’adressait aux Israélites « héritiers légitimes de la Palestine », pour les inciter à exercer « le droit à une existence politique en tant que nation parmi les nations »


Georges Bensoussan, dans son « Histoire du sionisme » ajoute qu’  « il avait le mérite d’éclairer le lien vital qui unissait ce peuple à cette terre » et semblait très moderne  quand il évoquait le retour des Juifs à une existence politique « comme une nation parmi les nations »

En tout état de cause, elle est restée sans effet, par suite de l’échec de Bonaparte devant Acco et la population juive n’en a pas eu connaissance.

Donc, au début du 19ème siècle, la Palestine devient une terre de prédilection pour les nations européennes qui essaient d’y prendre pied et d’y renforcer leur influence.

Il s’en suit une renaissance de l’activité économique et une véritable révolution démographique. Le pays redevient un carrefour commercial entre trois continents ; sa renaissance est accélérée un peu plus tard, au milieu du 19ème siècle, par l’ouverture du canal de Suez inaugurée en 1869.

Les conditions des Juifs du pays en sont améliorées et leur nombre s’accroît considérablement.

En conclusion, on peut constater que le peuple juif a souffert, sur sa propre terre, de dominations successives, au cours desquelles ils étaient totalement dépendants du bon vouloir des occupants.

Malgré tout, la présence des Juifs s’y est toujours maintenue, même aux pires époques de leur histoire. Comme l’écrit G. Bensoussan, le lien charnel qui lie les Juifs à la Terre d’Israël n’a jamais été rompu.



La Kahéna


BCH

Kahena, de son vrai nom Dihya ou Dahia (tifinagh : est une Reine juive guerrière berbère, qui a combattu l'expansion islamique en Afrique du Nord au VIIe siècle.

Elle est la principale figure, avec Kusayla (chef de la tribus des Awarbas), de la résistance berbère en Afrique du Nord à l'avancée des troupes musulmanes entre 695 à 705. À l'aube de l'arrivée des Arabes en Afrique du Nord, l'unité politique et administrative de la Berbérie Orientale et Centrale (les Aurès, actuelle Algérie) était en grande partie réalisée par Kusayla.

À son décès en 688, Dihya prend la tête de la résistance. Issue de la tribu des Djerouas (Djerawa), une tribu de Zenata implantée dans les Aurès (à l'est de l'actuelle Algérie), comme le furent les premiers rois (agellid, pluriel igelliden) berbères de Numidie - a été élue ou nommée à cette charge par le conseil de la confédération des tribus. Dihya procèda également à sa réunification des tribus de l'Afrique du Nord orientale.

Alors que les musulmans ont déjà conquis un vaste territoire ils rencontrent la résistance des byzantins (chrétiens), implantés essentiellement sur les côtes et en particulier à Carthage et Septum, mais aussi celle des Berbères. Les troupes musulmanes dirigés par Hassan Ibn Numan cherchaient à s'emparer de Carthage pour posséder l'Ifriqiya et pour se frayer un chemin vers l'Ouest. Le roi Kusayla, les Carthaginois et Dihya se liguèrent pour empêcher ce passage. Carthage finit par tomber aux mains des troupes musulmanes en 695 et Hassan Ibn Numan se fait nommer gouverneur d'Ifriqiya.

L'empereur Leonitos récupère Carthage pour trois ans. La seule résistance qui demeurait alors était celle de Dihya. À la première bataille, Dihya remporta une victoire sur les troupes d'Ibn Numan à Miskyana, entre Tebessa et Aïn Beïda, dans la région constantinoise) : Dans la vallée de la rivière, déserte et à sec, la Dihya décide d'y dissimulé son armée pendant la nuit, en partie dans la montagne, en partie derrière, sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d'Ibn Numan.

Lorsque les Arabes attaquent, ils sont accueillis par une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères. Les Arabes sont écrasés. Les Aurésiens les poursuivront jusqu’à Gabès. La Dihya vient de remporter sa plus prestigieuse victoire, celle de la Meskiana, qu'on appellera « La bataille des chameaux », et parvient à repousser les troupes du Calife jusqu'en Tripolitaine. Ibn Numan sera à nouveau battu en 695 prés de Tabarqa par la Dihya.

Ibn Numan reporta ses efforts sur Carthage en 699, qu'il reprend, avec la maitrise des mers et du bassin occidental de la Méditerranée. Il demanda alors un supplément d'hommes au calife Ibn Marwan pour s'attaquer aux Aurès, seul rempart restant. Sachant sa défaite imminente, Dihya fit pratiquer la politique de la terre brûlée en vue de dissuader l'envahisseur de s'approprier les terres, s'aliénant par là une partie de son peuple :

Berbères sédentaires citadins, nomades et des campagnes. Kahena s'engagea une dernière fois dans la bataille en 702 à Tabarqa. La défaite des troupes de Dihya est en partie due à la trahison par Khalid, jeune Arabe que la reine avait épargné et adopté selon la coutume de l'anaïa (« protection ») en vigueur chez les anciens Berbères1.

Faite prisionnière, La Kahéna fut décapitée, et sa tête apportée au calife. Ses deux fils, Ifran et Yezdia, se convertirent à l'islam et prirent la direction des troupes maures en partance pour l'Espagne. Elle eut également une fille. Divergences historiques


Le rôle joué par Dahia a constitué un enjeu considérable pour ses commentateurs. Les sources que nous avons sur La Kahéna, symbole indirectement du frein à l'expansion musulmane, proviennent en grande partie des historiens musulmans. C'est donc pour certains d'entre eux, sur des arrière-pensées et vues politiques que sont basées leurs affirmations.

Cela est d'autant plus difficiles à vérifier que les autres sources sont rares. Véritable nom Son véritable nom reste inconnu. Elle s'appelait peut être Kahena, Kahya, Dihya, Dahya, ou Damya. En effet, cet élément fait objet de nombreuses interprétations idéologiques, ainsi le surnom de Kahina, qui signifierait en un sens « sorcière », car décrite comme un personnage haïssable par certains historiens musulmans, comme Ibn Ben Attir et Le Bayan.

Mais le sens n'est probablement pas péjoratif, puisqu'à l'origine, ce terme dérive de l'hébreu "Cahen, Cohen" qui signifie prêtresse et du grec être pure. Ces mêmes historiens rapportent que son vrai nom serait Dihya. De même le surnom Damya, dérivé du verbe tamazight edmy signifie « devineresse », « prophétesse ». Dihya, en Chaouia (tachawit) signifie « la belle ». Elle fut souvent appelée Reine Dihya Tadmayt/Tadmut (« La belle Reine gazelle »).

Religion La religion de cette Berbère, d'origine noble et descendante probablement d'une longue lignée royale des Aurès, n'est pas établie de manière sûre. Pratiquait-elle aussi l’Animisme ? Les sources historiques apportent des témoignages bien divergents. C'est Ibn Khaldoun, réputé l'un des historiens le plus sérieux du Moyen-Âge, qui raconte qu'elle était Juive; « Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeraoua, tribu qui habite l'Aurès, et à laquelle appartient la Kahena ».

Aussi, selon l'historien et géographe français, le professeur Émile Félix Gauthier : « Les Djeraouas ne sont plus des chrétiens comme les Aurébas, mais bien des juifs ». Auparavant, Strabon avait témoigné à l'époque romaine que les juifs étaient nombreux en Afrique du Nord. Certains y étaient venus librement au fil des siècles avec les phéniciens, dès le temps des Carthaginois, tandis que d'autres y avaient été déportés par Trajan, après avoir tenu tête en Cyrénaïque aux légions romaines. Ainsi avaient-ils participé à la conversion de nombreuses tribus berbères.

Certains pensent que Dihya était chrétienne parce qu'elle était la fille de "Matya" lui-même fils de Tifan. Des noms qui seraient les déformations de Matthieu (comme l'Apôtre) et Théophane (repris par de nombreux Saints chrétiens). Mais on connaît l histoire juive et le rôle joué par Matthytiaou Cohen Gadol, père de Juda Macchabée qui a bouté les syriens de Judée.(Hannoucca) D'autres laissent entendre que Dihya aurait pû être animiste sans pouvoir pour autant préciser de quel culte il s'agirait, les Berbères ayant été païens avant l'arrivée du christianisme.

Ainsi, la signification prêtresse et être pure de son nom Kahena, correspondrait à une tradition animiste en Afrique du Nord, selon laquelle les prêtresses subiraient un rituel de purification. En prenant pour exemple la reine touareg Tin Hinan que l'on supposait, de la même manière, chrétienne, alors que la découverte récente de son tombeau laisse penser qu'elle était animiste. Politique de la terre brûlée


L'historiographie a également mis l'accent sur la politique de la terre brûlée qui aurait été pratiquée sous la Kahena, d'après Ibn Khaldoun, Ibn El Athir et Le Bayan, ce qui aurait motivé le mécontentement des cultivateurs de la côte.

Cette version est contestée par certains selon lesquels, il se serait agi, pour les historiens musulmans, de discréditer la reine berbère hostile à l'expansion musulmane : des villes et des villages auraient certes effectivement été brûlés, mais cela s'expliquerait non par l'invasion arabe, mais par le fait que l'Afrique du Nord, depuis la chute de l'empire romain d'Occident, était le théâtre d'affrontements entre Byzantins et autochtones, voire entre Berbères nomades et sédentaires.

 Anecdotes Entre l'antique Thevest romaine (aujourd'hui Tebessa) et l'agglomération de Bir El Ater se trouve un puits appelé « Bir el kahina » (le puits de la kahina), en référence ou en souvenir du lieu où elle aurait été tuée. À Baghaï, actuellement petit village à une vingtaine de kilomètres de Khenchela, les habitants désignent certaines ruines anciennes comme étant les ruines du « palais de la Kahina »

Le nom de la rivière Meskian, où Kahina y remporta sa première victoire contre le général Ibn Numan, ainsi que celui du village de Meskiana qu'elle traverse, viendrait des mots berbères Mis n Kahina qui signifie « les fils de Kahina ».

 Certains berbères chaouis des Aurès disent qu'ils ont le « nez de la Kahina » qui d'une grande beauté aurait eu, un peu comme Cleopâtre, un nez particulier, mais cette fois non pas long mais doté d'une petite bosse.

Dans toute la region d'Arris jusqu'à la vallée de Ighzer Abdi le nom Diyya est assez courant chez les chaouis « Djebailia ». Aussi, le personnage historique de Dihya est devenue de nos jours un symbole, aux cotés de Massinissa et Jugurtha, du mouvement berbériste. Notes et références 1. ↑

L'Anaïa était accordée obligatoirement à toute personne qui en faisait la demande. Par exemple, le roi Massinissa l'avait accordée à ceux qui furent au départ ses ennemis (Meztul, Lacumazes, Sophonisbe, etc).



Voir aussi

Histoire de l'Algérie • Histoire des Berbères

Berbères • Chaouis

Aurès Bibliographie Voir références sur Dihya/Dimya (Kahina) sur http://www.mondeberbere.com/

Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères (traduit de l'arabe par le Baron de Slane), Tome I, Alger, 1852-1856, p.208.

Émile Félix Gauthier, Les Siècles obscurs du Maghreb, Payot, Paris, 1927, p.245. 

André Chouraqui, "Histoire des Juifs d'Afrique du Nord" PUF, Paris, 1952.  Nabile Farès, Mémoire de l'absent, Éditions du Seuil, Paris, 1974.

Tahar Djaout, L'Invention du désert, Éditions du Seuil, Paris, 1987, pp. 31-33. 

Gisèle Halimi, La Kahina (roman), Plon, 5 octobre 2006

Premier Génocide du XX ème siècle ... Les Arméniens

Par BCH



Génocide, Génocides !

Ce pays est tout petit

Il a une histoire très ancienne et très riche,

II a proclamé son indépendance au XXème siècle

Il a un poids démographique très faible vis-à-vis de ses voisins,

Tous ses voisins sont ses ennemis, ou lui sont hostiles,

Sa religion diffère de ses voisins

Il est en guerre permanente

A chaque fois, ce pays a remporté des victoires bien qu en infériorité numérique,

Un territoire au sol ingrat, qui ne produit qu’au moyen de gros travaux

Un peuple qui tient à sauvegarder ses précieux sites archéologiques

Ses universités forment de brillants savants et ingénieurs

Une grande partie de son peuple a été décimée au XXème siècle

On parle de Génocide qui traumatise ce peuple tous les jours,

Il a une diaspora importante éparpillée dans le monde,

Cette diaspora soutient financièrement cet état.

Ses footballeurs sont parfois redoutables …

Il n’a pas de pétrole contrairement à ses voisins


Vous l aviez deviné, il s’agit de … l’Arménie.


Remarquez la communauté de destin qui existe entre les peuples juifs et arméniens !!
L’Arche de Noé, selon la Bible s’est échoué sur me Mont Ararat, tout près !! coincidence ? Les dix tribus perdues d’Israël après la chute du royaume d’Israël et de sa capitale Samarie auraient été disséminées dans l’empire assyrien sous l’ordre du roi Salamazar, beaucoup ont été transplantées en Médie, ex Arménie, plus de mille ans avant JC. Coïncidences !

En Israël la Mémoire est symbolisée par Yad Vachem, en Arménie, le monument de la Mémoire est « Tsiternakaberd » la forteresse des hirondelles., érigé à la mémoire des victimes du premier génocide du XXème siècle , en avril 1915.

C’est le 90ème anniversaire de cette tragédie, que reconnaît aujourd’hui la majeure partie des pays, à l’exception de la Turquie, et dont la majorité des Européens refuse l’entrée dans leur communauté si elle persiste à nier les faits.

C’est donc le 24 Avril que tous les ans, 3 millions d’Arméniens et 9 millions en diaspora, éparpillés à travers le monde, célèbrent le « Mertz Yeghern » (metz yerevni), la Grande catastrophe. Ce jour fédère les arméniens dans l’Espace et dans le Temps.

Le samedi 24 avril 1915, à Istamboul, capitale de l'empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. C'est le début d'un génocide, le premier du XXème siècle. Il va faire environ 1,5 million de victimes dans la population arménienne de l'empire turc.
Un empire turc composite Aux premiers siècles de son existence, l'empire ottoman comptait une majorité de chrétiens (Slaves, Grecs, Arméniens, Caucasiens, Assyriens,...)

Ils jouaient un grand rôle dans le commerce et l'administration, et leur influence s'étendait au Sérail, le palais du sultan. Ces «protégés» (dhimmis en arabe coranique) n'en étaient pas moins soumis à de très lourds impôts et avaient l'interdiction de porter les armes. L'empire ottoman en comptait environ 2 millions à la fin du XIXe siècle sur une population totale de 36 millions d'habitants. Le sultan Abdul-Hamid II n'hésite pas à attiser sans vergogne les haines religieuses pour consolider son pouvoir (les derniers tsars de Russie font de même dans leur empire).

 Entre 1894 et 1896, comme les Arméniens réclament des réformes et une modernisation des institutions, le sultan en fait massacrer 200.000 à 250.000 avec le concours diligent des montagnards kurdes. Un million d'Arméniens sont dépouillés de leurs biens et quelques milliers convertis de force. Des centaines d'églises brûlées ou transformées en mosquées...Rien qu'en juin 1896, dans la région de Van, au coeur de l'Arménie historique, pas moins de 350 villages sont rayés de la carte.Ces massacres planifiés ont déjà un avant-goût de génocide. Il se rapproche aussi de l'Allemagne de Guillaume II.

Mais il est est déposé en 1909 par le mouvement nationaliste des «Jeunes-Turcs» qui lui reprochent livrer l'empire aux appétits étrangers et de montrer trop de complaisance pour les Arabes. Les «Jeunes-Turcs» veulent se démarquer des «Vieux-Turcs» qui, au début du XIXe siècle, s'opposèrent à la modernisation de l'empire. Ils donnent au pays une Constitution... ainsi qu'une devise empruntée à la France : «Liberté, Égalité, Fraternité». Mais leur idéologie emprunte au nationalisme le plus étroit. Dès 1909, soucieux de créer une nation turque racialement homogène, les Jeunes-Turcs multiplient les exactions contre les Arméniens.

On compte 20.000 à 30.000 morts à Adana le 1er avril 1909. Ils lancent des campagnes de boycott des commerces tenus par des Grecs, des Juifs ou des Arméniens. Ils réécrivent l'Histoire en occultant la période ottomane, trop peu turque à leur goût, et en rattachant la race turque aux Mongols de Gengis Khan, aux Huns d'Attila, voire aux Hittites de la haute Antiquité.

Mais ils perdent les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913. Le 8 février 1914, la Russie impose au gouvernement turc une commission internationale destinée à veiller aux bonnes relations entre les populations ottomanes.

Les Jeunes-Turcs ravalent leur humiliation mais lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, en août de la même année, ils poussent le sultan Mahomet V à entrer dans le conflit, aux côtés des Puissance centrales (Allemagne et Autriche), contre la Russie et les Occidentaux. L'empire ottoman est envahi en décembre 1914. L'armée turque en retraite multiplie les violences à l'égard des Arméniens dans les territoires qu'elle traverse.

Les Russes, à leur tour, retournent en leur faveur les Arméniens de Turquie. Le 7 avril 1915, la ville de Van, à l'est de la Turquie, se soulève et proclame un gouvernement arménien autonome.

Dans le même temps, à l'initiative du Lord britannique de l'Amirauté, un certain Winston Churchill, les Français et les Britanniques préparent un débarquement dans le détroit des Dardanelles pour se saisir d'Istamboul. Le génocide Les Jeunes-Turcs profitent de l'occasion pour accomplir leur dessein d'éliminer la totalité des Arméniens.

Ils procèdent avec méthode et brutalité. L'un de leurs chefs, le ministre de l'Intérieur Talaat Pacha, ordonne l'assassinat des Arméniens d'Istamboul puis des Arméniens de l'armée. C'est ensuite le tour des nombreuses populations arméniennes de l'est du pays. La «Loi provisoire de déportation» du 27 mai 1915 fixe le cadre réglementaire des massacres ainsi que de la spoliation des victimes.

De mai à septembre 1915, dans les sept provinces orientales, les Arméniens sont massacrés sur le champ par l'armée ou réunis en longs convois et déportés vers Alep, au sud. Des longues marches vers Alep se déroulent sous le soleil de l'été, dans des conditions épouvantables, sans vivres et sans eau, sous la menace constante des montagnards kurdes, trop heureux de pouvoir librement exterminer leurs voisins et rivaux. Elles débouchent en général sur une mort rapide. Après les habitants de l'est vient le tour des autres Arméniens de l'empire. Au total périssent pendant l'été 1915 les deux tiers de la population arménienne sous souveraineté ottomane.

Les Européens et le génocide En Occident, les informations sur le génocide émeuvent l'opinion mais le sultan se justifie en arguant de la nécessité de déplacer les populations pour des raisons militaires ! Le gouvernement allemand, allié de la Turquie, censure quant à lui les informations sur le génocide.

L'Allemagne entretient en Turquie, pendant le conflit, une mission militaire très importante (jusqu'à 12.000 hommes). Et après la guerre, c'est en Allemagne que se réfugient les responsables du génocide, y compris Talaat Pacha. Ce dernier sera assassiné à Berlin le 16 mars 1921 par un jeune Arménien. L'assassin sera acquitté par la justice allemande, preuve si besoin est d'une réelle démocratisation de la vie allemande sous le régime républicain issu de Weimar !

Le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 entre les Alliés et l'empire ottoman prévoit la mise en jugement des responsables du génocide. Mais le sursaut nationaliste de Moustafa Kémal bouscule ces bonnes résolutions et entraîne une amnistie générale, le 31 mars 1923. Les nazis tireront les leçons du premier génocide de l'Histoire et de cette occasion perdue de juger les coupables... «Qui se souvient encore de l'extermination des Arméniens ? » aurait lancé Hitler en 1939, à la veille d'exterminer les handicapés de son pays (l'extermination des Juifs viendra deux ans plus tard). Si une réaction internationale avait eu lieu pour empêcher ce génocide, il n’y aurait probablement pas eu la Shoah.

Le groupe de résistant Manoukian a illustré la fierté de la résistance contre les nazis (l’Affiche Rouge) Le cinéaste français d'origine arménienne Henri Verneuil a montré dans un film émouvant, Mayrig, la réalité de ce premier génocide. Charles Aznavour et plus de 400 000 arméniens sont citoyens français et participent activement à la vie de leur cité, et même au plus haut niveau on peut citer M Edouard Balladurian, ex premier ministre et Monsieur Patrick Devedjian est le ministre actuel de l’industrie.

« C'est en Arménie qu'était situé le paradis terrestre. C'est en Arménie que prenaient leur source les quatre fleuves primitifs qui arrosaient la terre .C'est sur la plus haute montagne de l'Arménie que s'est arrêtée l'arche. C'est en Arménie que s'est repeuplé le monde détruit. C'est en Arménie, enfin que Noé, le patron des buveurs de tous les pays a planté la vigne et essayé la puissance du vin ».
Alexandre DUMAS

Malheureusement, après le génocide arménien, la shoah, trois autres génocides ont pu se perpétrer, sous le silence criminel de nos démocraties : celle du Biafra, du Cambodge, et du Rwanda. Le XXème siècle restera un Triste siècle !

L’histoire du peuple arménien est exemplaire, tout comme celle du peuple juif, ces deux peuples recherchent la Paix et la Prospérité.

Soixante ans après la découverte des camps de la Mort Auschwitz Birkenau, Quatre vingt dix ans après le terrible génocide qui a frappé les arméniens, de l’empire Ottoman, notre devoir de vigilance doit être plus que jamais présent.
BCH






Sources :
Meyrier, Gustave, Les Massacres de Dyarbekir,
Véou, Paul du, La Passion de la Cilicie, 1919-1922,
Andonian, Aram, Documents officiels concernant les massacres arméniens,
Assemblée Nationale, Compte rendu analytique officiel, 1ère séance du vendredi 29 mai 1998 : "Génocide arménien", pp. 2-22
Barby, Henry, Au pays de l'épouvante, l'Arménie martyre,
Beylérian, Arthur, Les Grandes puissances, l'Empire ottoman et les Arméniens dans les archives françaises (1914-1918),
Boyer, Raymond, (Ed.), Un aumonier militaire français témoin du drame arménien. Journal de l'Abbé Chaperon (Cilicie 1920, Constantinople 1921-1923).
Euroméditerranéen pour l'Arménie, 1996.
Bryce, James (Préf.), Livre bleu du gouvernement britannique sur le traitement des Arméniens dans l'Empire ottoman,
Davies, Leslie, La Province de la mort. Archives américaines concernant le génocide des Arméniens (1915), .
Gibbons, Herbert Adams, Les Derniers massacres d'Arménie. Les responsabilités
Lepsius, Johannes, Rapport secret sur les massacres d'Arménie, 1915-1916
Nations Unies, Conseil Economique et Social, Commission des Droits de l'Homme, Sous-commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et de la protection des minorités,
Pinon, René, La Suppression des Arméniens. Méthode allemande, travail turc
Rapport d'activités du Near East Relief. Un document inédit sur la tragédie arménienne
Altounian, Jeanine, Ouvrez-moi seulement les chemins d'Arménie. Un génocide aux déserts de l'inconscient
Attarian, Varoujan, Le Génocide des Arméniens devant l'ONU,
Baghdjian, Kévork, La Confiscation par le gouverment turc des biens arméniens...dits abandonnés
Carzou, Jean-Marie, Un Génocide exemplaire : Arménie 1915, .
Chaliand, Gérard et Ternon, Yves, Le Génocide des Arméniens : 1915-1917,
Chaumont, Jean-Michel, La Concurrence des victimes : génocide, identité et reconnaissance
Dadrian, Vahakn N., Histoire du génocide arménien, préf. d'Alfred Grosser,.
Dadrian, Vahakn N., Autopsie du génocide arménien
Dédeyan, Gérard (Dir.), Histoire des Arméniens, Toulouse,
Derogy, Jacques, Opération Némesis,
Gaspard, Armand, Le Combat arménien. Entre terrorisme et utopie.
Grosser, Alfred, Le Crime et la mémoire,
Hovanessian, Martine, Le Lien communautaire. Trois générations d'Arméniens,
Hovanessian, Martine, Les Arméniens et leur territoire
Kévorkian, Raymond H. et Paboudjian, Paul B., Les Arméniens dans l'Empire ottoman à la veille du génocide
Khayadjian, Edmond, Archag Tchobanian et le mouvement arménophile en France
Lussac, Gilles, Peut-on guérir du génocide
Mandelstam, André, Le Sort de l'Empire ottoman
Mandelstam, André, La Société des Nations et les Puissances devant le problème arménien
Solidarité Franco-Arménienne, L'Espérance retrouvée. Le génocide arménien et le Parlement européen
Ter Minassian, Anahide, La Question arménienne
Ternon, Yves, Les Arméniens, histoire d'un génocide, Paris.
Tribunal Permanent des peuples, Le Crime de Silence.
Trumpener, Ulrich, Germany and the Ottoman Empire, 1914-1918, Princeton, Princeton
Verneuil, Henri, Mayrig,
Sites web Consultés
http://www.armenian-genocide.org
http://www.wiesenthal.com/
http://www.genocide.mq.edu.au/ccgs.htm
http://www.migs.org/
http://www.ushmm.org/

Ce qu'est la Dhimmitude en pays d'Islam !

LE CONCEPT DE DHIMMITUDE DANS L’ISLAM.

BCH 




Juifs et Chrétiens considérés par l’Islam  comme des Infidèles mais aussi comme les Peuples du Livre  étaient soumis à un statut particulier, la dhimma, c'est-à-dire la protection, par ailleurs avilissante,  accordée par le prophète  aux populations juives et chrétiennes qu’il avait soumises.


Le texte fondateur de la législation musulmane à l’égard des Juifs et des chrétiens est la sourate IX, verset 29 du Coran. :


« Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu ni au jour dernier, qui ne regardent point comme défendu ce que Dieu et son prophète ont défendu, et ceux d’entre les hommes des Ecritures qui ne professent pas la vraie religion, combattez les jusqu’à ce qu’ils paient le tribut de leurs propres mains et qu’ils soient soumis. »


La protection ou dhimma accordée aux gens du Livre ne se conçoit donc qu’après la victoire des Musulmans dans la guerre sainte ou Jihad, victoire qui transforme les terres des Infidèles en terre d’Islam (dar-al-islam) pour l’éternité.

La dhimmitude est corrélée au jihad. C’est le statut de soumission des indigènes non-musulmans –  juifs, chrétiens, sabéens, zoroastriens, hindous, etc. - régis dans leur pays par la loi islamique. Il est inhérent aufiqh (jurisprudence) et à la charîa (loi islamique). Pour les autres peuples, notamment  les idolâtres c’était la conversion ou la mort.


Le statut de dhimmi Omar, calife de 634 à 644 est le premier à affronter des colonies importantes de chrétiens et de juifs à qui il décide d’accorder son hospitalité et sa protection.

Cette décision s’exprime sous la forme d’un contrat indéfiniment reconduit, la dhimma, à condition que les bénéficiaires, les dhimmi respectent la domination de l’islam.

Ce statut de dhimmis, élaboré pour les « gens du Livre », est aussi connu sous le nom de Pacte d’Omar, les chroniqueurs arabes l’attribuant à Omar Ier, 2ème calife de l’Islam (634-644) ou à Omar II (717-720).


En réalité, ce statut remonte à l’année 628 où Mahomet attaqua et détruisit Khaybar, oasis cultivée par une tribu juive, à 140 km de Médine. Après un mois et demi de siège, les agriculteurs juifs capitulèrent au terme d’un pacte, la dhimma : ils pouvaient continuer à cultiver l’oasis, moyennant la remise de la moitié de la récolte et le droit pour Mahomet de les chasser à sa guise.


.En contrepartie, il s’engageait à les protéger contre les razzias bédouines et les autorisait à conserver leur organisation religieuse avec leur clergé et leurs tribunaux.  Cela servit de modèle pour toutes les conquêtes ultérieures. Les Dhimmis ne devaient par contre pas réduit à l’esclavage … ce qui n’ a pas été toujours le cas ! Libres, ils étaient néanmoins citoyens de seconde zone. Et vivaient dans des quartiers réservés (haras ou mellah).


Ce concept éclaire la politique d’Arafat dans ses pourparlers de paix avec Israël à Oslo … Le 10 mai 1994, quelques mois après avoir signé les accords d’Oslo, il déclarait dans une mosquée de  Johannesburg en arabe que, pour lui, Oslo n’était qu’un pacte (hudna, c'est-à-dire trêve,) semblable à  celles que signait le prophète lorsqu’il se trouvait en position de faiblesse, pour mieux vaincre l’ennemi le moment venu.



En Afrique du Nord, ce statut fut aboli par la colonisation européenne. Au Yémen, il existait encore au XXème siècle. L’empire Ottoman, sous la pression des puissances occidentales, le supprima théoriquement en 1856.


Et si on mariait nos jeunes filles avant leur puberté, c’est de peur qu’un Musulman la prenne dans son harem, il était d usage de marier les filles juives à 8 ou 9 ans, afin de les protéger, et c’est au sein de la belle famille que la jeune fille devenait jeune femme et véritable épouse.

Ce statut a eu 3 caractéristiques constantes :

Juifs et Chrétiens, jugés impurs et inférieurs par la loi islamique, étaient soumis, dans tous les domaines, à une humiliation systématique et organisée. Ils devaient porter des habits distinctifs et se vêtir de noir. Le vert (couleur de l’Islam) leur était interdit.


L’humiliation des dhimmis a pris les formes les plus diverses. Cloches, schofars, bannières, croix, tout signe visible ou audible de leur foi leur était proscrit avec une obligation de discrétion dans la pratique de leur culte et l’enterrement de leurs morts. Leur infériorisation se manifestait également entre autres par des vêtement


Le port de la rouelle que le concile de Latran empruntera à l’Islam pour l’imposer aux Juifs de la chrétienté, était souvent obligatoire sous peine de mort. Ils ne pouvaient pas monter de chevaux, animaux nobles, et devaient descendre de leur âne ou de leur mule, quand ils croisaient un musulman. Le port d’arme leur était interdit.


Leurs lieux de culte et même leurs habitations ne pouvaient dépasser en hauteur celles des musulmans. Il leur était interdit de construire des synagogues. Cette interdiction ne            jouait pas s’il   s’agissait d’un édifice pré-islamique, ce qui permettait parfois de         contourner la loi. Mais l’intolérance religieuse était de mise.



Les Dhimmis  étaient soumis à des charges exceptionnelles. : Ils devaient payer un impôt de capitation, (taxe par tête) connu sous le nom de jizya, et ce dans un état d’humiliation totale, ils payaient aussi un lourd impôt foncier, et pour tout reçu, ils recevaient un soufflet. ou bien un coup sur la nuque ou le front et devaient payer un impôt spécial sur la terre, ils étaient obligés d’effectuer les travaux les plus vils (ramassage des ordures, nettoyage des latrines). Lorsqu’il venait payer ses impôts, le dhimmi devait se tenir debout à l’endroit le plus bas, se présenter tête basse, être traité avec dédain. Il fallait lui faire sentir que c’était lui faire une grâce que d’accepter de lui la jizia, l’humiliation pouvant être complétée par des soufflets ou des coups de bâton.


 Juridiquement incapables Ils vivaient dans une complète précarité juridique et physique, la protection qui leur était accordée pouvant être retirée à tout moment. Elle l’était systématiquement lorsqu’ils étaient accusés à tort ou à raison d’avoir dit du mal de l’Islam. La sanction pouvant aller jusqu’à la peine de mort.  Le dhimmi n’avait aucune valeur juridique face à un musulman contre lequel sa parole au tribunal était irrecevable en cas de conflit.


L’accusation de blasphème contre l’islam était (est toujours) en terre d’islam le moyen le plus simple de faire condamner à mort quelqu’un. Sous une apparence de noble défense du sacré, c’est également le moyen le plus sournois de museler et détruire la liberté et la vérité. Le cocher d’un de mes ancêtres Caïd des juifs, Scemama, Batou Sfez  avait mal considéré un musulman, il fut jugé et exécuté. C’était en 1857.


Si un musulman peut épouser une dhimmi, il est par contre interdit à un dhimmi d'épouser une musulmane, une règle dont la transgression est sévèrement réprimée, allons jusqu'à la peine capitale. Un dhimmi ne pouvait pas non plus posséder d’esclaves musulmans, ils ne pouvaient pas servir dans l’armée, mais de nombreux dirigeants utilisaient habilement des fonctionnaires dhimmis, surtout pour récolter des impôts.


La dhimma fut diversement appliquée selon les lieux et les époques aux Juifs, Samaritains, et Chrétiens. C’est ainsi qu’on a pu parler d’un âge d’or andalou où il a existé une certaine symbiose entre les cultures juives, arabes et chrétiennes au début du Moyen-âge. Mais il ne faut pas en retenir  une vision simplifiée et idéalisée de l’histoire des Juifs en Espagne. Je vous renvoie à l’histoire de Maimonide qui dut fuir Cordoue devant les persécutions des musulmans.


On parle souvent de l’harmonie et de l’amour qui régnaient en Espagne au Moyen-âge
Que nenni !!!  … C’est une fable. L’Andalousie souffrit de guerres continuelles entre les différentes tribus arabes, les guerres entre les cités-royaumes (taifas), les soulèvements des chrétiens indigènes, et enfin de conflits permanents avec les royaumes chrétiens du Nord. Les esclaves chrétiens des deux sexes emplissaient les harems et les troupes du calife. L’Andalousie appliquait le rite malékite, l’un des plus sévères de la jurisprudence islamique, le statut de Dhimmi existait et dominait toutes les relations entre musulmans, juifs et chrétiens.



Le poids de la « protection » s’alourdissait très vite. Dès  822, au début du règne d’Abd ar-Rahman, l’émir de Cordoue, les recettes annuelles prélevées sur la population dhimmi s’élevaient à six cent mille dinars et trente ans plus tard elles atteignaient cinq millions et demi de dinars. 


Des massacres des transferts de population des déportations étaient organisés à l’issu de toutes tentatives de rébellion … en gage de  leçon …
Afin de conserver le statu quo, Les   rabbins, et les prêtres responsables de la bonne tenue de leurs coreligionnaires et du paiement de la dîme et pour ne pas être personnellement tenus responsables … ils risquaient leur vie, éteignaient toute amorce de révolte .


Du fait du désarmement de la population, toute tentative de révolte était vouée à l’échec et se terminait par d’impitoyables tueries et des prises d’esclaves.
En 805, pour mettre fin à des troubles à Cordoue, le gouvernement fit exécuter 72 personnes et fit clouer leurs cadavres sur des croix le long du chemin longeant le Guadalquivir. Vers 807, à Tolède pour mettre un terme à l’opposition des notables, mouladis, de la ville, l’émir les invita tous à une réception et les fit exécuter. 


Voila pourquoi le Grand Maïmonide dut  quitter Cordoue et l’Espagne à 13 ans avec sa famille pour prendre le chemin de l’exil vivre et étudier à Fès, pour terminer sa vie dans le delta du Nil à Fostat avant d’être enterré à Tibériade.


Ce statut n’a pas empêché, dans certains cas, les massacres de juifs dans de nombreux pays arabes, tout au long des siècles.


Le 5 février 1840 dans le quartier chrétien de Damas le Père Tommaso   (1777-1840),   et son domestique, disparaissent sans laisser de traces  l'enquête est confiée aux autorités égyptiennes qui administrent alors la Syrie. Le Consul de France et la rumeur publique  accusent  les Juifs de Damas d'avoir tué rituellement le moine et son domestique, afin de récupérer leur sang pour le repas de Pessah Un barbier juif, Suleïman Negrin, est arrêté. Il avoue sous la torture. Le témoignage du barbier est présenté comme décisif par les enquêteurs,  on y associe, le grand rabbin de Damas et des notables juifs, lesquels sont emprisonnés et torturés. Plusieurs prisonniers meurent sous la torture.


L'affaire a eu d'importantes répercussions internationales. Elle lance le coup d'envoi de l'antisémitisme moderne, selon Rina Cohen et Adolphe Crémieux crée pour défendre les juifs l’Alliance Israélite Universelle.




Si la France décide en 1830 d’envahir   l’Algérie, c’est sous prétexte  que ce pays organisait des razzias par des pirates et qu’un véritable marché aux esclaves chrétiens se tenait en permanence à Alger. La France a pris pieds en Algérie en 1830, les juifs autochtones sont des Dhimmis, ils sont pauvres, voire misérables, parce que lourdement imposés par le régime Turc, et le Dey d’Alger.


L’arrivée de la France a été une véritable libération, les français traitant juifs et musulmans
indigènes sous un pied d’égalité. Les juifs vont plus loin que les musulmans, dès 1842, ils
acceptent que les tribunaux français remplacent les tribunaux rabbiniques pour les affaires
civiles, dès 1845, les rabbins, tout comme les prêtres et les pasteurs sont payés par l’état.


Elu député pour l’Assemblée du Corps législatif de 1869, Crémieux met de suite en avant la
naturalisation collective des juifs d’Algérie .Le 24 octobre 1870, le gouvernement provisoire de la République, conduit à Tours par Léon Gambetta, adopte donc  le « Décret Crémieux », Crémieux est alors Ministre de la Justice, ce décret si célèbre assure la citoyenneté française collective aux 37 000 Juifs autochtones des trois départements d’Algérie.



Ces derniers ont ainsi renoncé, comme ceux de la métropole, à un statut personnel (mariage,
divorce, héritage) au profit de la loi française ; le Consistoire central à Paris s’appelle
désormais « Consistoire central des israélites de France et d’Algérie ».


Émancipés, intégrés ou assimilés, les Juifs ont trouvé en France, depuis la Révolution, une
vraie patrie. Mais avec le décret Crémieux, ils établissent une discrimination inédite entre les juifs, élevés au rang de citoyens français, et les musulmans qui avaient refusé les exigences portées par cette loi : l’abandon de la Charia, la polygamie et l’adoption d’un prénom « français »



En 1860, le statut du dhimmi fut officiellement aboli dans l’Empire Ottoman  sous la pression des puissances européennes, mais en fait il se maintint sous des formes atténuées compte tenu des résistances populaires et religieuses. Un siècle plus tard, la Turquie organise le génocide des Arméniens (1915).



Hors de l’Empire Ottoman, en Iran, en Afghanistan, dans l’Asie musulmane et au Maghreb (Jusqu’à l’arrivée des français), il se perpétua sous des formes beaucoup plus sévères jusqu’à la colonisation. En Iran, la dynastie Pahlavi tenta de l’abolir et d’instituer l’égalité religieuse. C’est aussi l’une des raisons de l’impopularité du Shah dans les milieux religieux. Une fois au pouvoir, ceux-ci rétablirent la charia et la juridiction coranique.







Pourquoi et comment  le statut de Dhimmi a-t-il été si déterminent dans l’imaginaire arabe et musulman ?


Il a eu pour conséquence l’affaiblissement des communautés juives et chrétiennes, encore majoritaires dans de nombreux territoires plusieurs siècles après l’invasion arabe, par suite des extorsions, des persécutions occasionnelles et des conversions forcées.


De plus, il a entraîné, dans la plupart de ces communautés, une mentalité de soumission abjecte. Pour éviter les persécutions, Eglises et Synagogues prenaient systématiquement le parti de leurs oppresseurs.


Cette mentalité de dhimmis est encore vivace dans de nombreuses Eglises chrétiennes du Moyen-Orient, comme le prouve l’attitude systématiquement pro-musulmane et anti-israélienne de nombreuses églises du Moyen-Orient, prise de position visant surtout à protéger leurs ouailles mais qui est prise au sérieux par les églises d’Europe (cf. la prise d’otages de l’église de la Nativité en avril 2002).


Les églises chrétiennes qui prétendent avoir toujours bien vécu dans le monde musulman, expliquent, à tort, la détérioration de leurs relations avec l’Islam par la création de l’Etat d’Israël. Elles se sont mises au service de l’Islam et ont contribué à diaboliser Israël, dissimulant l’islamisation et la purification religieuse des sociétés arabes.


Cette attitude a conduit à l’anéantissement du christianisme d’Orient et a fait exploser le Liban. En Europe, on peut observer le manque de réaction devant l’esclavage et les génocides commis au sud du Soudan.


De nos jours, de l’Orient à l’Afrique, avec la montée du fondamentalisme, on assiste à un retour de la dhimmitude dans certains pays, en particulier dans les territoires pris par daech en Syrie, en Irak et en Libye, au Nigéria, dans une partie du Mali, et au Soudan  (massacre de populations animistes et chrétiennes).


« Le jihad et le retour à la condition dhimmie pour les Juifs, les chrétiens, les Zoroastres,  les Bahaï et les Yazidis  constituent aujourd’hui le programme des islamistes modernes », écrit Bat Ye’or.   




De plus, la délégitimation d’Israël par les Islamistes se fonde sur des arguments d’ordre éthologique : la conquête d’un territoire par le jihad implique que ce territoire est réservé pour l’éternité aux envahisseurs musulmans, les autochtones devant être expropriés et réduits à la dhimmitude. Ce principe, s’il était appliqué, conduirait à la délégitimation de tous les pays d’Europe et d’Asie conquis autrefois par le jihad. L’Espagne et le sud de la France et le sud ouest jusqu’à Poitiers sont sur la liste… et en Europe de l’est jusqu’à Budapest et Vienne.

.

Dans ce contexte de dhimmitude, la création d’Israël représente la libération d’un peuple dhimmi. … C’est ce qu’écrit Armand Laferrere à propos d’Israël :

Au Yémen et au Maghreb, régions les moins touchées par la modernisation et l’évolution des idées en Europe et où le statut des juifs était parmi les plus sévères, les juifs nourrissaient un sentiment de gratitude envers l’autorité musulmane qui protégeait leur vie. Seule cette protection, mais non le droit, permettait leur existence. Résignés par leur extrême vulnérabilité à subir un despotisme déshumanisant, les juifs inspiraient par leur endurance aux persécutions, l’admiration de nombreux voyageurs étrangers. Seul leur espoir dans la rédemption d’Israël, c’est-à-dire leur libération de l’exil, leur permettait de supporter les humiliations et les souffrances de la dhimmitude. (Bat Yé’Or).


Pour tous les juifs marocains le Sultan Mohamed V était un héros, leur protecteur … En fait c’est pour obtenir l’appui des américains contre les français pendant la seconde guerre mondiale qu’il a protégé les juifs, c’est donc par pur intérêt politique …


Puis en 1948, c’est la renaissance de l’Etat d’Israël, « Ce sera la grandeur éternelle des juifs d’Israël que d’avoir rompu la dhimma. Après près de  14 siècles d’humiliation, les Juifs peuvent enfin s’habiller comme ils le souhaitent, conserver le fruit de leur travail, débattre librement, défendre leurs vies et leurs propriétés  [se soumettre aux lois et non aux caprices des puissants, sur la terre où leur peuple est né]


Il est normal que cette liberté retrouvée offusque ceux qui croient que leur religion leur  donne un droit divin  à dominer les autres peuples, que le moindre recul du dar-al-islam est un scandale théologique absolu ou que la démocratie, l’Etat de droit, les droits de la Femme,  et  l’économie de marché, ne sont pas des objectifs légitimes.



Il est plus surprenant de voir ceux qui se réclament de traditions démocratiques (on pense aux écologistes  aux partis d’extrême gauche, et aux alter-juifs) de prendre constamment parti contre Israël,  le seul pays libre et démocratique du Moyen Orient. »  à Paris, ce mois ci,
Nuit Debout, Place de la République offre un forum permanent au BDS  sous un énorme drapeau des arabes de l’autorité palestinienne. La haine des juifs, d’Israël est l’unique sujet des débats.


Il serait bon de faire comprendre aux chrétiens ou « croisés » comme les appellent les islamistes que leur destin est inséparable de celui du peuple juif et que leurs intérêts sont communs. Le jihad et la dhimmitude les menacent tout autant. « D’abord le samedi, après le dimanche » tel est le slogan des islamistes. Le problème est qu’ils placent l’origine de leurs problèmes sur la construction et l’existence de l’Etat Juif, seul état qui leur permet de vivre libres. C’est un combat qu il faut mener au côté du Père desbois



Nous assistons à la fin de la présence des chrétiens d’Orient en Syrie et en Irak, en Turquie et dans les territoires administrés par les arabes de palestine … Seule la minorité Copte d’Egypte, de par son nombre, (11 millions) et par les hautes fonctions qu’ils occupaient (Boutros Boutros Ghali) et après des vexations et des pogroms - dernièrement sous l’ex président Morsi - … a résisté pour le moment !



Bat Ye'Or définit le « Palestinisme » comme une idéologie inventée par des intellectuels et politiciens européens et arabes qui vise à remplacer Israël par la Palestine. Selon elle, il est « le cheval de Troie de la reddition de l’Europe, de son islamisation, de sa flagellation, de sa négation d’une identité chrétienne car elle est enracinée dans le judaïsme et dans l’histoire d’Israël que l’islam nie et que l’Europe nazie a abhorrés »




Le « Palestinisme » s'oppose à Israël pour deux raisons. Les Juifs étant un peuple de dhimmis, ils ne peuvent gouverner des musulmans et encore moins gouverner un pays, de surcroit s'il s'agit d'un pays libéré de la colonisation du jihad, ce qui est le cas d'Israël. Ensuite, la doctrine musulmane rejetant la Bible, elle considère que le judaïsme et le christianisme sont des falsifications de l'Islam : elle nie donc le patrimoine ancestral des juifs et des chrétiens en Terre Sainte, ce qui explique sa guerre contre Israël.



Selon Bat Ye'or, dans le monde arabe et musulman, le « Palestinisme » est un outil utilisé par des djihadistes pour détruire l'indépendance et la liberté du peuple dhimmi juif.


En Europe, il sert de prétexte à la Communauté européenne pour soutenir le djihad de la Ligue arabe et lui fait oublier ses valeurs judéo-chrétiennes pour soutenir l'objectif djihadiste d'imposer l'islam totalitaire au monde entier.


La guerre des arabes de palestine  contre Israël est une occasion pour les antisémites européens de maintenir une culture de haine et de dénigrement des Juifs en vue d'offrir un soutien moral et politique à un second holocauste.


Selon Bat Ye'Or, « l'Europe a légitimé les intentions de l'OLP de détruire Israël dès les années 1970, ses enlèvements et ses massacres de civils, ses détournements d'avions, son terrorisme, par le rejet de sa responsabilité sur les victimes plutôt que sur leurs auteurs »


 L'Europe est également le plus grand bailleur de fond des arabes de palestine. En faisant d'Israël la source des conflits, l'Europe se paralyse face à ses ennemis, s'empêche de combattre leur idéologie et se condamne.] [Citation de Bat Yé’Or]



LE CONCEPT DE DHIMMITUDE DANS L’ISLAM.




Juifs et Chrétiens considérés par l’Islam  comme des Infidèles mais aussi comme les Peuples du Livre  étaient soumis à un statut particulier, la dhimma, c'est-à-dire la protection, par ailleurs avilissante,  accordée par le prophète  aux populations juives et chrétiennes qu’il avait soumises. 


Le texte fondateur de la législation musulmane à l’égard des Juifs et des chrétiens est la sourate IX, verset 29 du Coran. : 


« Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu ni au jour dernier, qui ne regardent point comme défendu ce que Dieu et son prophète ont défendu, et ceux d’entre les hommes des Ecritures qui ne professent pas la vraie religion, combattez les jusqu’à ce qu’ils paient le tribut de leurs propres mains et qu’ils soient soumis. »


La protection ou dhimma accordée aux gens du Livre ne se conçoit donc qu’après la victoire des Musulmans dans la guerre sainte ou Jihad, victoire qui transforme les terres des Infidèles en terre d’Islam (dar-al-islam) pour l’éternité.

La dhimmitude est corrélée au jihad. C’est le statut de soumission des indigènes non-musulmans –  juifs, chrétiens, sabéens, zoroastriens, hindous, etc. - régis dans leur pays par la loi islamique. Il est inhérent aufiqh (jurisprudence) et à la charîa (loi islamique). Pour les autres peuples, notamment  les idolâtres c’était la conversion ou la mort. 


Le statut de dhimmi Omar, calife de 634 à 644 est le premier à affronter des colonies importantes de chrétiens et de juifs à qui il décide d’accorder son hospitalité et sa protection. 

Cette décision s’exprime sous la forme d’un contrat indéfiniment reconduit, la dhimma, à condition que les bénéficiaires, les dhimmi respectent la domination de l’islam.

Ce statut de dhimmis, élaboré pour les « gens du Livre », est aussi connu sous le nom de Pacte d’Omar, les chroniqueurs arabes l’attribuant à Omar Ier, 2ème calife de l’Islam (634-644) ou à Omar II (717-720). 


En réalité, ce statut remonte à l’année 628 où Mahomet attaqua et détruisit Khaybar, oasis cultivée par une tribu juive, à 140 km de Médine. Après un mois et demi de siège, les agriculteurs juifs capitulèrent au terme d’un pacte, la dhimma : ils pouvaient continuer à cultiver l’oasis, moyennant la remise de la moitié de la récolte et le droit pour Mahomet de les chasser à sa guise.


.En contrepartie, il s’engageait à les protéger contre les razzias bédouines et les autorisait à conserver leur organisation religieuse avec leur clergé et leurs tribunaux.  Cela servit de modèle pour toutes les conquêtes ultérieures. Les Dhimmis ne devaient par contre pas réduit à l’esclavage … ce qui n’ a pas été toujours le cas ! Libres, ils étaient néanmoins citoyens de seconde zone. Et vivaient dans des quartiers réservés (haras ou mellah).


Ce concept éclaire la politique d’Arafat dans ses pourparlers de paix avec Israël à Oslo … Le 10 mai 1994, quelques mois après avoir signé les accords d’Oslo, il déclarait dans une mosquée de  Johannesburg en arabe que, pour lui, Oslo n’était qu’un pacte (hudna, c'est-à-dire trêve,) semblable à  celles que signait le prophète lorsqu’il se trouvait en position de faiblesse, pour mieux vaincre l’ennemi le moment venu.



En Afrique du Nord, ce statut fut aboli par la colonisation européenne. Au Yémen, il existait encore au XXème siècle. L’empire Ottoman, sous la pression des puissances occidentales, le supprima théoriquement en 1856.


Et si on mariait nos jeunes filles avant leur puberté, c’est de peur qu’un Musulman la prenne dans son harem, il était d usage de marier les filles juives à 8 ou 9 ans, afin de les protéger, et c’est au sein de la belle famille que la jeune fille devenait jeune femme et véritable épouse.

Ce statut a eu 3 caractéristiques constantes : 

Juifs et Chrétiens, jugés impurs et inférieurs par la loi islamique, étaient soumis, dans tous les domaines, à une humiliation systématique et organisée. Ils devaient porter des habits distinctifs et se vêtir de noir. Le vert (couleur de l’Islam) leur était interdit. 


L’humiliation des dhimmis a pris les formes les plus diverses. Cloches, schofars, bannières, croix, tout signe visible ou audible de leur foi leur était proscrit avec une obligation de discrétion dans la pratique de leur culte et l’enterrement de leurs morts. Leur infériorisation se manifestait également entre autres par des vêtement


Le port de la rouelle que le concile de Latran empruntera à l’Islam pour l’imposer aux Juifs de la chrétienté, était souvent obligatoire sous peine de mort. Ils ne pouvaient pas monter de chevaux, animaux nobles, et devaient descendre de leur âne ou de leur mule, quand ils croisaient un musulman. Le port d’arme leur était interdit.


Leurs lieux de culte et même leurs habitations ne pouvaient dépasser en hauteur celles des musulmans. Il leur était interdit de construire des synagogues. Cette interdiction ne jouait pas s’il s’agissait d’un édifice pré-islamique, ce qui permettait parfois de contourner la loi. Mais l’intolérance religieuse était de mise.



Les Dhimmis  étaient soumis à des charges exceptionnelles. : Ils devaient payer un impôt de capitation, (taxe par tête) connu sous le nom de jizya, et ce dans un état d’humiliation totale, ils payaient aussi un lourd impôt foncier, et pour tout reçu, ils recevaient un soufflet. ou bien un coup sur la nuque ou le front et devaient payer un impôt spécial sur la terre, ils étaient obligés d’effectuer les travaux les plus vils (ramassage des ordures, nettoyage des latrines). Lorsqu’il venait payer ses impôts, le dhimmi devait se tenir debout à l’endroit le plus bas, se présenter tête basse, être traité avec dédain. Il fallait lui faire sentir que c’était lui faire une grâce que d’accepter de lui la jizia, l’humiliation pouvant être complétée par des soufflets ou des coups de bâton.


 Juridiquement incapables Ils vivaient dans une complète précarité juridique et physique, la protection qui leur était accordée pouvant être retirée à tout moment. Elle l’était systématiquement lorsqu’ils étaient accusés à tort ou à raison d’avoir dit du mal de l’Islam. La sanction pouvant aller jusqu’à la peine de mort.  Le dhimmi n’avait aucune valeur juridique face à un musulman contre lequel sa parole au tribunal était irrecevable en cas de conflit.


L’accusation de blasphème contre l’islam était (est toujours) en terre d’islam le moyen le plus simple de faire condamner à mort quelqu’un. Sous une apparence de noble défense du sacré, c’est également le moyen le plus sournois de museler et détruire la liberté et la vérité. Le cocher d’un de mes ancêtres Caïd des juifs, Scemama, Batou Sfez  avait mal considéré un musulman, il fut jugé et exécuté. C’était en 1857. 


Si un musulman peut épouser une dhimmi, il est par contre interdit à un dhimmi d'épouser une musulmane, une règle dont la transgression est sévèrement réprimée, allons jusqu'à la peine capitale. Un dhimmi ne pouvait pas non plus posséder d’esclaves musulmans, ils ne pouvaient pas servir dans l’armée, mais de nombreux dirigeants utilisaient habilement des fonctionnaires dhimmis, surtout pour récolter des impôts.


La dhimma fut diversement appliquée selon les lieux et les époques aux Juifs, Samaritains, et Chrétiens. C’est ainsi qu’on a pu parler d’un âge d’or andalou où il a existé une certaine symbiose entre les cultures juives, arabes et chrétiennes au début du Moyen-âge. Mais il ne faut pas en retenir  une vision simplifiée et idéalisée de l’histoire des Juifs en Espagne. Je vous renvoie à l’histoire de Maimonide qui dut fuir Cordoue devant les persécutions des musulmans.


On parle souvent de l’harmonie et de l’amour qui régnaient en Espagne au Moyen-âge 
Que nenni !!!  … C’est une fable. L’Andalousie souffrit de guerres continuelles entre les différentes tribus arabes, les guerres entre les cités-royaumes (taifas), les soulèvements des chrétiens indigènes, et enfin de conflits permanents avec les royaumes chrétiens du Nord. Les esclaves chrétiens des deux sexes emplissaient les harems et les troupes du calife. L’Andalousie appliquait le rite malékite, l’un des plus sévères de la jurisprudence islamique, le statut de Dhimmi existait et dominait toutes les relations entre musulmans, juifs et chrétiens.



Le poids de la « protection » s’alourdissait très vite. Dès  822, au début du règne d’Abd ar-Rahman, l’émir de Cordoue, les recettes annuelles prélevées sur la population dhimmi s’élevaient à six cent mille dinars et trente ans plus tard elles atteignaient cinq millions et demi de dinars. 


Des massacres des transferts de population des déportations étaient organisés à l’issu de toutes tentatives de rébellion … en gage de  leçon …
Afin de conserver le statu quo, Les   rabbins, et les prêtres responsables de la bonne tenue de leurs coreligionnaires et du paiement de la dîme et pour ne pas être personnellement tenus responsables … ils risquaient leur vie, éteignaient toute amorce de révolte .


Du fait du désarmement de la population, toute tentative de révolte était vouée à l’échec et se terminait par d’impitoyables tueries et des prises d’esclaves.
En 805, pour mettre fin à des troubles à Cordoue, le gouvernement fit exécuter 72 personnes et fit clouer leurs cadavres sur des croix le long du chemin longeant le Guadalquivir. Vers 807, à Tolède pour mettre un terme à l’opposition des notables, mouladis, de la ville, l’émir les invita tous à une réception et les fit exécuter. 


Voila pourquoi le Grand Maïmonide dut  quitter Cordoue et l’Espagne à 13 ans avec sa famille pour prendre le chemin de l’exil vivre et étudier à Fès, pour terminer sa vie dans le delta du Nil à Fostat avant d’être enterré à Tibériade.


Ce statut n’a pas empêché, dans certains cas, les massacres de juifs dans de nombreux pays arabes, tout au long des siècles.


Le 5 février 1840 dans le quartier chrétien de Damas le Père Tommaso   (1777-1840),   et son domestique, disparaissent sans laisser de traces  l'enquête est confiée aux autorités égyptiennes qui administrent alors la Syrie. Le Consul de France et la rumeur publique  accusent  les Juifs de Damas d'avoir tué rituellement le moine et son domestique, afin de récupérer leur sang pour le repas de Pessah Un barbier juif, Suleïman Negrin, est arrêté. Il avoue sous la torture. Le témoignage du barbier est présenté comme décisif par les enquêteurs,  on y associe, le grand rabbin de Damas et des notables juifs, lesquels sont emprisonnés et torturés. Plusieurs prisonniers meurent sous la torture.


L'affaire a eu d'importantes répercussions internationales. Elle lance le coup d'envoi de l'antisémitisme moderne, selon Rina Cohen et Adolphe Crémieux crée pour défendre les juifs l’Alliance Israélite Universelle. 




Si la France décide en 1830 d’envahir   l’Algérie, c’est sous prétexte  que ce pays organisait des razzias par des pirates et qu’un véritable marché aux esclaves chrétiens se tenait en permanence à Alger. La France a pris pieds en Algérie en 1830, les juifs autochtones sont des Dhimmis, ils sont pauvres, voire misérables, parce que lourdement imposés par le régime Turc, et le Dey d’Alger.


L’arrivée de la France a été une véritable libération, les français traitant juifs et musulmans
indigènes sous un pied d’égalité. Les juifs vont plus loin que les musulmans, dès 1842, ils
acceptent que les tribunaux français remplacent les tribunaux rabbiniques pour les affaires
civiles, dès 1845, les rabbins, tout comme les prêtres et les pasteurs sont payés par l’état.


Elu député pour l’Assemblée du Corps législatif de 1869, Crémieux met de suite en avant la
naturalisation collective des juifs d’Algérie .Le 24 octobre 1870, le gouvernement provisoire de la République, conduit à Tours par Léon Gambetta, adopte donc  le « Décret Crémieux », Crémieux est alors Ministre de la Justice, ce décret si célèbre assure la citoyenneté française collective aux 37 000 Juifs autochtones des trois départements d’Algérie.



Ces derniers ont ainsi renoncé, comme ceux de la métropole, à un statut personnel (mariage,
divorce, héritage) au profit de la loi française ; le Consistoire central à Paris s’appelle
désormais « Consistoire central des israélites de France et d’Algérie ».


Émancipés, intégrés ou assimilés, les Juifs ont trouvé en France, depuis la Révolution, une
vraie patrie. Mais avec le décret Crémieux, ils établissent une discrimination inédite entre les juifs, élevés au rang de citoyens français, et les musulmans qui avaient refusé les exigences portées par cette loi : l’abandon de la Charia, la polygamie et l’adoption d’un prénom « français »



En 1860, le statut du dhimmi fut officiellement aboli dans l’Empire Ottoman  sous la pression des puissances européennes, mais en fait il se maintint sous des formes atténuées compte tenu des résistances populaires et religieuses. Un siècle plus tard, la Turquie organise le génocide des Arméniens (1915). 



Hors de l’Empire Ottoman, en Iran, en Afghanistan, dans l’Asie musulmane et au Maghreb (Jusqu’à l’arrivée des français), il se perpétua sous des formes beaucoup plus sévères jusqu’à la colonisation. En Iran, la dynastie Pahlavi tenta de l’abolir et d’instituer l’égalité religieuse. C’est aussi l’une des raisons de l’impopularité du Shah dans les milieux religieux. Une fois au pouvoir, ceux-ci rétablirent la charia et la juridiction coranique.







Pourquoi et comment  le statut de Dhimmi a-t-il été si déterminent dans l’imaginaire arabe et musulman ?


Il a eu pour conséquence l’affaiblissement des communautés juives et chrétiennes, encore majoritaires dans de nombreux territoires plusieurs siècles après l’invasion arabe, par suite des extorsions, des persécutions occasionnelles et des conversions forcées.


De plus, il a entraîné, dans la plupart de ces communautés, une mentalité de soumission abjecte. Pour éviter les persécutions, Eglises et Synagogues prenaient systématiquement le parti de leurs oppresseurs. 


Cette mentalité de dhimmis est encore vivace dans de nombreuses Eglises chrétiennes du Moyen-Orient, comme le prouve l’attitude systématiquement pro-musulmane et anti-israélienne de nombreuses églises du Moyen-Orient, prise de position visant surtout à protéger leurs ouailles mais qui est prise au sérieux par les églises d’Europe (cf. la prise d’otages de l’église de la Nativité en avril 2002). 


Les églises chrétiennes qui prétendent avoir toujours bien vécu dans le monde musulman, expliquent, à tort, la détérioration de leurs relations avec l’Islam par la création de l’Etat d’Israël. Elles se sont mises au service de l’Islam et ont contribué à diaboliser Israël, dissimulant l’islamisation et la purification religieuse des sociétés arabes. 


Cette attitude a conduit à l’anéantissement du christianisme d’Orient et a fait exploser le Liban. En Europe, on peut observer le manque de réaction devant l’esclavage et les génocides commis au sud du Soudan. 


De nos jours, de l’Orient à l’Afrique, avec la montée du fondamentalisme, on assiste à un retour de la dhimmitude dans certains pays, en particulier dans les territoires pris par daech en Syrie, en Irak et en Libye, au Nigéria, dans une partie du Mali, et au Soudan  (massacre de populations animistes et chrétiennes).


« Le jihad et le retour à la condition dhimmie pour les Juifs, les chrétiens, les Zoroastres,  les Bahaï et les Yazidis  constituent aujourd’hui le programme des islamistes modernes », écrit Bat Ye’or.   




De plus, la délégitimation d’Israël par les Islamistes se fonde sur des arguments d’ordre éthologique : la conquête d’un territoire par le jihad implique que ce territoire est réservé pour l’éternité aux envahisseurs musulmans, les autochtones devant être expropriés et réduits à la dhimmitude. Ce principe, s’il était appliqué, conduirait à la délégitimation de tous les pays d’Europe et d’Asie conquis autrefois par le jihad. L’Espagne et le sud de la France et le sud ouest jusqu’à Poitiers sont sur la liste… et en Europe de l’est jusqu’à Budapest et Vienne.


Dans ce contexte de dhimmitude, la création d’Israël représente la libération d’un peuple dhimmi. … C’est ce qu’écrit Armand Laferrere à propos d’Israël :

Au Yémen et au Maghreb, régions les moins touchées par la modernisation et l’évolution des idées en Europe et où le statut des juifs était parmi les plus sévères, les juifs nourrissaient un sentiment de gratitude envers l’autorité musulmane qui protégeait leur vie. Seule cette protection, mais non le droit, permettait leur existence. Résignés par leur extrême vulnérabilité à subir un despotisme déshumanisant, les juifs inspiraient par leur endurance aux persécutions, l’admiration de nombreux voyageurs étrangers. Seul leur espoir dans la rédemption d’Israël, c’est-à-dire leur libération de l’exil, leur permettait de supporter les humiliations et les souffrances de la dhimmitude. (Bat Yé’Or).


Pour tous les juifs marocains le Sultan Mohamed V était un héros, leur protecteur … En fait c’est pour obtenir l’appui des américains contre les français pendant la seconde guerre mondiale qu’il a protégé les juifs, c’est donc par pur intérêt politique … 


Puis en 1948, c’est la renaissance de l’Etat d’Israël, « Ce sera la grandeur éternelle des juifs d’Israël que d’avoir rompu la dhimma. Après près de  14 siècles d’humiliation, les Juifs peuvent enfin s’habiller comme ils le souhaitent, conserver le fruit de leur travail, débattre librement, défendre leurs vies et leurs propriétés  [se soumettre aux lois et non aux caprices des puissants, sur la terre où leur peuple est né]


Il est normal que cette liberté retrouvée offusque ceux qui croient que leur religion leur  donne un droit divin  à dominer les autres peuples, que le moindre recul du dar-al-islam est un scandale théologique absolu ou que la démocratie, l’Etat de droit, les droits de la Femme,  et  l’économie de marché, ne sont pas des objectifs légitimes. 



Il est plus surprenant de voir ceux qui se réclament de traditions démocratiques (on pense aux écologistes  aux partis d’extrême gauche, et aux alter-juifs) de prendre constamment parti contre Israël,  le seul pays libre et démocratique du Moyen Orient. »  à Paris, ce mois ci, 
Nuit Debout, Place de la République offre un forum permanent au BDS  sous un énorme drapeau des arabes de l’autorité palestinienne. La haine des juifs, d’Israël est l’unique sujet des débats.


Il serait bon de faire comprendre aux chrétiens ou « croisés » comme les appellent les islamistes que leur destin est inséparable de celui du peuple juif et que leurs intérêts sont communs. Le jihad et la dhimmitude les menacent tout autant. « D’abord le samedi, après le dimanche » tel est le slogan des islamistes. Le problème est qu’ils placent l’origine de leurs problèmes sur la construction et l’existence de l’Etat Juif, seul état qui leur permet de vivre libres. C’est un combat qu il faut mener au côté du Père desbois



Nous assistons à la fin de la présence des chrétiens d’Orient en Syrie et en Irak, en Turquie et dans les territoires administrés par les arabes de palestine … Seule la minorité Copte d’Egypte, de par son nombre, (11 millions) et par les hautes fonctions qu’ils occupaient (Boutros Boutros Ghali) et après des vexations et des pogroms - dernièrement sous l’ex président Morsi - … a résisté pour le moment ! 



Bat Ye'Or définit le « Palestinisme » comme une idéologie inventée par des intellectuels et politiciens européens et arabes qui vise à remplacer Israël par la Palestine. Selon elle, il est « le cheval de Troie de la reddition de l’Europe, de son islamisation, de sa flagellation, de sa négation d’une identité chrétienne car elle est enracinée dans le judaïsme et dans l’histoire d’Israël que l’islam nie et que l’Europe nazie a abhorrés »




Le « Palestinisme » s'oppose à Israël pour deux raisons. Les Juifs étant un peuple de dhimmis, ils ne peuvent gouverner des musulmans et encore moins gouverner un pays, de surcroit s'il s'agit d'un pays libéré de la colonisation du jihad, ce qui est le cas d'Israël. Ensuite, la doctrine musulmane rejetant la Bible, elle considère que le judaïsme et le christianisme sont des falsifications de l'Islam : elle nie donc le patrimoine ancestral des juifs et des chrétiens en Terre Sainte, ce qui explique sa guerre contre Israël.



Selon Bat Ye'or, dans le monde arabe et musulman, le « Palestinisme » est un outil utilisé par des djihadistes pour détruire l'indépendance et la liberté du peuple dhimmi juif. 


En Europe, il sert de prétexte à la Communauté européenne pour soutenir le djihad de la Ligue arabe et lui fait oublier ses valeurs judéo-chrétiennes pour soutenir l'objectif djihadiste d'imposer l'islam totalitaire au monde entier.


La guerre des arabes de palestine  contre Israël est une occasion pour les antisémites européens de maintenir une culture de haine et de dénigrement des Juifs en vue d'offrir un soutien moral et politique à un second holocauste.


Selon Bat Ye'Or, « l'Europe a légitimé les intentions de l'OLP de détruire Israël dès les années 1970, ses enlèvements et ses massacres de civils, ses détournements d'avions, son terrorisme, par le rejet de sa responsabilité sur les victimes plutôt que sur leurs auteurs »


 L'Europe est également le plus grand bailleur de fond des arabes de palestine. En faisant d'Israël la source des conflits, l'Europe se paralyse face à ses ennemis, s'empêche de combattre leur idéologie et se condamne.] [Citation de Bat Yé’Or]



Nous pouvons donc comprendre pourquoi et comment dans l’inconscient des peuples musulmans il leur est impossible de voir un dhimmi s’élever au dessus d’eux, 



Il leur est impossible de concevoir pourquoi et comment un juif réussit à avoir une Terre, une Armée, une Economie florissante, la Liberté … et … un Pays !!! …


C’est probablement une guerre de religion et non comme on le pense au Quai d’Orsay et en Europe un conflit géopolitique .










Sources 


Encyclopédie Judaïca, 
Le monde sépharade, Civilisation (volume II), sous la direction de Shmuel TRIGANO, 
Le statut des juifs en terre d’Islam, essor et disparition de la dhimmitude par 
Simon SCHWARZFUCHS, pp 25-37 (Seuil, 2007), 
Akadem Université en Ligne, 
Bat YE’OR, Les Chrétientés d’Orient entre Jihâd et dhimmitude, VIIè-XXè siècle, p. 43, Editions du Cerf, collection  « L'histoire à vif », Paris, 1991,
 DUFOURCQ Charles-Emmanuel, La vie quotidienne dans l’Europe Médiévale sous domination Arabe, p. 217, Hachette, Paris, 1978. 
Bat YE’OR, Juifs et chrétiens sous l’islam face au danger intégriste, p. 63, Berg International Editeur, Paris, 2005, 
Paul SEBAG, Histoire des Juifs de Tunisie, Paris, L’Harmattan, 1991, passim ; 
Robert ATTAL et Claude SITBON, Regards sur les Juifs de Tunisie, Paris, Albin Michel, 1979, passim.
Les Chrétientés d'Orient entre jihâd et dhimmitude : VIIe-XXe siècle, avec une préface de Jacques ELLUL. Éditions du Cerf,
Collectif, Les Juifs de Tunisie, Images et textes, Paris, Bibieurope, 1997, Passim.
André CHOURAQUI Histoire des Juifs en Afrique du Nord Ed du Rocher 1998
Albert LONDRES, Le Juif errant est arrivé. Ed; du Serpent à plumes, 2000
Rina COHEN (Inalco) "L'Affaire de Damas (1840) et les prémisses de l'antisémitisme moderne",  Les Archives juives, n°34/1, 2001.
Bat  YE’OR Eurabia : L'axe Euro-Arabe. Paris 2006 
Matthias KÜNTZEL, Jihad et haine des juifs, le lien troublant entre islamisme et nazisme à la racine du terrorisme international 2009
Clémence HELOU MATAR, Comprendre l’Islam et construire une humanité fraternelle et spécifique, Paris, Cariscript, 2010
Gilles BOULU Les Scemama ou Samama, Hauts fonctionnaires de la Régence de Tunis 2005
Georges BENSOUSSAN : Juifs en pays arabes Ed. Taillandier 2012, 
















Sources


Encyclopédie Judaïca,
Le monde sépharade, Civilisation (volume II), sous la direction de Shmuel TRIGANO,
Le statut des juifs en terre d’Islam, essor et disparition de la dhimmitude par
Simon SCHWARZFUCHS, pp 25-37 (Seuil, 2007),
Akadem Université en Ligne,
Bat YE’OR, Les Chrétientés d’Orient entre Jihâd et dhimmitude, VIIè-XXè siècle, p. 43, Editions du Cerf, collection  « L'histoire à vif », Paris, 1991,
 DUFOURCQ Charles-Emmanuel, La vie quotidienne dans l’Europe Médiévale sous domination Arabe, p. 217, Hachette, Paris, 1978.
Bat YE’OR, Juifs et chrétiens sous l’islam face au danger intégriste, p. 63, Berg International Editeur, Paris, 2005,
Paul SEBAG, Histoire des Juifs de Tunisie, Paris, L’Harmattan, 1991, passim ;
Robert ATTAL et Claude SITBON, Regards sur les Juifs de Tunisie, Paris, Albin Michel, 1979, passim.
Les Chrétientés d'Orient entre jihâd et dhimmitude : VIIe-XXe siècle, avec une préface de Jacques ELLUL. Éditions du Cerf,
Collectif, Les Juifs de Tunisie, Images et textes, Paris, Bibieurope, 1997, Passim.
André CHOURAQUI Histoire des Juifs en Afrique du Nord Ed du Rocher 1998
Albert LONDRESLe Juif errant est arrivé. Ed; du Serpent à plumes, 2000
Rina COHEN (Inalco) "L'Affaire de Damas (1840) et les prémisses de l'antisémitisme moderne",  Les Archives juives, n°34/1, 2001.
Bat  YE’OR Eurabia : L'axe Euro-Arabe. Paris 2006 
Clémence HELOU MATAR, Comprendre l’Islam et construire une humanité fraternelle et spécifique, Paris, Cariscript, 2010
Gilles BOULU Les Scemama ou Samama, Hauts fonctionnaires de la Régence de Tunis 2005
Georges BENSOUSSAN : Juifs en pays arabes Ed. Taillandier 2012,