La
présence juive en Terre d’Israël de 135 à 1839
BCH
l’exposition « Connaissance d’Israël ».
BCH
l’exposition « Connaissance d’Israël ».
Cet
exposé s’inscrit dans le cadre de travaux préparés par certains d’entre nous
pour l’exposition « Connaissance
d’Israël ». Notre but est d’améliorer l’image d’Israël et de lutter contre
la désinformation et la propagande.
Il
nous a paru important de rappeler que la création de l’état moderne d’Israël
n’est pas le fait de colons européens qui n’auraient aucun lien avec cette
terre.
Il
faut garder à l’esprit que, d’une part,
la présence juive en Israël n’a jamais cessé, d’autre part que le peuple juif,
contraint à l’exil, est demeuré fidèle au pays de ses ancêtres, à travers toute
les dispersions.
Cet attachement immémorial du peuple juif à la terre d’Israël
est attesté de façon émouvante par le Psaume 137 : »Sur les rives des
fleuves de Babylone, là nous nous assîmes et nous pleurâmes au souvenir de
Sion…Si je t’oublies jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son
service ! Que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens de
toi… ».
Les Juifs n’ont jamais cessé d’évoquer la terre de leurs ancêtres
dans leurs prières, ils ont été constamment habités par elle, si bien que cette
« Terre a toujours été hantée par les Juifs. » (Daniel Sibony)
Sous
domination romaine
En
135 de l’ère commune, au terme d’une guerre atroce de 4 ans, l’empereur romain
Hadrien rase Jérusalem et construit à la place la cité païenne de Aelia
Capitolina désormais interdite aux Juifs pendant près de 500 ans. Le pays est
mis à feu et à sang par les Romains, des centaines de milliers de morts, des
milliers de juifs déportés à Rome comme esclaves.
La Judée perd jusqu’à son
nom : la nouvelle province romaine s’appellera la Palestine, nom
officialisé par les Britanniques au moment, où, à l’issue de la première guerre
mondiale, ce pays est confié à leur mandat.
Malgré
tout, les juifs reviennent de façon sporadique à Jérusalem pour prier et
pleurer leur cité détruite près d’un petit tronçon de mur, reste de l’enceinte
occidentale du Temple, appelé par les chrétiens « le Mur des lamentations. »
Ils y étaient du reste autorisés 1 fois par ans , le 9 av
A
la fin du 3ème siècle de l’ère commune, les juifs représentent un
tiers de la population évaluée à 1 500 000 habitants. La plupart
d’entre eux restent des paysans, ce qu’ils avaient été avant la chute du
Temple. Ils vivent dans des communautés villageoises qui se trouvent en Galilée
et sur le Golan, quelques-unes dans la région d’Hébron et un petit nombre dans
la plaine côtière et la vallée du Jourdain.
Les
Juifs se concentrent aussi sur l’étude de la Torah qui devient l’élément
essentiel du culte et remplace les pratiques anciennes. Les instances
dirigeantes de la communauté s’établissent dans le Nord du pays, à Tibériade où
à partir du 3ème siècle siège l’assemblée du Sanhédrin et son
président, le nassi, véritable chef spirituel et politique de la population
juive du pays ; (ce dernier disparaîtra sous la pression de l’Eglise.)
Dans le village de Haute Galilée de Pek’in, la présence des Juifs a été
continue de l’époque romaine jusqu’à la naissance de l’Etat d’Israël.
Après
les Romains, différents occupants se succèdent en Terre Sainte, soit les
Byzantins(313-636), les Arabes (636-1099), les Croisés (1099-1291), les
Mameluks[2]
(1291-1516), les Ottomans (1517-1917).
Sous
domination byzantine(313-636)
Depuis
la conversion au Christianisme de l’Empereur Constantin en 324, et la
christianisation assez rapide de l’Empire romain d’Orient, les Juifs vivent
dans une société de plus en plus intolérante. En dehors de quelques périodes
d’accalmie, ils sont fort éprouvés par le pouvoir byzantin, soumis à des persécutions et des baptêmes
forcés.
Des interdictions de toutes sortes sont prononcées à leur égard
(interdiction d’habiter Jérusalem, de pratiquer la circoncision, de construire
de nouvelles synagogues,) ce qui provoque bien des migrations.
Cependant,
les Juifs réussissent, malgré de nombreuses difficultés, à maintenir une vie
spirituelle et intellectuelle, comme l’atteste la rédaction du Talmud dit
« de Jérusalem », écrit sur la Terre d’Israël et achevé à Tibériade
vers 425.
Des
fouilles archéologiques ont révélé que des synagogues ont été édifiées entre le
4ème et le 7ème siècle, dont certaines somptueuses comme
celle de Kfar Nakhoum (Capharnaüm) et ce malgré une législation répressive.
Malgré
les pertes catastrophiques de vies humaines durant les guerres contre Rome, les
Juifs constituent encore la majorité de la population, en Galilée au 4ème
siècle.
2
siècles plus tard, à la fin du 6ème siècle, les Juifs ne
représentent pas plus de 20% de la population, formée en majorité de chrétiens.
Sous domination arabe (636-1099)
La
conquête arabe, au milieu du 7ème siècle, apporte d’abord un soulagement relatif .
Divisée en 2 régions
militaires, la Palestine n’est plus désormais qu’une simple province,des
empires musulmans successifs, sans grande importance, noyée au sein d’un vaste
ensemble qui s’étend de l’Océan atlantique à l’Océan Indien. Jérusalem n’a
jamais fait office pour eux ni de capitale ni de centre culturel.
D’ailleurs,
cette terre n’a jamais été revendiquée
comme l’unique foyer d’une autre nation. Comme l’a écrit l’historien Bernard
Lewis : « De la fin de l’état juif de l’antiquité au commencement du
règne des Britanniques, l’espace désigné sous le nom de Palestine n’était pas
un pays et n’avait pas de frontières, sauf des frontières
administratives. »
Jusqu’aux
Croisades, tout en étant privés d’indépendance nationale, les Juifs bénéficient
d’une certaine tranquillité. Les Arabes musulmans ont besoin d’une population
agricole, artisanale et commerçante, rôle tenu par les Juifs et les Chrétiens, soumis
au statut inférieur de dhimmis.
(Le
Dôme du Rocher est construit à Jérusalem entre 691 et 692 et la Mosquée
d’Al-Aksa entre 705 et 715)
Le
calife Omar permet la réinstallation des Juifs à Jérusalem.
Au
cours des 8èmeet 9ème siècles, des communautés juives se
développent à Gaza. Jérusalem, en Galilée, à Tibériade qui devient un centre
culturel et religieux. On y dispense un enseignement qui rivalise avec celui
des grands centres de la diaspora babylonienne.
La science grammaticale y fait
des progrès considérables et l’école de Tibériade met au point la Masora,
système de vocalisation et de ponctuation de l’hébreu qui s’imposera au monde
juif tout entier.
Mais
lentement la situation se dégrade sous la dynastie des Omeyyades (661-750).
L’installation des Arabes est largement favorisée et les califes confisquent
des terres habitées et cultivées par les Juifs, qui de ce fait commencent à
déserter les campagnes.
La
situation se détériore encore sous la domination des Abbassides, 3ème
dynastie de califes qui prennent le pouvoir en 750. Les Juifs, dhimmis, doivent porter
des insignes spéciaux, les Bédouins venus du Sud s’installent sur des terres
cultivées par les Juifs, dont l’exode vers les villes s’intensifie.
D’une
manière générale, en raison d’une situation fluctuante, la population juive est
peu stable, sauf en Galilée ; des
Juifs émigrent, d’autres viennent s’installer.
A
la fin de la domination arabe, il n’y a plus que quelques milliers de Juifs en Judée.
Les croisades (1099-1291)
Puis
interviennent les Croisades, étalées sur près de deux siècles (1099-1270)
Les
croisés, partis d’Europe à l’appel du pape Urbain II, prennent Jérusalem où la
communauté juive est massacrée par les troupes de Godefroy de Bouillon.
Massacres également de la population juive à Césarée et Haïfa.
Cependant,
le 13ème siècle voit un renouveau juif, car pour certains maîtres à
penser, ce terrible conflit entre l’Islam et le Chrétienté annonce l’aube de
l’ère messianique qui permettra aux Juifs de se regrouper sur la Terre
ancestrale. Les croisés ayant ouvert les
routes d’Europe, les pèlerinages en Terre Sainte deviennent populaires y
compris parmi les Juifs.
Après
la prise de Jérusalem par Saladin, nouveau maître du Levant en 1187, les Juifs
retrouvent une certaine liberté et le droit de revenir à Jérusalem. L’attitude
bienveillante de Saladin[ encourage des centaines de juifs originaires de différents pays à revenir en
Terre Sainte.
Entre 1209 et 1211,300 rabbins arrivent en groupes de France
et d’Angleterre pour s’établir à
Jérusalem. Ils furent rejoints par des rabbins d4Afrique du Nord et d’Egypte.
En 1267, une sommité du monde juif espagnol fait son alyah en 1267. Il érige
dans la vieille ville de Jérusalem une synagogue qui est encore debout.
Quant
aux Croisés, ils quitteront
définitivement le pays en 1291, après la défaite que leur infligeront les
Mamelouks, caste militaire musulmane arrivée au pouvoir en Egypte.
Les Mamelouks (1291-1516)
seront les nouveaux maîtres de la Palestine de
1291 à 1516 jusqu’à l’occupation du pays par la Turquie ottomane, en 1516. L'ancienne Judée n’est guère plus qu’une zone de passage entre la Syrie et l’Egypte,
dirigée depuis Damas. Akko, Jafo et d’autres ports détruits par crainte de nouvelles
croisades, le commerce maritime est interrompu.
La
société mamelouke impose le port de signes distinctifs à chaque
communauté : les juifs doivent arborer des turbans jaunes, les samaritains
des turbans rouges, les chrétiens des turbans bleus , seuls les musulmans
pouvaient porter des turbans blancs.
Placés
directement sous la tutelle du judaïsme égyptien, les Juifs se concentrent en
majorité à Jérusalem, Safed, Hébron et Gaza, ainsi que dans des villages de
Galilée. Ils sont durement frappés par des épidémies et autres calamités
naturelles (invasions de sauterelles, tremblements de terre) qui sévissent
pendant l’époque mamelouke.
Cependant,
à la fin du 15ème siècle, la
vie spirituelle va connaître un début de renouveau grâce à des chefs spirituels
comme Obadia de Bartinoro, venu d’Italie pour s’installer à Jérusalem en 1488.
A
la suite de l’expulsion d’Espagne (1492), des centaines de réfugiés
judéo-ibériques gagnent la Terre d'Israël qui devient l’un des plus grands
centres de peuplement sépharade du bassin méditerranéen. Cet exode correspond à
la prise de pouvoir des Ottomans
Les Ottomans[ (1517-1917)
Dans
l’immense empire ottoman, la Palestine constitue une minuscule portion où
aucune région n’est délimitée par ce que nous appelons aujourd’hui des
frontières. Au début de la période ottomane, elle est divisée en 4 districts
(Jérusalem, Naplouse, Safed et Gaza), administrativement rattachés à Damas. Il
est donc impossible de connaître avec précision la population de la Palestine
.On estime qu’au début de la période ottomane, un millier de familles juives
vivaient dans le pays, la communauté étant constituée de descendants de Juifs
qui ont toujours vécu dans le pays (le yishouv) ainsi que d’immigrants venus
d’Afrique du Nord et d’Europe.
Le
règne de Soliman le Magnifique (1520-1566) est très bénéfique pour la
prospérité de cette Terre. La relative tolérance des Ottomans attire vers
Eretz Israël une importante migration juive venant de différentes régions de
l’Empire ottoman. On assiste à une extension considérable de la présence juive
à Safed, Hébron et Tibériade où Soliman attribue à son conseiller juif
originaire du Portugal, Don Joseph Nassi, des terres pour la réinstallation des
Juifs.
Le
Juifs ont accès à un large éventail professionnel à la différence de l’Europe
(artisans, commerçants, viticulteurs). Une administration efficace est mise en
place, les mesures de protection contre les incursions des Bédouins sont
renforcées. Le sultan se préoccupe de l’alimentation en eau de la ville de
Jérusalem ainsi que des services de ravitaillement.
Les murs sont reconstruits, presque partout sur
les ruines mêmes des anciennes murailles dont beaucoup remontent à l’époque du
second Temple. La construction des murs de Jérusalem par Soliman est aussi,
pour les Juifs, un signe annonciateur des temps messianiques. « Dieu a
réveillé l’esprit du sultan », pensent certains. Cet espoir messianique
s’accompagne toujours d’un accroissement de
l’immigration.
Deux
centres importants de vie juive existent au 16ème siècle :
Jérusalem et Safed.
Plusieurs
rabbins de grande stature marquent la communauté juive de Jérusalem au milieu
du siècle (Lévi ben Habib, Betsalel Ashkenazi)
Safed,
centre de la province de Galilée, où vit une communauté juive forte de
15 000 âmes, atteint le sommet de sa gloire au 16ème Aroukh (La
Table dressée), est une codification des règles religieuses selon siècle. Elle
compte de nombreux mystiques dont certains sont nés à Safed comme Eliézer
Azikri.. L’étude de la Kabbale s’y développe grâce à deux grands érudits :
Moïse Cordovero et Joseph Caro dont le livre, Shoulkhan des thèmes
méthodiques. Le développement de
l’imprimerie au 16ème
siècle a contribué à étendre la renommée
des maîtres de Safed. Les premières imprimeries hébraïques apparaissent à
Venise et à Constantinople, in peu plus tard à Cracovie et Lubin. La première
édition imprimée du Shoulkhan Aroukh paraît à Venise en 1567.
Tzfat , Safed
est également un centre textile florissant : tissage, teinture et
fabrication de tissus et de vêtements deviennent le gagne-pain des Juifs de
Safed.
Au
17ème siècle, le Juifs subissent les conséquences des conflits
politiques locaux, boucs émissaires tout trouvés quand les caisses du pacha
sont vides. Les habitants de Safed subissent des exactions et la ville est mise
à sac au milieu du 17ème siècle.
L’écroulement
du rêve messianique incarné en Sabbataï Tsevi, pseudo-messie converti à l’Islam
en 1666 fait place à une certaine désillusion.
Persécutions
et brimades se font sentir de manière discontinue à Jérusalem où les Juifs sont
soumis à des taxations excessives
Cependant
si Jérusalem s’appauvrit sur le plan matériel, elle s’enrichit sur le plan
spirituel et prend la relève de Safed. Des savants sont attirés par Jérusalem
dont Isaïe Horowitz (1565-1630).
L’existence
de rabbins émissaires envoyés d’Eretz Israël vers les différents pays de la
diaspora devient une sorte d’institution. Liens vivants entre les Juifs de la
Terre sainte et ceux de la dispersion, leur rôle est, certes, de collecter de
l’argent mais aussi d’enseigner.
Le
18ème siècle est un temps d’épreuves, tremblement de terre en
Galilée en 1759, épidémie de peste, de variole, sécheresse, inondations. On
assiste à une régression générale dans l’Empire ottoman et à un déclin de la
population. De plus, la population juive est devenue presque exclusivement
urbaine. Le déclin de Safed a entraîné la disparition des villageois et
agriculteurs juifs de Galilée.
L’Empire
ottoman doit lutter contre les puissances occidentales, en particulier la
Russie et le pays est livré aux mains de mini potentats locaux incapables de
maintenir l’ordre , de lutter contre le brigandage sur les route et la
piraterie en mer . La plupart des terres appartiennent à des propriétaires
absents ou sont louées à des paysans pauvres. Les grandes forêts de Galilée et
du Mont Carmel sont déboisées, les terres arables cèdent la place aux marécages
et au désert.
A
la fin du 18ème siècle, on ne comptait plus guère que 8000 Juifs en
Palestine, pour une population estimée à 300 000 personnes. La Palestine
est alors une petite province, perdue
dans un Empire turc dont le processus de décadence a commencé peu après la mort
de Soliman le Magnifique. Elle n’a guère intéressé les puissances européennes
qui n’y ont vu aucun intérêt politique jusqu’à la campagne de Bonaparte en
Egypte puis en Palestine. (1798-1799).
Avec
le développement de la presse, les premières victoires de Bonaparte, sur le
Mont Thabor,par exemple, rappellent des noms familiers aux lecteurs de la Bible.
D’un autre côté, l’échec ultérieur de Bonaparte face aux Turcs alliés aux
Anglais contribue à montrer la valeur stratégique de cette région. .Cet épisode
marque un tournant capital dans l’histoire d’Eretz Israël car il va faire de
cette région un enjeu sur l’échiquier international.
De
plus, la mode des voyages en Terre sainte est lancée et ils vont se multiplier.
Des pèlerins anonymes ne seront plus les seuls à se rendre en Terre Sainte mais
également des écrivains célèbres. (Chateaubriand, Lamartine, Flaubert)
Ils
témoignent de la pauvreté des habitants, juifs, chrétiens et musulmans
confondus.
En
1806, Chateaubriand entreprend un voyage en Terre Sainte, et en chrétien
méprisant ceux qui ne partagent pas sa foi, fait une description des Juifs qui
contribue à répandre l’image du Juif pouilleux et repoussant. Il écrit, malgré
tout, cette phrase significative : « Il faut voir ces légitimes
maîtres de la Judée, esclaves et étrangers dans leur propre pays ; il faut
les voir, attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer »,
déplorant par ailleurs l’obstination des Juifs à refuser de se convertir.
En
revanche, Lamartine a une vision toute différente. En tant que poète, il
s’identifie au Roi David, poète comme lui. Il envisage avec espoir que ce pays
désertique puisse redevenir prospère si des Juifs y reviennent comme un peuple
libre de cultivateurs.
Bonaparte et les Juifs:
En
Europe, l’entrée des troupes françaises conduites par Bonaparte signifiait fin
de l’oppression et émancipation, comme en Italie où il libéra les Juifs des
ghettos de Rome, Venise, Vérone et Padoue. Mais lors de la prise de Jaffa par
les Français en 1799, il y eut un tel débordement de cruauté de la part des
soldats que la communauté juive fut anéantie et l’image du libérateur fut
remplacée par celle du tyran.
Quant
à la proclamation de Bonaparte au peuple juif, manifeste publié dans la Gazette
nationale ou le Moniteur universel, le 22 mai 1799, l’historienne Renée Neher-Bernheim doute
qu’elle soit authentique. Par cette proclamation à la nation juive, Bonaparte
s’adressait aux Israélites « héritiers légitimes de la Palestine »,
pour les inciter à exercer « le droit à une existence politique en tant
que nation parmi les nations »
Georges
Bensoussan, dans son « Histoire du sionisme » ajoute qu’ « il avait le mérite
d’éclairer le lien vital qui unissait ce peuple à cette terre » et
semblait très moderne quand il évoquait
le retour des Juifs à une existence politique « comme une nation parmi les
nations »
En
tout état de cause, elle est restée sans effet, par suite de l’échec de
Bonaparte devant Acco et la population juive n’en a pas eu connaissance.
Donc,
au début du 19ème siècle, la Palestine devient une terre de
prédilection pour les nations européennes qui essaient d’y prendre pied et d’y
renforcer leur influence.
Il
s’en suit une renaissance de l’activité économique et une véritable révolution
démographique. Le pays redevient un carrefour commercial entre trois
continents ; sa renaissance est accélérée un peu plus tard, au milieu du
19ème siècle, par l’ouverture du canal de Suez inaugurée en 1869.
Les conditions des Juifs du pays en sont améliorées et leur nombre s’accroît
considérablement.
En
conclusion, on peut constater que le peuple juif a souffert, sur sa propre
terre, de dominations successives, au cours desquelles ils étaient totalement
dépendants du bon vouloir des occupants.
Malgré
tout, la présence des Juifs s’y est toujours maintenue, même aux pires époques
de leur histoire. Comme l’écrit G. Bensoussan, le lien charnel qui lie les
Juifs à la Terre d’Israël n’a jamais été rompu.

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