Par BCH
Génocide, Génocides !
Ce pays est tout petit
Il a une histoire très ancienne et très riche,
II a proclamé son indépendance au XXème siècle
Il a un poids démographique très faible vis-à-vis de ses voisins,
Tous ses voisins sont ses ennemis, ou lui sont hostiles,
Sa religion diffère de ses voisins
Il est en guerre permanente
A chaque fois, ce pays a remporté des victoires bien qu en infériorité numérique,
Un territoire au sol ingrat, qui ne produit qu’au moyen de gros travaux
Un peuple qui tient à sauvegarder ses précieux sites archéologiques
Ses universités forment de brillants savants et ingénieurs
Une grande partie de son peuple a été décimée au XXème siècle
On parle de Génocide qui traumatise ce peuple tous les jours,
Il a une diaspora importante éparpillée dans le monde,
Cette diaspora soutient financièrement cet état.
Ses footballeurs sont parfois redoutables …
Il n’a pas de pétrole contrairement à ses voisins
Vous l aviez deviné, il s’agit de … l’Arménie.
Remarquez la communauté de destin qui existe entre les peuples juifs et arméniens !!
L’Arche de Noé, selon la Bible s’est échoué sur me Mont Ararat, tout près !! coincidence ? Les dix tribus perdues d’Israël après la chute du royaume d’Israël et de sa capitale Samarie auraient été disséminées dans l’empire assyrien sous l’ordre du roi Salamazar, beaucoup ont été transplantées en Médie, ex Arménie, plus de mille ans avant JC. Coïncidences !
En Israël la Mémoire est symbolisée par Yad Vachem, en Arménie, le monument de la Mémoire est « Tsiternakaberd » la forteresse des hirondelles., érigé à la mémoire des victimes du premier génocide du XXème siècle , en avril 1915.
C’est le 90ème anniversaire de cette tragédie, que reconnaît aujourd’hui la majeure partie des pays, à l’exception de la Turquie, et dont la majorité des Européens refuse l’entrée dans leur communauté si elle persiste à nier les faits.
C’est donc le 24 Avril que tous les ans, 3 millions d’Arméniens et 9 millions en diaspora, éparpillés à travers le monde, célèbrent le « Mertz Yeghern » (metz yerevni), la Grande catastrophe. Ce jour fédère les arméniens dans l’Espace et dans le Temps.
Le samedi 24 avril 1915, à Istamboul, capitale de l'empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. C'est le début d'un génocide, le premier du XXème siècle. Il va faire environ 1,5 million de victimes dans la population arménienne de l'empire turc.
Un empire turc composite Aux premiers siècles de son existence, l'empire ottoman comptait une majorité de chrétiens (Slaves, Grecs, Arméniens, Caucasiens, Assyriens,...)
Ils jouaient un grand rôle dans le commerce et l'administration, et leur influence s'étendait au Sérail, le palais du sultan. Ces «protégés» (dhimmis en arabe coranique) n'en étaient pas moins soumis à de très lourds impôts et avaient l'interdiction de porter les armes. L'empire ottoman en comptait environ 2 millions à la fin du XIXe siècle sur une population totale de 36 millions d'habitants. Le sultan Abdul-Hamid II n'hésite pas à attiser sans vergogne les haines religieuses pour consolider son pouvoir (les derniers tsars de Russie font de même dans leur empire).
Entre 1894 et 1896, comme les Arméniens réclament des réformes et une modernisation des institutions, le sultan en fait massacrer 200.000 à 250.000 avec le concours diligent des montagnards kurdes. Un million d'Arméniens sont dépouillés de leurs biens et quelques milliers convertis de force. Des centaines d'églises brûlées ou transformées en mosquées...Rien qu'en juin 1896, dans la région de Van, au coeur de l'Arménie historique, pas moins de 350 villages sont rayés de la carte.Ces massacres planifiés ont déjà un avant-goût de génocide. Il se rapproche aussi de l'Allemagne de Guillaume II.
Mais il est est déposé en 1909 par le mouvement nationaliste des «Jeunes-Turcs» qui lui reprochent livrer l'empire aux appétits étrangers et de montrer trop de complaisance pour les Arabes. Les «Jeunes-Turcs» veulent se démarquer des «Vieux-Turcs» qui, au début du XIXe siècle, s'opposèrent à la modernisation de l'empire. Ils donnent au pays une Constitution... ainsi qu'une devise empruntée à la France : «Liberté, Égalité, Fraternité». Mais leur idéologie emprunte au nationalisme le plus étroit. Dès 1909, soucieux de créer une nation turque racialement homogène, les Jeunes-Turcs multiplient les exactions contre les Arméniens.
On compte 20.000 à 30.000 morts à Adana le 1er avril 1909. Ils lancent des campagnes de boycott des commerces tenus par des Grecs, des Juifs ou des Arméniens. Ils réécrivent l'Histoire en occultant la période ottomane, trop peu turque à leur goût, et en rattachant la race turque aux Mongols de Gengis Khan, aux Huns d'Attila, voire aux Hittites de la haute Antiquité.
Mais ils perdent les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913. Le 8 février 1914, la Russie impose au gouvernement turc une commission internationale destinée à veiller aux bonnes relations entre les populations ottomanes.
Les Jeunes-Turcs ravalent leur humiliation mais lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, en août de la même année, ils poussent le sultan Mahomet V à entrer dans le conflit, aux côtés des Puissance centrales (Allemagne et Autriche), contre la Russie et les Occidentaux. L'empire ottoman est envahi en décembre 1914. L'armée turque en retraite multiplie les violences à l'égard des Arméniens dans les territoires qu'elle traverse.
Les Russes, à leur tour, retournent en leur faveur les Arméniens de Turquie. Le 7 avril 1915, la ville de Van, à l'est de la Turquie, se soulève et proclame un gouvernement arménien autonome.
Dans le même temps, à l'initiative du Lord britannique de l'Amirauté, un certain Winston Churchill, les Français et les Britanniques préparent un débarquement dans le détroit des Dardanelles pour se saisir d'Istamboul. Le génocide Les Jeunes-Turcs profitent de l'occasion pour accomplir leur dessein d'éliminer la totalité des Arméniens.
Ils procèdent avec méthode et brutalité. L'un de leurs chefs, le ministre de l'Intérieur Talaat Pacha, ordonne l'assassinat des Arméniens d'Istamboul puis des Arméniens de l'armée. C'est ensuite le tour des nombreuses populations arméniennes de l'est du pays. La «Loi provisoire de déportation» du 27 mai 1915 fixe le cadre réglementaire des massacres ainsi que de la spoliation des victimes.
De mai à septembre 1915, dans les sept provinces orientales, les Arméniens sont massacrés sur le champ par l'armée ou réunis en longs convois et déportés vers Alep, au sud. Des longues marches vers Alep se déroulent sous le soleil de l'été, dans des conditions épouvantables, sans vivres et sans eau, sous la menace constante des montagnards kurdes, trop heureux de pouvoir librement exterminer leurs voisins et rivaux. Elles débouchent en général sur une mort rapide. Après les habitants de l'est vient le tour des autres Arméniens de l'empire. Au total périssent pendant l'été 1915 les deux tiers de la population arménienne sous souveraineté ottomane.
Les Européens et le génocide En Occident, les informations sur le génocide émeuvent l'opinion mais le sultan se justifie en arguant de la nécessité de déplacer les populations pour des raisons militaires ! Le gouvernement allemand, allié de la Turquie, censure quant à lui les informations sur le génocide.
L'Allemagne entretient en Turquie, pendant le conflit, une mission militaire très importante (jusqu'à 12.000 hommes). Et après la guerre, c'est en Allemagne que se réfugient les responsables du génocide, y compris Talaat Pacha. Ce dernier sera assassiné à Berlin le 16 mars 1921 par un jeune Arménien. L'assassin sera acquitté par la justice allemande, preuve si besoin est d'une réelle démocratisation de la vie allemande sous le régime républicain issu de Weimar !
Le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 entre les Alliés et l'empire ottoman prévoit la mise en jugement des responsables du génocide. Mais le sursaut nationaliste de Moustafa Kémal bouscule ces bonnes résolutions et entraîne une amnistie générale, le 31 mars 1923. Les nazis tireront les leçons du premier génocide de l'Histoire et de cette occasion perdue de juger les coupables... «Qui se souvient encore de l'extermination des Arméniens ? » aurait lancé Hitler en 1939, à la veille d'exterminer les handicapés de son pays (l'extermination des Juifs viendra deux ans plus tard). Si une réaction internationale avait eu lieu pour empêcher ce génocide, il n’y aurait probablement pas eu la Shoah.
Le groupe de résistant Manoukian a illustré la fierté de la résistance contre les nazis (l’Affiche Rouge) Le cinéaste français d'origine arménienne Henri Verneuil a montré dans un film émouvant, Mayrig, la réalité de ce premier génocide. Charles Aznavour et plus de 400 000 arméniens sont citoyens français et participent activement à la vie de leur cité, et même au plus haut niveau on peut citer M Edouard Balladurian, ex premier ministre et Monsieur Patrick Devedjian est le ministre actuel de l’industrie.
« C'est en Arménie qu'était situé le paradis terrestre. C'est en Arménie que prenaient leur source les quatre fleuves primitifs qui arrosaient la terre .C'est sur la plus haute montagne de l'Arménie que s'est arrêtée l'arche. C'est en Arménie que s'est repeuplé le monde détruit. C'est en Arménie, enfin que Noé, le patron des buveurs de tous les pays a planté la vigne et essayé la puissance du vin ».
Alexandre DUMAS
Malheureusement, après le génocide arménien, la shoah, trois autres génocides ont pu se perpétrer, sous le silence criminel de nos démocraties : celle du Biafra, du Cambodge, et du Rwanda. Le XXème siècle restera un Triste siècle !
L’histoire du peuple arménien est exemplaire, tout comme celle du peuple juif, ces deux peuples recherchent la Paix et la Prospérité.
Soixante ans après la découverte des camps de la Mort Auschwitz Birkenau, Quatre vingt dix ans après le terrible génocide qui a frappé les arméniens, de l’empire Ottoman, notre devoir de vigilance doit être plus que jamais présent.
BCH
Sources :
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http://www.armenian-genocide.org
http://www.wiesenthal.com/
http://www.genocide.mq.edu.au/ccgs.htm
http://www.migs.org/
http://www.ushmm.org/


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