La Transnistrie (ou “PMR”, République moldave du Dniestr)
Bande de territoire séparatiste pro-russe à l’est de la Moldavie, entre le fleuve Dniestr et l’Ukraine.
Séparée de facto depuis la guerre civile moldave de 1992.
Non reconnue internationalement (même pas par la Russie), mais soutenue par Moscou.
Présence militaire russe
Environ 1 500 soldats russes officiellement, en deux catégories :
“Opération de maintien de la paix” (avec Moldaves et Transnistriens, suite au cessez-le-feu de 1992),
Forces du Groupe opérationnel russe (GOTR) pour “protéger les stocks d’armes” de l’époque soviétique à Cobasna (dépot énorme d’armement, jugé instable).
1. La Moldavie demande leur retrait depuis plus de 20 ans, sans succès.
2.
Pourquoi c’est un problème (voire un casus belli)
Illégalité
La Russie a signé en 1999 (OSCE, sommet d’Istanbul) un engagement à retirer ses troupes, jamais honoré.
La présence militaire russe viole donc :
La souveraineté moldave,
Le droit international,
Et les accords russes eux-mêmes.
Tension avec l’Ukraine
Depuis 2022, l’Ukraine considère la Transnistrie comme une menace potentielle, à sa frontière ouest.
Moscou pourrait l’utiliser comme base arrière, diversion ou source d’instabilité, en particulier si la Moldavie se rapproche davantage de l’UE ou de l’OTAN. Guerre hybride
Les troupes russes et la structure transnistrienne serviraient de levier d’influence, de propagande, de déstabilisation régionale, dans le style des “républiques” de Donetsk ou Louhansk avant 2022.
3.
Une anomalie ou un cheval de Troie ?
La Transnistrie est à la fois : Une
anomalie post-soviétique
Héritée du chaos de 1991–1992, gelée dans le temps.
Composée d’éléments soviétiques, avec une identité politique figée, drapeaux à faucille, culte de la Russie…
Et un
cheval de Troie
potentiel
Un point d’appui militaire russe entre l’Ukraine et la Roumanie.
Une source de pression permanente sur la Moldavie.
Un laboratoire de pouvoir “proxy”, comme l’Ossétie du Sud ou l’Abkhazie en Géorgie et occupés par les russes
Excellente question. L’enclave de Kaliningrad, ex-Königsberg, est un des atouts géostratégiques les plus puissants de la Russie en Europe, et un point de tension latent avec l’OTAN. Son histoire est aussi révélatrice des ambitions soviétiques, puis russes, sur l’Europe centrale.
1.
Pourquoi Staline a exigé Königsberg après la Seconde Guerre mondiale ?
Contexte historique
Königsberg était la capitale de la Prusse-Orientale, territoire allemand situé entre la Pologne et la Lituanie.
C’était un bastion historique du militarisme prussien, siège de l’université où enseigna Kant.
Raisons du choix de Staline (1945)
Objectif stratégique
Créer une tête de pont soviétique en Europe centrale, sur la Baltique, bien à l’ouest de la ligne soviéto-polonaise.
Permettre à l’URSS d’avoir un port libre de glaces toute l’année (Baltiïsk), utile à sa flotte baltique.
Étendre l’influence soviétique jusqu’aux portes de l’Allemagne.
Punition de l’Allemagne
Les Soviétiques voulaient un “butin de guerre” symbolique et stratégique.
La ville fut rasée à 80 %, vidée de ses habitants allemands (déportés ou tués).
Pressions sur la Pologne et les États baltes
En installant une présence militaire massive à l’ouest, l’URSS verrouillait aussi la Pologne, alors satellite en devenir.
2.
Kaliningrad aujourd’hui : un pistolet sur la tempe de l’OTAN ?
Situation géographique
Enclave russe coincée entre la Lituanie (au nord/est), la Pologne (au sud) et la mer Baltique (à l’ouest).
Complètement isolée du reste de la Russie — seul lien terrestre : le couloir de Suwałki, entre Lituanie et Pologne, membres de l’OTAN.
Militairement : une forteresse russe
Kaliningrad héberge :
Flotte de la Baltique,
Systèmes S-400 (anti-aériens longue portée),
Missiles Iskander capables de porter des têtes nucléaires (portée : ~500 km),
Renseignement électronique, aviation tactique, troupes d’élite.
En cas de conflit
Scénario
1 —
Zone d’A2/AD
(Anti-Access/Area Denial)
Kaliningrad peut bloquer l’accès de l’OTAN à la mer Baltique.
Neutralise partiellement la Pologne, les États baltes et coupe les lignes de ravitaillement vers l’Est.
Scénario
2 —
Pression sur le “couloir de Suwałki”
Ce couloir étroit (65 km) entre Kaliningrad et la Biélorussie est le talon d’Achille de l’OTAN.
S’il était coupé, les États baltes seraient militairement isolés du reste de l’Alliance.
Scénario
3 —
Escalade nucléaire contrôlée
Poutine pourrait utiliser Kaliningrad pour menacer une frappe nucléaire “tactique” sur l’Europe centrale.
Objectif : dissuader l’intervention de l’OTAN, ou faire monter la pression dans une guerre hybride.
























