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mardi 4 novembre 2025

Cri d'alerte de Philippe Aghion Prix Nobel ! JBCH N° 592


L’incompétence économique d’une partie des députés et le retour d’un « ancien monde » politique sous Emmanuel Macron.
Des députés incultes face à la rigueur économique : le constat alarmant de Philippe Aghion





Les propos du prix Nobel d’économie Philippe Aghion, tenus sur Franceinfo, résonnent comme un diagnostic sévère du fonctionnement actuel de la représentation nationale. À travers sa critique de la « méconnaissance économique » d’une partie des députés et son avertissement quant au danger d’une « improvisation fiscale », il met en lumière une crise plus profonde : celle de la compétence et de la responsabilité politique dans la France contemporaine. L’épisode du budget et de la taxe sur les multinationales révèle, au-delà d’un désaccord technique, la dérive d’une classe politique davantage préoccupée par la posture que par la compréhension des enjeux économiques.



Le retour de l’ancien monde : l’ego et la posture avant la compétence  : L’un des constats implicites du texte est le retour d’un certain « ancien monde » politique, celui que le macronisme prétendait avoir dépassé. Emmanuel Macron avait promis en 2017 de « faire entrer la société civile au Parlement » et de réconcilier compétence technique et responsabilité publique. Or, les propos d’Aghion montrent que la promesse n’a pas été tenue : le débat budgétaire semble dominé par des logiques d’ego, de communication et de confrontation stérile.


La lenteur des débats, les amendements improvisés et l’absence de culture économique des députés témoignent d’une dérive inquiétante : l’économie, science de l’équilibre et de la rigueur, est devenue un champ de bataille symbolique où chaque élu cherche à exister médiatiquement. Aghion, économiste reconnu mondialement, se dit « atterré » par le niveau de certains parlementaires, soulignant leur incapacité à lire, à s’informer, ou simplement à comprendre les mécanismes de base de la politique budgétaire. Ce jugement n’est pas anecdotique : il illustre une déconnexion entre les élus et la complexité du monde qu’ils prétendent réguler.


Cette médiocrité intellectuelle, que l’expert attribue à un manque de sérieux et de travail, révèle une faillite du recrutement politique. Là où la République devrait sélectionner des législateurs compétents, elle semble tolérer des acteurs sans formation économique, mais habiles dans l’art du verbe et de la polémique. L’ancien monde, celui des calculs partisans et des joutes creuses, n’a donc jamais disparu : il a simplement changé de costume.



L’improvisation fiscale : un symptôme de l’irresponsabilité politique Aghion dénonce avec une précision redoutable ce qu’il appelle « l’improvisation fiscale ». Chaque jour, dit-il, une nouvelle idée surgit sans cohérence d’ensemble. Cette critique vise le cœur du processus législatif : l’absence de vision stratégique. En économie, les décisions budgétaires doivent s’inscrire dans une continuité et respecter les équilibres entre recettes et dépenses. L’instabilité et la surenchère législative détruisent la confiance, tant des investisseurs que des citoyens.


Le cas de la taxe sur les multinationales illustre parfaitement ce chaos intellectuel. Votée à la surprise générale, elle repose sur une logique séduisante — faire contribuer les grands groupes au financement national — mais techniquement désastreuse. Si cette mesure n’est pas coordonnée au niveau européen, elle transforme la France en « prison fiscale », incitant les entreprises à fuir. Les conséquences, explique Aghion, seraient contre-productives : perte de compétitivité, recul de l’investissement, et au final, baisse des recettes fiscales.


Cette cécité économique découle d’un populisme fiscal : taxer pour plaire, sans mesurer les effets réels. Les pays nordiques, pourtant très redistributifs, n’ont pas adopté une telle taxe isolée. Non par cynisme, mais par responsabilité. Ils savent, dit Aghion, que « trop d’impôt tue l’impôt ». Cette maxime, souvent déformée, rappelle une vérité fondamentale : au-delà d’un certain seuil, la pression fiscale décourage l’activité et affaiblit la croissance.




Le coût du désaccord : entre censure et crise de confiance ; Aghion avertit : l’absence de vote sur le budget pourrait entraîner une « censure » du gouvernement et une flambée du « spread », c’est-à-dire l’écart entre les taux français et allemands. En d’autres termes, la France risquerait de voir ses taux d’intérêt augmenter, ce qui signifierait un appauvrissement collectif. Car une dette plus chère se traduit inévitablement par moins d’argent pour les services publics et plus d’impôts à long terme.


L’économie obéit à une logique de crédibilité : un État dont les élus paraissent incapables d’adopter un budget cohérent perd la confiance des marchés. Le coût du désaccord devient alors supérieur à celui des compromis. « C’est ça qu’il faut que les députés comprennent », martèle Aghion. Mais comment le pourraient-ils, s’ils ne maîtrisent pas les bases du raisonnement économique ?


Cette crise de compétence fragilise la démocratie elle-même. Le Parlement, censé incarner la raison collective, devient un théâtre d’amateurs où se jouent des décisions vitales pour la nation. L’absence de culture économique n’est plus seulement un défaut individuel : elle devient un risque systémique.



Pour une refondation intellectuelle du politique : Face à ce constat, l’idée d’un « stage d’économie » pour les députés, évoquée ironiquement par certains commentateurs, paraît presque salutaire. Comprendre un budget, lire un tableau macroéconomique, distinguer une dépense d’investissement d’une dépense courante — voilà le minimum requis pour légiférer utilement. Il ne s’agit pas de transformer les élus en technocrates, mais de leur imposer une culture de la responsabilité.



Dans un monde globalisé, la politique économique ne peut plus être improvisée. La France a besoin de représentants capables de comprendre les mécanismes de la dette, de la fiscalité internationale et de la croissance verte. Sans cela, le pouvoir législatif se réduit à un théâtre d’illusions où les décisions sont dictées par les réseaux sociaux plutôt que par la raison.


Le témoignage de Philippe Aghion est un signal d’alarme. Il ne s’agit pas seulement d’un débat sur la taxe ou le budget, mais d’une interrogation sur la qualité même de notre démocratie. 


Quand les députés cessent de comprendre les outils qu’ils manipulent, ils cessent d’être légitimes. 


Emmanuel Macron, qui prétendait incarner la modernité, voit revenir le pire de l’ancien monde : le verbe sans savoir, la posture sans compétence. La refondation du politique passe aujourd’hui par une exigence simple, mais révolutionnaire : exiger des élus qu’ils sachent de quoi ils parlent.






lundi 3 novembre 2025

Comprendre pourquoi le Gulfsteam est vital ! JBCH N° 591

Le Gulf Stream : comprendre et préserver un moteur climatique vital; en effet, Le Gulf Stream, courant océanique majeur partant du Golfe du Mexique et traversant l’Atlantique vers l’Europe du Nord, joue un rôle crucial dans le climat de la planète, et notamment celui du Royaume-Uni et de l’Europe occidentale. 


Ce courant, intégré dans le système plus large appelé Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC), transporte de grandes quantités d’eau chaude vers le nord, réchauffant des régions situées à des latitudes où, sans lui, le climat serait comparable à celui du Canada ou de la Russie. 


Sans le Gulf Stream, Londres et Glasgow connaîtraient un climat beaucoup plus rigoureux, avec des températures moyennes inférieures de 10 à 20 °C, transformant le Royaume-Uni en un environnement proche de celui de Terre-Neuve ou de Moscou.




La compréhension approfondie du Gulf Stream pourrait avoir des retombées considérables c'est à dire, de la prévention des catastrophes climatiques régionales de la fonte accélérée des glaces arctiques et le réchauffement des océans affaiblissent l’AMOC, de  connaître précisément ses mécanismes permettrait de prévoir et d’anticiper des phénomènes extrêmes, tels que des hivers glacials en Europe, des tempêtes plus violentes et des modifications des régimes de précipitations. 


Il permet de trouver des solutions d’ingénierie climatique et des propositions innovantes, comme celles du professeur Stuart Haszeldine, utilisant de parachutes géants traînés par des remorqueurs pour renforcer le flux du Gulf Stream, pourraient, si elles sont validées scientifiquement, offrir des mesures d’intervention directe pour maintenir un climat tempéré. 




Ces techniques permettraient d’agir rapidement, en complément des efforts mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Optimisation des ressources océaniques et énergétiques 


Une connaissance fine du Gulf Stream aide à mieux comprendre les circulations thermohalines, influençant la pêche, la production d’énergie marine, et même le transport maritime. Une circulation stable garantit des conditions océaniques prévisibles, essentielles pour l’économie et la sécurité alimentaire de nombreuses régions Recherche fondamentale et prévisions climatiques 



L’étude du Golf Stream constitue un laboratoire naturel pour tester les modèles climatiques, améliorer les simulations de réchauffement planétaire et affiner la gestion des crises. Cela fournit également un indicateur avancé des changements globaux, utile pour orienter les politiques environnementales.



En résumé, la maîtrise et la connaissance du Gulf Stream ne sont pas seulement un enjeu scientifique : elles représentent un levier stratégique pour la sécurité climatique, économique et énergétique. Prévoir, protéger et éventuellement renforcer ce courant pourrait permettre de stabiliser le climat européen, d’éviter des catastrophes locales, et d’ouvrir la voie à des innovations en géo-ingénierie responsable.




L'Ours Paddigton au Théâtre JBCH N° 590

Paddington fait son entrée au théâtre : 

l’ours préféré du Royaume-Uni conquiert la scène


Il a conquis les librairies, la télévision puis le cinéma : Paddington, l’ours en duffle-coat bleu et chapeau rouge, s’attaque désormais à un nouveau territoire d’aventures — le théâtre. Une annonce qui réjouit déjà les familles et les amoureux de ce personnage né en 1958 de l’imagination de l’auteur britannique Michael Bond.


Derrière son air gauche et sa passion immodérée pour la marmelade, Paddington est devenu l’icône d’une Grande-Bretagne ouverte, sensible et bienveillante. Sur scène, cette dimension sera plus que jamais mise en valeur : l’ours venu du « Pérou profond » devra une fois encore apprivoiser les codes londoniens, aidé par la famille Brown et une galerie de personnages hauts en couleur. 




Un récit où les malentendus hilarants côtoient le burlesque le plus visuel,  matière idéale pour le théâtre familial



L’adaptation promet une scénographie immersive : décors modulables évoquant la gare de Paddington, jeux d’ombres et de lumière, musique live… et une interaction directe avec le public qui rythmera les péripéties du petit ours. L’humour visuel devient le moteur principal, dans la lignée des films à succès qui ont relancé la popularité du personnage au XXIᵉ siècle.


Mais si Paddington touche tant de spectateurs depuis plus de six décennies, c’est aussi parce qu’il porte un message profondément contemporain : celui de l’accueil de l’autre. Sans jamais être militant, il rappelle que la gentillesse, la curiosité et la politesse peuvent déjouer les préjugés. 

Cette nouvelle adaptation théâtrale fait ainsi résonner une thématique universelle — celle du réfugié qui trouve une famille, et de la société qui se grandit en ouvrant ses portes.




En montant sur scène, l’ours à la valise étiquetée « Please look after this bear » (« Prenez soin de cet ours, s’il vous plaît ») continue de transmettre ce que Michael Bond considérait comme le cœur de son œuvre : la tendresse comme forme de résistance. Une promesse rare, et plus que bienvenue, à l’heure où les récits bienveillants deviennent précieux.



Si Paddington peut encore changer le monde ? Peut-être pas d’un seul coup… mais une tartine de marmelade après l’autre, le théâtre nous rappellera que la douceur et le rire n’ont jamais cessé d’être des forces. En tous cas, on l'attend sur les planches à Paris ... Nul doute de son succès! 

dimanche 2 novembre 2025

Place Vendôme Un machin gonflable ! JBCH N° 589

Une œuvre gonflable verte installée place Vendôme à Paris, face au ministère de la Justice, serait  une installation contemporaine dont le geste artistique repose sur la provocation et le détournement de symboles.


Réalisée par un artiste connu pour ses sculptures monumentales, cette création — souvent décrite comme une créature ou un hybride entre animal et objet choque ou amuse selon les passants. 


Par sa position et sa forme suggestive, elle donne l’impression d’offrir son postérieur au ministère, ce qui a été interprété par beaucoup comme un acte satirique ou une critique ironique du pouvoir et de l’institution judiciaire.




L’art contemporain place Vendôme s’inscrit depuis plusieurs années dans une tradition d’interventions éphémères, où les artistes jouent avec le contraste entre la solennité du lieu — temple du luxe, de la finance et de la justice — et l’irruption du grotesque, du pop ou du dérangeant. Ce vert éclatant et cette posture insolite rompent volontairement avec le classicisme des façades du XVIIIᵉ siècle, rappelant que l’art n’a pas pour vocation de plaire, mais de questionner le regard, les hiérarchies et les tabous.




Le message exact reste ouvert, mais tout laisse à penser que l’œuvre vise à retourner les symboles de pouvoir, à moquer la solennité de la place Vendôme et à rappeler — avec humour et irrévérence — que l’art est aussi un miroir critique de la société. L’indignation de certains observateurs face à la posture du « monstre vert » ne fait que confirmer la réussite du geste : faire parler, déranger et inviter à réfléchir sur la frontière entre liberté artistique et respect des institution


Cette œuvre gonflable verte installée place Vendôme à Paris, face au ministère de la Justice, est une installation contemporaine dont le geste artistique repose sur la provocation et le détournement de symboles.



Réalisée par un artiste connu pour ses sculptures monumentales, cette création — souvent décrite comme une créature ou un hybride entre animal et objet — choque ou amuse selon les passants. Par sa position et sa forme suggestive, elle donne l’impression d’offrir son postérieur au ministère, ce qui a été interprété par beaucoup comme un acte satirique ou une critique ironique du pouvoir et de l’institution judiciaire.


L’art contemporain place Vendôme s’inscrit depuis plusieurs années dans une tradition d’interventions éphémères, où les artistes jouent avec le contraste entre la solennité du lieu — temple du luxe, de la finance et de la justice — et l’irruption du grotesque, du pop ou du dérangeant. Ce vert éclatant et cette posture insolite rompent volontairement avec le classicisme des façades du XVIIIᵉ siècle, rappelant que l’art n’a pas pour vocation de plaire, mais de questionner le regard, les hiérarchies et les tabous.




Le message exact reste ouvert, mais tout laisse à penser que l’œuvre vise à retourner les symboles de pouvoir, à moquer la solennité de la place Vendôme et à rappeler — avec humour et irrévérence — que l’art est aussi un miroir critique de la société. L’indignation de certains observateurs face à la posture du « monstre vert » ne fait que confirmer la réussite du geste : faire parler, déranger et inviter à réfléchir sur la frontière entre liberté artistique et respect des institution


C’est une lecture tout à fait légitime — et, d’ailleurs, largement partagée. Beaucoup de Parisiens et de critiques ont réagi exactement comme vous : non pas comme devant une œuvre d’art, mais devant un geste de défi adressé à l’ordre établi, une provocation symbolique contre l’autorité sous couvert d’expression artistique.


L’installation en elle-même, par sa taille et sa posture suggestive, semble avoir été pensée pour choquer visuellement et choisir son adversaire : elle tourne littéralement son postérieur vers le ministère de la Justice, ce qui, dans un lieu aussi codifié que la place Vendôme — épicentre du pouvoir judiciaire, de l’argent et du luxe — ne peut pas être un hasard. On est ici moins dans la recherche esthétique que dans un acte de transgression sociale, un pied-de-nez à l’État, à la bienséance et à la hiérarchie symbolique des lieux.




Ce type d’intervention, souvent défendu par ses auteurs comme une “liberté d’expression”, s’inscrit dans une logique de désacralisation : renverser les codes, ridiculiser la solennité, faire descendre le pouvoir de son piédestal. Mais là où certains voient une satire utile, d’autres, comme vous, perçoivent surtout une attaque gratuite contre les institutions, un signe d’un relativisme culturel où tout peut être appelé “art” dès qu’il choque.


Dans ce sens, cette installation ne relève peut-être pas tant de l’art que d’une provocation sociétale : une manière de dire “plus rien n’est sacré”, de tester les limites du tolérable et d’observer la réaction d’un pouvoir souvent embarrassé de répondre à ce genre de défi sans paraître autoritaire. Ca choque et je n'ai pas apprécié !






L'Affaire Sde Teiman Un scandale qui va faire du bruit en Il. JBCH N° 588

L’affaire Sde Teiman, désormais au cœur d’une crise politique et institutionnelle majeure en Israël :





Crise institutionnelle en Israël : 

Levin interdit à Baharav-Miara Procureure Générale



Gali Baharav-Miara

L’affaire dite de Sde Teiman est devenue en quelques jours une affaire d’État, exposant une fracture profonde entre le ministre de la Justice Yariv Levin et la procureure générale Gali Baharav-Miara. Le différend porte sur la fuite d’une vidéo montrant des soldats israéliens maltraitant un prisonnier palestinien dans le centre de détention militaire de Sde Teiman, dans le sud du pays.


Yifat Tomer-Yerushalmi,

Jeudi, la générale Yifat Tomer-Yerushalmi, alors avocate générale militaire, a reconnu avoir elle-même divulgué la vidéo afin, selon ses mots, de contrecarrer la “fausse propagande” visant l’armée. Sa démission immédiate a provoqué un séisme politique, car cette révélation contredisait les déclarations antérieures de la procureure générale, qui affirmait ne pas connaître la source de la fuite.




Le ministre Levin a alors accusé Baharav-Miara d’avoir dissimulé des informations et d’avoir entravé l’enquête judiciaire. Dans une lettre au ton particulièrement virulent, il l’a déclarée inapte à participer à l’enquête et annoncé la nomination d’un enquêteur spécial, mesure d’une extrême gravité dans le système israélien, où l’indépendance du procureur général est une pierre angulaire de l’État de droit.


Levin reproche à Baharav-Miara d’avoir informé la Haute Cour, dix mois plus tôt, qu’il n’existait aucune preuve sur la fuite — alors que, selon lui, elle savait que l’avocate militaire en était la source. Cette accusation, non encore étayée, place la procureure dans une position politiquement explosive. Elle refuse cependant de se récuser, soutenue par plusieurs députés d’opposition, notamment Gilad Kariv, qui dénoncent une tentative de prise de contrôle politique de la justice.



Au-delà du scandale de la vidéo, l’affaire révèle un bras de fer plus large : celui du gouvernement Netanyahu-Levin contre les institutions judiciaires, dans le cadre d’une crise de légitimité qui dure depuis la réforme judiciaire controversée de 2023-2024. 


En voulant exclure la procureure générale de l’enquête, Levin s’expose à des accusations d’ingérence directe dans l’appareil judiciaire, tandis que ses partisans invoquent la nécessité d’“assainir” une magistrature perçue comme politisée.


Pour Israël, cette affaire dépasse la question d’une simple fuite : elle cristallise la tension entre pouvoir exécutif et autorité judiciaire, entre devoir de transparence et loyauté institutionnelle, et pose à nouveau la question fondamentale de la séparation des pouvoirs dans une démocratie sous pression sécuritaire permanente.


La mode japonaise prend ses marques à Paris JBCH N° 587

 

La mode japonaise est assez étrangère pour nous. Néanmois si vous déambulez dans le Centre de Paris, vous y trouverez une centaine de magasins de mode dont les produits viennent du Japon.


Quand Chitose Abe, chez Sacai, s'empare de « Max et les Maximonstres » ! 



Pour son défilé automne-hiver 2025-26, Chitose Abe a puisé dans un imaginaire aussi tendre que sauvage : Max et les Maximonstres, le chef-d’œuvre de Maurice Sendak publié en 1963. 


Loin d’un simple clin d’œil, cette collection fait dialoguer haute mode et enfance rebelle, poésie du rêve et puissances du costume. À travers ce choix, Abe réaffirme son goût pour les récits et les hybridations – un terrain où son vocabulaire du vêtement trouve une liberté totale.


Chitose Abe ne « cite » jamais une référence : elle la déconstruit pour mieux la réinventer. Ici, les silhouettes semblent animées par le désir de Max : devenir autre, devenir plus grand, plus dangereux même, tout en restant profondément humain. Les pièces combinent fourrure et nylon technique, lainages feutrés et volumes disproportionnés. 



On devine les griffes, les crêtes et les pelages des « maximonstres » dans des manches hypertrophiées, des capuches sculpturales ou des franges animées de mouvement. Les codes enfantins – broderies naïves, couleurs primaires, ludiques – sont intégrés sans jamais tomber dans le costume ; les matières nobles et la construction impeccable ancrent chaque pièce dans la sophistication Sacai.



Au fil du défilé, c’est toute la dramaturgie du livre qui se rejoue : la rébellion initiale, la traversée vers un monde inconnu, la fête sauvage et enfin le retour à soi. Le vêtement devient métaphore : ce que l’enfant Max vivait dans son imaginaire, Abe l’offre au corps adulte. Une mode protectrice, défiante, qui donne le pouvoir de rugir mais aussi de se blottir. La monstruosité n’est plus une menace, mais une force douce à revendiquer.

Cette collection rappelle que la mode peut être un espace de narration intime. En choisissant un ouvrage culte de la littérature pour enfants, Chitose Abe pose la question du refuge : ce que nous gardons de notre enfance pour affronter le monde, ce que le vêtement peut exprimer lorsque les mots manquent. 


Chez Sacai, devenir un « maximonstre », c’est réconcilier le sauvage et le sensible. C’est, enfin, accepter que la fantaisie soit le plus beau des luxes.




samedi 1 novembre 2025

L'entourage MAGA de Trump est antisémite. JBCH N° 586

La manière dont les protestants adventistes pro-Israël font face aux antisémites au sein du mouvement MAGA


Depuis l’arrivée de Donald Trump à la présidence et l’essor du mouvement MAGA, une fracture est apparue au sein du courant conservateur américain. D’un côté, le noyau dur pro-Trump, loyaliste et patriote, et de l’autre, une faction plus radicale et numérique, qu'on  appelle la « woke right », concentrant racisme et antisémitisme. 




Cette dernière, représentée par des figures comme Tucker Carlson, Steve Bannon, Candace Owens et Nicholas Fuentes, s’emploie à diffuser en ligne des théories du complot antijuives, à remettre en cause le soutien chrétien à Israël et à tenter d’influencer les jeunes conservateurs. Leur stratégie combine des éléments de la vieille droite antisémite — paranoïa sur le rôle des Juifs, nostalgie pour l’isolationnisme des années 1930 — avec des outils modernes : réseaux sociaux, podcasts et campagnes de mobilisation auprès des jeunes.


Steeve Banon


Dans ce contexte, les protestants pro-Israël, notamment les évangéliques historiques, se retrouvent dans une position délicate. Ils ont été traditionnellement les principaux alliés d’Israël sur la scène américaine, motivés par une lecture théologique selon laquelle le soutien au peuple juif et à l’État d’Israël constitue une obligation spirituelle et une dimension de la prophétie biblique. Mais la radicalisation de certaines franges du MAGA menace ce consensus : en propagant des théories antisémite et des critiques contre Israël, les figures extrêmes créent une tension entre loyauté politique et fidélité religieuse.


Face à cette situation, plusieurs stratégies émergent parmi les protestants pro-Israël  Éducation et formation théologique. Les institutions évangéliques mettent l’accent sur la formation de leurs fidèles concernant l’histoire juive et la légitimité d’Israël. Elles organisent conférences, séminaires et publications pour corriger les mythes complotistes et rappeler que l’antisémitisme est incompatible avec la foi chrétienne. L’objectif est de créer une immunité intellectuelle et spirituelle contre les manipulations en ligne de la faction radicale. Prise de position publique et lobbying politique 




Des leaders évangéliques et organisations chrétiennes pro-Israël (comme Christians United for Israel, CUFI) utilisent leurs réseaux pour faire entendre une voix ferme contre les antisémites. Ils appuient le soutien à Israël comme un principe moral et géopolitique, en publiant des déclarations, en participant à des audiences au Congrès et en encourageant des membres influents de la communauté à dénoncer les discours racistes de figures comme Fuentes ou Carlson. Mobilisation des jeunes et contre-discours numérique 


Comme la faction woke right cible les jeunes via les podcasts et les plateformes sociales, les protestants pro-Israël ont également investi le numérique. Ils créent du contenu pédagogique et spirituel sur TikTok, YouTube et Twitter pour contrer les messages haineux et présenter un soutien chrétien à Israël fondé sur des principes bibliques et éthiques. L’enjeu est de préserver l’alliance chrétienne avec Israël parmi les générations montantes de conservateurs.



Coalitions interconfessionnelles et dialogue stratégique Pour renforcer leur influence, certains protestants travaillent avec des organisations juives pour présenter une position unie face aux complotistes. Ces coalitions mettent l’accent sur la vérité historique et les valeurs communes : défense de la liberté religieuse, opposition aux théories du complot antijuives et promotion de la paix au Moyen-Orient. 


Cette stratégie vise à isoler la faction antisémite et à réaffirmer le lien moral et théologique avec Israël. Pression sur les leaders politiques Les protestants pro-Israël tentent également de pousser les figures politiques MAGA, comme le vice-président JD Vance ou d’autres élus influents, à condamner publiquement les expressions antisémites et les théories du complot. L’objectif est de maintenir le soutien chrétien à Israël tout en limitant la normalisation de l’antisémitisme au sein du parti républicain. Comme le souligne Green, jouer pour le temps ou éviter de confronter ces extrêmes risque d’affaiblir l’unité politique et morale des conservateurs pro-Israël.


Enjeux et perspectives : Cette confrontation n’est pas seulement politique mais profondément morale et religieuse. Les protestants pro-Israël se retrouvent à défendre non seulement la sécurité d’Israël mais aussi la fidélité à leurs principes bibliques contre une radicalisation intérieure qui banalise le racisme et l’antisémitisme. La bataille se joue sur plusieurs fronts : l’éducation, le lobbying, les médias numériques et la pression sur les élus. Si ces efforts réussissent, ils permettront de préserver l’alliance historique entre évangéliques et Israël et de limiter l’influence des factions radicales sur la politique américaine.


Face aux antisémites du MAGA, les protestants adventistes pro-Israël déploient une stratégie combinant éducation, influence politique et communication numérique, renforcée par des alliances interconfessionnelles. 


Leur objectif est clair : maintenir le soutien chrétien à Israël tout en excluant les idéologies racistes qui menacent la cohésion morale et politique de leur mouvement. C’est une confrontation cruciale pour l’avenir de la relation chrétien-pro-Israël dans le paysage conservateur américain