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dimanche 2 novembre 2025

L'Affaire Sde Teiman Un scandale qui va faire du bruit en Il. JBCH N° 588

L’affaire Sde Teiman, désormais au cœur d’une crise politique et institutionnelle majeure en Israël :





Crise institutionnelle en Israël : 

Levin interdit à Baharav-Miara Procureure Générale



Gali Baharav-Miara

L’affaire dite de Sde Teiman est devenue en quelques jours une affaire d’État, exposant une fracture profonde entre le ministre de la Justice Yariv Levin et la procureure générale Gali Baharav-Miara. Le différend porte sur la fuite d’une vidéo montrant des soldats israéliens maltraitant un prisonnier palestinien dans le centre de détention militaire de Sde Teiman, dans le sud du pays.


Yifat Tomer-Yerushalmi,

Jeudi, la générale Yifat Tomer-Yerushalmi, alors avocate générale militaire, a reconnu avoir elle-même divulgué la vidéo afin, selon ses mots, de contrecarrer la “fausse propagande” visant l’armée. Sa démission immédiate a provoqué un séisme politique, car cette révélation contredisait les déclarations antérieures de la procureure générale, qui affirmait ne pas connaître la source de la fuite.




Le ministre Levin a alors accusé Baharav-Miara d’avoir dissimulé des informations et d’avoir entravé l’enquête judiciaire. Dans une lettre au ton particulièrement virulent, il l’a déclarée inapte à participer à l’enquête et annoncé la nomination d’un enquêteur spécial, mesure d’une extrême gravité dans le système israélien, où l’indépendance du procureur général est une pierre angulaire de l’État de droit.


Levin reproche à Baharav-Miara d’avoir informé la Haute Cour, dix mois plus tôt, qu’il n’existait aucune preuve sur la fuite — alors que, selon lui, elle savait que l’avocate militaire en était la source. Cette accusation, non encore étayée, place la procureure dans une position politiquement explosive. Elle refuse cependant de se récuser, soutenue par plusieurs députés d’opposition, notamment Gilad Kariv, qui dénoncent une tentative de prise de contrôle politique de la justice.



Au-delà du scandale de la vidéo, l’affaire révèle un bras de fer plus large : celui du gouvernement Netanyahu-Levin contre les institutions judiciaires, dans le cadre d’une crise de légitimité qui dure depuis la réforme judiciaire controversée de 2023-2024. 


En voulant exclure la procureure générale de l’enquête, Levin s’expose à des accusations d’ingérence directe dans l’appareil judiciaire, tandis que ses partisans invoquent la nécessité d’“assainir” une magistrature perçue comme politisée.


Pour Israël, cette affaire dépasse la question d’une simple fuite : elle cristallise la tension entre pouvoir exécutif et autorité judiciaire, entre devoir de transparence et loyauté institutionnelle, et pose à nouveau la question fondamentale de la séparation des pouvoirs dans une démocratie sous pression sécuritaire permanente.


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