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dimanche 2 novembre 2025

La mode japonaise prend ses marques à Paris JBCH N° 587

 

La mode japonaise est assez étrangère pour nous. Néanmois si vous déambulez dans le Centre de Paris, vous y trouverez une centaine de magasins de mode dont les produits viennent du Japon.


Quand Chitose Abe, chez Sacai, s'empare de « Max et les Maximonstres » ! 



Pour son défilé automne-hiver 2025-26, Chitose Abe a puisé dans un imaginaire aussi tendre que sauvage : Max et les Maximonstres, le chef-d’œuvre de Maurice Sendak publié en 1963. 


Loin d’un simple clin d’œil, cette collection fait dialoguer haute mode et enfance rebelle, poésie du rêve et puissances du costume. À travers ce choix, Abe réaffirme son goût pour les récits et les hybridations – un terrain où son vocabulaire du vêtement trouve une liberté totale.


Chitose Abe ne « cite » jamais une référence : elle la déconstruit pour mieux la réinventer. Ici, les silhouettes semblent animées par le désir de Max : devenir autre, devenir plus grand, plus dangereux même, tout en restant profondément humain. Les pièces combinent fourrure et nylon technique, lainages feutrés et volumes disproportionnés. 



On devine les griffes, les crêtes et les pelages des « maximonstres » dans des manches hypertrophiées, des capuches sculpturales ou des franges animées de mouvement. Les codes enfantins – broderies naïves, couleurs primaires, ludiques – sont intégrés sans jamais tomber dans le costume ; les matières nobles et la construction impeccable ancrent chaque pièce dans la sophistication Sacai.



Au fil du défilé, c’est toute la dramaturgie du livre qui se rejoue : la rébellion initiale, la traversée vers un monde inconnu, la fête sauvage et enfin le retour à soi. Le vêtement devient métaphore : ce que l’enfant Max vivait dans son imaginaire, Abe l’offre au corps adulte. Une mode protectrice, défiante, qui donne le pouvoir de rugir mais aussi de se blottir. La monstruosité n’est plus une menace, mais une force douce à revendiquer.

Cette collection rappelle que la mode peut être un espace de narration intime. En choisissant un ouvrage culte de la littérature pour enfants, Chitose Abe pose la question du refuge : ce que nous gardons de notre enfance pour affronter le monde, ce que le vêtement peut exprimer lorsque les mots manquent. 


Chez Sacai, devenir un « maximonstre », c’est réconcilier le sauvage et le sensible. C’est, enfin, accepter que la fantaisie soit le plus beau des luxes.




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