Rechercher dans ce blog

vendredi 21 août 2026

Paracha Ki-Tetse. JBCH N° 2608 - 116


          JBCH Réflexions 

                                 JBCH N° 2608 - 116  
Pour Chabbat · 22-23 Août 2026

Paracha Ki Tetsé : 

la Torah qui descend dans la rue


Pour Chabbat prochain — Parachat Ki Tetsé, 22-23 Août 2026 / 28 Av – 29 Av 5786, fin du mois de Elloul.

D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et dans JBCH Echanges


74Mitsvot sur 613 — record de la Torah
30jours de Elloul pour la Téchouva
+34%incidents antisémites en une semaine, février 2026

C'est la paracha la plus riche en Mitsvot de toute la Torah : 74 commandements sur 613, et elle s'ouvre sur une phrase qui va tout éclairer pour aujourd'hui.




1. Son histoire — De quoi on parle ?

Ki Tétsé LaMil'hama Al Oyvékha - "Quand tu sortiras en guerre contre tes ennemis" - Devarim 21:10

Moïse, avant de mourir, donne les lois de la vie civile une fois entré en Eretz Israël. C'est un inventaire qui semble décousu :

  • La femme captive belle - Echet Yefat Toar - et comment ne pas succomber à la violence de la guerre
  • Les droits du fils aîné même si sa mère est moins aimée
  • Le fils rebelle, le respect du corps même d'un condamné à mort
  • L'obligation de ramener l'objet perdu, d'aider à relever l'âne de ton ennemi
  • Les lois de pureté du camp militaire, l'interdiction de livrer un esclave en fuite, de payer l'ouvrier à l'heure, de laisser l'animal qui bat le grain manger
  • Les lois du divorce, d'où dérivent toutes les lois du mariage, la protection du débiteur, l'interdiction de l'intérêt
  • La mitsva d'effacer Amalek pour conclure.

C'est la Torah qui descend dans la rue, dans la caserne, dans le champ.





2. Sa philosophie — Le fil rouge

Nos sages demandent : pourquoi tant de lois différentes dans une seule paracha?

Le Rav Wertenschlag explique le début : comment vaincre le plus grand ennemi? L'ennemi extérieur n'est que le reflet de l'ennemi intérieur. 

La Torah dit "Al Oyvékha" au singulier après "Oyvékha" au pluriel : tu pars contre plusieurs ennemis, mais en vérité tu n'en as qu'un - le Yétser Hara.




Tu pars contre plusieurs ennemis, mais en vérité tu n'en as qu'un — le Yétser Hara.

C'est pour ça que juste après la guerre vient la Yefat Toar. La Torah ne t'interdit pas de la désirer, elle sait que dans la guerre l'homme est brutalisé. 

Elle t'oblige à la ramener chez toi, à lui laisser pleurer sa famille un mois, à lui couper les ongles et les cheveux. C'est une thérapie contre la pulsion. Tu veux la posséder? Apprends à voir sa douleur.

Toute la paracha est une école de dignité humaine :

  • Ne pas humilier : ne pas rendre l'esclave fugitif à son maître
  • Ne pas exploiter : payer le jour même
  • Ne pas mentir : l'homme qui accuse faussement sa femme d'infidélité
  • Ne pas haïr en silence : ce qui mène à la diffamation

Le message de Elloul

Téchouva ce n'est pas devenir un ange, c'est ré-humaniser tes réflexes.

3. Le point Kabbalistique — Le secret de Elloul

Ki Tetsé tombe toujours en Elloul. Le Zohar et le Ari Zal disent :

Yefat Toar = l'âme juive elle-même en exil. Le mot "Toar" - beauté - c'est la Nechama prisonnière parmi les nations, vêtue de "vêtements de captivité". Le guerrier - Gad, dont le mois de Elloul est le Mazal - est le "Guerrier spirituel" qui doit la reconnaître et la libérer.

Quand tu sors en guerre contre ton Yétser, Hachem dit "Oyvékha" au singulier, car Il te promet : "Je te l'ai déjà livré entre tes mains". 

En Elloul, "Ani LeDodi VeDodi Li" - la porte est ouverte. La belle captive qui enlève ses habits souillés, se coupe les ongles (les Klipot, les écorces), c'est le travail de 30 jours pour retrouver "Qui êtes-vous vraiment?"

Le Ari : les 74 Mitsvot correspondent aux 74 lettres du verset du Chéma agrandi. C'est la réparation complète des 7 attributs émotionnels. Et elle finit par Amalek, car tant que l'on n'efface pas le doute et la cruauté gratuite en soi, on ne peut pas couronner le Roi à Roch Hachana.




4. Le lien brûlant avec aujourd'hui : Antisémitisme et Israël

C'est là que la paracha nous parle au présent.

A. L'antisémitisme mondial libéré

Nous sommes dans une vague sans précédent depuis la Shoah. Le Crif le dit : "Un antisémitisme qui a été libéré par le 7-Octobre et qui ne se rétracte pas".

Les chiffres de 2026 sont effrayants :

Après l'opération conjointe américano-israélienne contre l'Iran fin février 2026, le CAM a compté +34% d'incidents antisémites dans le monde en une semaine, sur 154 incidents, dont la moitié liés au nouvel antisémitisme anti-Israël.

En France, près de 2.500 actes anti-religieux en 2025, plus de la moitié antisémites. En 2026, la CNCDH parle d'un bilan très décevant de l'Etat face à l'explosion.

Des synagogues attaquées, des écoles menacées, des campagnes d'intimidation organisée au Canada et ailleurs.




Aujourd'hui Israël est accusé comme cette femme — jugé non sur ses actes mais haï puis calomnié.

La paracha qui interdit de diffamer sa propre femme est exactement l'antidote : aujourd'hui Israël est accusé comme cette femme - jugé non sur ses actes mais haï puis calomnié.






B. La situation politique et militaire d'Israël en août 2026

Israël vit un paradoxe : puissance militaire absolue et impasse stratégique.

Militairement :

À Gaza, Israël contrôle de fait 64% du territoire et parle d'étendre à 70%, tandis que le Hamas refuse toujours de déposer les armes et conditionne son désarmement au retrait total. Le plan de force internationale est au point mort.

Au Nord, frappes au Liban-Sud et Syrie quasi-quotidiennes pour empêcher la reconstruction militaire syrienne et contre le Hezbollah.

L'armée prépare une hausse massive du budget : bombardements massifs, usage intensif d'antimissiles, rappel des réservistes.

Politiquement :

Contexte politique — août 2026

Le protocole signé le 14 juin 2026 entre les USA et l'Iran a isolé diplomatiquement Israël, décrit comme "affaibli politiquement et contraint militairement".

En Judée Samarie crise profonde : 700.000 juifs dans 146 colonies, des villages comme Qusra assiégés depuis des semaines, l'armée humiliée par les "jeunes des collines", et Washington qui presse Netanyahou de les condamner .

En interne, primaire du Likoud très dure, Netanyahou accusé d'être responsable du 7 octobre et de n'avoir obtenu aucune avancée politique après les victoires militaires.

C'est exactement Ki Tétsé : "Quand tu sortiras en guerre..." La Torah nous avait prévenus : une armée sans pureté morale du camp finit par se battre contre elle-même. 

La victoire militaire sans projet moral et sans justice pour l'ouvrier, l'étranger, le débiteur, ne tient pas.

Notre travail en Elloul : sortir en guerre contre l'ennemi extérieur Amalek qui veut nous effacer, mais aussi contre l'ennemi intérieur qui nous fait perdre notre boussole. C'est ça, effacer Amalek.

Chabbat Chalom.




Journal de Jacques-Bernard — 21 Août 2026.        JBCH info 116

La Judée Samarie ... Les Occidentaux nous mentent ... JBCH N° 2608 - 115

          JBCH Réflexions








 




JBCH N° 2608 - 115
Dossier · Statut juridique de la Judée-Samarie

Judée-Samarie : 

Le Retour de l'Histoire, la vraie !



En 1967, Israël n’a pas dépossédé un souverain reconnu : il a repris un territoire sans titre légal clair, issu d’une agression jordanienne elle-même illégale.

D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et dans JBCH Echanges

En 1967, Israël n’a pas déposséder un souverain reconnu : il a repris un territoire sans titre légal clair, issu d’une agression jordanienne elle-même illégale.

Sur cette base, Yehuda Blum (1968) puis Stephen Schwebel (futur président de la CIJ) ont soutenu qu’Israël a un titre au moins aussi solide que quiconque sur ce territoire,  voire supérieur, comme puissance ayant agi en légitime défense en 1967 face à une agression, en vertu de l’article 51 de la Charte de l’ONU.


Judée-Samarie : pourquoi le terme « occupation » est un abus de langage juridique

Le vocabulaire de l’« occupation » appliqué à la Judée-Samarie repose sur une confusion entretenue depuis un demi-siècle, que le simple rappel des faits suffit à dissiper.

L’article 2 de la IVe Convention de Genève de 1949 protège les territoires d’une Haute Partie contractante contre l’occupation par une puissance étrangère. 

Cette disposition suppose donc, par construction, l’existence d’un souverain légitime dépossédé. Or, à la veille de la guerre des Six Jours, en juin 1967, aucun souverain de ce type n’existait en Judée-Samarie.

La thèse du souverain manquant

Israël n’a donc pas, en 1967, dépossédé un État souverain de son territoire : il a repris le contrôle d’une zone sans titre légal internationalement reconnu, à l’issue d’une guerre défensive déclenchée par ses voisins.

C’est la thèse dite du « souverain manquant » (missing reversioner), formulée dès 1968 par le juriste Yehuda Blum et reprise par Stephen Schwebel, qui présidera plus tard la Cour internationale de justice elle-même.

Dans ces conditions, parler d’« occupation » relève moins du droit que de la répétition d’un cadre rhétorique imposé par la diplomatie internationale, un cadre que même certains de ses propres artisans juridiques, comme Schwebel, ont jugé inapplicable au cas israélien.

Journal de Jacques-Bernard — cohen-hadria.info
fin de la page 1
JBCH RéflexionsDroit international · Page 2/3
Suite du dossier

Qui était le souverain dépossédé ?


Question pertinente, et c’est précisément le cœur de l’argument du « souverain manquant » : occupation suppose un occupé, c’est-à-dire un titulaire légitime de la souveraineté dont on prendrait le contrôle. 

Alors, qui aurait été ce souverain dépossédé en juin 1967 ?

Pas l’Empire ottoman : disparu en 1918, sans successeur souverain désigné sur ce territoire précis.

Donc : personne. Il n’y a, à la date charnière de 1967, aucune entité qui détenait un titre de souveraineté internationalement reconnu sur la Judée-Samarie et qu’Israël aurait « occupée » en lui retirant ce titre. 

C’est exactement ce que soutenait Yehuda Blum en 1968 : on ne peut appliquer un régime juridique conçu pour protéger un souverain dépossédé quand il n’y a pas de souverain à déposséder.




Occupation suppose un occupé. Alors, qui aurait été ce souverain dépossédé en juin 1967 ?

C’est ici qu’intervient la thèse la plus forte des juristes qui s’appuient sur San Remo, notamment Howard Grief et Eugene Kontorovich :

l’article 80 de la Charte des Nations Unies (1945) stipule que rien dans la Charte ne doit être interprété comme altérant les droits d’un État ou d’un peuple, ou les termes d’instruments internationaux existants ce qui inclurait les droits reconnus aux Juifs par le mandat de 1922.


Article 80 de la Charte de l’ONU

Sous cette lecture, les droits établis à San Remo n’ont jamais été juridiquement abrogés ; ils ont simplement été suspendus dans leur exercice territorial par les guerres de 1948 et par l’occupation jordanienne — pour redevenir pleinement opérants en 1967.

Journal de Jacques-Bernard — cohen-hadria.info
fin de la page 2
JBCH RéflexionsDroit international · Page 3/3
Suite et fin du dossier

De San Remo à aujourd’hui : un droit jamais aboli


Le vocabulaire de l’« occupation » appliqué à la Judée-Samarie repose sur une omission majeure : celle d’un titre juridique international, antérieur, précis et jamais abrogé, qui reconnaissait déjà en 1920 le droit du peuple juif à s’établir sur l’ensemble de ce territoire.




San Remo :  

Réunie du 19 au 26 avril 1920, la conférence de San Remo attribue la Palestine à la Grande-Bretagne sous forme de mandat de la Société des Nations, reprenant officiellement la déclaration Balfour de 1917 qui engageait Londres à établir un foyer national juif en Palestine.

Il ne s’agit pas d’une simple prise de position diplomatique : le 24 juillet 1922, en vertu de l’article 22 du pacte de la SDN, le mandat britannique est officiellement attribué, et pour la première fois la communauté internationale confirme la Déclaration Balfour en reconnaissant les liens historiques du peuple juif avec la Palestine comme fondement de la reconstitution de son foyer national

Le texte du mandat confirmé par le Conseil de la Société des Nations le 24 juillet 1922 entre en application en septembre 1923.

Un titre juridique international, antérieur, précis et jamais abrogé.
La zone E1 appartient de jure à Israël


La IVe Convention de Genève (qui interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile sur un territoire occupé) ne s’appliquerait pas, car la Judée-Samarie n’a jamais été un territoire souverain reconnu, elle était sous mandat britannique, puis occupée illégalement par la Jordanie de 1948 à 1967, sans que cette annexion soit reconnue (sauf par le Royaume-Uni et le Pakistan). 




Selon cette lecture, il n’y a donc pas de « souverain légitime » dépossédé, ce qui rendrait Genève IV inapplicable au sens strict. C’est l’argument avancé notamment par des juristes comme Eugene Kontorovich ou Emmanuel Navon. 

Cette lecture soutient qu’il n’y a pas de territoire occupé au sens juridique, la Jordanie ayant renoncé à toute souveraineté sur la Cisjordanie en juillet 1988. Sur le plan des accords signés, Oslo II a placé la zone E1 en zone C, où Israël conserve les pouvoirs de planification, et rien dans ces accords n’interdit explicitement les implantations israéliennes dans cette zone.


Parler de Colonies  c'est un mensonge ... !!!
Journal de Jacques-Bernard —     2608 - 115.   JBCH info

Gastronomie en Israël JBCH 2608 - 114

JBCH Réflexions N° 2608 - 114Gastronomie · Israël
Dossier · Table du monde

Israël : 

Le nouveau centre de la gastronomie mondiale


De La Liste au World's 50 Best, Tel-Aviv et Jerusalem s'imposent désormais comme l'un des laboratoires culinaires les plus créatifs de la planète — une cuisine qui raconte, plat après plat, l'histoire d'un peuple rassemblé de la diaspora entière

'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et dans JBCH Echanges


88,5points OCD TLV — La Liste 2026
16–19plats au menu dégustation d'OCD
1989ouverture d'Uri Buri à Acre
78 ansd'histoire pour le houmous Abu Hassan

Il y a une phrase qu'on entend désormais dans tous les guides gastronomiques internationaux, de La Liste au World's 50 Best : Israël, et Tel-Aviv en particulier, est devenu l'un des laboratoires culinaires les plus créatifs de la planète. 

Ce n'est ni un hasard ni un simple effet de mode touristique. C'est le résultat direct de ce qu'est le pays lui-même : une nation d'immigration, bâtie en un siècle par des vagues successives venues du Maroc, d'Irak, de Pologne, du Yémen, d'Éthiopie, de Russie et de France, chacune apportant avec elle une mémoire de cuisine familiale qu'aucune autre nation au monde ne pouvait réunir sur un territoire aussi petit.




Pourquoi Israël, et pourquoi maintenant

Trois facteurs expliquent cette explosion créative.

La diversité des origines d'abord. Un même repas israélien peut faire dialoguer le za'atar palestinien, le chraïmé tunisien, le kubbeh irakien et le knafé druze — non pas par appropriation, mais parce que ce sont, très concrètement, les cuisines des grands-mères de la génération de chefs aujourd'hui aux fourneaux. Cette génération, formée dans les meilleures écoles européennes puis revenue au pays, a fait ce que peu de traditions culinaires nationales peuvent faire : partir d'un patrimoine déjà métissé plutôt que d'en inventer un.

La qualité et la fraîcheur des produits ensuite. Un petit pays au climat méditerranéen, doté d'une agriculture d'excellence (l'irrigation au goutte-à-goutte a été inventée à Kibboutz Hatzerim), offre aux chefs des légumes, des herbes et des poissons méditerranéens d'une fraîcheur que peu de capitales européennes peuvent offrir à si petite distance de la table.

Partir d'un patrimoine déjà métissé, plutôt que d'en inventer un.

La liberté créative enfin. Sans plus de trois générations de gastronomie « classique » à défendre, les chefs israéliens n'ont pas le poids d'une tradition figée à respecter — contrairement à un chef français ou italien. Cette absence de dogme a permis à des restaurants comme OCD TLV ou Machneyuda d'inventer une grammaire culinaire entièrement nouvelle en une quinzaine d'années à peine.




La haute gastronomie : OCD TLV

Impossible de commencer autrement que par le restaurant qui a, plus qu'aucun autre, changé la perception internationale de la cuisine israélienne. OCD TLV, dirigé par le chef Raz Rahav — qui avait à peine 24 ans à l'ouverture en 2016 —, propose un menu dégustation de 16 à 19 plats, servi autour d'une cuisine ouverte à une vingtaine de convives seulement. Le classement mondial La Liste 2026 le place en tête des établissements israéliens, avec un score de 88,5 points.

Le principe : un menu unique qui change au fil des saisons, construit autour de la mémoire, de l'histoire personnelle du chef et du refus du gaspillage — jusqu'aux épluchures d'asperges transformées en dessert. Parmi les compositions marquantes servies récemment : caviar d'esturgeon israélien accompagné de blinis au chou-fleur, quenelles ashkénazes au sarrasin soufflé, ou encore un plat hommage à la soupe au poulet de la mère du chef, disparue il y a quelques années.

OCD TLV

Adresse : 17, rue Tirtsa, Tel-Aviv

Style : gastronomie israélienne contemporaine, menu unique dégustation

Budget : environ 730 NIS par personne (hors boissons)

Réservation indispensable, souvent des mois à l'avanc



Les fruits de mer : Uri Buri, l'institution d'Acre

Si Tel-Aviv incarne l'avant-garde, c'est à Acre, dans une maison ottomane de 400 ans au bord de la Méditerranée, que se trouve l'un des meilleurs restaurants de poisson au monde selon le classement World's 50 Best. Le chef Uri Jeremias, dit « Uri Buri », ancien pêcheur devenu légende locale, applique depuis 1989 une règle simple : jamais plus de huit ingrédients par assiette, pour laisser parler la fraîcheur du produit.

Sa signature absolue : le sashimi de saumon au sorbet wasabi, servi en dessert salé-piquant improbable et devenu culte. On y trouve aussi des noix de Saint-Jacques poêlées à la purée de topinambour, un carpaccio de daurade aux agrumes, ou un loup de mer en sauce coco-piment-pomme. La carte propose plus de quatre-vingts vins israéliens en accompagnement.

Uri Buri

Adresse : 2, rue HaHagana, vieille ville d'Acre (Akko)

Style : poissons et fruits de mer, cuisine minimaliste et généreuse

Budget : €€ à €€€, formule dégustation conseillée

Ouvert tous les jours, midi et soir

Jérusalem et le marché Mahané Yehuda

À Jérusalem, l'épicentre gastronomique est le marché couvert de Mahané Yehuda, transformé depuis une dizaine d'années en scène culinaire à ciel ouvert. Machneyuda, fondé par trois amis chefs — Assaf Granit, Uri Navon et Yossi Elad —, est devenu la référence absolue du genre : cuisine ouverte, musique forte, personnel qui chante et danse entre les services, et une carte volontairement changeante selon l'arrivage du marché voisin. On y sert par exemple un risotto au vin blanc et parmesan vieilli, une joue de bœuf braisée douze heures, ou des rougets entiers rôtis au sumac.




Cuisine ouverte, musique forte, personnel qui chante et danse entre les services.

Juste à côté, Yudalé, surnommé localement « The Bastard », propose une version plus intime et créative de la même philosophie de marché, tandis que Black Iron, spécialiste de la viande casher, s'est imposé comme l'une des meilleures tables carnivores de la ville avec ses bœufs élevés dans le nord d'Israël.

Marché Mahané Yehuda, Jérusalem

Machneyuda — 10, rue Beit Ya'akov — cuisine de marché, bistronomie festive — €€€

Yudalé — marché Mahané Yehuda — cuisine créative, ambiance conviviale — €€

Black Iron — 80, rue Agripas — grill casher, viandes maturées — €€€

Tel-Aviv, capitale de la cuisine méditerranéenne moderne

À Tel-Aviv, deux adresses résument le style qui a fait la réputation internationale de la ville : une cuisine méditerranéenne revisitée, généreuse en légumes et en épices, sans jamais renoncer à la technique française.

Mashya, installé au rez-de-chaussée de l'hôtel Mendeli Street, met à l'honneur les produits locaux et les épices du Moyen-Orient dans des plats comme le knafé d'agneau ou la queue de bœuf braisée longuement, mariés à des techniques de cuisson contemporaines. Il figure, avec 83 points, juste derrière OCD dans le classement La Liste 2026.

Pastel, situé au sein même du musée d'art de Tel-Aviv, sous la direction du chef Gal Ben Moshe (formé dans des maisons étoilées Michelin en Europe), propose une cuisine méditerranéenne épurée et technique, portée par la lumière et l'architecture du musée qui l'abrite.

Tel-Aviv

Mashya — hôtel Mendeli Street — méditerranéenne moderne — €€€

Pastel — musée d'Art de Tel-Aviv — méditerranéenne technique — €€€€

Le street-food : l'autre âme de la table israélienne

On aurait tort de réduire la gastronomie israélienne à ses tables étoilées. Le vrai génie du pays se niche aussi dans le houmous d'un boui-boui de Jaffa ou dans un pain pita tout juste sorti du four à Mahané Yehuda. Le houmous d'Abu Hassan, à Jaffa, sert depuis plus de soixante-dix ans ce que beaucoup considèrent comme le meilleur houmous du pays, dans une salle sans prétention où l'on mange debout ou sur des bancs. À Tel-Aviv, la chaîne Miznon du chef Eyal Shani a réinventé la pita fourrée — chou-fleur entier rôti, steak haché, ou tartare de poisson — au point d'exporter le concept à Paris, New York et Melbourne.




Une gastronomie née de la nécessité et de la mémoire

Ce qui distingue finalement la table israélienne, ce n'est pas seulement la qualité technique — désormais saluée jusque dans les classements mondiaux les plus exigeants — c'est qu'elle raconte, plat après plat, l'histoire d'un peuple rassemblé de la diaspora entière. Chaque assiette d'OCD, chaque houmous d'Abu Hassan, chaque plat de marché de Machneyuda est, d'une certaine manière, une petite planche commémorative comestible : celle d'une mémoire familiale marocaine, irakienne, polonaise ou yéménite, retrouvée et réinventée sur la même terre.


Even No Kosher ... pour les autres !


Une petite planche commémorative comestible.

C'est peut-être cela, plus que toute autre explication, qui fait aujourd'hui d'Israël l'une des tables les plus passionnantes du monde.




Journal de Jacques-Bernard.       21 Août 2026.        — JBCH info

L'Octogone JBCH N° 2608 - 113

JBCH RéflexionsÉgypte · Page 1/2

'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et dans JBCH Echanges




Dossier · Pouvoir militaire égyptien

L'OCTOGONE : 

L'armée égyptienne à l'abri du peuple


À l'est du Caire, le nouveau centre de commandement stratégique inauguré par Al-Sissi donne une traduction architecturale à un pouvoir bâti autour de l'armée, de la sécurité et de la centralisation présidentielle.

89 km²superficie de l'Octogone
500 000militaires réguliers
4 juil. 2026date d'inauguration
50 Mds $coût estimé

L’armée Egyptienne est aux commandes du pays depuis l’indépendance. Ses responsables cumulent tous les pouvoirs et sont a la tête de toutes les forces économiques.

Depuis Anouar El Sadate, ce pays a signé un traité de Paix avec son voisin Israël. Il se refuse donc de participer à la nouvelle alliance islamique : Arabie Saoudite, Pakistan et Turquie.

l’Octogone, le nouveau centre de commandement stratégique des forces armées égyptiennes, inauguré par Abdel Fattah Al-Sissi le 4 juillet 2026 dans la nouvelle capitale administrative, à l’est du Caire. Avec près de 89 km², il est présenté comme plus vaste que le Pentagone américain.




Un symbole du régime Sissi

Ce complexe militaire rassemble les principales institutions militaires et sécuritaires d’un pays comptant environ 800 000 militaires réguliers.

Son inauguration, mise en scène avec faste, visait à donner une traduction architecturale à la « nouvelle république » revendiquée par Al-Sissi depuis son arrivée au pouvoir après le renversement de Mohamed Morsi en 2013.

Une traduction architecturale de la « nouvelle république ».

L’Octogone s’inscrit dans le projet beaucoup plus vaste de Nouvelle capitale administrative, construite dans le désert à environ 40 à 50 km du Caire.

Cette ville nouvelle doit concentrer les centres de décision : présidence, gouvernement, Parlement, administrations et commandement militaire — en les éloignant de la métropole surpeuplée et politiquement volatile.

Journal de Jacques-Bernard — JBCH.inf0
JBCH Réflexions Égypte · Page 2/2  

Une capitale à distance du peuple

Une capitale à distance du peuple

Pour le pouvoir, cette délocalisation répond à l’engorgement du Caire et à la volonté d’édifier une métropole moderne.

Pour ses détracteurs, elle traduit surtout une logique de sécurisation autoritaire : éloigner les institutions des mobilisations populaires, telles que celles de la place Tahrir en 2011, et aménager un espace du pouvoir plus facilement contrôlable.

Éloigner les institutions des mobilisations populaires — comme celles de la place Tahrir.


La critique porte aussi sur la fracture sociale. Les logements de la nouvelle capitale restent inaccessibles à une grande partie des Égyptiens, tandis que les dépenses consacrées aux projets monumentaux contrastent avec les difficultés économiques, l’inflation et la pauvreté.

France Culture relevait que seuls les ménages les plus aisés pourraient réellement vivre au contact de ce nouveau centre institutionnel.[radiofrance]

Le sens politique

L’Octogone n’est donc pas seulement un siège militaire : il est la pièce maîtresse d’un État conçu autour de l’armée, de la sécurité et de la centralisation présidentielle.

Sa démesure — coût estimé autour de 50 milliards de dollars — nourrit l’image d’un projet à la fois modernisateur, militarisé et coupé de la société égyptienne.

Journal de Jacques-Bernard      21 Août 2026       — JBCH.info

jeudi 20 août 2026

Le nouveau secret d'Ormuz. JBCH N° 2608 - 112

JBCH Réflexions

N° JBCH 2608 – 112

Le 20 Août 2026


APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et JBCH Echanges


Le couloir secret d'Ormuz

Comment Washington a rouvert le détroit sans jamais l'annoncer

Depuis plusieurs semaines, Washington fait tout haut ce qu'il ne dit jamais : il a repris, de nuit, le contrôle d'un axe maritime que l'on croyait otage de la guerre. 

Selon une enquête de JFeed, l'armée américaine a discrètement aménagé un couloir sécurisé à travers le détroit d'Ormuz, permettant à des millions de barils de continuer à irriguer les marchés mondiaux malgré les hostilités qui embrasent la région.


Le corridor, en chiffres

  • Près de 10 millions de barils par jour transitent par la route protégée
  • Soit environ la moitié de la capacité d'exportation du Golfe d'avant-guerre
  • 15 à 20 pétroliers empruntent chaque nuit la route méridionale, le long des côtes omanaises
  • Deux semaines de frappes du Centcom ont détruit les radars côtiers iraniens
  • Une seule nuit : huit drones et deux missiles de croisière iraniens interceptés

Chaque nuit, les navires se rassemblent en convois à file unique, dans des fenêtres horaires précises destinées à réduire leur exposition. 

Des chasseurs de l'US Air Force assurent une couverture aérienne active contre les missiles de croisière et les drones iraniens, pendant qu'un centre de commandement installé à Fort Bragg orchestre, avec les partenaires du Golfe, le calendrier de ces convois.


Ce déploiement n'est pas né d'une négociation, mais d'une campagne. Deux semaines de frappes ciblées du Centcom ont suffi à détruire les radars côtiers et les nœuds de surveillance iraniens : 

Téhéran est désormais largement aveugle sur sa façade sud du détroit, réduit à quelques radars de fortune et aux vedettes rapides des Gardiens de la révolution pour tenter de suivre ce qui s'y passe.

« Les Gardiens de la révolution peuvent être une nuisance, mais ils ne contrôlent pas le détroit. »Un responsable américain, cité par JFeed

Privé de données de ciblage précises, l'Iran tire désormais à l'aveugle sur des positions estimées de convois. Certains navires ont été touchés  mais l'écrasante majorité des tirs a été interceptée. 

Ce n'est donc pas la paix : c'est une guerre de basse intensité, marchandée en silence, où Washington a choisi de tenir le canal ouvert plutôt que d'attendre un accord qu'il ne souhaite plus. 


Trump lui-même l'a confirmé sans détour, balayant l'idée de reprendre les discussions avec Téhéran : négocier serait, dit-il, une perte de temps face à un régime qui n'est plus que l'ombre de lui-même.




D'après une enquête d'Eliana Fleming  JBCH 2608 - 112                         Août 2026