L'OCTOGONE :
L'armée égyptienne à l'abri du peuple
À l'est du Caire, le nouveau centre de commandement stratégique inauguré par Al-Sissi donne une traduction architecturale à un pouvoir bâti autour de l'armée, de la sécurité et de la centralisation présidentielle.
L’armée Egyptienne est aux commandes du pays depuis l’indépendance. Ses responsables cumulent tous les pouvoirs et sont a la tête de toutes les forces économiques.
Depuis Anouar El Sadate, ce pays a signé un traité de Paix avec son voisin Israël. Il se refuse donc de participer à la nouvelle alliance islamique : Arabie Saoudite, Pakistan et Turquie.
l’Octogone, le nouveau centre de commandement stratégique des forces armées égyptiennes, inauguré par Abdel Fattah Al-Sissi le 4 juillet 2026 dans la nouvelle capitale administrative, à l’est du Caire. Avec près de 89 km², il est présenté comme plus vaste que le Pentagone américain.
Ce complexe militaire rassemble les principales institutions militaires et sécuritaires d’un pays comptant environ 800 000 militaires réguliers.
Son inauguration, mise en scène avec faste, visait à donner une traduction architecturale à la « nouvelle république » revendiquée par Al-Sissi depuis son arrivée au pouvoir après le renversement de Mohamed Morsi en 2013.
L’Octogone s’inscrit dans le projet beaucoup plus vaste de Nouvelle capitale administrative, construite dans le désert à environ 40 à 50 km du Caire.
Cette ville nouvelle doit concentrer les centres de décision : présidence, gouvernement, Parlement, administrations et commandement militaire — en les éloignant de la métropole surpeuplée et politiquement volatile.
Une capitale à distance du peuple
Pour le pouvoir, cette délocalisation répond à l’engorgement du Caire et à la volonté d’édifier une métropole moderne.
Pour ses détracteurs, elle traduit surtout une logique de sécurisation autoritaire : éloigner les institutions des mobilisations populaires, telles que celles de la place Tahrir en 2011, et aménager un espace du pouvoir plus facilement contrôlable.
La critique porte aussi sur la fracture sociale. Les logements de la nouvelle capitale restent inaccessibles à une grande partie des Égyptiens, tandis que les dépenses consacrées aux projets monumentaux contrastent avec les difficultés économiques, l’inflation et la pauvreté.
France Culture relevait que seuls les ménages les plus aisés pourraient réellement vivre au contact de ce nouveau centre institutionnel.[radiofrance]
Le sens politique
L’Octogone n’est donc pas seulement un siège militaire : il est la pièce maîtresse d’un État conçu autour de l’armée, de la sécurité et de la centralisation présidentielle.
Sa démesure — coût estimé autour de 50 milliards de dollars — nourrit l’image d’un projet à la fois modernisateur, militarisé et coupé de la société égyptienne.
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