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samedi 14 mars 2026

Farouk, dernier Roi d'Egypte. JBCH N° 2602 - 945

Savez vous que l'Empire Ottoman n'a jamais eu confiance et n'a jamais confié de grandes responsablilités aux arabes. En effet, les Beys de Tunis et d'Alger, le Roi Idriss de Libye; et le Roi Farouk avaient des origines albanaises, ils étaient effectivement d'excellents gestionnaires.


L’histoire de la dynastie de Mohammed Ali Pacha constitue l’un des chapitres les plus complexes de la formation de l’État égyptien moderne. Fondée en 1805, cette dynastie d’origine ottomane ne fut pas immédiatement perçue comme pleinement égyptienne. 




Pendant plus d’un siècle, ses souverains oscillèrent entre leur héritage impérial ottoman et la nécessité d’enraciner leur pouvoir dans la société locale. Ce processus d’« égyptianisation » progressive atteint son point culminant sous le règne du roi Farouk souvent considéré comme le premier souverain véritablement identifié à la nation égyptienne par son peuple.



Le fondateur de la dynastie, Muhammad Ali, se percevait avant tout comme un homme de l’Empire ottoman. Originaire d’Anatolie, il gouverna l’Égypte en vassal du sultan tout en bâtissant un État puissant et centralisé. Son fils, Ibrahim Pacha joua un rôle décisif dans l’évolution identitaire de la dynastie. Installé très jeune en Égypte, il adopta progressivement la langue arabe et affirma une vision plus proche du monde arabe que de la tradition ottomane. Cette orientation, parfois interprétée comme une forme précoce de panarabisme, s’opposait à la conception plus impériale de son père.



Cette évolution se poursuivit sous le règne de Ismaël Pacha . Soucieux de renforcer l’autonomie de l’Égypte, il modifia les règles de succession pour assurer la transmission du pouvoir dans sa branche familiale et obtint du sultan ottoman le titre de khédive, affirmant ainsi une souveraineté plus affirmée. Parallèlement, il encouragea la renaissance culturelle arabe et chercha à inscrire l’Égypte dans une modernité ouverte sur l’Europe, tout en exaltant son prestigieux passé pharaonique.


Cette construction identitaire fut consolidée par Fouad. Après l’indépendance formelle de l’Égypte en 1922, Fouad entreprit de rompre les derniers liens culturels avec l’héritage ottoman. La langue turque fut progressivement écartée du palais, et la monarchie s’efforça de promouvoir une identité nationale égyptienne fondée sur la culture arabe et l’islam. Dans cette perspective, l’éducation de son fils Farouk fut soigneusement pensée : il devait être un souverain profondément enraciné dans la société égyptienne.




Lorsque Farouk monta sur le trône en 1936, il fut accueilli avec un enthousiasme considérable. Jeune, parlant parfaitement l’arabe et issu en partie de la bourgeoisie égyptienne par sa mère, il apparaissait comme le premier roi véritablement national. Les premières années de son règne furent marquées par une grande popularité. Surnommé « Farouk le bien-aimé », il incarnait aux yeux de nombreux Égyptiens un souverain pieux, proche de son peuple et soucieux de réformes.


Durant cette période, plusieurs projets de modernisation furent engagés : développement des infrastructures, électrification du barrage d’Assouan, programmes d’extension agricole et initiatives sociales visant à améliorer les conditions de vie des populations rurales. Ces réformes visaient à renforcer l’indépendance économique du pays et à réduire les inégalités sociales. Dans le même temps, Farouk tenta d’affirmer une monarchie nationale indépendante des influences étrangères, notamment britanniques




Cependant, les bouleversements provoqués par la Seconde Guerre mondiale et les tensions politiques internes fragilisèrent progressivement le régime. À partir des années 1940, l’image du souverain se dégrada, tandis que l’armée et les mouvements nationalistes gagnaient en influence. Cette évolution conduisit finalement au renversement de la monarchie lors du coup d’État de 1952




Ainsi, le règne de Farouk apparaît aujourd’hui comme une période charnière de l’histoire égyptienne : l’aboutissement d’un siècle d’efforts pour transformer une dynastie d’origine étrangère en monarchie nationale, mais aussi le prélude à la naissance de l’Égypte républicaine moderne. 

Nasser a succèdé aux généraux, il a nationalisé le Canal de Suez, n'a cessé de lutter en vain contre Israël, il a expulsé tous les juifs , et a été humilié par la guerre des 6 Jours en 1967.





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