Longtemps, en France, dans les revues juives, il y eut un « salon israélite », comme un salon normand ou alsacien… Mais autour de 1900, l’enjeu se modifie avec l’apparition de l’appellation « artistes juifs », une catégorie essentialiste assez ambiguë, et avec, dans un contexte sioniste, la revendication d’un art juif spécifique participant à ce que l’on qualifie de « Renaissance juive ». Dans l’entre-deux-guerres, des critiques d’art, en particulier Gustave Kahn (1859-1936), Jacques Biélinky (1881-1943) ou Waldemar-George (18931970), illustrent cette démarche qu’il faut aussi relier aux objectifs que s’assignaient les revues soutenant ce renouveau de la culture juive. Mais quelle définition donnait-on alors de l’« art juif » ? Quel rôle assignait-on à sa critique ? Quelle place pour les « artistes de l’École de Paris », dont très peu se souciaient de ces questions, voire acceptaient d’être ainsi catégorisés ? Les vifs débats de cette période, cette tentative (avortée ?) de mettre en place une critique d’art juive et les idées lancées par ces critiques d’art juifs demeurent actuels, car les questions soulevées ne sont pas résolues… |
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